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Signe Diacritique

Signe diacritique

Un (signe) diacritique (du grec διακριτικός diacritikós, « qui distingue ») est un signe placé sur (diacritique suscrit), sous (diacritique souscrit), dans ou travers (diacritique inscrit), après (diacritique adscrit), devant (diacritique prescrit) ou tout autour (diacritique circumscrit) d'un graphème pour :
- en modifier la valeur phonétique ;
- permettre une lecture plus précise (les diacritiques ne sont alors pas obligatoires) ;
- ou éviter une ambiguïté entre des homographes. Il existe aussi des lettres diacritiques, muettes et nécessairement écrites à côté de la lettre qu'elles modifient. Accessoirement, elles ont pu devenir un signe diacritique (cf. Umlaut et Rond en chef). Au même titre que les ligatures et que les lettres supplémentaires inventées après coup, l'ajout de diacritiques étend le nombre de graphèmes d'une écriture. Dans de nombreux cas, la lettre diacritée n'est pas considérée comme un graphème indépendant mais comme un allographe, c'est-à-dire une autre version écrite de la lettre simple. La lettre diacritée n'intervient alors pas dans le classement alphabétique. À titre d'exemple, l'accent aigu du français modifie la valeur phonétique d'un e, généralement prononcé [ǝ] (e« muet ») : é vaut alors [e]. L'accent grave sur un a, cependant, ne permet que de distinguer des homographes : la (article) ~ (adverbe de lieu), valant tous deux [la]. On ne considère cependant pas é et à comme des lettres indépendantes de e et a. Le français ne connaît pas de diacritique servant à affiner la lecture : ils sont tous obligatoires. Ce type-là existe en arabe, où les voyelles ne sont pas écrites ; dans les ouvrages didactiques ou religieux, on peut les noter sous forme de diacritiques. La fatḥa, un trait légèrement oblique suscrit, sert à indiquer la présence d'une voyelle [a] : le mot عدل se lit ʿadl (‘adl) mais se translittère ʿdl. Pour en préciser la lecture, on peut ajouter une fatḥa : عَدل. Chaque écriture a pu développer ses propres diacritiques :
- diacritiques de l'alphabet latin (celui-ci servant aussi à la romanisation, c'est l'alphabet qui connaît le plus de signes diacritiques) :
  - cf. aussi diacritiques de l'alphabet vietnamien (quôc ngu),
  - les diacritiques utilisés en français, leur utilisation et les règles d'emplois, sont traités à part ;
- diacritiques de l'alphabet grec ;
- diacritiques de l'alphabet cyrillique ;
- diacritiques de l'alphabet arabe ;
- diacritiques de l'alphabet hébreu ;
- diacritiques de la devanâgarî ;
- diacritiques des syllabaires japonais ;
- diacritiques de l'alphabet tibétain.

Articles connexes


- lettre diacritique ;
- lettres supplémentaires ;
- écriture ;
- ligature ;
- typographie.
-
als:Diakritisches Zeichen ja:ダイアクリティカルマーク zh-min-nan:Phiat-im hû-hō

Graphème

Le graphème est l'unité fondamentale d'une écriture donnée ; le mot est composé sur le modèle de phonème. Selon le type d'écriture, le graphème se réalise visuellement et phonétiquement de diverses manières. Voici un modèle théorique :
- alphabets : un graphème = une lettre (ou un digramme, un trigramme) = un phonème ;
- syllabaires : un graphème = une syllabe ;
- alphasyllabaire : un graphème = une consonne et une voyelle ou un phonème seul ;
- abjad : un graphème = une lettre = une consonne ;
- écriture logographique : un graphème = un caractère = une idée, un mot, un morphème, un composé idéo-phonétique, etc. On peut appliquer, pour savoir si un caractère est un graphème ou non, le même test que pour les sons, à savoir celui des paires minimales :
- en français, et sont des graphèmes car « sa » et « ce » s'opposent ;
- <a> et
ne sont pas des graphèmes car « sa » ne s'oppose ni à « sa » ni à « sa ». Ce sont donc des variantes libres ;
- en revanche,
n'est pas le seul graphème associable au phonème /a/ (de car) ; en effet, par exemple, le mot rouennais (habitant de Rouen) se prononce /rwanε/ et le phonème /a/ y est représenté par le digramme . Le graphème représente dans notre écriture actuelle au moins deux sons : la nasale /ɑ̃/ et la voyelle /a/. Parmi les variantes non pertinentes des graphèmes, on compte principalement des variations de mise en forme (gras, italique, etc.), des variantes contextuelles et des variantes conjointes. De plus, pour qu'une suite de lettres (dans les alphabets) forme un graphème (digramme, trigramme), il faut que cette combinaison soit reliée à un phonème identifiable : par exemple, et n'est pas un graphème en français car et se réalise de manières différentes, [e], [εt], et ne note pas un phonème unique, au contraire de au qui vaut dans la majorité des cas [o]. Catégorie:Linguistique

Consulter aussi


- Écriture.

Homographe

ja:同音異義語 Le terme d'homonymie qualifie un rapport d'identité phonétique (homophonie), graphique (homographie) ou les deux (homonymie parfaite) entre deux ou plusieurs mots d'une langue donnée et qui exclut l'identité sémantique. Des mots liés par un tel rapport sont des homonymes.

Exemples en français

Homophonie


- Mètre, mettre et maître ;
- sot,saut, sceau et seau ;
- vers, ver, verre, vert et vair ;
- mer, mère et maire ;
- krach, krak, crac et crack auxquels on peut ajouter crash trop souvent confondu avec krach.

Homographie


- Le vent est à lest ;
- Tu
as trois as dans la main ;
- Les poules du
couvent couvent.

Homonymie parfaite


- Le
mousse a de la mousse sur les mains.
- Une livre de pain, un livre de rhétorique. :On pourrait dire de ces homonymes qu'ils ne sont que « quasi-parfaits » car ils n'ont pas le même genre grammatical.

Voir aussi

Articles connexes


- ;
- Poème holorime (composé d'homonymes)

Résolution des cas d'homonymie dans le titre des articles Wikipédia


- Voir : Aide:Homonymie
- Toutes les pages d'homonymie de Wikipédia catégorie:Lexicologie
-


Umlaut

En phonétique, le processus d'umlaut (de l'allemand um-, « autour, transformation » + Laut, « son »), ou métaphonie (terme grec de même sens ; ne pas confondre avec le paronyme métatonie) ou encore inflexion, désigne le changement de timbre d'une voyelle à la suite de l'amuïssement d'une autre voyelle dans une syllabe suivante. La voyelle altérée garde pour ainsi dire une trace de la voyelle disparue en récupérant une de ses caractéristiques. C'est un type complexe de dilation. Cette modification phonétique doit être distingué d'un changement de voyelle indiquant une différence de fonction grammaticale, appelé alternance vocalique (ou ablaut), comme dans la conjugaison du verbe irrégulier anglais « chanter » sing / sang / sung. L'ablaut est apparu en indo-européen, tandis que l'umlaut est apparu plus tardivement. Ces termes sont parfois utilisés aussi pour des changements similaires dans d'autres familles linguistiques.

En allemand

Fonctionnement de la métaphonie

Le cas est surtout connu pour l'allemand. Dans cette langue, les voyelles /a/, /i/, /o/ et /u/ infléchies par la métaphonie subissent une palatalisation ou une augmentation de leur aperture. L'environnement conditionnant d'origine était la présence d'un /i/ ou d'un /j/, phonèmes palataux, dans la syllabe suivante, phonème qui s'est amuï en laissant son caractère palatal à la voyelle précédente, ou d'un /a/, voyelle ouverte qui, en disparaissant, ouvre à son tour la voyelle précédente. Après que l'umlaut a acquis un rôle grammatical, son usage s'est étendu par analogie. Les métaphonies historiques se sont déroulées en trois phases, durant la période du vieil haut allemand au moyen haut allemand inclus (de la fin du VIIIe au XIVe siècle). Voici quelques exemples de métaphonies :
- en vieil haut allemand, Gast, « hôte », faisait son pluriel en Gesti. Le changement de timbre de la voyelle radicale indique qu'il y a bien eu métaphonie et que la voyelle finale s'était amuïe ou était en passe de le faire. C'est une métaphonie par /i/. Actuellement, on écrit Gast / Gäste ;
- inversement, on trouve helphan, « aider », en vieil haut allemand, issu d'un radical
- hilp-
(présent en gotique) dont la voyelle a subi l'inflexion par /a/ et s'est ouverte. Actuellement, le verbe est devenu helfen, qu'on peut comparer à Hilfe, « aide », nom qui n'a pas subit l'inflexion. La métaphonie n'est, dans le cas de /i/ devenu /e/, pas notée par un diacritique. Noter que le e de Gesti et celui de helphan ne sont pas identiques : ceci explique pourquoi, actuellement, on écrit le premier ä [ε] et le second e [e] ou [ε]. Au final, les métaphonies sont les suivantes (la notation suit l'API) :
- /a... i/ → /ε... i/ ;
- /i... a/ → /e... a/ ;
- /u... i/ → /y... i/ ;
- /u... a/ → // ;
- // → /œ... i/.

