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Sociologie
La sociologie est l'étude des phénomènes sociaux humains. Le premier à défendre une théorie sociologique est Saint Simon. Cette science humaine, dont un des pères fondateurs est Auguste Comte au , a connu un développement intense et régulier au cours du , en particulier sous l'impulsion d'Émile Durkheim (qui voulait « étudier les faits sociaux comme des choses ») et de ses continuateurs. Un des enjeux de la sociologie étant de se constituer comme discipline autonome, Durkheim s'évertuera à la distinguer de la philosophie d'une part, de l'autre de la psychologie, dont il accusera son rival Gabriel Tarde . Ses inspirateurs déclarés furent Montesquieu et Rousseau, et la « division du travail » le pivot de son œuvre, là où précisemment le philosophe Durkheim rencontre le scientifique. De Comte à Durkheim, le positivisme commence par une critique de l'économie politique, tout comme le marxisme. Karl Marx est un autre penseur qui aura une profonde influence sur la pensée sociale et critique du siècle. C'est essentiellement en Allemagne qu'il deviendra un référent théorique majeur de la sociologie avec l'École de Francfort.
Historique du terme
Le premier à avoir utilisé le terme « sociologie » est - contrairement à ce que l'on trouve dans la plupart des manuels - l'Abbé Siéyès dans Qu'est-ce que le Tiers-Etat ? (1788/1789). Il est vrai qu'il fut ensuite utilisé par Auguste Comte dans le but de réunir toutes les sciences ayant pour objet l'être humain, ainsi l'histoire, la psychologie, l'économie, etc.
La façon de Comte de considérer la sociologie est liée à ses convictions positivistes : ayant une grande confiance dans les sciences déterministes et considérant que leur champ d'études était illimité, il pensait que si l'on pouvait décrire scientifiquement et comprendre le fonctionnement des relations humaines à l'intérieur d'une société ainsi que les évolutions de cette société, on pourrait prévoir et remédier à tous les problèmes d'ordre social qui ne manquent pas d'apparaître au cours de l'histoire d'un peuple.
Note linguistique : le mot sociologie serait le premier mot français formé d'un préfixe latin associé à un suffixe grec, ce qui fut longtemps considéré comme une entorse au bon goût et aux règles de formation des néologismes. Aujourd'hui le débat sur cette règle est moins vif et de nombreux mots sont formés de même en utilisant des racines grecques et latines, comme automobile .
Ainsi "socio" vient du latin "socius" qui signifie "compagnon" ou, plus généralement, ce qui est associé. "Logique" renvoie par contre au grec "logos", c'est à dire au discours et à la parole. La sociologie serait ainsi le discours sur les compagnons ou les associations.
Les fondations
L'étude des sociétés n'a pas attendu l'invention du mot sociologie. La diversité des usages et des coutumes a interpellé les penseurs dès l'origine, en tout cas depuis qu'ils nous ont laissé des traces par l'écriture. Le Grec ancien Hérodote s'intéressait aux Egyptiens, Ibn Khaldoun dans « al muqaddima » ou « prolégomènes historiques » ...
On compte souvent parmi les précurseurs de la sociologie Alexis de Tocqueville, pour ses études sur la Révolution française (L'ancien Régime ou la Révolution) ou sur les États-Unis (De la démocratie en Amérique). Il analyse ici les sociétés et compare la société américaine et les sociétés européennes. Il sera d'ailleurs un visionnaire en ce qui concerne le concept de moyennisation de la société. Montesquieu, de même, ne doit pas être oublié, notamment grâce à son œuvre L'Esprit des lois où il analyse le système politique britannique, en ne comprenant pourtant pas toutes les subtilités de la pratique politique britannique.
La volonté de constituer une « physique sociale », c’est-à-dire un savoir aussi peu discutable que la physique, mais à propos des activités humaines collectives, émerge cependant avec la montée du scientisme au XIXe siècle. Comprendre le fonctionnement des sociétés constitue l'espoir d'un moyen de lutter pour l'avènement d'un monde plus juste (Karl Marx), de fonder scientifiquement une morale laïque indépendante des prescriptions des religions (Emile Durkheim), de lutter contre les « fléaux » de la société que sont la pauvreté, l'alcool, l'immoralité (Le Play), contre la révolution parfois (Gustave Le Bon).
Le mot sociologie naît d'une petite querelle... Lorsque Auguste Compte a voulu créer une science du social, il a d'abord voulu l'appeler « physique sociale » mais ce terme était déjà utilisé par un belge, Quetelet (qui étudiait les phénomènes sociaux avec des statistiques). Il décida donc de créer un nouveau mot pour cette nouvelle science: la sociologie.
Émile Durkheim est souvent considéré comme le père fondateur de la sociologie française. Le premier, il posa les bases d'une méthodologie scientifique pour la sociologie, en particulier dans l'ouvrage Les règles de la méthode sociologique (1895) dans la continuité de La division du travail social (1893), livre qui est aussi sa thèse. Sa méthode repose essentiellement sur la comparaison de statistiques et de caractéristiques quantitatives, cherchant à se libérer du subjectivisme lié à toute donnée qualitative et à débarrasser de tout a priori moral ou moralisateur l'effort pour comprendre un « fait social » comme dans son ouvrage intitulé Le Suicide.
Max Weber, contemporain de Durkheim mais prenant un chemin différent, emploie la science politique, l'économie politique, la philosophie de la culture et le droit, l'étude des religions, qui sont selon lui, tout comme la sociologie, des « sciences de la culture ». Selon toute une tradition de la philosophie allemande (Wilhelm Dilthey notamment), ces sciences sont trop éloignées des sciences de la nature pour qu'elles puissent s'inspirer de leurs méthodes. Elle propose une compréhension des phénomènes collectifs plutôt que la recherche de lois (c'est la méthode dite compréhensive).
Une discipline en crise
La sociologie contemporaine a, pour beaucoup, limité ses ambitions : elle se limite à l'étude des organisations humaines et institutions sociales, en utilisant principalement une méthode comparative ; elle s'est concentrée sur l'étude de l'organisation des sociétés industrielles complexes, c'est-à-dire des sociétés occidentales. Ce recentrage a laissé le domaine de l'étude des comportements de groupe à la psychologie sociale. Alors que l'anthropologie, née des conquêtes coloniales et de l'étude des peuples qu'elle appellera trop longtemps primitifs, recherche des traces de l'évolution de l'homme (comme espèce dans le cas de l'anthropologie physique et de l'évolution des sociétés dans celui de l'anthropologie sociale). Néanmoins, il faut noter que certains anthropologues ont aussi mené leurs études dans les sociétés industrialisées. Aujourd'hui, la sociologie et l'anthropologie se différencient plus par leurs méthodes et leurs théories, que par l'objet de leurs études.
La sociologie n'est pas faite d'un ensemble structuré autour des mêmes fondements et dans lequel tous les auteurs partageraient les mêmes conceptions de ce qui est scientifique et de ce qui ne le serait pas, de ce qu'il faut attendre de la science, du rapport à la modernité . Les auteurs, les écoles et les courants choisissent tel critère ou tel autre (structurel, fonctionnel, conventionnel, etc.), tel concept heuristique contre tel autre, telle accroche au réel plutôt que telle autre (interactionnisme, institutionnalisme, régulationnisme, actionnisme, etc.) sans toujours préciser explicitement ce qu'ils retiennent et ce qu'ils rejettent des plans méthodologique et métaphysique où ils déploient leur projet politique et scientifique, où se sédimentent des traditions (manifestes ou oubliées par l'histoire de la discipline ) et des conceptions du rapport social divergentes et pas forcément solidaires, voire peu enclines à discuter entre elles.
Conséquemment, les modélisations philosophiques de cette science elles-mêmes non seulement différent dans le temps mais leur poids propre tend lui-même à varier, voire à s'atténuer en même temps que les ambitions de la sociologie, si celle-ci ambitionne une sortie du « point de vue du spectateur » (Pierre Manent) . Selon François Dubet, « la dispersion est devenue la règle et la combinaison des modèles remplace l'ancienne unité. Dans ce cas la crise d'une sociologie est aussi la crise de la sociologie, c'est-à-dire d'un type de pensée sociale de la modernité et de modèle global auto-suffisant ayant constitué, selon Nisbet par exemple, le projet même de la sociologie ».
Enfin, la question du partage contrarié de ce projet se répercute elle-même dans la propension de la discipline à tolérer ou exclure des penseurs qui ne se sont pas typiquement décrits comme sociologues. Ainsi Michel Foucault sera reconnu par certains comme appartenant à la pensée sociologique et pas par d'autres . Lui-même a peu cité Karl Marx dans ses livres et pourtant il use souvent de concepts et de thèses énoncés par Marx, ce qu'il reconnaît dans des articles très postérieurs aux ouvrages où il les a utilisés .
Les méthodes sociologiques
L'étude des phénomènes sociaux se fait par le biais d'un certain nombre d'outils qui permettent au sociologue d'appréhender des phénomènes dont l'échelle dépasse ses possibilités de perception individuelle, mais aussi de limiter les inductions qu'il fait au cours de son travail. Parmi ces outils ont peut trouver :
- le questionnaire,
- l'observation 'in situ',
- l'entretien,
- l'analyse de contenu,
- l'analyse statistique,
- l'herméneutique,
- l'analyse en groupe.
Le sociologue est avant tout un être humain avec, entre autre, des sensations, des impressions et des opinions. Pour s'affranchir de cet état lors d'une recherche, l'application de méthodes reconnues par ses pairs permet au chercheur de légitimer son approche d'un phénomène social. Quoi observer ? Pourquoi ? Telles peuvent être les premières questions d'un chercheur sur l'objet de sa recherche. Généralement, les méthodes sociologiques se scindent en deux catégories complémentaires ; les méthodes quantitatives et les méthodes qualitatives.
