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Poésie -
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La poésie ─ du grec ποιεῖν poieĩn, « faire, créer » ─, est, selon Parménide l'art « qui fait passer du non-être à l'être » puisque le poète donne existence aux « choses » (dans notre conscience) en les nommant. C'est ainsi que, dans la Bible, c'est par dix paroles que le monde fut créé, Dieu étant le premier poète, suivi de près par Adam, à qui fut confié la charge de nommer toutes les espèces vivantes de la Création.
Dans le sens le plus courant du terme, la poésie est la plus haute expression de l'écriture et de la parole, puisqu'elle attache autant d'importance à la musique des mots (leur son) qu'à leur sens. Bien antérieure à toutes les formes littéraires communes, c'est d'abord par la voie orale qu'elle s'est transmise, véhiculant de la bouche à l'oreille, et d'un cœur à l'autre, les questions et les tentatives de réponses des Anciens sur les mystères du Monde, comme en témoignent nombre des textes sacrés qui nous sont parvenus, des Vedas à la Bible en passant par la Torah et le Tao Te King, tous de nature éminemment poétique dans la mesure où, par le biais d'allégories (entre autres), ils transmettent une conception particulière de notre relation au monde, en utilisant pour cela toutes les ressources du langage.
L'histoire de la poésie, sous-jacente à l'histoire de l'humanité, de ses peuples et de ses interrogations, a vu naître toutes sortes de formes particulières, des haïku japonais jusqu'à l'« écriture automatique » des Surréalistes, en passant par les rubayats persans et les sonnets, dont Pétrarque établit les premières formes.
Articles connexes
- Art poétique ;
- prosodie ;
- rime ;
- triolet, alexandrin, hexamètre dactylique ;
- vers, scansion ;
- allitération, assonance ;
- sonnet ;
- poème fluctuel ;
- poème sériel ;
- collage-citation ;
- Vers un rythme occiriental
- listes de poètes.
Voir aussi
Anthologies
- La poésie sur Wikisource
- [http://www.anthologie.free.fr/anthologie/ecole.htm Poésie sur la toile]
- [http://lapoesiequejaime.net/poetes.htm La Poésie que j'aime] : choix personnel
- [http://poesie.webnet.fr/ Poésie française], plus de 6000 poèmes (Webnet).
- [http://www.toutelapoesie.com/ Toute la poésie] : communauté poétique francophone
- [http://www.franceweb.fr/poesie/poetesfr.htm Club des Poètes]
- [http://perso.chello.fr/users/r/rlauret/ Anthologie d'Or] de la Poésie Française et Francophone
- [http://www.florilege.free.fr/ Florilège] de la Poésie française du XIVème au XXème siècle
- [http://poezibao.typepad.com/poezibao/ Poezibao], le dazibao de la poésie, journal permanent dédié à l'actualité poétique
Textes critiques
- [http://noirsanssucre.vnunetblog.fr/bleudepaille/ Bleu de Paille], Notes de lecture sur de nombreux livres de poésie paraissant en français
- [http://www.dominique-aubier.org/france/dokumente/heidelberg-poesie-fr.html Le symbolisme dans la poésie. Hommage aux poètes Léopold Sédar Senghor et Arthur Rimbaud]
ko:시 (문학)
ja:詩
th:กวีนิพนธ์
Catégorie:Poésie
Catégorie:Genre et forme littéraire
ja:Category:詩
Grec -
Le grec (ἡ Ἑλληνικὴ γλῶττα hê hellênikề glỗtta) est une des langues indo-européennes, apportée en Grèce entre le et le On traite ici du grec ancien, le grec moderne étant décrit dans un article séparé.
Les dialectes
À l'origine, il existait une grande variété de dialectes, regroupés en quatre groupes : arcado-cypriote, occidental, éolien et ionien-attique.
Parler du grec ancien n'a pas grand sens si l'on veut se référer à un des idiomes antiques : dans les faits, cependant, le grec désigne le dialecte d'Athènes. L'attique (dialecte du groupe ionien-attique), langue de l'Athènes antique, est la langue dans laquelle est écrite la majorité de la littérature grecque classique. Sous l'influence d'Alexandre le Grand, l'utilisation des dialectes a été réfrénée, de sorte que le monde grec utilisât la koinè, langue commune (c'est le sens de l'adjectif koinos) issue de plusieurs dialectes du groupe ionien-attique. Celui-ci lui permettait de communiquer avec son armée et était enseigné aux habitants des régions conquises, devenant ainsi la lingua franca de l'Antiquité, en concurrence avec le latin. La koinè est ensuite devenue langue officielle de l'Empire romain d'Orient, avant de continuer d'évoluer pour donner naissance au grec moderne d'aujourd'hui.
Pour une étude comparative des différents dialectes, consulter Dialectes grecs.
Écritures
La première forme d'écriture attestée pour noter un dialecte grec est le linéaire B, un syllabaire sans rapport avec l'alphabet grec, servant à transcrire une forme archaïque d'un dialecte arcado-cypriote utilisé en Grèce continentale et en Crète entre environ -1550 et -1200. Entre -800 et -200, une écriture proche, le syllabaire cypriote, a été utilisée à Chypre. Ce syllabaire pourrait descendre du cypro-minoéen (voir plus bas).
Il faut noter que des écritures plus anciennes que le linéaire B et le cypriote ont existé en Grèce, sans qu'on soit sûr qu'elles ont servi à noter du grec :
- le linéaire A (entre -1800 et -1450, en Crète et dans des îles égéennes) ;
- le crétois hiéroglyphique (entre -1750 et -1600, en Crète) ;
- le cypro-minoéen (entre -1500 et -1200, à Chypre), peut-être dérivé du linéaire A.
C'est ensuite l'alphabet grec, hérité des Phéniciens et de leur alphabet, qui a été utilisé sous différentes versions (dites épichoriques) à partir du ou du puis a été normalisé et imposé au reste du monde hellénophone par Athènes en -403. En ajoutant des voyelles à cet abjad sémitique, les Grecs sont les inventeurs des alphabets occidentaux. En effet, emprunté par les Étrusques (cf. Alphabet étrusque), qui l'ont transmis aux Romains, il a donné naissance à l'alphabet latin, mais aussi, sans passer par les Étrusques, à l'alphabet gotique, au cyrillique, à l'alphabet copte…
L'histoire de l'alphabet grec constitue un article séparé.
Phonologie
Consulter Prononciation du grec ancien pour un article complet.
Résumé :
Le grec ancien est une langue à accent de hauteur possédant deux (ou trois, selon les interprétations) intonations : aiguë et circonflexe (cf. Accentuation du grec). Il se caractérise aussi par un système de consonnes aspirées et par un jeu d'oppositions de quantités vocaliques. Il existe plusieurs règles de sandhi, tant internes qu'externes.
En passant de l'indo-européen au grec, la langue a subi de nombreuses modifications phonétiques dont les plus flagrantes sont décrites par la loi de Grassmann, la loi d'Osthoff et la loi de Rix. On note d'autre part qu'il permet de restituer dans de nombreux cas la coloration des laryngales IE. Enfin, c'est une langue centum.
Morphologie
Le grec, comme d'autres langues indo-européennes anciennes, est hautement flexionnel. Outre l'utilisation de désinences, le grec se caractérise par des procédés hérités de l'indo-européen comme l'alternance vocalique, l'utilisation du redoublement et de l'augment pour les verbes.
Système nominal
L'article complet se trouve dans Déclinaisons du grec ancien.
Par exemple, les noms possèdent cinq cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif), trois genres (masculin, féminin et neutre, parfois réduits à un opposition animé / inanimé) et trois nombres (singulier, duel, pluriel et collectif pour les neutres). Le grec moderne n'utilise plus le datif, excepté dans quelques expressions comme en taxei, mais les autres cas sont généralement conservés.
On compte trois grands types de déclinaisons, tant pour les noms que les adjectifs (type en -α/η, type thématique en -ος et type athématique), lesquels possèdent plusieurs sous-types. Les pronoms suivent un système qui leur est propre et qui, ayant influencé les types nominaux, n'en sont pas très éloignés.
La richesse de la flexion nominale en fait la complexité.
Système verbal
L'article complet se trouve dans Conjugaisons du grec ancien.
Les verbes ont trois voix (active, moyenne et passive), trois personnes et trois nombres. Il se conjugue selon six modes, quatre personnels (indicatif, impératif, subjonctif et optatif) et deux impersonnels (infinitif et participe). Il existe six temps (présent, imparfait, aoriste, futur, parfait, plus-que-parfait), répartis de manière inégale entre les modes. Certaines formations secondaires existent, comme le futur antérieur.
Outre le temps, le verbe exprime surtout, de manière très précise, trois aspects (imperfectif, aspect zéro et statique) et plusieurs modes de procès (inchoatif, itératif, fréquentatif, etc.). Seul l'indicatif marque les temps : à tous les autres modes, ce n'est que l'aspect qui est indiqué.
Il existe deux grandes catégories de conjugaisons : les thématiques (ou verbes en -ω) et les athématiques (dits verbes en -μι). Ces catégories se divisent en un grand nombre de sous-catégories. Le système verbal est très complexe car la flexion met en œuvre de nombreux procédés comme l'alternance vocalique, la suffixation par le jeu de désinences, l'utilisation d'une voyelle thématique, celle de l'augment et du redoublement. À tous ces procédés s'ajoutent des modifications phonétiques importantes au sein d'un même paradigme.
En sorte, il n'est presque pas exagéré de dire qu'il existe plus de verbes irréguliers que de réguliers.
Influence du grec ancien sur les langues modernes
Mots savants et radicaux grecs
Un grand nombre de mots en latin, français et anglais, pour ne citer que ces langues, sont d'origine grecque et la majorité des néologismes savants utilisés de par le monde est bâtie sur des radicaux grecs (souvent mêlés de radicaux latins). Seuls quelques langues, comme l'islandais de manière systématique et, dans une moindre part, l'allemand, n'utilisent pas ces radicaux mais traduisent par calque les termes savants grecs au moyen de radicaux qui leur sont propres.
