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Suicide
Étymologie
Le suicide (du latin sui cadere, se tuer soi-même) est l'acte délibéré d'en finir avec sa propre vie.
:Dans le domaine médical, on parle aussi d'autolyse (destruction — suffixe -lyse — appliquée à soi-même — préfixe auto).
Définition
Pour considérer qu'on est en présence d'un suicide, la mort doit être l'intention de l'acte et non simplement une de ses conséquences. Un attentat-suicide, par exemple, sera considéré comme relevant plus d'une action terroriste que du suicide.
Si le suicide a des conséquences légales, il doit être généralement prouvé qu'il y a eu intention et mort pour que l'acte soit qualifié de suicide selon la loi.
Religion et société face au suicide
Il est considéré comme un péché dans beaucoup de religions et comme un crime selon certaines législations. La raison est la même dans les deux cas : on sanctionne une personne pour avoir voulu disposer de sa vie alors que cette dernière est censée appartenir à quelqu'un d'autre, Dieu ou souverain.
De même, dans l'empire romain, il était d'usage qu'un proche de l'empereur désirant mettre fin à ses jours en demande au préalable l'autorisation à ce dernier. On en trouve l'illustration par exemple dans les Mémoires d'Hadrien.
Certaines cultures voient au contraire dans le suicide une issue honorable face à certaines situations perçues comme trop honteuses ou sans espoir. C'est le cas du seppuku japonais.
L'académicien Jacques Laurent fait remarquer dans Les corps tranquilles que les personnes qui se suicident laissent parfois un message derrière elles pour expliquer leur geste, tandis que celles qui ne se suicident pas n'expliquent jamais pourquoi. Au-delà de la boutade, cette phrase nous rappelle que le suicide est, dans certains cas, un acte réfléchi.
Causes du suicide
Le suicide peut être dû à des difficultés psychologiques, notamment dépression nerveuse. Les autres cas (suicide suite à un déshonneur par exemple) sont plus rares dans les cultures occidentales. On a observé des cas où un suicide s'accompagnait du meurtres d'autres personnes (souvent le compagnon, les enfants), on parle dans ces cas de suicide étendu ou élargi.
La psychiatrie, la psychologie, la sociologie, la philosophie, la théologie et le droit s'intéressent dans leurs domaines respectifs à la question du suicide. À côté de ces études théoriques, il existe des mesures pratiques pour la prévention du suicide et l'accompagnement de ceux qui commettent une tentative de suicide.
Vocabulaire
- Le suicidaire est la personne qui songe au suicide ou dont le comportement morbide révèle un caractère létal.
- Le suicidant est la personne ayant commis une tentative de suicide qui n'a pas abouti au décès
- Le suicidé est la personne qui a réalisé son suicide (ou dont on constate le suicide).
- On parle de "suicide complété" ou de "comportement suicidaire fatal" lorsque l'acte posé par l'individu a abouti et de "comportement suicidaire non fatal" lorsque l'acte posé n'entraîne pas la mort de l'individu
Statistiques
Généralités
Dans le monde, 815 000 personnes se sont suicidées en 2000, soit 14,5 décès pour 100 000 habitants (un décès toutes les 40 secondes) - [http://www.who.int/violence_injury_prevention/violence/world_report/en/chap7fr.pdf source OMS (PDF)].
Le suicide touche davantage les hommes que les femmes. En fait, le nombre de tentatives réussies est plus important chez les hommes que chez les femmes, sans doute parce que les hommes choisissent plus souvent des moyens violents (pendaison ou arme à feu contre intoxication médicamenteuse). De plus, ils sont très isolés et il est donc souvent difficile d’observer leur trouble. Contrairement aux femmes, ils n’ont pas l’intention de changer leur milieu, mais ils désirent seulement mettre fin à leur souffrance. Par rapport à l'âge, si les jeunes sont particulièrement concernés par ce problème, le nombre de suicides est plus important encore plus tard et la courbe des suicides chez les hommes a la forme d'un n avec un pic vers 50-60 ans.
Le suicide touche tout le monde, sans distinction de « classe ». Il semblerait que les cultures influencent le taux de suicide. De hauts niveaux de cohésion sociale et nationale réduisent les taux de suicide. Les niveaux de suicide sont plus élevés chez les personnes à la retraite, au chômage, divorcées, sans enfants, citadines, vivant seules. Les taux augmentent dans les périodes d'incertitude économique (bien que la pauvreté ne soit pas une cause directe). La plupart des suicidés souffrent de désordres psychologiques. La dépression est une cause fréquente. Des maladies physiques graves ou des infirmités peuvent aussi être la cause de suicides.