Notation des voyelles infléchies

Le mot umlaut est aussi utilisé, à tort pour certains, pour désigner la marque diacritique composée de deux petits points placés au-dessus d'une voyelle pour indiquer la métaphonie. La même marque sert pour noter le tréma dans d'autres langues, comme en français ou en catalan. Dans la typographie allemande, cependant, il n'est pas rare que les voyelles infléchies ne portent pas un signe comparable au tréma mais plutôt au double accent aigu. Par exemple, dans la Grammaire allemande de Maurice Bouchez (éditions Belin) les voyelles infléchies sont écrites , ő et ű. L'origine de ce symbole graphique est un e diacritique écrit derrière la voyelle concernée qui s'est ensuite suscrit (tracé au-dessus de la voyelle) puis simplifié en deux points. Les graphies anciennes en écriture gothique puis Fraktur et Sütterlinschrift permettent de mieux comprendre un tel processus de simplification : les lettres sont en effet plus raides et angulaires et le e peut se réduire à deux traits verticaux plus ou moins reliés par le haut, ce qu'il est devenu dans la Sütterlinschrift. Du reste, la marque d'umlaut en Sütterlinschrift est clairement un petit e suscrit, ce qui montre combien l'origine du diacritique est restée longtemps évidente aux Allemands et explique pourquoi la confusion avec un tréma était encore impossible. Le tableau suivant montre les caractères en Sütterlinschrift et Antiqua (variante « normale » de l'alphabet latin) : Ce e ne s'est écrit qu'après les voyelles a, o et u. La métaphonie de /i/ en /e/ n'a pas besoin d'être notée par cet artifice : la lettre e suffit. Par exemple, le nom Mann /man/, « homme », devient au pluriel Männer /'mεnər/. Les voyelles qui peuvent, en allemand, subir la métaphonie sont les suivantes :
- a /a/ → ä /ε/ (è de père) ;
- o /o/ → ö /œ/ (eu de peur ou eu de peu) ;
- u /u/ (ou de cou) → ü /y/ (u de su). En Suisse alémanique, les umlauts sont souvent imprimés sous la forme de digrammes, soit ae, oe, ue. C'est une orthographe archaïsante.

Dans d'autres langues

L'orthographe allemande a inspirée d'autres langues qui n'ont pas toujours de rapport génétique. Les lettres à umlaut du hongrois, du turc, de l'azéri et d'autres sont ö et ü, dont la prononciation est similaire à celles de l'allemand (à noter aussi qu'en hongrois, il existe même un « umlaut long », c'est-à-dire un double accent aigu permettant d'obtenir ő et ű en regard de ö et ü). On note l'absence de ä. En finnois, en estonien, dans les langues sames, dans certaines langues scandinaves (islandais et suédois), des caractères d'aspect et de prononciation similaire aux lettres à umlaut allemandes (ä, ö, ü) sont utilisés mais considérés comme des lettres indépendantes et sont traitées à part dans l'ordre alphabétique, où elles apparaissent en fin de liste. En dehors des langues germaniques (allemand et langues scandinaves), les voyelles à tréma ne servent pas à marquer des variations grammaticales ni lexicales, et utiliser le terme dumlaut pour les désigner est impropre. Il vaut mieux, dans ce cas, parler d'un tréma.

Codage des voyelles à umlaut

À l'édition, quand les umlauts ne sont pas disponibles, ils sont remplacés par la voyelle sous-jacente suivie d'un
e. Cette modification est parfaitement appropriée à l'allemand, car il n'y a aucun autre cas où on utilisera une voyelle suivie d'un e, sauf quelques mots importés d'autres langues, comme Citroen. En HTML, l'entité nommée les représentant sera notée &?uml; (la lettre de base suivie de uml). Toutes les voyelles à umlaut, ainsi que le ß (eszett, autre caractère typique de l'allemand, inclus ici pour référence), font partie du jeu de caractère ISO 8859-1 et possèdent le même point de code dans ce jeu et en Unicode. Voir la table suivante :

Métaphonie anglaise

L'anglais, langue germanique, a conservé certaines de ces modifications à travers des pluriels irréguliers comme
man / men, tooth / teeth, goose / geese, etc., bien qu'il ait perdu les suffixes qui les provoquaient à l'origine. L'orthographe et la prononciation en portent encore la marquent. On nomme cette métaphonie i-mutation ou first vowel shift (« première bascule des voyelles »). Elle s'est déroulée en vieil anglais, au . Par exemple, pour le couple foot / feet, on fait remonter ces formes aux étymons suivants
- fōt au singulier,
- fōt-iz au pluriel, soient foot / feet actuellement. L'orthographe montre que ce mot est passé par les réalisations suivantes :
- singulier :

- fōt → /fūt/ (fermeture de la voyelle) → actuellement /fŭt/ (abrègement de la voyelle) ;
- pluriel :

- fōt-iz → /fētiz/ (métaphonie de /o/ par /i/) → /fēt/ (amuïssement de la désinence) → actuellement /fīt/ (fermeture de la voyelle). Cette métaphonie se rencontre aussi dans la dérivation lexicale et permet de comprendre pourquoi un mot comme blood (« sang ») est lié au même radical que bleed (« saigner »).

Articles connexes


- Eszett ;
- tréma ;
- diacritiques de l'alphabet latin. Catégorie:Diacritique de l'alphabet latin Catégorie:Linguistique Catégorie:Phonétique ja:ウムラウト


Rond en chef

ja:リング符号 Catégorie:Diacritique de l'alphabet latin Catégorie:Diacritique de l'alphabet latin Le rond en chef est un diacritique de l'alphabet latin. Dans les principales langues qui l'utilisent, langues scandinaves et tchèque, c'est une ancienne ligature abréviative, le ° remplaçant respectivement un a et un o suscrit. Il s'utilise principalement, pour les langues à écriture latine en :

Suédois

:Åå [] Le rond en chef est utilisé depuis le Moyen Âge dans l'écriture des langues scandinaves. C'est en fait une ancienne abréviation devenue une ligature pour deux a à la suite. C'est pour cette raison que la lettre å scandinave n'est pas considérée comme une lettre diacritée mais un graphème à part, classé, en suédois, après z. Cette lettre représente, historiquement, le phonème /a/ long des autres langues germaniques : on peut s'en rendre compte en comparant le mot pour « chevelure » :
- suédois hår [] ;
- allemand et néerlandais Haar / haar [], []. En raison de l'isochronisme, le même phonème peut devenir bref : åtta [], « huit ». La lettre est aussi utilisée en finnois, dans les mots empruntés au suédois. Enfin, c'est, en capitale, le symbole pour l'angström. Unicode prévoit pour ce symbole un caractère indépendant de la lettre suédoise, Å, codé U+2128.

Danois et norvégien

:Åå [] Le danois et le norvégien ont historiquement utilisé le å de la même manière qu'en suédois mais l'ont remplacé par le digramme archaïsant aa, par contamination avec l'orthographe allemande (où l'on écrira, par exemple, Aachen). En 1917 pour le norvégien et 1948 pour le danois, la lettre a été de nouveau introduite dans l'orthographe, remplaçant aa. Par exemple en norvégien : hår [], « chevelure » et åtta [], « huit ». Les noms propres n'ont cependant pas tous été touchés, au choix des personnes concernées le cas échéant et dans le respect de la tradition pour les toponymes. Actuellement, certains noms propres ont donc deux orthographes : Kierkegaard ou Kierkegård. Dans ces deux langues, å (ou aa) est classé à la fin de l'alphabet, après z, æ et ø.

Tchèque et lituanien

Le rond en chef est également utilisé sur la voyelle u en tchèque pour noter un /u/ long, prononcé [uː], comme dans stůl [stuːl] (« table »). On ne peut le trouver à l'initiale d'un mot, auquel cas seul ú [uː] est possible. Ce diacritique, nommé kroužek, a été ajouté au siècle aux lettres diacritées de Jan Hus, inventeur ou importateur des autres diacritiques du tchèque (comme le point suscrit devenu le háček et l'accent aigu). C'est à l'origine une abréviation pour la diphtongue [uo] (et l'on reconnaît bien un o suscrit au u), laquelle a évolué en [uː] et s'est confondue avec les autres /u/ longs, écrits ú. L'orthographe est donc ici conservatrice. Le lituanien, dont l'orthographe a parfois calqué le modèle tchèque (d'où la présence du háček, et, surtout, du point suscrit de Jan Hus pour ė), a utilisé pour sa diphtongue uo la lettre ů, comme en tchèque. Elle est maintenant simplement écrite uo. Ainsi, le mot pour « pain » s'écrivait důna, il s'écrit maintenant duona [duona].

Wallon et picard

Le wallon utilise le rond en chef sur la voyelle a dans son orthographe rifondou walon (« wallon unifié »). C'est un archigraphème qui sera lu différemment selon la variété de wallon que l'on parle. Cette lettre est aussi utilisée en orthographe non unifiée dans la plupart des parlers de la région liégeoise. Elle a été introduite dans l'orthographe par le système de transcription analytico-phonétic Feller (du nom de son inventeur, Jules Feller) au début du XX siècle, pour noter un son [] (entre [] de âme et [] de peau, similaire à celui noté par cette lettre en danois), présent dans certains parlers de la région de Hesbaye. Assez vite cependant, elle a été adoptée pour le wallon de Liège (qui prononce []) ainsi que dans l'usage courant de nombre de parlers wallons proches du liégeois (même ceux prononçant []). Lorsque, dans les années 1990, le besoin d'une orthographe commune à la langue wallonne dans son ensemble s'est fait sentir, la lettre å, déjà largement utilisée dans la région de Liège avec plusieurs prononciations possibles, a été naturellement reprise. Ainsi un mot come påsse (« pâte ») est-il prononcé [], [] ou []. Dans des graphies non unifiées, on a aussi, suivant la prononciation : pâsse, pôsse, pausse. L'orthographe normalisée a introduit å dans quelques rares mots où la prononciation [oː] est inexistante à Liège (et donc des mots qui ne s'écrivaient pas avec å), come wåfe (« gaufre »), prononcé [waf] à Liège même mais [] ou [] ailleurs (les graphies non unifiées pouvant être : wafe, waufe, aufe, wôfe', ôfe). Dans le parler du chestrolais, les voyelles an et on (/a/ et /o/ nasalisés) se confondent en une prononciation intermediaire entre [] et [], qui est parfois notée ån en graphie localisée ; par exemple : djåndu (djondou, « touché, joint »), Djån (Djan, « Jean »). Les graphies an ou on, suivant les mots, sont utilisées en orthographe normalisée. Certains auteurs ont aussi employé un e rond en chef () dans des graphies localisées pour le son [] (schwa) des parlers du Brabant wallon. La notation la plus courante est cependant ë, parfois aussi ù ou eu selon les auteurs. En orthographe normalisée c'est i ; par exemple : pëtët (pitit, « petit »). Le picard, dans certaines orthographes (Lévèque-Braillon ou Feller), utilise le même archigraphème pour des raisons similaires : cåt [], [] ou [], « chat ». On peut aussi écrire cat.