Mots courants
Des mots comme boutique, caractère ou beurre viennent aussi du grec. Passés par le latin et hérités comme tel dans la langue française (via d'autres langues, comme l'occitan), ils ont subi les mêmes modifications phonétiques que les autres mots hérités et sont maintenant très éloignés de leur étymon grec : il faut reconnaître derrière chacun d'entre eux ἀποθήκη apothếkê, χαρακτήρ kharaktếr et βούτυρον boúturon.
Le dédale synchrone du cosmos politique
Voici, pour illustrer l'omniprésence du grec dans les langues occidentales, un extrait d'un texte de Xénophon Zolotas (Ξενοφών Ζολώτας) dans lequel chaque mot (hormis les mots-outils) est d'origine grecque :
:« Sans apostropher ma rhétorique dans l’emphase et la pléthore, j’analyserai elliptiquement, sans nul gallicisme, le dédale synchrone du cosmos politique caractérisé par des syndromes de crise paralysant l’organisation systématique de notre économie. Nous sommes périodiquement sceptiques et neurasthéniques devant ces paroxysmes périphrasiques, cette boulimie des démagogues, ces hyperboles, ces paradoxes hypocrites et cyniques qui symbolisent une démocratie anachronique et chaotique. Les phénomènes fantastiques qu’on nous prophétise pour l’époque astronomique détrôneront les programmes rachitiques, hybrides et sporadiques de notre cycle atomique [...] ».
Divers
- code ISO 639-2 : grc
Voir aussi
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- dialectes grecs;
- déclinaisons du grec ancien ;
- conjugaisons du grec ancien
- phonologie du grec, accentuation du grec ;
- alphabet grec, diacritiques de l'alphabet grec, lettres supplémentaires de l'alphabet grec et histoire de l'alphabet grec ;
- grec moderne ;
- littérature grecque.
Liens externes
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81 Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://www.lorem-ipsum.info/_greek Générateur de texte aléatoire grec] en plus de l'habituel lorem ipsum.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec_ancien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec ancien-français/français-grec ancien
als:Griechische Sprache
ja:ギリシア語
ko:그리스어
ms:Bahasa Greek
simple:Greek language
th:ภาษากรีก
Bible zh-min-nan:Sèng-keng ko:성서 ja:聖書 simple:Bible
Catégorie:Bible Catégorie:Judaïsme Catégorie:Doctrine chrétienne
Introduction
La Bible est le nom courant du regroupement des principaux textes sacrés, dans le judaïsme et le christianisme, bien que chacune de ces religions, voire chaque courant en son sein, ait un rapport différent à ces textes.
Elle traite de l'histoire des relations du peuple d'Israël avec Dieu, proclamé unique et universel (monothéisme). Le mode de ces relations est l'alliance. Le moyen de cette alliance, pour le judaïsme, c'est la Loi (Torah), enseignée de génération en génération ; pour la chrétienté, c'est la foi en la Résurrection de Jésus-Christ, fils de Dieu.
Le corpus biblique réunit des œuvres variées, appelées livres. D'où l'étymologie grecque : τὰ βιϐλία (ta biblia), « les livres » (neutre, pluriel de τὸ βιϐλίον, « papier, livre » ; le pluriel neutre a été confondu avec un féminin singulier en latin, d'où le mot français). La liste des livres retenus, appelée canon (mot grec signifiant règle), varie selon les diverses confessions ; voir la liste des livres de la Bible. Leur nombre varie de 24 à 73 livres (la différence est aussi due à des regroupements).
L'histoire de la fixation du canon est un phénomène complexe, d'autant que cela concerne deux religions elles-mêmes diverses, et qui se sont séparées à cette époque-là ! Ainsi, par exemple, le Talmud garde trace des discussions pour savoir s'il fallait admettre dans le canon juif le Cantique des Cantiques et le livre d'Esther, qui ont été acceptés, ou la Sagesse de Ben Sira (Siracide ou Ecclésiastique), qui ne l'a pas été. La version hébraïque canonique est dite "massorétique".
Ce n'est qu'en 1227 que Stephen Langton, professeur à l’Université de Paris, puis archevêque de Canterbury, a définitivement normalisé la division de la Bible en chapitres et versets, ce qui permet de faire correspondre commodément les versions hébraïque, grecque, latine et autres, et fait aujourd'hui de la Bible, pour le plus grand bonheur des moteurs de recherche, une remarquable " base de données" multilingue
En 2000, la bible, en totalité ou en partie, avait été traduit en 2 212 langues. À ce jour, on estime à 40 millions le nombre de bibles distribuées chaque année, dont 280 000 en France. Des chiffres auxquels il faut ajouter le nombre impressionnant d'exemplaires du Nouveau Testament diffusés (sans doute cinq fois plus que les bibles complètes). Aucun ouvrage à travers le monde n'a jamais eu un tel gros tirage constant au fil des siècles. Le premier livre qui soit sorti des presses de Gutenberg est d'ailleurs une bible.
La Bible hébraïque
La Bible hébraïque, écrite en hébreu (comme le nom l'indique) avec quelques passages en araméen, est divisée en trois grandes parties, résumées par le terme de TaNaK, initiales de leurs titres hébreux, la Torah, les Neviim, les Ketouvim :
- la Loi, dont le nom hébreu est la Torah, constituée des cinq livres attribués à Moïse, et dont la narration couvre la période allant de la création du monde à la mort de Moïse, qui a amené le peuple d'Israël hors d'Égypte jusqu'aux portes de la Terre promise, en passant par le mont Sinaï où il a reçu les commandements de Dieu ;
- les Prophètes, en hébreu Neviim, qui narrent l'installation d'Israël en Canaan jusqu'à l'Exil à Babylone, et relatent la prédication des prophètes envoyés par Dieu parler en son nom ;
- les Autres Écrits, en hébreu Ketouvim, qui s'ouvrent par les Psaumes et des écrits de Sagesse, et complètent l'historiographie avec le retour de l'Exil.
Sagesse, Bibliothèque du Congrès, Washington D.C.]]
On considère habituellement que la Torah fut promulguée en 398 av. J.-C. par Esdras. À l'époque romaine, les Prophètes ne sont pas reçus par la totalité du judaïsme, et la liste des Autres Écrits était encore ouverte. Avant même la traduction grecque ont existé en araméen, langue officielle de l'empire perse à l'ouest de l'Euphrate, des traductions commentées, appelées "Targoum", qui attestent une lecture publique des livres bibliques. (Voir : Targum, dans Wikipedia en anglais)
Le TaNaK semble avoir été adopté dans sa composition actuelle par les Pères de Yabné sans doute au début du de l'ère chrétienne. C'est la Bible selon le judaïsme. C'est ce texte-ci qui sera retenu en 1530 comme Ancien Testament par les protestants, qui l'éditeront pourtant dans l'ordre des livres de la Bible grecque.
La Bible grecque
Selon une pieuse légende rapportée par la Lettre du pseudo-Aristée (Sources chrétiennes n°89, Paris, Le Cerf, 1962) et amplifiée depuis, la traduction en grec de la Torah est l'œuvre de soixante-dix ou soixante-douze savants juifs, qui, à la demande des autorités grecques d'Égypte (et isolés pendant soixante-douze jours, selon certaines versions), aboutirent à un texte commun, d'où le nom de Septante qu'on donne à cette traduction du ou du , et à toute la Bible grecque par extrapolation. Les autres livres ont été traduits, voire écrits directement, en grec, au fil des siècles suivants.
Ce corpus sera adopté tel quel par les premiers chrétiens, pour leur Ancien Testament et rejeté par les rabbins. Lors de sa traduction latine, la Vulgate, Jérôme choisira la version hébraïque lorsqu'elle existe, et mettra en annexe les livres pour lesquelles elle n'existe pas ou plus. Mais le catholicisme et, bien sûr, l'orthodoxie qui lit le grec, garderont l'ordre des livres de la Septante, à savoir :
- le Pentateuque (= les cinq livres de la Loi),
- les livres historiques (regroupant les premiers Prophètes et certains des autres écrits,
- les livres poétiques et de sagesse,
- les écrits des prophètes.
Les Livres deutérocanoniques ou apocryphes
Ce sont les livres de l'Ancien Testament catholique ou orthodoxe, rejetés du canon par les protestants comme n'appartenant pas à la Bible hébraïque, mais néanmoins considérés comme utiles. Ceux-ci les nomment apocryphes (= cachés, rejetés). Les catholiques les nomment deutérocanoniques, à la suite du concile de Trente en 1546.
Il faut noter que certains des livres de la Septante n'ont pas été reçus même comme deutérocanoniques. Ils ne sont reconnus par aucune Église et sont appelés apocryphes ou pseudépigraphes (= écrits sous une fausse signature). Ils forment avec d'autres de la même époque ce qu'on appelle aujourd'hui les écrits intertestamentaires.
Le Nouveau Testament
Voir article détaillé
Le Nouveau Testament, ou nouvelle alliance, est l'ensemble des livres canoniques pour le christianisme, qui témoignent de la personne de Jésus de Nazareth que les chrétiens déclarent Christ, c'est-à-dire le Messie annoncé par l'Ancien Testament et le Seigneur du monde, de sa prédication, de sa résurrection, et de son annonce par les Apôtres de la primitive Église. Il est rédigé, comme la Septante, en grec commun, κοινή (koinè), au .
C'est à la suite de la crise marcionite que l'idée d'un Nouveau Testament et d'une Bible le réunissant à un Ancien se fera jour.
Plusieurs autres livres, appelés apocryphes du Nouveau Testament, ont été écrits à partir du avec une prétention « biblique », mais souvent une tournure plus légendaire ou bien plus philosophique, voire ésotérique, et n'ont pas été inclus dans le canon biblique.
