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Peuples Germaniques

Peuples germaniques

ko:게르만족 ja:ゲルマン人 Les peuples germaniques ou Germains (latin germani, d'étymologie incertaine, peut-être celtique) sont des ethnies indo-européennes établies originellement à l'Est du Rhin et du Danube, au-delà du limes romain. Leur préhistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie (latin Germania), de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l'Allemagne), ou encore sur les rives de la Mer Noire (voir notamment l'article Goths). Mieux connus dans le monde latin à partir du , principalement à travers l'œuvre de l'historien Tacite, ces peuples sont agités par des migrations internes importantes à l'époque romaine et sans doute dès le : c'est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation entre ces populations en trois grands groupes : les Germains orientaux, les Germains occidentaux et les Germains septentrionaux. À cet effet, l'unité fondamentale des peuples germaniques est linguistique, et non politique, économique ou culturelle.

Origines

À partir de l'âge du bronze, d'après l'archéologie allemande et scandinave, des « cultures » matérielles (au sens anglo-saxon) issues du sud de la Scandinavie se répandent progressivement vers le sud, vers l'Allemagne et les rives méridionales de la mer Baltique. Elles se répandent dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie. À ce phénomène correspondraient probablement le bon accès au fer en Scandinavie et un climat refroidissant. Peut-être contribua aussi une expansion démographique engendrant un peuplement nouveau de régions jusque-là presque vides d'hommes. Aucun témoignage écrit des Grecs ou des Romains n'est disponible, puisqu'ils n'avaient aucun contact direct avec les Germains. En effet, ils étaient séparés par les forêts germaniques et les Celtes. En tous cas, à partir du , a lieu une période de formation de peuples qui s'achève quand les Germains entrent dans l'Histoire.

Données historiques

Dès le ont lieu des déplacements massifs de populations et de bandes armées en provenance des confins de ce « monde germanique ». Ils peuvent s'expliquer notamment par des causes naturelles (refroidissement climatique, mauvaises récoltes, montée des eaux …) ou démographiques (un accroissement des populations au-delà du seuil que les ressources naturelles peuvent supporter). Les premiers contacts avec les mondes celtique et méditerranéen sont violents. Vers -110, par exemple, a lieu l'invasion de la Gaule par les Ambrons, les Cimbres et les Teutons : le général romain Marius les affronte non loin d'Aix-en-Provence, en -102 (le nom de la montagne Sainte-Victoire commémore sa victoire), puis il les arrête à Verceuil, en Italie, en -101. Ultérieurement, l'irruption de bandes germaniques à proximité de la Suisse actuelle provoque la migration des Helvètes. Ces derniers sont stoppés par Jules César à Bibracte (sur le mont Beuvray, dans le Morvan) en -58. -58 À partir du , l'Empire romain adopte à l'égard des Germains une politique qui vise à les contenir derrière une frontière fortifiée : le limes. Cette frontière est double, établie le long du Rhin et du Danube. Vers l'an 100, de deux à trois millions de Germains se trouvent sur le continent tandis qu'entre 600 000 et 800 000 restent encore en Scandinavie. La défense de l'Empire contre les peuples d'au-delà de ses frontières, notamment, aboutit à la division de celui-ci en deux parties : l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient. Néanmoins, les Germains franchissent massivement les deux frontières à plusieurs reprises, en particulier au , puis au ; les Romains, au sens large, adoptent alors une politique de clientélisme à l'égard des peuples les plus proches de l'Empire : nombreux sont, dès lors, les Germains qui servent dans l'armée romaine, participant à une certaine « barbarisation » de l'Empire (même si cette barbarisation est surtout due, en dernière analyse, à la taille et à la diversité des territoires soumis à Rome). Enfin, une dernière phase a lieu lorsque l'Empire romain disparaît en Occident, vers la fin du : certains des peuples germaniques, soit anciennement fédérés, soit jusque-là totalement étrangers au monde romain établissent alors des royaumes plus ou moins durables sur ses anciens territoires : notamment en Gaule (Francs, Wisigoths et Burgondes), dans la péninsule ibérique (Suèves, Wisigoths), dans l'île de Bretagne (Anglo-Saxons), en Italie (Ostrogoths et plus tardivement, Lombards) et en Afrique du nord (Vandales et Alains). L'Histoire de chacun des peuples germaniques est détaillée dans les articles qui leur sont consacrés. Voir également : Migrations germaniques.

Données géographiques, linguistiques et culturelles

Les sociétés germaniques n'étaient pas étrangères à l'esclavage. En effet, elles distinguaient les personnes libres, semi-libres (peuples conquis) et les esclaves. Du point de vue religieux, la connaissance de leur paganisme est réduite. Elle ne vient que de Jules César et de Tacite. Le paganisme norrois des années 1000 est connu, mais il a probablement évolué dans le temps. Une chose demeure certaine, la religion ne devait pas être très forte puisque certains se sont convertis avant même d'avoir été en contact avec les Romains. Les Germains n'ont pas d'alphabet, à l'exception des runes pour les offices religieux. Les peuples germaniques sont divisés en 2 ou 3 branches principales, selon la période considérée et pour des raisons ethnolinguistiques :
- le rameau nordique ou Scandinaves
- le rameau westique ou Germains occidentaux
- le rameau ostique ou Germains orientaux Voici une liste des principaux de ces peuples, ainsi que les dates auxquelles leur existence est connue par les sources historiques.

Germains septentrionaux ou Scandinaves

Dans l'état des connaissances actuelles, il est admis que des populations habituellement qualifiées de « germaniques » formèrent le premier peuplement du sud de la Scandinavie à l'âge du bronze, tandis que le nord de celle-ci (majeure partie de la Suède, de la Norvège et la Finlande) était peuplé de Finnois (voir Lapons). Toutefois, le rattachement des premiers Scandinaves aux « Germains », terme qui ne les engloba jamais, doit beaucoup a posteriori aux historiographies nationales à caractère mythologique du haut Moyen Âge et à l'historiographie allemande du . Aussi, le qualificatif de « scandinaves », plus précis et moins connoté, est plus adapté pour ces populations.
- Danois
- Goths (Scandinavie)
- Suédois