Méthodes quantitatives
Les études quantitatives permettent l'étude des ensembles, la comparaison des unités vis-à-vis de tendances générales. La précaution à prendre au préalable est de définir des unités comparables et les indicateurs, ainsi que de savoir précisément ce que le chercheur veut comparer. Les limites des études quantitatives sont atteintes lorsque le chercheur s'interroge sur un phénomène unique ou sur des trajectoires biographiques. Les statistiques et les sondages sont les outils principaux de l'étude quantitative.
Méthodes qualitatives
(Partie en cours de rédaction)
Paradigmes Sociologiques
Deux points de vue s'opposent souvent à l'intérieur de la sociologie : le paradigme holistique d'Émile Durkheim et le paradigme atomistique défini par Max Weber.
Paradigme holistique (Durkheim)
Celui d'Émile Durkheim est dit paradigme holistique. Pour lui et ceux qui se réclament de son héritage, la société est un holon, un tout qui est supérieur à la somme de ses parties, elle préexiste à l’individu et les individus sont agis par elle. Dans ce cadre, la société englobe les individus et la conscience individuelle n'est vue que comme un fragment de la conscience collective.
Selon ce point de vue, l'objet des recherches sociologiques est le fait social, qu'il faut le traiter comme une chose, sa cause devant être cherchée dans des faits sociaux antérieurs. Le fait social, qui fait l'objet d'une institutionnalisation, est extérieur à l’individu et exerce une contrainte sur ce dernier. Les individus sont donc encadrés dans des institutions, elles-mêmes insérées dans des structures homologues les unes par rapport aux autres. La sociologie est alors la science des invariants institutionnels dans lesquels se situent les phénomènes observables.
Marcel Mauss imprimera une inflexion significative à cette doctrine en arguant de la nécessité de décrire complètement et dans leur totalité les formes dans lesquelles le phénomène apparaît pour révéler leur secret. Analyser le concret interdit de négliger la sensibilité au vécu.
Paradigme atomistique (Weber)
Le point de vue de Max Weber est différent, c'est le paradigme atomistique. Pour lui, et plus certainement encore pour Georg Simmel, chaque individu est un atome social. Les atomes agissent en fonction de motifs, intérêts, d’émotions propres et sont liés aux autres atomes. Un système d'interactions constantes entre les atomes produit et reproduit la société.
Selon ce point de vue, l'objet des recherches sociologiques est laction sociale. Les acteurs n’agissent pas de façon mécanique. L’accent est porté sur la cause des actions sociales et le sens donné par les individus à leurs actions. On ne cherche plus des arrangements d’institutions mais un horizon de significations qui servent de références. L’institution est là mais elle sert les motifs et les intérêts des agents et les serre : c'est la « cage de fer » de la bureaucratie.
Autres paradigmes
D'autres paradigmes fonctionnent dans la sociologie. On peut citer l'idée que toute société doit organiser les conflits que fabriquent nécessairement les inégalités fondées sur des différences. Les concepts constituent un des outils qui permettent de décrire/interpréter le réel avec assez de rigueur pour élaborer une connaissance qui tende vers la scientificité. Ainsi, Durkheim a construit le concept de « fait social », celui d' « anomie ». Plus près de nous, Pierre Bourdieu a développé ses analyses grâce aux concepts d' « habitus », de « reproduction ».
Polémiques anciennes et actuelles autour de la sociologie
Conflit des disciplines
- Les approches psychologique, sociologique et philosophique entrent en concurrence, en complémentarité et/ou en confusion dès qu'il s'agit d'analyser les objets cruciaux de l'anthropologie (comme science de l'homme dans son intégralité) comme, par exemple, les rapports de la magie et de la religion.
- (à compléter)
Destins de Marx dans la sociologie française
- La réception de la pensée de Marx dans la sociologie française a été notamment abordée selon trois points de vue et/ou postures :
: - diachronique : Daniel Lindenberg (Le marxisme introuvable, 10/18, 1978) interroge ainsi la place du marxisme dans la sociologie officielle du début du XX siècle ;
: - généalogique : Jacques Donzelot (L'invention du social, Fayard, 1984) analyse ainsi les stratégies discursives des passions politiques en rivalité dans la France de la Troisième République (l'idéal républicain, le libéralisme et le marxisme) ;
: - synchronique : Pierre Ansart (Les sociologies contemporaines, Seuil, 1990) positionne ainsi notamment vis-à-vis de la thèse marxienne de la lutte comme moteur de l'histoire, la pensée du changement social des grands sociologues français contemporains (Balandier, Boudon, Bourdieu, Crozier et Touraine).
- (à compléter)
Sciences sociales, modernité, État
- Voir [http://multitudes.samizdat.net/article.php3?id_article=663 « La fin de la grande illusion. Les sciences sociales, la modernité et l'État »] par Peter Wagner (Futur Antérieur, n°11, 1992).
- (à compléter)
Mémoire(s) et oubli(s) de la sociologie
- La [http://bastidia.club.fr/anamnese.html revue Anamnèse] se propose aujourd'hui d'entretenir la mémoire d'auteurs des sciences sociales et humaines oubliés.
- (à compléter)
Philosophie et sociologie
- Que l'on songe, par exemple, à une sociologie d'inspiration phénoménologique à la manière d'Alfred Schütz ou à la dialectique d'inspiration pluraliste à la manière de Georges Gurvitch. Outre l'emprunt de théories (matérialisme, phénoménologie, structuralisme, etc.), les dialogues entre la sociologie et la philosophie se nouent encore autour de l'histoire de la philosophie (Raymond Aron par exemple), des théories de la connaissance (Durkheim le premier avec ses Formes élémentaires de la vie religieuse) et, last but not least, des visions historiques du monde (libérales, individualistes ou déterministes).
- (à compléter)
Science et engagement
- Voir par exemple l'ouvrage collectif La pensée confisquée, Quinze idées reçues qui bloquent le débat public, par le Club Merleau-Ponty, La Découverte, 1997.
- (à compléter)
Une pensée sociologique de l'affect
- Voir, pour l'exemple, [http://www.univ-paris8.fr/sociologie/fichiers/lae2004.pdf « Les "beaux cas" chez Michel Foucault »] par Jean-François Laé (Le Portique, n°13/14, « Foucault : usages et actualités », 2004).
- (à compléter)
Les « savoirs sociaux » : l'intellectualité, combien de divisions ?
- Le « cas » Foucault : sur le rapport embarrassant de Foucault au marxisme, voir [http://multitudes.samizdat.net/article.php3?id_article=614 « Pouvoir, assujettissement, subjectivation »] par Bruno Karsenti (Futur Antérieur, n°10, 1992).
- [http://ecorev.org/article.php3?id_article=250 « Politique des savoirs »] par Patrick Dieuaide (EcoRev', n°16, 2004)
- [http://iscra.free.fr/ Politiques de la sociologie selon Pascal Nicolas-Le Strat]
- (à compléter)
L'individu social, un concep débattu
- [http://www.espacestemps.net/document1515.html « L'individu comme ressort théorique dans les sciences sociales »] : un dossier dEspacesTemps.net
- (à compléter)
Domaines d'études et courants de la sociologie
- Démographie
- Ergologie
- Glottopolitique
- Socioéconomie
- Sociolinguistique
- Sociologie de l'art et de la culture
- Sociologie de la connaissance
- Sociologie du corps
- Sociologie économique
- Sociologie du développement
- Sociologie de l'éducation
- Sociologie de l'environnement
- Sociologie de la famille
- Sociologie de la justice sociale
- Sociologie des idées
- Sociologie de la médecine
- Sociologie des médias de l'information et de la communication
- Sociologie des migrations
- Sociologie de la musique
- Sociologie des organisations
- Sociologie politique
- Sociologie du vote
- Sociologie pragmatique
- Sociologie des religions
- Sociologie des réseaux
- Sociologie rurale
- Sociologie des sciences
- Sociologie du sport
- Sociologie du travail
- Sociologie urbaine
- Théorie des acteurs-réseaux
- Autres sujets que la sociologie a particulièrement étudiés: les mouvements sociaux, politiques et ouvriers, les changements sociaux, la sexualité, la stratification et les classes_sociales ou la pauvreté, les inégalités, le racisme, l'immigration...
Quelques sociologues reconnus
Raymond Aron ~ Jean Baudrillard ~ Georges Balandier ~ Ulrich Beck~ Howard Becker ~ Daniel Bell ~ Luc Boltanski ~ Raymond Boudon ~ Pierre Bourdieu ~ Aaron Cicourel ~ Auguste Comte ~ Lewis Coser ~ Michel Crozier ~ Fernand Dumont ~ Louis Dumont ~ Emile Durkheim ~ Norbert Elias ~ Harold Garfinkel ~ Ernest Gellner ~ Anthony Giddens ~ Erving Goffman ~ André Gorz ~ Georges Gurvitch ~Jürgen Habermas ~ Paul Lazarsfeld ~ Frédéric Le Play ~ Herbert Marcuse ~ Marcel Mauss ~ Robert K. Merton ~ C. Wright Mills ~ Edgar Morin ~ Pierre Naville~ Jean Nizet ~ Vilfredo Pareto ~ Talcott Parsons ~ Alfred Schütz ~ Dominique Schnapper ~ Georg Simmel ~ Anselm Strauss ~ Gabriel Tarde ~ W. I. Thomas ~ Emmanuel Todd ~ Ferdinand Tönnies ~ Alain Touraine ~ Thorstein Veblen ~ Max Weber
Auteurs ayant influencé la sociologie
John Dewey ~ Michel Foucault ~ Sigmund Freud ~ Claude Lévi-Strauss ~ Karl Marx ~ George Herbert Mead ~ Montesquieu ~ Ferdinand de Saussure ~ Alexis de Tocqueville ~ Ludwig Von Bertalanffy~ Gilbert Simondon
Voir aussi
Articles connexes
Criminologie ~ expérience Milgram ~ sociobiologie ~ cognitivisme ~ race ~ ethnie ~ psychologie sociale ~ analyse institutionnelle ~ démographie ~ ethnométhodologie ~ phénoménologie ~ dialectique ~ Gender Studies
Liens externes
- [http://www.persee.fr/ Ressources Sociologiques]
- [http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/ Une bibliothèque numérique fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay ]
- [http://www.educspe.com Emploi social - sociologie pour étudiants]
- [http://felsefe.chez.tiscali.fr/index.htm Felsefe : rassemblement de textes offrant une analyse sociologique et historique de la philosophie]
-
ko:사회학 ms:Sosiologi ja:社会学 simple:Sociology th:สังคมวิทยา
Humain
Homme (homonymie)]]
Généralités
Homo sapiens est une de primate et le seul membre actuel du Homo. On désigne l'espèce entière sous le nom humanité et on peut aussi employer Homme (avec une majuscule) pour parler des caractères généraux des êtres humains.