Du point de vue de l'individu, le suicide est rarement perçu comme une fin en soi, c'est plutôt considéré comme l'unique voie possible pour échapper à une situation devenue insupportable. D'autres motifs existent : rejoindre un proche décédé, faire souffrir en causant du remords... De nombreuses raisons sont possibles.
Enfin, le taux de suicide est aussi influencé avec le tapage médiatique fait autour du suicide de célébrités et même le suicide fictionnel d'un personnage dans un drame populaire peut conduire à une hausse temporaire du taux de suicides.
Japon
Le Japon a l'un des plus forts taux de suicide du monde industrialisé (24,1 pour 100 000 habitants). Les suicides ont atteint le nombre record de 34 427 en 2003 (+ 7,1 % par rapport à 2002)(source : AFP 22/11/2004). / Le taux de suicide pour 100 000 habitants était de 26,1 en 1998, légèrement derrière celui des trois pays baltes et de la Russie, Hongrie et Slovénie où le taux avoisine 30 personnes pour 100 000 (sources diverses).
France
En 1996, la France compte 12 000 suicides pour 160 000 tentatives (chiffres de l'Inserm) ; avec 62 millions d'habitants en France, ces nombres représentent à peu près 19 suicides pour 100 000 habitants, soit un suicide pour 5 000 personnes, et une tentative pour 400 personnes. La France est au quatrième rang des pays développés. Les chiffres sont à peu près stables depuis 1980. Le suicide est une cause de décès plus importante que les accidents de la route. Il touche particulièrement les jeunes, chez qui le suicide est la deuxième cause de décès.
Toujours selon l'INSERM, 650 décès environ ont lieu chaque année chez les 15-24 ans en France. Parmi ces jeunes, deux tiers sont des garçons. Le taux de suicide a chuté depuis 1985, mais les tentatives de suicide des 15-19 ans ont augmenté (4,3 % en 1999).
Québec
En 2001, 1 334 Québécois se sont donnés la mort, dont 1 055 hommes. Le taux de suicide chez les jeunes hommes est parmi les plus élevés du monde, à 30,7 pour 100 000 habitants. Les hommes se suicident huit fois plus que les femmes. Quelques rares pays dépassent le Québec à ce niveau : la Russie, la Lituanie et le Kazakhstan. La situation s'est beaucoup aggravée depuis 1965, époque de la Révolution tranquille. Les prisonniers québécois suicidés comptent pour 60 % des suicides en milieu carcéral au Canada, alors qu'ils ne devraient en représenter démographiquement que 23 %. Les jeunes Autochtones forment l'échantillon le plus gravement touché : leur taux atteint de 3,3 à 3,9 fois la moyenne nationale. Cela représente 211 Inuits du Nunavik suicidés pour 100 000 habitants.
Certains sociologues ont théorisé les facteurs urbains, la perte du cléricalisme social, la pauvreté et les dépendances psychologiques et physiques comme la drogue, l'alcool et le jeu pour expliquer toutes ces pertes de vie. Les médias ont souvent montré des reportages de jeunes Indiens inhalant du gaz, se piquant à l'héroīne ou encore abusant d'appareils de loterie vidéo de Loto-Québec.
Tentatives de suicide
Un acte de suicide qui ne se termine pas par la mort de la personne est appelé « tentative de suicide ». Les tentatives de suicide sont beaucoup plus nombreuses que les suicides. Elles concernent davantage les femmes que les hommes et une tranche d'âge plus jeune : les moins de 35 ans. Dans les tentatives de suicide, on retrouve surtout des filles d’environ 15-16 ans qui vivent des problèmes psychosociaux depuis un certain temps et elles présentent une détresse apparente. Elles ne cherchent pas à mourir, mais plutôt à modifier leur milieu socio-affectif. C’est pour cette raison qu’elles choisissent généralement des moyens non-violents, comme l’« overdose » lorsqu’elles passent à l’acte. Les personnes qui tentent de se suicider ne sont généralement pas atteintes de maladies physiques graves ou de graves dépressions même si les facteurs psychologiques y sont particulièrement importants.
