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RépubliqueRépubliques modernes
Une république est une forme de gouvernement dans lequel le chef de l'État n'est pas un monarque (ce terme désigne également un état ainsi gouverné). Ce mot provient du latin res publica, la « chose publique », et suggère le contrôle de l'État par l'ensemble de la population. Cependant, la république n'en est pas pour autant forcément démocratique. Un gouvernement de forme républicaine peut impliquer une démocratie limitée, où de tels droits ne sont réservés qu'à un groupe restreint. Dans de tels cas, une république peut être dictatoriale ou totalitaire. Le concept est également assez large pour inclure les démocraties représentatives.
L'histoire de la république remonte aussi loin que l'ancienne Akkad. La république antique la mieux connue est la République romaine, qui dura de -509 à -44. Dans la république romaine, les principes d'annualité (exercice du pouvoir pour un mandat d'une seule année) et de collégialité (exercice du pouvoir par au moins deux hommes en même temps) étaient couramment observés.
A notre époque, le pouvoir exécutif s'incarne généralement dans une seule personne, le président, mais quelques exceptions sont constatables comme en Suisse, qui possède un conseil de sept membres à sa tête (appelé le Bundesrat ou Conseil Fédéral) et Saint-Marin, où deux personnes se partagent le pouvoir.
Rien ne permet de dire qu'entre monarchie et république l'un soit nécessairement plus démocratique que l'autre, car les pouvoirs du chef de l'État (qu'il soit monarque ou président) peuvent n'être que purement cérémoniaux - bien que l'élection d'un chef d'État au sein de systèmes démocratiques soit généralement considérée plus démocratique que le droit monarchique. Les monarques règnent généralement à vie et sont remplacés à leur mort par un parent, soit déterminé par eux soit par des règles préétablies. Beaucoup de monarchies constitutionnelles actuelles sont tout à fait démocratiques, comprenant un parlement élu par le peuple. Les présidents de républiques, au contraire, sont généralement élus pour un mandat limité - de même que leurs successeurs. De nos jours, de nombreuses républiques non-démocratiques se disent démocratiques, et nonobstant le contrôle des résultats électoraux maintiennent le rituel d'élire régulièrement leur chef d'État ; dans ces États, de nombreux chefs d'États abandonnent leurs fonctions (par démission ou retraite anticipée) ou y sont forcés (par des moyens constitutionnels) par d'autre membres de l'élite dominante. Il y a cependant des exceptions - chaque nouvel empereur du Saint Empire romain, par exemple, était élu par les principaux princes de l'Empire, bien qu'à travers les siècles la coutume évolua jusqu'à nommer à cette charge les membres successifs d'une même famille.
Les républiques soviétiques étaient des états membres qui devaient réunir trois critères pour être ainsi nommées, 1) être à la périphérie de l'Union Soviétique pour pouvoir profiter de leur droit théorique à faire sécession, 2) être économiquement capable d'assurer l'autarcie après la sécession, et 3) être nommée d'après le groupe ethnique d'au moins un million de personnes qui constituera la majorité de ladite république. Ces républiques furent originellement crées par Staline - et certaines continuent d'être créées encore aujourd'hui.
Les États des États-Unis se doivent d'être de forme républicaine (tout comme le gouvernement fédéral), le peuple étant le réel détenteur de l'autorité. Une condition requise pour des États qui sont censés créer et renforcer la plupart des lois domestiques, exception faite pour les zones déléguées au gouvernement fédéral. Les pères fondateurs du pays attendaient une gestion par les États de la majorité des lois domestiques, même si avec le temps l'influence du gouvernement fédéral sur celles-ci s'est peu à peu renforcée. L'obligation d'une forme républicaine était également une façon de protéger les droits des citoyens et d'éviter qu'un État ne sombre dans la dictature ou dans la monarchie.
En France, la 1ère république fut proclamé en 1793. Aujourd'hui, C'est la Vème république qui régit les institutions françaises.
La république dans les textes classiques et de la Renaissance
(article principal: Définition classique de la République)
Avant le 18è siècle (approximativement), toutes les républiques connues étaient également plus ou moins démocratiques. C'est ainsi que dans le textes anciens on verra le mot république utilisé en alternance avec le mot démocratie. Beaucoup de républiques récentes n'étaient pas tout à fait démocratiques (et souvent ne le sont toujours pas), d'où une conception actuelle de la république plus limitée.
Exemples
Actuellement, les républiques sont très nombreuses au niveau mondial. Une forme de gouvernement républicaine peut être combinée avec de très nombreux systèmes économiques et démocratiques différents. Quelques exemples pour illustrer différents modèles républicains :
- Les États-Unis, l'Allemagne sont des républiques fédérales gouvernées par une démocratie représentative
- La Suisse est une fédération d'états (cantons) gouvernée par une combinaison entre démocratie directe et représentativité.
- La Russie est une fédération de républiques semi-autonomes (États) et de provinces directement dirigées.
- L'Iran est une république théocratique.
- Quelques républiques historiques :
- Sparte (fin du , -146)
- Athènes (début du , milieu du )
- La République romaine (-509, -44)
- Carthage (-308, -146)
- La République de Venise (, 1797)
- La République française (1792, 1804)
- La République du Texas (1836, 1845)
- Le Commonwealth (1649, 1660)
- Les Provinces-Unies (1581, 1795)
- L'Union Soviétique (1917, 1991) qui était une république fédérale
Notons que bien que l'on considéra Sparte comme une république, la monarchie jouait toutefois un rôle dans leur gouvernement ; et alors qu'on considérerait aujourd'hui Athènes comme étant une république, elle était décrite dans les temps Classiques comme une démocratie. En Grec, la distinction entre démocratie et république n'existe pas (le mot république étant, comme on l'a dit plus haut, d'origine romaine). Les anciens auteurs grecs décrivaient les régimes non-monarchiques comme oligarchies (s’ils étaient dirigées par un groupe réduit de citoyens), tyranies (dirigés par une personne qui s'était emparée du pouvoir par un coup d'État) ou démocraties (si le droit de vote et celui d'être élu était donné à un grand nombre de citoyens, les classes les plus basses inclues).
Bibliographie
- L'idée de République et la jurisprudence du Conseil constitutionnel / Frédéric Monera - Paris : L.G.D.J., 2004;
Voir aussi
- Mouvement Républicain britannique
- Mouvement Républicain australien
- Commonwealth
- Système présidentiel
- La République de Platon
- Républicanisme
- Rzeczpospolita
- La République des lettres
Catégorie:Régime politique
ko:공화제
ja:共和制
simple:Republic
th:สาธารณรัฐ
Forme de gouvernementOn désigne par régime politique d'un État la manière dont celui-ci est géré et gouverné. Le régime politique d'un État peut être par exemple autoritaire, démocratique, ou peut exprimer des tendances plus fines comme un régime politique socialiste, communiste, libéraliste, monarchique, etc.
Nombreux sont ceux qui catégorisent les gouvernements selon la question « qui gouverne ? »
- Absolutisme
- Aristocratie
- Autocratie
- Bureaucratie
- Démocratie
- Démocratie participative
- Démocratie populaire
- Dictature
- Énarchie
- Gérontocratie
- Gouvernement fantoche
- Gynécocratie
- Kleptocratie
- Monarchie
- Monarchie constitutionnelle
- Oligarchie
- Panarchie
- Ploutocratie
- République bananière
- Technocratie
- Timocratie
- Tétrarchie
- Théocratie
D'autres se préoccupent de catégoriser les gouvernements selon la question « quelle est l'étendue du pouvoir du gouvernement ? »
- Marxisme
- Étatisme
- Libéralisme
- Minarchisme
- Socialisme
- Totalitarisme
Voir aussi
Liste de formes de gouvernements
Catégorie:Droit constitutionnel
Catégorie:Politique
ja:政治体制
ko:정부 형태
Chef de l'État
Le Chef de l'État, ou Chef d'État, est, comme son nom l'indique, une personnalité qui est à la tête d'un État souverain.
- Dans le cadre d'une république ou d'une fédération d'États républicains, il s'agit d'un président élu au suffrage direct ou indirect, souvent appelé président de la République,
- Dans le cadre d'une monarchie, il peut être roi, prince souverain (Monaco, Liechtenstein), grand-duc (Luxembourg), émir (Pays du Golfe)...
Dans les deux cas, il est un souverain :
- soit dôté du pouvoir exécutif, voire législatif et judiciaire (dans le cas d'un pouvoir absolu),
- soit garant des institutions, voire de l'unité nationale, et sans réel pouvoir politique.
Catégorie:Chef d'État
zh-min-nan:Kok-ka ê thâu-lâng
ko:국가 원수
ja:元首
simple:Head of state
Monarque
Un monarque est dirigeant, représentant ou chef d'État héréditaire bien que certains États élisent leur monarque (tel l'ancien royaume de Pologne qui utilisait un système d'élection ou l'actuelle Malaisie qui opère une alternance entre des branches héréditaires régionales). Une nation ou un État dirigé par un monarque est appelé une monarchie. Un système de gouvernement impliquant un monarque est une monarchie.
Le terme « roi » désigne un monarque mâle, à moins qu'il ne soit désigné sous un autre titre tel qu'empereur dans le cas ou il dirige un empire. Le terme « reine » est appliqué à une femme monarque (une reine régnante), mais aussi à l'épouse d'un roi (une reine consorte). Une monarchie dirigée par un roi ou une reine s'appelle un royaume.