En 2003 la deuxième sous-espèce Homo sapiens, qu'était Homo sapiens neanderthalensis, a été relevée au rang d'espèce à part entière, Homo neanderthalensis, ce qui a entraîné l'abandon de la subdivision de l'espèce Homo sapiens en sous-espèce, et donc l'abandon de la classification de l'homme moderne et de ses ancêtres comme sous-espèce Homo sapiens sapiens.
Aujourd'hui, on donne à lHomo sapiens un âge d'environ 400 000 ans ; les plus vieux ossements retrouvés sont deux crânes datés de 195 000 ans et appelés Omo I et Omo II, viennent ensuite ceux de l'Homme d'Herto encore appelé Homo sapiens idaltu datés d'environ 160 000 ans, les plus célèbres sont ceux de l'Homme de Cro-Magnon datés de 35 000 ans.
Les êtres humains actuels appartiennent à cette seule espèce, et sa subdivision en races est généralement considérée comme non pertinente, d'un point de vue biologique. Actuellement, 6 milliards d'hommes environ vivent sur la planète terre.
Pour les biologistes, les espèces les plus proches de l'être humain sont les deux espèces de chimpanzé : Pan Troglodytes (le chimpanzé commun) et Pan paniscus (le bonobo). À un degré moindre, le gorille et l'orang-outan sont aussi assez proches de l'Homme.
Le génome des êtres humains ne diffère que de 0,27 % de celui des chimpanzés, de 0,65 % de celui des gorilles. Ces chiffres conduisent à estimer que notre lignée s'est séparée de celle des chimpanzés il y a environ cinq millions d'années, et des gorilles il y a environ sept millions d'années.
La découverte récente d'un crâne d'hominidé dont l'âge est estimé à sept millions d'années environ, et dont les caractéristiques sensiblement différentes de celles des singes suggèrent cependant une séparation antérieure des deux lignées.
Certains scientifiques défendent le rattachement des chimpanzés et peut-être des gorilles au genre Homo, mais ce point de vue est très minoritaire. D'un autre côté, plusieurs groupes religieux refusent la partie de la théorie de l'évolution concernant les Hommes.
Caractéristiques physiques
Description
Homo sapiens peut être présenté sommairement comme étant un mammifère terrestre ; dressé sur deux jambes qui constituent la base de sont corps en proportion environ de la moitié, prolongé par le tronc, le cou puis la tête ; disposant de deux bras se teminant par des mains qui lui permettent de saisir et manipuler ; d'une taille à l'âge adulte pouvant aller d'environ 80 cm à environ 2m50 ; disposant d'organes sexuels ; à la couleur de peau empruntant les échelles du noir, du marron, du beige ou du rosée, pouvant être massivement recouvert de poils par endroit de forme allant du frisé au lisse et dont la couleur est, indépendamment de la couleur de la peau, de teintes noire, brune, blonde, rousse ou blanche ; aux yeux aux teintes du marron, du bleu, ou du vert...
L'évolution vers Homo sapiens se caractérise par les éléments suivants :
- expansion de la boîte crânienne et volume du cerveau, en moyenne 1 400 cm3 (plus de deux fois celui des chimpanzés ou des gorilles). Pour certains anthropologues, la modification de la structure du cerveau est plus importante encore que l'augmentation de sa taille ;
- Diminution de la taille des canines ;
- Locomotion bipède, marche ;
- Descente du larynx, ce qui permet le langage articulé.
Comment ces éléments sont-ils reliés ? Quels ont pu être leur valeur adaptative, et leur rôle dans l'apparition de notre organisation sociale complexe et notre culture ? C'est encore sujet à débat parmi les anthropologues.
La taille moyenne des hommes aujourd'hui en France est de 1,75 m, celle des femmes de 1,62 m, pour des poids respectifs moyens de 75 et 61 kg. Les données individuelles sont très variables autour de ces moyennes, avec une forte influence de facteurs environnementaux, des comportements et des régimes nutritionnels. Les moyennes elles-mêmes varient beaucoup selon les populations et les époques.
Les jeunes naissent avec un poids autour de 3 kg et une taille d'environ 50 à 60 cm, après une gestation de neuf mois. Totalement dépendants à la naissance, leur croissance dure plusieurs années, la maturité sexuelle survient entre 12 et 15 ans. La croissance des garçons continue souvent jusque vers 18 ans (la croissance se termine vers 21-25 ans avec la solidification de la clavicule. L'espérance de vie est très dépendante des conditions matérielles et de la disponibilité de soins médicaux. L'espérance de vie se situe aujourd'hui autour de 75 ans dans les pays les plus riches, elle est inférieure à 40 dans les plus pauvres. On connaît des cas isolés de longévité approchant 120 ans (la personne ayant vécu le plus longtemps sans doute possible est la française Jeanne Calment, qui a vécu plus de 122 ans).
Homo sapiens en images
Une des premières images
Jeanne Calment]
Léonard de Vinci est le premier a étudier le corps humain avec un oeil médical, suivi par Michel-Ange, ses tableaux s'efforcent de représenter le corps de l'Homme avec la précision de la masse organique qui le compose.
Image:Cinq tetes grotesques.GIF|Cinq têtes grotesques
Image:Crane De Vinci 1.GIF|Crâne
Image:Etude des muscles du visage et des bras v.1510.gif|Etude des muscles du visage et des bras v.1510
Image:Dessin du torse et des bras.gif|Dessin du torse et des bras.
Image:Etude de mains.gif|Etude de mains
Image:Étude anatomique d'un homme et d'autres personnages v.1504-1506.gif|Étude anatomique de la jambe d'un homme et d'autres personnages v.1504-1506
Image:Dessin sur les rapports sexuels et parties génitales masculine v. 1492 De Vinci.gif|Dessin sur les rapports sexuels et parties génitales masculine v. 1492
Image:Dessin dun embryon dans luterus - v. 1510 1512 De Vinci.gif|Dessin d'un embryon dans l'utérus vers 1510-1512
Les caractéristiques physiques vues par les technique modernes
200px Photo de Crâne
200px Le Crâne vu par la radiographie
200px Le Fœtus vu à l'échographie
Le propre de l'Homme
Il est très difficile de définir une nature humaine qui permettrait de distinguer biologiquement ou sociologiquement l'espèce humaine des autres espèces du monde animal. Il est relativement facile de distinguer l'humain d'une autre espèce mais trouver et choisir un ensemble de caractéristiques qui le distingueraient de l'ensemble des autres animaux (d'une façon qui serait différente des règles qui permettraient de différencier entre elles les autres espèces animales) n'est pas chose aisée.
règle de l'Homme]]
La pensée, le rêve, la peur, le rire, l'intelligence, la souffrance, l'utilisation d'outils, la sociabilité, le travail collaboratif, le suicide ou l'homosexualité, entre autres... sont des caractéristiques dites humaines qui se retrouvent aussi chez certaines espèces animales (le rire a été observé chez le chimpanzé). Cependant, certains comportements n'ont jamais pu être découverts chez d'autres espèces animales : la pratique d'une religion en particulier.
Selon la plupart des traditions philosophiques ou religieuses, l'être humain est un animal à part, bénéficiant de qualités particulières lui donnant le droit de se considérer comme supérieur aux autres espèces. (Dans le monde chrétien, l'Homme est fait à l'image de Dieu. Dans le monde chinois, il est l'agent intermédiaire entre le Ciel et la Terre.) Ainsi l'Homme se considère généralement comme l'espèce « dominante » sur la Terre, et l'environnement est mis à sa disposition pour satisfaire ses besoins.
Pour les biologistes, l'humain est un super-prédateur, qui modifie le biotope terrestre à une vitesse qui n'a jamais été atteinte sous l'effet d'autres êtres vivants. Cependant, limportance de cette modification est aujourd'hui encore bien loin derrière les effets d'autres êtres vivants, comme par exemple les bactéries qui ont façonné notre atmosphère.
Pour un neuro-biologiste l'Homme est un animal. La quasi-totalité de ses réactions sont liées à la perception de ses sens - dont l'odorat - et qui influe sur son comportement de façon non maîtrisée voire non consciente.
L'adaptabilité de l'Homme
Si l'on considère son aire de peuplement et la diversité des climats qu'il supporte, on peut penser que l'être humain est l'une des espèces vivantes les plus capables de s'adapter à des modifications extérieures.
Sans doute la fourmi, le rat ou les bactéries ont aussi un pouvoir d'adaptation élevé, mais à des échelles différentes. Pourtant, l'Homme est l'un des animaux les moins capables de se défendre dans la nature : il n'a pas de corne, pas de crocs, pas de griffes, etc.
Il n'a dû sa survie qu'à son intelligence et à sa faculté d'extérioriser ses moyens : alors que l'on estime que seules les mutations génétiques, rares et lentes, peuvent permettre à une autre espèce d'évoluer vers une nouvelle forme d'environnement, il suffit à l'Homme de quelques générations pour inventer et diffuser un nouvel outil servant aux mêmes fins.
