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| Régime Politique |
Régime politiqueOn désigne par régime politique d'un État la manière dont celui-ci est géré et gouverné. Le régime politique d'un État peut être par exemple autoritaire, démocratique, ou peut exprimer des tendances plus fines comme un régime politique socialiste, communiste, libéraliste, monarchique, etc.
Nombreux sont ceux qui catégorisent les gouvernements selon la question « qui gouverne ? »
- Absolutisme
- Aristocratie
- Autocratie
- Bureaucratie
- Démocratie
- Démocratie participative
- Démocratie populaire
- Dictature
- Énarchie
- Gérontocratie
- Gouvernement fantoche
- Gynécocratie
- Kleptocratie
- Monarchie
- Monarchie constitutionnelle
- Oligarchie
- Panarchie
- Ploutocratie
- République bananière
- Technocratie
- Timocratie
- Tétrarchie
- Théocratie
D'autres se préoccupent de catégoriser les gouvernements selon la question « quelle est l'étendue du pouvoir du gouvernement ? »
- Marxisme
- Étatisme
- Libéralisme
- Minarchisme
- Socialisme
- Totalitarisme
Voir aussi
Liste de formes de gouvernements
Catégorie:Droit constitutionnel
Catégorie:Politique
ja:政治体制
ko:정부 형태
ÉtatL'État est une collectivité dont la structure est juridique, qui est délimitée par des frontières territoriales et constituée d'institutions lui assurant un pouvoir suprême (la souveraineté).
D'après Max Weber dans Le Savant et le politique, « l'État est une entreprise politique à caractère institutionnel dont la direction administrative revendique avec succès dans l'application de ses règlements le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire donné », c'est-à-dire qu'il est le seul à pouvoir faire respecter les lois à travers l'armée, la justice et la police.
L'État est la forme dominante du pouvoir politique mais elle n'est pas universelle. Pierre Clastres a montré qu'il peut exister des sociétés sans État, voire contre l'État : des sociétés primitives (par exemple les esquimaux) où il n'y a ni hiérarchie des pouvoirs, ni autorité. Cependant, cette forme de pouvoir politique ne peut s'appliquer qu'à de petites communautés.
Un pays est une désignation géographique. La nation ne se confond pas avec l'État même si elle recouvre souvent l'ensemble de son peuple en Europe de l'Ouest (modèle de l'État-nation). Le gouvernement est l'une des institutions par lesquelles l'État exerce son pouvoir.
« Nous entendons par État toute entreprise politique de caractère institutionnel lorsque et tant que sa direction administrative revendique avec succès dans l’application des règlements le monopole de la violence physique légitime ». Telle est la définition de l’État donnée par le sociologue Max Weber dans son livre posthume ‘Le savant et le Politique ‘. Définir l’État a toujours été source de conflit dans le monde académique.
En matière de définition de l’État, le relativisme s’impose. L’État n’est qu’une forme d’organisation politique de la société. Il y a eu la ‘Polis’ grecque, l’’Imperium’ romain, le Saint Empire Romain Germanique… et il y a eu l’État. L’État est la forme d’organisation du politique qui s’est développée à l’époque moderne (c.-à-d. à partir de la Renaissance) en Europe occidentale, et il s’est ensuite exporté dans le monde entier jusqu’à devenir aujourd’hui le mode d’organisation politique dominant. Cependant, toutes les sociétés ne se sont pas organisées en États (Pierre Clastres parle de « sociétés sans État ») et l’État n’est pas partout le même. Il convient donc de s’attacher dans l’étude de l’État aux singularités et aux régularités du phénomène étatique (Georg Simmel).
Par ailleurs, on peut appréhender l’État à un moment de l’histoire, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas né ou qu’il n’évolue pas. Il convient donc dans la tentative de définir ce qu’est l’État d’adopter une double perspective, à la fois synchronique (à un instant ‘t’) et diachronique (au fil du temps).
Perspective synchronique
Dans une approche synchronique, c.-à-d. à un instant 't', l'État peut être appréhendé au moyen du droit ou au moyen de la sociologie.
L’État in abstracto, perspective juridique
La théorie juridique a eu beaucoup de mal à définir ce qu'était l'État. Plusieurs écoles se sont affrontées sur ce terrain, on retiendra ici les trois grandes perspectives de l'approche juridique.
La théorie de l'État puissance remonte aux ouvrages de Nicolas Machiavel, de Thomas Hobbes et de Jean Bodin. Dans cette approche, l'État est caractérisé par sa souveraineté interne et externe. L'État est un Léviathan dont la fonction est de maintenir l'ordre dans la société dont il assure la direction.
Dans la théorie de l'État de Puissance, l'État incarne l'intérêt général et dispose alors d'un certain nombre de prérogatives qui émanent de sa souveraineté, notamment le pouvoir de créer le droit et de prendre des actes administratifs unilatéraux (AAU) qui s'imposent aux individus sans leur consentement. L'État dispose alors de la personnalité morale, il est une personne au même titre que le citoyen.
Pour Hans Kelsen et l'école allemande de l'État de droit, ce n'est pas l'État qui produit le droit, mais l'ordre juridique (c.-à-d. la hiérarchie des normes) qui produit l'État. L'État ne serait alors que l'émanation du droit qui limiterait sa puissance d'arbitraire. Dans cette perspective, l'État n'est plus défini comme dans la théorie de l'État de Puissance par sa souveraineté, mais par son identification à un ordre juridique et sa soumission au droit.
Cette théorie allemande de l'État de Droit a été reprise par Raymond De Carré De Malberg qui a essayé de transposer cette théorie en France. Pour assurer la pérennité du droit, il faut que la hiérarchie des normes juridiques soit garantie et qu'il existe un contrôle juridictionnel pour faire respecter cette hiérarchie des normes de façon à forcer l'État à respecter le droit. Ce contrôle juridictionnel de l'État existe depuis l'arrêt du Tribunal des conflits (TC), 1873, Blanco.
Pour Léon Duguit, l'État n'est caractérisé ni par la souveraineté, ni par son identification à un ordre juridique. Pour Léon Duguit, l'État n'est qu'une coquille vide, il n'a pas de personnalité, ne peut disposer de droits subjectifs et ne saurait être en mesure d'imposer quoique ce soit à qui que ce soit. L'État est donc une coquille vide derrière laquelle se cachent des gouvernants - or rien ne garantit que ces gouvernants accepteront de limiter leur puissance pour toujours et continueront à se soumettre au droit.
Ce qui justifie selon Léon Duguit l'existence de l'État c'est le Service public. L'État est en effet selon lui l'expression de la solidarité sociale. Les hommes, regroupés en sociétés, sont devenus de plus en plus interdépendants. Cette interdépendance a été accompagnée de la création de normes, et pour faire respecter ces normes, des dirigeants ont émergé afin de les faire respecter. Mais ces dirigeants ne restent dirigeants qu'aussi longtemps qu'ils continuent à se dévouer à la société et à l'organisation de la solidarité sociale au moyen du Service public.
Pour Léon Duguit, l'État n'est alors que l'émanation de la société et non pas la conséquence d'une quelconque souveraineté de l'État ou d'un ordre juridique préexistant.
L’État in concreto, perspective sociologique
L'appréhension de l'État par le droit se fait essentiellement in abstracto, dans la théorie et la philosophie du droit. L'État tel que perçu par le droit est un État de papier, or, l'État est profondément politique comme nous l'apprend la définition de Max Weber qui perçoit l'État comme une entreprise politique. Pour appréhender l'État dans la réalité de son existence, il ne suffit pas de connaître les règles qui le régissent (Constitution, lois, règlements), il faut encore voir comment ces règles sont appliquées ou créées. C'est tout l'intérêt de l'analyse sociologique de l'État : examiner comment l'État fonctionne au concret.
On prendra pour fil conducteur de cette section les grands moments de la définition de Max Weber dans Le Savant et le Politique.
L'État est avant tout une institution, il est à la fois processus et fruit d'un processus. L'État est une institution par excellence, il est issu d'un processus de construction théorique, et est en permanente construction lui-même.
Il y a institution quand des régularités comportementales deviennent des règles, et qu'elles portent du sens. L'institution est à la fois univers de pratiques (les règles comportementales) et univers de sens (ces règles ont une signification propre qui justifient leur existence). Les institutions établissent toujours des relations entre des personnes : la mariage est une institution, il implique des règles à respecter, ces règles sont porteuses d'une signification et elles permettent à deux personnes de vivre une vie commune.
L'institution commence à l'état de routines qui peu à peu deviennent des lois qui ne sont plus remises en cause, qui deviennent "normales", naturelles.
L'État en tant qu'institution est lui-même composé de plusieurs instutions : ministères, directions, préfectures, délégations, administrations déconcentrées ou décentralisées... Chacune de ces institutions a une culture institutionnelle distincte - chacune de ces institutions est un univers de sens et de pratiques.
L'État n'est donc pas un, ni unifié. Il est un espace où se développent et où s'affrontent des cultures et des logiques institutionnelles différentes. L'État est une institution d'institutions en interaction permanente.
Dont la direction administrative
L'État est dirigé par une administration. C'est une caractéristique essentielle de l'État, organisation politique née en Europe occidentale à l'époque moderne. L'État dispose d'un corps de fonctionnaires spécialisés qui travaillent pour lui et qui établissent un rapport d'autorité stabilisé entre les gouvernants et les gouvernés.
L'État est composé de gouvernants élus et de fonctionnaires gouvernants (Jacques Lagroye), c.-à-d. que l'État est à la fois administratif et politique, avec une division sociale du travail (Emile Durkheim) entre ces deux personnels.
Revendique avec succès
La définition de Max Weber est une définition probabiliste, il ne dit pas ce que fait l'État, mais ce que l'État est censé faire. "Revendique avec succès" n'est pas la même chose que réussir. L'État est processuel, il évolue. La définition de Weber est une définition souple qui n'enferme pas l'État dans un carcan. Cette définition probabiliste rejoint la pensée de Weber sur le pouvoir qui n'est selon lui qu'une "chance de puissance".
Cette dimension probabiliste est complétée par une dimension volontariste. L'État est une entreprise, c.-à-d. qu'il est en action, que ses dirigeants (fonctionnaires ou politiques) agissent, mais toujours avec cette double dimension de la réussite ou de l'échec.