De nos jours, peu de monarques exercent un pouvoir absolu. Bien que de nombreuses monarchies héréditaires perdurent, dans la plupart de ces pays, le monarque agit de façon définie par la constitution et ne possède qu'un pouvoir symbolique; le vrai pouvoir est détenu par un parlement ou une assemblée législative. Par exemple le Royaume-Uni, qui conserve une monarchie héréditaire. Actuellement c'est la reine Élisabeth II du Royaume-Uni qui est au pouvoir. Mais la famille royale sert davantage aux magazines à potins qu'à la politique...
Catégorie:Chef d'État
catégorie:Monarchisme
catégorie:Titre
zh-min-nan:Ông ko:군주 ja:君主
ÉtatL'État est une collectivité dont la structure est juridique, qui est délimitée par des frontières territoriales et constituée d'institutions lui assurant un pouvoir suprême (la souveraineté).
D'après Max Weber dans Le Savant et le politique, « l'État est une entreprise politique à caractère institutionnel dont la direction administrative revendique avec succès dans l'application de ses règlements le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire donné », c'est-à-dire qu'il est le seul à pouvoir faire respecter les lois à travers l'armée, la justice et la police.
L'État est la forme dominante du pouvoir politique mais elle n'est pas universelle. Pierre Clastres a montré qu'il peut exister des sociétés sans État, voire contre l'État : des sociétés primitives (par exemple les esquimaux) où il n'y a ni hiérarchie des pouvoirs, ni autorité. Cependant, cette forme de pouvoir politique ne peut s'appliquer qu'à de petites communautés.
Un pays est une désignation géographique. La nation ne se confond pas avec l'État même si elle recouvre souvent l'ensemble de son peuple en Europe de l'Ouest (modèle de l'État-nation). Le gouvernement est l'une des institutions par lesquelles l'État exerce son pouvoir.
« Nous entendons par État toute entreprise politique de caractère institutionnel lorsque et tant que sa direction administrative revendique avec succès dans l’application des règlements le monopole de la violence physique légitime ». Telle est la définition de l’État donnée par le sociologue Max Weber dans son livre posthume ‘Le savant et le Politique ‘. Définir l’État a toujours été source de conflit dans le monde académique.
En matière de définition de l’État, le relativisme s’impose. L’État n’est qu’une forme d’organisation politique de la société. Il y a eu la ‘Polis’ grecque, l’’Imperium’ romain, le Saint Empire Romain Germanique… et il y a eu l’État. L’État est la forme d’organisation du politique qui s’est développée à l’époque moderne (c.-à-d. à partir de la Renaissance) en Europe occidentale, et il s’est ensuite exporté dans le monde entier jusqu’à devenir aujourd’hui le mode d’organisation politique dominant. Cependant, toutes les sociétés ne se sont pas organisées en États (Pierre Clastres parle de « sociétés sans État ») et l’État n’est pas partout le même. Il convient donc de s’attacher dans l’étude de l’État aux singularités et aux régularités du phénomène étatique (Georg Simmel).
Par ailleurs, on peut appréhender l’État à un moment de l’histoire, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas né ou qu’il n’évolue pas. Il convient donc dans la tentative de définir ce qu’est l’État d’adopter une double perspective, à la fois synchronique (à un instant ‘t’) et diachronique (au fil du temps).
Perspective synchronique
Dans une approche synchronique, c.-à-d. à un instant 't', l'État peut être appréhendé au moyen du droit ou au moyen de la sociologie.
L’État in abstracto, perspective juridique
La théorie juridique a eu beaucoup de mal à définir ce qu'était l'État. Plusieurs écoles se sont affrontées sur ce terrain, on retiendra ici les trois grandes perspectives de l'approche juridique.
La théorie de l'État puissance remonte aux ouvrages de Nicolas Machiavel, de Thomas Hobbes et de Jean Bodin. Dans cette approche, l'État est caractérisé par sa souveraineté interne et externe. L'État est un Léviathan dont la fonction est de maintenir l'ordre dans la société dont il assure la direction.
Dans la théorie de l'État de Puissance, l'État incarne l'intérêt général et dispose alors d'un certain nombre de prérogatives qui émanent de sa souveraineté, notamment le pouvoir de créer le droit et de prendre des actes administratifs unilatéraux (AAU) qui s'imposent aux individus sans leur consentement. L'État dispose alors de la personnalité morale, il est une personne au même titre que le citoyen.
Pour Hans Kelsen et l'école allemande de l'État de droit, ce n'est pas l'État qui produit le droit, mais l'ordre juridique (c.-à-d. la hiérarchie des normes) qui produit l'État. L'État ne serait alors que l'émanation du droit qui limiterait sa puissance d'arbitraire. Dans cette perspective, l'État n'est plus défini comme dans la théorie de l'État de Puissance par sa souveraineté, mais par son identification à un ordre juridique et sa soumission au droit.
Cette théorie allemande de l'État de Droit a été reprise par Raymond De Carré De Malberg qui a essayé de transposer cette théorie en France. Pour assurer la pérennité du droit, il faut que la hiérarchie des normes juridiques soit garantie et qu'il existe un contrôle juridictionnel pour faire respecter cette hiérarchie des normes de façon à forcer l'État à respecter le droit. Ce contrôle juridictionnel de l'État existe depuis l'arrêt du Tribunal des conflits (TC), 1873, Blanco.
Pour Léon Duguit, l'État n'est caractérisé ni par la souveraineté, ni par son identification à un ordre juridique. Pour Léon Duguit, l'État n'est qu'une coquille vide, il n'a pas de personnalité, ne peut disposer de droits subjectifs et ne saurait être en mesure d'imposer quoique ce soit à qui que ce soit. L'État est donc une coquille vide derrière laquelle se cachent des gouvernants - or rien ne garantit que ces gouvernants accepteront de limiter leur puissance pour toujours et continueront à se soumettre au droit.
Ce qui justifie selon Léon Duguit l'existence de l'État c'est le Service public. L'État est en effet selon lui l'expression de la solidarité sociale. Les hommes, regroupés en sociétés, sont devenus de plus en plus interdépendants. Cette interdépendance a été accompagnée de la création de normes, et pour faire respecter ces normes, des dirigeants ont émergé afin de les faire respecter. Mais ces dirigeants ne restent dirigeants qu'aussi longtemps qu'ils continuent à se dévouer à la société et à l'organisation de la solidarité sociale au moyen du Service public.
Pour Léon Duguit, l'État n'est alors que l'émanation de la société et non pas la conséquence d'une quelconque souveraineté de l'État ou d'un ordre juridique préexistant.
L’État in concreto, perspective sociologique
L'appréhension de l'État par le droit se fait essentiellement in abstracto, dans la théorie et la philosophie du droit. L'État tel que perçu par le droit est un État de papier, or, l'État est profondément politique comme nous l'apprend la définition de Max Weber qui perçoit l'État comme une entreprise politique. Pour appréhender l'État dans la réalité de son existence, il ne suffit pas de connaître les règles qui le régissent (Constitution, lois, règlements), il faut encore voir comment ces règles sont appliquées ou créées. C'est tout l'intérêt de l'analyse sociologique de l'État : examiner comment l'État fonctionne au concret.
On prendra pour fil conducteur de cette section les grands moments de la définition de Max Weber dans Le Savant et le Politique.
L'État est avant tout une institution, il est à la fois processus et fruit d'un processus. L'État est une institution par excellence, il est issu d'un processus de construction théorique, et est en permanente construction lui-même.
Il y a institution quand des régularités comportementales deviennent des règles, et qu'elles portent du sens. L'institution est à la fois univers de pratiques (les règles comportementales) et univers de sens (ces règles ont une signification propre qui justifient leur existence). Les institutions établissent toujours des relations entre des personnes : la mariage est une institution, il implique des règles à respecter, ces règles sont porteuses d'une signification et elles permettent à deux personnes de vivre une vie commune.
L'institution commence à l'état de routines qui peu à peu deviennent des lois qui ne sont plus remises en cause, qui deviennent "normales", naturelles.
L'État en tant qu'institution est lui-même composé de plusieurs instutions : ministères, directions, préfectures, délégations, administrations déconcentrées ou décentralisées... Chacune de ces institutions a une culture institutionnelle distincte - chacune de ces institutions est un univers de sens et de pratiques.
L'État n'est donc pas un, ni unifié. Il est un espace où se développent et où s'affrontent des cultures et des logiques institutionnelles différentes. L'État est une institution d'institutions en interaction permanente.
Dont la direction administrative
L'État est dirigé par une administration. C'est une caractéristique essentielle de l'État, organisation politique née en Europe occidentale à l'époque moderne. L'État dispose d'un corps de fonctionnaires spécialisés qui travaillent pour lui et qui établissent un rapport d'autorité stabilisé entre les gouvernants et les gouvernés.
L'État est composé de gouvernants élus et de fonctionnaires gouvernants (Jacques Lagroye), c.-à-d. que l'État est à la fois administratif et politique, avec une division sociale du travail (Emile Durkheim) entre ces deux personnels.
Revendique avec succès
La définition de Max Weber est une définition probabiliste, il ne dit pas ce que fait l'État, mais ce que l'État est censé faire. "Revendique avec succès" n'est pas la même chose que réussir. L'État est processuel, il évolue. La définition de Weber est une définition souple qui n'enferme pas l'État dans un carcan. Cette définition probabiliste rejoint la pensée de Weber sur le pouvoir qui n'est selon lui qu'une "chance de puissance".
