:: wikimiki.org ::
| Religion |
Religion ko:종교 ms:Agama ja:宗教 simple:Religion th:ศาสนา
Catégorie:ReligionCatégorie:Philosophie de la religion
Catégorie:Philosophie de la religion
Définition
Le dictionnaire en donne les définitions suivantes :
# Ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'humain avec le sacré.
#Ensemble de pratiques et de rites propres à chacune de ses croyances. Pour tenter de définir la religion, on peut déjà établir les différences de sens entre le terme religion et ceux de foi et de superstition. La religion suppose un groupe, contrairement à la foi purement individuelle. La religion se distingue de la superstition, qui se résume à invoquer des causes surnaturelles pour expliquer des phénomènes naturels : si les religions incorporent bien souvent des éléments qui procèdent de la superstition, on ne saurait réduire la religion à cela.
D'autre part, Jonathan Smith (écrivain américain) dit dans Critical terms for religious studies : « Le mot « religion » n'est pas un terme trouvé sur le terrain ; c'est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin ; en conséquence c'est à eux que revient la tâche de le définir. Il s'agit d'un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise-en-place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de « langage » et « culture » en linguistique et anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion. »
En Occident, on dit volontiers que le mot religion vient du mot latin re-ligare : pour re-joindre ou re-lier, classiquement compris pour signifier la relation de l'humain au divin, mais aussi les hommes les uns aux autres. Religare est l'étymon proposé par Lactance. Mais cette signification est tardive. Une autre voie, proposée par Augustin d'Hippone, suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, « relire, reprendre », par opposition à negletentia, fait de ne pas se soucier ; et aussi le mot religio, « scrupule » qui est de Cicéron (De natura deorum, II, 10). Cette étymologie évoque l'idée de scrupule dans l'observation des rites et la peur face aux forces surnaturelles.
Ainsi en est-il en Extrême-Orient, où à l'arrivée des missionnaires chrétiens au début du , les Chinois traduisirent le mot religion par les deux sinogrammes Zong et Jiao (宗教) qui associent l'enseignement et les ancêtres, mettant l'accent sur la transmission d'un savoir et surtout de rites, d'une tradition, de légendes, en quelque sorte ou d'un enseignement religieux. De même, les Japonais ont-ils forgé le mot shûkyô, signifiant l'enseignement de l'essentiel, c'est-à-dire d'un catéchisme.
On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.
Transmission
Il faut, toutefois, rester conscient que parler de « puissance divine » (Littré) ou de « divin », c'est répéter le vocabulaire des ventriloques de Dieu , celui de la théologie ; parler de nature supérieure qu'on appelle divine (Cicéron), c'est parler régional ; au contraire, parler de surhumain ou de non humain ne suppose pas d'autre point d'observation que celui où se tient le commun des mortels.
Depuis que l'homme est au monde, il ne cesse de se poser des questions :
- sur la façon dont le monde fonctionne,
- sur la place qu'il occupe dans celui-ci,
- sur les raisons qu'il a d'être au monde,
dans une tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques qui l'effraient, souvent impliquant un ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Il donne un sens au monde où le mot sens doit s'entendre à la fois comme herméneutique et direction.
Au-delà de la distinction (une distinction n'est pas une explication ; ce n'est qu'un procédé typologique), la « religion » tout court pose les questions :
- du rapport à l'autre humain ou non,
- du rapport au monde, en particulier à la nature, dans les animismes, où toute les forces de la nature sont sacralisées,
- du rapport à Dieu ou aux dieux,
- et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle se réserve le privilège de tracer les contours
- assez nets quand elle les nomme, tour à tour païen, agnostique, incroyant, infidèle, ou athée,
- plus flous quand il s'agit d'hérésie ou d'hétérodoxie. Ces deux derniers concepts suggèrent leur désir de participer à l'organisation de la société sous forme de théocratie ou de théonomie.
On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Ici, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer.
Contenus
Les religions cherchent à répondre à la soif de sens de l'homme, mais aussi à expliquer - du moins à éclaircir - ce que son savoir ne peut expliquer.
Parmi les phénomènes qui effraient l'homme, se dresse en premier lieu la mort. Les différences de perception de la mort constituent le phénomène dirimant. Les chercheurs préhistoriens distinguent pratique l'homme des anthropoïdes.
Les religions (espérance)pour compenser ce qui semble scandaleux dans cet événement, conçue sous la forme de vie éternelle, de réincarnation, de résurrection, d'immortalité, d'éternité.
Elles montrent aussi un intérêt pour les mystères de la vie. En témoignent les images, qu'elles soient idoles, icônes ou symbole.
Méthodes
Les religions, et plus exactement leurs fidèles, relatent et transmettent dans des récits oraux, que ce soit sous forme d'épopées ou de livres saints, de traditions orales ou écrites, les rites adéquats pour le culte. L'ensemble de ses rites constituent une liturgie. Ils transmettent aussi des enseignements et des codes de lois religieuses, censés montrer le juste et l'injuste aux fidèles et donc les doter d'une morale, plus ou moins contraignante, mais censée à tout le moins orienter le croyant vers son bonheur.
La religion inspire l'art (peinture, littérature...), qui lui-même exalte la religion et toute une tradition, si bien que ce ne sont plus seulement les livres saints ou les mythes originels qui entretiennent parfois une religion, mais l'ensemble d'une culture.
Il arrive qu'un clergé soit chargé d'interpréter, de diffuser et de maintenir le message d'une religion. En particulier pour l'Eglise catholique, le clergé s'est établi dans la continuité des apôtres du Christ, et s'est hiérarchisé plus tardivement sur le modèle de l'Empire romain, suite à la conversion des empereurs.
On sera donc amené à s'interroger sur le sens de la conversion religieuse, sur le rôle des missionnaires comme à envisager le concept de guerre sainte, qu'elle se nomme croisade ou djihad, de l'inquisition et toute autre forme de coercition à caractère religieux.
Les croyants ou fidèles tendent à se réunir ensemble pour célébrer des jours saints par la prière, mais la pratique isolée est également reconnue juste dans la spiritualité. La plupart des religions ont également un code de lois religieuses.
Souvent, avec l'organisation des sociétés, le pouvoir spirituel se mêle au pouvoir temporel transformant son parti en patrie. La plupart des religions ont cela de commun avec les nations (et de façon plus générale avec tout groupe d'hommes) qu'elles ont souvent besoin d'une ennemi pour se fédérer et se construire. C'est dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions « sont naturellement intolérantes ».
En outre, on ne peut nier qu'un clergé constitue dans certaine religion à certaines époques une force politique, un État dans l'État, qui peut pratiquer l'obscurantisme.
Depuis le début du , on observe dans le monde occidental un clivage plus ou moins sévère entre ces deux pouvoirs religieux et politiques, avec l'apparition du concept laïcité, en particulier en France. Ce phénomène a pu laisser penser à la disparition progressive des religions, mais la laïcité a plutôt remis à sa place la religion. La diffusion d'une culture religieuse laïque, donc pluraliste, est une base indispensable à la connaissance mutuelle des fidèles des diverses religions. Il ne faut pas plus de religion, mais mieux de religion.
En guise de conclusion provisoire
Sans aucun doute, l'être humain éprouve donc un besoin vital de concrétiser ses craintes, ses angoisses, mais également ses aspirations, sa quête de sens et ses intuitions, bref son sens religieux, dans une discipline, une métaphysique, une croyance, des pratiques, des rites, etc. Aussi l'apparente désaffection des religions dans l'Europe du , et du christianisme en particulier, n'a-t-elle pas tari le profond besoin de religion de l'homme (ce qui se manifeste notamment par l'apparition de nombreuses sectes ou bien l'inclination pour des religions exotiques, mais encore par la survivance, voire le renouveau, du christianisme). Comme l'a dit René Girard, même si le sentiment religieux n'est pas raisonnable, la raison ne peut ni récuser ni supprimer celui-ci. Il fait partie de l'Homme.
L'Homme essaie-t-il, grâce à la religion, de se rassurer devant une nature toute-puissante et pleine de mystères ? Peut-on néanmoins réduire les religions à de simples pis-aller qui permettent d'expliquer grâce à la supersitition et au fantastique les phénomènes que nous ne parvenons pas à nous expliquer ? C'est qu'on ne peut nier en outre l'aspect identitaire d'une religion : professer une religion, c'est affirmer son appartenance à un groupe et adhérer à ses moeurs et valeurs. Le renouveau des courants fondamentalistes, plus ou moins liés aux courants politiques les plus extrémistes, procède de cette idée. Les fondamentalismes s'apparentent aux nationalismes les plus virulents. Certes, la religion fut et demeure le prétexte de massacres et de la mise en place de discriminations constantes, de même que les mouvements nationalistes, de même plus généralement que tout facteur identitaire (cf. La Violence et le Sacré de René Girard). Toutefois, la religion, phénomène social, est aussi l'expression d'un profond besoin individuel.
Grandes familles de religions
À travers l'histoire, les hommes ont élaboré de multiples religions. Certaines se sont répandues dans le monde entier et sont très pratiquées. Divers types de classements des religions sont possibles.
Principales religions
A l'heure actuelle, les religions qui comptent le plus grand nombre de fidèles sont :
- Le christianisme (2,0 milliard)
- l'islam (1,2 milliard)
- l'hindouisme (0,8 milliard)
- le bouddhisme (0,6 milliard)
- le taoïsme (0,4 milliard)
- Le judaïsme (15 millions)
- Le jaïnisme
- Le sikhisme
- Les religions africaines (0,7 milliard)
Autres religions
- Le bahaisme
- Le bön
- Le rastafarisme
- La religion traditionnelle chinoise
- Le shintoisme
- Le zoroastrisme
- Les nouveaux mouvements religieux
- Les sectes
Aires culturelles et géographiques
On peut distinguer quelques grandes familles du point de vue des aires culturelles et géographiques :
- Les religions antiques (généralement éteintes)
- Religions de l'Inde : hindouisme et religions qui en sont issues (bouddhisme et jaïnisme)
Classement idéologique
On entend signaler par idéologie la représentation du divin promue par chacune des religions :
- monothéisme, polythéisme, panthéisme,
- syncrétisme, monooriginisme
ou le projet sur les relations qu'elles entendent entretenir entre elles :
- Dialogue inter-religieux
- Œcuménisme
- Arbre des religions abrahamiques
Annexes
Philosophie
- Les notions de Dieu et dieux
- L'athéisme
Histoire des religions
- Les mythologies
- Sumer
- Babylone
- Dieux égyptiens
- Organisations et institutions
- Les religions reconnues par l'état belge, sur Wikinations.be
- Clergé (le mot est compris au sens de catégorie socio-professionnelle)
- Fondamentalisme
- Les sept péchés capitaux
- Les signes du zodiaque
Divers
- Ikuan Tao
- Jeûne
- Laïcité
- Ministères ecclésiastiques
- Noachite
- Petit lexique des idées fausses sur les religions
- Prêtrise et pédophilie
- Religion et alimentation
- Religions et violence
- Wikipédia:Projet/Religion
- humanisme
Catégorie:Religion
Catégorie:Croyance
Catégorie:Tradition
Liste des articles ayant un lien avec la religion en général, ou d'autres catégories liées. Ne lier ici que les articles transversaux, les articles spécifiques doivent être liés à leurs sous-catégories respectives.
ja:Category:宗教
zh-min-nan:Category:Chong-kàu
Dictionnaire -
Un dictionnaire est une liste de mots (morphèmes libres, mots composés, expressions lexicalisées) classés sous leur lemme (ou entrée), accompagnés de leurs définitions ou leur correspondance dans une autre langue. Beaucoup de dictionnaires renseignent sur la prononciation, l'étymologie et donnent des conseils d'usage ainsi que des phrases d'exemple.