Le monopole de la violence physique et symbolique légitime
L'État dispose du monopole de la violence physique légitime, la police, l'armée, le pouvoir d'enfermer ceux qui ont enfreint les lois, voire de tuer ceux qui menacent l'ordre public.
Mais l'État dispose également d'une capacité à exercer une violence symbolique sur ses citoyens, ce que Pierre Bourdieu a appelé la "magie d'État". La violence symbolique renvoie à la capacité de l'État de catégoriser ses citoyens, grâce à un nom au travers de l'état civil ou un numéro d’immatriculation (comme le numéro de Sécurité sociale en France), ou dans ses tribunaux en les déclarant coupable ou innocent.
Ces deux violences sont par ailleurs compatibles : l'appel sous les drapeaux pour défendre la patrie est un acte de violence symbolique (l'enrôlement dans l'armée pour défendre le pays) mais également physique puisqu'on est enrôlé pour tuer ou être tué.
Les différentes fonctions de l'État
Pierre Rosanvallon distingue quatre grandes fonctions de l'État:
- L'État Régalien > faire respecter l'ordre à travers la police, l'armée et la justice.
- L'État Instituteur du social > son rôle est d'unifier le pays à travers l'école (fin 19e siècle en France avec Jules Ferry).
- L'État-providence (1945) > il a pour fonction de redistribuer les revenus grâce au développement de la solidarité avec la sécurité sociale.
- L'État Promoteur économique > son action est de soutenir l'économie dans la droite ligne des idées de Keynes (politique de grands travaux, nationalisations).
Depuis la fin des années 80, l'État perd de son pouvoir pour plusieurs raisons:
- Il se désengage de l'économie en privatisant les entreprises publiques, la Sécurité Sociale voit son rôle diminuer, la mondialisation augmente la contrainte extérieure et diminue le pouvoir d'intervention de l'État dans l'économie.
- Il n'intervient plus autant dans la prise de décision publique, il perd son pouvoir « par le haut », avec la construction européenne ; et son pouvoir « par le bas » , avec la décentralisation.
Pour Daniel Bell, l'État est « trop grand pour gérer les petites choses et trop petit pour les grandes choses ».
Perspective diachronique
Sociogénèse de l’État
Naissance de l’État
La naissance de l'Etat, au sens large du terme coincide avec l'avenement de la civilisation. Pour la majeure partie de son existence, l'espece humaine, nomade, vivait de cueillette et de chasse. Ce style de vie s'est modifié environ 9000 avant J.C avec l'invention de l'agriculture. La pratique de l'agriculture a forcé les hommes a s'installer de façon permanente a certains endroits, près des zones qu'ils cultivaient. Ainsi, le contrôle de la terre est devenu un problème. Ainsi est née la propriété privée, et avec elles, les premières "guerres" sur les désaccords concerncant la propriété des terres.
Dans certaines parties du monde, notamment la Mésopotamie et la Vallée du Nil, les conditions naturelles ont fait que les terres ont été concentré en peu de mains. Finalement, un petit groupe de gens a finit par controler les terres travaillées par de nombreuses personnes qui en dépendaient. Ainsi sont nés les premiers Etats primitifs. Certains politologues ou théoriciens de l'Etat ne les considèrent d'ailleurs pas comme Etat, car étant trop primitifs, sans infrastructures et lois. Ils préferènt le terme de "proto-Etat"
Un des plus anciens code de lois, celui d'Hammurabi date d'environ 1700 ans avant J.C. C'était a cette époque le concept de "loi" , une des fondations de l'Etat moderne, a commencé a apparaitre. Mais, les gouvernants de l'époque étaient pour l'essentiel des "dieux-rois". Ainsi, les lois qui d'une certaine façon limitaient le pouvoir des monarques n'ont pas été très développés.
Les cités-états de la Grèce antique ont été les premières a établir des états dont les pouvoirs étaient clairement définis par la loi (même si celles ci étaient facilement modifiables). Notons aussi que le concept de démocratie est par ailleurs né a Athènes.
Beaucoup d'institutions étatiques trouvent leur origine dans la Rome antique qui a hérité ses traditions de la Grèce et qui les a développé par la suite. Cependant, la République Romaine finit par devenir un Empire, qui créa le concept d'Empire Univerself, soit l'idée que le monde devait être unis sous un seul Etat-Empire.
La chute de l'Empire Romain et les grandes migrations ont changé la politique en Europe. Les royaumes barbares qui ont suivi étaient éphemeres et peu organisés et n'avaient que peu de ressemblance avec le concept moderne de l'Etat. Mëme le royaume de Charlemagne était chancelant. Sans la règle de primogéniture a été dissous en 3 royaumes par le Traité de Verdun en 843. Ceux-ci étaient plus de vastes possessions de Terre que de véritables royaumes. De nouveau, l'Etat est devenu l'expression d'une vaste possession de terre.
L'absence de véritable successeur a l'Empire Romain a créé un vide politique en Europe. Les royaumes d'Europe Occidental étaient assiégés et régulièrement attaqués par des envahisseurs : les musulmans d'abord au Sud, des émigrants a l'Est, et enfin les invasions Vikings venant du Nord. A peu près au même, la religion, rarement plus qu'un simple facteur politique dans les anciens empires romains et grecs, a contribué ici a former un semblant d'unité au milieu d'une Europe politiquement dissipée. Cela a aboutit a reformé un cadre institué, le féodalisme qui régulait les conflits internes et aida l'Europe a faire face aux menaces extérieures. Ce système se manifesta entre autre par l'apparitions des croisades auxquelles plusieurs pays d'Europe participèrent ensemble. En 1302, le Pape Boniface VIII déclara même que le pouvoir politique exerçait ses prérogatives sous l'ordre des prêtres. Voila qui limitait les pouvoirs des rois et les forcçaient a jurer allegiance au Pape, la population des Etats étant très chrétiennes.
Le Saint Empire Romain Germanique, une des plus fortes puissances de l'époque médiévale, apparu en tant que concurrent a l'autorité papale par la personne de Frederick Barbarossa qui a envahi l'Italie en clamant la sécularisation au milieu du 12ème siècle. L'affaiblissement de la papauté est un thème important du moyen âge: le schisme d'Occident a la fin du 14ème siècle (qui doit son origine a une dispute sur la succession papale) a été exploité par les autorités séculaires et a contribué a l'accroissement de leur pouvoir. L'emergence de longues dynasties stables aux larges territoires, par exemple en Espagne, en France, et en Castille, leur a permis d'obtenir un rôle a la fois plus important et indépendant politiquement qu'auparavant.
Le passage a des états ainsi plus laïques est devenu un important point de controverse. Les grandes dynasties d'Europe ont consolidé fortement leur pouvoir aux alentours du 16ème siècle; en même temps, les menaces extérieures a l'Europe devinrent moins importantes. La Réforme eut un impact considérable sur la structure politique Européenne : le débat n'était pas seulement idéologique, il menaçait également les fondements d'institutions reposant sur le féodalisme. Le conflit qui s'ensuivit vit s'affronter les partisans d'un Etat affilié au Pape contre ceux qui souhaitaient un Etat libre de l'influence papale et séculaire, capable de décider de sa propre politique, interne mais aussi religieuse.
Ces conflits ont culminé pendant la guerre de Trente Ans du 17ème siècle. En 1648, les puissances Européennes signaient le traité de Westphalie, mettant fin aux violences religieuses pour de simples motifs politiques et l'Eglise fut privé de pouvoir politique temporel, bien que la religion continua a servir de fondation a la légitimé des rois, en leur attribuant le "droit divin". Le principe du "cuius regio, eius religio" (chaque region sa religion) établit en Westphalie créa un précédent en établissant l'idée de statu quo et de la non ingérence d'Etats dans la politique d'autres Etats. L'Etat Moderne était né.
L'Etat continua se développer alors que la noblesse et la bourgeoise amenerent et créerent beaucoup de richesses, accentuant le prestige économique, mais aussi culturel et politique des Etats. On assista même a une hausse du nombre des fonctionnaires et a l'émergence d'une bureaucratie balbutiante.
Près d'un siècle et demi après la paix de Westphalie, l'Etat devient véritable moderne a travers le processus de la Révolution Française. La Grande Armée de Napoléon déferla en effet sur l'Europe, détruisant les féodalismes et les remplaçant par le concept d'État-nation, qui demeura de l'époque jusqu'a maintenant comme le systeme Etatique dominant, malgré les contestations internes et les différentes idéologies (comme le marxisme) des 19ème et 20ème siècles qui appeleront a dépasser le concept de nation.
Aujourd'hui, les Etats-Nations se déclinent en toute une variété de modeles institutionnels et politiques, chacun définissant sa forme de gouvernance (fédéral, unitaire, présidentiel, parlementaire, constitutionnel, démocrate, dictatorial etc.) et son rapport a la religion (théocraties, laïc, reconnaissance ou non des cultes, etc.).
Devenir de l’État
La Fin de l’État
Le marxisme identifie l'Etat à la volonté de la classe sociale dominante. Selon lui, la disparition des classes sociales entraine donc celle de l'Etat.
Voir aussi
- Pays (État)
- Pays (territoire de projet en France)
- Étatisme
- Capitalisme d'État
- États des États-Unis d'Amérique
Liens externes
- [http://www.service-public.fr/ Service public français]
- [http://www.minefi.gouv.fr/minefi/chiffres/budget_etat/index.htm Le budget de l'État français]
International
- l'État en droit international
Bibliographie
- La République, de Platon
- L'Utopie, de Thomas More
- Le Léviathan, de Thomas Hobbes
- Le Prince, de Nicolas Machiavel
- L'Esprit des lois, de Montesquieu
- Contributions à la théorie de l'État, Carré de Malberg, 1921.
- [http://www.lariposte.com/article.php3?id_article=165 L'Etat et la révolution], de Lénine
Citations
- « L'État, c'est moi » (citation apocryphe attribuée à Louis XIV).