Cette dimension probabiliste est complétée par une dimension volontariste. L'État est une entreprise, c.-à-d. qu'il est en action, que ses dirigeants (fonctionnaires ou politiques) agissent, mais toujours avec cette double dimension de la réussite ou de l'échec.
Le monopole de la violence physique et symbolique légitime
L'État dispose du monopole de la violence physique légitime, la police, l'armée, le pouvoir d'enfermer ceux qui ont enfreint les lois, voire de tuer ceux qui menacent l'ordre public.
Mais l'État dispose également d'une capacité à exercer une violence symbolique sur ses citoyens, ce que Pierre Bourdieu a appelé la "magie d'État". La violence symbolique renvoie à la capacité de l'État de catégoriser ses citoyens, grâce à un nom au travers de l'état civil ou un numéro d’immatriculation (comme le numéro de Sécurité sociale en France), ou dans ses tribunaux en les déclarant coupable ou innocent.
Ces deux violences sont par ailleurs compatibles : l'appel sous les drapeaux pour défendre la patrie est un acte de violence symbolique (l'enrôlement dans l'armée pour défendre le pays) mais également physique puisqu'on est enrôlé pour tuer ou être tué.
Les différentes fonctions de l'État
Pierre Rosanvallon distingue quatre grandes fonctions de l'État:
- L'État Régalien > faire respecter l'ordre à travers la police, l'armée et la justice.
- L'État Instituteur du social > son rôle est d'unifier le pays à travers l'école (fin 19e siècle en France avec Jules Ferry).
- L'État-providence (1945) > il a pour fonction de redistribuer les revenus grâce au développement de la solidarité avec la sécurité sociale.
- L'État Promoteur économique > son action est de soutenir l'économie dans la droite ligne des idées de Keynes (politique de grands travaux, nationalisations).
Depuis la fin des années 80, l'État perd de son pouvoir pour plusieurs raisons:
- Il se désengage de l'économie en privatisant les entreprises publiques, la Sécurité Sociale voit son rôle diminuer, la mondialisation augmente la contrainte extérieure et diminue le pouvoir d'intervention de l'État dans l'économie.
- Il n'intervient plus autant dans la prise de décision publique, il perd son pouvoir « par le haut », avec la construction européenne ; et son pouvoir « par le bas » , avec la décentralisation.
Pour Daniel Bell, l'État est « trop grand pour gérer les petites choses et trop petit pour les grandes choses ».
Perspective diachronique
Sociogénèse de l’État
Naissance de l’État
La naissance de l'Etat, au sens large du terme coincide avec l'avenement de la civilisation. Pour la majeure partie de son existence, l'espece humaine, nomade, vivait de cueillette et de chasse. Ce style de vie s'est modifié environ 9000 avant J.C avec l'invention de l'agriculture. La pratique de l'agriculture a forcé les hommes a s'installer de façon permanente a certains endroits, près des zones qu'ils cultivaient. Ainsi, le contrôle de la terre est devenu un problème. Ainsi est née la propriété privée, et avec elles, les premières "guerres" sur les désaccords concerncant la propriété des terres.
Dans certaines parties du monde, notamment la Mésopotamie et la Vallée du Nil, les conditions naturelles ont fait que les terres ont été concentré en peu de mains. Finalement, un petit groupe de gens a finit par controler les terres travaillées par de nombreuses personnes qui en dépendaient. Ainsi sont nés les premiers Etats primitifs. Certains politologues ou théoriciens de l'Etat ne les considèrent d'ailleurs pas comme Etat, car étant trop primitifs, sans infrastructures et lois. Ils préferènt le terme de "proto-Etat"
Un des plus anciens code de lois, celui d'Hammurabi date d'environ 1700 ans avant J.C. C'était a cette époque le concept de "loi" , une des fondations de l'Etat moderne, a commencé a apparaitre. Mais, les gouvernants de l'époque étaient pour l'essentiel des "dieux-rois". Ainsi, les lois qui d'une certaine façon limitaient le pouvoir des monarques n'ont pas été très développés.
Les cités-états de la Grèce antique ont été les premières a établir des états dont les pouvoirs étaient clairement définis par la loi (même si celles ci étaient facilement modifiables). Notons aussi que le concept de démocratie est par ailleurs né a Athènes.
Beaucoup d'institutions étatiques trouvent leur origine dans la Rome antique qui a hérité ses traditions de la Grèce et qui les a développé par la suite. Cependant, la République Romaine finit par devenir un Empire, qui créa le concept d'Empire Univerself, soit l'idée que le monde devait être unis sous un seul Etat-Empire.
La chute de l'Empire Romain et les grandes migrations ont changé la politique en Europe. Les royaumes barbares qui ont suivi étaient éphemeres et peu organisés et n'avaient que peu de ressemblance avec le concept moderne de l'Etat. Mëme le royaume de Charlemagne était chancelant. Sans la règle de primogéniture a été dissous en 3 royaumes par le Traité de Verdun en 843. Ceux-ci étaient plus de vastes possessions de Terre que de véritables royaumes. De nouveau, l'Etat est devenu l'expression d'une vaste possession de terre.
L'absence de véritable successeur a l'Empire Romain a créé un vide politique en Europe. Les royaumes d'Europe Occidental étaient assiégés et régulièrement attaqués par des envahisseurs : les musulmans d'abord au Sud, des émigrants a l'Est, et enfin les invasions Vikings venant du Nord. A peu près au même, la religion, rarement plus qu'un simple facteur politique dans les anciens empires romains et grecs, a contribué ici a former un semblant d'unité au milieu d'une Europe politiquement dissipée. Cela a aboutit a reformé un cadre institué, le féodalisme qui régulait les conflits internes et aida l'Europe a faire face aux menaces extérieures. Ce système se manifesta entre autre par l'apparitions des croisades auxquelles plusieurs pays d'Europe participèrent ensemble. En 1302, le Pape Boniface VIII déclara même que le pouvoir politique exerçait ses prérogatives sous l'ordre des prêtres. Voila qui limitait les pouvoirs des rois et les forcçaient a jurer allegiance au Pape, la population des Etats étant très chrétiennes.
Le Saint Empire Romain Germanique, une des plus fortes puissances de l'époque médiévale, apparu en tant que concurrent a l'autorité papale par la personne de Frederick Barbarossa qui a envahi l'Italie en clamant la sécularisation au milieu du 12ème siècle. L'affaiblissement de la papauté est un thème important du moyen âge: le schisme d'Occident a la fin du 14ème siècle (qui doit son origine a une dispute sur la succession papale) a été exploité par les autorités séculaires et a contribué a l'accroissement de leur pouvoir. L'emergence de longues dynasties stables aux larges territoires, par exemple en Espagne, en France, et en Castille, leur a permis d'obtenir un rôle a la fois plus important et indépendant politiquement qu'auparavant.
Le passage a des états ainsi plus laïques est devenu un important point de controverse. Les grandes dynasties d'Europe ont consolidé fortement leur pouvoir aux alentours du 16ème siècle; en même temps, les menaces extérieures a l'Europe devinrent moins importantes. La Réforme eut un impact considérable sur la structure politique Européenne : le débat n'était pas seulement idéologique, il menaçait également les fondements d'institutions reposant sur le féodalisme. Le conflit qui s'ensuivit vit s'affronter les partisans d'un Etat affilié au Pape contre ceux qui souhaitaient un Etat libre de l'influence papale et séculaire, capable de décider de sa propre politique, interne mais aussi religieuse.
Ces conflits ont culminé pendant la guerre de Trente Ans du 17ème siècle. En 1648, les puissances Européennes signaient le traité de Westphalie, mettant fin aux violences religieuses pour de simples motifs politiques et l'Eglise fut privé de pouvoir politique temporel, bien que la religion continua a servir de fondation a la légitimé des rois, en leur attribuant le "droit divin". Le principe du "cuius regio, eius religio" (chaque region sa religion) établit en Westphalie créa un précédent en établissant l'idée de statu quo et de la non ingérence d'Etats dans la politique d'autres Etats. L'Etat Moderne était né.
L'Etat continua se développer alors que la noblesse et la bourgeoise amenerent et créerent beaucoup de richesses, accentuant le prestige économique, mais aussi culturel et politique des Etats. On assista même a une hausse du nombre des fonctionnaires et a l'émergence d'une bureaucratie balbutiante.
Près d'un siècle et demi après la paix de Westphalie, l'Etat devient véritable moderne a travers le processus de la Révolution Française. La Grande Armée de Napoléon déferla en effet sur l'Europe, détruisant les féodalismes et les remplaçant par le concept d'État-nation, qui demeura de l'époque jusqu'a maintenant comme le systeme Etatique dominant, malgré les contestations internes et les différentes idéologies (comme le marxisme) des 19ème et 20ème siècles qui appeleront a dépasser le concept de nation.
Aujourd'hui, les Etats-Nations se déclinent en toute une variété de modeles institutionnels et politiques, chacun définissant sa forme de gouvernance (fédéral, unitaire, présidentiel, parlementaire, constitutionnel, démocrate, dictatorial etc.) et son rapport a la religion (théocraties, laïc, reconnaissance ou non des cultes, etc.).
Devenir de l’État
La Fin de l’État
Le marxisme identifie l'Etat à la volonté de la classe sociale dominante. Selon lui, la disparition des classes sociales entraine donc celle de l'Etat.