Pour les langues à écriture alphabétique, les dictionnaires classent les lemmes dans leur ordre alphabétique. Pour les langues qui utilisent des sinogrammes (chinois, japonais), le classement est plus difficile et sujet à controverse (certains signes ayant différentes lectures : consulter le Dictionnaire de sinogrammes).
Il y a différentes sortes de dictionnaires, par exemple certains sont historiques, d'autres bilingues. Ainsi, dans un dictionnaire franco-anglais, le mot lune sera associé au mot anglais moon.
Dictionnaires libres au sens GNU
- http://opensource.bureau-cornavin.com/glossary/index.html
- [http://www.linux-france.org/prj/jargonf/Dictionnaire informatique]
- [http://i18n.kde.org/teams/fr/dict/index.php3 Dictionnaire de KDE]
Voir aussi
- Encyclopédie
- Wikipédia:Dictionnaires disponibles sur la toile
- Encyclopédies sur l'internet
- Ressources libres d'accès
- GCIDE
- Langue
- Lexicographie
- Traduction
- Grand Larousse encyclopédique
- TLFi
Wiktionnaire
Voir Wiktionnaire.
- [http://ptaff.ca/liendex/ Liendex] : une seule requête pour consulter les dictionnaires, lexiques, traduction, conjugaison, synonymes et anagrames disponibles en ligne.
- [http://www.les-dictionnaires.com Les Dictionnaires] : Annuaire regroupant les meilleurs sites en rapport avec les dictionnaires et la langue française.
- [http://www.lexilogos.com/index.htm Lexilogos] dictionnaires en ligne dans toutes les langues.
- [http://www.academie-francaise.fr Dictionnaire de l'Académie française] (seulement les mots de A à Onglette sont disponibles).
- [http://www.le-dictionnaire.com Le-Dictionnaire] Dictionnaire de français, dictionnaire des synonymes, conjuguaison et traduction en un site.
- [http://site.lesdoigtsbleus.free.fr/dictionnaire.htm Le Dictionnaire du Nouveau]Dictionnaire regroupant de nouveaux mots créés par les internautes pour rendre la langue toujours plus vivante.
- [http://atilf.atilf.fr Le Trésor de la Langue Française informatisé].
- [http://www.dict.org Protocole DICT] (serveur de dictionnaires) et dictionnaires libres, interface en anglais.
- [http://www.marcprior.de/linux/dicts.html Dictionaries and terminology management applications] Programmes à installer pour disposer de certains dictionnaires.
Dictionnaires de Langues étrangères
- [http://www.chine-nouvelle.com/outils/dictionnaire.html Dictionnaire Chinois Français] plus de 20 000 entrées.
ja:辞典
ko:사전
ms:Kamus
simple:Dictionary
th:พจนานุกรม
Croyance
Dans son sens le plus courant, croyance est un terme qui s'applique à l'adoption, par un être conscient, d'une vision du monde qui n'est pas fournie par l'expérience ou la science, mais par les échanges entre divers individus ou par divers textes dogmatiques. Ainsi, La croyance est l'attitude de l'esprit qui affirme, selon des degrés plus ou moins grands de possibilité, la vérité ou la réalité d'une chose, sans pouvoir fournir de preuve, ni qu'il soit possible de pouvoir fournir la preuve de sa fausseté.
Par exemple, la réincarnation est une croyance, car personne ne peut dire quoi que ce soit au sujet de son existence. Il y a ceux qui pensent qu'elle existe, ceux qui pensent qu'elle n'existe pas, et ceux qui n'ont pas d'opinion. Aucune donnée de l'expérience ne peut modifier ces attitudes.
Sens général
Si l'on peut distinguer facilement l'utilisation du terme croyance pour désigner l'attitude vis à vis d'une divinité par exemple, d'une croyance relative à un fait de la vie courante (par exemple: «je crois qu'il fera beau demain», «je ne crois pas que les dauphins soient des poissons»), une recherche approfondie mène à la conclusion qu'il n'y a pas de frontière nette entre ces deux acceptions. Le phénomène de Croyance peut donc être traité dans son ensemble, mais aussi spécifiquement pour Les Croyances, relatives aux grand mythes, et pour La Croyance comme mécanisme psychologique régissant l'appréhension de la réalité par l'individu.
Croyance et science
La particularité d'une croyance est qu'elle n'est pas «testée» par l'individu qui y adhère, car elle est d'emblée considérée comme vraie et en adéquation avec la réalité ultime. La science, par contre, est bâtie sur l'expérience, le respect de la méthode scientifique, et constitue une unité grâce à une liaison et à une confrontation permanente de ses éléments. La science remet constamment en jeu son contenu et entretient un réseau cohérent de connaissances. Les théories scientifiques se constituent donc par un mécanisme totalement opposé aux croyances. La science peut s'opposer radicalement à telle ou telle croyance particulière, comme elle l'a fait par exemple en montrant que la terre tournait autour du soleil, alors que la croyance en cours disait l'inverse.
Mais le plus souvent, la science ne fait que reculer le champ d'application des croyances. Elle n'affirme rien de ce qu'elle ne connait pas, et ne prétend pas tout expliquer. Par exemple la vision scientifique de l'univers est en contradiction avec certaines croyances situant la création du monde il y a seulement quelques milliers d'années, mais ne donne aucun point de vue sur ce qui est au-delà du scénario qu'elle propose, ni même sur ce qu'«au delà» signifie. Elle laisse donc le champ ouvert à une infinité de croyances .
Croyances autoréalisatrices
Il existe des cas où une croyance induit la réalisation des prophéties qui en résultent. Cela peut s'observer par exemple en période de tensions internationales, lorsque des informations concernant la pénurie à venir de tel ou tel bien de consommation circulent . Même s'il n'y a pas de réel risque de pénurie, par exemple en sucre, l'approvisionnement massif de la population crée une réelle pénurie de sucre.
Cela peut s'observer aussi avec des individus superstitieux, dans le cas où un signe maléfique déstabilise suffisament la personne et lui fait adopter un comportement à risques.
Les Croyances
Croyances et religions
Les religions sont bâties sur un ensemble de croyances, et fonctionnent grâce à des dogmes, ou à des doctrines auxquels le croyant adhère. Le croyant est alors celui qui a la foi, c’est-à-dire se situe dans un état d'adhésion réfléchie et active aux éléments fondamentaux de sa religion. Les croyances fondamentales varient selon les religions. Selon Tylor, la croyance en une âme immatérielle et subsistant après la mort est à l'origine de toutes les religions, et constitue donc l'élément primordial. De même, Paul Diel présente dans La Divinité un enchaînement logique, sous l'angle psychalytique, reliant l'animisme au monothéisme, avec l'effroi métaphysique comme moteur principal. L'angoisse de la mort serait donc à la base de la croyance en une divinité. La paléoanthropologie situe l'apparition des rites funéraires dans les sociétés préhistoriques dés - 300 000 ans par des marques de rituels autour des morts, puis avec plus de détail avec des sépultures dès - 100 000 ans. Les concepts d‘âme et d‘au-delà seraient donc nés dans cet intervalle.
Les croyances relatives aux mythes, légendes et divinités sont alors des croyances secondaires sur lesquelles sont bâties les doctrines spécifiques de chaque religion, dont l'observation par les individus conditionne leur sort dans l'au-delà. Selon D'Holbach, seule la peur suscitée par les puissances imaginaires est responsable de l'attitude religieuse.
La part de chacune de ces croyances, âme, mythes, êtres divins, varie selon les religions. Par exemple, le Taoisme et le Bouddhisme ne nécessitent pas une croyance en un ou plusieurs Dieux, alors que dans les religions monothéistes, la croyance en Dieu est l'élément primordial. Dans tous les cas, cependant, la croyance que la conformation de l'individu à l'ordre des choses révélées par les mythes, ou aux révélations divines, conditionne ce qu'il advient de l'âme après la mort, constitue la base du fonctionnement de la religion et de l'application de ses dogmes.
L'athéisme est l'attitude qui exclue la croyance en l'existence de toute divinité.
Croyances et superstitions
La superstition est une attitude faisant intervenir la croyance que certaines pratiques ou faits observés sont en liaison avec un certain déroulement de l'avenir, sans qu'aucune explication de cause à effet ne soit donnée. L'individu superstitieux sortira d'une pièce si le nombre des individus qui s'y trouvent fait partie d'une liste de nombres qui, selon ses croyances, portent malheur.
Cependant, certaines superstitions peuvent découler de réels dangers, et contribuer à les éviter. Ainsi, un aspect maléfique et mystérieux peut être attribué à des montagnes inhospitalières, ou à des rivières dangereuses, car des individus n'en sont pas revenus sans qu'on connaisse les circonstances exactes de leur disparition. Ce type de superstition tend à disparaître avec la diminution des espaces inexplorés, mais était encore fréquent en France au XIX° siècle, par exemple vis-à-vis des canyons.
Évolution des croyances
Dans la lignée de sa formulation du darwinisme, basée sur fonctionnement autonome de réplicateurs (les gènes en biologie), le biologiste Richard Dawkins a émis l'hypothèse, en 1976, que des idées ou des comportements pouvaient suivre les lois de la Théorie de l'évolution. Dans cette conception, les réplicateurs, appelés mèmes, sont des unités d'information qui passent d'un individu à l'autre par la discussion et l'imitation. Les croyances seraient ainsi soumises aux principes de la sélection naturelle et évolueraient d'une façon plus ou moins autonome. La Mémétique est l'étude de ces phénomènes.