- « Si l'État est fort, il nous oppresse ; si l'État est faible, nous périssons. » Paul Valéry
- « Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours. » (Louis XIV)
- « Tout dans l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État. » (Benito Mussolini)
- « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » (Frédéric Bastiat)
- « L'État constitue le pur produit de l'émergence de la violence dans les sociétés humaines. » (Pascal Salin)
- «L'État, c'est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: «Moi, l'État, je suis le peuple. »» (Friedrich Nietzsche)
- « Beaucoup trop d’hommes viennent au monde : l'État a été inventé pour ceux qui sont superflus. » (Friedrich Nietzsche)
- « La mission historique de la bourgeoisie est la création d'un État « national » moderne ; mais la tâche historique du prolétariat est d'abolir cet État. » (Rosa Luxemburg)
- « Qui donne aux pauvres prête à Dieu, qui donne à l'État prête à rire. » (Tristan Bernard)
Etat
Etat
Etat
Etat
ja:国家
simple:State
th:รัฐ
Absolutisme
L'absolutisme est un type de régime politique où « le détenteur d'une puissance attachée à sa personne, concentrant en ses mains tous les pouvoirs, gouverne sans aucun contrôle » (Henri Morel, article « Absolutisme », Dictionnaire de philosophie politique, 1996).
- Remarque : le Vatican, qui n'est pas une monarchie, justifie également son pouvoir par le droit divin (se référer à cet article)
Histoire
Par extension, on qualifie d'« absolutistes » des régimes politiques autoritaires.
La monarchie absolue en France
En France, une monarchie absolue fut recherchée par le pouvoir royal. Cette recherche impliquait la suppression ou la limitation des autres formes de pouvoir ; celui de l'église romaine, celui du clergé et de la noblesse ainsi que celui du parlement. Louis XIV a réussi à mettre en place cette forme d'absolutisme, en développant la conception de monarchie absolue de droit divin et en l'imposant à ses sujets, en lieu et place des pouvoirs susdits.
Le terme est appliqué dans son sens restrictif à la monarchie française (depuis le jusqu'à la chute de l'Ancien Régime) et aux despotismes éclairés du .
Genèse et bases théoriques
- Il faut remonter à la fin du Moyen Âge et surtout à la Renaissance pour trouver les fondements de l'absolutisme en France. Le pouvoir royal a en effet renforcé sa légitimité et son administration à partir de la fin de la guerre de Cent Ans. Le domaine royal s'est étendu. Jean Bodin est l'un des théoriciens de la souveraineté royale au XVIe siècle. Mais les guerres de religion voient s'affronter les nobles du parti protestant au roi catholique. Les fils d'Henri II sont contestés et leur autorité reste fragile. Henri IV renforce la situation et fait cesser la guerre civile par l'édit de Nantes en 1598. Il est assassiné par un fanatique religieux en 1610.
- Dans la première moitié du XVIIe siècle, les périodes de régence constituent des moments difficiles pour le pouvoir royal. Il faut l'action énergique d'un Richelieu pour mater les protestants et pour adopter une politique étrangère offensive. Pendant la minorité de Louis XIV, c'est le cardinal de Mazarin qui affronte le soulèvement de la Fronde (1648-1653). Le peuple accablé d'impôt se soulève dans plusieurs régions et les parlementaires font valoir leurs droits. Les princes de sang tels que Condé attisent la révolte et le peuple parisien s'agite. Le jeune Louis XIV doit subir l'humilitation de la fuite dans la nuit. Il gardera toute sa vie un profond ressentiment contre la noblesse frondeuse. Il fut aussi éduqué par Mazarin dans l'idéologie absolutiste selon laquelle le pouvoir ne se partage pas.
L'apogée de l'absolutisme : le règne personnel de Louis XIV
Condé
- À la mort de Mazarin, en 1661, le jeune Louis XIV (il a 22 ans) décide de se passer de premier ministre. C'est le début de la phase absolutiste de son long règne personnel. Il annonce sa volonté affichée le sacre, fait du roi un représentant de Dieu sur terre. Les objets qu'il reçoit au cours de cette cérémonie à Reims sont symboliques de sa puissance. Tous ses sujets doivent lui obéir, comme l'écrit Bossuet. Le régicide est assimilé à un sacrilège. Le roi commande les armées, protège l'Eglise catholique, rend la justice, fait les lois.
- Le château de Versailles est l'expression architecturale de l'absolutisme louis-quatorzien. Le roi soleil voulait d'abord construire un palais d'une ampleur inégalée, qui, par ses dimensions et sa décoration, représenterait sa puissance incontestée. Il engagea les meilleurs artistes de son époque afin d'édifier un ensemble classique, emprunt d'ordre et de grandeur. Les jardins créés par André Le Nôtre devaient refléter la domination de la nature.
Surtout, Versailles constitua une véritable prison dorée pour la haute noblesse française. Tous les Grands du royaume se devaient d'être présent dans la vie quotidienne de Louis XIV. Celui-ci parvint donc à domestiquer cette noblesse qui était apparue autrefois turbulente (Cf. l'épisode de la Fronde) en distribuant des pensions et en organisant des spectacles fastueux. Pour obtenir l'attention du roi, les aristocrates devaient respecter l'étiquette et multiplier les dépenses somptuaires. Nombre d'entre eux finirent en disgrâce ou ruinés. Échappant au contrôle physique du peuple parisien, le souverain prit le contrôle de l'aristocratie, mais vida les caisses de l'état. Le château de Versailles servit enfin de modèle à de nombreux autres princes européens. Il constitue la vitrine du savoir-faire des artisans et des artistes français.
étiquette
- La fameuse phrase "L'état, c'est moi" a été abusivement attribuée au roi soleil. Malgré tout, la politique absolutiste de Louis XIV vise à moderniser les structures de l'état, afin de les rendre plus efficaces, et de faire rayonner la France en Europe. Le gouvernement absolutiste est centralisé à Versailles où sont prises la plupart des décisions. Le roi écoute ses conseils (conseil d'En Haut, conseil des parties, conseil des dépêches ...), ses ministres et ses secrétaires d'état mais décide seul. Il n'hésite pas à écarter les personnalités trop gênantes (emprisonnement de Nicolas Fouquet, disgrâce de Vauban ...) et choisit son gouvernement parmi les hommes les plus dévoués, dont Jean-Baptiste Colbert représente la figure la plus connue. Dans les généralités, les intendants sont les yeux et les oreilles du roi. Nommés et révocables par le souverain, ils détiennent des pouvoirs étendus à la police, la justice et les impôts. Ils contrôlent l'action des administrateurs locaux et des officiers qui possèdent leurs charges.
officier
- Dans le domaine économique, l'absolutisme louisquatorzien souhaitait que la France fût la plus riche possible. Sur les conseils de son ministre Colbert, il mit en place une politique volontariste destinée à attirer l'argent dans le royaume et à l'y maintenir. Les manufactures royales étaient mises en place pour fabriquer des objets de luxe français. Les tarifs douaniers furent relevés et les compagnies de commerce furent dotées de privilèges et de monopoles. Toutefois, cette politique économique ne donna que des résultats modérés, car les guerres du roi soleil grèvaient considérablement le budget de l'état.
- Le roi sacré impose le catholicisme à tous ses sujets : en révoquant l'édit de Nantes en 1685, il force les protestants à se convertir ou bien à quitter le royaume. Plusieurs milliers de Huguenots finiront par émigrer sous des cieux plus tolérants, vers les Provinces-Unies ou l'Amérique du Nord. Dans le domaine économique, Louis XIV s'appuie sur son ministre Colbert et sa doctrine : pour enrichir la France et son roi, il faut empêcher la monnaie de sortir en évitant d'acheter trop de marchandises coûteuse à l'étranger. Il faut développer les manufactures qui produisent des objets de luxe, symboles du raffinement de la civilisation française.
Sur le plan international, Louis XIV s'emploie à agrandir les frontières du royaume, essentiellement vers le nord et l'est.
Limites et critiques de l'absolutisme français
- Le roi de France doit respecter des règles qui limitent de fait son pouvoir : il doit appliquer les lois fondamentales du royaume. Il lui est interdit de choisir son héritier : il ne peut enfreindre le principe de l'hérédité et de la primogéniture mâle. Monarque sacré à Reims, le roi doit défendre l'Église catholique et ses commandements. Le domaine royal reste inéaliénable. En matière judiciaire, il dispose du pouvoir d'envoyer quelqu'un en prison sans jugement. Cependant, le recours aux lettres de cachet fut relativement restreint dans la pratique. Louis XIV gouverne sans premier ministre et décide seul mais il entend les conseils de son chancelier, de ses ministres et de ses secrétaires d'état.
chancelier
- Malgré tous les efforts entrepris par le roi Soleil, la monarchie française du ne fut jamais absolue par manque de moyens. Le royaume de France est l'un des plus peuplés d'Europe et l'administration n'est pas suffisante pour imposer un pouvoir sans limite. Les décisions royales se heurtent à la société de corps : pendant l'Ancien Régime, les villes, les corporations et ordres disposent de privilèges que le souverain doit respecter. Le clergé a par exemple ses propres tribunaux et ses propres procédures judiciaires. Depuis le Moyen Âge, les libertés (entendons les franchises et les exemptions collectives) autorisent un grand nombre de Français à disposer de droits particuliers. Les sujets ne parlent pas tous la même langue, n'ont pas les mêmes mesures ... Les états généraux et provinciaux sont réunis en temps de crise et sont une tribune pour les représentants des trois ordres. Ces institutions vont à l'encontre des visées absolutistes de Louis XIV. C'est pourquoi les états généraux n'ont jamais été réunis sous son règne.
- Au , l'absolutisme est surtout critiqué par les philosophes des Lumières tels que Denis Diderot ou encore Jean-Jacques Rousseau. Montesquieu déclare que les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ne peuvent être concentrés dans les mêmes mains. Dans l'Encyclopédie, l'article portant sur l'autorité politique critique l'absolutisme. La remise en cause du système politique prend une tournure radicale en 1789 lorsque les députés se déclarent Assemblée nationale et qu'ils rédigent par la suite une constitution, la première de l'histoire du pays. On passe alors à un régime de monarchie constitutionnelle. Le mot "absolutisme" a été forgé sous la Révolution française, de même que l'expression "Ancien Régime". Il fut alors chargé d'un sens négatif et systématiquement opposé à l'œuvre de la République. Les journées d'octobre 1789 ramènent le roi à Paris ; la cour est déstructurée et Versailles cesse d'être le lieu de l'absolutisme. Quelques années plus tard, les objets du sacre et les symboles royaux sont détruits par les révolutionnaires. La monarchie absolue de droit divin a vécu.