Voir aussi
- Pays (État)
- Pays (territoire de projet en France)
- Étatisme
- Capitalisme d'État
- États des États-Unis d'Amérique
Liens externes
- [http://www.service-public.fr/ Service public français]
- [http://www.minefi.gouv.fr/minefi/chiffres/budget_etat/index.htm Le budget de l'État français]
International
- l'État en droit international
Bibliographie
- La République, de Platon
- L'Utopie, de Thomas More
- Le Léviathan, de Thomas Hobbes
- Le Prince, de Nicolas Machiavel
- L'Esprit des lois, de Montesquieu
- Contributions à la théorie de l'État, Carré de Malberg, 1921.
- [http://www.lariposte.com/article.php3?id_article=165 L'Etat et la révolution], de Lénine
Citations
- « L'État, c'est moi » (citation apocryphe attribuée à Louis XIV).
- « Si l'État est fort, il nous oppresse ; si l'État est faible, nous périssons. » Paul Valéry
- « Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours. » (Louis XIV)
- « Tout dans l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État. » (Benito Mussolini)
- « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » (Frédéric Bastiat)
- « L'État constitue le pur produit de l'émergence de la violence dans les sociétés humaines. » (Pascal Salin)
- «L'État, c'est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: «Moi, l'État, je suis le peuple. »» (Friedrich Nietzsche)
- « Beaucoup trop d’hommes viennent au monde : l'État a été inventé pour ceux qui sont superflus. » (Friedrich Nietzsche)
- « La mission historique de la bourgeoisie est la création d'un État « national » moderne ; mais la tâche historique du prolétariat est d'abolir cet État. » (Rosa Luxemburg)
- « Qui donne aux pauvres prête à Dieu, qui donne à l'État prête à rire. » (Tristan Bernard)
Etat
Etat
Etat
Etat
ja:国家
simple:State
th:รัฐ
DémocratiqueDans son sens originel (dans la cité-état d'Athènes du ), la démocratie (du grec ancien dèmokratia, « souveraineté du peuple », de dèmos, « peuple » et kratos, « puissance », « souveraineté ») est un régime politique ou une organisation sociale où le peuple détient le pouvoir. Il s'agit donc du pouvoir direct pour et par le peuple. Mais cependant, seulement six mille citoyens sur trente à quarante mille Athéniens se réunissaient pour décider.
Généralités
:« La démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. » (Abraham Lincoln)
Il en découle que les règles ou les principes qui régissent les modes de consultation des populations sont les éléments clé qui caractérisent toute démocratie.
- La démocratie l'ensemble des citoyens (sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité) détient le pouvoir souverain et exprime sa volonté par le vote, selon le principe «un homme ou une femme (humain majeur) une voix»
- Il n'existe cependant pas de critère officiel internationalement reconnu pour indiquer ce qui est une démocratie ou pas. Les pays du bloc de l'Est se disaient avant 1989, par exemple démocraties populaires. La Chine se dit démocratique. Les régimes européens, qui pratiquaient la colonisation, se considéraient comme des démocraties. Les services secrets de nombreuses démocraties échappent à tout contrôle parlementaire. Faute d'une homologation officielle établie par un organisme indépendant (l'ONU pourrait être indiquée pour ce travail), on peut discuter sans fin sur le fait de savoir si un pays « est » une démocratie ou non. Il est néanmoins d'usage de considérer qu'une véritable démocratie doit respecter ces quatre critères (souvent appelé droits politiques) :
- Choix des dirigeants exerçant le pouvoir par le biais d'élections libres ;
- Existence d'une opposition politique organisée, libre qui peut s'exprimer;
- Existence d'un système judiciaire jugeant sur la loi;
- Avoir connu au moins deux alternances (ce qui prouve « après coup » qu'il s'agissait d'une démocratie).
- Par extension cette forme de gouvernement d'un pays qualifie aussi certaines façons de gouverner toute société humaine, organisme public ou privé, associations, entreprises, familles, etc.
- Outre le principe de base «un homme une voix», des principes analogues sont associés à la notion de démocratie : liberté de parole et par extension liberté de la presse, multipartisme, respect d'une liberté de base du citoyen, égalité devant la loi, droit de propriété, liberté de culte, refus de la corruption des fonctionnaires et des élus, atténuation des écarts de richesse par l'impôt (souvent nommé droits civils). Généralement tous ces principes sont des exigences reconnues dans la culture occidentale et considérées comme universelles. Mais des exigences venant d'autres cultures pourraient modifier ces perceptions à l'avenir avec la généralisation des régimes démocratiques dans d'autres cultures.
- La démocratie est une ligne d'horizon politique, un idéal, vers lequel tendent des méthodes de gouvernement. Dans les faits, aucune démocratie n'est complètement démocratique car ce type de gouvernement suppose une honnêteté sans faille des forts vis-à-vis des faibles, la condamnation de tout abus de pouvoir.
- On constate cependant que toute démocratie se forme autour de 3 principes :
- Débat : échange libre entre personnes afin de prendre des décisions,
- Institution : pour permettre le débat et mettre en œuvre les décisions,
- Justice : afin que l'application des décisions ce fasse avec le plus de Justice possible.
Ainsi un état qui possède parlement effectif et un gouvernement qui appllique les décision avec mesure est une démocratie.
De même un village avec une assemblée d'anciens et un chef qui applique les décisions avec "justice" est aussi une forme de démocratie.
- Un degré de démocratie se mesure : en considérant notamment qui en est exclu.
- Une démocratie progresse dans le temps : ainsi la France de 1938 était une démocratie, mais les femmes ne pouvaient pas voter. En 1948 les femmes votaient, mais pas les habitants des colonies. En 1958 certains habitants des colonies votaient, mais pas les français musulmans d'Algérie...
Implications
Ce régime implique :
- le principe d'une liberté d'expression, de pensée, de rassemblement, de religion, etc. (même si elle est réglementée),
- une égalité politique. Ce point est suffisamment délicat pour faire l'objet d'un développement séparé.
Ce régime fonctionne mieux lorsque ses citoyens, par le biais de l'instruction, acquièrent les connaissances de base nécessaires à l'accomplissement de leurs devoirs civiques.
L'égalité politique
En général, on assimile cela au principe « une personne = une voix ». Ce principe est généralement considéré comme le fondement de la démocratie, et même opposé par Galbraith au système économique (où 1 euro = une voix).
Toutefois, même lorsque ce principe est en théorie reconnu et défendu, il n'est que peu souvent appliqué, car son usage serait pour certains
- pas très efficace : même s'il était techniquement et économiquement possible de consulter la Belgique entière pour savoir si telle ville doit ou non reconstruire une piscine, il y a peu de chance que l'intérêt national y gagne quelque chose.
- dangereux pour les minorités.
L'égalité peut aussi se mesurer à l'importance que l'objet de la décision politique a réellement pour les votants.
Pour résoudre ce problème en conservant le principe « une personne = une voix », la solution généralement employée (plus empirique et pragmatique que théoriquement fondée) est de procéder à un découpage géographique, et à une estimation, également empirique, de l'échelon pertinent :
- ainsi les annexions ou indépendances seront-elles soumise à double vote, global et réduit aux habitants du territoire concerné ;
- ainsi les habitants d'une ville voteront-ils pour ce qui est « municipal » (et tant pis si certains habitants de la ville ne sont en fait pas concernés, ou si des non-résidents le sont) ;
- etc.
Pour les sujets sensibles, (tout récemment en France : OGM, mariage homosexuel, implantation d'une usine d'incinération, d'un aéroport, etc.), il y a souvent des conflits de compétence, chacun faisant comme s'il était le seul concerné. Ces problèmes ne sont résolus que par des rapports de force et de tradition, le système qui les a créés n'étant par nature pas capable de les trancher.
Plus grave en apparence : si théoriquement « une personne = une voix », en pratique et au final, une décision est prise (par définition). Force est alors de constater que, pour les perdants, une personne = zéro voix, au mépris du principe affiché.
D'où cette phrase de Woody Allen :
: la dictature c'est « ferme ta gueule », la démocratie c'est « cause toujours »
Cet effet est évidemment amplifié par les systèmes dit représentatifs.
Est-il possible d'assurer une égalité politique ? Il faut que chacun s'engage lui-même dans chaque sujet à proportion de l'importance qu'il lui accorde, ni plus ni moins. Et il faut qu'il n'impose pas à l'autre sa décision, mais qu'il négocie avec lui, en lui accordant une compensation : c'est le modèle hollandais dit modèle des polders.
Devoirs
Le système démocratique implique aussi deux devoirs :
- exprimer son opinion, ou s'informer si l'on manque d'éléments pour en avoir une ;
- respecter l'expression des autres opinions (ce qui n'oblige nullement à respecter ces opinions elles-mêmes).
Ce sont des règles fondamentales, que résume la phrase apocryphe de Voltaire : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».
La démocratie ne peut donc se concevoir comme simple dictature de la majorité et, exclut par conséquent toute idée de suppression d'un parti même minoritaire, sauf dans le cas très spécifique où celui-ci prône explicitement le recours à la violence et à des actions anti-démocratiques. Même dans ce cas, le parti communiste qui prônait avant Georges Marchais un but théorique de renversement des institutions et de dictature du prolétariat ne fut jamais formellement inquiété, et renonça en fin de compte de lui-même à ces objectifs d'apparence peu démocratique.