Les problèmes sociaux sont les causes les plus fréquentes : conflit avec la famille, enfance difficile, problème avec l'alcool, comportement violent. Les personnes devant faire face à ce type de problèmes deviennent anxieuses et déprimées et en réaction à une nouvelle situation de crise particulière, elles craquent et tentent de se suicider. Les motivations sont assez complexes, un désir de soulager une souffrance émotionnelle trop forte, le besoin de communiquer ses sentiments. Les tentatives de suicide peuvent aussi résulter d'un conflit interne entre le désir d'en finir avec la vie et celui de continuer à vivre.
Facteurs de risque du suicide
Le suicide a en général des causes multiples.
On peut classer les facteurs menant au suicide en trois catégories :
Les facteurs primaires
Les facteurs primaires sont des facteurs sur lesquels on peut agir,
ils ont une valeur d'« alerte ».
Ce sont les antécédents personnels (tentatives de suicide précédentes, troubles de l'humeur),
les antécédents familiaux (si des proches se sont suicidés, cela peut prendre une valeur d'« exemple »)
et les troubles psychiatriques avérés
(schizophrénie, toxicomanie, alcoolisme...).
Les facteurs secondaires
Les facteurs secondaires sont des facteurs sur lesquels on peut faiblement agir, et qui n'ont en soi qu'une faible valeur prédictive, sauf associés à des facteurs primaires. Il s'agit essentiellement de la situation sociale (isolement, solitude, chômage) et d'événements passés traumatisants (deuil, abus sexuels, séparation, maltraitance).
Les maladies chroniques sont peu suicidogènes, mise à part pour les persones âgées.
Les facteurs tertiaires
Ce sont des facteurs sur lesquels on ne peut pas agir, et qui n'ont de valeur prédictive qu'en présence de facteurs primaires ou secondaires. C'est par exemple l'âge (la probabilité la plus forte est entre 35 et 54 ans, et au-delà de 70 ans), l'appartenance au sexe masculin (cf. la section Statistiques) ou encore l'homosexualité.
Il est notable, par exemple, que le suicide, une des deux premières causes de mortalité chez les jeunes Français de 15 à 34 ans, soit accru chez les jeunes homosexuels : d'après Homosexualité et suicide, d'Éric Verdier et Jean-Marie Firdion (H&O éditions, Paris, 2003), un jeune homosexuel aurait entre quatre et sept fois plus de risque d'attenter à sa vie, chiffre à augmenter de 40% pour les jeunes filles. Les principales raisons sont imputables à l'homophobie dont ces personnes sont victimes, facteur secondaire principalement social. Ce n'est donc pas l'homosexualité en soi qui s'avère suicidogène mais l'impossibilité pour certains de la vivre et l'image négative (voire l'absence d'image) de soi que la société, fortement hétérocentriste, renvoie. D'autres études pour des pays différents (surtout pour les États-Unis) montrent des taux similaires.
L'époque de l'année a également une influence. On remarque un pic de suicides durant les fêtes de Noël, a priori en raison d'un sentiment de solitude renforcé par la vue de retrouvailles familiales, un sentiment de tristesse renforcé par les manifestations (et les publicités) de joie.
Dans les deux derniers cas, ce n'est pas le phénomène lui-même qui est suicidogène, mais son écho social.
Certaines études tentent d'établir une corrélation entre le nombre de suicides et la longueur des jours pendant la période hivernale, ce qui expliquerait que les suicides soient si fréquents dans les pays les plus au nord tels que le canada ou les pays scandinaves.
Facteurs de protection
On note plusieurs facteurs de protection qui permettent de contrebalancer certains effets négatifs des facteurs de risque associés au suicide. Voici quelques exemples:
# Stratégies de gestion du stress adéquates
# Réseau social disponible et significatif
# Ouverture à recevoir de l’aide
# Estime de soi et confiance en soi élevées
# Support des enseignants et d’autres adultes en milieu scolaire
# L’école étant vue comme un lieu d’investissement
# Confiance en ses capacités à faire face aux obstacles de la vie
Processus suicidaire
Il est possible d’observer un processus suicidaire chez l’individu avant le passage à l’acte. Les personnes suicidaires présentent une fragilité (facteurs de risque accumulés) qui les prédisposerait à réagir de façon inadaptée lors de situations stressantes. Une perte quelconque (ex : perte d’un(e) ami(e) ou deuil d'un proche) entraîne l’enclenchement du processus. Une période dépressive suit la perte puis l’étape de la crise s’installe. L’état de crise peut être accompagné d’idéations passagères qui se transformeront en rumination, puis en cristallisation (formation d’un plan précis pour passer à l'acte : où ?, quand ?, comment ?) pour aboutir à la tentative planifiée. Dans la majorité des cas, le suicide n’est donc pas un acte impulsif, mais plutôt une action prévue qui découle d'un processus bien défini. Ceci permet de réaliser qu'une intervention spécifique est possible à chacune des étapes. La personne intervenant auprès d'un individu suicidaire doit être attentive aux signes associés à chaque phase du processus.