Grâce à son ingéniosité technique, l'humain peut atteindre le pôle Nord et survivre dans le Sahara, gravir le mont Everest, plonger au fond des fosses sous-marines, traverser les océans, marcher sur la Lune.
Homo faber
Bien des spécialistes considèrent que le propre de l'humain réside dans sa faculté de créer des outils permettant de décupler ses forces, de mieux avoir prise sur son environnement, de mieux s'en protéger. Là encore, ce n'est pas un critère absolu car un petit nombre d'espèces, comme certains singes et certains oiseaux, connaissent et utilisent des outils.
L'être humain, animal social
Lune, Place de la Nation Paris]]
Le fait qu'en son immense majorité l'être humain ne puisse survivre qu'en société, et que ces sociétés d'humains sont en général tissées d'un réseau complexes de rites et d'usages, a été très tôt remarqué par les penseurs, en Orient comme en Occident : Aristote a défini l'humain comme un animal social, Confucius déclare que, personne ne pouvant vivre avec les bêtes sauvages et les oiseaux, chacun se doit de participer à la société. La plupart des grandes créations humaines sont le produit d'une généalogie complexe d'influences culturelles et des efforts conjugués d'un groupe ou d'un peuple. Des pyramides aux haiku, des didgeridoo aux navettes spatiales, c'est à une société d'humains que l'on doit attribuer la créativité et l'inventivité qui marque notre espèce.
Cependant, il ne s'agit probablement pas non plus d'un critère absolu, parce que des formes de société et de culture se trouvent assez largement dans d'autres espèces. La ruche est bien une société d'abeilles, des groupes de singes se transmettent des produits culturels qui ne se retrouvent pas sous la même forme dans le groupe voisin, pourtant soumis aux mêmes conditions d'existence..
L'être humain et ses langues
Même si plusieurs espèces ont des moyens de simple communication, rien de comparable aux élaborations humaines n'a été retrouvé jusqu'à présent. Les grammaires complexes ou les concepts abstraits que chaque humain utilise tous les jours avec une facilité déconcertante ne se retrouvent nullement à l'état naturel chez les autres espèces et il faut un intense effort d'apprentissage pour qu'un dauphin, par exemple, puisse manipuler les plus rudimentaires de nos concepts abstraits.
Ainsi, selon le linguiste Noam Chomsky, un trait distinctif des humains serait l'instinct du langage, un mécanisme inné du cerveau capable d'acquérir un langage par l'observation de notre entourage.
Certains anthropologues pensent que ces traits visibles (la fabrication d'outils et le langage) découlent d'un processus mental moins accessible, et peut-être propre à l'humain : la capacité à penser symboliquement. Les êtres humains peuvent penser dans l'abstraction, manipuler des concepts, des idées. Ils peuvent se mettre en question, utiliser des raisonnements logiques, élaborer des règles morales, planifier consciemment des actions à long terme, tout cela d'une façon qu'on ne connaît chez aucune autre espèce animale, même si certaines ont montré quelques amorces de facultés dans ces domaines. Homo sapiens signifie d'ailleurs « Homme sage », « Homme qui pense ».
Il faut noter cependant que l'on ignore tout des capacités cognitives des autres s du Homo, comme Homo Erectus, ou Homo neanderthalensis maintenant éteintes. On ignore même quelles étaient leurs capacités linguistiques. En revanche, ils fabriquaient des outils comparables aux nôtres, et la supériorité dHomo sapiens au paléolithique sur son contemporain Neanderthal n'a rien de certain.
En fin de compte, la question « quel est le propre de l'humain ? » relève sans doute d'abord de la philosophie. Du point de vue de la biologie, cette question est peu pertinente. Les chats, les dauphins ou les moineaux forment des espèces distinctes, mais on ne demande pas quelle est la chose qui leur appartient en propre et les distingue de tous les autres. Découvrir d'autres espèces qui façonnent des outils, ou disposent d'un langage symbolique éclairerait peut-être notre évolution, mais cela n'effacerait pas la différence entre les humains et d'autres espèces...
La survie
- L'homme est devenu omnivore il y a environ 3 millions d'années et a vécu de la chasse, de la pêche et de la cueillette jusqu'à une période récente où a commencé l'agriculture.
- Le feu fut domestiqué par Homo erectus il y a environ 1 million d'années.
La protection juridique de l'espèce humaine.
En droit français
La loi du 29 juillet 1994 relative au corps humain (une des lois dites bioéthiques)a introduit dans le droit français la disposition selon laquelle « Nul ne peut porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine » (article 16-4 1er alinéa Code civil); cette disposition figure parmi les principes généraux devant gouverner les recherches scientifiques et les pratiques médicales (articles 16 à 16-9 c.civ.). D'importants débats existent sur la portée et à la signification pratique à donner à cette interdiction : en effet les alinéas subséquents de l'article 16-4 ennoncent les interdictions de l'eugénisme, du clonage reproductif (cette interdiction a été introduite par la loi bioéthique du 7 août 2004) et de mofifier les « caractères génétiques dans le but de modifier la descendance de la personne ». Ainsi le premier alinéa doit-il être interprété indépendamment des autres, ce qui reviendrait à distinguer l'interdition de porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine, l'interdiction des pratiques eugéniques et l'interdiction du clonage, auquel cas le premier alinéa demeure demeure énigmatique ? Ou ce premier alinéa doit-il être interprété à la lumière des alinéas subséquents, auquel cas l'intégrité de l'espèce humaine serait atteinte par la réalisation d'actes d'eugénisme ou de clonage ?
Une réponse semble pouvoir exceptionnellement être recherchée dans la traduction pénale de ces interdictions : en effet ce sont les mêmes textes qui figurent dans le code civil et dans le code pénal, textes qui ont été de surcroît introduits par les mêmes lois.
Protégée pénalement depuis 1994 à l'article 511-1 du code pénal, dans le livre qui protégeait les animaux des sévices graves (le Livre V du code pénal), l'espèce humaine à reçu par la loi bioéthique du 7 août 2004 une protection renforcée, les dispositions la protégeant ayant été déplacées en partie dans le livre II, lui faisant partager à présent l'intitulé du Titre I qui réprimait les crimes contre l'humanité, soit : « Des crimes contre l'humanité et contre l'espèce humaine » , et lui consacrant le Sous-titre II intitulé « Des crimes contre l'espèce humaine » regroupant les articles 214-1 et suivant.
L'enjeux de ces dispositions est préserver les spécificités biologiques de l'espèce humaine que sont toutes ses caractéristiques génétiques :
crimes contre l'humanité]]
- par la répression des « pratiques eugéniques tendant à l'organisation de la sélection des personnes » (article 214-1 Code Pénal). De plus le Conseil d'Etat, dans son rapport du 25 novembre 1999 "Lois bioéthiques : cinq ans après", précisa qu'il fallait entendre dans cette définition le caractère systématique de la sélection afin de ne pas assimiler les pratiques de procréation médicalement assistée aux pratiques eugéniques : leur caractère non systématique est apprécié par l'exigence de « choix propres [, par nature contingent,] à des couples confrontés à l'annonce d'une maladie d'une particulière gravité ». La pertinence de ce critère est critiquée par la doctrine qui propose comme autre critère de distinction : le cadre thérapeutique ; ou encore, sur la distinction Kantienne selon laquelle il faut considérer l'homme non comme un moyen mais comme une fin, distinguer la sélection motivée par le sentiment d'empathie envers l'être à naître atteint d'une « maladie d'une particulière gravité reconnue comme incurable aux moment du diagnostique » (articles 2131-1, 2131-4, 2131-4-1, 2141-2 Code de la Santé Publique), de la sélection motivée par un sentiment utilitariste de cet être perçu comme devant permettre l'amélioration de l'espèce humaine.
- par la répression du clonage reproductif (article 214-2 Code Pénal), comme portant atteinte au caractère sexué de la reproduction humaine (consistant en la rencontre de gamètes de patrimoine génétique différent), et portant atteinte, à grande échelle, à la diversité biologique de l'espèce humaine (qui est un de ses facteurs d'adaptation). Le clonage thérapeutique, consistant en la création d'un embryon humain à partir de cellules d'une personne malade, destiné à fournir des cellules souches prélevées puis cultivées pour fournir un tissu ou un organe génétiquement compatible avec le patient, ou implantées dans le corps de celui-ci pour que son organisme reconstitue des cellules défaillantes, n'est pas réprimé au titre de la protection de l'espèce humaine, mais au titre de la protection de l'embryon dans le Livre V du code pénal(art. 511-17 et 511-18 Code Pénal). Par ailleurs l'infraction de clonage thérapeutique est un délit (puni d'un maximum de 7 ans d'emprisonnement et 100 000€ d'amende), alors que l'infraction de clonage reproductif est un crime (puni, tout comme le crime d'eugénisme, d'un maximum de 30 ans de réclusion criminelle et de 7 500 000€ d'amende). Cette différence de traitement est toutefois elle aussi critiquée dans la mesure où d'un point de vue anthropologique, toujours selon la distinction kantienne, le clonage thérapeutique déclasse la perception de la vie humaine au rang de médicament (à ne pas confondre avec le bébé médicament qui consiste, pour un couple ayant un enfant malade et désirant avoir un deuxième enfant, à saisir l'opportunité que peut offrir la compatibilité génétique des cellules du petit frère pour sauver l'aîné, par le prélèvement de cellules sur le cordon ombilical, le don de sang ou encore de moelle épinière, ce qui n'entrave nullement l'accès sain à la vie de cet enfant), donc de moyen, ce qui peut apparaître au moins aussi grave que le clonage reproductif (argument anthropologique proposé par Mme M-A Hermitte, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes de Science Sociale); toutefois d'autres auteurs justifient cette différence par le caractère d'utilité publique, d'intérêt général(pour les personnes nées atteintes aujourd'hui et demain d'une maladie grave et incurable), que peut revêtir la motivation de procéder à de telles recherches, contre le clonage reproductif motivé par le seul intérêt égoïste des couples d'avoir un enfant (Mikaël Benillouche, Maître de conférence à la faculté de droit de l'université de Picardie).