- Tout système politique est un système de pouvoir qui comporte exclusions et de différenciations ; la démocratie n'est donc pas nécessairement absolue. Une démocratie comme la démocratie athénienne avait une notion restreinte de la citoyenneté, excluant les voix des femmes et des esclaves.
- La démocratie ne prétend pas garantir que le candidat qui sera élu sera le plus apte à bien diriger le pays (aucun système, à vrai dire, ne le prétend). Elle garantit en revanche que nul ne sera appelé au pouvoir sans avoir fait l'effort de convaincre la population du bien-fondé de son programme, et y être en partie parvenu. La démocratie apparaît donc comme une forme particulièrement efficace de non-violence en action.
Démocratie directe
Voir l'article sur la démocratie directe
Démocratie représentative
Bien plus importants, aussi bien numériquement (environ la moitié des habitants de la planète) qu'en termes de puissance économique et militaire (les États les plus riches et les plus puissants en font partie), on trouve des Républiques qui se veulent des démocraties représentatives.
En pratique, il s'agit d'oligarchies mi-électives (pour les magistratures dites politiques dont l'extension varie selon les États), mi-méritocratique (pour les fonctions d'exécution civiles et militaires).
Ces États peuvent également admettre une petite dose de participation directe du peuple, par exemple sous forme de référendum obligatoire pour certaines décisions, voire des éléments de propositions ou de veto populaire.
- Ils admettent tous des droits d'expression, de pétition, et de manifestation très développés.
- Dans ces États, cohabitent un idéal démocratique (forme visée et même revendiquée) et une certaine méfiance à l'égard des risques de la démocratie.
- Des « magistrats » (typiquement : une cour constitutionnelle) sont donc chargés de défendre les individus contre le peuple et par là le peuple contre lui-même. Cela expose ces gardiens du Temple démocratique à la critique de faire passer leur intérêts personnels ou « de classe » avant ceux du peuple, par le filtrage qu'ils font entre les propositions admissibles et celles qu'ils estiment ne pas l'être.
- Parfois, c'est l'armée qui se charge du contrôle des dérives démocratiques (notamment lorsque cela n'est pas bien prévu au niveau civil), ce qui l'expose à une critique encore plus forte. Les exemples sont nombreux, de la France révolutionnaire, à l'Algérie ou la Turquie contemporaine, en passant par toute l'amérique du sud, etc.
L’exercice du pouvoir par l’intermédiaire de représentants élus par le peuple a été appliqué tardivement en Suisse (à partir de 1848) pour pallier aux insuffisances de la démocratie directe. Mais la plupart des démocraties actuelles ont adopté ce système dès leur fondation.
Il s’agit de la démocratie représentative, c’est-à-dire un régime où la volonté des citoyens s’exprime par la médiation de représentants sélectionnés au sein du peuple.
Cela entraîne :
- la nécessité d’une division du travail dans une économie marchande (en confiant la gestion des affaires aux représentants, les individus peuvent vaquer à leurs occupations privées).
- la représentation permet de surmonter la division (en défendant la diversité des intérêts, la représentation évite que des groupes d’intérêts ne viennent menacer les droits des minorités. Et dès lors, plus l’état est grand, plus les avis ont de chance d’être divergents).
- la représentation contribue à la formation de la volonté générale (la volonté générale est construite grâce à l'apport des idées de tous. Il faut donc permettre l'échange, la délibération.)
- la nécessité de contrepoids :
- la tenue d’élections à échéances régulières qui permet de limiter l’autonomie des élus. Un régime est démocratique quand les gouvernements et les représentants n’héritent pas de leur charge mais sont élus au terme d’une procédure élective, et leur programme est soumis à l’approbation des électeurs. Le pouvoir est à prendre en ce sens qu’aucune équipe dirigeante n’est jamais définitivement installée, qu’aucun programme ne peut être tenu pour définitif, qu’aucune politique n’est jamais que provisoirement officielle. Cette ouverture, ou mieux cette disponibilité du pouvoir est commandée par une philosophie pluraliste qui fait de l’opposition une force aussi légitime que le sont les gouvernants en place. Non seulement toutes les tendances et tous les intérêts sont admis à s’exprimer, mais encore l’espoir est offert à tous d’accéder au gouvernement et d’en utiliser les prérogatives selon leurs vues.
- le multipartisme est nécessaire pour qu’il puisse y avoir élections.
- la liberté d’expression de l’opinion publique doit être garantie pour permettre l’échange et la délibération.
- la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
- des crises :
- la démocratie du public où l’électeur est informé grâce aux médias (TV, radio).
- la démocratie continue (les sondages, les médias modernes et les instances de contrôle de la constitutionalité des lois).
- la démocratie participative ou locale consiste à élaborer les décisions collectives en ne se limitant pas aux lieux où se prennent les décisions politiques (référendum).
- la démocratie virtuelle ou cyberdémocratie (l’E-vote).
Enfin il existe un système mixte, dit démocratie participative dans lequel, selon l'une des acceptions du terme, le peuple délègue son pouvoir (des représentants sont donc chargés de proposer et voter des lois et des nominations), tout en le conservant (le peuple se saisit lui-même directement de telles questions, via une pétition d'une fraction du corps électoral). Les autres systèmes se réclamant de ce titre ne réclament pas nécessairement l'usage de la pétition, et dévellopent d'autres procédures assurant l'échange bijectif entre concernés et décideurs.
La démocratie participative au premier des sens évoqué est le système pratiqué en Suisse et dans ses cantons, où les lois importantes sont soumises automatiquement au vote populaire (référendum obligatoire) et où toute autre loi peut l'être si un nombre défini de citoyens le demande (référendum facultatif). De plus un nombre fixé de citoyens peut demander le vote d'une révision partielle de la Constitution (initiative constitutionnelle) ou la légifération du parlement dans un domaine particulier (initiative législative).
Au niveau local et régional, le peuple est parfois consulté pour les dépenses supérieures à un certain montant.
Un citoyen suisse se rend aux urnes au moins quatre fois par année et se prononce la plupart du temps sur plusieurs objets (entre un et huit à chaque fois).
Ce système, tel que pratiqué en Suisse, n'est pas un résidu d'une démocratie plus large: lors de la formation de l'État fédéral suisse en 1848, le pays, et les cantons ne pratiquant pas la Landsgemeinde, était une démocratie représentative pure. C'est peu à peu que les droits populaires ont été progressivement étendus.
Idées reçues
« Démocratie et République sont liés »
Une république est un régime dans lequel le pouvoir est représentatif des opinions des sujets/citoyens du pays.
Ainsi la république n'induit pas forcément la démocratie, de même qu'il existe des régimes démocratiques non républicains.
Exemple : la III République – à ses débuts – bien que « république » et ayant une apparence démocratique (droit de vote pour les citoyens, etc.) conservait en fait le pouvoir entre les mains de personnes appartenant à une certaine couche de la société par le suffrage censitaire. Il s'agissait donc d'une ploutocratie.
De même, nombreux sont les pays considérés comme démocratiques à avoir conservé le système monarchique, par exemple la Belgique, l'Espagne, le Danemark, la Royaume-Uni, le royaume du Maroc, la Suède, etc.
Par contre certains des états ont utilisé le vote du peuple à travers des élections sans pluralisme pour asseoir leur régime tyrannique sur une base démocratique : URSS, Chine, Cuba, nazisme, fascisme italien de Mussolini, de nombreux états de la francophonie et/ou d'Afrique. Ces états pseudo-démocratiques ne sont pas des républiques, bien qu'ils répondent parfaitement à la définition simple du terme démocratie.
« Démocratie et Droits de l'Homme sont liés »
Bien que souvent liés voire confondus, les termes de « démocratie » et de « Droits de l'Homme » renvoient à des définitions qui ne sont pas identiques :
Les droits de l'homme sont des principes selon lesquels, dès lors qu'un individu appartient à l'espèce humaine, il jouit d'un certain nombre de droits. Cette notion date du et de l'époque des Lumières, (dont peu de représentants ont dénoncé l'esclavage, comme l'a pourtant fait Diderot).
La démocratie est une idée beaucoup plus ancienne datant de l'Antiquité grecque (cf. Athènes): or, si Athènes, à une certaine période de son histoire, a certes été une démocratie (sélective), La notion de Droits de l'Homme y était en revanche absente, bien que des critères de bonne conduite en aient partiellement tenu lieu.
De nombreuses démocraties acceptent de respecter les Droits de l'homme sur leur territoire, mais peuvent décider, souvent de façon démocratique, de les bafouer dans un contexte précis. En effet, les droits de l'homme faisant partie des lois d'une démocratie, le parlement (ou un référendum) peut souvent en modifier la portée.
La notion de droit de la majorité est aussi parfois un obstacle au respect des droits des minorités. (Voir chapitre « La démocratie est toujours la volonté du peuple ou de sa majorité »)
« Deux démocraties ne se font pas la guerre »
Une opinion répandue est que deux démocraties ne se font pas la guerre. Si elle possède un fond de vérité (les citoyens sont en général peu enclins à la guerre, dont ils peuvent rarement espérer un profit personnel), l'histoire la dément :
- la jeune République française lança un ultimatum à la République de Venise et abolit totalement celle-ci sous la menace des troupes du général Napoléon Bonaparte ;
- le Pérou a participé à deux reprises à des guerres frontalières contre des pays limitrophes tout aussi démocratiques que lui.
- lors de la Guerre de Sécession, le Nord comme le Sud des État-Unis d'Amérique se considéraient comme des démocraties.