Histoire de la composition de la Bible
Après avoir été largement répandue pendant le , l'hypothèse documentaire, partie de l'idée que les différents noms donnés à Dieu reflétaient des sources différentes, est aujourd'hui largement abandonnée. Certains énoncent une hypothèse midrachique, selon laquelle le texte s'est développé selon des règles strictes à partir de la "révélation" aux monothéistes égyptiens de la semaine de 7 jours et de l'alphabet de 22 lettres. D'autres parlent d'inspiration littérale et lisent ainsi les dates avancées dans le texte comme vérité historique : [
Veda
Le Veda (वेद en devanagari, en sanskrit : connaissance), est un ensemble de textes faisant partie du canon le plus ancien de l'hindouisme (shruti).
Les Vedas contiennent des hymnes, des rituels, et des mantras. Il y a 4 Vedas : l'Atharva-Veda, le Rig-Veda, le Sāma-Veda, et le Yajur-Veda ; les trois derniers sont désignés sous le nom de Triple Vedas.
La partie la plus ancienne, le Rig-Veda, daterait de 1800 à 1500 av. J.-C. (mais la transmission orale serait bien plus ancienne). La compilation de ces textes est attribuée au sage Vyasa.
Les Vedas constitue sans doute le corpus de connaissance le plus ancien que l'on connaisse. Il traite d'astrologie, d'astronomie, de rituel, et comment ceux-ci se relient à la vie spirituelle de l'humanité.
Les Vedas sont considérés comme Shruti (indiqué) par les Hindous. On dit qu'ils sont indiqués par l'Esprit Suprême (ou le Deus) Brahman à les sages/les scombres (rishis), tandis que les rishis étaient dans la méditation profonde. Tandis que la majorité accablante de Hindus peut ne jamais lire les Vedas, là règne dans eux un reverence pour cette notion transcendental de la connaissance éternelle. Dans la théorie, les Vedas (le Shrutis) sont les écritures primaires et les plus bien fondés des Hindous. Les écritures secondaires des Hindous s'appellent les Smritis.
Subhash Kak a découvert un code astronomique dans la conception des autels du feu dans l’Inde antique et dans l’organisation de livre sur les Védas.
La littérature et la philosophie védique
Les Vedas, indépendamment du l'hymne (mantra ou Samhitā, en devanagari: संहिता) , ont également trois couches de commentaires intègralement incorporés dans eux-mêmes. Ils sont au sujet de entre
- les BrāhmaNas (ब्राह्मण, à ne pas confondre avec Brahman), contenant des commentaires de prose sur les rituels;
- les Āranyakas (आरण्यक), contenant les expainations ésotériques et mystical des mantras;
- et les Upanishads (उपनिषद्), contenant des écritures fortement philosophiques et metaphysical la nature de, et le rapport l'âme (l'Atman) et l'esprit suprême Brahman.
Les Samhitas
- Le Rig-Veda contient des hymnes pour féliciter et appeler les devas (les dieux). Il est la plus vieille de tout les Vedas et tous les autres trois empruntent beaucoup de matière à lui.
- Le Sama-Veda se compose des hymnes qui peuvent être musical chantés aux sacrifices.
- Le Yajur-Veda contient les vers de prose qui sont recited tout en réellement exécutant les rituels sacrificatoires.
- L'Atharva-Veda contient semi-magique mantras et des incantations contre des ennemis, des maladies et des erreurs pendant les sacrifices.
Chaque Veda a également de divers livres de loi et manuels rituels liés à comme, comme le Dharmashastras, Grihyasutras, etc.., mais la plupart des personnes ne les considèrent pas comme partie intégrale de la littérature de Shruti ou de Vedas. Les Vedas sont plein du mysticism et des allégories. L'Hindouisme encourage des personnes à interpréter le Vedas philosophiquement et metaphorically et pas trop littéralement, à la différence des religions d'Abrahamic.
L'Hindouisme moderne s'est développé hors de la connaissance décrite dans le Vedas. Le plus tôt de ces derniers, l'Rig-Veda porte sur le culte des deities comme Indra et Agni, et sur le rituel de Soma. Ils exécuteraient des feu-sacrifices, appelés les yajñas, avec le chant des mantras des Vedas. Des animaux ont été également sacrifiés, probablement dans de plus grands yajñas, comme réclamés par les bouddhistes et les textes de Jainisme. Mais ils n'ont établi aucun temple et aucun idols. Bientôt, les sages ont développé le concept d'un esprit suprême appelé Brahman et ceci évolua en monothéisme.
La société védique
Les Veda sont quatre livres « révélés » par les divinités aux sages de l’époque védique, censés contenir toute la sagesse divine. Ils nous permettent de connaître les bases de la culture des Aryens. Ils font référence aux ennemis des Aryens comme étant les Dâsas (esclaves), décrit comme noir de peaux (peut-être les Dravidiens). Il est interdit dans les Veda de les tuer à volonté. Les Aryens constituent des monarchies tribales dirigées par le rajah (râja), terme apparenté au latin rex. Il partage sa souveraineté avec deux conseils de tribu, le sabhâ et le samiti, qui participe à son élection. Il est assisté par un général (senâni) et un grand prêtre (purohita) qui par des sacrifices, assure la prospérité de la tribu et sa victoire dans la guerre.
C’est pendant l’âge védique que se constituent les quatre grandes divisions de la société aryenne (varna) : les brahmanes (prêtres), les kshatriyas (guerriers) , les vaisas (paysans) et les sudras (serfs). La famille constitue la cellule de base de la société, le village est fréquemment décrit comme le regroupement d’une lignée plutôt que comme un regroupement territorial. Elle est de type patriarcal et patrilinéaire. La femme est soumise à son époux et le mariage est monogamique et indissoluble.
La religion
La religion védique est une religion sociale et non individuelle. A l’âge de sept ans, le jeune garçon, élevé jusque-là par les femmes dans le gynécée, reçoit l’initiation (upanayana) et doit ensuite commencer à apprendre ses devoirs religieux. Un maître lui enseigne des rites en lui faisant répéter des formules, tout en relatant les mythes qui les expliquent. A dix-sept ans, alors qu’il maîtrise le savoir religieux (Veda), il se marie. Les filles sont exclues de l’initiation.
La religion domestique comporte un certain nombre de rites obligatoire comme l’agnihotra, sacrifice quotidien qui consiste en une libation de lait fraîchement trait avant le levé du soleil, puis le soir. D’autres sacrifices concernent des victimes animales en des occasions grandes, qui sont mises à mort et leur chair, cuite selon des règles strictes, est consommée par les fidèles. On offre parallèlement des substances végétales, mais un autre groupe important de rites, réservé à une élite d’initiés, s’organise autour de la consommation d’un breuvage sacré, le Soma (ce qui a été obtenu à partir d'un usine, inconnu aujourd'hui).
Le panthéon védique est composé de trois divinités prédominantes : Mitra, Varuna et Indra. Il y a 33 divinites en tout. Dans les Veda, les dieux constituent une véritable société. Mitra symbolise l’alliance entre les hommes et les dieux, Varuna le châtiment que méritent ceux qui la rompent. Ils sont assistés d’Aryaman et de Bhaga. Mitra garde la lumière, Varuna préside à la nuit. Indra détient la fonction guerrière. Les dieux de la production des richesses et de la prospérité, sont très en retrait dans les Veda. Ils sont en général liés à la production de la lumière, comme les Asvins, cavaliers du ciel jumeaux qui paraissent à l’aurore.
Voir aussi
Article connexe
- Védisme
Liens externes
- [http://www.vedah.com/ Site sur les Veda]
- [http://sarasvati.tripod.com/veda.htm Chants védiques]
- [http://inde.fr.st Tout sur l'inde]
Bibliographie
- Lokamanya Bâl Gangâdhar Tilak, Orion ou Recherches sur l'Antiquité des Védas, Milan, Éditions Archè, 1989, 240 p. (distributeur français : Les Belles Lettres) Dans ce livre dense, écrit en 1893, Tilak s'efforce, à l'aide d'observations astronomiques tirées des Védas, de démontrer, pour certains des hymnes, une datation reculant au moins à - 4000 voire largement antérieure.
Catégorie :Spiritualité
Catégorie:Texte de l'hindouisme
ja:ヴェーダ
ko:베다
Torah
La Torah (loi en hébreu), ou Pentateuque (du grec Pentateuchos, cinq volumes), désigne les cinq premiers livres de la Bible, aussi appelés livres de Moïse.
Ces cinq livres contiennent l'histoire du peuple d'Israël, depuis la création du monde jusqu'à la mort de Moïse.
Ce texte est le fondement de la plus ancienne religion du monde encore pratiquée. Son essence spirituelle est la reconnaissance d'un Dieu unique. La Torah constitue donc le fondement des religions monothéistes, auxquelles se rattachent aujourd'hui la majorité des habitants de la planète. Les discussions sur la véracité ou non des éléments factuels de la Torah ont pour principal bénéfice de faire ressortir les enseignements symboliques qu'elle contient.
Avec le temps, les chercheurs découvrent des indices tendant à montrer que l'histoire relatée est souvent proche de la réalité historique. Ainsi, l'archéologie, si elle n'a pas trouvé la Bible sous sa pioche, n'en a pas moins découvert les tablettes de Tell-Amarna, la stèle dite de la Maison de David, et les tablettes reconnaissant les mérites de Belchéser, prouvant la non-fictionnalité du personnage de Daniel.
Mais le côté plus important de la Torah est l'enseignement des lois (religion = relecture des lois) permettant aux hommes de vivre ensemble en paix. A ce titre la Torah relate de multiples évenements, que nous pourrions qualifier aujourd'hui de crimes, et en montre les conséquences (assassinat d'Abel par Caïn, tentative d'assassinat de Joseph par ses frères, inceste de Loth avec ses filles, absence de regles sur les pratiques sexuelles à Sodome, refus de la propriété à Ghomorre, etc.). D'autres comportements dommageables relatés dans la Torah ne font pas l'objet de lois civiles et relèvent de questions morales qui ne sont pas encore universellement acceptées (méfaits de la médisance, hospitalité, respect de l'étranger, etc.).