Croyances et Dissonance cognitive
Les croyances ont tenu une grande importance dans la psychologie expérimentale et notamment dans les travaux se situant dans la lignée de ceux de Festinger sur la Dissonance cognitive. Dans cette conception, toute information faisant partie d'un ensemble de croyances reliées entre elles et partagées par une communauté, comme le sont par exemple les divers éléments de croyance d'une religion, sont soumis aux principes de la dissonance cognitive, ainsi que tout élément cognitif nouveau soumis à un individu possédant ces croyances. Cela entraîne diverses conséquences:
- une situation d'inconfort de tout individu percevant la désapprobation des autres membres de sa communauté sur ses opinions,
- de grandes possibilités de perception erronée ou de mauvaise interprétation des informations, lorsqu'elles entraînent une dissonance avec les croyances d'un individu et que celles-ci ne sont pas modifiées par ces informations,
- une grande dépendance aux règles de la dissonance cognitive des tous les éléments cognitifs détachés de la réalité et non vérifiables, comme par exemple l'existence de l'âme ou d'esprits.
Festinger montre le rôle du support social dans le maintien des croyances à partir d'un fait divers dans lequel les membres d'une secte, basée sur la croyance en un "contact avec des êtres supérieurs", font une prévision relative à la survenue d'un "cataclysme" à une date précise, et à la "venue d'une soucoupe volante", évènements qui n'ont pas eu lieu à cette date. L'adhésion au "contact avec les êtres supérieurs" s'est maintenue dans un petit groupe de membres de la secte, dans lesquels les liens se sont renforcés, alors que les membres isolés ont abandonné leur croyances. Par la suite, le petit groupe s'est mis à faire du prosélytisme, afin de trouver dans l'environnement social un support nécessaire pour éviter une forte dissonnance cognitive avec l'échec avéré des prévisions.
La croyance
Croyance et réalité
Sans exception, bon gré, mal gré, tous, nous croyions a ou en quelque chose. Le terme « croire » est l’un des vocables le plus usité dans le monde, et, aux dires de certains, ce serait cette expression qui prévaut dans la marche du monde. Certes, tout à la fois nous sommes conscient et inconscient, mais ce que peu d’humains connaissent, c’est qu'en permanence notre cerveau nous induit dans l'erreur ou l'illusion en présentant à notre conscient une réalité qui coïncide avec ce que nous désirons voir, entendre ou écouter. Dans toutes les décisions que nous « croyons » ou plus exactement que nous « raisonnons » prendre selon notre libre-arbitre, la part du conscient est marginale.
Bien que la plupart du temps la croyance soit associée au mysticisme ou à la religion, elle fait constamment partie de notre réalité quotidienne personnelle et intime, dans chaque acte et geste de notre vie, dans ce qui semble le plus banal ou anodin. Le doute est le mécanisme qui, en chaque individu, remet en cause l'image que nous avons de la réalité. Comme il est fastidieux de remettre perpétuellement toutes nos connaissances en cause, nous agissons selon une approche plus ou moins fine de la réalité selon les besoins.
Par exemple, croire que le relief d'une région est immuable est largement suffisant à la plupart d'entre nous pour la vie quotidienne, alors qu'un géologue devra considérer le relief sous un angle dynamique.
Selon Ramsey, nos actions sont décidées selon une estimation de leur probabilités de réussite, elle mêmes estimées selon un degré de croyance envers les informations qui conduisent à cette action. Ainsi, toute information est susceptible d'une confiance graduelle, plutôt que d'une adhésion ou d'un rejet catégorique par un individu donné. Ramsey caractérise ainsi cette notion: «le degré d'une croyance est une propriété causale de cette croyance, que nous pouvons exprimer de façon vague comme la mesure dans laquelle nous sommes prêts à agir sur le fondement de cette croyance».
Au-delà de la décision d'action, basée sur un ensemble de croyances aux degrés plus ou moins élevés, Ramsey pose un principe de vérité de chacune de ces croyances, dépendant du succès de ces actions. Le Principe de Ramsey (Dokic, Engel, 2001) peut être énoncé ainsi: Les croyances vraies sont celles qui conduisent au succés de nos actions quelque soit le désir en jeu. Dans cette formulation, la notion de variation des possibilités d'application de la croyance (comme élément de décision d'action vis-à-vis d'un désir) est cruciale, car elle impose d'appliquer le Principe de Ramsey à un ensemble de situations (et non à une situation particulière), dans lesquelles une croyance déterminée sera impliquée dans des actions dont on pourra estimer le succès.
Citations
- « On pourrait caractériser ainsi la pensée religieuse: c'est la croyance qu'il existe un ordre de choses invisibles », W.James.
- « Le droit au rêve a pour pendant le devoir de vigilance », Henri Broch
Voir aussi
- Réalité
- Dissonance cognitive
- Attitude propositionnelle
- Pensée magique
Bibliographie
- Victor Brochard, [http://wikisource.org/wiki/De_la_croyance De la croyance]
- Gérald Bronner, L'empire des croyances, PUF, 2003
- David Papineau [http://www.kcl.ac.uk/ip/davidpapineau/Staff/Papineau/Papineau.html ], The roots of reason, Clarendon Press, Oxford, 2003
- Frank Ramsey, Vérité et probabilité, 1926, in Logique, philosophie et probabilités, Vrin, 2003
- Jérome Dokic, Pascal Engel, Ramsey: Vérité et Succès, PUF, 2001
- Richard Dawkins, Le Gène égoïste, 1976.
- Paul Diel, La Divinité, étude psychanalytique, PUF, 1949
- Emmanuel Anati, La Religion des Origines, Bayard Éditions, 1999 (Édition originale: La Religione delle Origini, 1995)
- Leon Festinger, A Theory of Cognitive Dissonance, Stanford University Press, 1957
Liens externes
- [http://www.zetetique.ldh.org/ Le Cercle Zététique]
Catégorie:Philosophiecatégorie:théorie de la connaissancecatégorie:Croyance
Dogme
ja:教義
Catégorie:Philosophie
Cinq sens du terme
1. Le mot dogme est d'origine philosophique puis devient religieux avec le christianisme hellénistique qui opère un syncrétisme entre les idées mises en avant par le mouvement de Jésus et le néo-platonisme héllénistique (Jacques Schlosser, Jésus de Nazareth, éd Noesis).
Voir l'article spécialisé : dogmes et doctrines.
2. Selon le Vocabulaire technique et critique de la philosophie (PUF) Lalande, le dogme se distingue de la doctrine (un enseignement) comme de l'analyse. Pour les chrétiens le seul enseignement ne devrait être que la parole de Dieu, puisqu'il n'y a pas d'enseignement humain possible (Thomas d'Aquin, De Magistro, De veritate). Le dogme est directement lié à la notion d'autorité :
- par son origine étymologique supposée : « décision politique d'un souverain ou d'une assemblée »
- par son sens philosophique : « opinion philosophique reconnue dans une école » autrement dit opinion admise entre gens reconnaissant la même autorité (celle qui produit la doctrine)
- par son sens théologique : « Doctrine reconnue par l'autorité d'une Église »
Un dogme (mot attesté en 1580, issu de latin ecclésiastique dogma, lui-même du grec δόγμα [dogma], « opinion ») crée donc du même mouvement une orthodoxie, associée à un pouvoir susceptible de faire respecter ses vues, et une hérésie.
Voir l'article spécialisé : Dogmes catholiques
3. Le terme a évolué vers tout enseignement mais en gardant la notion d'ensemble cohérent, voire vers tout ce qui s'affirme (en théologie, philosophie, voire en science où les termes théorie, principe ou hypothèse sont préférés, même si leurs auteurs scientifiques admettent, parfois avec difficulté, la remise en cause de leur découvertes). Néanmoins, une théorie scientifique ne comporte pas de jugement de valeur et repose sur des faits dûment observés et vérifiés, c'est l'interprétation de ces faits qui peut être sujette à caution.
4. Certaines croyances non religieuses sont souvent appelées dogmes, notamment en politique ou en philosophie. Cet usage est en général péjoratif et sous-entend que les gens soutenant une telle croyance le font par conformisme et sans critique. La science n'admet aucun dogme du fait que toute théorie scientifique est sujette à la critique, les axiomes de départ pouvant être remis en cause. De même, les dogmes sont rejetés par des écoles philosophiques comme le rationalisme et le scepticisme.
5. En biologie, concerne la réplication de l'ADN. Voir Central dogma
Cinéma
Ne pas confondre avec les films dits du Dogme qui font référence au Dogme95 lancé par Lars von Trier ou avec le film Dogma.
Sacré
Catégorie:Religion
Le Sacré est une notion permettant à un groupe ou une société humaine de créer une séparation binaire (l'opposé étant le Profane) spirituelle et/ou morale entre différents éléments qui la composent, la définissent ou la représentent (objets, actes, idées, valeurs...).
A l'origine, le terme est utilisé dans les groupes humains basés sur l'initiation ou la révélation pour en décrire les éléments constitutifs et fondateurs, ainsi que tout ce qui leur est relié (manifestations, organisations, etc.). Par exemple, dans la plupart des religions le Sacré désigne tout ce qui a trait au divin, à ses manifestations sur terre et au clergé qui organise son culte.
Cette notion est aujourd'hui utilisée de façon plus générale dans d'autres contextes: une nation peut définir comme sacrés ses principes fondateurs; une société peut définir comme sacrées certaines de ses valeurs; etc. Les anthropologues contemporains disent d'ailleurs que la notion de Sacré est trop floue pour pouvoir être utilisée dans l'étude des religions - même s'ils continuent à travailler dessus.
Les éléments du Sacré sont généralement considérés comme intouchables: leur manipulation, même en pensée, doit obeir à certains rituels bien définis. Ne pas respecter ces règles, voire agir à leur encontre, est généralement considéré comme un péché ou crime réel ou symbolique: c'est ce qu'on nomme un sacrilège. Le pire des sacrilège est la profanation, qui est défini comme l'introduction d'éléments profanes dans un enceinte sacrée (réelle ou symbolique).
Notons que la notion de « Sacré » ne se trouve pas dans toutes les sociétés.
Les choses sacrées sont celles que les interdits protègent et isolent, et les choses profanes étant celles auxquelles ces interdits s'appliquent et qui doivent rester à l'écart des premières.
La relation (ou l'opposition, l'ambivalence) entre Sacré et Profane est l'essence du fait religieux.