Toutefois, les vainqueurs écrivant l'histoire, comme dit un dicton, il est toujours possible après une guerre de déclarer que les institutions du pays vaincu n'étaient pas démocratiques.
On pourra répondre pour le premier cas, que la République de Venise était oligarchique et point démocratique, pour le troisième qu'il y avait des problêmes constitutionnels et moraux avec plus de poids que ce qu'était commun à leurs constitutions.
« La démocratie est un luxe de pays riches »
La démocratie est une organisation assez coûteuse, qui ne pourrait apparaître, ou se maintenir, que dans des pays où une majorité de la population est dégagée des besoins de survie. Non seulement deux pays parmi les plus pauvres de la planète, le Mali et le Niger, sont des démocraties, mais la première démocratie de la planète (en nombre d'habitants) est un pays du tiers monde : l'Inde.
En revanche, la régression économique d'une société, même temporaire, peut s'accompagner d'une disparition de la démocratie, une partie de la population accordant temporairement plus d'intérêt à la restauration de son niveau de vie qu'à la liberté dans la pauvreté. Le processus n'est cependant pas toujours réversible sans effusion de sang.
« La démocratie permet à un pays de s'enrichir »
Le fait que certains pays sont pauvres parce qu'ils ne sont pas démocratiques, et que l'introduction de la démocratie dans ceux-ci leur permettrait de s'enrichir, est également un mythe : la pauvreté du Mali montre que la relation n'est pas absolue.
Néanmoins, les IDH du Mali et du Niger ont fortement progressé depuis la restauration de la démocratie.
Toutefois, des éléments inutiles au corps social peuvent théoriquement perdurer plus facilement dans un pays non démocratique, dès lors qu'ils flattent les puissants, puisque ces derniers n'ont alors aucune sanction populaire à craindre. L'absence de démocratie peut donc constituer un obstacle supplémentaire au développement.
« La démocratie est toujours la volonté du peuple ou de sa majorité »
En 1917, la Suède a fait la transition du régime mi-monarchique mi-parlementaire selon la constitution de 1809 au régime purement parlementaire, c'est-à-dire que le devoir du roi est de choisir comme chef du gouvernement le chef du parti ou de la coalition qui a la majorité absolue ou rélative des parlementaires, ou bien la confiance du parlement. Or, cette réforme était soutenue par les bourgeois et les ouvriers, qui étaient une minorité, mais reçut l'opposition de l'armée et des agriculteurs, qui étaient alors la majorité. Parce que beaucoup d'agriculteurs n'ont pas participé aux protestations, la réforme a eu lieu. Aucun d'entre eux n'avait exprimé la volonté des bourgeois et des ouvriers, mais la majorité resta silencieuse et sa volonté la plus vraisemblable ne fut pas respectée.
Mais on doit remarquer que la notion absolue de majorité peut ouvrir la porte à de très graves abus. Le génocide au Rwanda par exemple a été conduit par une majorité contre une minorité diabolisée et présentée comme agent de l'étranger. Ce génocide fut imposé à la population comme un service public. Plusieurs citoyens civils et militaires français et belges, ont rapporté, après coup, devant leurs parlements, les nombreux signes avant-coureur de la préparation du génocide. Incontestablement il y eu disfonctionement démocratique, sur plusieurs décennies, aussi bien au Nord qu'au Sud dans cette affaire. Ce dysfonctionnement fût couronné par la façon dont les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont majoritairement évité le plus longtemps possible d'employer le mot génocide à propos des événements du Rwanda pour ne pas mettre en branle le disposif juridique et contraignant qu'ils avaient prévu à cet effet en 1948 après la Shoa. (Voir article génocide).
D'une manière générale, le respect des minorités et des droits de l'homme sont une exigence démocratique parfois difficile à faire admettre à des régimes majoritaires, mais peut devenir paradoxalement une préoccupation majoritaire, lorsque les citoyens dépassent leurs intérêts propres pour envisager des intérêts partagés. Une majorité est faite de minorités solidaires.
« La démocratie le moins mauvais des systèmes politiques ? »
La démocratie nous est souvent présentée comme le système politique absolu, le meilleur des systèmes. Il ne pourrait donc par essence, ni être amélioré, ni dépassé. Pourtant des améliorations ou des retours à des pratiques anciennes sont toujours possibles. Il en est ainsi de la stochocratie (désignation des représentants du peuple par le sort) :
« Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie.
Le sort est une façon d'élire qui n'afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » Montesquieu - Esprit des lois
« Il est démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort, et oligarchique qu'elles soient électives »
Aristote - Les Politiques IV, 9, 4
Traduction: Pierre Pellegrin - Garnier-Flammarion
Il semble qu'aucun régime politique ne fonctionne correctement sans que celui ou ceux qui sont au pouvoir ne fassent preuve d'une grande conscience de leurs responsabilités. Aucun système juridique ne peut garantir cela. Un roi peut être plus honnête avec le peuple que 500 députés ou 5 millions de conseillers municipaux. Mais un régime où tous les citoyens peuvent réagir contre les abus de pouvoir, comme dans une démocratie, devrait théoriquement conduire plus sûrement à des comportements politiques acceptables par tous.
Démocratie et Culture
Il semble qu'il y ait un lien fort entre la culture d'un peuple et sa capacité à faire fonctionner la démocratie.
- Dans la culture judéo-chrétienne moderne (Europe, Amérique du Nord, Afrique du Sud, Australie, Israël), la démocratie est considérée comme étant un système allant de soi, où, dans l'esprit, les droits de chacun sont respectés. En effet, cette civilisation a toujours privilégié l'individu sur la communauté. Le régime doit donc être garant des droits de chaque individu. La démocratie est un régime qui peut les garantir par le biais de l'état de droit.
- Dans les cultures animistes (Afrique sub-saharienne), le concept de démocratie est mal compris. La christianisation et l'islamisation de ces contrées sont trop récentes pour avoir une influence notable sur les comportements. L'individu est membre d'un village et appartient à une ethnie. Ces deux entités sont historiquement dominés par les puissants (riches ou forts selon l'époque). Le pouvoir se conquiert donc, il n'est pas donné par le peuple. L'obtention du pouvoir donne un statut de maître absolu au chef, qui ne pourra le perdre que en en étant chassé. La démocratie renverse le sens du pouvoir, le donnant aux faibles (la plèbe), celà peut apparaître comme une hérésie.
Citations
- Χρωμεθα γαρ πολιτεια... και ονομα μεν δια το μη εσ ολιγουσ αλλ' εσ πλειονασ οικειν δημοκρατια κεκληται.
:Notre Constitution... est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorité, mais du plus grand nombre.
::Périclès, discours rapporté par Thucydide
- Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l'origine de tous les pouvoirs (...). Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu'on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu'on l'exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis : là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d'autres lois. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organisé aux États-Unis, ce n'est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible.
::Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique.
- Selon toute vraisemblance, aucun autre régime ne peut donner naissance à la tyrannie que la démocratie ; de la liberté extrême naît la servitude la plus complète et la plus terrible. (La République).
::Platon
- Le peuple, par une conséquence absolument inévitable, s'emparera, un jour ou l'autre, de tous les pouvoirs dont on a reconnu que le principe était en lui. Sera-ce pour le garder ? Non. Après quelques jours de folie, il les jettera, par lassitude, au premier soldat de fortune qui se trouvera sur son chemin.
::Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu.
- J'ai toujours pensé que la démocratie dite représentative n'est pas une vraie démocratie. Dire : quelqu'un va me représenter pendant cinq ans de façon irrévocable, ça revient à dire que je me dévêts de ma souveraineté en tant que peuple.
::(Cornelius Castoriadis)
- Si un homme instruit, au terme de trente ans de travail, arrive à déterminer le système social parfait et que la compréhension de celui-ci demande plusieurs mois à des hommes aussi instruits que lui, je lui souhaite bien du plaisir pour arriver à le faire ratifier par un vote du peuple !
::(Ernest Renan)
- Renoncer à la lutte pour le socialisme, c'est renoncer en même temps au mouvement ouvrier et à la démocratie elle-même
::Rosa Luxemburg
- A propos du régime hitlérien, Simone Weil, rentrant d'un voyage en Allemagne, écrit le 18 décembre 1932 dans la revue «L'école émancipée» : «Ce qui attire, vers cet avenir confus, intellectuels, petits-bougeois, employés, chômeurs, c'est qu'ils sentent dans le parti qui le leur promet, une force. Cette force éclate partout, dans les défilés en uniforme, dans les attentats, dans les avions employés pour la propagande ; et tous ces faibles vont vers cette force comme des mouches vers la flamme.»
- Le principe démocratique a contribué à l'affaiblissement de la civilisation, en empêchant de développement de l'élite.
::Alexis Carrel
- La dictature impose à ses contestataires le silence. la démocratie se contente de leur dire "Cause toujours!"
::Auteur inconnu. Repris sous des formes voisines par divers chansonniers, puis fantaisistes.