La monarchie absolue dans le reste de l'Europe
République
Les monarques les plus représentatifs du pouvoir absolu sont Philippe II d'Espagne et Frédéric II de Prusse, ce dernier étant l'exemple le plus fréquemment évoqué de despote éclairé.
L'absolutisme relève davantage de la pratique du pouvoir que d'une doctrine politique.
On a parfois présenté le philosophe Thomas Hobbes comme le théoricien du pouvoir absolu. En réalité, il s'est essentiellement attaché à étudier les rapports de l'homme avec le pouvoir, dégageant de là l'idée de droits imprescriptibles qui seront à l'origine de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
En Angleterre, les Stuarts ont essayé de rogner les droits politiques du Parlement. Jacques Ier tente à plusieurs reprises de gouverner sans convoquer le Parlement qui a en principe un droit de regard sur la levée de nouveaux impôts. Dans ses discours et ses écrits, il rappelle que son pouvoir est de droit divin. Son absolutisme s'exprime également dans le domaine de la religion. Il souhaite imposer l'anglicanisme à tous ses sujets, persécutant les puritains et les catholiques. Son fils Charles II continue le projet absolutiste. La guerre civile qui marque la fin de son règne aboutit à la première révolution anglaise : Charles II perd le combat et se trouve décapité. Après la parenthèse républicaine d'Olivier Cromwell, la monarchie est restaurée.
En philosophie
Selon Bruno Latour, le contraire du relativisme n’est pas l’universalisme, mais l’absolutisme.
Liste des pays ayant actuellement pour régime une monarchie absolue
; Amérique :
; Asie :
Arabie Saoudite, Qatar, Bhoutan, et Brunei
; Europe :
; Océanie :
Tonga
; Afrique :
Lesotho, Swaziland
Citations
« Pour la plupart des hommes du et aujourd'hui encore absolutisme est synonyme de despotisme, de pouvoir capricieux et illimité. C'est absolument inexact : pouvoir absolu signifie exactement pouvoir indépendant; la monarchie française était absolue dès lors qu'elle ne dépendait d'aucune autre autorité, ni impériale, ni parlementaire, ni populaire : elle n'en était pas moins limitée, tempérée par une foule d'institutions sociales et politiques héréditaires ou corporatives, dont les pouvoirs propres l'empêchait de sortir de son domaine et de sa fonction. Son droit confinait à une multitude de droits qui la soutenaient et l'équilibraient. L'ancienne France était « hérissée de liberté. » Charles Maurras
Voir aussi
Articles connexes
- autoritarisme
- Empereur
- Monarchie constitutionnelle
- Monarque
- Constitution
- Monarchie
- Politique
- Organisation de la France d'Ancien Régime
- Société d'Ancien Régime
Bibliographie
- Richard Bonney, L'absolutisme, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1989
- Fanny Cosandey et Robert Descimon, L'absolutisme en France, histoire et historiographie, Seuil, coll. « Points Seuil », 2002
Catégorie:Régime politique
Catégorie:Histoire moderne
Catégorie:Monarchie
Catégorie:Ancien Régime
Autocratie
Pouvoir personnel et absolu.
Les royautés ne le sont pas forcément, seulement les royautés absolues. À remarquer que, dans ce cas de figure, la principale opposition politique provient des privilégiés, clergé (problème entre le pape et les empereurs au moyen âge, gallicanisme
) et noblesse (fronde, problème des délimitations du pouvoir entre le roi et les parlements
). Ils sont privilégiés car ils ont, entre autres, un minimum de pouvoirs politiques, qu'ils cherchent à sauvegarder, à la différence de la masse (tiers état). C'est d'ailleurs en cela qu'il faut relativiser la notion de royauté absolue. De toute manière, un pouvoir n'est jamais entièrement autocratique. Il faut toujours recourir, au grand minimum, à la délégation de pouvoirs, pour gérer une entité politique, si petite soit-elle.
Les dictatures le sont aussi, mais une dictature qui réussit tend souvent à devenir une royauté. L'opposition à celles-ci n'est plus du fait des privilégiés suscités, les dictatures étant une réaction antidémocratique en complet accord avec les opinions de ceux-ci. Cette notion est antinomique de ploutocratie.
catégorie:politique
Catégorie:Régime politique
DémocratieDans son sens originel (dans la cité-état d'Athènes du ), la démocratie (du grec ancien dèmokratia, « souveraineté du peuple », de dèmos, « peuple » et kratos, « puissance », « souveraineté ») est un régime politique ou une organisation sociale où le peuple détient le pouvoir. Il s'agit donc du pouvoir direct pour et par le peuple. Mais cependant, seulement six mille citoyens sur trente à quarante mille Athéniens se réunissaient pour décider.
Généralités
:« La démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. » (Abraham Lincoln)
Il en découle que les règles ou les principes qui régissent les modes de consultation des populations sont les éléments clé qui caractérisent toute démocratie.
- La démocratie l'ensemble des citoyens (sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité) détient le pouvoir souverain et exprime sa volonté par le vote, selon le principe «un homme ou une femme (humain majeur) une voix»
- Il n'existe cependant pas de critère officiel internationalement reconnu pour indiquer ce qui est une démocratie ou pas. Les pays du bloc de l'Est se disaient avant 1989, par exemple démocraties populaires. La Chine se dit démocratique. Les régimes européens, qui pratiquaient la colonisation, se considéraient comme des démocraties. Les services secrets de nombreuses démocraties échappent à tout contrôle parlementaire. Faute d'une homologation officielle établie par un organisme indépendant (l'ONU pourrait être indiquée pour ce travail), on peut discuter sans fin sur le fait de savoir si un pays « est » une démocratie ou non. Il est néanmoins d'usage de considérer qu'une véritable démocratie doit respecter ces quatre critères (souvent appelé droits politiques) :
- Choix des dirigeants exerçant le pouvoir par le biais d'élections libres ;
- Existence d'une opposition politique organisée, libre qui peut s'exprimer;
- Existence d'un système judiciaire jugeant sur la loi;
- Avoir connu au moins deux alternances (ce qui prouve « après coup » qu'il s'agissait d'une démocratie).
- Par extension cette forme de gouvernement d'un pays qualifie aussi certaines façons de gouverner toute société humaine, organisme public ou privé, associations, entreprises, familles, etc.
- Outre le principe de base «un homme une voix», des principes analogues sont associés à la notion de démocratie : liberté de parole et par extension liberté de la presse, multipartisme, respect d'une liberté de base du citoyen, égalité devant la loi, droit de propriété, liberté de culte, refus de la corruption des fonctionnaires et des élus, atténuation des écarts de richesse par l'impôt (souvent nommé droits civils). Généralement tous ces principes sont des exigences reconnues dans la culture occidentale et considérées comme universelles. Mais des exigences venant d'autres cultures pourraient modifier ces perceptions à l'avenir avec la généralisation des régimes démocratiques dans d'autres cultures.
- La démocratie est une ligne d'horizon politique, un idéal, vers lequel tendent des méthodes de gouvernement. Dans les faits, aucune démocratie n'est complètement démocratique car ce type de gouvernement suppose une honnêteté sans faille des forts vis-à-vis des faibles, la condamnation de tout abus de pouvoir.
- On constate cependant que toute démocratie se forme autour de 3 principes :
- Débat : échange libre entre personnes afin de prendre des décisions,
- Institution : pour permettre le débat et mettre en œuvre les décisions,
- Justice : afin que l'application des décisions ce fasse avec le plus de Justice possible.
Ainsi un état qui possède parlement effectif et un gouvernement qui appllique les décision avec mesure est une démocratie.
De même un village avec une assemblée d'anciens et un chef qui applique les décisions avec "justice" est aussi une forme de démocratie.
- Un degré de démocratie se mesure : en considérant notamment qui en est exclu.
- Une démocratie progresse dans le temps : ainsi la France de 1938 était une démocratie, mais les femmes ne pouvaient pas voter. En 1948 les femmes votaient, mais pas les habitants des colonies. En 1958 certains habitants des colonies votaient, mais pas les français musulmans d'Algérie...
Implications
Ce régime implique :
- le principe d'une liberté d'expression, de pensée, de rassemblement, de religion, etc. (même si elle est réglementée),
- une égalité politique. Ce point est suffisamment délicat pour faire l'objet d'un développement séparé.
Ce régime fonctionne mieux lorsque ses citoyens, par le biais de l'instruction, acquièrent les connaissances de base nécessaires à l'accomplissement de leurs devoirs civiques.
L'égalité politique
En général, on assimile cela au principe « une personne = une voix ». Ce principe est généralement considéré comme le fondement de la démocratie, et même opposé par Galbraith au système économique (où 1 euro = une voix).
Toutefois, même lorsque ce principe est en théorie reconnu et défendu, il n'est que peu souvent appliqué, car son usage serait pour certains
- pas très efficace : même s'il était techniquement et économiquement possible de consulter la Belgique entière pour savoir si telle ville doit ou non reconstruire une piscine, il y a peu de chance que l'intérêt national y gagne quelque chose.
- dangereux pour les minorités.
L'égalité peut aussi se mesurer à l'importance que l'objet de la décision politique a réellement pour les votants.
Pour résoudre ce problème en conservant le principe « une personne = une voix », la solution généralement employée (plus empirique et pragmatique que théoriquement fondée) est de procéder à un découpage géographique, et à une estimation, également empirique, de l'échelon pertinent :
- ainsi les annexions ou indépendances seront-elles soumise à double vote, global et réduit aux habitants du territoire concerné ;
- ainsi les habitants d'une ville voteront-ils pour ce qui est « municipal » (et tant pis si certains habitants de la ville ne sont en fait pas concernés, ou si des non-résidents le sont) ;
- etc.
Pour les sujets sensibles, (tout récemment en France : OGM, mariage homosexuel, implantation d'une usine d'incinération, d'un aéroport, etc.), il y a souvent des conflits de compétence, chacun faisant comme s'il était le seul concerné. Ces problèmes ne sont résolus que par des rapports de force et de tradition, le système qui les a créés n'étant par nature pas capable de les trancher.