Germains occidentaux

Paradoxalement, ce sont ceux dont la préhistoire et la protohistoire sont les moins bien connues à cause des mouvements de populations dont il a été question précédemment et des brassages de populations que ces mouvements entraînèrent à la lisière du monde romain. En raison de leur diversité, les Germains occidentaux sont subdivisés en trois sous-groupes par les linguistes : les Germains de Rhénanie (établis entre le Rhin et le Weser), les Germains de l'Elbe et les Germains de la mer du Nord. Les principales sources dont nous disposons sur ces peuples sont les sources romaines, notamment l'œuvre à caractère ethnographique de Tacite (La Germanie) et les écrits de Pline l'Ancien.
- Germains de Rhénanie : Cherusques, Bataves, Bructères, Chamaves, Chattuaires, Chattes, Ubiens, Sicambres, etc.
  - Certains de ces Germains formèrent au début de l'ère chrétienne une confédération de peuples importante pour l'histoire du haut Moyen Âge : les Francs (franci, à l'étymologie, incertaine : les « hardis, vaillants » ou « hommes libres » ). Les Saliens, une partie de ces derniers, servirent comme auxiliaires de Rome sans être réellement soumis à l'Empire au . Depuis les provinces de Belgique première et seconde, où certains de leurs « rois » avaient un commandement militaire (duc), ils constituèrent ensuite un royaume qui s'étendit au sur la majeure partie des Gaules.
  - D'autres, alors établis alors en Bohême, prirent le nom de Bavarois (Bai a Warjoz : les « descendants des habitants de Bohême » (Patrick Périn)), à une date indéterminée. Ils franchirent le Danube sur son cours moyen vers la fin du et furent successivement soumis aux Alamans, aux Ostrogoths, puis aux Francs avant de gagner leur indépendance à la fin du .
- Germains de l'Elbe : Marcomans, Quades, Hermundures ou Hermondures, Semmons et Lombards.
  - Certains de ces Germains, notamment des Quades et des Marcomans désignés sous le nom de Suèves (« Souabes »), prirent part à l'invasion de la Gaule aux côtés des Vandales et des Alains, en 406409, avant de gagner la péninsule ibérique et de s'établir en Galice.
  - D'autres, demeurés au-delà de la frontière romaine dans les champs Décumates, entre Danube et Rhin supérieurs, formèrent la ligue des Alamans (Allmannen : « tous les hommes »), mentionnée pour la première fois au début du . Cette ligue étendit considérablement son territoire au , après la destruction de l'empire des Huns ; les Alamans se heurtèrent ensuite aux Francs et furent vaincus à plusieurs reprise, notamment lors de la bataille de Tolbiac, en 496. Placés sous protectorat franc, ils se révoltèrent en vain avant de disparaître en tant que nation à la suite d'une dernière défaite en 746.
- Germains de la mer du Nord : Chauques, Angles, Jutes, Warnes, Frisons et Saxons.
  - Certaines de ces tribus, notamment des Angles et des Warnes se regroupèrent au pour former la ligue des Thuringiens. Établis entre l'Elbe et le Main au début du , ils furent soumis au protectorat des Huns avant de créer un éphémère royaume en Germanie intérieure, une fois émancipés de la domination de ces derniers (ap. 453) ; se heurtant aux Francs au début du , ils disparurent en tant que nation avant la fin du .
  - D'autres s'établirent dans l'île de Bretagne à partir du premier tiers du ; ils y fondèrent les royaumes anglo-saxons durant le haut Moyen Âge avant de donner naissance à la nation anglaise, principalement au contact des autres peuples de l'île, entre le et le (voir Anglo-Saxons).

Germains orientaux

Il s'agit du groupe le plus homogène qui réunit les peuples qui conservèrent le mieux leur culture, leur langue et leur unicité durant le Moyen Âge. Des histoires ou Historiae à caractère ethnique rédigées durant cette période nous renseignent sur les origines de certains d'entre eux, tandis que d'autres disparurent précocement. Il est communément admis que ces Germains, ou du moins une partie d'entre eux, sont originaires de Scandinavie.
- Bastarnes
- Burgondes
- Gépides
- Goths ; ces derniers s'établirent dans la région de la mer Noire où ils se scindèrent en deux groupes :
  - les Greuthunges, d'où seraient issus les Ostrogoths
  - les Thervinges d'où seraient issus les Wisigoths
- Hérules
- Ruges
- Skires
- Vandales

Autres peuples

Peuples non-germaniques ayant participé aux invasions barbares au contact des Germains :
- Peuples des steppes
  - Alains
  - Taifales
  - Avars
  - Huns
  - Sarmates
- Peuples celtes dans les îles britanniques
  - Bretons
  - Scots Vikings et Varègues sont des noms donnés tardivement à des groupes de pillards scandinaves qui participèrent à une deuxième vague d'invasions dans les îles Britanniques, le nord-ouest de l'Europe carolingienne et la grande plaine européenne, aux et .

Sources


- Tacite, Origine et territoire des Germains, dit La Germanie (latin Germaniae - édition électronique commentée avec cartes disponible sur [http://bcs.fltr.ucl.ac.be/GERM/GT-01-04.HTM Bibliotheca Classica Selecta])

Bibliographie et liens


- [http://www.romansonline.com/h_oth_Germania.asp Index des Germains dans les sources romaines], sur le site http://www.romansonline.com/ (en anglais)

Voir aussi


- Indo-européens Germanique, peuple Catégorie:Peuple de la Rome antique

Étymologie

Etymologie EtymologieEtymologie L'étymologie est une discipline diachronique de la linguistique, qui étudie l'origine des mots. Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.

Étymologie du mot

Étymologie est un mot composé savant grec, ετυμολογία / etumología, lui-même formé sur les radicaux ετυμος étumos « véritable » et de la base -λογια -logia (dérivée de λόγος « discours, raison »), qui fournit les noms de disciplines. C'est donc, à l'origine, l'étude de la vraie signification d'un mot. Cette définition naïve doit cependant être dépassée : l'étymologie étudie l'origine des mots. On considère que les mots d'une langue peuvent, d'un point de vue diachronique, avoir principalement trois origines :
- ce sont des mots hérités d'un état plus ancien de la même langue ou d'une langue-mère, mots qui ont donc subi les processus d'évolution phonétique ; le terme ancien à l'origine du mot nouveau est nommé étymon ;
- ce sont des mots empruntés à une autre langue, qui sont donc adaptés au système phonologique et graphique de la langue réceptrice ;
- ce sont des créations ou « néologismes » (souvent à partir de racines grecques et latines pour les langues européennes, parfois à partir de racines propres à la langue elle-même).

Doublets populaires et savants

Quand, dans une langue, un même étymon a été hérité et emprunté ultérieurement, les deux mots obtenus sont nommés doublets. On en trouve un grand nombre en français : la plupart des mots français proviennent en effet du latin ; certains se sont transmis depuis le latin vulgaire en se modifiant phonétiquement, ce sont les mots hérités ; le même étymon a parfois aussi été emprunté postérieurement, dans le vocabulaire savant ; les deux mots issus du même seul étymon latin mais ayant suivi deux voies différentes se nomment respectivement doublet populaire et doublet savant. Leurs sens sont la plupart du temps différents, le doublet savant gardant une acception plus proche du sens étymologique. Ainsi le mot latin potionem donne potion dans la langue savante, mais poison dans la langue populaire ! C'est aussi le cas pour l'étymon fabrica(m) :
- le mot hérité du latin vulgaire a donné forge après avoir suivi les lois de l'évolution phonétique ;
- le mot latin a été emprunté au XIV siècle pour devenir le doublet savant fabrique. D'autres doublets importants, dans l'ordre vulgaire / savant (étymon latin) : orteil / article (articulum), chose / cause (causam), froid / frigide (frigidum), moule / muscle (musculum), métier / ministère (ministerium), tôle / table (tabulam), etc. Il faut donc distinguer entre les mots hérités de la langue-mère qu'est le latin, et ceux qui ont été empruntés. Consulter Doublet lexical pour d'autres informations

Sources d'emprunts du français

La langue française a emprunté de nombreux mots à d'autres langues :
- au francique pendant le Moyen Âge, qui a donné nombre de mots du vocabulaire de la guerre et de l'armement ;
- au grec ancien pour former des mots savants ;
- à l'italien ;
- à l'allemand ;
- à l'anglais, surtout au XX siècle ;
- à l'arabe, dans les domaines de l'astronomie de la chimie, des mathématiques et du commerce;
- à l'espagnol, etc. Henriette Walter dans l'Aventure des mots français venus d'ailleurs relève : « À titre indicatif, les emprunts linguistiques français sont bien réels : ainsi sur les 35 000 mots d'un dictionnaire de français courant, 4 200 sont de toute évidence empruntés à "des langues étrangères" », dont les principales sont : l'anglais (25 %), l'italien (16,8 %), le francique (13 %), l'arabe (5,1 %).

Lien externe


- [http://www.site-magister.com/vocabcd.htm Connaître et utiliser les radicaux grecs.]