Bibliographie
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Schoenhofs Foreign Books (23 mai 1986), collection Folio , ISBN 2070323544
Liens externes
- [http://www.panarchy.org/tocqueville/tyrannie.1835.html Le texte intégral de la citation de Tocqueville]
- [http://joi.ito.com/static/emergentdemocracy.html Emergent democracy] (en anglais)
- [http://www.demexp.org L'expérience démocratique]
- [http://agorawiki.org L'assemblée nationale virtuelle (Débats, Propositions, Votes, Partis politiques, wiki)]
- [http://rengen.ouvaton.org/brochures.php?id=439 Brochure sur la démocratie]
Voir aussi
Types de gouvernements | Politique | Consensus | Système de vote | Démocratie athénienne | Mondialisation démocratique
|Bi-partisme|Particratie|Critères de Copenhague
Catégorie:Droit constitutionnel
Catégorie:Idéologie
Catégorie:Philosophie politique
Catégorie:Régime politique
Catégorie:Élection
ja:民主主義
ko:민주주의
simple:Democracy
th:ประชาธิปไตย
TotalitarismeLe totalitarisme désigne des systèmes politiques dans lesquels l'état et la société sont considérés comme un tout indissociable.
Le gouvernement a donc toute légitimité pour faire tout ce qui concerne les relations sociales, c'est-à-dire en pratique contrôler la vie des individus, ne leur laissant aucune liberté individuelle et surtout aucune liberté d'expression, ni par conséquent de pensée.
Caractéristiques d'un État totalitaire
La philosophe Hannah Arendt a étudié et décrit ce système, en particulier dans son célèbre livre Les origines du totalitarisme (1951). Selon elle, deux pays seulement ont connu un vrai totalitarisme : l'Allemagne sous le nazisme et l'URSS sous Staline. Elle distingue toutefois des tendances ou des épisodes totalitaires en dehors de ces deux cas. Elle cite notamment les camps de concentration français où furent placés les réfugiés de la guerre d'Espagne ou encore le maccarthisme au début des années 1950 aux États-Unis.
Ces régimes apparaissent muni d'un « parti unique » qui contrôle l'état, qui lui-même contrôlerait la société et plus généralement tous les individus. D'un point de vue totalitaire, cette vision est erronée : il n'y a qu'un parti parce qu'il n'y a qu'un tout, qu'un seul pays, vouloir un autre parti c'est déjà de la trahison ou de la maladie mentale (schizophrénie : se croire plusieurs alors qu'on est un). Le totalitarisme tel qu'il est ainsi décrit par Hannah Arendt n'est pas tant un régime politique qu'une dynamique autodestructive reposant sur une dissolution des structures sociales.
Dans cette optique, les fondements des structures sociales ont été volontairement sabotées ou détruites : les camps pour la jeunesse ont par exemple contribués à saboter l'institution familliale en instillant la peur de la délation à l'intérieur même des foyers, la religion est interdite et remplacée par de nouveaux mythes inventés de toute pièce ou recomposés à partir de mythes plus anciens, la culture est également une cible privilégiée. Goebbels avait ainsi déclaré : Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver.
L'identité sociale des individus laisse place au sentiment d'appartenance à une masse informe, sans valeur aux yeux du pouvoir, ni même à ses propres yeux. La dévotion au chef et à la nation devient le seul moyen d'exister d'une existence qui déborde au-delà de la forme individuelle pour un résultat allant du fanatisme psychotique à la neurasténie. Hannah Arendt cite ainsi un rapport russe indiquant qu'au début du stalinisme, quatre soldats étaient nécessaires pour s'assurer un prisonnier alors qu'à la fin, un seul soldat pouvait mener vingt prisonniers vers la mort.
Les sociétés totalitaires se distinguent par la promesse d'un « paradis », la fin de l'histoire ou la pureté de la race par exemple, et fédèrent la masse contre un ennemi objectif. Celui-ci est autant extérieur qu'intérieur et sera suceptible de changer. Les sociétés totalitaires créent un mouvement perpétuel et paranoïaque de surveillance, de délation et de retournement. Les polices et les unités spéciales se multiplient et se concurrencent dans la plus grande confusion. Des purges régulières ordonnées par le chef de l'État, seul point fixe, donnent le tempo d'une société qui élimine par millions sa propre population, se nourrissant en quelque sorte de sa propre chair. Ce programme est appliqué jusqu'à l'absurde, les trains de déportés vers les camps de l'Allemagne Nazie restèrent toujours prioritaires sur les trains de ravitaillement du front alors même que l'armée Allemande perdait la guerre.
Le terme, initialement revendiqué, est péjoratif et même insultant pour certains. Il est souvent utilisé à tort pour désigner des régimes autoritaires de droite ou de gauche, ce qui est en toute rigueur impropre. Par exemple, on considère généralement que l'URSS déstalinisée ou les dictatures militaires d'Amérique du Sud n'étaient pas totalitaires car, bien que généralement impitoyables, en pratique elles ne cherchaient pas à contrôler toutes les facettes de l'activité humaine et n'entretenait pas cette dynamique de pouvoir autodestructive. Elles pouvaient s'accommoder d'une dissidence intellectuelle tant que leur pouvoir restait solide.
Citations
- La principale caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité ou le retard mental, mais l'isolement et le manque de rapports sociaux normaux. Hannah Arendt
- Les mouvements totalitaires sont des organisations massives d'individus atomisés et isolés. Hannah Arendt
- Sans les masses, le chef n'existe pas. Hannah Arendt
- À la base de toutes les doctrines totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d'un esprit plus élevé que leurs sujets, qu'ils savent donc mieux qu'eux ce qui leur est profitable. Ludwig von Mises
Voir aussi
Articles connexes
Sur les pratiques totalitaires en URSS
- Pavel Morozov
- Trofim Denissovitch Lyssenko
- Goulag
Sur le totalitarisme Nazi :
- Ian Kershaw
Sur le totalitarisme chinois :
- Laogai
- Mao Zedong
- Corée du Nord
Sources et Bibliographie
- Raymond Aron : Démocratie et totalitarisme, Paris, Gallimard, 1965.
- Bernard Bruneteau : Les Totalitarismes, Paris, Armand Colin, 1999.
- Friedrich Hayek, La Route de la servitude, Paris, PUF, "Quadrige", 1985.
- Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme, Le système totalitaire (1951), traduction française J-L. Bourget, R. Davreu, P. Lévy, Seuil, 1972, Paris, Gallimard, collection Quarto, 2002.
- Enzo Traverso : Le Totalitarisme. Le XXe siècle en débat, Paris, Le Seuil, "collection Points Essais", 2001.
Catégorie:Idéologie
Catégorie:Régime politique
ja:全体主義
ms:Totalitarianisme
Akkad (ville)
Akkad ou Agade est une ville antique de Basse-Mésopotamie, ancienne capitale de l'Empire d'Akkad, fondé par Sargon l'Ancien. Elle n'a toujours pas été retrouvée, et sa situation exacte demeure donc inconnue. Le seul moyen de connaître certains de ses aspects est le recours aux textes anciens.
Catégorie:Empire akkadienCatégorie:Mésopotamie
République romaine
ja:%E5%85%B1%E5%92%8C%E6%94%BF%E3%83%AD%E3%83%BC%E3%83%9E
Catégorie:Rome antique
Cet article concerne la Rome antique. Pour l'état créé en 1798 et disparu en 1799, voir République romaine (1798).
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La république (Du latin res publica, « la chose publique ») est fondée à Rome en 509 av. J.-C.. Elle fait suite à la monarchie dont le dernier représentant, Tarquin le Superbe, a été chassé du trône lors d'un véritable coup d'État. Les conditions dans lesquelles s'effectue la transition vers le nouveau régime expliquent en grande partie certains réflexes politiques de la Rome antique, comme la crainte (quasi phobique) de la tyrannie et du pouvoir personnel.
Le despotisme du dernier roi avait donné encore plus d'attrait à la liberté, écrit Tite-Live dans son Histoire romaine, II-1.
Il s'agit d'une oligarchie gouvernée par le populus qui n'est au départ que l'ensemble des patriciens (et non la totalité de la population au sens actuel du terme). À l'origine, la République romaine est donc née d'une réaction nobiliaire à la politique démagogique des derniers souverains étrusques.
La République prend fin en 27 av. J.-C. lorsque le Sénat confie au général Octave Auguste la direction de l'État. C'est ce qu'on appelle l'Empire.
Bibliographie
- François Hinard, République romaine, PUF: 2000 (collection Que sais-je?)
Voir aussi
- Institutions de la République romaine
- Société de la République romaine
- Histoire de Rome sous la République
509 ko:509년 nb:509
Catégorie:509
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Années 480 | Années 490 | Années 500 | Années 510 | Années 520
504 | 505 | 506 | 507 | 508 | 509 | 510 | 511 | 512 | 513 | 514
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Cette page concerne l'année 509 du calendrier julien.
Événements
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Naissances
- Kimmei : Empereur du Japon
Décès
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-44 ko:기원전 44년 nb:44 f.Kr.
Catégorie:-44
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Années -60 | Années -50 | Années -40 | Années -30 | Années -20
-49 | -48 | -47 | -46 | -45 | -44 | -43 | -42 | -41 | -40 | -39
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Cette page concerne l'année -44 du calendrier julien.
Événements
Europe
- Fondation d’Augst (Suisse), la plus ancienne colonie romaine sur le Rhin.
- Reconstruction de Corinthe, en Grèce.
Rome
- À Rome, consulat de Jules César (pour la cinquième fois) et Marc Antoine (premier consulat).
- César dispose d’un pouvoir monarchique (le Dominat de Cicéron). Il conçoit cette monarchie comme héréditaire, pour éviter une guerre civile inéluctable après sa mort. S’il n’a pas de fils, mais il désigne à sa succession au titre d’imperator son petit-neveu C. Octavius, le futur Auguste, alors âgé de dix-huit ans. Avant de quitter Rome pour son expédition contre les Parthes, il l’adopte par testament et le constitue son héritier.