: Durkheim
"Ce qui est sacré c’est le respect de la vie. La spiritualité c’est le respect de l’essentiel : aimer la vie, aimer toutes les vies." Bruno San Marco.
Le terme est parfois utilisé par extension, éventuellement par des non-croyants, pour qualifier des valeurs qui paraissent essentielles à une civilisation (exemple : Le respect de la propriété est une chose sacrée, etc.).
Il apparaît en ce sens dans la Marseillaise :
Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs !
Pratique religieuseCatégorie:AnthropologieCatégorie:Religion
Un rite ou rituel est une répétition d'occasion et de forme, chargée de signification (action « symbolique »). Il n'est pas d'essence spontanée : au contraire, le rituel est réglé, fixé, codifié, et le respect de la règle garantit l'efficacité du rituel.
Opinions diverses
Les opinions sur les rites sont diverses.
: - Une mouvance dominante du catholicisme européen au tout début des années 1960 estimait que l'Église s'y était trop engluée et que les rituels en étaient venus à faire obstacle au message évangélique. Cette perception ne sera pas étrangère à la convocation, puis par la suite aux conclusions, du concile Vatican II.
: - La franc-maçonnerie estime que les rites structurent de façon importante tant la dimension humaine que la transmission des messages d'un groupe au fil du temps, et qu'ils marquent une certaine continuité entre les générations. Le bizutage est rattaché à ce type de raison.
: - Comme éthologue, Konrad Lorenz a étudié le rite comme une forme qu'une culture donne à l'agressivité individuelle de ses membres pour circonscrire ses effets désordonnés et indésirables et a-contrario valoriser sa contribution à la conservation du groupe.
Le rituel a en tout cas une dimension collective, car il marque la vie sociale et les périodes importantes d'une société. Il a aussi une dimension spatiotemporelle précise (à un certain lieu et à un moment précis) qui instaure une coupure entre temps quotidien et temps du rituel.
Rites initiatiques
Les rites de passage également nommés rites initiatiques accompagnent dans beaucoup de sociétés humaines les changements biologiques et sociaux d'un individu. Ces épreuves de passage de l'enfant à l'adulte dans les sociétés traditionnelles, revêtent des formes variées, le plus souvent dévolus aux garçons pour symboliser leur prise de rang parmi les hommes (cas des sociétés patriarcales).
Ils se font le plus souvent en trois étapes :
- séparation (l'individu est isolé du groupe),
- marge (moment où s'effectue l'efficacité du rituel, à l'écart du groupe),
- agrégation (retour dans le groupe).
Selon des auteurs comme Geoffrey Miller, Ian Steward et Jack Cohen, les rites initiatiques servent également à détecter ceux et celle qui ne sont pas suffisamment soumis au groupe pour les subir. Ces derniers sont alors conduits à chercher la protection d'un autre groupe (qui ne les pratique pas, ou sous une forme moins contraignante), épurant ainsi le groupe initial de ses éléments jugés peu sûrs. La circoncision est considérée par eux comme une forme socialement très importante de rite, car elle teste et met en exergue la soumission des parents plus encore que celle des enfants.
voir aussi
Articles connexes
- Anthropologie religieuse
Croyance
Dans son sens le plus courant, croyance est un terme qui s'applique à l'adoption, par un être conscient, d'une vision du monde qui n'est pas fournie par l'expérience ou la science, mais par les échanges entre divers individus ou par divers textes dogmatiques. Ainsi, La croyance est l'attitude de l'esprit qui affirme, selon des degrés plus ou moins grands de possibilité, la vérité ou la réalité d'une chose, sans pouvoir fournir de preuve, ni qu'il soit possible de pouvoir fournir la preuve de sa fausseté.
Par exemple, la réincarnation est une croyance, car personne ne peut dire quoi que ce soit au sujet de son existence. Il y a ceux qui pensent qu'elle existe, ceux qui pensent qu'elle n'existe pas, et ceux qui n'ont pas d'opinion. Aucune donnée de l'expérience ne peut modifier ces attitudes.
Sens général
Si l'on peut distinguer facilement l'utilisation du terme croyance pour désigner l'attitude vis à vis d'une divinité par exemple, d'une croyance relative à un fait de la vie courante (par exemple: «je crois qu'il fera beau demain», «je ne crois pas que les dauphins soient des poissons»), une recherche approfondie mène à la conclusion qu'il n'y a pas de frontière nette entre ces deux acceptions. Le phénomène de Croyance peut donc être traité dans son ensemble, mais aussi spécifiquement pour Les Croyances, relatives aux grand mythes, et pour La Croyance comme mécanisme psychologique régissant l'appréhension de la réalité par l'individu.
Croyance et science
La particularité d'une croyance est qu'elle n'est pas «testée» par l'individu qui y adhère, car elle est d'emblée considérée comme vraie et en adéquation avec la réalité ultime. La science, par contre, est bâtie sur l'expérience, le respect de la méthode scientifique, et constitue une unité grâce à une liaison et à une confrontation permanente de ses éléments. La science remet constamment en jeu son contenu et entretient un réseau cohérent de connaissances. Les théories scientifiques se constituent donc par un mécanisme totalement opposé aux croyances. La science peut s'opposer radicalement à telle ou telle croyance particulière, comme elle l'a fait par exemple en montrant que la terre tournait autour du soleil, alors que la croyance en cours disait l'inverse.
Mais le plus souvent, la science ne fait que reculer le champ d'application des croyances. Elle n'affirme rien de ce qu'elle ne connait pas, et ne prétend pas tout expliquer. Par exemple la vision scientifique de l'univers est en contradiction avec certaines croyances situant la création du monde il y a seulement quelques milliers d'années, mais ne donne aucun point de vue sur ce qui est au-delà du scénario qu'elle propose, ni même sur ce qu'«au delà» signifie. Elle laisse donc le champ ouvert à une infinité de croyances .
Croyances autoréalisatrices
Il existe des cas où une croyance induit la réalisation des prophéties qui en résultent. Cela peut s'observer par exemple en période de tensions internationales, lorsque des informations concernant la pénurie à venir de tel ou tel bien de consommation circulent . Même s'il n'y a pas de réel risque de pénurie, par exemple en sucre, l'approvisionnement massif de la population crée une réelle pénurie de sucre.
Cela peut s'observer aussi avec des individus superstitieux, dans le cas où un signe maléfique déstabilise suffisament la personne et lui fait adopter un comportement à risques.
Les Croyances
Croyances et religions
Les religions sont bâties sur un ensemble de croyances, et fonctionnent grâce à des dogmes, ou à des doctrines auxquels le croyant adhère. Le croyant est alors celui qui a la foi, c’est-à-dire se situe dans un état d'adhésion réfléchie et active aux éléments fondamentaux de sa religion. Les croyances fondamentales varient selon les religions. Selon Tylor, la croyance en une âme immatérielle et subsistant après la mort est à l'origine de toutes les religions, et constitue donc l'élément primordial. De même, Paul Diel présente dans La Divinité un enchaînement logique, sous l'angle psychalytique, reliant l'animisme au monothéisme, avec l'effroi métaphysique comme moteur principal. L'angoisse de la mort serait donc à la base de la croyance en une divinité. La paléoanthropologie situe l'apparition des rites funéraires dans les sociétés préhistoriques dés - 300 000 ans par des marques de rituels autour des morts, puis avec plus de détail avec des sépultures dès - 100 000 ans. Les concepts d‘âme et d‘au-delà seraient donc nés dans cet intervalle.
Les croyances relatives aux mythes, légendes et divinités sont alors des croyances secondaires sur lesquelles sont bâties les doctrines spécifiques de chaque religion, dont l'observation par les individus conditionne leur sort dans l'au-delà. Selon D'Holbach, seule la peur suscitée par les puissances imaginaires est responsable de l'attitude religieuse.
La part de chacune de ces croyances, âme, mythes, êtres divins, varie selon les religions. Par exemple, le Taoisme et le Bouddhisme ne nécessitent pas une croyance en un ou plusieurs Dieux, alors que dans les religions monothéistes, la croyance en Dieu est l'élément primordial. Dans tous les cas, cependant, la croyance que la conformation de l'individu à l'ordre des choses révélées par les mythes, ou aux révélations divines, conditionne ce qu'il advient de l'âme après la mort, constitue la base du fonctionnement de la religion et de l'application de ses dogmes.
L'athéisme est l'attitude qui exclue la croyance en l'existence de toute divinité.
Croyances et superstitions
La superstition est une attitude faisant intervenir la croyance que certaines pratiques ou faits observés sont en liaison avec un certain déroulement de l'avenir, sans qu'aucune explication de cause à effet ne soit donnée. L'individu superstitieux sortira d'une pièce si le nombre des individus qui s'y trouvent fait partie d'une liste de nombres qui, selon ses croyances, portent malheur.
Cependant, certaines superstitions peuvent découler de réels dangers, et contribuer à les éviter. Ainsi, un aspect maléfique et mystérieux peut être attribué à des montagnes inhospitalières, ou à des rivières dangereuses, car des individus n'en sont pas revenus sans qu'on connaisse les circonstances exactes de leur disparition. Ce type de superstition tend à disparaître avec la diminution des espaces inexplorés, mais était encore fréquent en France au XIX° siècle, par exemple vis-à-vis des canyons.
Évolution des croyances
Dans la lignée de sa formulation du darwinisme, basée sur fonctionnement autonome de réplicateurs (les gènes en biologie), le biologiste Richard Dawkins a émis l'hypothèse, en 1976, que des idées ou des comportements pouvaient suivre les lois de la Théorie de l'évolution. Dans cette conception, les réplicateurs, appelés mèmes, sont des unités d'information qui passent d'un individu à l'autre par la discussion et l'imitation. Les croyances seraient ainsi soumises aux principes de la sélection naturelle et évolueraient d'une façon plus ou moins autonome. La Mémétique est l'étude de ces phénomènes.
Croyances et Dissonance cognitive
Les croyances ont tenu une grande importance dans la psychologie expérimentale et notamment dans les travaux se situant dans la lignée de ceux de Festinger sur la Dissonance cognitive. Dans cette conception, toute information faisant partie d'un ensemble de croyances reliées entre elles et partagées par une communauté, comme le sont par exemple les divers éléments de croyance d'une religion, sont soumis aux principes de la dissonance cognitive, ainsi que tout élément cognitif nouveau soumis à un individu possédant ces croyances. Cela entraîne diverses conséquences:
- une situation d'inconfort de tout individu percevant la désapprobation des autres membres de sa communauté sur ses opinions,
- de grandes possibilités de perception erronée ou de mauvaise interprétation des informations, lorsqu'elles entraînent une dissonance avec les croyances d'un individu et que celles-ci ne sont pas modifiées par ces informations,
- une grande dépendance aux règles de la dissonance cognitive des tous les éléments cognitifs détachés de la réalité et non vérifiables, comme par exemple l'existence de l'âme ou d'esprits.