Les crimes contre l'espèce humaine peuvent être considérés comme le deuxième ensemble d'infractions le plus grave du système juridique français, après les crimes contre l'humanité, apparaissant en deuxième position (après les crimes précités) dans l'énonciation des infractions dans le code pénal et l'action publique se prescrivant, par exception au droit commun (10 ans pour les crimes), par un délais de 30 ans (ce délais ne commençant par ailleurs à courir qu'à la majorité de l'enfant qui serait né du clonage), l'action publique relative aux crimes contre l'humanité étant quant à elle imprescriptible. On peut par ailleurs voir dans les crimes contre l'espèce humaine le complément de la protection de l'Homme initiée par les crimes contre l'humanité : ces derniers protégeant l'Homme dans sa dimension métaphysique : le respect de son humanité : sa dignité ; les crimes contre l'espèce humaine protégeant l'Homme dans sa dimension matérielle : sa définition génétique : sa spécificité biologique.
Une question délicate doit toutefois demeurer, ce qui peut expliquer la différence hiérarchique dans la répression entre les crimes contre l'espèce humaine et les crimes contre l'humanité : si la dimension métaphysique de l'Homme est celle qui impose à l'Homme de se respecter, et si la dimension métaphysique est le niveau de réflexion qui a permis à l'Homme, à la différence des autres espèces animales, d'"évoluer", l'Homme a-t-il vocation à ne pas exploiter pour lui les connaissances qui accompagnent et engendrent son évolution ? A-t-il vocation à rester une espèce à reproduction exclusivement sexuée ? L'Homme résistera-t-il à la tentation d'organiser ce qu'il considérerait être l'amélioration de son espèce ? La protection actuelle de l'espèce humaine est-elle dictée par des principes immuables propres à la définition de l'Homme ou est-elle dictée par des principes contingents de précaution face à l'ignorance actuelle des conséquences de la modification volontaire et brutales de la définition biologique de l'Homme ? Autrement dit : l'Homme doit-il conditionner le respect qu'il doit avoir pour lui-même et la marche de son évolution à l'absence d'atteinte réalisée volontairement par lui-même à la pérennité de sa définition biologique actuelle qu'est homo sapiens ?
Voir aussi
- Humain
Liens externes
- ,
- [http://www.hominides.com Les évolutions de l'Homme, sur le site Hominides.com],
- [http://clv.dyndns.info/pdf/255640.pdf Merveilles de l'être humain], livre de W. Gitt, une vision chrétienne de « l'essence de l'Homme » (au format PDF, 9Mo)).
- [http://www.astrosurf.org/lombry/bioastro-origine-avenir-homme.htm|Luxorion dossier sur "L'origine et l'avenir de l'Homme"] récapitulation de l'histoire du genre Homo, et très pédagogiquement illustré
Catégorie:Organisme modèle
Catégorie:Anthropologie
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Catégorie:Mammifère (noms scientifiques)
Catégorie:Paléoanthropologie
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Science humaineLes sciences ont, de façon générale pour objet de dégager des généralités récurrentes, de définir des concepts. Les lois et les systèmes commencent toujours par la reconnaissance des rapports préexistants pour s’en écarter insidieusement et poser des absolus a priori, ce que Kuhn appelle des « paradigmes ».
Une vision mécaniste, causaliste, de l’environnement, semblait hier encore tout à fait concevable pour tous les domaines, mais elle ne l’est plus de nos jours. Un consensus s’est donc dégagé pour introduire une science expérimentale qui tout en s’intéressant aux phénomènes qui touchent à l’humain (psychologie, perception, cognition …) ou aux groupes d’hommes (sociologie, histoire, géographie, etc.) n’utiliserait que des paramètres qu’on ne saurait déduire d’un ensemble de phénomènes. Les sciences humaines se sont dégagées pour, prudemment, déffricher le le terrain de l’imperceptible, de l’immensurable, en se contentant de faire référence à la connaissance du moment.
On découvre alors qu’il existe une sorte de réalité “indépendante”, c’est-à-dire qui ne peut être appréhendée en l’état actuel de nos outils d’observation sensibles et conceptuels. Cette « métaréalité » n’appartient pas aux domaines étudiés par la science, et, bien qu’influant notre quotidien, elle ne saura jamais se rendre perceptible. On élabora ainsi plusieurs théories cognitives pour déchiffrer et balayer l’espace qui va du perçu à l’intelligible au connaissable : comment passe-t-on du phénomène à l’objet, de l’observation à la déduction de lois générales ? Si la connaissance interroge les phénomènes, elle interroge peut-être surtout, à travers eux, notre vision du monde, c’est-à-dire les relations entre un “sujet” et un “objet”. Les sciences humaines mesurent donc la dimension de l’esprit humain et prennent le pas sur des réflexions auparavant dévolues à la philosophie.
Cognition – perception
Aux efforts des psychophysiciens pour traduire l’accumulation quantitative par une modification qualitative de notre connaissance, se sont opposées des philosophies critiques à l’égard du déterminisme de la conscience. Par la suite, les théories psychanalytiques ont révélé l’inconscient, et permis la découverte de faits observables, susceptibles de contredire certaines conceptions réductrices (notamment les théories psychophysiologistes qui attribuaient à notre cerveau des fonctions localisées reliant certaines données conscientes à des ré¬gions précises de l’aire corticale).
De la physique à la psychologie, de la science à l’art, de la prospective à l’histoire, tous les domaines où le projet humain doit se concrétiser sont ainsi marqués du sceau de l’aléa, du flou de la connaissance des choses humaines, du chaos de la pensée, bref d’une valeur inopérante pour la déduction et qui pourtant joue un rôle des plus importants comme dimension cognitive de l’homme.
Seuls des esprits humains, capables de s’abstraire de la réalité, d’apposer leur représentation du monde sur un phénomène particulier ont pu réussir à passer du concret à la théorie, de l’expérience à la conceptualisation. Ils n’y sont parvenus qu’en situant cette intuition, cette formation d’une hypothèse, hors du champ de la recherche appliquée, hors de la seule déduction causale.
Expérimentation
L'émergence de ces sciences humaines et sociales à partir de la fin du et au mit en avant la difficulté d'appliquer la méthode scientifique à ces domaines. La société n'est pas expérimentable, et l'humain non plus : en effet l'expérimentation consiste à isoler des paramètres et à les faire varier séparément pour observer ce qui se passe. Isoler des variables n'est pas toujours faisable en sciences humaines. Mais il est parfois possible de le faire, par exemple en psychologie, où l'on peut englober des mécanismes cognitifs dans un système et procéder à des mesures statistiques (perception, mémoire,...).
Observation
Dans les sciences sociales, les phénomènes ne sont pas observables dans leur globalité :
- Soit le phénomène est trop vaste (Qu'est-ce qu'une famille ?), soit le phénomène est intime, caché (Quelles sont les motivations à former un couple ?) soit le phénomène est imperceptible, infra-ordinaire (Comment s'organisent les tâches ménagères ?)
Pour pallier cette difficulté les chercheurs essaient d'isoler les variables, de restreindre le domaine d'étude : plutôt que la famille on va restreindre à la famille bi-parentale en Provence dans les classes populaires dans les années 80. Ces restrictions apportent deux difficultés supplémentaires :
# En restreignant trop on risque de se priver de la compréhension du phénomène.
# Pour restreindre on utilise des catégories qui peuvent conduire à des interprétations orientées, on n'est donc plus tout à fait dans l'observation mais déjà dans l'analyse.
La vérification ou réfutation par l'expérience
Pour des raisons éthiques, l'homme en tant qu'objet d'expérimentation ne peut être manipulé dans des conditions limites (on voit mal appliquer des paramètres pouvant conduire au suicide ou au divorce).
Voir aussi
- Psychologie
- Sociologie
- Psychanalyse
Lien externe
- [http://www.populationdata.net Portail des sciences humaines et géographiques]
- revue [http://www.scienceshumaines.com/homepage.do Sciences humaines]
-
ja:人文科学
Émile DurkheimDavid Émile Durkheim (1858-1917) est un sociologue et anthropologue français, considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie moderne.
Biographie
Né à Épinal en 1858, Durkheim appartenait à une lignée de rabbins. Refusant de devenir rabbin, il entre à l'École normale supérieure et obtient l'agrégation de philosophie en 1882. Cette éducation lui permet de s'inscrire dans une double tradition culturelle judaique et classique. Il devient professeur et est notamment chargé des cours de pédagogie et de sciences sociales à Bordeaux en 1887. C'est à Bordeaux qu'il commença la rédaction de ses ouvrages de sociologie. En 1902, il fut nommé à la Sorbonne, où il remplaça Ferdinand Buisson, mais dut attendre 1913 pour que son enseignement soit officiellement élargi à la sociologie.
Politiquement, Durkheim est resté assez discret. Il est certes un dreyfusard de la première heure, membre fondateur de la ligue pour la défense des droits de l’homme, toutefois il se refuse à influencer ses étudiants sur l’innocence ou la culpabilité du capitaine. Ami de Jaurès, le sociologue défend parfois des thèses socialistes-réformistes. Certains éléments de sa réflexion le rapprochent du radicalisme voire solidarisme de Léon Bourgeois.
Pacifique, Durkheim s’engage pour la défense de la mère-patrie. Il s’engage dans de nombreux comités, qui doivent organiser la mobilisation intellectuelle en France et à l’étranger face à l’Allemagne et à sa culture. Les fruits de cette collaboration sont des pamphlets comme Qui a voulu la guerre ou l’Allemagne au-dessus de tout.