Articles connexes


- Linguistique comparée ;
- phonétique historique ;
- emprunt lexical ;
- doublet lexical ;
- lexicalisation ;
- racine (linguistique) ;
- liste des patronymes devenus noms communs ;
- Étymologie populaire ;
- Étymologie en sciences ja:語源 zh-min-nan:Gí-goân-ha̍k

Ethnie

ms:Etnik catégorie:anthropologie catégorie:ethnie Une ethnie est un groupe d'êtres humains qui possède, en plus ou moins grande part, un héritage socio-culturel commun, en particulier la langue. Le mot est dérivé du grec εθνοζ qui signifie « toute classe d'êtres d'origine ou de condition commune ». Il fût autrefois employé pour désigner un peuple primitif ; cette acception est tombée en désuétude. Selon le dictionnaire le petit Robert : "l'ethnie française englobe notamment la Belgique walonne, la Suisse romande, le Canada français".

Histoire

La notion d'ethnie est très difficile à définir précisément pour l'anthropologie. Elle a été longtemps le pendant sociologique de la notion de race, et pose le même problème, à savoir que leur classification non ambiguë un ou des critères discriminants permettant de classer l'ensemble de la population dans un certain nombre de groupes donnés possède un côté arbitraire. On peut définir plus précisément l'ethnicité, qui est d'après Max Weber, le sentiment de partager une ascendance commune, que ce soit à cause de la langue, des coutumes, de ressemblances physiques ou de l'histoire vécue (objective ou mythologique). Cette notion est très importante sur le plan social et politique car elle est le fondement de la notion d'identité. Celle-ci peut entraîner des engagements extrêmes comme par exemple celui - principalement en Espagne - de l'ETA pour la reconnaissance politique d'un peuple basque.

Vocabulaire associé

Certains mots ou néologismes sont directement hérités ou inspirés de la signification que revêt « ethnie » dans le vocabulaire des sciences sociales. Par conséquent, leur sens exact peut être difficile à cerner et peut varier d'un auteur à l'autre. En voici quelques-uns fréquemment rencontrés en Sciences humaines et sociales :
- ethnogénèse : ensemble des faits et des idées qui concourent à la formation d'un peuple, en tant qu'ensemble d'individus partageant le sentiment d'une identité commune.
- ethnohistoire : (au singulier et avec une épithète) histoire d'une ethnie, en tant qu'identité : ce qui ce qui fait le caractère d'un peuple. Dans la longue durée : Histoire de la formation des peuples, des identités. Peut aussi signifier l'emploi de concepts et de techniques issues de l'Ethnologie en Histoire.
- ethnique est en marketing considéré comme un mot porteur, évocateur de voyages lointains et par conséquent connoté à une image de revenu, de loisirs et éventuellement de culture. Les campagnes y font donc volontiers référence de façon soit directe, soit indirecte (Benetton). Autres mots associés :
- ethnos : synonyme didactique d'ethnie.
- ethnisme : # ensemble de liens qui réunissent des groupes d'individus ayant un patrimoine socio-culturel commun, particulièrement la langue. # qualifie la catégorisation, sur la base de particularités sociales et au prétexte de différences d'origines raciales et/ou géographiques. Ce terme a été utilisé dans cette acception à propos de la Côte d'ivoire, l'ethnisme de "l'ivoirité", et à propos du Rwanda et du Burundi (cf. Le défi de l'ethnisme de l'historien Jean-Pierre Chrétien, qui rassemble des conférences qu'il a faites à partir de 1990).

Catégorisation d'une population d'après l'appartenance ethnique

Certains pays recensent leur population suivant des critères ethniques, pour la détermination d'un régime fiscal ou l'application de mesures daffirmative action, c.-a-d. « discrimination positive » ou à la suite de l'administration coloniale qu'ils ont subit; par exemple :
- les États-Unis d'Amérique
- l'Inde. D'autres le font des fins de discrimination, comme :
- le Burundi. Le Rwanda a pratiqué également une catégorisation de sa population, dont l'origine remonte à la mise en place de l'administration coloniale belge, jusqu'à l'adoption de sa nouvelle constitution en 2003, qui abandonne toute référence aux ethnies Hutu, Tutsi et Twa, et comporte des dispositions pour que toute référence à une appartenance ethnique soit rendu illégal.

Voir aussi


- ethnisme
- ethnologie


Rhin

Le Rhin (Rhein en allemand, Rijn en néerlandais) est un fleuve long de 1 320 kilomètres.

Géographie

kilomètre Il prend sa source dans les Alpes, dans l'est de la Suisse (canton des Grisons) et résulte en fait de la confluence de deux rivières, nommées « Rhin antérieur » et « Rhin postérieur ». Après son passage par le lac de Constance (Bodensee), il continue par les chutes de Schaffhouse et conflue, en amont de Bâle avec l'Aar. Le Rhin descend alors vers le Nord au milieu de la plaine supérieure du Rhin, recevant l'Ill et la Lauter à sa gauche, le Neckar à droite. À Mayence, il reçoit le Main et tourne à gauche, pour traverser ensuite vers le nord le Massif schisteux rhénan, où il grossit de la Lahn à droite et de la Moselle à gauche à Coblence. À Bonn enfin, il entre dans la plaine. Il se jette dans la mer du Nord en mêlant partiellement ses eaux avec celles de la Meuse dans un grand delta. Son lit traverse ou longe six pays : la Suisse, l'Autriche, le Liechtenstein, l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. Il constitue la frontière naturelle entre la Suisse et le Liechtenstein, entre l'Allemagne et la Suisse et entre l'Allemagne et la France.

Histoire

Pays-Bas] Mais ce caractère de frontière internationale est relativement récent, à l'exception de la période où l'empire romain en avait fait son rempart nord contre les barbares, avec une frontière (limes) ponctuée de forts, tels Cologne ou Strasbourg. Entre la chute de l'empire romain et la conquête de l'Alsace par Louis XIV, ce fleuve était une partie intégrante et un des ferments du monde germanique, qui le surnommait Vater Rhein, le Rhin paternel. Les traces de l’Histoire sont surtout visible dans le Mittelrheintal entre Bingen et Coblence que l’UNESCO a reconnu patrimoine culturel mondial en 2002. Sur les versants au bord du Rhin trônent les châteaux forts, au-dessus des vignes escarpées. Les touristes qui veulent faire l’expérience du romantisme sont attirés ici par le mythe de la Lorelei.

Hydrologie

Vieilles de 14 000 à 17 000 ans, les chutes du Rhin sont hautes de 23 mètres (dénivelé total de 33 mètres) et larges de 150 mètres, avec un débit moyen de 700m3/s. Débit moyen annuel à la frontière franco-allemande de 1 240 m³/s.
Débit moyen à Strasbourg : 1 080 m3/s.
A Bâle : moyen : 1 062 m3/s ; étiage : 202 m3/s; plus grosse crue : 5 700 m³/s.

Économie

Lorelei et Chur en Suisse]] Suisse Entre Bâle et son estuaire, le Rhin traverse l'une des zones les plus densément peuplées d'Europe occidentale, historiquement riche en échanges mutuels. Ce secteur est le cœur de la banane bleue.
La vallée rhénane fut également le berceau de l'un des principaux sites de la révolution industrielle : la Ruhr, qui bénéficiait d'un important gisement de ressources minières, faciles d'accès et favorables au développement de l'industrialisation. Depuis la « Convention de Mannheim » de 1868, le Rhin est classé eaux internationales depuis le dernier pont de Bâle jusqu'à la mer du Nord, assurant à la Suisse un accès libre à la mer. Le siège de la Commission centrale pour la navigation du Rhin est à Strasbourg. Fondée en 1815 lors du Congrès de Vienne, il s'agit de la plus ancienne organisation internationale. En 2002, l’UNESCO a inscrit les 65 km de la Vallée du Haut-Rhin moyen dans la liste du patrimoine mondial avec le rocher de la Lorelei près de la ville de Saint-Goar .