Livres de la Torah ou Pentateuque :
- Genèse (Beréchit)
- Exode (Chemot)
- Lévitique (Vayyikra)
- Livre des Nombres (BaMidbar)
- Deutéronome (Devarim)
Ces 5 livres sont traditionnellement attribués à Moïse.
Néanmoins, cette affirmation fut remise en cause dès l'Antiquité. Différentes théories ont été proposées par les exégètes quant à leur formation, dont l'hypothèse documentaire ou théorie des fragments, et l'hypothèse midrachique. Aucune n'est sans faille, toutes sont dans cesse amendées, et inlassablement remises en question. Finalement, chacun est libre de croire en toute bonne foi ce qu'il lui plaît.
Certains chercheurs ont remis en cause l'unité du Pentateuque et ont parfois exclu le Deutéronome, parlant alors de Tétrateuque, ou y ont ajouté le Livre de Josué, formant alors un Hexateuque, ou même l'ensemble des Livres historiques et parlant alors d'Ennéateuque.
Voir aussi
- Bible hébraïque, Septante, Bible, Talmud, Midrash.
ja:モーセ五書
ms:Taurat
Catégorie:Judaïsme
Tao Te King
Le Dao De Jing, 道德经, est un livre classique chinois qui, selon la tradition, fut écrit par Lao Zi, le sage fondateur du taoïsme. Ce recueil d'aphorismes poétiques est divisé en 81 parties traitant de notions de la pensée chinoise antique, comme le « Non-agir », la « Voie » (Dao), le Retour, etc.
Son titre peut se traduire comme Le Classique de la Voie et de sa Vertu.
Ce livre a eu une influence considérable sur des pans entiers de la civilisation extrême-orientale et commence a être connu en Occident, à travers ses nombreuses traductions. Il a eu des applications dans des domaines aussi variés que la philosophie, la religion, l'art, la médecine, les arts martiaux, les pratiques sexuelles.
les mystères
L'ordre
Le premier support serait des morceaux d'écorce de bambou, mélangés au fil du temps, si bien que l'ordre original de ces 81 parties (s'il y en a un) est tout a fait incertain.
L'auteur
Lui aussi très mysterieux, son existance physique reste discuté. C'est un sage reclus que Confucius dit aller recontrer lors qu'il part méditer.
Il est couramment avancé que c'est une identité de sagesse, utilisé et partagé par les premiers penseurs du courant Taoïste.
La date
Il s'est écoulé environ 5 siècles entre la date de vie présumée de Lao Tseu et la première apparition du "livre de la voie"
L'hypothèse
Certaint voient donc en ce livre un receuil de pensé unique en son genre, puisqu'il viendrait de confucius (directement ou non), mais aussi de ses disciples et des grands philosophes chinois de l'époque, et ce sur une période prolongé.
Voir aussi
Dao, Tao%C3%AFsme.
Des articles en d'autres langes sont beaucoup plus fournis
Ouvrages
Traduction en francais, toujour intitulé Tao Te King)
- Tao Te King, traduit par Claude Larre, 1984, ISBN 2226021183 (Poche) et ISBN 2220035522 (édition relié)
- Tao-Tö King, traduit par Liou Kia-hway, 2002, ISBN 2070423174
- Tao Te King, traduit par Marcel Conche, 2003, ISBN 2130538177
- Tao Te King, traduit par François Houang et Pierre Leyris, 2004, ISBN 2020050676
Autres classiques Chinois:
- Yi Jing, livre des changements, (ISBN 3829028121 entre autres)
- Lie Zi, Traite du vide parfait, ISBN 2226094261
- Zhuang Zi, ISBN 2070705293
- Sou Wen, livre de l'Empereur Jaune, ISBN 2867141583
- Sun Zi, livre de l'art militaire (voir http://www.victoryoverwar.com/ )
Liens
Lien externe :
- [http://afpc.asso.fr/wengu/wg/wengu.php?l=Daodejing le Dao De jing en version chinoise avec traductions en anglais et en français].
- [http://taoteking.free.fr/ Dào Dé Jīng en français] ;
- [http://zhongwen.com/dao.htm Dào Dé Jīng en chinois (images)] ;
- [http://un2sg4.unige.ch/athena/html/author_l.html Dào Dé Jīng en anglais et italien].
- [http://www.tao-te-king.org/index.html 老子Lǎozĭ 道德經Dàodéjīng trilingual: Pīnyīn/Chinese+English+German, word-by-word]
Catégorie:Littérature chinoise
Catégorie:Philosophie
ja:老子道徳経
ko:도덕경
Haïku
ja:俳句 th:ไฮกุ
Catégorie:Poésie Catégorie:Littérature japonaise
Le haïku (俳句) est une forme poétique très codifiée d'origine japonaise, à forte composante symbolique. C'est un poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses. Encore appelé Haïkaï (son nom d'origine) ce poème comporte traditionnellement 3 vers formant en tout 17 syllabes : le premier et le troisième vers sont pentasyllabiques et encadrent un vers heptasyllabique (c'est-à-dire 5, 7 puis 5 syllabes).
A titre d'exemple, voici l'un des plus célèbres haïkus japonais écrit par un grand maître, Matsuo Bashô :
:Dans le vieil étang
:Une grenouille saute
:Un ploc dans l'eau
L'original japonais est:
:Fu-ru-i-ké-ya
:ka-wa-zu-to-bi-ko-mu
:mi-zu-no-o-to
:(5-7-5, soit 17 syllabes)
Mais ce n'est pas la seule règle que doit respecter un haïku, car il lui faut contenir un kigo, c'est-à-dire une référence à la nature ou un mot clé concernant l'une des quatre saisons.
On notera également que le haïku, qui date du , tire son origine du Tanka, la poésie traditionnelle japonaise.
Le haïku en langue française
Le premier recueil en langue française fut composé en 1903, Au fil de l'eau, à l'initiative de Paul-Louis Couchoud.
Exemples de haïku
:Tout a brûlé
:heureusement, les fleurs
:avaient achevé de fleurir.
::Hokushi
:J'éternue
:et perds de vue
:l'alouette
::Yayu
:Le serpent s'esquiva
:Mais le regard qu'il me lança
:Resta dans l'herbe
::Kyoshi
:Ce monde de rosée
:Est un monde de rosée
:Pourtant et pourtant
::Issa
Maîtres de Haïku
;Periode d'Edo
- Bashō Matsuo (en japonais, Matsuo Bashō, 松尾芭蕉)
- Yosa Buson
- Kobayashi Issa
;Moderne
- Shiki Masaoka
- Kyoshi Takahama
- Ippekiro Nakatsuka
- Sekitei Hara
- Hisajo Sugita
- Suju Takano
- Kakio Tomizawa
- Koi Nagata
- [http://www.swarthmore.edu/Humanities/clicnet/litterature/moderne/poesie/duhaime.html#anchor.haikuj Haïkus japonais classiques]
- [http://pages.infinit.net/haiku/ Anthologie du haïku]
- [http://nezumi.dumousseau.free.fr/japon/jap4saisons.htm Les saisons du Japon et le Haïku]
- [http://perso.wanadoo.fr/hkn/manuel_haiku/0a_prese.htm Petit manuel pour écrire des haïkus]
- [http://www.big.or.jp/~loupe/links/frinx.shtml Haïku, Tanka, Littérature, et Art Contemporain au Japon]
Catégorie:Genre et forme littéraire
Écriture automatique
Méthode d'écriture inventée par André Breton et caractéristique du mouvement surréaliste. Inspiré par les travaux de Freud et désireux de libérer la puissance de l'inconscient, André Breton imagina cette technique consistant à écrire tout ce qui lui passe par la tête sans aucun souci de cohérence, de grammaire ou même de respect du vocabulaire.
Catégorie:Surréalisme
SurréalisteLe surréalisme est un important mouvement de pensée de l'entre-deux-guerres. Le point de départ est, en France, la publication par André Breton, en 1924, du Manifeste du surréalisme, qui donne sa cohérence à l'entreprise. Le mouvement souhaite que soit accordé à ses productions, tant linguistiques que plastiques, le statut dexpérimentation scientifique : tentative pour explorer en profondeur à la fois le monde (notamment sa réalité cachée) et la pensée (notamment l'inconscient), et pour donner de l'un et de l'autre une connaissance totale.
L'écrivain à succès Maryse Choisy profita du mouvement pour en créer un contraire, qu'elle baptisa avec humour le suridéalisme. Mais bien que la popularité de ses ouvrages ne souffre en rien de cette initiative, ce mouvement dont elle se réclamait disparut de lui-même.
L'aventure internationale
C'est en hommage à Guillaume Apollinaire, qui venait de mourir (1918), qu'André Breton, Francis Banguet et Philippe Soupault décidèrent d'appeler surréalisme ce « nouveau mode d'expression pure ». En fait, celui-ci rejoignait le « supernaturalisme » de Gérard de Nerval et des romantiques allemands, et d'une certaine façon, également, le « surnaturalisme » d'Emmanuel Swedenborg et de Charles Baudelaire. Cette aventure (« une attitude inexorable de sédition et de défi ») passe par l'appropriation de la pensée d'Arthur Rimbaud (« changer la vie »), de celle de Karl Marx (« transformer le monde ») et des recherches de Sigmund Freud. En outre, l'expérimentation surréaliste fait appel à des techniques de création (écriture automatique, sommeil hypnotique, « cadavre exquis », écriture collective, interrogation du « hasard objectif ») qui rendent inopérants les critères esthétiques traditionnels : la « poésie » est ici avant tout moyen de connaissance de la réalité et du psychisme, et si la « beauté » en résulte, c'est comme produit d'une activité inconsciente occultée par des siècles de rationalisme.