Plus grave en apparence : si théoriquement « une personne = une voix », en pratique et au final, une décision est prise (par définition). Force est alors de constater que, pour les perdants, une personne = zéro voix, au mépris du principe affiché.
D'où cette phrase de Woody Allen :
: la dictature c'est « ferme ta gueule », la démocratie c'est « cause toujours »
Cet effet est évidemment amplifié par les systèmes dit représentatifs.
Est-il possible d'assurer une égalité politique ? Il faut que chacun s'engage lui-même dans chaque sujet à proportion de l'importance qu'il lui accorde, ni plus ni moins. Et il faut qu'il n'impose pas à l'autre sa décision, mais qu'il négocie avec lui, en lui accordant une compensation : c'est le modèle hollandais dit modèle des polders.
Devoirs
Le système démocratique implique aussi deux devoirs :
- exprimer son opinion, ou s'informer si l'on manque d'éléments pour en avoir une ;
- respecter l'expression des autres opinions (ce qui n'oblige nullement à respecter ces opinions elles-mêmes).
Ce sont des règles fondamentales, que résume la phrase apocryphe de Voltaire : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».
La démocratie ne peut donc se concevoir comme simple dictature de la majorité et, exclut par conséquent toute idée de suppression d'un parti même minoritaire, sauf dans le cas très spécifique où celui-ci prône explicitement le recours à la violence et à des actions anti-démocratiques. Même dans ce cas, le parti communiste qui prônait avant Georges Marchais un but théorique de renversement des institutions et de dictature du prolétariat ne fut jamais formellement inquiété, et renonça en fin de compte de lui-même à ces objectifs d'apparence peu démocratique.
- Tout système politique est un système de pouvoir qui comporte exclusions et de différenciations ; la démocratie n'est donc pas nécessairement absolue. Une démocratie comme la démocratie athénienne avait une notion restreinte de la citoyenneté, excluant les voix des femmes et des esclaves.
- La démocratie ne prétend pas garantir que le candidat qui sera élu sera le plus apte à bien diriger le pays (aucun système, à vrai dire, ne le prétend). Elle garantit en revanche que nul ne sera appelé au pouvoir sans avoir fait l'effort de convaincre la population du bien-fondé de son programme, et y être en partie parvenu. La démocratie apparaît donc comme une forme particulièrement efficace de non-violence en action.
Démocratie directe
Voir l'article sur la démocratie directe
Démocratie représentative
Bien plus importants, aussi bien numériquement (environ la moitié des habitants de la planète) qu'en termes de puissance économique et militaire (les États les plus riches et les plus puissants en font partie), on trouve des Républiques qui se veulent des démocraties représentatives.
En pratique, il s'agit d'oligarchies mi-électives (pour les magistratures dites politiques dont l'extension varie selon les États), mi-méritocratique (pour les fonctions d'exécution civiles et militaires).
Ces États peuvent également admettre une petite dose de participation directe du peuple, par exemple sous forme de référendum obligatoire pour certaines décisions, voire des éléments de propositions ou de veto populaire.
- Ils admettent tous des droits d'expression, de pétition, et de manifestation très développés.
- Dans ces États, cohabitent un idéal démocratique (forme visée et même revendiquée) et une certaine méfiance à l'égard des risques de la démocratie.
- Des « magistrats » (typiquement : une cour constitutionnelle) sont donc chargés de défendre les individus contre le peuple et par là le peuple contre lui-même. Cela expose ces gardiens du Temple démocratique à la critique de faire passer leur intérêts personnels ou « de classe » avant ceux du peuple, par le filtrage qu'ils font entre les propositions admissibles et celles qu'ils estiment ne pas l'être.
- Parfois, c'est l'armée qui se charge du contrôle des dérives démocratiques (notamment lorsque cela n'est pas bien prévu au niveau civil), ce qui l'expose à une critique encore plus forte. Les exemples sont nombreux, de la France révolutionnaire, à l'Algérie ou la Turquie contemporaine, en passant par toute l'amérique du sud, etc.
L’exercice du pouvoir par l’intermédiaire de représentants élus par le peuple a été appliqué tardivement en Suisse (à partir de 1848) pour pallier aux insuffisances de la démocratie directe. Mais la plupart des démocraties actuelles ont adopté ce système dès leur fondation.
Il s’agit de la démocratie représentative, c’est-à-dire un régime où la volonté des citoyens s’exprime par la médiation de représentants sélectionnés au sein du peuple.
Cela entraîne :
- la nécessité d’une division du travail dans une économie marchande (en confiant la gestion des affaires aux représentants, les individus peuvent vaquer à leurs occupations privées).
- la représentation permet de surmonter la division (en défendant la diversité des intérêts, la représentation évite que des groupes d’intérêts ne viennent menacer les droits des minorités. Et dès lors, plus l’état est grand, plus les avis ont de chance d’être divergents).
- la représentation contribue à la formation de la volonté générale (la volonté générale est construite grâce à l'apport des idées de tous. Il faut donc permettre l'échange, la délibération.)
- la nécessité de contrepoids :
- la tenue d’élections à échéances régulières qui permet de limiter l’autonomie des élus. Un régime est démocratique quand les gouvernements et les représentants n’héritent pas de leur charge mais sont élus au terme d’une procédure élective, et leur programme est soumis à l’approbation des électeurs. Le pouvoir est à prendre en ce sens qu’aucune équipe dirigeante n’est jamais définitivement installée, qu’aucun programme ne peut être tenu pour définitif, qu’aucune politique n’est jamais que provisoirement officielle. Cette ouverture, ou mieux cette disponibilité du pouvoir est commandée par une philosophie pluraliste qui fait de l’opposition une force aussi légitime que le sont les gouvernants en place. Non seulement toutes les tendances et tous les intérêts sont admis à s’exprimer, mais encore l’espoir est offert à tous d’accéder au gouvernement et d’en utiliser les prérogatives selon leurs vues.
- le multipartisme est nécessaire pour qu’il puisse y avoir élections.
- la liberté d’expression de l’opinion publique doit être garantie pour permettre l’échange et la délibération.
- la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
- des crises :
- la démocratie du public où l’électeur est informé grâce aux médias (TV, radio).
- la démocratie continue (les sondages, les médias modernes et les instances de contrôle de la constitutionalité des lois).
- la démocratie participative ou locale consiste à élaborer les décisions collectives en ne se limitant pas aux lieux où se prennent les décisions politiques (référendum).
- la démocratie virtuelle ou cyberdémocratie (l’E-vote).
Enfin il existe un système mixte, dit démocratie participative dans lequel, selon l'une des acceptions du terme, le peuple délègue son pouvoir (des représentants sont donc chargés de proposer et voter des lois et des nominations), tout en le conservant (le peuple se saisit lui-même directement de telles questions, via une pétition d'une fraction du corps électoral). Les autres systèmes se réclamant de ce titre ne réclament pas nécessairement l'usage de la pétition, et dévellopent d'autres procédures assurant l'échange bijectif entre concernés et décideurs.
La démocratie participative au premier des sens évoqué est le système pratiqué en Suisse et dans ses cantons, où les lois importantes sont soumises automatiquement au vote populaire (référendum obligatoire) et où toute autre loi peut l'être si un nombre défini de citoyens le demande (référendum facultatif). De plus un nombre fixé de citoyens peut demander le vote d'une révision partielle de la Constitution (initiative constitutionnelle) ou la légifération du parlement dans un domaine particulier (initiative législative).
Au niveau local et régional, le peuple est parfois consulté pour les dépenses supérieures à un certain montant.
Un citoyen suisse se rend aux urnes au moins quatre fois par année et se prononce la plupart du temps sur plusieurs objets (entre un et huit à chaque fois).
Ce système, tel que pratiqué en Suisse, n'est pas un résidu d'une démocratie plus large: lors de la formation de l'État fédéral suisse en 1848, le pays, et les cantons ne pratiquant pas la Landsgemeinde, était une démocratie représentative pure. C'est peu à peu que les droits populaires ont été progressivement étendus.
Idées reçues
« Démocratie et République sont liés »
Une république est un régime dans lequel le pouvoir est représentatif des opinions des sujets/citoyens du pays.
Ainsi la république n'induit pas forcément la démocratie, de même qu'il existe des régimes démocratiques non républicains.
Exemple : la III République – à ses débuts – bien que « république » et ayant une apparence démocratique (droit de vote pour les citoyens, etc.) conservait en fait le pouvoir entre les mains de personnes appartenant à une certaine couche de la société par le suffrage censitaire. Il s'agissait donc d'une ploutocratie.
De même, nombreux sont les pays considérés comme démocratiques à avoir conservé le système monarchique, par exemple la Belgique, l'Espagne, le Danemark, la Royaume-Uni, le royaume du Maroc, la Suède, etc.
Par contre certains des états ont utilisé le vote du peuple à travers des élections sans pluralisme pour asseoir leur régime tyrannique sur une base démocratique : URSS, Chine, Cuba, nazisme, fascisme italien de Mussolini, de nombreux états de la francophonie et/ou d'Afrique. Ces états pseudo-démocratiques ne sont pas des républiques, bien qu'ils répondent parfaitement à la définition simple du terme démocratie.
« Démocratie et Droits de l'Homme sont liés »
Bien que souvent liés voire confondus, les termes de « démocratie » et de « Droits de l'Homme » renvoient à des définitions qui ne sont pas identiques :
Les droits de l'homme sont des principes selon lesquels, dès lors qu'un individu appartient à l'espèce humaine, il jouit d'un certain nombre de droits. Cette notion date du et de l'époque des Lumières, (dont peu de représentants ont dénoncé l'esclavage, comme l'a pourtant fait Diderot).
La démocratie est une idée beaucoup plus ancienne datant de l'Antiquité grecque (cf. Athènes): or, si Athènes, à une certaine période de son histoire, a certes été une démocratie (sélective), La notion de Droits de l'Homme y était en revanche absente, bien que des critères de bonne conduite en aient partiellement tenu lieu.
De nombreuses démocraties acceptent de respecter les Droits de l'homme sur leur territoire, mais peuvent décider, souvent de façon démocratique, de les bafouer dans un contexte précis. En effet, les droits de l'homme faisant partie des lois d'une démocratie, le parlement (ou un référendum) peut souvent en modifier la portée.