Alphabet phonétique international

Le rond en chef n'est utilisé que comme variante esthétique du rond souscrit dans l'alphabet phonétique international, pour indiquer le dévoisement d'une consonne dont le symbole possède une hampe descendante : on écrira [] plutôt que [].

Autres écritures


- En arabe, il existe un diacritique de forme similaire, le
sukūn (consulter Diacritiques de l'alphabet arabe) ;
- dans les syllabaires japonais (kana), hiragana et katakana, on utilise un rond suscrit et décalé vers la droite du graphème, le
handakuten (consulter Diacritiques des syllabaires japonais) .

Articles connexes


- Diacritiques de l'alphabet latin ;
- rond souscrit ;
- diacritiques ;
- alphabet latin.


Ligature (typographie)

Ligatures typographiques anciennes Catégorie:Imprimerie Une ligature est la fusion de deux graphèmes d’une écriture pour n’en former qu’un seul nouveau, considéré ou non comme un caractère per se (à part entière). La ligature peut donner naissance à un digramme. Dans une écriture bicamérale, un digramme lié se distinguera d’un digramme simple par la majusculisation : si les deux caractères doivent être en majuscule capitale et le reste en bas-de-casse, c’est bien une ligature. Sinon, c’est un digramme simple (par exemple : IJsselmeer en néerlandais mais Château en français). La ligature est donc un des procédés possibles d’enrichissement du stock de graphèmes d’une langue. Il existe deux types principaux de ligatures :
- les ligatures esthétiques, qui sont optionnelles et ne s’utilisent que pour améliorer la lisibilité d’un document typographié ;
- les ligatures linguistiques, qui sont obligatoires. Les ligatures sont parfois anciennes et peuvent tenir à la nécessité du gain de place sur un matériau (pierre, marbre, papyrus, parchemin, etc.) qui coûte cher. En Europe, les manuscrits médiévaux sont riches d’abréviations de natures diverses, parmi lesquelles de nombreuses ligatures. Il serait cependant faux de ne voir dans la ligature qu’une question d’économie : certaines sont purement esthétiques et ne font gagner aucune place. Il existe d’autre part des caractères qui sont d’anciennes ligatures, esthétiques ou non, mais ne sont plus sentis comme tel :
- la ligature linguistique dite eszett, soit ß, provient d’une ligature esthétique entre un s long suivi d’un s rond (le s long étant une ancienne variante contextuelle de s) ou d’un z. Utilisée dans plusieurs langues d’Europe, elle ne se rencontre maintenant plus qu’en allemand ;
- l’esperluette, &, est à l’origine une ligature esthétique de et servant d’abréviation. Elle est devenue un véritable logogramme, au même titre que les chiffres dits « arabes » : selon sa langue, on la lira et, y, and ou encore und ;
- l’arobase, @, remonte à la graphie onciale de la préposition latine ad liée pour servir d’abréviation Enfin, on nomme, improprement, ligatures le fait que les caractères d’une écriture s’adaptent selon leur place dans le mot. On préférera à ce terme celui de variante contextuelle, qui constitue un article séparé. De même, surtout dans les semi-syllabaires indiens, les consonnes se modifient selon qu’elles portent ou non une voyelle. Il semble plus pertinent de traiter ce sujet séparément, dans l’article lettre conjointe.

Ligatures esthétiques

Alphabet latin

lettre conjointe N’étant pas obligatoires, elles sont surtout utilisées dans la production de documents d’abord manuscrits (elles sont fréquentes dans les manuscrits médiévaux, soit comme abréviations soit pour des raisons purement décoratives) puis imprimés, pour améliorer la lisibilité d’un texte ou simplement l’agrémenter. Dans le premier cas, surtout en imprimerie, il s’agit de réduire nombre de collisions inesthétiques entre certains caractères. Les plus courantes portent sur les lettres f et s long (variante contextuelle de s) suivis de i et l. Le point du i ou la hampe du l entrent en collision après le f ou le s long, à moins qu’on ne les espace. Du temps de l’imprimerie au plomb, les collisions entre ces caractères pouvaient d’ailleurs entraîner leur rupture (c’est pourquoi on les appelle aussi ligatures techniques). Il faut noter qu’en allemand l’utilisation des ligatures esthétique se doit de respecter des contraintes morphologiques : en effet, les germanophones n’utilisent les ligatures en f que si les deux lettres appartiennent au même radical du mot. Des ligatures du type de ct ne sont pas liées à des problèmes de collision entre caractères : elles sont purement esthétiques et, sûrement, imitent la graphie manuscrite cursive. De toutes ces ligatures, seule celle du s long suivi d’un s rond a acquis le statut de graphème : c’est le eszett (ß) allemand. Enfin, dans les textes latins imprimés, on emploie volontiers, ce que ne faisaient pas les Romains de l’Antiquité, les ligatures œ et æ. Leur utilisation ressortit surtout à la composition soignée. La Fraktur allemande comprenait de nombreuses ligatures, surtout dans sa variante manuscrite, tracées d’un seul mouvement, parmi lesquelles : ch, ck, st, ss / sz (tracées toutes deux ß et tz).

Alphabet arabe

Fraktur L’alphabet arabe connaît des ligatures esthétiques. Celles-ci sont optionnelles et se rencontrent surtout dans des compositions soignées. Ces ligatures ne doivent pas être confondues avec les variantes contextuelles ou la ligature linguistique lâm ’alif, (voir plus bas) lesquelles sont toutes deux obligatoires. Voici ci-contre quelques ligatures possibles. Rappelons que l’arabe s’écrit de droite à gauche ; dans le tableau, les ligatures concernent, dans l’ordre, les lettres lâm, mîm et nûn formant ligature avec un jîm. Pour des raisons de lisibilité, on a ajouté un mîm final, qui ne fait pas partie de la ligature.

Alphabet cyrillique

[En préparation]

Alphabet grec

L'alphabet grec possède un certains nombre de ligatures, lesquelles ne sont maintenant plus utilisées ou rarement. La première que l’on peut citer est un caractère similaire à l’esperluette mais bien moins fréquent en grec imprimé que celle-là ne l’est dans l’alphabet latin. C’est une ligature ancienne (ce qui est contesté par certains grammatologues) et d’usage fréquent dans les textes papyrologiques et médiévaux pour la conjonction de coordination καὶ kaì, « et », soit ϗ (en image, le caractère étant rarement inclus dans les polices : Image:Ligature_grecque_kai.png). La ligature est devenue un signe d’abréviation au même titre que le & latin. Il faut noter que la forme actuelle de l’abréviation remonte à sa variante hellénistique : au cours de siècles, elle en était venue à prendre des tracés très différents. Cette ligature n’est quasiment pas utilisée dans l’impression : elle ressortit surtout aux usages informels et manuscrits. Les autres ligatures, d’emploi fréquent dans les textes médiévaux, sont généralement sorties des usages au cours du , période à laquelle cet alphabet a acquis sa forme quasi définitive.

Alphabet arménien

[En préparation]

Ligatures linguistiques

Bien différentes des premières, elles sont obligatoires et normalisées. De telles ligatures sont de deux natures différentes :
- soit elles donnent naissance à un nouveau graphème et leur apparition n’est pas prévisible ;
- soit elles sont considérées comme une variante obligatoire, sont prévisibles mais ne donnent pas naissance à un nouveau graphème.