Festinger montre le rôle du support social dans le maintien des croyances à partir d'un fait divers dans lequel les membres d'une secte, basée sur la croyance en un "contact avec des êtres supérieurs", font une prévision relative à la survenue d'un "cataclysme" à une date précise, et à la "venue d'une soucoupe volante", évènements qui n'ont pas eu lieu à cette date. L'adhésion au "contact avec les êtres supérieurs" s'est maintenue dans un petit groupe de membres de la secte, dans lesquels les liens se sont renforcés, alors que les membres isolés ont abandonné leur croyances. Par la suite, le petit groupe s'est mis à faire du prosélytisme, afin de trouver dans l'environnement social un support nécessaire pour éviter une forte dissonnance cognitive avec l'échec avéré des prévisions.
La croyance
Croyance et réalité
Sans exception, bon gré, mal gré, tous, nous croyions a ou en quelque chose. Le terme « croire » est l’un des vocables le plus usité dans le monde, et, aux dires de certains, ce serait cette expression qui prévaut dans la marche du monde. Certes, tout à la fois nous sommes conscient et inconscient, mais ce que peu d’humains connaissent, c’est qu'en permanence notre cerveau nous induit dans l'erreur ou l'illusion en présentant à notre conscient une réalité qui coïncide avec ce que nous désirons voir, entendre ou écouter. Dans toutes les décisions que nous « croyons » ou plus exactement que nous « raisonnons » prendre selon notre libre-arbitre, la part du conscient est marginale.
Bien que la plupart du temps la croyance soit associée au mysticisme ou à la religion, elle fait constamment partie de notre réalité quotidienne personnelle et intime, dans chaque acte et geste de notre vie, dans ce qui semble le plus banal ou anodin. Le doute est le mécanisme qui, en chaque individu, remet en cause l'image que nous avons de la réalité. Comme il est fastidieux de remettre perpétuellement toutes nos connaissances en cause, nous agissons selon une approche plus ou moins fine de la réalité selon les besoins.
Par exemple, croire que le relief d'une région est immuable est largement suffisant à la plupart d'entre nous pour la vie quotidienne, alors qu'un géologue devra considérer le relief sous un angle dynamique.
Selon Ramsey, nos actions sont décidées selon une estimation de leur probabilités de réussite, elle mêmes estimées selon un degré de croyance envers les informations qui conduisent à cette action. Ainsi, toute information est susceptible d'une confiance graduelle, plutôt que d'une adhésion ou d'un rejet catégorique par un individu donné. Ramsey caractérise ainsi cette notion: «le degré d'une croyance est une propriété causale de cette croyance, que nous pouvons exprimer de façon vague comme la mesure dans laquelle nous sommes prêts à agir sur le fondement de cette croyance».
Au-delà de la décision d'action, basée sur un ensemble de croyances aux degrés plus ou moins élevés, Ramsey pose un principe de vérité de chacune de ces croyances, dépendant du succès de ces actions. Le Principe de Ramsey (Dokic, Engel, 2001) peut être énoncé ainsi: Les croyances vraies sont celles qui conduisent au succés de nos actions quelque soit le désir en jeu. Dans cette formulation, la notion de variation des possibilités d'application de la croyance (comme élément de décision d'action vis-à-vis d'un désir) est cruciale, car elle impose d'appliquer le Principe de Ramsey à un ensemble de situations (et non à une situation particulière), dans lesquelles une croyance déterminée sera impliquée dans des actions dont on pourra estimer le succès.
Citations
- « On pourrait caractériser ainsi la pensée religieuse: c'est la croyance qu'il existe un ordre de choses invisibles », W.James.
- « Le droit au rêve a pour pendant le devoir de vigilance », Henri Broch
Voir aussi
- Réalité
- Dissonance cognitive
- Attitude propositionnelle
- Pensée magique
Bibliographie
- Victor Brochard, [http://wikisource.org/wiki/De_la_croyance De la croyance]
- Gérald Bronner, L'empire des croyances, PUF, 2003
- David Papineau [http://www.kcl.ac.uk/ip/davidpapineau/Staff/Papineau/Papineau.html ], The roots of reason, Clarendon Press, Oxford, 2003
- Frank Ramsey, Vérité et probabilité, 1926, in Logique, philosophie et probabilités, Vrin, 2003
- Jérome Dokic, Pascal Engel, Ramsey: Vérité et Succès, PUF, 2001
- Richard Dawkins, Le Gène égoïste, 1976.
- Paul Diel, La Divinité, étude psychanalytique, PUF, 1949
- Emmanuel Anati, La Religion des Origines, Bayard Éditions, 1999 (Édition originale: La Religione delle Origini, 1995)
- Leon Festinger, A Theory of Cognitive Dissonance, Stanford University Press, 1957
Liens externes
- [http://www.zetetique.ldh.org/ Le Cercle Zététique]
Catégorie:Philosophiecatégorie:théorie de la connaissancecatégorie:Croyance
Foi
La foi est une manifestation de l'esprit dont l'étymologie provient du mot croyance.
Introduction
La foi est une manifestation de l'esprit, pour elle l'ordre de la création est dominé et a été conçu par des esprits ou des dieux qui se sont révélés à l'homme. À travers la foi, l’esprit de l’homme va rencontrer celui des forces créatrices de l’univers. L’homme atteindra la félicité lorsque ses pensées et ses actes seront en harmonie avec les volontés exprimées par les esprits ou les dieux. Dans les religions révélées, la foi est un don de Dieu. Dans le christianisme, c'est une des vertus théologales.
L'homme pense depuis les origines que sa présence dans l'univers a un sens. Il recherche dans les manifestations de la création des signes qu'il cherche à interpréter. Quelques représentants de groupes humains acquièrent et élaborent les connaissances qui donneront un sens aux évènements de la vie. La foi est une construction complexe de l'esprit, résultat d'un long parcours et de recherches personnelles et collectives.
La foi semble assez liée à la pensée humaine. Le phénomène de la foi est partagé par toutes les civilisations à l'exception de la plus ancienne de toutes, la Chine, dont le confucianisme se passse. Certaines sont; animistes; polythéiste ou monothéiste ou sans dieu comme le Bouddhisme. D’autres formes de foi sont possibles. L'athéisme, absence de foi dans une quelconque force extérieure à l'homme, est la « religion » qui a le plus progressé au XXème siècle.
De même que la culture est ce qui reste lorsque l'on a tout oublié, la foi est ce qui reste lorsque l'on a plus d'espoir.
Etymologie
Le mot foi dérive du latin fides, qui veut dire croyance, confiance.
La foi et les autres pensées humaines
Les champs de la pensé humaine sont vastes : politique, philosophie, arts, sciences, religions… sont autant de domaines dans lesquels l’homme excelle.
Politique et philosophie sont basés sur l’usage de la raison. La raison permet de faire des choix, de peser différents éléments avant de prendre des décisions. Elle intègre les expériences acquises au cours de la vie pour un individu ou de l'histoire pour une société. La subjectivité ou la foi sont prises en compte dans les démarches de la raison.
Les sciences sont un ensemble de disciplines particulières ; pour étudier des phénomènes elles doivent pouvoir les mesurer, les interpréter les reproduire et les manipuler. Par principe, la subjectivité, la foi sont hors du champ de la démarche scientifique. Les sciences permettent de comprendre l'aspect physique de l'univers et d'accroître les connaissances de l'homme.
Les arts sont des moyens d’expression. Les arts ont trouvé dans la foi de puissantes sources d’inspiration, ils sont largement utilisés à l’occasion de rites religieux, ils aident à l’élévation de l’âme.
La foi évolue avec la conscience et les connaissances qu'a l'homme de sa place dans l'univers. Historiquement les périodes de progrès dans la pensé humaine se sont toujours fait dans tout les domaines et en particulier dans la foi. La foi se nourri des progrès faits dans les autres domaines.
La foi à l'épreuve du doute
La foi s'appuie sur la croyance en des esprits ou de dieux invisibles qui se sont révélés à quelques rares sujets, parfois éloignés de nombreuses générations. Ceux-ci ont enseignés leurs expériences, qui ont ensuite été transmissent par des gens initiés de générations en générations. Les croyants n’ont donc quasiment jamais la preuve indubitable de la réalité de l’objet de leur foi. Le doute est donc une épreuve que chaque croyant pourra traverser plusieurs fois au cours de sa vie. Sortie de cette épreuve la foi est souvent fortifiée.
Les diverses fois à travers le monde
L'animisme
Le judaïsme
Le christianisme
Un peuple de témoins
Un chrétien dit "je crois en Dieu" et non "Dieu existe". La foi chrétienne prend sa source dans le témoignage des disciples et des apôtres de Jésus. Jésus n’a pas écrit ou dicté de loi destinée à la postérité; il n’a pas voulu laisser une œuvre de sa main. Jésus s’est entouré d’apôtres, qui l’ont accompagné pendant sa mission jusqu'à sa mort. Ceux-ci ont témoigné de sa résurrection, ainsi d'ailleurs que l'apôtre Paul qui n'en avait pas été témoin.
Quelques années après la mission de Jésus, on a regroupé les textes tournant autour de sa vie. Le contenu de certains les fit écarter comme simples légendes populaires, sans valeur d'enseignement religieux, sous le nom d'apocryphes. Quatre évangélistes ont été retenus comme source fiable des enseignements christiques. Parmi les quatre, deux étaient apôtres et témoins directs (Jean et Mathieu). Marc était simple disciple, mais accompagnait Jésus. Luc n’était pas un témoin direct de la vie et de l’enseignement de Jésus, mais a eu foi dans les récits qui lui ont été transmis.
Une partie des spécialistes pensent aujourd'hui que deux de ces quatre évangiles procèdent d'une source commune nommée source Q (de l'allemand Quelle, source).
Un croyant d’aujourd’hui base sa foi sur la confiance qu’il accorde aux témoignages qui ont été transmis générations après générations. Les mots foi et confiance sont indissociables.
Le christianisme est une religion fondée sur le témoignage et qui s'en réclame. "Je crois des témoins qui se font égorger", écrit Pascal. Il est de fait que si "mourir pour des idées" est fréquent, se laisser tuer volontairement pour attester d'un fait reste plus rare.