La notion de droit de la majorité est aussi parfois un obstacle au respect des droits des minorités. (Voir chapitre « La démocratie est toujours la volonté du peuple ou de sa majorité »)
« Deux démocraties ne se font pas la guerre »
Une opinion répandue est que deux démocraties ne se font pas la guerre. Si elle possède un fond de vérité (les citoyens sont en général peu enclins à la guerre, dont ils peuvent rarement espérer un profit personnel), l'histoire la dément :
- la jeune République française lança un ultimatum à la République de Venise et abolit totalement celle-ci sous la menace des troupes du général Napoléon Bonaparte ;
- le Pérou a participé à deux reprises à des guerres frontalières contre des pays limitrophes tout aussi démocratiques que lui.
- lors de la Guerre de Sécession, le Nord comme le Sud des État-Unis d'Amérique se considéraient comme des démocraties.
Toutefois, les vainqueurs écrivant l'histoire, comme dit un dicton, il est toujours possible après une guerre de déclarer que les institutions du pays vaincu n'étaient pas démocratiques.
On pourra répondre pour le premier cas, que la République de Venise était oligarchique et point démocratique, pour le troisième qu'il y avait des problêmes constitutionnels et moraux avec plus de poids que ce qu'était commun à leurs constitutions.
« La démocratie est un luxe de pays riches »
La démocratie est une organisation assez coûteuse, qui ne pourrait apparaître, ou se maintenir, que dans des pays où une majorité de la population est dégagée des besoins de survie. Non seulement deux pays parmi les plus pauvres de la planète, le Mali et le Niger, sont des démocraties, mais la première démocratie de la planète (en nombre d'habitants) est un pays du tiers monde : l'Inde.
En revanche, la régression économique d'une société, même temporaire, peut s'accompagner d'une disparition de la démocratie, une partie de la population accordant temporairement plus d'intérêt à la restauration de son niveau de vie qu'à la liberté dans la pauvreté. Le processus n'est cependant pas toujours réversible sans effusion de sang.
« La démocratie permet à un pays de s'enrichir »
Le fait que certains pays sont pauvres parce qu'ils ne sont pas démocratiques, et que l'introduction de la démocratie dans ceux-ci leur permettrait de s'enrichir, est également un mythe : la pauvreté du Mali montre que la relation n'est pas absolue.
Néanmoins, les IDH du Mali et du Niger ont fortement progressé depuis la restauration de la démocratie.
Toutefois, des éléments inutiles au corps social peuvent théoriquement perdurer plus facilement dans un pays non démocratique, dès lors qu'ils flattent les puissants, puisque ces derniers n'ont alors aucune sanction populaire à craindre. L'absence de démocratie peut donc constituer un obstacle supplémentaire au développement.
« La démocratie est toujours la volonté du peuple ou de sa majorité »
En 1917, la Suède a fait la transition du régime mi-monarchique mi-parlementaire selon la constitution de 1809 au régime purement parlementaire, c'est-à-dire que le devoir du roi est de choisir comme chef du gouvernement le chef du parti ou de la coalition qui a la majorité absolue ou rélative des parlementaires, ou bien la confiance du parlement. Or, cette réforme était soutenue par les bourgeois et les ouvriers, qui étaient une minorité, mais reçut l'opposition de l'armée et des agriculteurs, qui étaient alors la majorité. Parce que beaucoup d'agriculteurs n'ont pas participé aux protestations, la réforme a eu lieu. Aucun d'entre eux n'avait exprimé la volonté des bourgeois et des ouvriers, mais la majorité resta silencieuse et sa volonté la plus vraisemblable ne fut pas respectée.
Mais on doit remarquer que la notion absolue de majorité peut ouvrir la porte à de très graves abus. Le génocide au Rwanda par exemple a été conduit par une majorité contre une minorité diabolisée et présentée comme agent de l'étranger. Ce génocide fut imposé à la population comme un service public. Plusieurs citoyens civils et militaires français et belges, ont rapporté, après coup, devant leurs parlements, les nombreux signes avant-coureur de la préparation du génocide. Incontestablement il y eu disfonctionement démocratique, sur plusieurs décennies, aussi bien au Nord qu'au Sud dans cette affaire. Ce dysfonctionnement fût couronné par la façon dont les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont majoritairement évité le plus longtemps possible d'employer le mot génocide à propos des événements du Rwanda pour ne pas mettre en branle le disposif juridique et contraignant qu'ils avaient prévu à cet effet en 1948 après la Shoa. (Voir article génocide).
D'une manière générale, le respect des minorités et des droits de l'homme sont une exigence démocratique parfois difficile à faire admettre à des régimes majoritaires, mais peut devenir paradoxalement une préoccupation majoritaire, lorsque les citoyens dépassent leurs intérêts propres pour envisager des intérêts partagés. Une majorité est faite de minorités solidaires.
« La démocratie le moins mauvais des systèmes politiques ? »
La démocratie nous est souvent présentée comme le système politique absolu, le meilleur des systèmes. Il ne pourrait donc par essence, ni être amélioré, ni dépassé. Pourtant des améliorations ou des retours à des pratiques anciennes sont toujours possibles. Il en est ainsi de la stochocratie (désignation des représentants du peuple par le sort) :
« Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie.
Le sort est une façon d'élire qui n'afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » Montesquieu - Esprit des lois
« Il est démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort, et oligarchique qu'elles soient électives »
Aristote - Les Politiques IV, 9, 4
Traduction: Pierre Pellegrin - Garnier-Flammarion
Il semble qu'aucun régime politique ne fonctionne correctement sans que celui ou ceux qui sont au pouvoir ne fassent preuve d'une grande conscience de leurs responsabilités. Aucun système juridique ne peut garantir cela. Un roi peut être plus honnête avec le peuple que 500 députés ou 5 millions de conseillers municipaux. Mais un régime où tous les citoyens peuvent réagir contre les abus de pouvoir, comme dans une démocratie, devrait théoriquement conduire plus sûrement à des comportements politiques acceptables par tous.
Démocratie et Culture
Il semble qu'il y ait un lien fort entre la culture d'un peuple et sa capacité à faire fonctionner la démocratie.
- Dans la culture judéo-chrétienne moderne (Europe, Amérique du Nord, Afrique du Sud, Australie, Israël), la démocratie est considérée comme étant un système allant de soi, où, dans l'esprit, les droits de chacun sont respectés. En effet, cette civilisation a toujours privilégié l'individu sur la communauté. Le régime doit donc être garant des droits de chaque individu. La démocratie est un régime qui peut les garantir par le biais de l'état de droit.
- Dans les cultures animistes (Afrique sub-saharienne), le concept de démocratie est mal compris. La christianisation et l'islamisation de ces contrées sont trop récentes pour avoir une influence notable sur les comportements. L'individu est membre d'un village et appartient à une ethnie. Ces deux entités sont historiquement dominés par les puissants (riches ou forts selon l'époque). Le pouvoir se conquiert donc, il n'est pas donné par le peuple. L'obtention du pouvoir donne un statut de maître absolu au chef, qui ne pourra le perdre que en en étant chassé. La démocratie renverse le sens du pouvoir, le donnant aux faibles (la plèbe), celà peut apparaître comme une hérésie.
Citations
- Χρωμεθα γαρ πολιτεια... και ονομα μεν δια το μη εσ ολιγουσ αλλ' εσ πλειονασ οικειν δημοκρατια κεκληται.
:Notre Constitution... est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorité, mais du plus grand nombre.
::Périclès, discours rapporté par Thucydide
- Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l'origine de tous les pouvoirs (...). Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu'on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu'on l'exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis : là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d'autres lois. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organisé aux États-Unis, ce n'est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible.
::Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique.
- Selon toute vraisemblance, aucun autre régime ne peut donner naissance à la tyrannie que la démocratie ; de la liberté extrême naît la servitude la plus complète et la plus terrible. (La République).
::Platon
- Le peuple, par une conséquence absolument inévitable, s'emparera, un jour ou l'autre, de tous les pouvoirs dont on a reconnu que le principe était en lui. Sera-ce pour le garder ? Non. Après quelques jours de folie, il les jettera, par lassitude, au premier soldat de fortune qui se trouvera sur son chemin.
::Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu.
- J'ai toujours pensé que la démocratie dite représentative n'est pas une vraie démocratie. Dire : quelqu'un va me représenter pendant cinq ans de façon irrévocable, ça revient à dire que je me dévêts de ma souveraineté en tant que peuple.
::(Cornelius Castoriadis)
- Si un homme instruit, au terme de trente ans de travail, arrive à déterminer le système social parfait et que la compréhension de celui-ci demande plusieurs mois à des hommes aussi instruits que lui, je lui souhaite bien du plaisir pour arriver à le faire ratifier par un vote du peuple !
::(Ernest Renan)
- Renoncer à la lutte pour le socialisme, c'est renoncer en même temps au mouvement ouvrier et à la démocratie elle-même
::Rosa Luxemburg
- A propos du régime hitlérien, Simone Weil, rentrant d'un voyage en Allemagne, écrit le 18 décembre 1932 dans la revue «L'école émancipée» : «Ce qui attire, vers cet avenir confus, intellectuels, petits-bougeois, employés, chômeurs, c'est qu'ils sentent dans le parti qui le leur promet, une force. Cette force éclate partout, dans les défilés en uniforme, dans les attentats, dans les avions employés pour la propagande ; et tous ces faibles vont vers cette force comme des mouches vers la flamme.»
- Le principe démocratique a contribué à l'affaiblissement de la civilisation, en empêchant de développement de l'élite.
::Alexis Carrel
- La dictature impose à ses contestataires le silence. la démocratie se contente de leur dire "Cause toujours!"
::Auteur inconnu. Repris sous des formes voisines par divers chansonniers, puis fantaisistes.