Ligatures comme graphèmes

Œ

Le français (qui semble être la seule langue à le faire) connaît une telle ligature, la lettre Œ / œ, dite « e dans lo ». Il n’est pas possible de la considérer comme la réunion esthétique des deux lettres oe car son utilisation dépend entièrement de l’étymologie du mot et ne peut être considérée ni optionnelle ni systématique. Il faut considérer séparément, pour des raisons historiques, deux types de mots contenant un œ :
- les mots d’emprunt savants à orthographe étymologisante ;
- les mots hérités anciens.
Dans les mots empruntés au latin
Il existe un assez grand nombre de mots empruntés principalement au latin et prenant un
œ, qu’on ne peut prononcer que comme une voyelle unique, en l’occurrence /e/ (de blé ; cela entraîne donc la prononciation /s/ de c). C’est bien un digramme, que l’on doit opposer à la rencontre de o et e dans un mot comme coexistence. Voici quelques exemples de ces mots savants ou empruntés :
-
cœlacanthe /selakɑ̃t/ ;
-
œnologie /enɔlɔʒi/ ;
-
Œdipe /edip/ (rappelons que la ligature, en capitale, se trace Œ et non OE, ou Oe, ce qui confirme son statut de graphème unique) ;
-
fœtus /fetys/ (dans ce mot, c'est une erreur car le mot latin ancien est fētus ; la graphie avec œ est postérieure au et s'explique par hypercorrection : en effet, à cette époque, œ et ē se prononçaient à l'identique), etc. Dans une prononciation courante, certains mots sont prononcés avec /ø/ (de feu) : c’est le cas pour œnologie et Œdipe. Cet usage est considéré fautif. Il est pourtant très fréquent (œsophage est plus souvent entendu avec /ø/ que /e/). Étymologiquement, ces mots remontent le plus souvent à la diphtongue latine œ, qui se prononçait /oe/ ou, plus probablement, /oj/. À partir du II siècle de notre ère, elles s’est monophtonguée en /e/, ce dont attestent des termes comme économie, fétide ou peine, qui proviennent du latin œconomia, fœtidus et pœna. Le maintien d’une graphie en œ prouve que les mots contenant la ligature sont des emprunts relativement récents ; leur orthographe est donc étymologisante. Pour l’anecdote, la diphtongue latine œ peut, c’est le cas dans œconomia, représenter la diphtongue grecque οι oi dans des emprunts au grec : οἰκονομία oikonomía. La notation au moyen du digramme lié œ est ancienne : les typographes français, citant des mots latins, ont respecté l’orthographe de l’époque, qui prévoyait la ligature. Du reste, les mots n’étaient pas forcément sentis comme français. Aux premiers temps, œ n’était donc pas une lettre française.
Dans les mots hérités
Les mots qu’on dit
hérités sont ceux qui constituent le fonds lexical proprement français provenant d’un état antérieur de la langue. Il existait en moyen français nombre de mots se prononçant avec un /ø/ (dans feu). La notation de ce phonème était flottante depuis l’époque médiévale : eu, oe, oeu ou ue (euvre, oevre, œuvre, uevre pour l’actuel œuvre). L’une des graphies retenues, et normalisée plus tard par l’Académie française, a consisté à se servir de oeu, écrit parfois avec la ligature à l’imitation de la diphtongue latine œ. On trouve ainsi pour le même mot œuvre, au (notons que la distinction entre u et v n’était pas encore faite, les lettres étant senties comme des variantes contextuelles :
-
oeuure chez Étienne Dolet dans La maniere de bien traduire d’une langue en aultre : d’aduantage de la punctuation de la langue Francoyse, plus des accents d’ycelle de 1540 ;
-
œuvre chez Thomas Sébillet dans son Art pöétique François pour l’instruction dés ieunes studieus, & et encor peu avancéz en la Pöésie Françoise de 1548 ;
- mais…
euuvres chez Louise Labé dans l’édition de ses œuvres de 1556 (remarquons tout de même que la typographie de cette édition laisse à désirer par un certain manque de cohérence ; on en voit d’autres exemples dans Cédille). La graphie ne se fixe sur œu avec la ligature (et œi pour le mot œil) qu’au . Les mots concernés proviennent de mots latins qui contenaient un o (sororsœur, opusœuvre, oculusœil, bosbœuf, etc.). Pourtant, des mots comme peuple (latin populus) ou meuble (latin mobilis) n’ont pas été concernés et sont restés sur eu. On avance souvent comme argument justifiant le maintien de cette ligature dans l’orthographe la volonté de garder la proximité entre mots issus d’un même radical latin : ainsi, le œ de sœur rappelle le o de sororal, celui d’œuvre le ou d’ouvrier, ouvrage, ouvrable, tandis que bœuf reste lié à bouvier, cœur à cordial, mœurs à moral, vœu à vouer, œuf à ovaire, ove, oval, etc. L’argument est spécieux en ce sens qu’on devrait dans ce cas écrire pœuple car populaire ou encore mœuble car mobilier, sœul car solitude, etc. On le voit : l’utilisation de ce digramme est arbitraire et ne se justifie pas. On avance aussi que la notation du phonème /œ/ au moyen de la ligature a permis d’éviter nombre d’homonymies fréquentes depuis le Moyen Âge jusqu’au : eu pouvait en effet se lire /y/ ou /œ/, comme dans seur, dont on distingue maintenant sœur de sûr  (pour le passage de eu à û, consulter Accent circonflexe en français). C’est encore une fois, du moins actuellement, un argument spécieux : les mots dans lesquels eu devait se lire /y/ ont tous, à l’exception des formes en eu du verbe avoir (participe passsé eu(e)(s) et passé simple eus, eut, eûmes, eûtes, eurent) été réécrits en û ou u au (ainsi veuvu, seursûr, etc.). En conclusion, vu que œu et eu notent le même phonème et que la distinction entre les deux graphies est tout artificielle, il convient de reconnaître que tous deux sont des digrammes (ou des trigrammes si l’on compte deux caractères pour œ), c’est-à-dire des groupes de deux lettres servant à noter un unique phonème. On ne peut donc pas écrire oeu à la place dœu dans les mots qui réclament la ligature car oe n’est pas un digramme mais une suite de voyelles et l’on ne peut jamais substituer œ à oe. Les deux graphies n’ont donc aucun rapport et doivent être différenciées.
Autres cas
Dans de rares mots d’emprunt à l’allemand, œ français représente un ö (o umlaut). On prononce comme en allemand : lœss /løs/, rœsti /ʁøsti/ (rösti est aussi attesté). Il faut noter que l’utilisation de la ligature ne se justifie pas : en effet, si le o umlaut allemand remonte bien à oe et s’il est parfois encore écrit ainsi, il n’est, dans les pays germanophones, jamais lié au e. D’ailleurs, un mot comme foehn /føn/, emprunté à l’allemand, n’est pas proposé sous la graphie
- fœhn
par le Petit Robert (édition électronique de 2001), lequel écrit pourtant bien lœss et rœsti. Il y a là un manque de cohérence patent.
Œ n’est pas OE
Par opposition à ces mots en œ, il en existe d’autres dans lesquels o et e se suivent naturellement et sont prononcés différemment : coexistence /kɔɛgzistɑ̃s/, moelleux /mwalø/, coercitif /kɔɛʁsitif/, etc. En conclusion, il n’est pas possible d’affirmer que le digramme lié œ n’est pas un graphème unique car son emploi n’est pas prévisible. Pourtant, il n’a pas de place particulière dans le classement alphabétique : on le confond avec les mots en oe, à la manière des autres digrammes (ch, ge, gn, etc.). Notes :
- à part dans de rares documents, les Romains n’ont pas utilisé la ligature œ pour noter leur diphtongue (on trouve quelques ligatures Œ en fin de ligne dans la quadrata). L’usage d’une ligature s’est développé, d’abord sporadiquement, dans des textes médiévaux puis, plus souvent, dans des éditions postérieures de textes latins, sous l’influence de la prononciation monophtonguée ; en sorte, la ligature œ est déjà fréquente dans les éditions imprimées de textes latins ou pour les mots sentis comme latins avant qu’elle ne soit utilisée dans certains mots français pour noter /œ/ et non /e/ (c’est d’ailleurs particulièrement visible au ) ;
- en API, le symbole /œ/ note la voyelle mi-ouverte labialisée de peur. Il existe une petite capitale, /ɶ/, représentant une voyelle ouverte labialisée qui s’entend en allemand d’Autriche dans un mot comme Seil, « corde », prononcé /sɶː/ (d’après le Handbook of the IPA, Cambridge University Press).
Consulter aussi Œ.

Æ

Autre ligature célèbre, Æ / æ se rencontre principalement en islandais, danois et norvégien. C’est un graphème unique, qui, en islandais, représente une diphtongue : /ai/ (bref ou long). En danois et norvégien, c’est une voyelle simple, respectivement /ɛ/ ou /e/ (bref ou long) et /æ/ (bref ou long). Dans ces trois langues, elle est classée séparément, en tant que lettre individuelle dans l’ordre alphabétique, à la suite de þ en islandais, de y en danois et norvégien. C’est un emprunt à une ligature d’abord apparue en vieil anglais au pour noter le son /æ/ de cat (entre /a/ et /ɛ/) : les scribes anglais, en effet, ne pouvaient pas, avec les seules lettre latines, écrire ce son absent du latin. Cette ligature, que l’on a nommée ash d’après le nom de la rune servant au même phonème, a donc permis d’accroître le stock de graphèmes. En français, quelques rares mots savants (ou expressions latines lexicalisées se servent de æ, prononcé /e/ (comme œ, du reste) :
- cæcum /sekɔm/ ;
- (ad vitam) æternam /etɛʁnam/ ;
- (curriculum) vitæ /vite/ ;
- ex æquo /ɛgzeko/ ;
- et cætera /ɛt setera/ (c'est une graphie concurrente det cetera, issue, comme fœtus, d'une hypercorrection), etc.
- Le prénom Lætitia, d'origine latine. Dans ces mots, la ligature représente étymologiquement l’ancienne diphtongue latine
æ, prononcée /ae/ ou /ai/, qui s’est monophtonguée en /e/ au IIe siècle de notre ère. Le développement est le même que pour œ : de nombreux mots français utilisent é là où on trouvait æ en latin : sévir (sævir), cécité (cæcitas), pénitence (pænitentia). Seulement, les emprunts savants avec æ sont plus rares. Comme pour œ, toujours, æ latin peut provenir d’une ancienne diphtongue αι ai grecque dans des mots d’emprunt à cette langue : παιδαγωγία paidagôgíapædagogiapédagogie. Bien que relativement rare, la ligature æ peut ne pas être confondue avec la suite de lettres ae, présente dans des mots comme paella. Il convient donc, dans une composition typographique soignée, de bien différencier les deux. Elle n’a cependant pas de place particulière dans l’ordre alphabétique : on la classe en même temps que les mots en ae, à la manière des autres digrammes (ch, ge, gn, etc.). On voit donc bien que cette ligature n’est donc pas réellement linguistique en français. Elle est presque purement esthétique et s’utilise surtout dans les textes latins tels que présentés actuellement. Elle devrait être évitée pour les pluriels du type supernova / supernovæ : en effet, ce terme est lexicalisé depuis assez longtemps pour que l’on se passe d’un pluriel latin. De fait, supernovas est bien plus cohérent. Notes :
- à part dans de rares documents, les Romains n’ont pas utilisé la ligature
æ pour noter leur diphtongue (elle apparaît cependant un peu plus souvent que Œ dans la quadrata en fin de ligne). Cet usage s’est surtout développé, d’abord sporadiquement, dans des textes médiévaux puis, plus souvent, dans des éditions postérieures de textes latins, sous l’influence de la prononciation monophtonguée. Comme æ n’a servi, pour le français, que dans quelques rares mots empruntés au latin, son introduction dans l’orthographe française est antérieure à celle du œ français de bœuf ;
- en API, le symbole [æ] note la voyelle de l’anglais
cat.
Consulter aussi Æ.