Le Mystère de la Sainte Trinité
Les chrétiens catholiques lorsqu’ils font le signe de la Croix disent: "Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.". Pour eux il s’agit d’un Mystère, le Mystère de la Sainte Trinité.
Ce Mystère, consiste en ceci : le Père est Dieu, le Fils est Dieu, et le Saint-Esprit est Dieu, et pourtant il n'y a pas trois dieux, mais un seul Dieu, qui est Père, Fils et Saint-Esprit. C'est le Mystère de la Trinité des Personnes en un seul Dieu.
Dans la création, lorsque deux objets sont mis en présence, il se créer entre eux une relation, une interaction, la plus simple est la force gravitationnelle c'est celle qui nous fait tenir sur terre. Ces interactions sont régies par les lois de la physique ou de la chimie, elles ont été figées au commencement du monde. Ces interactions permettent à l’univers d’exister dans la forme que nous lui connaissons.
Lorsque des êtres se rencontrent, il naît entre eux des relations. Contrairement aux objets ces relations sont le fruit de découvertes réciproques, de constructions, d’inventions, elles sont uniques, elles sont appelées à changer. Ainsi l’amour est le fruit de rencontres parfaites, il permet de construire un monde nouveau, il est la grâce créatrice que Dieu accorde aux hommes.
De l'unité parfaite entre Dieux le Père et Dieu le Fils naît l’Esprit-Saint. Dieu dans son amour immense, accorde sa confiance à l'homme, la responsabilité et la liberté de son destin. Pour guider ses pas vers Lui, il lui a transmis ses enseignements à travers les prophètes de l'Ancien Testament et ceux de Dieu le Fils dans le Nouveau Testament. L'Esprit-Saint est le soufle de Dieu envoyé pour guider l'homme dans ses parcours, ses actions et ses jugements, c'est la condition nécessaire à la liberté d' l'homme.
Définition de la foi selon la Bible
" La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas". Hébreux 11.1
Loin d’être une nébuleuse illusion de gens qui n’ont plus les pieds sur la terre, la foi est une tranquille confiance en un Dieu réel, tout-puissant et proche, quoiqu’invisible (v. 6, 27); elle est une merveilleuse assurance en son amour, en son salut, en sa Parole; elle est faite aussi de crainte respectueuse à l’égard de ses jugements (v. 7) et d’obéissance envers sa volonté. Romains 1.5; 15.18 "Le juste vivra par la foi" (1.17) et "sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu". Hébreux 11:6.
L'islam
Transcription : La Foi se dit Al-Imâne en arabe. Al-Imâne signifie littéralement : «Connaissance, Croyance et Conviction sans aucun doute possible». Al-Imâne est à la base de l'islam.
Al-Imâne
La Foi (Al-Imâne) dans l'islam est une conviction ferme, une exhortation à croire en Dieu, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Prophètes, au Jour Dernier, et à la Prédestination favorable ou défavorable. Al-Imâne est à la base de l'islam.
La profession de foi (cha'ada) tient lieu de premier pilier de l'islam. Elle consiste en une déclaration d'unicité de Dieu, et à la reconnaissance du prophète Muhammad comme envoyé de Dieu. Sa transcription est la suivante : "J'atteste qu'il n'y a d'autre divinité à part Dieu, et que Muhammad est Son Envoyé."
La foi musulmane repose donc, avant tout, sur la croyance ferme en l'unicité de Dieu. Le culte musulman est uniquement voué à Dieu. Dieu, l'Unique. Sans aucune forme d'association. Sans aucune forme d'idolatrie.
Outre la croyance ferme en l'unicité de Dieu, le musulman croit à la mission d'envoyé du prophète Muhammad (Paix et Salut sur Lui) et, partant, à la révélation du Coran qui lui a été faite.
Le musulman croit également aux prophètes antérieurs à l'islam, comme Jésus fils de Marie (appelé Issa - ou Issa ben Mariama pour souligner sa filiation à sa mère Marie (Mariama)), Moïse (appelé Moussa), Jonas (appelé Younouss), et Abraham (Ibrahima) qui est un modèle de piété pour le musulman.
Il croit aussi aux Anges, aux Livres révélés antérieurs au Coran, au Jour Dernier, et à la Prédestination favorable ou défavorable.
La croyance en Dieu
La croyance en Ses Anges
La croyance en Ses Livres
La croyance en Ses prophètes
La croyance au Jour Dernier
La croyance en la Prédestination
Le bouddhisme
Citation
«C’est le cœur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison.»
-- Blaise Pascal
«La foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas.»
-- Saint Paul, Épitre aux Hébreux, chapitre 11.
Voir aussi
- Croyance
- Dieu
- Raison
- Fanatisme
catégorie:religion catégorie:philosophie de la religion
SuperstitionCatégorie:Croyance
La superstition est la croyance qu'un événement aléatoire a une signification anthropocentrique. Autrement dit, il s'agit de perceptions d'intentions dans les choses. Lorsque nous croyons que ces intentions ne nous concernent pas personnellement, nous disons alors que l'événement se produit par hasard, laissant ainsi sous-entendre que chaque événement a sa raison d'être. Or dans cette perspective, l'opposition entre la superstition et la science apparaît comme ceci : pour la science, les choses sont déterminées et l'enfilade causale des événements est complètement dépourvue d'intention.
Superstitions populaires
- Le nombre treize (13). Il est dit qu'il porte malheur en référence au nombre de convives de la Cène et aux conséquences néfastes de ce repas.
- Une salière renversée
- Briser un miroir (7 ans de malheur)
- Croiser un chat noir
- Parapluie ouvert dans une pièce (à l'intérieur donc)
- Passer sous une échelle
- Présenter le pain à l'envers sur une table (attire le diable dans l'imaginaire breton)
Superstitions des corps de métier
Couture
- Se piquer un doigt avec l'aiguille (chaque doigt à une signification, et chaque main aussi)
- Faire tomber des ciseaux
Marine
- Lapin est un des nombreux mots "interdits" sur un bateau. La légende raconte que ces rongeurs sont à l'origine de naufrages car une fois échappés de leurs cages, ils grignotent l'étoupe, rendant la coque non étanche… Le nom de cet animal a été banni du vocabulaire marin ceux-ci préfèreront dire "pollop", "l'animal aux longues oreilles" ou "le cousin du lièvre".
Théâtre
- La couleur verte est réputée maléfique en France, mais c'est le violet en Italie et le jaune en Espagne. Plusieurs hypothèses ont été émises au sujet du vert : le costume de Judas, celui de Molière lors de son décès ou la couleur de l'oxyde de cuivre, colorant toxique utilisé jadis.
- Certains mots sont proscrits :
- « corde » en France, car on l'associe à celle qui sert à tirer la cloche pour saluer les morts ;
- « Macbeth » en Angleterre, dénommée la pièce écossaise.
Liens Externes
- [http://www.evene.fr/citations/theme/superstition.php Citations sur la superstition]
Voir aussi
- Loi de Murphy
Bibliographie
- Éloise Mozzani, Le Livre des superstitions (sous-titre : Mythes, croyances et légendes), Robert Laffont, collection Bouquins.
ja:迷信
ko:미신
th:ความเชื่อโชคลาง
Surnaturel simple:Supernatural
Surnaturel s'oppose à naturel, c'est-à-dire ce qui est saisissable par nos sens et par nos constructions abstraites. « Le » surnaturel définit des phénomènes qui se veulent réels, mais qui ne sont pas explicables scientifiquement, de par leur nature même.
Il existe trois cas de phénomènes surnaturels avérés :
- les subterfuges, c'est-à-dire, une volonté de cacher intentionnellement la vérité (c'est le cas de la magie exhibitionniste) ;
- la rationalisation de phénomènes surnaturels par des découvertes scientifiques (comme les aurores boréales qui ont longtemps été considérées comme des phénomènes surnaturels) ;
- les phénomènes non étudiés ou non expliqués, pour lesquelles le manque d'éléments concrets rend illégitime toute suprématie d'une théorie sur une autre.
Attention cependant à ne pas faire l'amalgame entre surnaturel et paranormal : les phénomènes paranormaux ne sont pas transcendants à la Nature, mais immanents à celle-ci, sauf qu'ils sont à côté de la norme (à cause de leur rarêté, ou en tant qu'anomalie). Ils sont donc étudiables scientifiquement et peuvent donner lieu à des théorisations concrètes dépendamment des critères épistémologiques en vigueur (ex: des phénomènes rares ne seront pas reproductibles à volonté ; des phénomènes impliquant l'affectivité humaine seront réfractaires aux conditions du laboratoire ; etc.)
Les phénomènes surnaturels non avérés, font partie soit du mythe, soit de l'occultisme, et leur théorisation appartient au domaine de l'ésotérisme.
Quelques phénomènes supposés surnaturels :
- les revenants,
- les miracles,
- les créatures fantastiques (Vampire, Loup-garou, etc.),
- les contacts avec l'au-delà,
- les anges et les démons,
- la réincarnation,
- les prophéties.
Quelques phénomènes paranormaux (à l'étude) :
- la magie (hors prestidigitation),
- la télépathie,
- la clairvoyance,
- la précognition,
- la psychokinèse,
- l'ectoplasmie,
- le poltergeist ou esprit frappeur.
Articles connexes
- Ésotérisme
- Occultisme
- Paranormal
- Parapsychologie
- Métapsychique
- pseudo-science
Catégorie:Fantastique
Liens externes
Nature zh-min-nan:Chū-jiân ko:자연 ms:Alam Semulajadi ja:自然 simple:Nature
Le mot a deux sens fondamentaux : la matière d'une chose (ce qu'elle est, son essence) et le devenir d'une chose dans sa spontanéité (libre d'une fin).
Dans l'usage courant, la nature est souvent déifiée en tant qu'elle manifesterait une volonté. Cette conception populaire a pris une emphase toute particulière depuis qu'il est possible de parler publiquement d'athéisme. En effet, l'époque Moderne, soit depuis Descartes, a conquis la liberté de pensée dont nous bénificions encore aujourd'hui, mais cette émancipation partielle de l'humanité n'a pas pour autant libéré les esprits de la superstition. Pour illustrer cette confusion régnante, force est de constater que même dans le matérialisme un fond de superstition est encore très présent (la déification de la raison, ou des cours de la bourse, par exemple). Le vocable de nature rassemble donc, aussi paradoxalement que cela puisse paraître, l'ensemble des forces surnaturelles.