Bibliographie
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Schoenhofs Foreign Books (23 mai 1986), collection Folio , ISBN 2070323544
Liens externes
- [http://www.panarchy.org/tocqueville/tyrannie.1835.html Le texte intégral de la citation de Tocqueville]
- [http://joi.ito.com/static/emergentdemocracy.html Emergent democracy] (en anglais)
- [http://www.demexp.org L'expérience démocratique]
- [http://agorawiki.org L'assemblée nationale virtuelle (Débats, Propositions, Votes, Partis politiques, wiki)]
- [http://rengen.ouvaton.org/brochures.php?id=439 Brochure sur la démocratie]
Voir aussi
Types de gouvernements | Politique | Consensus | Système de vote | Démocratie athénienne | Mondialisation démocratique
|Bi-partisme|Particratie|Critères de Copenhague
Catégorie:Droit constitutionnel
Catégorie:Idéologie
Catégorie:Philosophie politique
Catégorie:Régime politique
Catégorie:Élection
ja:民主主義
ko:민주주의
simple:Democracy
th:ประชาธิปไตย
Démocratie populairecatégorie:politique
Nom générique que se donnaient au les régimes à idéal communiste, pour se distinguer des républiques occidentales se donnant le nom de « démocratie », et que les démocraties populaires désignent plutôt sous le terme de « républiques bourgeoise » ou de « pays capitalistes ».
On peut dire qu'une « démocratie populaire » n'est ni démocratique (absence de droit de vote, ou vote soumis à contrôle, sanction et éventuellement rectification pour obtenir des taux d'approbation dépassant les 95% et plus, parfois 100%), ni populaire (c'est une élite, recrutée dans le parti, qui tient le pouvoir).
Le terme démocratie populaire est un pléonasme étymologique, puisque démocratie vient du grec demos (peuple) et kratos (pouvoir). Le terme peut donc être décrit ainsi : c'est le pouvoir populaire du peuple.
Énarchie
Énarchie est un terme forgé par Jean-Pierre Chevènement (sous le pseudonyme de « Jean Mandrin ») dans L'Énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise, paru en 1967. Forgé à partir de la racine grecque arkhos, « pouvoir » sur le modèle de « monarchie », le mot désigne une situation où tous les postes clés sont détenus par des anciens membres de l'École nationale d'administration (ENA). Il est à noter que Jean-Pierre Chevènement est lui-même issu de l'ENA (promotion 1973).
Articles connexes
- technocratie
Voir aussi
- énarque
Gérontocratie
La gérontocratie désigne un régime politique où le pouvoir est exercé par les personnes les plus âgées de la société, investies par leur sagesse de fait : les gérontes.
Nota Bene
Le terme est plus utilisé indirectement, pour décrier la mainmise du pouvoir par ces mêmes gérontes sur d'autres systèmes politiques, au détriment du mérite ou d'autres qualités. L'usage de l'expression induit une politique de traditionalisme, les plus âgés étant supposés peu enclins à modifier les structures de la société, mais à la pérenniser telle qu'ils l'ont connue.
Catégorie:régime politique
Gouvernement fantocheGouvernement fantoche ou régime fantoche sont des expressions péjoratives pour un gouvernement lequel - bien que nominalement de son peuple - doit son existence à un pouvoir plus puissant, le plus souvent étranger, qui lui dicte son action.
Le terme est partisan et enclin à des disputes sémantiques, utilisé presque exclusivement par les détracteurs de ces gouvernements, qu'ils soient ou non la majorité des citoyens affecte la caractérisation de la connaissance, ou objet de ce genre de gouvernement. Souvent un gouvernement fantoche proclamé a en contrepartie un gouvernement rival qui utilise le terme gouvernement fantoche pour en affaiblir la légitimité. Aussi souvent sous-entendu est le manque de légitimité dudit gouvernement, dans l'esprit de ceux qui utilisent ce mot.
Par exemple, les gouvernements des deux Corées ont chacun à travers leur histoire souvent utilisé la rhétorique selon laquelle ils étaient en fait le seul pouvoir authentique de la péninsule, et que l'autre gouvernement était un régime fantoche des deux super-puissances mondiales.
Le cas de Cuba montre à l'inverse qu'une aide massive d'un pays étranger n'en fait pas une marionnette puisqu'il survit malgré son arrêt.
Autres exemples d'États et gouvernements quelquefois intitulés gouvernement fantoche (dans l'ordre chronologique) :
- le régime des Talibans en Afghanistan (contrôlé par le Pakistan avant 1998, puis par Al-Qaïda) ;
- La République turque du nord de Chypre (sur le territoire occupé en 1974) ;
- la République démocratique du peuple d'Ethiopie, soutenue par l'Union Soviétique (1975-1990) ;
- la plupart des États satellites de l'Union Soviétique derrière le Rideau de fer dans l'Europe de l'après-guerre ;
- la République démocratique d'Afghanistan, contrôlée par l'Union Soviétique (1979-1990) ;
- de nombreuses dictatures militaires des Amériques Centrale et du Sud, soutenues par les États-Unis ;
- la Junte grecque 1967-1974, soutenue par les États-Unis ;
- Manchukuo, installé dans le nord de la Chine par le Japon dans les années 1930 ;
- Panama, détaché de la Colombie par les États-Unis en 1903 pour creuser et contrôler le Canal de Panama.
Les gouvernements qui prennent le pouvoir après une intervention militaire étrangère, ou sa menace, sont souvent accusés par leurs opposants d'en être par exemple celui de Hamid Karzai en Afghanistan post-Taliban ou celui de Diem au Sud Vietnam, soutenu par les États-Unis. Ces accusations sont fréquemment utilisées pour déstabiliser des gouvernements, encourageant et justifiant des coups d'État.
La plupart des régimes sous la domination de l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale furent et sont appelés comme cela par la littérature des Alliés, et en particulier:
- Belgique (1939-1945) - Le mouvement rexiste.
- Slovaquie (1939-1944) - le parti populiste.
- France (1940-1944) - le régime de Vichy de Philippe Pétain
- Croatie (1941-1945) - les oustachis
- Norvège (1943-1945) - Vidkun Quisling
- Italie (1943-1945) - après le retrait par le gouvernement Badoglio de sa participation à l'Axe, la République sociale italienne.
Note
L'expression gouvernement fantoche (puppet government en anglais) ne doit pas être confondue, en français, avec l'expression cabinet (ou gouvernement) fantôme (shadow cabinet, en anglais, souvent utilisé sans être traduit), qui désigne les membres d'un parti d'opposition se préparant à l'avance à un éventuel exercice de responsabilités gouvernementales. L'expression est courante concernant les systèmes politiques du Royaume-Uni ou du Canada, mais tend à être utilisée occasionnellement au sujet de formations politiques dans d'autres pays.
Voir aussi
République bananière
Catégorie:Politique
ja:傀儡政権
ko:괴뢰 정권
simple:Puppet state
KleptocratieUne Kleptocratie est un terme péjoratif désignant un système politique où une ou des personnes à la tête d'un pays pratiquent à une très grande échelle la corruption.
Généralement, ces personnes pratiquent le blanchiment d'argent, de manière à dissimuler l'origine de leur richesse.
Origine
Étymologiquement, c'est un mot composé de racine grec et signifiant le gouvernement des voleurs.
C'est un terme forgé par l'écrivain Patrick Meney, pour désigner le gouvernement russe de la fin de la période communiste et de l'ère Ieltsine. On constate toutefois une dérive de l'utilisation du terme, utilisé également pour désigner la corruption généralisée, réelle ou supposée, des gouvernements.
Voir aussi
- Corruption
- Ploutocratie
Catégorie:Régime politique
Monarchie constitutionnelle zh-min-nan:Ū hiàn-hoat ê ông-kok ko:입헌 군주제 ms:Raja berperlembagaan ja:立憲君主制
Catégorie:Régime politique catégorie:Monarchie
Une monarchie constitutionnelle est un type de régime politique qui reconnaît un monarque élu ou héréditaire comme chef de l'État, mais où une constitution (série de lois fondamentale) limite les pouvoirs du monarque.
Les monarchies constitutionnelles modernes ont le plus souvent un système de séparation des pouvoirs et le monarque est le chef (symbolique) de la branche exécutive.
- La monarchie est parlementaire si elle obéit au parlement, qui nomme le chef du gouvernement, chef du gouvernement qui est responsable devant le parlement.
Origine
Le concept tient ses origines des monarchies absolues de la fin du Moyen Âge dans lesquels l'autorité du gouvernement est exercée par le monarque et son gouvernement. Le développement de la participation populaire dans les démocraties passa le pouvoir de gouvernements choisis à des assemblées et parlements législatifs, produisant des systèmes plus démocratiques. Ainsi le monarque règne mais ne fait pas loi.
Adolphe Thiers, parlant de la Monarchie de Juillet : "Le Roi règne, mais ne gouverne pas !"
Le chef théorique de l'exécutif
Dans une monarchie constitutionnelle le poste de chef de l'état se transmet habituellement au sein d'une famille royale. Le chef de l'état est théoriquement responsable de l'exécutif, ce qui explique l'origine de dénominations telles que « Le gouvernement de Sa Majesté ». Dans certains pays le monarque peut siéger au gouvernement bien qu'il ne joue pas de rôle dans la formation de la politique. Dans d'autres pays le monarque a un droit d'accès à toutes les affaires du gouvernement. Toutefois, certaines constitutions monarchiques excluent le monarque de toute participation gouvernementale. C'est le cas en Suède et au Japon notamment, dont les souverains restent néanmoins les monarques constitutionnels.
Application
De nos jours, elle est pratiquement toujours associée à une démocratie représentative ce qui forme un compromis entre les théories de souveraineté du peuple et un gouvernement suivant une tradition. Bien que le roi ou la reine puisse être vu comme chef de gouvernement, c'est le premier ministre qui gouverne le pays. Son pouvoir dérive directement ou indirectement d'élections.
Historiquement certaines monarchies constitutionelles n'ont pas toujours été des démocraties représentatives. Par exemple l'Italie, le Japon et l'Espagne ont connus des monarchies coexistant avec un régime fasciste ou la Thaïlande qui coexiste avec une dictature militaire.
La reine Rania de Jordanie a commenté la différence entre monarchie et démocratie en indiquant qu'une erreur d'un monarque l'amène à perdre sa tête alors que celle d'un dirigeant élu l'amène à perdre les prochaines élections.
Annexe
Liste de pays ayant une monarchie constitutionnelle:
; Amérique : Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, Barbade, Belize, Canada, Grenade, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines.