IJ

C’est en néerlandais que
IJ / ij forme une ligature au statut de graphème, qui sert à noter la diphtongue /ɛi/ (ou /ə/ en position atone). À la différence du digramme ei de même valeur phonétique actuellement (ce qui n’a pas été toujours le cas), ij est bien une ligature, ce que l’on peut constater par les règles de majusculisation : il convient en effet d’écrire IJsselmeer et non
- Ijsselmeer, alors qu’on ne mettra en majuscule que la première lettre de ei, « œuf » : Ei. Le ij note à l’origine, en moyen néerlandais (dès avant le ), un i long. La lettre j étant à l’époque une variante du i, on peut considérer le ij comme un double i. C’est donc à l’origine un digramme qui prend plus tard le statut de ligature. Écrite à la main de manière cursive, celle-ci prend la forme d’un ÿ. En afrikaans, l’évolution graphique s’est poursuivie et on écrit simplement y (mais dans aucun des cas on n’utilisera la lettre ÿ en remplacement de ij dans un texte dactylographié ou imprimé). D’un digramme, on est donc passé par l’intermédiaire de la ligature à une lettre simple se confondant avec la lettre y déjà présente. On peut comparer cette évolution avec celle du digramme uu (voir plus bas). Notons qu’en lituanien moderne, le i long est noté par la lettre y, provenant également d’une ligature ij. Consulter aussi IJ.

W

Bien qu’aujourd’hui ce graphème soit une lettre simple, c’est bien, historiquement, une ancienne ligature, d’où son nom, « double
v ». La réunion de deux v (ou de deux u puisqu’il faut attendre le pour que l’on commence à distinguer v et u, la première étant normalement une capitale, la seconde une minuscule) semble être une invention des scribes médiévaux anglais, lesquels n’avaient pas de graphème pour noter le /w/ de leur langue (le vieil anglais, en l’occurrence). En effet, u servait déjà à la voyelle /u/ (on remarque que les Romains n’ont pas eu ces scrupules puisque /u/ et /w/ s’écrivaient dans leur langue au moyen de la même lettre, V). Pour pallier cette lacune, les scribes anglais se sont d’abord servi, au , d’un digramme uu (voire de u seul). Cependant, au , c’est la lettre ƿ (wynn, wyn ou wen ; elle est issue de la rune ᚹ, de même valeur phonétique) qui s’est imposée. Au , les scribes normands (après les victoires de Guillaume le Conquérant) ont réintroduit le digramme uu sous une forme ligaturée : la lettre w était née (noter au passage que w se dit, en anglais, double u). La ligature viendrait donc d’Europe continentale. On la trouve en effet au Moyen Âge dans les manuscrits picards-wallons (à noter qu’en wallon aussi la lettre est nommée doubludouble u). La lettre ƿ, plus fréquente en vieil anglais que w, n’a cependant cessé d’être employée en moyen anglais qu’au , définitivement remplacée par w. Actuellement, on utilise même w à la place de ƿ dans la transcription traditionnelle.

Ligatures non graphémiques

L’exemple le plus probant de ce type de ligature se rencontre dans l’alphabet arabe. Outre ses nombreuses variantes contextuelles, il connaît en effet une ligature linguistique, donc obligatoire, qui ne conduit pas à la création d’une nouvelle lettre. Il s’agit de la ligature
lâm ’alif : quand la lettre lâm est suivi d’un ’alif, l’ensemble doit nécessairement s’écrire avec la ligature et non les variantes contextuelles attendues. Pourtant, cette ligature ne constitue pas une lettre. Dans le tableau ci-dessous, la seconde ligne montre un exemple de tracé incorrect au moyen de la variante contextuelle. Seul le premier tracé est admis (rappelons que l’arabe se lit de droite à gauche, soit respectivement : lâm + ’alifrésultat) :
image:Ligature_arabe_lam_alif.png
D’autres ligatures existaient, ou existent encore dans des compositions typographiques soignées. Elles ne sont cependant pas obligatoires mais seulement esthétiques (voir plus haut).

Informatique

Les ordinateurs propres aux utilisateurs francophones ne possèdent qu’une seule ligature accessible au clavier, l’esperluette. Les ligatures linguistiques sont accessibles comme caractères spéciaux. Seuls les Mac proposent les ligatures en
et dans le codage Mac Roman. En HTML, les ligatures les plus courantes s’obtiennent comme suit :
- &oelig; → œ ;
- &OElig; → Œ ;
- &aelig; → æ ;
- &AElig; → Æ ;
- &szlig; → ß ;
- &#64257; → fi ;
- &amp; → &.

Liens internes


- Æ, œ, &, ß ;
- typographie, écriture ;
- variante contextuelle, lettre conjointe ;
- lettres supplémentaires de l'alphabet latin, lettres supplémentaires de l'alphabet grec ;
- classement alphabétique ;
- diacritique.

Lien externe


- [http://www.orbitals.com/self/ligature/ligature.htm Un site en anglais consacré à une police ligaturée] (fonctionne avec une macro Word).


Classement alphabétique

Le classement alphabétique (ou ordre alphabétique) est une façon d'ordonner des lettres ou des mots selon l'organisation d'un alphabet donné. D'une manière plus formelle, ce terme désigne deux notions distinctes d'ancienneté différente :
- La première est le classement des caractères d'un système d'écriture dans un ordre défini pour une langue donnée. Elle était déjà connue dans l'Antiquité.
- La seconde consiste à généraliser ce classement à des mots de plusieurs lettres.

Principes

Le principe fondamental consiste à comparer deux mots, caractère par caractère. Si les n premiers caractères sont identiques, on prend le suivant. Si le n-ième caractère diffère, l'ordre est établi. Si le mot est fini, le mot est considéré comme venant en premier. Il convient donc pour classer correctement de connaître :
- l'ordre dans lequel sont classées les lettres d'un alphabet donné, ordre qui dépend de règles historiques différant d'une langue à l'autre même si elles utilisent un alphabet très proche ;
- l'existence de graphèmes complexes (ligatures, digrammes) à prendre en compte (dans une langue, tel digramme comptera pour une lettre et aura son rang, dans telle autre, non).

Exemples


- ami, balance, butin, calin La ligature œ (ou e dans l'o) est à considérer en français comme un o suivi d'un e (deux caractères) pour le classement alphabétique, alors que oe et œ ont deux rôles entièrement distincts en français :
- moelle, mœurs
- coefficient, cœur, coexistence En première analyse les caractères accentués, de même que les majuscules, ont le même rang alphabétique que le caractère fondamental :
- Marx, marxisme
- règlement, réglementaire
- rebelle, rébellion Si plusieurs mots ont le même rang alphabétique, on tâche de les distinguer entre eux grâce aux majuscules et aux accents (pour le e, on a l'ordre e, é, è, ê) :
- calvados, Calvados
- légitime, légitimé
- pécher, pêcher Ce double classement (sans puis avec les accents) donne au final :
- légitime, légitimé, légitimes, légitimés À noter que la comparaison des caractères accentués se fait alors à l'envers en commençant par la dernière lettre :
- élève, élevé