Départements

Le Rhin a donné son nom à deux départements français :
- Bas-Rhin
- Haut-Rhin

Citation

« Il y a toute l'histoire de l'Europe (...) dans ce fleuve des guerriers et des penseurs, dans cette vague superbe qui fait bondir la France, dans ce murmure profond qui fait rêver l'Allemagne. Le Rhin réunit tout. » Le Rhin, Victor Hugo, 1842.

Voir aussi

Liens internes


- Plan Delta

Liens externes


- [http://www.eau-rhin-meuse.fr/bassin/bassin01.htm l'agence de l'eau Rhin-Meuse]
- [http://www.aufildurhin.com/fr/nature/index.htm Données hydrologiques]
- [http://www.stadtpanoramen.de/koblenz/rhein.html Panorama Rhein] - Le Rhin en image panoramique à Coblence Catégorie:Fleuve Catégorie:Chute d'eau Catégorie:Cours d'eau navigable Catégorie:Cours d'eau d'Allemagne Catégorie:Cours d'eau de France Catégorie:Cours d'eau des Pays-Bas Catégorie:Cours d'eau de Suisse als:Rhein ja:ライン川 ko:라인 강 simple:Rhine River

Danube

als:Donau ko:다뉴브 강 ja:ドナウ川 Le Danube est le principal fleuve d'Europe centrale. Il traverse dix pays, arrosant la capitale de quatre d'entre eux.

Géographie

Par sa longueur (2 857 km), c'est le deuxième fleuve européen après la Volga. Son bassin s'étend sur 817 000 km². Son débit moyen est de 7 000 m³/s. Le Danube est formé de deux ruisseaux descendant de la Forêt noire, la Breg et la Brigach. La Breg qui prend sa source près de Furtwangen à 1078 m. d'altitude, ayant un parcours plus long, sa source est la source géographique du Danube. Les deux ruisseaux se réunissent à Donaueschingen où dans le parc du château, se trouve la fontaine de la source officielle. Le Danube traverse ensuite la Bavière, arrosant les villes de Sigmaringen, d'Ulm, de Ratisbonne et de Passau, puis le nord de l'Autriche (en passant par Linz et Vienne), longe le sud de la Slovaquie en passant par Bratislava, traverse la Hongrie du nord au sud en passant par Budapest, longe la Croatie à l'est, traverse le nord de la Serbie en passant par Belgrade, marque la frontière entre la Serbie et la Roumanie, puis entre la Roumanie et la Bulgarie, avant de se jeter dans la mer Noire en Roumanie, en formant un large delta qui borde la frontière avec l'Ukraine. La République de Moldavie a obtenu en 1990 un accès de quelques 300 mètres à la rive gauche du fleuve à Giurgiulesti. Le Delta du Danube est une région naturelle protégée en Roumanie, notamment pour la forêt Letea d'aspect tropical. Il est classé au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1991. La Roumanie, qui a inauguré en 1984 un canal de 64 km à partir de Cernavodă directement vers la mer Noire comme raccourci de 400 km, s'inquiète des répercussions sur l'environnement de l'aménagement du canal de Bystroe par l'Ukraine.

Histoire

Littérature

Claudio Magris dans son magistral Danube explore le fleuve de sa source à son débouché, en traversant l'histoire de la Mittel Europa.

Hydrologie

Les affluents les plus importants du Danube lui parviennent rive droite, issus principalement des Alpes. Une même étymologie fait que deux d'entre eux se nomment Morava. De la source à l'embouchure, le fleuve reçoit : Morava
- l'Iller pour 70 m³/s
- le Lech pour 115 m³/s
- la Naab pour 49 m³/s
- l'Altmühl pour 22 m³/s
- l'Isar pour 174 m³/s
- l'Inn pour 735 m³/s
- la Traun pour 150 m³/s
- l'Enns pour 200 m³/s
- la Morava (de Moravie) pour 110 m³/s
- le Raab pour 63 m³/s
- la Vah pour 161 m³/s
- le Hron pour 55 m³/s
- l'Ipel pour 22 m³/s
- le Sió, émissaire du lac Balaton, pour 39 m³/s
- la Drave pour 577 m³/s Drave
- la Tisza pour 794 m³/s
- la Save pour 1564 m³/s
- le Timis pour 47 m³/s
- la Morava (de Serbie) pour 232 m³/s
- le Timok pour 31 m³/s
- le Jiu pour 86 m³/s
- l'Isker pour 54 m³/s
- l'Olt pour 174 m³/s
- le Yantra pour 47 m³/s
- l'Arges pour 71 m³/s
- la Ialomita pour 45 m³/s
- le Siret pour 240 m³/s
- le Prut pour 110 m³/s

Économie

Catégorie:Cours d'eau navigable Catégorie:Cours d'eau d'Allemagne Catégorie:Cours d'eau du bassin du Danube Catégorie:Cours d'eau d'Autriche Catégorie:Cours d'eau de Bulgarie Catégorie:Cours d'eau de Hongrie Catégorie:Cours d'eau de Roumanie Catégorie:Cours d'eau de Serbie Catégorie:Cours d'eau de la Slovaquie Catégorie:Cours d'eau de Croatie Catégorie:Cours d'eau d'Ukraine Catégorie:Cours d'eau de la République de Moldavie

Limes

Le limes est le nom du système de fortification romain établi tout au long des frontières de l'empire. Le limes marque donc la frontière entre l'empire romain et le monde barbare. (Rappel : Les barbares sont des peuples ne parlant ni grec, ni latin). Il a deux buts :
- Défensif ;
- Douanier. Des limes plus ou moins élaborés ont ainsi été établis sur la plupart des frontières de l'Empire. Les plus célèbres sont ceux construits dans le nord de la province de Bretagne (actuelle île de Grande-Bretagne) : les murs d'Hadrien, d'Antonin et de Septime Sévère. Le plus grand était établi le long du Rhin et du Danube, par une succession de tours de guet, de castella (fortins), de places fortes reliées par un réseau très dense de voies romaines. Un limes de ce type, mais moins profond et moins dense, était construit en Afrique du Nord. Aujourd'hui, le limes romain en Allemagne est reconnu comme patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO.

limes de Germanie

voies romainesvoies romaines voies romaines En latin, limes signifie simplement chemin de patrouille à la frontière. Pour permettre une vue dégagée sur l'ennemi, les Romains avaient déboisé de grands pans de forêts. Nombre de ces sentiers existent encore aujourd'hui en Allemagne. Le limes germanique protégeait les provinces de Germanie supérieure et de Rhétie, en avant des Champs décumates. Il était constitué de plus de soixante places fortifiées, espacées d'une dizaine de kilomètres. Elles défendaient la frontière de l'Empire romain. On peut citer celle de Saalburg près de Bad Homburg, qui est la seule à avoir été reconstruite. Des cohortes de 500 légionnaires et cavaliers y étaient stationnées, pour empêcher les pillages des Germains dans la zone contrôlée par les Romains. Plus de neuf cents tours de guet se dressaient le long du limes rhénan. Cologne, Strasbourg et Vienne étaient des forts chargés de protéger le limes. Le limes germanique fut détruit par les attaques des Alamans en 258, qui occupèrent l'espace compris entre le Rhin et le Danube. Une nouvelle ligne de défense fut organisée par Aurélien (270-275) le long du Rhin et de l’Iller, affluent du Danube, avec Brigantium (Bregenz) comme camp militaire Au , ce limes était défendu par des fédérés germaniques, incorporés aux forces romaines : Francs autour de Cologne, Saxons à Mayence, Alamans sur le Rhin supérieur.

limes danubien

Le limes danubien s'articulait sur une série de places fortes, reliées par une route de rocade suivant le cours du Danube. Une flotte fluviale complétait le dispositif de surveillance.

limes d'Afrique du Nord

Catégorie:Histoire militaire de la Rome antique Catégorie:Architecture militaire

Latin

Introduction

Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties. Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux. Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs). Le latin est la langue-mère des langues romanes.