Son fils meurt au combat. Durkheim sombre alors dans une grande tristesse, qui explique en partie son décès précoce en 1917.
Formé à l'école du Positivisme, il définit la spécificité du fait social, c'est-à-dire l'indépendance du groupe par rapport aux hommes et, comme tel, non réductible à la somme des caractéristiques et des comportements individuels et pouvant donc imposer une contrainte à l'individu. Extériorité et contrainte caractérisent le fait social. Cette thèse fit de lui le véritable fondateur de la sociologie en tant que discipline autonome. Son esprit positiviste le poussa à adopter une conception presque médicale du fait social en distinguant le normal et le pathologique. Durkheim juge qu'il y a des sociétés malsaines et il définit aussi à ce titre lanomie qui est une forme de pathologie de la division du travail. C'est-à-dire celle où il n'existe pas de réglementation ou seulement une réglementation insuffisante dans les règles légales. L'apport de Durkheim à la sociologie est fondamental puisque sa méthode, ses principes et ses études exemplaires, comme celle sur le suicide, constituent jusqu'à nos jours les bases de la sociologie moderne.
Théorie et Idées
:« ...considérer les faits sociaux comme des choses... »
L'étude roulette du fait social en tant qu'objet n'a pas pour intention de le ramener à un sujet purement matériel mais plutôt de lui donner une forme concrète afin d'éviter un glissement vers une sociologie spontanée et subjective. Il faut avant tout définir le fait social objectivement pour donner une légitimité à son étude, le distinguer de l'idée.
Le fait social est toutefois difficile à déterminer, c'est pourquoi Durkheim énonça certaines constantes permettant sa mise en évidence et son étude.
Tout d'abord, les faits sociaux sont extérieurs à l'individu et doivent être expliqués « par les modifications du milieu social interne et non pas à partir des états de la conscience individuelle » afin de ne pas confondre les faits sociaux avec d'autres variables telles que la psychologie du sujet, son contexte familial, culturel, etc.
Afin de rendre compte d'un fait social absolument pur, on utilise les statistiques qui permettent de neutraliser les variations entre individus et finalement d'étudier une moyenne qui pourtant ne sera pas apparente dans la société, cela à cause des variables précédemment citées. Le fait social représente donc « un certain état de l'âme collective ».
Un autre critère permettant de définir le fait social est son caractère contraignant, il s'impose à l'individu et non le contraire. Il correspond à un système de normes établies pour et par la société et n'est que rarement modifiables autrement que par un bouleversement social ; l'homme acquiert nombre d'entre elles dès le début de son éducation et tend à en intérioriser une grande partie. L'éducation détient le rôle d'institution socialisatrice par excellence, elle fait de l'enfant un être social. Puisque présent dès l'enfance, le caractère contraignant des faits sociaux se fait moins évident et devient une habitude: c'est le principe de socialisation.
On peut toutefois mettre en évidence cette notion de contrainte grâce aux institutions, celles-ci étant antérieures à chacun d'entre nous donc légitimes, et aux sanctions qu'elles infligent. Elles peuvent être directes ou indirectes mais dans tous les cas, elles ne cessent de rappeler à l'individu que ce sont les faits sociaux qui s'imposent à lui et non le contraire.
Un vol, par exemple, peut être puni par une peine de prison mais il existe également des sanctions moins manifestes et le phénomène de la mode est l'un des cas les plus explicites : si un individu décide de porter une botte autour du cou, les moqueries et les regards amusés de son entourage constitueront une sanction à ce non-conformisme bien qu'il ne soit pas contraire à la loi.
Les deux principales caractéristiques d'un fait social sont donc son caractère collectif et contraignant : « Bien loin qu'ils soient un produit de notre volonté ils la déterminent du dehors ».
Emile Durkheim propose cette définition : les faits sociaux "consistent en des manières d'agir, de penser et sentir, extérieures à l'individu, et qui sont douées d'un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s'imposent à lui"
Finalement, Durkheim définit le fait social comme suit:
:« Est fait social toute manière de faire, fixée ou non, susceptible d'exercer sur l'individu une contrainte extérieure; ou bien encore, qui est générale dans l'étendue d'une société donnée tout en ayant une existence propre, indépendante de ses manifestations individuelles. »
Un point important de l'étude sociologique est l'objectivité du sociologue: Comment étudier un objet qui dès le départ conditionne l'observateur ? L'observation doit être le plus impersonnelle possible mais ne le sera jamais parfaitement. C'est pourquoi la méthode de Durkheim s'appuie sur la comparaison plutôt que sur l'étude d'un fait social pris indépendamment: le fait social sera étudié en fonction des autres faits sociaux et non en fonction de la personne qui l'étudie.
Durkheim a été vivement critiqué dans sa tentative d'établir la sociologie comme une science. Certains ont considéré sa définition du fait social comme une vision minimaliste du monde réel. D'autres, comme Robert K. Merton, voient dans les hypothèses de Durkheim « une orientation [qui] ne fournit qu'un cadre très large à l'enquête empirique ».
Une des affirmations de Durkheim a suscité l'incompréhension chez ses contemporains : dans Les règles de la méthode sociologique, il déclare que le crime a une fonction dans la société et qu'il est par conséquent normal.
Un fait social est normal pour un type social déterminé, considéré à une phase déterminée de son développement, quand il se produit dans la moyenne des sociétés de cette espèce, considérées à la phase correspondante de leur évolution.
Bien qu'il soit non-conforme aux normes sociales, il est présent dans toutes les sociétés, ce qui fait de lui un phénomène normal. De plus, « le tort qu'il fait à la société est annulé par la peine, si elle fonctionne régulièrement ». Il est donc possible de juger le bon fonctionnement d'une société selon la répression exercé sur les crimes.
Durkheim fut également accusé de déterminisme après la publication de ses théories. En effet, quelle liberté reste-t-il à l'homme dans une société aussi contraignante que celle qu'il décrit? Quelle place accorder au libre arbitre?
Alors que Durkheim tentait d'expliquer les phénomènes sociaux à partir des collectivités, un de ses contemporains, Max Weber, étudiait une toute autre approche de la sociologie, parfaitement à l'opposé du holisme de Durkheim. Pour Weber, en effet, « l'action humaine [est] orientée significativement par rapport à autrui », et les phénomènes sociaux s'expriment à travers l'individu. Alors même que la sociologie en tant que telle venait d'apparaître, deux tendances extrêmes voyaient déjà le jour : le holisme de Durkheim (très critiqué par Raymond Aron) et l'individualisme de Weber, l'opposition entre les structures sociales et le jeu des acteurs dans les phénomènes sociologiques.
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Les citations sont extraites de Les règles de la méthode sociologique, PUF, 1963
Ouvrages
- 1892 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/Montesquieu_Rousseau/Montesquieu/Montesquieu.html«La contribution de Montesquieu à la constitution de la science sociale»]
- 1893 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/division_du_travail/division_travail.htmlDe la division du travail social]
- 1895 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/regles_methode/regles_methode.htmlLes règles de la méthode sociologique]
- 1897 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/suicide/suicide.htmlLe suicide]. Pour Durkheim, le taux de suicide ne peut s'expliquer qu'à partir d'une analyse globale de la société ; il montre que celui-ci varie en proportion inverse du degré d'intégration des groupes sociaux dont fait partie l'individu.
- 1912 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/formes_vie_religieuse/formes_vie_religieuse.htmlLes Formes élémentaires de la vie religieuse]. Les représentations religieuses sont en fait des représentations collectives : l'essence du religieux ne peut être que le sacré, tout autre phénomène ne caractérise pas toutes les religions. Le sacré, être collectif et impersonnel, représente ainsi la société elle-même. Voir Anthropologie religieuse.
- 1914 - [http://www.uqac.uquebec.ca/.../classiques/dupin_gustave/Poincare_guerre_1914/Poincarre_et_la_guerre.rtfQui a voulu la guerre ?] (En collaboration avec Ernest Denis)
- 1915 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/allemagne_par_dessus_tout/allemagne.html“ L'Allemagne au-dessus de tout ”] La mentalité allemande et la guerre
Posthume ?
- 1918 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/Montesquieu_Rousseau/Rousseau/Rousseau.html« Le “Contrat social” de Rousseau »]
- 1922 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/education_socio/education_socio.htmlÉducation et sociologie]
- 1928 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/le_socialisme/le_socialisme.htmlLe socialisme. Sa définition - Ses débuts - La doctrine saint-simonnienne]
- 1938 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/evolution_ped_france/evolution_ped_france.htmlL'évolution pédagogique en France]
Cours
- 1883-1884 - [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/cours_philo_lycee_sens_1884/cours_philo_lycee_sens.htmlCours de philosophie dispensé au Lycée de Sens 1883-1884]
- 1902 - 1903 [http://www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/education_morale/education_morale.htmlL'éducation morale] (Cours dispensé à la Sorbonne en 1902-1903)
Voir aussi
Bibliographie
- Barnaud A., Emile Durkheim im ersten Weltkrieg 1914-1917, schriftliche Arbeit zur Erlangung des Akademischen Grades "Magister Artium", historischer Seminar der Eberhard-Karls-Universität, Tübingen 2004
- Etienne J., Bloess F., Noreck J.-P., Roux J.-P., Dictionnaire de sociologie: les notions, les mécanismes, les auteurs, Hatier, 1997
- Jones, Robert A., Emile Durkheim: an introduction to four major works, Masters of Social Theory, vol.2, Sage Publications, 1986
- Lallement, Michel, Histoire des idées sociologique: des origines à Weber, Circa, 1993
- Lukes, Steven, Emile Durkheim, his Life and Work, London 1973
- Mendras, Henri, Eléments de sociologie, Armand Colin, 1996
- Merton, Robert, Eléments de théorie et de méthode sociologique, Armand Colin, 1997
Liens externes
- [http://atheisme.free.fr/Biographies/Durkheim.htm Biographie et citations d'Emile Durkheim]
- [http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Durkheim_emile/durkheim.html Importante collection de textes]
- [http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Emile_Durkheim Durkheim sur l'encyclopédie de l'agora]
- [http://www.memo.fr/Dossier.asp?ID=301 Analyse de ses œuvres sur memo.fr]
Durkheim, Emile
Durkheim, Emile
Durkheim, Emile
Durkhein, Emile
Durkhein, Emile
ja:エミール・デュルケーム
ko:에밀 뒤르켐
th:อีมิล เดอร์ไคหม์
PsychologieLa psychologie est la science de l'âme ou psyché, et de ses interactions avec les nombreuses fonctions innées, sensitives, affectives ou intellectuelles et l'étude du comportement humain en général. Divisée en de nombreuses branches d’étude, ses disciplines abordent le domaine aussi bien au plan théorique que pratique, avec des applications thérapeutiques, sociales, et parfois politiques ou théologiques.