; Asie : Japon, Jordanie, Thailande
; Europe : Belgique, Danemark, Espagne, Luxembourg, Monaco, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède
; Océanie : Australie, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, les Tuvalu
; Afrique : Maroc
Voir aussi
- Empereur
- Monarchie absolue
- Monarque
- Constitution
- Monarchie
- Politique
PanarchieLe panarchisme est une théorie politique prônant la coexistence de tous les systèmes politiques, où chacun s'affilie au gouvernement de son choix (ou ne s'affilie à aucun gouvernement), et où les règles du droit international s'appliquent aux rapports entre individus dépendant de gouvernements différents ou d'aucun gouvernement. Le terme a été inventé en 1860 par le Belge Paul Émile de Puydt.
Les panarchistes affirment que la panarchie est anti-politique, puisque tous les pouvoirs politiques (impôts obligatoires, réglements imposés, autorité gouvernementale et administrative) disparaissent pour laisser place aux seuls rapports volontaires entre les hommes.
- [http://www.panarchy.org/ Panarchy.org]
- [http://www.panarchy.com/ Panarchy.com]
- [http://www.panarchism.info/ Panarchism.info]
Voir aussi
- Types de gouvernements, Idées politiques
Catégorie:Idéologie
République bananière simple:Banana republic
Une république bananière est une expression péjorative pour décrire un pays dirigé par un gouvernement corrompu et sous forte influence étrangère. Cela s'est surtout appliqué aux pays d'Amérique Centrale et de la mer des Caraïbes.
Origine de l'expression république bananière
Cette expression vient de la société United Fruit Company, qui finança et manipula pendant environ 50 ans la majorité des dictatures d'Amérique latine, pour le compte des États-Unis.
Action contre les brevets logiciels en Europe
En 2005, un google bombing à pris place contre la commission européenne, à l'initiative de la Foundation for a Free Information Infrastructure (FFII), après le passage en force et illégal vis-à-vis des lois européennes d'un texte de loi reconnaissant les brevets logiciels en Europe. Le nom utilisé pour ce google bombing, est la traduction en anglais de République bananière, Banana Republic.
Technocratie
La technocratie est un mot donné lorsque dans un régime politique la place des techniciens spécialistes d'un domaine prend autant de place que celui des politiciens élus. Ce terme a souvent une connotation péjorative.
Dans les démocraties occidentales, les techniciens sont de plus en plus nombreux dans les personnels des gouvernements et des assemblées législatives à cause du plus grand nombre de thèmes sur lesquels les élus doivent légiférer, surtout sur leur complexité croissante (mécanismes économiques, juridiques, connaissances scientifiques, etc.)
Catégorie:Régime politique
Timocratie
La timocratie ou timarchie est un régime politique évoqué par Platon, dans son livre La République (l. VIII). C'est le gouvernement par ceux qui recherchent ce qui a du prix, de la valeur. Mais de quelle valeur s'agit-il?
L'ambiguïté du terme « valeur » en français est aussi présente dans la langue grecque:
"Timô", c'est fixer le prix d'une chose, mais aussi juger digne, récompenser, honorer, respecter.
"Timokratia", c'est l'Etat dans lequel la recherche des honneurs est le principal mobile. C'est aussi l'Etat où le pouvoir appartient aux citoyens possesseurs d'un certain revenu.
Pour mémoire, « kratô » signifie dominer, régner.
Dans la République, au livre VIII, Platon nomme timocratie la première étape de la dégénérescence du gouvernement de la Cité idéale, Cité dans laquelle les meilleurs conduisent la vie politique, c'est-à-dire où une aristocratie est mise en place.
Les jeunes gens (filles et garçons) sont éduqués en communauté, et l'on choisit parmi eux ceux qui font preuve de courage, d'abnégation, de détachement à l'égard du monde sensible, pour en faire les « gardiens de la Cité ». Et parmi ces derniers l'on retient ceux qui ont à la fois du goût pour la gymnastique et pour l'art de ces filles de Mnémosyne et de Zeus (ou de la Terre et du Ciel selon d'autres traditions) qui président à la Pensée sous toutes ses formes, les Muses. Platon utilise le terme de « Musique » en ce sens. Ces jeunes gens, montrant un goût pour les études intellectuelles, seront les philosophes, dont on fera des gouvernants.
Mais la Cité, née dans l'Histoire, est fille de l'Histoire, et donc conduite à changer. Or ce qui est parfait ne peut, en changeant, que se dégrader. Alors, même ceux qui ont le « naturel philosophe » sont pervertis par le spectacle des injustices et des grossiers plaisirs, - mais aussi par les sophistes, ces maîtres à ne penser qu'en termes de conquête du pouvoir, et non en termes de recherche du bien et du juste. Les sophistes: plutôt des maîtres à ne pas penser.
Ces jeunes gens, promis à devenir gardiens de la Cité, prennent goût à ce pouvoir qu'on leur présente comme une fin en soi. Ils n'acceptent plus d'obéir aux philosophes, ils pratiquent la gymnastique plus que la « musique », ils cultivent la force physique, ils sont férus d'honneurs qui leurs confèrent des privilèges, et finalement ils cherchent à s'enrichir. Faisant à la fois montre de gloriole et de cupidité, ils croient que la possession est à l'origine de la valeur. Arrogants, hautains, féroces à l'égard de ceux qu'ils tiennent pour inférieurs et qu'ils méprisent, dociles et même serviles à l'égard de leurs chefs, les hommes de la timocratie prennent pour vertu leur amour de la chasse et de la guerre.
La timocratie dégénérera en oligarchie quand le goût pour l'or et les dépenses s'emparera plus encore de ceux qui détiennent le pouvoir. Dans leur esprit, la richesse se substituera définitivement à la vertu. Le gouvernement sera alors aux mains d'un petit nombre de personnes opulentes.
Catégorie:Philosophie
ThéocratieLa Théocratie (du grec theokratia, de theos, dieu et kratos, pouvoir; gouvernement de Dieu) est un régime politique où la souveraineté est exercée par la classe sacerdotale, qui cumule pouvoir temporel et religieux.
C'est aussi la conception de l'État selon laquelle le pouvoir temporel dépend du pouvoir spirituel religieux. Il peut, dans ce cas, s'agir d'un souverain ou d'un dictateur qui exerce son pouvoir au nom d'un dieu ou de Dieu.
L'Iran des Ayatollahs (théocratie sacerdotale, sous l'égide du Velayet-e-faqih) et le gouvernement des Mormons (théocratie souverainiste) dans l'Utah au sont des exemples concrets de théocratie. Ainsi en Utah, Brigham Young était à la fois président de l'Eglise et gouverneur du territoire.
Liste de théocraties
- Voir l'article dédié Liste de théocraties.
Catégorie:Régime politique
ja:神政政治
MarxismeLe marxisme est le courant philosophique et politique se réclamant des idées de Karl Marx et Friedrich Engels. Il est philosophiquement partisan du matérialisme, et est influencé par la pensée de Georg Wilhelm Friedrich Hegel. Politiquement, le marxisme repose sur l’analyse de l’Histoire et la participation au mouvement réel de la lutte des classes, pour l’abolition du capitalisme. Karl Marx considérait en effet que « l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».
Il faut noter que Marx lui-même a plusieurs fois dit, dans les dernières années de sa vie: « Moi, je ne suis pas marxiste ».
Description
La pensée de Marx
La pensée de Marx peut être vue à la fois comme une philosophie, une sociologie, une analyse économique du capitalisme, et un projet communiste révolutionnaire.
Pour Karl Marx et Friedrich Engels, « l'histoire de toutes les sociétés humaines jusqu’à nos jours n’est que l’histoire de la lutte des classes ». Outre la préhistoire, que Marx et Engels analysent comme une forme de communisme primitif, ils distinguent au cours de l’Histoire trois autres « modes de production » (en définissant un mode de production comme la conjonction de « forces de production » et d'une « organisation sociale », ou « rapports de production ») : l'esclavagisme, le féodalisme et le capitalisme. Il en évoque aussi un quatrième nommée « mode de production asiatique » ou MPA.
Pour Karl Marx, ces différents modes de production correspondent à des conditions matérielles déterminées historiquement. Le développement des moyens de production modifie les conditions économiques, celles-ci conduisent à une perception différente du monde, et amènent de ce fait au pouvoir, à terme, de nouvelles classes sociales qui modifient à leur tour les rapports et les modes de production, etc.
En s’emparant des moyens de production, la bourgeoisie a renversé le pouvoir féodal mais aurait en même temps créé une nouvelle classe sociale, le prolétariat, qui porterait en elle à la fois le renversement de la bourgeoisie et du capitalisme, mais aussi l’instauration de la future société socialiste et du communisme. Marx insiste toutefois sur le fait que cette instauration n'a rien d'automatique ni d'inéluctable : les conditions existent, mais il dépend des hommes de les saisir ou non. Pour cette raison, il préconise la lutte politique.
Les thèses de Karl Marx ont évolué avec le temps. Par exemple, en 1848, les conditions économiques et sociales lui ont fait proposer la dictature du prolétariat. Sur la fin de sa vie, Karl Marx lui-même commencait à renoncer à ce projet et voyait plutôt se former une voie révolutionnaire pacifique vers la fin du capitalisme, et une société sans division en classes sociales.
En fait, il faut pour Marx une présence de contrepouvoirs dans chaque société, et c'est justement cette absence de contrepouvoirs qui est à l'origine des manquements des différents modes de production.
[http://fr.wikiquote.org/wiki/Karl_Marx Citations wikis de Karl Marx]
Le marxisme : analyse relative tenant compte des circonstances
Toutefois, les méthodes d'analyse de Karl Marx se basent sur des descriptions approfondies de l'Histoire économique et sociale. On peut penser qu’il serait contraire à cette méthode que de chercher à appliquer à la lettre ce que propose Karl Marx, sans tenir compte des modifications structurelles de la société. Au contraire, il conviendrait, en s’inspirant de ses textes, d’analyser la situation économique et politique de notre temps et de chercher à remédier à ses défauts. Il semble donc contradictoire de considérer la pensée marxiste comme une doctrine, c'est à dire une chose figée dans le temps, alors qu'il voit dans l'Histoire une évolution. Le marxisme analyse en observant la situation matérielle, politique, économique et sociale. Mais cette situation varie au cours du temps et selon l'endroit, et c'est pourquoi le marxisme varie ses affirmations en fonction du temps, du lieu des circonstances.
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