Dans le Premier Manifeste du Surréalisme (1924), on peut lire ces deux définitions :
- « Surréalisme, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. » ;
- « Encycl. Philos. Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie. »
Les œuvres des surréalistes qui se situent aux confins du rationnel et de l'irrationnel, de la réalité et du rêve, exaltent aussi l'amour et l'érotisme comme fusion du moi avec la vie universelle : Philippe Soupault, Rose des vents (1920) ; André Breton, Clair de terre (1923), Nadja (1928) ; Benjamin Péret, Le Grand jeu (1928) ; Louis Aragon, le Libertinage (1924), le Paysan de Paris (1926), le Mouvement perpétuel (1926); Paul Éluard, Mourir de ne pas mourir (1924), Capitale de la douleur (1926), l'Amour la poésie (1929).
À la mouvance surréaliste appartient également Robert Desnos, célèbre pour sa pratique du sommeil hypnotique. En marge du surréalisme, Jean Cocteau est étroitement mêlé à la bohème parisienne, tandis qu' Antonin Artaud, exclu du groupe en 1926, compose une prose poétique « hallucinée ».
D'autre part, les surréalistes ont réhabilité ou fait découvrir des auteurs comme le marquis de Sade, Gérard de Nerval, Lautréamont ; des secteurs ignorés de la production littéraire comme le roman noir.
Le surréalisme connaît une fortune particulière dans la littérature française de Belgique. Paul Nougé, dont la poésie présente un aspect ludique très marqué, fonde en 1924 un centre surréaliste à Bruxelles avec les poètes Camille Goemans et Marcel Lecomte. Le surréalisme belge prend ses distances à l'égard de l'écriture automatique et de l'engagement politique du groupe parisien. L'écrivain et collagiste ELT Mesens fut l'ami de René Magritte, les poètes Paul Colinet, Louis Scutenaire et André Souris appartiennent également au courant.
Le surréalisme exercera une action stimulante sur le développement de la poésie espagnole, mais à la fin des années 1920 seulement et en dépit de la méfiance suscitée par l'irrationalisme inhérent à la notion d'écriture automatique. Ramón Gómez de la Serna définit ses rapprochements insolites, « greguerios », comme « humour + métaphore ». Le courant « ultraïste » déterminera un changement de ton chez les poètes de la « Génération de 27 », Lorca, Alberti, Aleixandre et Cernuda.
Les principes surréalistes se retrouvent en Scandinavie et en URSS. Le « poétisme » tchèque peut être considéré comme une première phase du surréalisme. Il s'affirme dès 1924 avec un manifeste publié par Karel Teige, qui conçoit la poésie comme une création intégrale, donnant libre cours à l'imagination et au sens ludique. Ses représentants les plus éminents furent Jaroslav Seifert et surtout Nezval, dont Soupault souligna l'audace des images et symboles. Le mouvement surréaliste yougoslave entretient d'étroits contacts avec le courant français grâce à Marko Ristió.
En dépit d'une perte de prestige à partir de 1940, le surréalisme a existé comme groupe jusqu'aux années 1960, en se renouvelant au fur et à mesure des départs et des exclusions.
L'écriture automatique
Par l'écriture automatique, les surréalistes ont voulu donner une voix aux désirs profonds, refoulés par celle de la société, cette « violente et traîtresse maîtresse d'école », selon le mot de Michel de Montaigne. L'objet surréaliste ainsi obtenu a d'abord pour effet de déconcerter l'esprit, donc de « le mettre en son tort ». Peut se produire alors la résurgence des forces profondes, l'esprit « revit avec exaltation la meilleure part de son enfance ». On saisit de tout son être la liaison qui unit les objets les plus opposés, l'image surréaliste authentiquement est un symbole. Approfondissant la pensée de Baudelaire, André Breton compare, dans Arcane 17, la démarche du surréalisme et celle de l'ésotérisme : elle offre « l'immense intérêt de maintenir à l'état dynamique le système de comparaison, ce champ illimité, dont dispose l'homme, qui lui livre les rapports susceptibles de relier les objets en apparence les plus éloignés et lui découvre partiellement le symbolisme universel. »
Le peintre Max Ernst, de son côté, découvre pour son art une méthode analogue à l'écriture automatique, méthode que déjà Léonard de Vinci avait esquissée. Frappé par un plancher d'auberge dont les lavages avaient accentué les rainures, il pose sur elles au hasard une feuille et frotte à la mine de plomb. « En regardant attentivement les dessins ainsi obtenus, les parties sombres et les autres plus claires, je fus surpris de l'intensification subite de mes facultés visionnaires et de la succession hallucinante d'images contradictoires. »
Changer l'homme
Le mouvement Dada était antibourgeois, antinationaliste et provocateur. Mais, aux yeux des surréalistes, l'artiste a une responsabilité politique et morale, son œuvre est susceptible de transformer l'Homme. « Nous n'acceptons pas les lois de l'Économie ou de l'Échange, nous n'acceptons pas l'esclavage du Travail, et dans un domaine encore plus large nous nous déclarons en insurrection contre l'Histoire. » (tract La Révolution d'abord et toujours). Ces principes débouchent sur l'engagement politique : certains écrivains surréalistes adhèrent, temporairement, au communisme.
Aucun parti, cependant, ne répondait exactement aux aspirations des surréalistes, ce qui fut à l'origine des tensions le Parti communiste français. André Breton n'a pas de mots assez forts pour flétrir « l'ignoble mot d'engagement qui sue une servilité dont la poésie et l'art ont horreur. » Dès 1930, pourtant, Louis Aragon acceptait de soumettre son activité littéraire « à la discipline et au contrôle du parti communiste ». La guerre fit que Robert Desnos et Paul Eluard le suivirent dans cette voie pendant quelques années. Condamnation de l'exploitation de l'Homme par l'Homme, du militarisme, de l'oppression coloniale, des prêtres pour leur œuvre qu'ils jugent obscurantiste, et bientôt du nazisme, volonté d'une révolution sociale, ; et, plus tard, enfin, dénonciation du pragmatisme de l'Union Soviétique, tels sont les thèmes d'une lutte que, de la guerre du Maroc à la guerre d'Algérie, les surréalistes ont menée inlassablement. Ils ont tenté la synthèse du matérialisme historique et du mysticisme, en se situant au carrefour de l'anarchisme, et de l'utopie marxiste, fermement opposés à tous les fascismes et aux religions.
Quelques surréalistes célèbres
- Louis Aragon ;
- Jean Arp ;
- Antonin Artaud ;
- Boris Vian ;
- André Breton ;
- Luis Buñuel ;
- René Char ;
- René Crevel ;
- Salvador Dali ;
- Robert Desnos ;
- Paul Éluard ;
- Max Ernst ;
- Maurits Cornelis Escher ;
- Federico Garcia Lorca ;
- Michel Leiris ;
- René Magritte ;
- André Masson ;
- Roberto Matta ;
- Joan Miró ;
- Pierre Naville ;
- Mimi Parent ;
- Benjamin Péret ;
- Francis Picabia
- Man Ray ;
- Franklin Rosemont ;
- Shuzo Takiguchi ;
- Yves Tanguy ;
- Roger Vitrac ;
- Alfred Georges Regner ;
- Francis Ponge.
Liens externes
- [http://www.site-magister.com/surrealis.htm Un mouvement littéraire et culturel : le Surréalisme.]
- [http://www.atelierandrebreton.com/ www.atelierandrebreton.com]
- [http://infosurr.net/ Infosurr - Actualités du surréalisme et de ses alentours] (beaucoup de liens obsoletes)
- [http://regner.free.fr/ Peinture automatique à partir de dessin automatique]
- [http://www.cavi.univ-paris3.fr/Rech_sur/ Centre de Recherche sur le Surréalisme (Université Sorbonne nouvelle)]
- Groupes Surréalistes :
- [http://www.londonsurrealistgroup.org.uk/ Le groupe surréaliste de Londres] (nouveau!) (revue: Arcturus)
- [http://surrealisme.ouvaton.org Le groupe de Paris du mouvement surrealiste] (revue: [http://surrealisme.ouvaton.org/article.php3?id_article=130 S.U.RR.])
- [http://www.surrealismus.cz/ Groupe surréaliste tchèque et slovaque] (revue: Analogon)
- [http://greek-surrealism.tripod.com/ Groupe Surréaliste d’Athènes]
- [http://www.surrealistmovement-usa.org/ Le mouvement surréaliste aux Etats-Unis] (Groupe de Chicago) (Black Swan Press)
- [http://www.magneticfields.org/index2.html Surréalistes du Minnesota] (Blue Feathers)
- [http://www.geocities.com/ringfingers/honosurreal2.html Honolulu Surrealist Group]
- [http://surrealists.da.ru/ Houston Surrealist Group]
- [http://seattlesurreal.blog-city.com/ the Seattle Surrealist Group]
- [http://homepage.mac.com/photomorphose/Counterclockwise.html the Surrealist Group of Wisconsin] (CounterClockwise)
- [http://www.surrealismocantabria.tk/ Grupo Surrealista de Cantabria] (revue SIAMÉS)
- [http://www.surrealistgruppen.org/ Le groupe surréaliste de Stockholm] (revue Stora Saltet)
- pas d'information sur d'éventuels sites web des groupes à Leeds (revue Manticore), Santiago-de-Chile, Madrid (revue Salamandra), Ioannina, ...
- [http://www.serbiansurrealism.com/ Le mouvement surréaliste en Serbie] (pour mémoire. Ce site ressemble davantage à un site institutionnel qu'à une site de groupe surréaliste actif)
Voir aussi
- Le mouvement du liquide en bas d'une surface verticale
- Cadavre exquis
- cinéma expérimental
- Talenka
- Menil Collection, l'une des plus grandes collections surréalistes du monde
-
ja:シュルレアリスム
ko:초현실주의
SonnetLe sonnet français est un poème comportant 14 vers, répartis normalement en deux quatrains suivis d'un sizain (souvent considéré comme la suite de deux tercets).
Les deux quatrains présentent le plus souvent, dans la "norme" française, la même disposition des rimes, soit croisées (ABAB), soit embrassées (ABBA) soit plates (AABB), qui peuvent d'ailleurs ne pas être les mêmes d'un quatrain à l'autre. En outre, il est d'usage d'alterner aux époques anciennes (XVIème au XIXème) les rimes masculines et féminines.