Histoire

Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.

Latin médiéval

On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron. De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.

Le latin, langue vivante

Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction. La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux. Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine. Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin. Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain. Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue. Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi: - Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ? - Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon. - Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt. On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.

Le latin et l'Union Européenne

Assimil Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).

Classification

Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.

Répartition géographique

Statut officiel

Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.

Langues dérivées

Les langues romanes sont dérivées du latin.

Ecriture

Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes : Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.

Prononciation

Prononciation ancienne restituée

On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec). Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.

Prononciations modernes

[En préparation]

Grammaire

Morphologie

La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines. On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires. La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines. Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).

Pronoms personnels

La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.

Lexique

Le latin et les autres langues indo-européennes


- Le vocabulaire commun Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs. AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS. à compléter...

Que devient le latin quand il se fait français ?

Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE. Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra. On en perd forcément son latin.

Exemples

Voir aussi

Liens internes


- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
  - Langues par famille
    - Langues indo-européennes
      - Langues italiques
      -
- langues romanes
- Méthode latine ;

Liens externes


- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte Catégorie:Langue liturgique Catégorie:Langue véhiculaire als:Latein ja:ラテン語 ko:라틴어 simple:Latin language th:ภาษาละติน zh-min-nan:Latin-gí

Thulé

Associé avec l'Europe du Nord et l'Arctique, Thulé peut signifier :
- la région de Thulé, en partie mythique, mais dont des éléments l'identifient à des parties de la Scandinavie. Chez Procopius, ce mot désigne la Scandinavie. Pythéas décrit Thulé en donnant des éléments (durée du voyage entre autres) pouvant également évoquer l'Islande.
- un peuple, ancêtre des Inuits
- la ville de Qaanaaq (Groenland) a eu comme ancien nom Thulé
- la base aérienne de Thulé est une base des États-Unis située près de Qaanaaq
- l'île de Thulé est une petite île du territoire de Géorgie du Sud et des îles Sandwich du Sud
- la Société de Thule était une société secrète nazie
- Thule est une planète de l'univers de la Guerre des étoiles
- un astéroïde dénommé 279 Thule et un groupe d'astéroïdes (Thulé (astéroïdes)
- Dans un autre registre, « Thule » est aussi une marque de bière islandaise.

Allemagne

L'Allemagne (nom officiel en français : République fédérale d'Allemagne) est un pays d'Europe, membre du Conseil de l'Europe (1951), de l'OCDE, de l'Union de l'Europe Occidentale (1954), de l'OTAN (1955), de l'Union européenne (1958), de l'ONU (1973), de l'OSCE et de la zone euro.

Histoire

Article détaillé : Histoire de l'Allemagne Même si l'allemand et le sentiment national germanique datent de plusieurs siècles, le territoire connu maintenant comme l'Allemagne ne fut créé qu'en 1871, lorsque la Confédération de l'Allemagne du Nord, alors dominée par la Prusse, et les États du sud (le grand-duché de Bade, les royaumes de Wurttemberg et Bavière) devinrent l'Empire allemand. L'Allemagne, qui était devenue une des puissances politiques majeures en Europe s'engagea dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l'Autriche-Hongrie (1914) et envahit la France. Après les premiers assauts, la guerre s'orienta vers une longue et lente guerre de position dans les tranchées, meurtrière d'un côté comme de l'autre. Elle prit fin en 1918, et l'empereur allemand, le Kaiser dut abdiquer en raison de la révolution allemande. Lors du traité de Versailles, l'Allemagne fut jugée responsable de la guerre. Le pangermanisme dévoyé en un nationalisme raciste, le ressentiment contre les conditions du traité de Versailles et les conséquences particulièrement dures de la crise économique mondiale de 1929 permirent au NSDAP (parti nazi) d'Adolf Hitler d'accéder au pouvoir en 1933. Aussitôt, Hitler élimina toute opposition et prit le contrôle absolu de l'État allemand. En 1935, l'Allemagne devint officiellement antisémite en promulguant les lois de Nuremberg. La politique d'Hitler consistant à annexer ou envahir ses voisins finit par provoquer la Seconde Guerre mondiale le 1 septembre 1939. L'Allemagne domina le début du conflit. Elle conquit une grande partie de l'Europe, de l'URSS, de l'Afrique du Nord. Mais en 1942-1943, la guerre tourna au profit des pays alliés : le Royaume-Uni, les États-Unis, l'URSS qui écrasèrent finalement les armées de l'Axe, envahissant notamment Berlin. Le 30 avril 1945, Hitler se suicida. 1945 Dévastée par la guerre, l'Allemagne et Berlin furent divisés en quatre secteurs, chacun étant contrôlé par une des nations vainqueurs (y compris la France). L'Allemagne fut finalement divisée en deux parties durant toute la guerre froide : la RFA (République fédérale d'Allemagne) à l'ouest et la RDA (République démocratique allemande) à l'est. Les territoires plus à l'est furent intégrés à la Pologne et à l'URSS. L'Allemagne de l'Ouest retrouva la croissance économique bien plus vite que l'Allemagne de l'Est. À la chute du mur de Berlin, symbole de la réunification de l'Allemagne, en novembre 1989, les deux pays ne possédaient pas du tout le même niveau économique. Cette différence se ressent aujourd'hui encore et l'Est reste plus pauvre que l'Ouest. Le coût de la réunification a entraîné d'importantes difficultés économiques pour le pays depuis les années 1990. Son unification a cependant permis d'en faire une nation politiquement incontournable au sein de l'Union européenne.

Géographie

Union européenne Article détaillé : Géographie de l'Allemagne Superficie : 357 005 km²
Frontières terrestres : 3 618 km (Autriche 784 km ; Tchéquie 646 km ; Pays-Bas 577 km ; Pologne 456 km ; France 451 km; Suisse 334 km ; Belgique 167 km ; Luxembourg 135 km ; Danemark 68 km)
Littoral : 2 389 km
Extrémités d'altitude : - 2 m > 2 962 m (la Zugspitze) Voir aussi:
- Liste des îles d'Allemagne
- Villes d'Allemagne

Économie

Article détaillé : Économie de l'Allemagne L'Allemagne enregistre le plus grand PIB de l'Union européenne. La Commission européenne lui a reproché à plusieurs reprises le dépassement des 3 % de déficit autorisé par le Traité de Maastricht. Le taux de chômage est de 11.5 % en novembre 2005 (11 % janvier 2004, 12.1 % en janvier 2005) et le nombre de chômeurs s'élève à plus de 5 millions. Avant la mise en place de l'euro le 1er janvier 1999, l'unité monétaire allemande était le Deutsche Mark.