La Nature est souvent décrite comme étant l'ensemble du réel, des êtres et des choses, qui constitue l'univers, le monde physique. La Nature peut comprendre l'univers, les phénomènes climatiques, les êtres vivants, les roches, ...
Pour certains, elle serait plus précisément l'ensemble du réel après abstraction des modifications apportées par l'homme, elles-mêmes qualifiées d'artificielles. La nature est en ce sens ce qui ne subit pas la mise en forme d'une finalité humaine technique. C'est dans cette optique qu'existent certains produits qualifiés de « naturels », leur production n'ayant pas nécessité de produits « inventés » par l'homme (par exemple un jus de fruit sera dit « naturel » lorsqu'il ne contient pas de conservateur). Cette distinction sous-entend une séparation entre l'homme et la nature quant à l'intention.
La nature définit également l'ensemble des caractères fondamentaux qui définissent la personnalité physique ou morale d'un être. En ce sens nature est synonyme d'essence.
Jusqu’au Moyen Age, l’idée de nature est associée à celle d’une transcendance divine, extérieure à l’homme. La nature est alors présentée comme un livre, elle est un accès à l’écriture. « Même le plus ignorant lit dans le monde » dit Saint Augustin. L’idée sous-jacente est que la nature ne fait rien au hasard, mais est sous un commandement divin.
Avec l’âge classique au 17ème siècle, on assiste à l’invention de la nature telle que nous la connaissons. Cette invention est le résultat d’une évolution de la sensibilité esthétique, et de l’extension des limites du monde connu, de la connaissance de l’histoire naturelle. Ce qui a fait dire à Merleau-Ponty que « le changement de l’idée de nature a permis sa découverte ». L’intervention divine devient plus abstraite, confinée au mystère de la foi. Descartes et Spinoza rejettent le finalisme divin (et aristotélicien) de la nature.
Le concept de l’homme naît au 18ème siècle. Il est donc tardif en occident, mais également inédit dans l’histoire du monde. Les sciences humaines n’héritent pas d’un domaine vacant car l’ « homme n’existait pas ». La notion de nature renvoie à l’idée d’un domaine ayant ses propres principes de développement, hors de l’action de l’homme. L’idée de nature n’est pas suffisante. Pour qu’il y ait dichotomie il faut qu’il y ait société. L’esquisse de ce dualisme se transforme avec l’avènement de la notion de culture.
La notion de culture recouvre deux sens. Le premier est issu de la Philosophie des Lumières et correspond à l’idée de civilisation. Dans ce sens, la culture est le trait distinctif de l’espèce humaine, associé à ses savoirs et savoir-faire. Le second est le sens allemand, émergeant sous l’influence du romantisme. La culture est la configuration particulière de croyances coutumières, traits matériels, organisations sociales… elle est une totalité singulière, une sphère autonome incommensurables avec d’autres totalités.
Dans les Mots et les Choses, Michel Foucault définit l’anthropologie comme l’étude des rapports entre la nature et la culture. Globalement on peut appréhender cette question en distinguant les anthropologies matérialistes et les anthropologies symbolistes.
Les anthropologies matérialistes s’intéressent aux fonctions structurantes de la vie matérielle. L’idée sous-jacente est que la nature est un déterminant de base : elle y est définie en terme ethnocentrique, comme étant le moteur de la vie sociale. On y trouve l’anthropologie marxiste des années 1970 en France, pour laquelle la nature est une donnée brute qui peut être appropriée ou transformée, et l’environnement naturel est une précondition de l’environnement économique. On trouve aussi la sociobiologie et l’écologie culturelle entre lesquelles on souligne un certain parallèle puisque pour les deux, la cause ultime des comportements revient au champ de la nature.
Dans tous les cas, pour les anthropologies matérialistes, la culture est une forme particulière d’adaptation à une nature qui serait partout un élément déterminant et conditionnant.
Les anthropologies symbolistes s’intéressent aux caractères symboliques de la vie sociale. Elles mettent l’accent sur les aptitudes des hommes à créer un monde de signification et d’intentionnalités dépendant des déterminations brutes de la nature.
Dans Anthropologie Structurale 2, Lévi-Strauss dit que l’anthropologie est la discipline qui pense la relation entre la nature et la culture. La dichotomie nature / culture soulevée L’opposition nature / culture suggère deux possibilités. Soit la culture est ce qui donne un sens à nature (la culture impose sa signification à la nature). Soit la nature détermine les rapports sociaux (la nature donne forme à la culture).
L’opposition nature / culture comme outil analytique
La dichotomie nature / culture utilisée comme outil analytique est en partie dérivée de Lévi-Strauss. Il l’a notamment utilisé comme opérateur central pour décoder les mythologies. Celui-ci a été reconnu pertinent par les ethnologues de ces sociétés amérindiennes. La mythologie retrace la construction de la nature sur un fond initial d’indifférenciation culturelle. (Ainsi dans les mythes amérindiens, au début les animaux et les hommes avaient la même apparence.). Chez Lévi-Strauss, l’opposition, là où elle est pertinente, c’est-à-dire dans les mythes, n’est qu’une façon de mettre une étiquette sur des contrastes.
L’écologie culturelle donne un crédit illimité à la nature. L’anthropologie structurale, à ce propos, n’oppose pas une forme d’idéalisme mais aussi un naturalisme, mais un naturalisme de principe. Lévi-Strauss n’a jamais vari dans l’idée que la nature conditionne les opérations intellectuelles, la nature devenant donc une construction empirique. L’étude naturaliste doit permettre de comprendre la structure des groupes culturels. Ce qui intéresse Lévi-Strauss est de rendre compte de la manière dont l’esprit opère dans des contextes culturels et géographiques distincts (ex : les Mythologiques). La mythologie révèle dans une forme épurée les opérations d’un esprit qui n’est plus condamné à mettre en ordre, mais qui peut « jouer » avec les règles de fonctionnement de la pensée.
Remise en cause de cette dichotomie
La dichotomie nature / culture est une spécificité culturelle occidentale récente, et qui ne fait pas sens partout. Ce paradigme n’est pas simplement un outil analytique parmi d’autres, il est aussi la clef de voûte de l’épistémologie moderne.
Ainsi Descola distingue trois « modes d’identification » qui sont le totémisme, l’animisme et le naturalisme. Seule la société naturaliste (occidentale) produit cette frontière entre soi et autrui à travers l’idée de « nature ». La nature serait ce qui ne relève pas de la culture, ce qui ne relève pas des traits distinctifs de l’espèce humaine, et des savoirs et savoir-faire humains.
Son usage comme outil analytique en ethnologie a parfois été fécond. Toutefois, et Philippe Descola l’a montré dans son anthropologie de la nature, l’idée de nature est étrangère a de nombreuses sociétés.
Voir aussi
- Organisation de protection de la nature
Catégorie:Philosophie
-
Catégorie:Métaphysique
ConceptOn nomme concept une idée abstraite et générale.
La notion de corpulence (rapport de la taille et du poids) constitue par exemple un concept.
Philosophie
On nomme concept une idée ou représentation de l'esprit qui abrège et résume une multiplicité d'objets empiriques ou mentaux par abstraction et généralisation de traits communs identifiables. Le processus est similaire à ce qu'on nomme en informatique une compression (éventuellement avec pertes : voir Sémantique générale).
- Il est dénoté dans le langage par un terme qui le désigne : le concept est nommé signifié, le terme le désignant est nommé signifiant.
- Il existe plusieurs conceptions relatives au statut d'existence du concept. Ce statut est central pour toute philosophie, non seulement dans le domaine de la connaissance (comment se forment les concepts ? le concept indique-t-il une essence ? etc.), mais également dans le domaine de la morale (peut-on prouver des lois de la morale d'après des concepts ? quelle est l'origine du concept de bien ? etc.).
- Voici les statuts conceptuels fondamentaux :
- idéalisme ou réalisme de l'intelligible ;
- réalisme proprement dit ;
- nominalisme ;
- empirisme ;
- concepts comme catégories de l'entendement : voir Kant
Psychologie
Les recherches en psychologie cognitive ont, depuis quelques dizaines d'années, levé une partie du voile sur le rapport des concepts à la connaissance, notamment à travers le langage (voir aussi psycholinguistique).
- Un concept est ainsi une information sur le monde qui est formée de l'association avec d'autres informations. Par exemple, le concept de « serin » cumulera au moins ceux de « jaune », « oiseau » et « petit » (voir réseaux de concepts en informatique, infra).
- Le concept recourent évidemment au langage mais sont associées à d'autres types d'informations, comme des odeurs ou des images.
- Des recherches récentes ont d'ailleurs démontré que des substrats neurologiques distincts existaient pour des concepts à référent matériel (ex.: arbre) et ceux à référent abstrait (ex.: hypothèse).
Jean-Pierre Changeux explique dans son livre L'homme neuronal que les concepts s'articulent d'abord sur des percepts, puis ensuite entre eux. Il rejoint là des idées émises en philosophie par Locke et Hume.
Sens étendu
Par extension donc, on désigne comme concept toute idée plus ou moins novatrice : la décoration tout comme l'idée commerciale de base, d'un commerce franchisé ; le design et la fonction d'un objet peut être désigné comme un concept.
Un concept car est un prototype de véhicule automobile conçu et réalisé par un constructeur pour tester et montrer des idées, sans forcément qu'il y ait une intention de production en série et de commercialisation par la suite.
Informatique
Dans le cadre d'un réseau de concepts (aussi nommé réseau sémantique), un concept est un ensemble de nœuds fortement liés et activés simultanément. Ainsi, lorsque des nœuds intitulés réseau, neurones, Widrow, Kohonen, et Hoff sont dans un réseau de concepts, on peut supposer qu'ils forment un concept différent de celui formé par Markov, caché, HMM, bien que le nœud réseau puisse aussi appartenir au concept réseau de Markov caché. Ceci à condition que le réseau de concepts ait été conçu dans l'optique d'associer des symboles conceptuellement proches.
300px
Autres acceptions
Un album concept (concept album) est un recueil de musique dont les morceaux et chansons, au lieu d'être indépendants, sont liés entre eux par un théme ou une histoire, comme par exemple les opéras rock.