Ordre alphabétique dans d'autres langues

Parmi les langues utilisant l'alphabet latin, l'ordre alphabétique peut différer :
- En allemand, les umlaut (« Ä », « Ö », « Ü ») sont généralement traitées comme les lettres sans umlaut, mais il arrive pour les listes de noms qu'on les considère comme les combinaisons « Ae », « Oe » et « Ue ». « ß » est généralement ordonné comme « Ss ».
- En suédois, « w » est perçu comme une variante de « V » et pas comme une lettre distincte. L'alphabet suédois utilise de plus trois voyelles considérées comme distinctes et placées à la fin : « Å », « Ä » et « Ö ». Les même conventions sont utilisées en finlandais.
- En danois et en norvégien, l'alphabet se termine par « Æ », « Ø » et « Å ». Cette dernière lettre est parfois assimilée à « Aa ».
- Le féringien possède plusieurs lettres supplémentaires : « Á », « Ð », « Í », « Ó », « Ú », « Ý », « Æ » et « Ø ». Les consonnes « C », « Q », « W », « X » et « Z » ne sont pas employées. Par conséquence, l'ordre alphabétique féringien diffère légèrement de l'ordre traditionnel de l'alphabet latin : A Á B D Ð E F G H I Í J K L M N O Ó P R S T U Ú V Y Ý Æ Ø.
- En espagnol, l'ordre préconisé par l'Académie royale espagnole jusqu'en 1997 considérait « CH » et « LL » comme des lettres distinctes, placées respectivement après « C » et « L ». Depuis 1997, l'Académie a adopté l'usage conventionnel de les placer après « CG » et « LK ». En revanche, « Ñ » est toujours classé après « N ».
- Le gallois possède des règles plus complexes : les combinaisons « CH », « DD », « FF », « NG », « LL », « PH » et « TH » sont parfois considérées comme des lettres uniques, ordonnées après le premier graphème de la combinaison, à l'exception de « NG », classé après « G ». Cependant, ces combinaisons ne sont pas toujours considérées comme des lettres uniques : par exemple, le gallois classe ainsi les mots suivants : LAWR, LWCUS, LLONG, LLOM, LLONGYFARCH. Le dernier de ces mots, qui juxtapose « LLON » et « GYFARCH », n'utilise pas la lettre « NG ».
- En néerlandais, la combinaison « IJ » était précédemment soit considérée comme « Y », soit classée après celle-ci, mais est à l'heure actuelle le plus souvent classées entre « II » et « IK », sauf pour les noms propres.
- En islandais, « Ð » suit « D » et « Þ » est ajoutée à la fin de l'alphabet.
- En polonais, « Ą » suit « A », « Ć » suit « C », « Ę » suit « E », « Ł » suit « L », « Ń » suit « N », « Ó » suit « O », « Ś » suit « S », « Ź » et « Ż » suivent « Z ».
- En tchèque et slovaque, les voyelles accentuées (« Á », « É », « Í », « Ó », « Ô », « Ú », « Ů » et « Ý ») ainsi que certaines consonnes présentant un háček (« Ď », « Ň » et « Ť ») sont considérées comme leur homographe non accentuée; si deux mots diffèrent d'un accent sur une voyelle, la mot accentué est placé après. « Č », « Ř », « Š » et « Ž » sont considérées comme des lettres distinctes et placées après leur homographe sans háček. De plus, « CH » est considérée comme une lettre à part entière, située entre « H » et « I ». En slovaque, « DZ » et « DŽ » sont placées entre « Ď » et « E ».
- En esperanto, les lettres accentuées (« Ĉ », « Ĝ », « Ĥ », « Ĵ », « Ŝ » et « Ŭ ») sont des lettres distinctes, placées après les versions non accentuées.
- En roumain, les lettres accentuées (« Ă », « Â », « Î », « Ş » et « Ţ ») sont des lettres distinctes, placées après les versions non accentuées.
- En tatar, « ä » est considéré comme « a », « ö » comme « o », « ü » comme « u », « í » comme « i » et « ı » comme « e ». « Ş » est associée à « SH », « Ç » à « CH », « Ñ » à « NG » et « Ğ » à « GH ».
- En croate, serbe et d'autres langues slaves du sud, « Č » et « Ć » suivent « C », « DŽ » et « Đ » suivent « D », « NJ » suit « N », « Š » suit « S » et « Ž » clot l'alphabet.
- En filipino, « NG » et « Ñ » sont des lettres distinctes.

Origines et histoire

Les documents archéologiques semblent indiquer que les lettres des différents alphabets ont toujours été enseignées dans un même ordre - propre à chaque alphabet -, peut-être pour des raisons mnémotechniques. L'ordre des lettres établi par l'alphabet linéaire et l'alphabet phénicien, par exemple, a été plus ou moins conservé par les alphabets qui en sont dérivés. L'ordre alphabétique appliqué au classement des mots est un tout autre concept et son utilisation n'est pas évidente, même lorsque le classement des lettres d'un alphabet fait l'objet d'un consensus. Les écritures alphabétiques, syllabiques ou alphasyllabiques du monde dotées d'une histoire ancienne ont toutes établi un classement de leurs graphèmes, tâche facilitée par le nombre réduit de signes. Les écritures logographiques, quant à elles, devant le nombre important de caractères, n'ont pu suivre de règles simples. On trouve ainsi de nombreuses manières de classer les sinogrammes (cf. Dictionnaires de sinogrammes).

Ordre levantin

Le premier ordre alphabétique, déjà très proche du nôtre, est attesté à la fin de l'âge du bronze, avec le premier alphabet sémitique, celui d'Ougarit, un abjad cunéiforme. Il s'est poursuivi dans un autre abjad sans lien pour la forme mais lié linguistiquement, celui du phénicien, d'où sont issus les principaux alphabets actuels : alphabet grec et ses avatars (alphabet gotique, cyrillique, latin en passant par l'étrusque), mais aussi alphabet araméen, syriaque, hébreu, arabe, etc. C'est celui qui, maintenant l'un des plus célèbres, est désigné par le terme d'« ordre levantin », dans lequel on retrouve, souvent dissimulé par les évolutions propres à l'histoire de chaque alphabet et aux modifications qu'on a dû leur apporter pour les rendre aptes à noter la langue voulue (modifications « aggravées » par le fait que les alphabets ont pu se transmettre via des langues très éloignées phonétiquement), le classement traditionnel (notation API) /ʔ/ (coup de glotte, remplacé par /a/ à partir du grec), /b/, /g/ (devenu /k/ noté par c dès le latin), /d/, /h/ (devenu /e/ à partir du grec), /w/ (devenu /f/ à partir du latin, issu du digamma grec), /z/ (remplacé par /g/ puis rejeté en fin d'alphabet à partir du latin), etc. Certains alphabets ont même été entièrement réordonnés pour des raison graphiques afin d'en faciliter l'apprentissage, comme l'alphabet arabe (cf. aussi Histoire de l'alphabet arabe et Numération arabe, l'ordre originel réapparaissant dans la numération). Pour ces écritures, cependant, le choix d'un ordre alphabétique cohérent est toujours resté une priorité. Ainsi, l'insertion de la nouvelle lettre G /g/ latine ─ issue d'un C /k/ modifié (lettre provenant elle-même du Γ /g/ gamma grec prononcé /k/ par les Étrusques) ─ s'est faite sans altérer l'ordre alphabétique : la nouvelle lettre a en effet remplacé un Z inutile en latin, lequel, cependant, a été réintroduit plus tard à la fin de l'alphabet quand il s'est avéré nécessaire de noter des mots grecs, à la suite du Y, autre lettre reprise aux Grecs.

Ordre sudarabique

Outre l'ordre levantin, il en existe un autre, pour les écritures dérivées de l'alphabet linéaire, dit ordre sudarabique, lui aussi ancien mais plus limité dans ses représentations. Attesté en sudarabique (et dans quelques tablettes en ougaritique trouvées hors d'Ougarit, comme celle de Beth Šemeš), il s'est transmis au syllabaire éthiopien, qui en découle. Ses premiers rangs sont les suivants (en transcription des langues sémitiques) : h, l, , m, q, w, š, r, etc.

Ordre indien

En Inde, et à la suite dans tous les alphasyllabaires dérivés de la brāhmī (devanāgarī, et autres écritures de l'Inde, alphabet tibétain, thaï, etc.) ou qui en sont inspirés (comme, plus lointainement et après de nombreuses réfections, les kanas japonais), le classement est entièrement revu : il se fait de manière rationnelle, les graphèmes étant classés en rangées selon leur point d'articulation, d'abord les occlusives notant des phonèmes prononcés au fond de la gorge en premier puis en remontant petit à petit vers les articulations labiales puis, enfin, en dernier rang des les sonantes, les sifflantes et les dernières fricatives. Dans chaque rangée, on trouve d'abord la consonne sourde puis la sourde aspirée, la sonore, la sonore aspirée puis la nasale. Les voyelles sont classées à part, souvent en tête de liste. Il est évident que, de la même manière que pour l'ordre levantin, de nombreuses réorganisations ont pris place, selon les langues. Voici par exemple les premiers rangs consonantiques de la devanāgarī (en transcription des langues indiennes) : k, kh, g, gh, , c, ch, j, jh, ñ, , ṭh, , ḍh, , etc.

Alphabet grec et latin

Il est possible que la nécessité d'un ordre alphabétique n'apparaisse que lorsque l'on a quelque chose à ordonner. Il semblerait, par exemple, que l'ordre alphabétique ait commencé à être employé pour les alphabets latin et grec par les savants d'Alexandrie . Par exemple, le « Recueil des mots qui se trouvent dans Hippocrate », attribué à Érotianus, utilise l'ordre alphabétique mais pas cependant de manière rigoureuse. Concernant l'Europe, l'ordre qui a semble-t-il prévalu jusqu'au milieu du Moyen Âge était le classement thématique, probablement pour des raisons religieuses (la Bible utilise un tel système). L'usage de l'ordre alphabétique, progressif, est peut-être lié à une modification de la façon de concevoir et d'organiser le monde à cette époque . L'invention de l'imprimerie donnera finalement un coup d'accélérateur à un tel usage. De fait, les dictionnaires et les lexiques ont vraisemblablement été les premiers ouvrages en alphabet latin à utiliser l'ordre alphabétique. Donald Knuth mentionne un dictionnaire datant du début de la renaissance, indiquant que l'ouvrage contient beaucoup d'erreurs de classement des mots à son début et bien moins à la fin, ce qui suggère que l'auteur a lui-même du se familiariser lentement avec son propre système.

Avantages et inconvénients

Avantages

Le classement alphabétique offre une méthode systématique de recherche d'un mot dans une énumération. Ceci est particulièrement adapté aux dictionnaires, classements de noms ou de catégories.

Inconvénients

Le principal reproche fait au classement alphabétique, est qu'il ne tient pas compte du sens des mots ou expressions qu'il range. Des notions ou des éléments n'ayant aucun point commun se retrouvent voisins, et au contraire, les éléments concernant un même sujet se retrouvent éparpillés. Par exemple, en ouvrant au hasard un dictionnaire, on trouve ronin, ronron et Ronsard. Il eût mieux valu, par proximité de sens, placer le premier avec samouraï ou au moins Japon, le second à proximité de chat et le dernier avec poésie ou bien la Pléiade. C'est ainsi que le classement de nombreuses encyclopédies se fait d'abord par thème.