- Il ne manque à son pouvoir que le titre de roi. Aux Lupercales de -44, Antoine lui présente publiquement le diadème royal, mais César n’ose pas l’accepter, craignant la réaction de l’opinion publique.
- César obtient la libre disposition des gouvernements provinciaux, l’introduction dans tous les collèges religieux, le droit de porter le costume des anciens rois, le remplacement de la chaise curule par un trône d’or, l’institution de prières et de vœux pour son bonheur, la création en son honneur d’une troisième confrérie de Luperques, les Luperques Juliens, l’attribution au mois de sa naissance du nom de Julius, la dédicace d’un temple sous le nom de Jupiter Julius avec un flamine chargé d’en desservir le culte.
- 15 mars/Ides de mars : Jules César est assassiné par Marcus Junius Brutus et Gaius Cassius Longinus, furent complices : Caius Cassius Parmensis, Lucius Tullius Cimber, Caius Servilius Casca, tribun de la plèbe de l'année et Publius Servilius Casca son frère, et Decimus Junius Brutus Albinus. Il est percé, dit-on, de vingt-trois coups d’épée.
- Octave, désigné par César comme successeur, rentre d’Orient (il a refusé de se rendre auprès des légions de Macédoine) pour réclamer son héritage contre Marc Antoine.
- Cicéron attaque vivement Antoine, qui favorise sans clairvoyance le jeune Octave.
Proche-Orient
- Arrivée de Cléopâtre VII à Alexandrie après un séjour de plusieurs années à Rome. À peine arrivée elle fait assassiner Ptolémée XIV Philopator II, afin d'éviter un rival potentiel à son pouvoir et à son fils qui vient de naître.
- En Égypte, début du règne de Ptolémée XV Césarion (fin en -30), né en Grèce (entre juin et juillet) après le départ de Rome, mi-avril de sa mère, Cléopâtre VII (fin en -30).
- Cléopâtre VII restaure l'autorité de l'Égypte sur Chypre que son père Ptolémée XII avait cédé aux Romains en 59 av .J.-C..
- A la mort de Jules César, Cléopâtre VII cherche d’autres appuis. Elle soutient les Triumvirs dans leur lutte contre Cassius, mais favorise cependant celui-ci en sous main.
- En Judée, après le meurtre de César, Antipater et son fils Hérode Ier le Grand se rallient au gouverneur de Syrie, Caecilius Bassus, ex-partisan de Pompée. Celui-ci s’empresse de demander un tribut 700 talents qu’Antipater répartit entre les notables du royaume. Hérode s’acquitte de son tribut de 100 talents. Comme Malichus, chargé de la région de Gophna, Emmaüs, Lydda et Thamna tarde à verser le tribut, Cassius commence à marcher sur ce district, mais Antipater le prévient par un versement de 100 talents. Antipater lui-même tombe victime de la jalousie de Malichus qui l’empoisonne. Hérode, appuyé par Cassius qui l’a nommé intendant de Syrie, venge son père en faisant assassiner Malichus près de Tyr (-43).
Afrique du Nord
- Sittius, gouverneur romain de Cirta, est assassiné par un chef numide. Ces partisans, les Sittiani, restent pourtant dans la capitale numide est ses environs, et sont à l’origine de la colonie romaine de Cirta (« Colonia Julia Juvenalis Honoris et Virtulis Cirta ».
Art & culture
- Les Romains donnent à un mois le nom de Jules César (juillet).
- De Officiis de Cicéron.
- 20-30 juillet : Passage d’une comète en Italie. On fait dire que s’est l’âme de César qui est allée rejoindre les dieux.
Naissances
- Césarion, fils de Jules César et Cléopâtre VII
- Jules César
- Ptolémée XIV est assassiné en Égypte par sa sœur Cléopâtre.
Président zh-min-nan:Chóng-thóng ko:대통령 ja:大統領 simple:President th:ประธานาธิบดี
Le président est une personne désignée, élue, ou cooptéé pour diriger un groupe de travail, un conseil d'administration, une association, ou, dans une république, un État.
- Il est le chef de la partie exécutive d'une organisation.
- Dans les grandes sociétés un Président directeur général coiffe tous les autres dirigeants.
- Les pouvoirs des présidents en tant que chefs d'État varient sensiblement d'un pays à un autre : dans certains, ils disposent d'un grand pouvoir, comme aux États-Unis, dans d'autres, comme en Allemagne, leur pouvoir est purement symbolique.
Liste de présidents d'État
- Voir aussi Président de la République.
Afrique
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Amérique
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Asie
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Europe
La Turquie a été placée dans la section Asie
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Océanie
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Voir aussi
- Listes de dirigeants
- Première dame
President
Suisse
La Suisse (en allemand Schweiz, en italien Svizzera, en romanche Svizra) est un pays d'Europe bordé par l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Autriche et le Liechtenstein. Le pays a une longue tradition de neutralité politique et militaire, et abrite de nombreuses organisations internationales.
Histoire
Article détaillé : Histoire de la Suisse.
Peuplé dès la préhistoire, c'est néanmoins à l'époque celtique, grâce surtout aux Helvètes que le territoire suisse franchit le seuil de l'histoire. En 58 av. J.-C. les Helvètes, poussés par la pression migratoire des tribus germaniques, tentèrent de s'installer en Gaule mais battus à Bibracte par les armées de Jules César ils y sont reconduit dans le cadre de l'empire romain. Déjà largement christianisée, la Suisse fut occupée par les Burgondes et les Alamans au .
Incorporée successivement aux royaumes de Bourgogne, des Francs puis à l'empire carolingien, elle est rattachée au , à la chute du royaume de Bourgogne transjurane, au Saint Empire romain germanique. Elle est alors le théâtre de dures luttes féodales.
La date de 1291 a été choisie à la fin du comme date de naissance de la Suisse, car c'est celle de l'alliance de trois cantons, contrôlant la route du Gotthard, nouvellement aménagée : Uri, Schwytz et Unterwald. Ces cantons confirmèrent leurs envies de liberté lors de la bataille de Morgarten en 1315.
Les territoires avoisinants, Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug et Berne se rapprochèrent d'eux au , fondant ce que l'on appelle aujourd'hui la confédération des VIII cantons. Le fut parsemé de conquêtes qui vit la Confédération atteindre le Rhin et la Suisse romande, tout en s'alliant avec les territoires environnants (Valais, Appenzell, Saint-Gall, les ligues grises, Fribourg). Elle participa finalement aux guerres de Bourgogne. Enfin, à la suite des guerres de Souabe en 1499, les cantons furent indépendants de facto du Saint Empire. Ce n'est qu'aux traités de Westphalie en 1648 que cette indépendance fut reconnue.
La fin du vit une première opposition entre les villes et campagnes qui aboutit finalement au convenant de Stans (1481), avec l'aide de Nicolas de Flue, qui ouvrit la porte à cinq nouveaux cantons : Fribourg, Soleure, Appenzell, Bâle et Schaffhouse. Ainsi, au début du , la confédération des XIII cantons est née. Elle renforce ses alliances locales (Bienne, Saint-Gall, Neuchâtel) et étend ses possessions au Tessin et dans le canton de Vaud. Les guerres d'Italie et surtout la bataille de Marignan (1515) sonnent la fin de ses activités militaires hors de son territoire. Seuls les mercenaires suisses feront désormais parler d'eux sur les champs de batailles européens et au Vatican.
Déchirée par la Réforme, les guerres de religions (Première guerre de Kappel (1529), évitée de justesse lors de l'épisode de la soupe au lait, Deuxième guerre de Kappel (1531), Première guerre de Villmergen (1656), Deuxième guerre de Villmergen (1712)) occupent la politique intérieure. La démocratie des premiers temps a laissé la place à des gouvernements oligarchiques bloquant toute réforme.
L'invasion française de 1798 libère les pays sujets et réforme profondément la Suisse en en faisant un état unitaire : la République Helvétique. Devant les troubles incessants, Napoléon impose l'Acte de médiation de 1803, rétablissant les cantons (Vaud, Argovie, Thurgovie et Saint-Gall devenant alors des cantons à part entière) tout en retirant Neuchâtel, Genève et le Valais qui redeviennent éphémèrement indépendants puis sont intégrés à l'Empire.
En 1814 et 1815, la Restauration crée un premier État fédéral, à 22 cantons et les luttes entre les conservateurs et les libéraux-radicaux aboutissent à la guerre du Sonderbund en 1847 et à la victoire de ces derniers. La fin du siècle voit l'apparition de l'État fédéral qui abolit les frontières intérieures, impose une monnaie unique et une armée de milice fédérale. La première constitution fédérale de 1848, qui a mis en place les bases politiques de la Suisse, fut révisée en 1874 en y ajoutant le droit de référendum.
Le début du voit la suite du travail législatif : un code pénal, puis un code civil fédéral sont créés et le droit d'initiative constitutionnel est introduit.
La Suisse échappe, grâce à son statut de neutralité, aux deux guerres mondiales et devient peu à peu le siège de nombreuses organisations internationales.
Devenue prospère dans les années 1960, la Suisse reste essentiellement à l'écart des grands bouleversements de l'Europe et n'adhère qu'au compte goutte aux différentes organisations internationales (Conseil de l'Europe en 1963, Organisation des Nations unies le 10 septembre 2002).
Politique
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