Démographie

Deutsche Mark Article détaillé : Démographie de l'Allemagne Le pays une fois réuni est devenu démographiquement la nation la plus importante de l'Union européenne. Cependant, sa population vieillit et décroît naturellement, et seule l'immigration empêche une baisse de la population. Population : 83 029 536 habitants (en 2001). 0-14 ans : 15,57 % ; 15-64 ans : 67,82 %; + 65 ans : 16,61 %
Densité : 232 hab./km²
Espérance de vie des hommes : 75 ans (en 2000)
Espérance de vie des femmes : 81,1 ans (en 2000)
Taux de croissance de la pop. : 2,7 ‰ (en 1997)
Taux de natalité : 9,16 ‰ (en 1997)
Taux de mortalité : 10,42 ‰ (en 1997)
Taux de mortalité infantile : 4,71 ‰ (en 2001)
Taux de fécondité : 1,4 enfants/femme (en 2001)
Taux de migration : 4 ‰ (en 2001)
Personnes d'origine musulmane : 3,2 millions dont 2,5 millions sont turcs (2004)

Culture

Article détaillé : Culture de l'Allemagne L'Allemagne est la terre natale de compositeurs tels Beethoven, Bach, Brahms, Schumann, Wagner ou Carl Orff; de poètes tels Goethe, Schiller et Heine ; de philosophes tels Kant, Hegel, Karl Marx et Nietzsche, théologiens tels Luther et Bonhoeffer, d'écrivains tels Hermann Hesse, Thomas Mann et Grass ; de scientifiques tels Einstein, Born, Planck, Heisenberg, Hertz et Bunsen; et d'ingénieurs tels Otto, Daimler, Benz, Diesel et Linde.
- Langues régionales d'Allemagne
- Fêtes et jours fériés d'Allemagne
- Hymne national : Das Lied der Deutschen Les grandes organisations du culte en Allemagne sont la Evangelische Kirche in Deutschland et l'Église catholique romaine. La troisième organistion du culte est l'église orthodoxe grecque. L'église orthodoxe serbe est la sixième organisation du culte en Allemagne. La quatrième organisation du culte en Allemagne est l'Église apostolique arménienne. Plus connus sont les Témoins de Jéhovah, qui sont en 5 place.
- Liens vers des statistiques sur les religions en Allemagne: [http://www.remid.de]

Divers

Lignes de téléphone : 150,2 millions (en 1997)
Téléphones portables : 65 millions (en 2005)
Postes de radio : 77,8 millions (en 1997)
Postes de télévision : 51,4 millions (en 1998)
Utilisateurs d'Internet : 25 millions (en 2005)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 123 (en 2000)
Routes : 656 140 km (dont 650 891 km goudronnés) (en 1998)
Voies ferrées : 40 826 km (en 1998)
Voies navigables : 7 500 km
Nombre d'aéroports : 613 (dont 322 avec des pistes goudronnées) (en 2000)

Voir aussi

Articles connexes


- Liste des noms français de toponymes allemands
- Gouvernement Angela Merkel(2)
- Liste d'Allemands célèbres
- Liste des quotidiens allemands
- Luftwaffe (Aviation militaire allemande)
- La naissance du nationalisme allemand en Prusse au début du XIXème siècle

Liens externes


- [http://lallemagneexpliquee.free.fr/ L'Allemagne expliquée : un site qui explique l'Allemagne, sa culture, ses traditions et les coutumes aux français]
- [http://www.bund.de/ Portail de l'administration allemande]
- [http://www.backinjob.de Travail en Allemagne]
- [http://www.amb-allemagne.fr/ Ambassade d'Allemagne en France]
- [http://www.deutschland.de/home.php?lang=3 Portail officiel culturel (en français)]
- [http://www.stadtpanoramen.de/ Des villes en images panoramiques]
- [http://fr.jurispedia.org/index.php/Allemagne Le droit allemand sur Jurispedia]
- [http://dw-world.de/ Deutsche Welle]
- [http://www.campus-germany.de/french Études et recherche en Allemagne]
- [http://www.dwellan.biz/documents/tourisme-en-allemagne.html Le tourisme en Allemagne]
- , [http://katalogdeutsch.net Katalog Deutsch] Annuaire de ressources pour l'Allemagne et la langue allemande]
-
als:Deutschland fiu-vro:S'aksamaa ja:ドイツ ko:독일 ms:Jerman roa-rup:Ghirmânii simple:Germany th:สหพันธ์สาธารณรัฐเยอรมนี zh-min-nan:Tek-kok

Mer Noire

La mer Noire est une mer située entre l’Europe et l’Anatolie. Large d'environ 1 150 km d’ouest en est et de 600 km du nord au sud, elle s’étend sur une superficie de 413 000 km2. Les pays qui bordent la mer Noire sont :
- l’Ukraine au nord ;
- la Roumanie et la Bulgarie à l’ouest ;
- la Turquie au sud ;
- la Géorgie et la Russie à l’est. Elle communique au nord avec la mer d'Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles. Les Grecs anciens nommaient la mer Noire le Pont-Euxin. Le nom de mer Noire aurait pour origine l'attribution par les Turcs de couleurs aux point cardinaux, noir pour le nord, bleu pour l’ouest, blanc pour le sud et vert pour l’est. Cette mer étant au nord de la Turquie elle a été appelée noire, en turc Karadeniz, alors que la mer Méditerranée est appelée mer Blanche, en turc Akdeniz

Voir aussi


- Albena
- Liste des mers et océans
- Danube
- Kéraban-le-Têtu, Roman de Jules Verne où le héros fait le tour de la mer Noire Noire, mer ja:黒海 ko:흑해 th:ทะเลดำ

Tacite

Catégorie:Écrivain romain Catégorie:Historien romain Catégorie:Philosophe romain Voir aussi son homonyme, Marcus Claudius Tacite, empereur romain (275-276).

Sa vie et son contexte

On connaît très peu de choses sur la vie de Tacite… Publius Cornelius Tacitus serait né en 55 et serait originaire de Gaule. Il commença sa carrière en Narbonnaise par son mariage avec la fille du consul Agricola. Il fit une haute carrière, qui le conduisit très jeune à la plupart des hautes charges. Il fut préteur en 88 sous Domitien. À cause de Domitien, sa carrière fut retardée, et il ne devint consul qu’en 97. sous Nerva. Il se retira de la politique sous Trajan, jusqu’en 113 où il reçut de grandes responsabilités : il devint gouverneur de la province d’Asie. On ne sait rien sur le reste de sa vie. Il serait mort dans les années 120. C’est le prestige littéraire et moral de Tacite qui fit sa réussite et il est fort probable qu’il ne fut pas un homme heureux. Tacite naquit sous Néron. Renversé en 68, le dernier Julio-Claudien disparut avec la dynastie Julio-Claudienne. À partir de ce moment, des généraux de province avec leur armée, se lancèrent dans une course vers Rome. Vespasien arriva le premier. C’est dorénavant l’empire et non plus Rome seule qui ferait les empereurs. L’empire fut également traversé de courants violents et opposés. Pour y résister, il fallut assurer l’unité de l’empire. L’empire se tourna alors vers la Gaule pour apporter du sang neuf à l’Italie, et pour se protéger de l’influence orientale.

Ses écrits


- Agricola
- Annales
- Dialogue des Orateurs
- Histoires
- Mœurs des Germains

L’historien

Sa valeur d’historien

Sa valeur d’historien est très contestée : Tacite n’aurait pas été objectif dans ce qu’il écrivait et on conteste la rigueur de son information. On le considère trop passionné. Il savait cependant nuancer son portrait laudatif par l’appréciation des erreurs de ses héros (sa haine pour Tibère et Agrippine ne l’empêche pas de leur donner une dimension exceptionnelle dans son œuvre).