Citations
- « de pareils instants, d'un seul mot prononcé en temps opportun dépend parfois toute une vie, mais les gens ne savent rien et ils s'écrasent les uns les autres – parfois au nom des idéaux – dans le marais de la réalité distordue, déformée par un filet de faux concepts jeté sur elle. La réalité laisse échapper sa quintessence sous l'influence des concepts. Mais c'est de la qualité de ceux-ci que dépend le fait qu'elle sera un poison ou la plus nutritive des vitamines. » (Stanislaw Ignacy Witkiewicz, L'Inassouvissement, Paris, L'Âge d'Homme, 1970, p. 69)
- « Former des concepts, c'est une manière de vivre et non de tuer la vie ; c'est une façon de vivre dans une relative mobilité et non pas une tentative pour immobiliser la vie ; c'est manifester, parmi ces milliards de vivants qui informent leur milieu et s'informent à partir de lui, une innovation qu'on jugera comme on voudra, infime ou considérable : un type bien particulier d'information. [...] au niveau le plus fondamental de la vie, les jeux du code et du décodage laissent place à un aléa qui, avant d'être maladie, déficit ou monstruosité, est quelque chose comme une perturbation dans le système informatif, quelque chose comme une « méprise ». À la limite, la vie – de là son caractère radical – c'est ce qui est capable d'erreur. [...] Et si on admet que le concept, c'est la réponse que la vie elle-même a donné à cet aléa, il faut convenir que l'erreur est la racine de ce qui fait la pensée humaine et son histoire. L'opposition du vrai et du faux, les valeurs qu'on prête à l'un et à l'autre, les effets de pouvoir que les différentes sociétés et les différentes institutions lient à ce partage, tout cela n'est peut-être que la réponse la plus tardive à cette possibilité d'erreur intrinsèque à la vie. » (Michel Foucault, « La vie : l'expérience et la science », Dits et écrits, t. 4, Paris, Gallimard, 1994, pp. 774-5)
Voir aussi
Articles connexes
- Abstraction
- catégorisation
- conceptualisme
- conscience
- idée
- langage
- percept
- processus cognitifs
Liens externes
- [http://www.biblioconcept.com/textes/concept.htm Qu'est-ce qu'un concept ? ]
Catégorie:Philosophie
Catégorie:Cognition
Catégorie:Sciences cognitives
ja:概念
Langage als:Sprache ja:言語 ko:언어 ms:Bahasa simple:Language tokipona:toki zh-cn:语言 zh-tw:語言
Catégorie:Linguistique Catégorie:Philosophie
Le langage est la faculté de mettre en œuvre un système de signes linguistiques (qui constituent la langue) permettant la communication et l'expression de la pensée. La linguistique est l'étude scientifique du langage.
Quelques questions sur le langage
On considère souvent le langage comme le moyen d'exprimer une idée ; il serait donc un instrument de la pensée. Il y a pourtant des cas où le langage semble nous dépasser : dans le cas du lapsus, nous disons autre chose que ce que nous voulons dire ; et dans le cas, s'il existe, où l'on parle pour ne rien dire.
Le langage n'est-il qu'un instrument de communication et d'expression ? Ne fait-il qu'exprimer une pensée ?
Cette problématique philosophique du langage concerne le statut métaphysique de la pensée : si la pensée préexiste au langage, il est possible de se passer de cette forme matérielle ; mais si la pensée ne peut se réduire au langage, alors ce dernier a un pouvoir spécifique, indépendant des autres facultés.
Ce problème de la liaison du langage et de la raison est lié également à la question de savoir si le langage révèle la nature spirituelle de l'Homme, si le langage est le propre de l'Homme.
Le langage humain
Les travaux de Karl von Frisch, zoologiste autrichien (1886-1982) ont permis de découvrir le « langage » des abeilles qui s'expriment par l'orientation de leur danse en 8. Ces travaux furent ensuite relayés par Émile Benveniste, linguiste, qui a établi que le langage animal était un « code de signaux ». Le langage humain présente des capacités qui le distinguent du langage animal.
Spécificités du langage humain
- La capacité à l'alternance : c'est ce qui permet un aller-retour entre les interlocuteurs dans une véritable communication à double sens. La différence est à soigneusement établir avec le langage animal dont les signaux émis unilatéralement déclenchent une réaction et non d'entrer en relation sur le mode du langage.
- La capacité à exprimer le possible et non seulement le réel présent. C'est la condition sine qua non de la capacité d'abstraction.
- La capacité à exprimer des liens logiques : elle permet que naisse l'argumentation.
- La capacité à exprimer la mémoire du passé : l'aboutissement le plus achevé de cette capacité est l'écriture, mais la transmission orale existait antérieurement, usant de cette même capacité.
- Chez les animaux, il s'agit d'un besoin : chez les humains « l'art de communiquer nos idées dépend moins des organes qui nous servent que d'une faculté propre à l'Homme, qui fait employer ses organes à cet usage » (Essai sur l'origine des langues, Jean-Jacques Rousseau). Ce n'est pas spécialement une aptitude physique qui donne aux Hommes le langage.
- L'Homme est « capable d'arranger ensemble diverses paroles et d'en composer un discours ». (René Descartes). C'est ce que le linguiste Martinet a nommé la double articulation. Avec un nombre fini de moyens (les phonèmes ou à l'écrit les graphèmes), l'Homme est capable de composer une infinité de discours.
- Le langage humain est acquis. Tandis que le langage animal est inné. En effet, l'Homme doit apprendre à parler : à 4-5 mois, il gazouille, à 10 mois, il connaît 3 ou 4 mots pour maîtriser l'usage de plus de 3000 mots vers 3 ans.
Critique de la spécificité du langage humain
L'Homme n'a pas possédé de tous temps un langage articulé ; dans ce cas, le langage ne permet pas de définir une nature spirituelle qui distinguerait l'Homme de l'animal. Ce qui n'empêche pas de rechercher ce qui particularise l'Homme.
Certains animaux comme certaines espèces d'oiseaux (par exemple l'oiseau Lyre) n'ont pas de langage propre, ils apprennent au contact de leur parents et plus largement au contact de leur milieu ce qui constituera leur « langue ». Dans une moindre mesure, des espèces comme les vervets apprennent au contact de leur congénères la signification de certains cris.
Les troubles du langage
Parmi les troubles répertoriés concernant le langage et la parole (rééduqués par l'orthophoniste), nous pouvons relever entre autres :
- l'aphasie ;
- la dysphasie ;
- l'anarthrie ;
- la dysarthrie ;
- la dyslalie ;
- la dyspraxie.
en revanche on peut trouver des animeaux qui parlent par le langage des hommes tel que le perroquet donc on peut dire que le langage de cet espèce est acquis (en quelque sorte)
Les rapports entre langage et pensée
La fonction du langage, dit-on, est dexprimer la pensée en la manifestant extérieurement. Il faut pourtant apporter à cette formule une précision importante, et même en souligner l'insuffisance. En effet :
- La pensée doit ici être entendue au sens conceptuel, voire rationnel : l'expérience a montré que les singes anthropoïdes peuvent accéder à une expression symbolique abstraite (utilisation du « langage des signes » des sourds-muets, manipulation de symboles abstraits), mais il n'a jamais pu être établi qu'un animal soit capable d'exprimer une idée, ni même un concept. En d'autres termes, certains animaux sont capables d'exprimer leurs besoins (la faim, la soif), leurs émotions (désirs ou craintes, tristesse ou joie...), mais aucun ne semble capable de porter un jugement liant des concepts. Cette précision rejoint la remarque déjà formulée par des philosophes. Par exemple, remarque Aristote, les animaux peuvent exprimer le plaisir ou la douleur, qui sont des sensations, non le juste et l'injuste, qui sont des idées (et c'est pourquoi l'Homme, et l'Homme seulement, est « un animal politique »). Selon Descartes, seul le langage (sous la forme de paroles articulées ou de tout autre système de signes équivalent) est capable de formuler des idées et de les communiquer à d'autres.
- La raison de ce lien privilégié entre pensée et langage est elle aussi exposée par des philosophes (Hobbes, Rousseau...) : le langage n'est pas simplement l'expression de la pensée ; il en est le point de départ et l'instrument : penser, c'est « se parler », se dire en quelque sorte des choses à soi-même. La pensée, disait déjà Platon, est « le dialogue de l'âme avec elle-même ». Et s'il est vrai que le langage, par lui-même, ne pense pas, il est néanmoins indispensable à la pensée et à son déploiement : s'il est vrai que le langage est l'expression de la pensée, il faut ajouter que la pensée est une parole intérieure.
Limites du langage
Une caractéristique importante du langage humain réside dans ce que de Saussure a nommé l'« arbitraire du signe » : il n'y a aucun lien motivé intrinsèquement entre le concept et la forme. Par exemple, la forme chien ne ressemble en rien à l'animal en question. L'arbitraire du signe permet donc une très grande économie dans le système lexical : une même forme peut être associée à différents concepts (homophonie ou homonymie) et à l'inverse un même concept peut être associé à différentes formes (synonymie).
Cependant, cette même caractéristique de l'arbitraire du signe qui confère une grande puissance au langage des humains introduit en même temps la possibilité d'énoncés ambigus dans le système. En effet, il faudra souvent se reférer au contexte de la situation de communication pour interpréter des formes comme bureau dans l'expression « le bureau de Paul », par exemple. S'agit-il ici d'un meuble, d'une pièce dans un immeuble ou d'une entreprise ?
Langage et réalité
Bibliographie
- Platon, Cratyle
- Aristote, De L'Interprétation
- Aristote, Les Politiques, Livre I
- Hobbes, Leviathan, I
- René Descartes, Discours de la méthode, V
- Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les Hommes
- Benvéniste, Problèmes de linguistique générale
Langages mathématiques et informatiques
On emploie également le mot langage pour désigner des systèmes d'instructions et de règles syntaxiques servant en particulier à la programmation informatique (voir langage informatique).
Voir aussi
- Linguistique
- Pensée
- Raison
- Enfants sauvages
- Orthophoniste
- Langage formel
- Technesthésie
Lien externe
- [http://djaphil.free.fr/langage.php Peut-on penser sans langage ?]
L'art
CultureCet article concerne la culture dans le sens "culturel". Pour d'autres significations, voir la page d'homonymie Culture (homonymie)
Le mot culture tire son origine du mot latin colere, (« habiter », « cultiver », ou « honorer »). En général, cela se réfère à l'activité humaine ; différentes définitions du mot culture reflètent les différentes théories pour comprendre, ou évaluer l'activité humaine. En 1952, Alfred Kroeber et Clyde Kluckhohn ont écrit une liste de plus de 200 différentes définitions du mot culture dans leur livre Culture: A Critical Review of Concepts and Definitions.
L'utilisation populaire du mot culture dans beaucoup de sociétés occidentales, permet de réaliser un classement de leur caractère. Une utilisation fréquente du mot culture fait référence à la consommation de biens ou à des activités considérées comme élitistes : la cuisine, l'art, et la | | |