Définition
Étymologiquement, la psychologie est la science (logos) de l'âme ou psyché (psukhê). En son sens grec, cette étude porte sur les fonctions végétatives (psychophysiologie), sensitives (perceptions, motivation, motricité) et intellectives (psychologie cognitive), (cf. Aristote, Peri Psukhè).
L'objet d'étude de la psychologie est un débat non clos depuis des siècles, si bien que selon les auteurs, la psychologie s'est trouvée centrée sur des objets très différents, sans qu'il soit encore possible aujourd'hui de décider quelle est la théorie unitaire qui serait largement acceptée.
Ainsi les approches de cette question extrêmement complexe se partagent traditionnellement en celles qui considèrent que l'objet de la psychologie est le comportement et sa genèse, ou les processus de la pensée, ou les émotions et le caractère ou encore la personnalité, les relations humaines, etc.
Mais certaines disciplines psychologiques se distinguent non par l'objet d'étude proprement dit mais par la méthode utilisée (clinique, expérimentale, différentielle, etc.) et d'autres par l'activité humaine considérée (travail, apprentissage, soin, éducation, etc.).
Certaines disciplines de la psychologie se combinent avec d’autres, soit dans des champs connexes soit comme sous-domaines d’un champ d’études plus vaste, et sont souvent soumises à de redoutables problèmes épistémologiques, par exemple la psychopédagogie, la psychosociologie ou la psychopathologie, etc. En effet, il est difficile de dire par exemple ce qu’est ou n’est pas la pathologie en général (cf. Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique (1943) de Georges Canguilhem) et donc encore plus difficile de préciser la pathologie de l’esprit, de la personnalité… poser la question, c’est se rendre compte des écueils théoriques qui ne sont toujours pas dépassés.
Enfin, le rapport de la psychologie avec la philosophie a été très étroit, voire indiscernable, pendant longtemps (la morale, la conscience, l'action, etc. sont des thèmes traditionnellement philosophiques que l'on rencontre en psychologie). Certaines psychologies sont ainsi orientées par des thèses philosophiques (personnalisme, humanisme, biologisme, etc.).
C'est cette extrême diversité qui en fait la complexité historique, les résultats localement acquis se croisent et il faut de longues études pour en démêler la rationalité et l'intérêt. Il est ainsi très facile d'obtenir des théories inconsistantes ou de réaliser des synthèses incohérentes, qui ne manquent pas tout au long de l'histoire multimillénaire de la psychologie.
A côté de la psychologie « savante », il existe pour chacun le sentiment « d'en savoir quelque chose » puisque nous savons tous ce qu'est un caractère, un sentiment, une pensée, une relation affective, etc. Alors, que peut dire de plus le psychologue sur ces questions? D'autant que la plupart des affirmations psychologiques générales paraissent pouvoir être contredites ou trouver un contre-exemple qui les ruine.
Il est aussi possible d'opposer, dans le champ des sciences humaines, la psychologie à la sociologie, à l'anthropologie et aux sciences politiques, en ce qu'elle étudie d'abord des personnes.
Ainsi que ce soit en théorie ou en pratique, la définition de l'objet de la psychologie est une question non résolue.
Problématiques de la psychologie
La psychologie est traversée par plusieurs problématiques qui la fragmentent selon les options prises par ceux qui l’étudient. La combinaison rationnelle et synthétique des résultats n’est pas l’objet d’un consensus général, même si bien sûr beaucoup de résultats se sont accumulés et si localement, il est possible d’affirmer que certaines hypothèses sont justes ou fausses.
Idéalisme et matérialisme
La problématique la plus ancienne et la plus générale est celle que la philosophie projette depuis les origines sur les études de psychologie : les conceptions idéalistes et matérialistes s’opposent depuis Platon et Épicure et sont sensibles à toutes les époques avec des nuances, des compromis variables selon les auteurs (cf. Histoire de la psychologie). Cette problématique traverse les sciences dites cognitives : les recherches qui utilisent des outils modernes pour analyser matériellement le cerveau et comprendre son fonctionnement vont-elles trouver le sens de ce que vit la personne ?
Méthode scientifique générale et méthode psychologique spécifique
Le problème est que la psychologie n’a pas sa méthode spécifique d’étude : chaque grande étape dans l’histoire de la psychologie est marquée par l’utilisation de méthodes scientifiques qui ont obtenu des succès dans d’autres champs et qui sont appliquées à ce qui paraît être l’objet d’étude de la psychologie, adéquat à la méthode… raisonnement circulaire qui a des effets limitée et inévitable. Par exemple, la méthode expérimentale sera appliquée au cours des XIXe et XXe siècles, avec des résultats très critiquables : Wilhelm Wundt paraît limiter la psychologie à ce que mesure ses instruments (temps de réaction, excitabilité,…) ou les études comportementalistes (behavioristes) vont refuser d’étudier la conscience ou la pensée en considérant que c’est une « boîte noire » dont on ne peut rien dire, rien mesurer.
Ainsi, la méthode linguistique, la méthode herméneutique, etc. vont tour à tour apporter des informations mais surtout des critiques à l’égard des autres méthodes et de leurs résultats…Mais ces résultats intéressants peuvent parfois inciter le sujet a la tentative de suicide par la transformation de sa psychomorphologie.
Cerveau et société humaine
Cette problématique est la conséquence de la position de la psychologie à la frontière de domaines immenses peu maîtrisés scientifiquement :
- le « cerveau », est l'objet le plus complexe que nous connaissions dans l’univers, nos connaissances à son sujet s’élaborent tous les jours, mais nous sommes loin d’en avoir fait le tour… ;
- la « société humaine », dont le passé a déterminé ce qu’est l’espèce humaine aujourd’hui et dont le fonctionnement est très complexe sous tous ses aspects,
forment l’un et l’autre ce que nous sommes individuellement.
Individuel et collectif
Cette problématique oppose l’individuel au collectif. Beaucoup de théories se sont affrontées sur cette dimension des études psychologiques, sans qu’une conclusion consensuelle se dégage actuellement sur les rapports entre la personne et la société. Certains « décident » que c’est la personne qui permet à la société d'exister et de se transformer, pour d’autres c’est le contraire et, bien entendu, beaucoup pensent que les deux sont nécessaires, mais de quelle manière est ce le mieux ?
Inné et acquis
Cette problématique n’est pas la plus simple ni la dernière, les rapports entre ce qui est déterminé génétiquement et ce qui est acquis de l'environnement ou socialement ont occupé les universités depuis longtemps et peut-être les occuperont encore longtemps, jusqu’à ce que nous sachions penser scientifiquement ces relations. La méthode statistique est cette fois appliquée sur des notions et des concepts dont la scientificité est loin d’être assurée : l’« intelligence », le « patrimoine génétique », le « niveau socioculturel » et donne des résultats divergents selon les études…
Développement et permanence
Qu’est-ce qui chez l’adulte reste de l’enfant, qu’est-ce qui chez l’enfant détermine l’adulte qu'il sera ? L’écho s’en fait entendre dans les affirmations du type « Tout se joue avant six ans ! » ou « Il faut rester enfant pour être créatif ! » dont la scientificité est éminemment douteuse.
Humain et animal
Comment penser l'évidente différence entre une société humaine et un groupe de primates, tout en intégrant la continuité de l'évolution de l'animal vers l'homme ? La psychologie de l'animal est-elle suffisante pour comprendre l'humain ? Comprendre la pensée humaine sans la lier à la pensée non verbale de l'animal, est-ce correct ?
Conscient et inconscient
La découverte que les humains ne maîtrisent pas tous leurs actes, que des paroles, des moments de leur vie intellectuelle ou affective ne sont pas conscients a bouleversé l'image d'un homme de raison, maître de lui-même et du monde. La conscience claire devient un objectif mais n'est pas donnée naturellement...
Chaque champ d’études de la psychologie pose ainsi de difficiles oppositions que les auteurs tranchent ou accommodent pour tenter de construire une démarche scientifique, comme le rapport entre raison et folie ou celui entre normal et pathologique, déjà évoqué.
L’histoire de la psychologie n’est donc pas une construction linéaire où les progrès se sont accumulés dans une même direction, à partir d’un même objet. S'il est assez simple d'établir une chronologie de l'histoire de la psychologie, le cours de son histoire est plein de fractures, de contradictions dès que l’on cherche à étendre les résultats en dehors de la zone étroite où ils ont été élaborés. Cette histoire appartient fondamentalement à la psychologie : il est difficile d’étudier la psychologie sans connaître son histoire, le risque en l'ignorant est de répéter des erreurs déjà critiquées.
Classement des disciplines et approches psychologiques
Le classement proposé des diverses disciplines psychologiques est empirique, il utilise les catégories classiques de la méthode scientifique ; objet d'étude, méthode d'analyse, champ d'étude. Comme tout classement empirique, il n'est pas totalement satisfaisant et les disciplines appartiennent à plusieurs catégories, mais l'accent est mis sur un aspect du fait du nom choisi par les fondateurs.