Voir aussi

Articles connexes


- Alphabet
- classement alphabétique informatisé
- Classement alphabétique en castillan

Bibliographie


- Jonathon Green, Chasing the Sun: Dictionary-Makers and the Dictionaries They Made, Henry Holt & Co (1996) - ISBN 0712662162
- Donald Ervin Knuth, The Art of Computer Programming, Volume 3: Sorting and Searching, Addison-Wesley Professional; (1998) - ISBN 0201896850
- Michel Foucault, L'Ordre des choses Catégorie:Alphabet Catégorie:Algorithmique Catégorie:Classement alphabétique

Français

Le français est une langue romane parlée en France, dont elle est originaire, ainsi qu'en Belgique, au Canada, en Côte d'Ivoire, en Suisse et dans 47 autres pays. La langue française a cette particularité que son développement a été en partie l'œuvre de groupes intellectuels (comme la Pléiade) ou d'institutions (comme l'Académie française). C'est une langue dite « académique ». Toutefois, l'usage garde ses droits et nombreux sont ceux qui malaxèrent cette langue vivante, au premier rang desquels Jean-Baptiste Poquelin. On parle d'ailleurs de la « langue de Molière ».

Histoire

Voir l'article détaillé : Histoire de la langue française On estime généralement que les Serments de Strasbourg de 842 sont le premier texte écrit en protofrançais (ou romana lingua ou encore roman). La première mention de l'existence d'une langue romane ne date que de 813, lors du synode de Tours. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la Séquence de sainte Eulalie, encore qu'on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même. C'est en 1539 que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue du droit et de l'administration. Régi par : Académie française, Délégation générale à la langue française et aux langues de France, Service de la langue française (Belgique), Office québécois de la langue française, les Conseils supérieurs de la langue française de France, de Belgique et du Québec.

Voir aussi


- synode de Tours
- Serments de Strasbourg
- Séquence de sainte Eulalie
- Édit de Villers-Cotterêts
- français langue étrangère

Littérature

Parmi les premières œuvres majeures :
- La Chanson de Roland (Roland, Charlemagne, Olivier, Ganelon)
- Le Roman de Renart (Goupil, Ysengrin)
- Les romans de Chrétien de Troyes
- Gargantua de François Rabelais
- Défense et illustration de la langue française
- Voir aussi Littérature francophone et littérature française

Vocabulaire

Étymologie

La majorité du fonds lexical français provient du latin (en tant que langue-mère) ou bien est construit à partir des racines gréco-latines. De nombreux termes possèdent un synonyme, l'un venant de la racine latine ancienne, l'autre étant populaire. Ces doublets sont surtout présents avec un nom (populaire) et l'adjectif dérivé (savant) : mère / maternel, frère / fraternel, cheveu / capillaire, foi / fidèle, froid / frigide, œil / oculaire, sûreté / sécurité, etc. Le francique, en tant que superstrat, a laissé quelques mots importants et les emprunts sont nombreux : d'abord à l'anglais, puis à l'italien, aux autres langues romanes, à l'arabe, etc.

Néologismes

Certains néologismes français sont constitués à partir des racines latines ou grecques :
- logiciel, domotique... D'autres suivent les règles de suffixation :
- baladeur créé pour remplacer l'anglais walkman et diskman.

Français régional

Certains néologismes peuvent également être empruntés au vocabulaire du français régional. On appelle français régional des mots ou des expressions employés dans certaines régions de la francophonie mais non retenus dans les dictionnaires académiques du français ou qui ne sont pas utilisés dans l'ensemble de la francophonie. Il ne s'agit pas de langue familière, mais bien du français qui a évolué de façon différente. Par exemple, au Québec, le terme clavardage est le terme officialisé par l'Office québécois de la langue française pour désigner une séance de bavardage avec un autre interlocuteur par le biais d'Internet et sous forme d'échange de texte. Autres exemples :
- au Québec et en Suisse : on dit mitaine pour « moufle » ;
- en France, dans la région de Normandie, on utilise souvent clenche pour « poignée de porte », toile pour « serpillière », ce midi ou dans l'heure de midi pour « à midi », etc. ;
- en France, dans la région de Picardie, on peut utiliser wassingue pour désigner la serpillière ;
- en France, on dit cake pour désigner certains types de gâteaux.
- dans le sud de la France, du Limousin au Bas-Languedoc et à la Provence, on emploie plier pour « emballer » ou « envelopper » (de l'occitan plegar, même sens).

Emprunts étrangers

:Pour plus d'information, voir l'article plus détaillé. On estime à moins de 13 % (soit 4 200 mots) les parts des mots d'origine étrangère dans la langue française courante soit environ les 35 000 mots d'un dictionnaire d'usage. 1 054 de ces mots sont d'origine anglaise, 707 italiens, 550 de l'ancien allemand, 481 des anciens langages gallo-romans, 215 arabes, 164 de l'allemand, 160 du celtique ancien, 159 espagnols, 153 hollandais, 112 perses et sanskrits, 101 des langues des indiens d'Amériques, 89 de diverses langues asiatiques, 56 de diverses langues afro-asiatiques, 55 de langues slaves et de la Baltique, 144 d'autres langues diverses.
  - Source : Henriette Walter, Gérard Walter, Dictionnaire des mots d'origine étrangère, 1998.

Prononciation

:Voir l'article plus détaillé.

Place du français dans le monde

Le statut international du français

article plus détaillé Le français est la langue officielle de nombreux pays, et largement utilisée dans un certain nombre d'autres. Une partie des nations utilisant cette langue est regroupée au sein de la « francophonie ». Dépassant, le seul cadre linguistique, le Haut Conseil de la Francophonie est une plateforme d'échanges impliquant un tiers des pays de la planète. Ce mouvement confirme une redéfinition de la place du français dans le monde. Le français est la langue officielle de la Convention du Mètre qui définit les unités de mesure en physique. C'est l'une des vingt langues officielles de l'Union européenne. Le français connaît un recul de son poids sur la scène des échanges internationaux face à l'influence de l'anglais. Par exemple, l'anglais est devenu langue de référence numéro un au Comité international olympique malgré l'histoire de cette institution.

Les francophones


- Voir l'article détaillé Distribution des francophones dans le monde
- Voir aussi : Variations régionales du français En 1998, le Haut Conseil de la Francophonie estimait les francophones « réels » à 112,6 millions auxquels il convient d'ajouter 60,6 millions de francophones qualifiés de « partiels » ou « occasionnels », soit 173,2 millions de francophones. De plus, 100 à 110 millions de « francisants », qui, citons ici le rapport officiel, « ont appris le français pendant plusieurs années et en ont gardé une maitrise variable, ou qui sont amenés à le pratiquer, même partiellement, pour leur métier. » Le même type d'étude avait été mené par ce même organisme en 1989 (rapport publié en 1990) avec 104,6 millions de francophones « réels » recensés plus 54,2 millions de « partiels », soit 158,8 millions de francophones. La progression enregistrée est importante avec un gain de 14,4 millions en 9 ans. 2 millions de ces « nouveaux » francophones sont des Français, démographie oblige, mais le gros du bataillon est fourni par le continent africain. En extrapolant ces chiffres, on peut estimer le nombre des locuteurs francophones à quelque 183 millions en 2005 et le nombre total de personnes aptes à s'exprimer en français à 290 millions.

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
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- langues romanes
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  - prononciation du français

Jeux de langue


- anacyclique
- anagramme
- contrepèterie
- jeu de mots
- lapalissade
- palindrome
- virelangue

Liens externes


- [http://www.site-magister.com/ Travaux dirigés de français].
- [http://www.olf.gouv.qc.ca/ Office de la langue française du Québec].
- [http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ Commission de toponymie du Québec].
- [http://www.francophonie.org/ Organisation internationale de la Francophonie].
- [http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histlngfrn.htm « Histoire de la langue française »], par Jacques Leclerc, dans L'aménagement linguistique dans le monde, Québec, Université Laval.
- [http://atilf.atilf.fr/ Trésor de la langue française informatisé], version informatisée du Trésor de la langue française (TLF), dictionnaire extrêmement complet sur la langue française des XIXe et XXe siècles, réalisé sous la direction de Bernard Quemada et Paul Imbs.
- [http://www.orthographe-recommandee.info/ Orthographe-recommandée.info], à propos des rectifications de l'orthographe française officiellement recommandées.
- [http://www2.ignatius.edu/faculty/turner/languages.htm D'autres chiffres sur la Francophonie]
- [http://www.academie-francaise.fr/ L'Académie française et son dictionnaire en ligne]
- [news:fr.lettres.langue.francaise Forum Usenet sur la langue française] et [http://www.langue-fr.net/ site associé]
- [http://fr.groups.yahoo.com/group/langue-fr/ Liste de diffusion sur Yahoo Groupes]
- [http://www.loecsen.com/travel/discover.php?lang=fr&to_lang=3/ Apprendre et écouter des expressions pratiques en français] Chaque expression est accompagnée d'une illustration
- [http://www.les-dictionnaires.com/evolution-langue.html Dictionnaires d’évolution de la langue] Evolution de la langue française et des dictionnaires : vieux français, anglicismes,...
-
Francais Francais Francais Francais als:Französische Sprache ja:フランス語 ko:프랑스어 simple:French language th:ภาษาฝรั่งเศส zh-min-nan:Hoat-gí

Accent grave

L'accent grave est un diacritique que l'on retrouve dans divers alphabets.

Alphabet grec

L'accent grave grec n'apparaissait, en grec ancien, que sur la dernière syllabe d'un mot, dans les cas où l'intonation de celle-ci était grave. Le terme grave dérive d'ailleurs du latin gravis (lourd), lui même traduit du grec βαρύς, qui désignait cette intonation.