Sa réflexion historique

Tacite, lorsqu’il écrivait ses œuvres, combinait plusieurs sources, les interprétait et les repensait d’une manière originale. Il bâtissait sa réflexion historique sur sa pensée philosophique. Il combinait la pensée des trois grands historiens qui l’ont précédé : Tite-Live, Salluste et Cicéron.

Sa pensée

Tacite est non seulement un artiste, mais également un penseur dont la pensée n’est pas simple… Interpréter ses textes n’est pas facile. De plus, il laisse dans son œuvre certaines zones d’ombre, qui rendent difficile l’interprétation de sa pensée, et qui lui permettent de ne pas s’asservir à des thèses trop tranchées. Etait-il un ami ou un ennemi de l’empire ? Il était certainement un ami de l’empire, et sans aucun doute un ami de Rome. Il servait les empereurs, ce qui ne l’empêchait pas de les critiquer. Son but premier n’était en fait pas de servir les empereurs, mais Rome. Il aurait été très proche d’Hadrien et de Trajan. Tacite, tout en écrivant, n’a jamais cessé de penser à son temps. Les grands thèmes de l'œuvre de Tacite sont la glorification des grands administrateurs, la défense libérale de la domination romaine, la critique de la tyrannie, et l’éloge de la sagesse philosophique tempéré par la confiance à l’égard du fanatisme et du dogmatisme.

Sa psychologie

Tacite était un très fin psychologue et sa psychologie menait toujours à la réflexion politique.

Sa philosophie

Tacite accorde dans son œuvre une grande place à la philosophie, qu’il connaît sans doute grâce aux maîtres grecs qui se trouvaient à Rome à son époque. Il est le seul à parler des stoïciens dans son œuvre. La plus grande innovation dans l’ordre de la pensée politique qu’il eut est la théorie aristotélicienne de la constitution mixte, un mélange de démocratie, oligarchie et monarchie. Cette théorie était cependant irréalisable car l’empire est une monarchie absolue. De plus, elle est rendue irréalisable, à cause de l’immensité de l’empire et la décadence des Romains, avilis par leur grandeur.

L’écrivain

Tacite, surnommé le « plus grand peintre de l’Antiquité » écrit avec une grande beauté littéraire. Son style cherche volontiers l’obscur et l’ambigu, et il est donc très difficile d’interpréter son œuvre. Il combine dans son style Tite-Live, Salluste et Cicéron. Tacite savait faire des portraits grandioses et sobres de ses personnages. L’histoire lui offrait d’ailleurs de beaux sujets qu’il réussit à mettre en scène. Dans son œuvre, la grandeur s’est toujours jointe à l’ironie ou à l’amertume.

Voir aussi


- Historiens célèbres ;
- Tacite, Marcus Claudius, empereur romain en 275-276. ja:タキトゥス ko:타키투스

Migrations germaniques

catégorie:migration catégorie:histoire Catégorie:Peuple germanique L'expression migrations germaniques désigne l'ensemble des mouvements que des peuples germaniques accomplirent à partir du Ier millénaire avant l'ère chrétienne et jusque vers le . Ces migrations, qui se déroulèrent pour une large part en retrait des civilisations historiques grecque, romaine et du haut Moyen Âge, eurent de nombreuses répercussion sur le monde antique. Elles touchèrent, selon la période, l'ensemble des régions situées à l'est de la mer Noire, au sud de l'Écosse et au nord du Maghreb. Le fait de désigner ainsi, par une même expression, des mouvements de peuples divers, sans relation entre eux autre que sur le plan ethnolinguistique et se déroulant sur près d'un millénaire n'est pas neutre. Il suppose, sur le plan historique, que ces mouvements s'expliquent par des causes communes et ont eu des effets communs.

Des causes hypothétiques

Les causes communes demeurent largement hypothétiques, compte-tenu de la faiblesse des témoignages dont nous disposons. Parmi elles figurent :
- l'idée d'une pression de peuples plus orientaux qui aurait poussé les Germains à migrer vers l'ouest : ceci est attesté en ce qui concerne l'arrivée des Huns au nord de la mer Noire. Elle mit fin au royaume gothique situé dans cette région et entraîna la migration des Goths historiques vers l'Empire romain.
- l'idée d'un bouleversement climatique qui aurait entraîné la disparition de terres cultivables en Europe du nord-est et sur les rives de la Baltique : cette hypothèse est retenue pour expliquer la migration des Cimbres et des Teutons au Cette migration est par ailleurs la plus ancienne que l'histoire — c'est-à-dire les sources écrites — ait enregistrée.
- l'idée d'une pression démographique importante : celle-ci peut se corréler à l'hypothèse d'un refroidissement climatique pour expliquer que des populations entières se mirent en route vers le sud.
- l'idée de migrations à caractère religieux : encore une fois, cette hypothèse peut être mise en relation avec les précédentes. De fait, les données anthropologiques recueillies sur les anciens Germains des côtes de la Baltique, notamment dans les tourbières danoises, semblent bien confirmer l'existence de famines récurrentes dans ces régions peu avant la migration des Cimbres et des Teutons, depuis le Jutland.

Les migrations barbares dans l'historiographie

Il faut noter qu'il existe au moins un précédent protohistorique aux migrations germaniques : il s'agit de l'expansion des Celtes, aux IVe– Néanmoins, par leur ampleur et par les conséquences qu'on leur a prêtées, les migrations germaniques restent inégalées aux yeux des Historiens. Ce phénomène est notamment dû à l'Historiographie des « grandes invasions », qui a longtemps fait des « barbares » quasiment les seuls responsables de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476. Au contraire, quelles qu'aient été les causes exactes des « migrations germaniques », l'emploi de cette dernière expression tend aujourd'hui à réinscrire leurs mouvements dans un phénomène historique de longue durée que les seules violences militaires de la fin de l'Antiquité et du haut Moyen Âge ne peuvent expliquer.

Principaux « épisodes »

Les principaux épisodes des migrations germaniques sont les suivants :

La migration des Cimbres et des Teutons (-110 à -101)

Partis d'Europe du Nord (Jutland, Danemark actuel, Scandinavie et rives de la Baltique), régions peu fertiles, environ cent mille Germains auraient entamé une longue migration vers le sud, repoussant les Celtes vers l'ouest. Grands et terrifiants aux yeux des Romains, ces anciens Germains acquérirent la réputation de guerriers terribles. Tacite, en opposant leur caractère à celui des Latins auxquels il reprochait la perte des vertus républicaines, contribua à faire d'eux les « Barbares » de l'imagerie populaire moderne. Les Cimbres et les Teutons — qui cherchaient sans doute uniquement de nouvelles terres sur lesquelles ils auraient pu s'installer — traversèrent la Gaule et l'Italie du nord, avant d'être arrêtés à Verceuil par Marius en 101 avant J.-C..

La migration des Goths (150420)

Partis des rives de la Baltique, les Goths s'installèrent au nord de la mer Noire au , avant que les Huns ne les en chassent. Là, au contact des peuples de la steppe, ils développèrent une cavalerie lourde qui allait faire des ravages contre l'Empire romain d'Orient. Ils se scindèrent alors en deux :
- les Goths de l'ouest ou Wisigoths parvinrent aux portes de l'Empire romain d'Occident. Menés par Alaric Ier, ils quittèrent la Thrace et pénétrèrent en Italie entre 408 et 412, prirent finalement la route du Languedoc et s'établirent dans le sud-ouest de la Gaule et dans la péninsule ibérique. Bien qu'amoindri par les conquêtes franques, leur royaume dura jusqu'à ce que d'autres envahisseurs, les Arabo-berbères, ne conquièrent à leur tour l'Espagne.
- les Goths de l'est ou Ostrogoths, après de longues pérégrinations lors desquelles ils se confrontèrent à l'Empire romain d'Orient, fondèrent un royaume arien florissant en Italie du nord, à Ravenne, sous Théodoric le Grand.