Le sizain doit respecter à son tour certaines normes sur la succession de ses rimes : CCDEDE, CCEDDE (qu'on retrouve beaucoup quand le quatrain est de forme ABBA).
Cette forme poétique dans sa variante originelle est apparue en Italie au et a acquis ses lettres de noblesse au , en particulier grâce à Pétrarque dont les sonnets dédiés à Laure demeurent parmi des modèles du genre Canzoniere. Elle a ensuite été très utilisée en Europe, d'abord dans les pays latins (Italie, péninsule ibérique) puis en France lors de la Renaissance, aux et s, tout particulièrement chez les poètes de La Pléiade (Pierre de Ronsard et Joachim du Bellay), mais aussi chez Louise Labé (Clément Marot en avait composé quelques-uns). La norme pétrarquienne a subi alors de sensibles aménagements, surtout lorsque le sonnet fut importé en Angleterre par Shakespeare. Le sonnet français connut des succès éclatants, d'autant que la rigueur de sa forme lui conférait aux yeux de certains un caractère noble, avant d'être délaissé au . Au , il a été à nouveau exploité par les poètes, d'abord par les romantiques anglais Wordsworth puis allemands et slaves Pouchkine, avant d'être réintroduit en France par les parnassiens (Théophile Gautier), Charles Baudelaire et les symbolistes (Paul Verlaine). Au fil des siècles, détourner la forme contraignante du sonnet est devenu un jeu auquel se sont adonnés nombre des poètes modernes.
Exemple de sonnet
::Sonnet à Hélène de Ronsard
:Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
:Assise auprès du feu, dévidant et filant,
:Direz, chantant mes vers et vous émerveillant :
:« Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle ! »
:Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
:Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
:Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
:Bénissant votre nom de louange immortelle.
:Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,
:Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
:Vous serez au foyer une vieille accroupie,
:Regrettant mon amour et votre fier dédain.
:Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
:Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.
Lien externe
- [http://membres.lycos.fr/jccau/ressourc/sonnet/ Le sonnet : analyse]
Catégorie:Poésie
Catégorie:Genre et forme littéraire
ja:ソネット
PétrarquePetrarque Petrarque Petrarque Petrarque
Francesco Petrarca ou Pétrarque (20 juillet 1304 - 19 juillet 1374) était un érudit, poète et humaniste Italien. Avec Dante, ils sont considérés comme les pères de la Renaissance.
Biographie
Pétrarque est né à Arezzo, fils d'un notaire, il a passé son enfance dans le village de Incisa, proche de Florence. Son père, Ser Petracco, fut banni de Florence en 1302 par les Guelfes Noirs, en raison de ses liens politiques avec Dante. Pétrarque a donc passé le reste de sa jeunesse à Avignon, où sa famille avait déménagé, pour y suivre le pape Clément V (qui s'y installa en 1309 lors du schisme papal), puis à Carpentras. Il étudia à Montpellier (de 1319 à 1323) puis à Bologne, où il étudia la loi de 1323 à 1325. Ainsi formé à la loi et la religion, il fut d'abord intéressé dans l'écriture et la littérature latine, partageant sa passion avec son ami Giovanni Boccaccio. Dans sa recherche d'anciens classiques Latin et de manuscrits, il voyagea en France, Allemagne, Italie et Espagne. Avec son premier gros ouvrage, Africa -- une épopée en Latin -- Pétrarque devient une célébrité européenne.
Latin
À la mort de son père en 1326, Pétrarque retourna en Avignon, où il travailla dans différents bureaux cléricaux. Pétrarque devint rapidement connu comme érudit et poète et fut couronné, en 1341, comme lauréat de poésie à Rome. Il voyagea dans toute l'Europe, comme ambassadeur et eut une correspondance fournie. En collectionnant les manuscrits lors de ses voyages, il initia la redécouverte des écrivain de la Rome et Grèce antique. Il remarqua : « Each famous author of antiquity whom I recover places a new offence and another cause of dishonor to the charge of earlier generations, who, not satisfied with their own disgraceful barrenness, permitted the fruit of other minds, and the writings that their ancestors had produced by toil and application, to perish through insufferable neglect. Although they had nothing of their own to hand down to those who were to come after, they robbed posterity of its ancestral heritage. » C'est ainsi que Pétrarque a créé le concept de Moyen Âge.
Pétrarque, avec son frère et deux amis, gravit le Mont Ventoux le 26 avril 1336. Il écrivit à propos de cette excursion, une lettre à son ami Francesco Dionigi. À cette époque, il était inhabituel de gravir des montagnes pour l'expérience elle-même, c'est la raison pour laquelle le 26 avril 1336 est considéré comme la « naissance de l'Alpinisme » et Pétrarque (Petrarca alpinista) comme le « père de l'alpinisme ».
Il passa la dernière partie de sa vie à voyager dans l'Italie du nord comme érudit international et un voyageur renommé. Pétrarque ne s'est jamais marié mais fut le père de trois enfants d'une femme ou de femmes inconnues de la postérité. Un de ses fils, Giovanni, est né à Avignon en 1337 et une fille, Francesca, est né dans le Vaucluse en 1343. Giovanni est mort de la peste en 1361. Francesca s'est mariée à Francescuolo da Brossano (qui fut ensuite nommé exécuteur testamentaire de Pétrarque). En 1362, peu après la naissance d'une fille, Eletta, il rejoignirent Pétrarque à Venise, pour fuir la peste qui ravageait alors une partie de l'Europe. Un second petit-fils, Francesco, est né en 1366 mais mourut avant son second aniversaire.
Pétrarque s'est établi en 1367 à Padoue, où il a passé le reste de sa vie dans la contemplation religieuse. Il est mort à Arquà dans les Collines Euganéennes le 18 juillet 1374.
Laura et la poésie
En 1327, à la vue d'une femme appelée Laura dans l'église de Sainte-Claire d'Avignon, il eut une longue passion, célébrée dans Canzoniere; (« Livre de Chant »). Il est possible qu'elle ait été Laure de Noves, la femme de Hugues de Sade (un ancêtre du Marquis de Sade) ou un personnage anonyme idéalisé. Sa représentation réaliste dans ses poèmes contraste avec les clichés des troubadours et de l'amour courtois. Sa présence lui causait une joie inexplicable mais son amour non partagé lui faisait endurer un désir insoutenable. Il existe peu d'informations précises dans le travail de Pétrarque concernant Laura, excepté qu'elle est belle à regarder, blonde avec un port digne et modeste.
Laura et Pétrarque ne se sont jamais rencontrés. Il a canalisé ses sentiments en poèmes d'amour exclamatifs plutôt que persuasifs et sa prose montrait son dédain envers les hommes qui harcelaient les femmes. À l'époque de sa mort en 1348, le poète considérait son chagrin aussi difficile à vivre que l'était son précédent désespoir. Plus tard, dans ses « Lettres à la Postérité », Pétrarque écrivit: « In my younger days I struggled constantly with an overwhelming but pure love affair - my only one, and I would have struggled with it longer had not premature death, bitter but salutary for me, extinguished the cooling flames. I certainly wish I could say that I have always been entirely free from desires of the flesh, but I would be lying if I did. »
Le sonnet de Pétrarque porte son nom.
Œuvres
Parmi les œuvres latines de Pétrarque, on trouve De Viris Illustribus, le dialogue Secretum, un débat avec St. Augustin, un Rerum Memorandarum Libri, un traité incomplet sur les vertus cardinales, De Remediis Utriusque Fortunae, son œuvre en prose latine la plus populaire, Itinerarium, un guide sur la Terre Promise et De Sui Ipsius Et Multorum Ignorantia, contre les Aristotéliciens. Il a écrit ses œuvres culturelles et son épopée poétique en Latin, ses sonnets et chants en Italien.
Héritage
En Novembre 2003, des anatomistes ont annoncés vouloir exhumer le corps de Pétrarque à Arquà Petrarca, de manière à vérifier les rapports du indiquant qu'il faisait 1.83m, ce qui l'aurait rendu très grand pour cette période. Le groupe souhaitait aussi reconstruire son crane pour obtenir une image numérisée de ses caractéristiques faciales. Malheureusement, les tests d'ADN en 2004 ont révélé que le crane trouvé dans le cercueil n'était pas le sien, réclamant son retour.
Liens externes
- [http://petrarch.petersadlon.com/ Petrarch and Laura] Site multilingue incluant plusieurs traductions (lettres, poèmes, livres) du domaine public et des biographies, des images et de la musique.
ja:ペトラルカ
Art poétique
L'art poétique est la conception que se font une personne ou un groupe de personnes de l'écriture de la poésie, à une époque donnée. Dans une même culture, cette conception varie en fonction de l'évolution historique et sociale.
Un art poétique est en général un ensemble de règles dont la finalité serait de produire la beauté.
Tzvetan Todorov distingue, par exemple, trois grandes familles de théories de la poésie dans la tradition occidentale : le premier courant développe une conception rhétorique qui considère la poésie comme un ornement du discours, un plaisir ajouté au langage ordinaire; un deuxième courant démontre que la poésie inverse les propriétés rationnelles du langage en communiquant ce qu'il ne saurait traduire; le troisième met l'accent sur le jeu du langage poétique qui attire l'attention sur lui-même, plus que sur le sens qu'il porte.