C'est une des tâches essentielles de la psychologie et de son épistémologie que de parvenir à définir scientifiquement son objet d'étude, sa méthode et son champ d'étude. Travail en cours mais qu'on ne peut considérer comme achevé ou même stabilisé.
- Les approches psychodynamiques (psychanalyse)
- La psychologie de la forme (Gestalt)
- Le comportementalisme (béhaviorisme)
- La psychologie cognitive
- Le connexionnisme
- L' approche écosystémique
Selon l'objet d'étude
- La psychologie animale
- La psychologie du développement
- La psychologie de la personnalité
- La psychologie sociale
- La psychologie de l'éducation
- La psychologie environnementale
- La psychophysiologie
Selon la méthode d'étude
- La psychométrie
- La psychologie expérimentale
- La psychologie différentielle
- La psychologie du développement historico-social
- La psychologie computationnelle (informatique)
- La psychologie clinique
- La psychanalyse
- La psychologie humaniste
- La psychologie transpersonnelle
- La psychologie criminologie
- La psychologie interculturelle
Selon le champ d'étude ou de pratique
- La psychologie scolaire
- La psychologie du travail
- La psychologie de la santé
- La psychologie du sport
- La psychologie légale
- La psychologie du couple
- La psychothérapie
Selon les articulations avec des champs connexes
- La psychopédagogie
- La psychopathologie
- La psychophysiologie
- La neuropsychologie
Notions de psychologie
- accompagnement
- agression
- apprentissage
- aptitudes
- associationnisme & connexionnisme
- attitude et influence sociale
- cerveau et système nerveux
- cognition
- cognition sociale
- conditionnement
- conscience et inconscient
- complexes
- complexe œdipien
- comportement
- comportement addictif
- compréhension
- contexte
- développement
- dépression
- deuil
- dynamique des groupes
- émotion
- ergonomie cognitive
- estime de soi
- expertise
- foules
- forme
- groupe restreint
- gestalt
- instruments d'évaluation
- intelligence
- introspection
- intentionnalité
- langage et acquisition du langage
- lecture
- mécanisme de défense
- mémoire
- méthodes de recherche
- modèles mentaux
- modélisation-simulation
- morphopsychologie
- motivation
- mimétisme
- narcissisme
- névrose
- passage à l'acte
- pédagogie
- perception
- personnalité
- population
- psychologie appliquée
- psychopathe
- psychose
- psychotrope
- planification
- pulsion
- raisonnement et prise de décision
- relationnel
- représentation
- résolution de problème
- retard mental
- santé mentale
- savoir-faire
- sens
- sensation
- sexualité
- stress
- statistiques
- psychothérapie
- théorie de l'esprit
- thérapies psychologiques
- transfert
- traumatisme
- trouble de l'attachement
- Trouble de la personnalité borderline
- trouble obsessionnel compulsif (TOC)
- victimologie clinique
Histoire de la psychologie
Voir aussi : Chronologie de l'histoire de la psychologie
Fin du XIXe siècle et début du XXe : les premières réussites
Dans l'esprit actuel, nous constatons une façon de réécrire l'histoire en mettant en avant tout ce qui favorise l'éclairage scientifique. C'est ainsi que peut naître la confusion entre la neurologie et la psychologie.
Pour la neurologie, il va sans dire que les premières réussites sont par exemple :
- Hermann von Helmholtz (1821–1894) : A prouvé que les nerfs conduisaient bel et bien de l’électricité.
- Camillo Golgi (1843–1926): En 1873, grâce à une solution de nitrate d’argent, il devient possible pour la première fois de voir les neurones.
- Santiago Ramón y Cajal (1852–1934) : Appliquera la technique de Golgi pour préciser la structure du système nerveux. Est à l'origine de la théorie cellulaire, c-à-d de la non-continuité entre les neurones. Partage le prix Nobel de physiologie et médecine de 1906 avec Golgi.
- Hermann Ebbinghaus (1850–1909) : A été le premier à appliquer une méthode expérimentale dans l’étude de la mémoire.
- Charles Scott Sherrington (1857–1952) : Malgré les relations de communication entre les neurones mis à jour par Ramón y Cajal, c’est lui qui utilise la terme « synapse » pour la première fois.
- Otto Loewy (1873–1961) : En 1921, il démontre expérimentalement la transmission chimique d’informations entre les neurones, par le biais des neurotransmetteurs, qu’il contribuera à décrire.
- Wilder Penfield (1891–1976) : Fondateur de l’Institut de neurologie de Montréal en 1934, il a été un précurseur dans l’identification des zones cérébrales reliées à certaines activités (ex.: homoncule) en tentant de découvrir un remède à l’épilepsie.
En ce qui concerne la psychologie plus précisément, il est plus difficile de situer une période permettant de qualifier les « premières » réussites. Rappelons que c'est l'échec de Freud à propos de l'hypnose qui fut la grande réussite de la psychanalyse. Si nous devions trouver des repères marquants, ce serait plus du côté des méthodes employées, et à ce titre, la modernité caractérise ses avancées en psychologie essentiellement en s'appuyant sur le concept de méthode psychologique qui est véritablement la « réussite » marquante la plus manifeste d'un point de vue développemental.
Le début du XXe siècle : l'approche méthodologique en psychologie
- Freud et l’inconscient La psychanalyse sonne le départ d'une longue démarche réflexive sur l'être humain à partir d'un lexique renouvelé et d'une méthodologie foisonnante (souvent difficile à cerner) encore fertile un siècle plus tard, bien que cette page du Wikipédia ne fasse pas jusqu'à présent la part des choses...
- Le behaviorisme (la psychologie du comportement)
- La relation stimulus-réponse: le conditionnement (classique, opérant).
- Un modèle d’explication trop simpliste.
- L’impasse scientifique: l’impossibilité d’étudier les phénomènes complexes de la pensée (la boîte noire).
- Donald Hebb (1904–1985) : L'un des premiers à s’opposer à la perspective behavioriste et à amorcer l’étude du traitement de l’information. Il a élaborée une théorie qui, quoique largement spéculative, fait état de grandes caractéristiques cérébrales :
- # L’efficacité des connexions entre les neurones augmente en fonction de leurs activités pré et post-synaptique.
- # Des réseaux de neurones tendent à s’activer simultanément de manière à former des groupes dont l’activité persiste à leur action et peuvent même la représenter.
- # La pensée s’élabore à travers l’activation séquentielle de groupes de neurones.
Les mathématiques, l’informatique et les débuts du courant cognitiviste
- Norbert Wiener (1894–1964) et la cybernétique (Control Theory) : Mathématicien américain, il a appliqué les statistiques à la communication et a fondé la cybernétique (le contrôle et la communication chez l’animal et la machine).
- Un des premiers à comparer le cerveau à un ordinateur.
- Pionnier des sciences cognitives modernes, il a précisé les concepts de « but » et de « rétroaction ».
- Le contrôle, lors de la réalisation d’une activité, passe par la détermination de divers buts hiérarchisés. L’activité fournit des informations qui sont constamment comparées aux buts, ce qui constitue la rétroaction et guide l’action.
- Exemple de l’atteinte d’un but personnel.
- Alan Mathison Turing (1912–1954) : Mathématicien et logicien anglais.
- Machine de Turing : constitue la base de la théorie des automates. Elle formalise le concept d’algorithme et est représentées par une succession d’instructions agissant en séquence sur des informations d’entrée et susceptibles de fournir un résultat.
- Une machine peut-elle penser ? Expérience de pensée : conversation entre un homme et une machine, comment un observateur extérieur pourra-t-il distinguer l’homme de la machine ? Voir aussi le test de Turing.
- John von Neumann (1903-1957) : Mathématicien américain d’origine hongroise.
- Physique quantique : unification mathématique de la théorie ondulatoire d'Erwin Schrödinger et de la mécanique des particules de Werner Heisenberg.
- Théorie des jeux: co-fondateur (avec Morgenstern) et de son application à l'économie mathématique.
- Précurseur de l’intelligence artificielle (IA) : a eu l’idée de coder les programmes (au lieu de branchements physiques), modèle qui a toujours cours aujourd’hui.
- S'intéresser au traitement de l'information par les organismes biologiques pour définir des applications à des machines artificielles (précurseur du connexionnisme et des neurosciences).
- Herbert Simon (1916-2001). Économiste américain, Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, 1978.
- Initiera le débat sur les limites de la rationalité : contraintes sur la capacité des agents à traiter l’information disponible.
- Comment des capacités limitées peuvent évoluer dans un environnement immensément complexe ?
- Avec Allen Newell, l’un des pionniers de l’informatique, ils développeront:
- La résolution humaine de problèmes à travers des procédures.
- Élaboreront la notion de processus cognitif dans un contexte d’IA.
La perspective cognitive : le retour de la « boîte noire »
- La recrudescence de l’intérêt pour l'aspect modulaire des processus de pensée.
- Les nouveaux modèles théoriques du traitement de l’information.
- La réfutation de l’impasse scientifique formulée par les behavioristes.
Le développement des moyens d’investigation :
- Électro-encéphalographie (EEG) : mesure des différences de potentiel électrique à la surface du scalp.
- Magnéto-encéphalographie (MEG) : mesure des champs magnétiques à la surface du scalp.
- Imagerie par émission de positrons (PET)
- Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF)
Le traitement de l’information
Questions clés:
- Comment les informations sont-elles intégrées (sensations) ?
- Quelle est leur signification première (perception et reconnaissance) ?
- Comment elles sont stockées, organisées (mémoire) et modifiées (apprentissage) ?
- Comment les utilisons-nous (langage, raisonnement, prise de décision, résolution de problèmes) ?
- Comment sont-elles | | |