La grande invasion de 406407

Cet épisode, relaté de nombreuse fois, contient en lui seul ce que les Historiens ont longtemps appelé « grandes invasions » : le 31 décembre 406, sans doute poussés par les Huns, Vandales, Alains, Suèves et Burgondes franchissent le Rhin gelé et déferlent sur la Gaule. Il faut noter que d'autres, comme les peuples germaniques déjà établis à la frontière — dont les Francs — luttèrent aux côtés des Romains contre les nouveaux-venus.

L'invasion de l'île de Bretagne par les Angles, les Jutes et les Saxons (vers 450)

D'autres Germains occidentaux, demeurés en Europe du nord, se firent connaître au en prenant possession de la majeure partie de l'île de Bretagne : ce sont les Angles, les Jutes et les Saxons qui y fondèrent de nombreux royaumes et repoussèrent les Bretons dans l'ouest et sur le continent, dans l'actuelle Bretagne française.

L'invasion de l'Italie par les Lombards

Les Lombards, derniers venus en Europe occidentale, étaient des Germains orientaux. Ils fondèrent un royaume arien sur la majeure partie de la péninsule italienne au .

L'héritage

À travers leurs migrations, les Germains ont contribué à la fin du monde antique et à la création des royaumes du Moyen Âge. Enfin, sous leur influence, les langues vernaculaires parlées dans les régions qui faisaient partie de l'Empire romain ont changé, évoluant vers les langues parlées dans l'Europe occidentale moderne. La contribution des Germains aux origines de l'Europe politique moderne est donc importante. Néanmoins, ces migrants ou ces envahisseurs germaniques n'ont que rarement – si ce n'est jamais – remis directement en question l'héritage antique. Au contraire, là où ils n'ont pas comblé un vide politique et démographique, les Germains de la fin de l'Antiquité ont généralement contribué à la survivance de la culture antique, comme dans l'Espagne wisigothique. La fusion des éléments germaniques avec les éléments romains, hispaniques ou gaulois a peut-être accéléré la disparition de la civilisation latine, mais cette disparition est plus due à l'affaiblissement de l'autorité centrale, à la christianisation des nouveaux cadres du pouvoir et au repli économique qu'aux dites invasions barbares.
Voir l'article Grandes invasions, traitant de leur sédentarisation.

Bibliographie et liens

À compléter
- La formation de l'Europe et les invasions barbares, Émilienne DEMOUGEOT, 1969
- L'Empire romain et les Barbares d'Occident ( IVe-VIIe siècle) : scripta varia., Émilienne DEMOUGEOT, 2 éd., Publications de la Sorbonne, 1988 (compilation d'articles publiés de 1956 à 1988) ----
- [http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/Les_origines_des_peuples_germaniques.asp Les origines des peuples germaniques], article en ligne par Rudolf Fellmann, Professeur émérite d'archéologie des provinces romaines à l'université de Berne
- [http://www.ville-caen.fr/mdn/salle03.html Collection sur le haut Moyen-Âge] sur le site du Musée de Normandie à Caen



500 av. J.-C.

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---- Cette page concerne l'année -500 du calendrier julien proleptique.

Évènements

Europe

Monde grec


- Echec des Perses devant Naxos. Aristagoras, gendre du tyran de Milet Histiée, responsable de la déroute par sa querelle avec le chef perse Mégabate, déclenchera la révolte de Milet pour échapper aux conséquences de son échec (-499).

Monde romain


- Le roi étrusque Porsenna fait le siège de Rome.
- À Rome, consulat de Servius Sulpicius Camarinus (Camerinus) Cornutus, Manius Tullius Longus.
- Le territoire de Rome s’étend sur 565 Km².

Afrique


-

Amériques


- Les Zapotèques fondent la cité de Monte Alban en Amérique centrale.

Asie


- Règne en Inde de Ajatashatru, roi de Magadha (fin en -475). Il tue son père Bimbisara et se proclame roi de Magadha. Il mène deux guerres, l’une contre le roi de Kosala, Prasenajit, qu’il vainc et l’autre contre les républiques des Lichchavi qu’il parvient à soumettre au bout de 16 ans.
- En Chine, l’autorité des rois Zhou n’a cessé de s’affaiblir depuis -771 pour ne plus s’exercer que sur les environs de Wangcheng. Hors de ce mince territoire la royauté n’est plus qu’un symbole.

Océanie & Pacifique


-

Proche Orient & Monde Arabe


- La Route royale unie Sardes à Suse avec des relais de poste organisés.

Arts & culture


- « Description de la Terre » d’Hécatée de Milet.
- Temple d’Athéna à Paestum, où sont associés les ordres dorique et ionique et qui utilise le rapport 3²/4² caractéristique du Parthénon.
- Bas relief des tributaires au palais de Persépolis montrant les divers peuples de l’empire achéménide soumis au Grand Roi.

Sciences & techniques


- En Chine, le légiste Fan Li, ministre du roi de Yue, préconise « l’enrichissement de l’Etat et le renforcement des armées ».
- Les premiers exemples de tapis noués à la main sont enterrés dans une tombe à Pazyryk en Sibérie.

Naissances


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Décès


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110

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---- Cette page concerne l'année 110 du calendrier julien.

Événements


- L'Empire romain comprend plus de 75 000 km de routes.
- Essor économique de la Gaule (110-200).
- Construction du forum de Trajan à Rome.
- Évangile selon Jean est rédigé en Asie Mineure.
- Tacite, proconsul d’Asie (110-113).
- Pline le Jeune est nommé gouverneur de Bithynie en Asie Mineure. La correspondance qu'il a entretenue à ce titre avec l'empereur Trajan, et dont une grande partie nous est parvenue, est une source précieuse de renseignements quant à l'administration de l'Empire, les relations de l'empereur avec les gouverneurs ou les enjeux de pouvoir.

Naissances


- Hua To, médecin et savant chinois.

Décès


- Martyre d’Ignace, évêque d’Antioche, qui est livré aux fauves dans l’arène. ko:110년

Gaule

als:Gallische Sprache ko:갈리아 ja:ガリア Catégorie:Ancien pays d'Europe Catégorie:Monde celtique La Gaule (ou les Gaules), en latin Gallia, est le nom donné anciennement aux territoires occupés par les Gaulois, territoires qui comprenaient la France actuelle, la Belgique et le nord de l'Italie (Gaule cisalpine). Jusqu'à la conquête romaine, de -58 à -51, ce nom ne recouvre aucune notion d'unité politique ou territoriale, mais plutôt une aire culturelle et peut-être économique à l'intérieur de laquelle de fortes disparités devaient toutefois exister, ainsi que le prouve l'archéologie. A contrario, la Celtique désigne - pour les archéologues - l'ensemble des territoires peuplés par les Celtes au deuxième Âge du fer dépassant le cadre de la seule Gaule. De même le nom « Gaulois », désignant les habitants de ce territoire, couvre de nombreux peuples et une multitude d'entités ethnoculturelles jusqu'à la conquête romaine.

Le territoire

Gaulois Les territoires de la future Gaule étaient englobés dans un vaste ensemble continental s'étendant de l'Atlantique jusqu'au Danube et nommé « Celtique » par les premiers témoignages écrits dont nous disposons : ceux des Grecs (notamment Aristote, élève d'