Alphabet latin

Dans l'alphabet latin, l'accent grave est directement emprunté à l'alphabet grec. Moins courant que l'accent aigu, on le trouve de manière générale sur les voyelles A, E, O et U, dans les langues suivantes :
- En catalan (accent greu ou obert), il indique la position de l'accent tonique et aussi l'aperture des voyelles /e/ et /o/ (qui peuvent être ouvertes ou fermées) :
  - à (català)
  - è (enciclopèdia)
  - ò (història)
- En écossais, il note une voyelle longue.
- En français :
  - à : pour distinguer certains homonymes (la et , ça et çà) ;
  - è : pour la prononciation du /e/ ouvert ;
  - ù : uniquement pour le mot , pronom relatif) ou adverbe interrogatif, afin de le distinguer de son homonyme ou, conjonction de coordination
- En gallois, l'accent grave est utilisé pour noter une voyelle courte dans un mot qui, dans le cas contraire, serait prononcé avec une voyelle longue, comme par exemple mẁg (« tasse ») et mwg (« fumée »).
- En italien, il indique, entre autres, la place de l'accent tonique :
  - à (libertà)
  - è (caffè)
  - ò
  - ù (virtù)
- En norvégien, l'accent grave indique que la syllabe qu'il diacrite est accentuée, afin de différencier certains mots comme og (« et ») et òg (« aussi »).
- En portugais :
  - à (à, àquele) : il indique la crase entre la préposition a soit avec l'article défini a, soit avec le pronom relatif aquele et ses formes fléchies.
- Dans quelques langues à tons, comme le vietnamien, l'accent grave indique un ton descendant.

Représentation informatique

Le jeu de caractères ASCII de base (caractères 0 à 127) ne contient pas de lettre accentuée. À l'époque où il s'agissait de la seule page de code disponible, il était possible d'émuler l'accent grave en plaçant une apostrophe inversée devant la lettre : par exemple, en écrivant « fi`ere » pour « fière ». En VIQR, l'apostrophe inversée était placée après, par exemple « e` » pour « è ». La norme ISO 8859-1 inclut les caracètres à, è, ì, ò, ù et leur formes capitales respectives. Plusieurs dizaines d'autres lettres portant un accent grave sont disponible avec Unicode. Cette norme inclut également un caractère accent grave pouvant se combiner avec d'autres caractères. Sur certains claviers, l'accent grave possède une touche réservée destinée à être combinée avec une voyelle.

Voir aussi


- Diacritique
- Diacritiques de l'alphabet grec
- Diacritiques de l'alphabet latin
- Diacritiques utilisés en français Catégorie:Diacritique de l'alphabet latin ja:グレイヴ・アクセント nb:Grav aksent



Translittération

Définitions

Translittération

La translittération (ou translitération) est l'opération consistant à transcrire les graphèmes d'un alphabet, d'un abjad, d'un syllabaire ou encore d'un alphasyllabaire dans les graphèmes d'un autre système d'écriture (généralement un alphabet), de telle sorte qu'à un même graphème ou suite de graphèmes de la langue de départ corresponde toujours un même graphème ou suite de graphèmes du système d'écriture d'arrivée, et ce indépendamment de la prononciation. Les deux systèmes d'écriture doivent donc être équipotents : une translittération ne peut être ambiguë et doit être bijective. À partir d'une translittération, on doit être capable de retrouver le texte original.

Transcription

La translittération s'oppose en cela à la transcription, qui vise à représenter (de façon plus ou moins approximative) la prononciation. La transcription dépend souvent des usages de la langue du transcripteur. Un Français pourra transcrire le son [ʃ] (dans chat) d'une langue donnée par le digramme ch, tandis qu'un anglophone choisira sh, un Allemand sch et un Polonais sz. Une transcription phonétique peut se faire au moyen de l'alphabet phonétique international. Elle vise à représenter les sons tels qu'ils sont émis. On note une telle transcription entre crochets droits. Par exemple, le mot français prêtre se transcrit [pʁ̥ɛt̪ʁ̥]. Une autre transcription est celle dite phonologique, qui ne représente pas les sons émis mais les phonèmes d'une langue donnée. Elle est de compréhension plus facile pour les lecteurs de la langue donnée mais moins précise et l'on se sert pour elle de symboles variés plus ou moins proches de l'alphabet phonétique international, variant selon les auteurs, la langue notée, les époques (consulter cette liste). Elle s'écrit entre barres obliques. Le même mot prêtre se transcrit phonologiquement /pretr/.

Romanisation

On appelle les systèmes de translittération ou de transcription d'une écriture non latine (comme le cyrillique, l'arabe, la devanâgarî, etc.), vers une écriture latine, la romanisation. Ces systèmes ont souvent un statut de norme officielle nationale ou internationale (normes ISO). On parle aussi de romanisation pour la transcription de langues logographiques, comme le chinois ou le japonais, bien que ce procédé ne puisse être appelé translittération puisqu'il n'y a pas là de conversion d'un système de lettres vers un autre.

Exemples

Cyrillique

Par exemple, la norme internationale de translittération du russe porte le numéro ISO 9. Dans sa dernière version (1995), ce système fait correspondre à chaque caractère cyrillique un caractère latin unique, ce qui rend les translittérations parfaitement réversibles sans la moindre ambiguïté. On peut donner un exemple simple de la différence entre translittération et transcription : soit le patronyme Горбачёв ; celui-ci devra être translittéré Gorbačëv selon la norme ISO 9 (équivalence un caractère uniqueun caractère unique : à tout č doit correspondre un ч et inversement), mais pourra être transcrit Gorbatchof, Gorbachof ou encore Gorbatschow, selon la langue du transcripteur (équivalence phonétique approximative en tenant compte des usages de la langue cible, ici respectivement le français, l'anglais et l'allemand).

Grec

La transcription du grec ancien ne soulève pas de grands problèmes : en effet, l'alphabet grec de l'époque est relativement peu ambigu (à un graphème correspond le plus souvent une seule interprétation phonétique) et une transcription sera très proche d'une translittération. Par exemple, γνῶθι σεαυτόν pourra être transcrit gnothi seauton et translittéré gnỗthi seautón (ou gnȭthi seautón). La translittération fera juste intervenir les accents (et les quantités vocaliques). Il est possible de retrouver facilement l'original, même à partir d'une transcription floue. Le grec moderne, cependant, est bien plus difficile à traiter. En effet, sa prononciation s'est modifiée en donnant naissance à nombre de phonèmes écrits de manières différentes ainsi qu'à des valeurs phonétiques de certaines lettres très éloignées de nos habitudes. L'une des modifications les plus « gênantes » est l'iotacisme, qui a fait se prononcer [i] six graphèmes différents lesquels, en grec ancien, n'étaient pas confondus. De même, ε et αι se prononcent [e] ; ο et ω valent tous deux [o]. Ainsi, la translittération et la transcription seront parfois très éloignées (ce qui est l'indice d'une orthographe complexe : en effet, il n'est pas possible de noter directement, à l'écoute, un mot grec moderne sans en connaître la graphie). Voici un exemple concret. Soit le vers suivant d'Odysseus Elytis : :Στην αρχαία εκείνη θάλασσα που εγνώριζα (Journal d'un avril invisible, « Samedi 11 »). Une transcription (phonétique et avec les accents) possible serait stin archéa ekíni thálasa pou eghnóriza. On compte quatre [i], écrits η, ει et ι, deux [e], écrits αι et ε. Si l'on veut proposer une translittération, qui permettrait de reconnaître le texte original, il est nécessaire de distinguer ces graphies. On pourrait par exemple adopter la translittération du grec ancien : stên archaía ekeínê thálassa pou egnốriza, laquelle sera très éloignée de la transcription et demandera au lecteur de connaître des règles de lecture moins intuitives. Le problème se pose donc pour les noms propres actuels : faut-il choisir la transcription ou la translittération ? Par exemple, Γιάννης Αλευράς se translittère Giánnês Aleurás mais se transcrit Yánnis Alevrás, voire Yannis Alévras si l'on utilise l'accent aigu en suivant les conventions françaises. « Pire », Βασίλης Κοντογιαννόπουλος translittéré sera plus proche des habitudes françaises car son prénom, Βασίλης, vaudra Basílês, qui permet de reconnaître Basile, alors que la transcription, Vasílis, voire Vassilis, masque le lien avec Basile. Quant au patronyme, il peut être surprenant de constater qu'il se translittère Kontogiannópoulos et se transcrit Kondoyannópoulos (ou Kondoyannopoulos).

Fausses translittérations

Dans les médias écrits, il est courant de pratiquer une sorte de translittération lâche qui consiste à représenter grossièrement un mot étranger dans le respect flou de sa graphie d’origine. Quand l’alphabet de départ est déjà latin, cette fausse translittération se fait le plus souvent en abandonnant les diacritiques et autres signes n’existant pas dans la langue d’arrivée. Le résultat est cependant lu comme une transcription mais celle-ci n’a parfois plus rien à voir avec la prononciation de départ. Par exemple, le patronyme Горбачёв est souvent, dans la presse écrite, rendu par Gorbatchev. Le ё russe, écrit normalement sans tréma (qui s’utilise surtout dans les ouvrages pédagogiques ; le patronyme Горбачёв est donc couramment écrit en cyrillique Горбачев), se prononce ici /jo/ (comme dans Yolande) et non /e/ et le в final /f/. Le rendre, en alphabet latin, par Gorbatchev, amène à le prononcer, de manière erronée, avec un /e/ et un /v/. Si l’on s’en tenait plus logiquement à une transcription, on éviterait ce genre d’erreurs, qui cumule les désavantages d’une transcription floue et d’une lecture fautive. Il s’agit là très souvent d’une translittération par imitation de l’allure générale du mot de départ, qui est confondue avec une transcription. Le cas est très fréquent avec des alphabets latins modifiés, comme celui du polonais. Les caractères étendus absents des claviers courants sont simplement omis, sans que l’on adapte cependant l’orthographe pour qu’elle représente mieux la prononciation réelle. Ainsi, le nom du pape Jean-Paul II, (Karol) Wojtyła (avec un l barré, prononcé /w/) est simplement écrit Wojtyla, avec un l normal. Le locuteur français devrait donc prononcer cette fausse translittération /wɔʒti'la, v-/ mais la prononciation la plus fréquente, /vɔ