Cette dernière théorie de l'autonomie du langage poétique a été exposée par Roman Jakobson au début du , dans un chapitre de ses Essais de linguistique générale. Étudiant les fonctions de la communication, Jakobson montre que la fonction poétique, contrairement aux autres, se centre sur le signe lui-même, et plus précisément sur le signifiant. Cette approche linguistique a le mérite de proposer une définition qui évite la confusion entre la poésie comme art du langage et la poésie comme catégorie esthétique. Cette juxtaposition des deux valeurs du terme a longtemps figuré dans les dictionnaires et traités littéraires. Au , par exemple, dans un ouvrage intitulé Poétique (Cours complet de littérature à l'usage des séminaires et des collèges rédigé d'après les meilleurs critiques anciens et modernes), l'abbé Piron répond à la question « En quoi consiste la poésie du vers ? » : « Pour donner une définition précise de la poésie du vers, nous dirons qu'un vers est poétique ou véritablement vers quand son expression a une élévation, une force, un agrément dans les mots et les tours, qu'on ne trouve point dans le même genre traité en prose ; en un mot, quand il montre le langage ennobli, enrichi, paré, élevé au-dessus de ce qu'il est quand il n'est que de la prose. »
Évolution
Du Moyen Âge à l'époque dite « classique », la poésie a toujours été soumise à un art de dire qui avait pour objet de trouver le beau mesuré selon la rigueur de la soumission à la règle poétique, bien entendu, mais aussi à la règle sociale. Le poète fut tour à tour le protégé du seigneur, du prince ou du roi. Le ne pensa pas que les lumières pussent venir de la poésie et la négligea. Les bouleversements politiques et sociaux qui eurent lieu à la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l'avènement de la société industrielle ont suscité une mise en question radicale de l'homme, qui éprouva soudain un doute vis-à-vis du monde et de lui-même. Le principe de l'unité éclata et la poésie rendit compte de cet éclatement. Les romantiques ont lancé le premier cri d'alarme pour dénoncer les contraintes d'un art qui ne pouvait plus satisfaire l'expression de la multiplicité des apparences découvertes. Mais ils restèrent encore soumis à la loi du vers, au régime du genre.
Dans la seconde partie du XIXe siècle, un phénomène nouveau se fait jour: le vers disparaît. Lautréamont donne une œuvre inclassable qu'il intitule Chants. Rimbaud écrit une série de textes qu'il rassemble sous le titre de Une saison en enfer. C'est tout à la fois un poème, une confession, une contestation, une réflexion, une critique. Désormais, les poètes ne recherchent plus les thèmes dits « poétiques » (l'amour, la mer, la mort, etc.) ou bien encore à correspondre à une règle formelle. « Il faut être absolument moderne », déclare Rimbaud.
Charles Baudelaire réfléchit sur cet art poétique nouveau, dont il est l'un des premiers théoriciens: « La modernité c'est le transitoire, le fugitif, le contingent (...) ». C'est le quotidien transfiguré par le regard ou pris tel quel dans un discours qui ferait « éclater le discours ordinaire » (Jean-Claude Renard). D'une part, le laid peut être beau et tout devient passible de poésie. D'autre part, le poète n'est plus rivé au savoir-faire; il est tout à la fois producteur et produit du monde qui l'entoure. « Écrire, c'est plus que connaître analytiquement : c'est refaire » (Francis Ponge). L'écrivain va donc chercher à s'approprier de nouvelles techniques. Rimbaud veut « inventer [...] de nouvelles langues ». Lautréamont est à la recherche d'une « poétique future ». C'est ainsi que le langage devient une arme. Le poète s'efforce de trouver un « langage qui coupe la respiration, qui racle, raille, tranche. Une armée de sabres. Un langage de lames exactes [...] poignards infatigables, éclatants, méthodiques » (Octavio Paz). Pour l'acquérir, il reconsidère en premier lieu les mots. Il ne peut, en effet, promouvoir un monde nouveau avec des mots usés qui ont perdu toute signification. Le sens premier de ces mots doit être retrouvé pour produire ce que Pierre Reverdy appelle « un effet effervescent », provoquant sur le lecteur un choc. Le poète doit oublier le sens commun déformé par l'usage pour retrouver celui qui s'écarte le moins possible de ce qu'il nomme.
Pourtant, il est sûr, comme le dit Georges Ribemont-Dessaignes, qu'« on ne mange pas le mot pain, qu'on ne boit pas le mot vin ». Le mot ne devient ce qu'il nomme qu'au prix d'un pari incroyable que le poète s'efforce de tenir à tout instant: « Confondons, confondons sans vergogne la Seine et le livre qu'elle doit devenir » (Francis Ponge). L'échec semble alors le lot du poète: « Ce n'est pas sous cette forme-là que je pouvais dire ce que je croyais avoir à dire, ce que j'aurais tant aimé dire; sous cette forme-là, je ne pouvais dire que ce que je n'avais pas à dire, que j'aurais tant aimé ne jamais dire » (Reverdy).
Mais le poète n'est pas toujours attaché à la difficulté d'écrire. Il la résout dans l'oubli des mots, qui alors se forment et s'assemblent d'eux-mêmes ; ils produisent des images dans lesquelles ils proposent une réalité jamais vue, toutes les combinaisons étant possibles depuis que Lautréamont a pu dire: « Beau comme [...] la rencontre fortuite, sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie.» Dans l'image, il n'est plus de contraintes ; la liberté peut s'exercer sans entraves.
L'efficacité de limage surréaliste tient dans son extrême concentration, dans l'exactitude de sa forme.
: « L'image réconcilie les contraires, mais cette réconciliation ne peut être expliquée par des mots - sinon ceux de l'image, qui ont cessé d'être des mots. L'image est ainsi un recours désespéré contre le silence qui nous envahit chaque fois que nous tentons d'exprimer la terrible expérience de ce qui nous entoure et de nous-mêmes (…) Tel est le sens ultime de l'image : elle-même » (Octavio Paz).
Pour André Breton, lécriture automatique (dictée intérieure, automatisme de l'inconscient) reste une exigence : elle doit fonctionner comme machine de guerre contre l'esthétique bourgeoise, contre le travail volontaire et réglé du poète. Il est à noter qu' au cours de l'évolution historique du mouvement surréaliste, certains (Louis Aragon, Paul Eluard), nostalgiques des formes traditionnelles du travail poétique, se sont écartés de la pratique stricte de l'écriture automatique.
Dans le monde occidental, l'art poétique a connu une évolution semblable à celle de la peinture. Jusqu'au XIXe siècle, la fonction de la peinture était principalement de représenter le monde, en conformité avec la théorie de la mimésis, inspirée d'Aristote. L'invention de la photographie a retiré à la peinture son rôle utilitaire. Les peintres abandonnent alors peu à peu la référence à une réalité extérieure : les impressionnistes décomposent la lumière ; les cubistes déconstruisent l'espace ; les abstraits représentent l'acte même de peindre, faisant de la peinture le seul sujet. Ainsi de la poésie : à l'époque romantique, elle cesse peu à peu de chercher son but ailleurs qu'en elle-même jusqu'à devenir « poésie pure ». Dès lors, elle n'a plus d'autre visée que celle de constituer un langage poétique. Paul Valéry, en commentant le travail de Stéphane Mallarmé, explique cette évolution : « Il avait compris de fort bonne heure que le Fait poétique n'est autre que le langage même, et se confond avec lui …» (Variété)
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L'artiste qui le pratique est un poète (ancienne orthographe : poëte).
La poésie est la plus ancienne forme de littérature qui nous soit parvenue, sans doute car elle est au départ le moyen mnémotechnique de fixer l'expression orale dans la mémoire, par le moyen du rythme (le vers), et de la rime. La poésie couvre l'ensemble des émotions humaines, individuelles ou collectives.
La Poésie est l'art de dire avec des mots ce que les mots ne peuvent pas dire. Ou, si l'on préfère, le poète est celui qui dit plus que ce qu'il dit. Pascal, par exemple, dans une formule très concise dit : L'homme passe l'homme, ce que Jacques Chardonne avait traduit dans le titre : « L'Amour c'est beaucoup plus que l'amour ». Stéphane Mallarmé a défini la poésie ainsi : « La Poésie est l'expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l'existence : elle doue ainsi d'authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle. »
Types poétiques
- Alexandrin (forme du vers)
- Sonnet
- Pantoum
- Haïku : 17 syllabes, Japon
- Senryû : 17 syllabes, Japon
- Limerick, forme de poème anglais
- poème fluctuel
- sonnet reflété
- Rythme Occi-riental, insertion de la métrique arabe dans la poésie française
Voir aussi
- Poésie arabe ;
- Liste de poètes ;
- Liste de poètes irlandais ;
- Vers, rime, strophe ;
- Métrique, prosodie.
Liens
- La Poétique, Aristote
- L'Art poétique, Boileau
- [http://pouemes.free.fr/ Poèmes et Poésie d'amour]
- [http://www.poesie-amour.com/ Poésie d'amour et poème romantique]
- [http://sisyphe.org/rubrique.php3?id_rubrique=20 La poésie sur Sisyphe]
Catégorie:Poésie
Poétique
ja:詩
ms:puisi
simple:Poetry
zh-cn:诗歌
ProsodieLa prosodie est l'ensemble des règles de prononciation d'une langue, et, plus spécifiquement, de la langue littéraire (surtout poétique), qui peuvent concerner la longueur des voyelles, des syllabes, les intonations, les accents, les rythmes les rimes, etc., c'est-à-dire plus généralement les effets sonores annexes de la langue, celles dont le non-respect ne modifie pas fortement la compréhension d'un énoncé. Ces règles diffèrent naturellement d'une langue à l'autre et dépendent des époques mais aussi des écoles et des auteurs pour la langue littéraire.
En phonétique, la prosodie fournit des unités suprasegmentales. Tout fait prosodique, cependant, n'est pas forcément une telle unité.
Les règles de prosodie française ou d'autres langues sont décrites dans plusieurs articles dont :
- vers ;
- rime ;
- scansion ;
- césure ;
- intonation prosodique.
Catégorie:LinguistiqueCatégorie:Phonétique
ko:운율
Triolet (poésie)
En poésie, un triolet est un poème de huit vers dans lequel le premier et le second vers sont répétés au septième et huitième vers, le premier vers étant aussi répété au quatrième vers. De par sa légèreté, il convient bien au genre satirique ou gracieux.
Exemple : À Philis (de Théodore de Banville)
::Si j'étais le Zéphyr ailé,
::J'irais mourir sur votre bouche.
::Ces voiles, j'en aurais la clé
::Si j'étais le Zéphyr ailé.
::Près des seins pour qui je brûlai
::Je me glisserais dans la couche.
::Si j'étais le Zéphyr ailé,
::J'irais mourir sur votre bouche.
Source: Peter J. Edwards (ed.), Œuvres poétiques complètes de Théodore de Banville, Mount Allison University, Sackville, N.B., 1996. (Textes électroniques interactifs)
Catégorie:Poésie
catégorie:Genre et forme littéraire
Alexandrin
Catégorie:Poésie
Un alexandrin est un vers français de douze syllabes.
Il diffère du dodécasyllabe par un schéma rythmique précis. Les deux formes de l'alexandrin sont le tétramètre, ou alexandrin classique, et le trimètre, ou alexandrin romantique. Le nom vient de Li romans d'Alexandre, cycle de poèmes du écrit en vers de douze syllabes célèbre pour avoir associé ce mètre au style épique. Les premiers alexandrins lui sont cependant antérieurs : on peut les dater de la fin du XIe siècle.
C'est pour les francophones le « grand vers » de la poésie.
Tétramètre
Le tétramètre est un alexandrin à quatre mesures, ou mètres (c'est-à-dire éléments rythmiques terminés par un accent d'intensité). Le deuxième et le quatrième accent correspondent respectivement à la sixième et à la douxième syllabe, soit à la fin de chaque hémistiche. Les autres accents sont variables à l'intérieur de l'hémistiche.
Quand les accents secondaires sont placés à la troisième et à la neuvième syllabe (3/3//3/3), on parle de tétramètre à débit régulier. Par exemple :
« Je le vis/, je rougis,// je pâlis/ à sa vue/ »
(Racine, Phèdre, I, 3, v.435)
On peut aussi avoir des hémistiches 1/5, 2/4, 4/2 ou 5/1.
« Mon cœur,/ comme un oiseau,// voltigeait/ tout joyeux »
(Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Un voyage à Cythère »)
Il faut noter que les mesures finissent avec la syllabe accentuée. Quand un mot est constitué d'une syllabe accentuée et d'une syllabe inaccentuée, cette dernière appartient au mètre suivant. La coupe peut donc avoir lieu au milieu d'un mot.
Trimètre
Il est dit « romantique », car c'est avec les romantiques, et Victor Hugo en particulier, qu'il se répand. L'alexandrin romantique a pour particularité de n'avoir pas d'accent rythmique sur la sixième syllabe. Hugo écrit ainsi dans « Quelques mots à un autre » (Les Contemplations) : « L'alexandrin saisit la césure, et la mord », et plus loin dans le même poème : « J'ai disloqué ce grand niais d'alexandrin. »
En réalité, le trimètre n'est pas sorti tout casqué du cerveau d'Hugo. On peut le faire remonter au , à la Pléiade en particulier. Il faut dire que l'alexandrin n'est réglementé qu'assez tardivement, par Malherbe et Boileau, et encore uniquement pour le vers tragique. Le vers comique, celui de Molière par exemple, reste beaucoup plus libre.
Le trimètre est donc composé de trois mètres. Il est dit à débit régulier quand il est composé de trois mètres égaux, 4/4/4.
« Et l'étami/ne lance au loin/ le pollen d'or »
Heredia, Les trophées, « Fleur séculaire »
Il faut noter que le trimètre est loin d'avoir remplacé complètement le tétramètre dans la poésie romantique. Il est généralement introduit au milieu de tétramètres pour créer un effet de contraste.
Dans Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand offre un exemple rare de trimètre ne pouvant pas être coupé après la sixième syllabe :
:« Empanaché/ d'indépendan/ce et de franchise »
Tétramètre à césure faible
Il arrive de trouver des vers ayant toutes les caractéristiques du trimètre dans les œuvres de tragédiens classiques comme Corneille ou Racine — là où, en théorie, ils ne devraient pas se trouver.
« Je veux/, sans que la mort// o/se me secourir,
« Toujours aimer,/ toujours souffrir,/ toujours mourir »
(Corneille, Suréna, I, 3)
Le premier vers cité ici est clairement un tétramètre de rythme 2/4//1/5, mais le second vers semble bel et bien de rythme 4/4/4, soit un trimètre à débit régulier.
Pour expliquer cette apparente incohérence, certains critiques, comme Maurice Grammont, parlent de « faux trimètres », qui seraient en fait des tétramètres à césure faible. Ainsi, dans Esther, le prétendu trimètre
« Et Mardochée/ est-il aussi/ de ce festin ?»
devrait en réalité se lire :
« Et Mardochée/ est-il// aussi/ de ce festin ?»
Il y aurait plutôt une césure faible à l'hémistiche, ayant pour but en l'espèce de faire ressortir le mot « aussi ».
Il est incontestable cependant que le vers de Suréna cité plus haut est un véritable trimètre, autant que ceux d'Hugo.
Bibliographie
- Frédéric Deloffre, Le vers français, SEDES, 1969
- Maurice Grammont, Petit traité de versification française, Armand Colin, 1965
- Jean Mazaleyrat, Éléments de métrique française, Armand Colin, 1963
Hexamètre dactylique
Catégorie:Poésie Catégorie:Poésie grecque
L'hexamètre dactylique est un mètre surtout utilisé en grec ancien et en latin. On en trouve aussi, plus rarement, en anglais. C'est le mètre par excellence de l'épopée et du style grandiose.
Note : dans cet article, conformément à la notation traditionnelle, U représente une syllabe brève et _ une longue. Les pieds sont séparés par la barre droite, la césure par deux barres obliques. Consulter Scansion pour plus de détails.
Histoire
Mètre d'abord grec et ancien dans cette langue, puisque c'est celui dans lequel lIliade et
lOdyssée sont rédigés, il a été introduit en latin par Ennius (239-169 avant l'ère chrétienne). C'est en hexamètres dactyliques que Lucrèce (I siècle avant l'ère chrétienne) écrit. À cette époque, il n'est pas encore très régulier. Il faut attendre Virgile (70-19 avant l'ère chrétienne) et Ovide pour qu'il atteigne à la perfection.
Il est plus que probable qu'Homère l'ait emprunté à une culture non grecque, peut-être autochtone, car le ryhme naturel grec se plie mal au dactyle : c'est d'ailleurs pour cette raison que le poète a dû procéder à de nombreux ajustements (choix de mots ou de formes secondaires, archaïques ou dialectaux, allongements artificiels de syllabes, etc.). La langue grecque, en effet, est plutôt iambique. Les Romains, quant à eux, étaient conscients que l'hexamètre dactylique était étranger à leur langue, bien qu'elle s'y soit mieux pliée. Le mètre autochtone latin, ou vers saturnien, a cependant été remplacé par les mètres grecs dès les débuts de la période littéraire.
Modèle
Comme son nom l'indique, il est composé de six mesures (en grec : ἕξ, héx « six » + μέτρον métron, « mesure ») dont le pied principal est le dactyle (_ UU).
En vertu des règles de contraction (cf. Scansion), chaque dactyle peut être remplacé en toute place par un spondée (_ _). L'avant dernier pied reste cependant dans la majorité des cas un dactyle. Le dernier pied est un spondée ou un trochée (_ U), la dernière syllabe pouvant être considérée indifférenciée (anceps ; notée U, c'est-à-dire « brève ou longue »), comme dans tous les mètres rythmiques.
Le modèle théorique est donc le suivant :
:_ UU | _ UU | _ UU | _ UU | _ UU | _ U
En considérant toutes les contractions possibles, c'est l'équivalent de :
:_ _ | _ _ | _ _ | _ _ | _ _ | _ U
Il est donc possible de ramener l'hexamètre dactylique au format suivant :
:_ UU | _ UU | _ UU | _ UU | _ UU | _ U
Césure
Rappelons que dans la métrique gréco-romaine, la césure ne peut pas couper un mot.
La césure est le plus souvent :
- trochaïque (surtout dans la poésie grecque) : elle se place dans le troisième pied, qui doit être un dactyle, après la première brève (ce qui donne un trochée) → _ UU | _ UU | _ U//U | _ UU | _ UU | _ U ;
- penthémimère : après le cinquième demi-pied (un demi-pied correspond ici à _ ou UU) → _ UU | _ UU | _ // UU | _ UU | _ UU | _ U ;
- hepthémimère : après le septième demi-pied → _ UU | _ UU | _ UU | _ // UU | _ UU | _ U;
- double césure trihémimère et hepthémimère: → _ UU | _ // UU | _ UU | _ // UU | _ UU | _ U.
Dans le vers épique grec d'Homère, c'est la césure trochaïque qu'on recontre le plus souvent. Suit, dans l'ordre des fréquences, la penthémimère puis, beaucoup plus rarement (1% pour l'Iliade et 0,5% pour l'Odyssée), l'hepthémimère. Dans la poésie latine, c'est la penthémimère qu'on utilise le plus, puis la combinaison trihémimère - hepthémimère (césure après le 3e et après le 7e demi-pied). Un même vers peut comporter plusieurs césures possibles.
Exemple: dans les deux premiers vers du Dédale et Icare d'Ovide, on trouve les deux principaux cas de césure de l'hexamètre latin:
Dāedălŭs | īntĕrĕ-|-ā // Crē-|-tēn lōn-|-gūmquĕ pĕ-|-rōsŭs Ēxsĭlĭ-|-ō // tāc-|-tūsquĕ lŏ-|-cī // nā-|-tālĭs ă-|-mōrĕ
Le cinquième pied
C'est le plus souvent un dactyle. Dans la poésie homérique, moins de 25% des vers ont un spondée à cette place (on les nomme vers spondaïques). Chez les Romains, le spondaïque est bien plus rare. Par exemple, on ne trouve qu'une trentaine de spondaïques chez Virgile (et encore 25 d'entre eux tombent sur des mots grecs).
Dans l'apprentissage de la scansion latine, il est recommandé de partir du principe que le cinquième pied d'un hexamètre dactylique est presque toujours un dactyle.
Exemples
Ces exemples ne montrent pas comment on procède pour scander correctement un hexamètre dactylique. On se reportera à | | |