Passage à l'acte
L'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (Anaes) classe la probabilité de passage à l'acte en trois degrés d'urgence.
Urgence faible
Le suicidaire pense à la mort mais sans avoir encore élaboré de scénario. Il cherche une solution à ses problèmes, il a une stratégie de lutte contre ses problèmes. Il a un désir de communiquer, et s'il ressent une souffrance psychologique, son comportement n'est pas anormal. Il a encore confiance en son entourage.
Urgence moyenne
Le suicidaire envisage clairement le suicide, il a déjà élaboré le scénario mais en a reporté la réalisation ; il ne voit pas d'autre manière d'arrêter de souffrir. Il est isolé et est émotionnellement fragile. Il a besoin d'aide, il peut exprimer son désarroi ou pas.
Urgence élevée
Le passage à l'acte est planifié et le suicidaire a accès au moyen de se tuer. Il est très isolé et a le sentiment d'avoir tout essayé voire il a déjà tenté d'obtenir de l'aide mais l'écoute ne lui a pas paru correspondre à ses besoins (voire lui a paru ridicule dans son comportement stéréotypé à tendance psychanalysante), la souffrance est omniprésente. Il peut avoir deux types de comportements opposés :
- soit il est complètement coupé de ses émotions, il est froid et rationnalise sa décision ;
- soit il est très agité, il peut même tuer.
Le suicide dans l'histoire
Le suicide a toujours existé. Voici quelques personnes célèbres appartenant à toutes les époques qui se sont suicidées : Cléopâtre VII d'Égypte, Hannibal, Néron, Vincent Van Gogh, Adolf Hitler, Ernest Hemingway, Romain Gary ou encore Kurt Cobain.
Dans l'Antiquité, le suicide était commis après une défaite dans une bataille afin d'éviter la capture et les possibles tortures, mutilations ou la mise en esclavage par l'ennemi. Ainsi, Brutus et Cassius, les assassins de Jules César, se suicidèrent suite à la défaite de la bataille de Philippes. Les Juifs de Massada offrent un autre exemple en se suicidant massivement en 74 av. J.C. pour échapper à la mise en esclavage par les Romains.
Dans la société romaine, le suicide était un moyen accepté par lequel on pouvait préserver son honneur. Ceux qui étaient jugés pour des crimes capitaux par exemple pouvaient empêcher la confiscation des biens et propriétés familiaux en se suicidant avant la condamnation par le tribunal. On soulignait alors ironiquement que Domitien, l'empereur romain, montrait sa pitié et miséricorde en permettant à un homme condamné de se suicider.
À la fin du , Goethe publie « Les souffrances du jeune Werther » (Die Leiden des jungen Werther), une histoire romantique où le jeune Werther se suicide parce que son amour est inaccessible. Le roman connaît un réel succès et cause une vague de suicides en Allemagne.
Émile Durkheim, fondateur de la sociologie, publie en 1897 son fameux livre Le suicide où il analyse ce phénomène sous un angle social. Il distingue trois sortes de suicides : le suicide égoïste, le suicide altruiste et le suicide anomiste. Dans chaque cas, la désintégration sociale est la cause première véritable:
- le suicide altruiste est particulièrement développé dans les sociétés où l'intégration est suffisamment forte pour nier l'individualité de ses membres ;
- le suicide égoïste est au contraire le signe d'une société trop destructurée pour fournir un motif valable d'existence à certains de ses individus ;
- le suicide anomique est dû à des changements sociaux trop rapides pour que les individus puissent adapter leurs repères moraux.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Japonais préféraient se battre jusqu'au dernier homme plutôt que de se rendre. Vers la fin de la guerre, la marine japonaise envoyait des pilotes kamikazes pour attaquer les bateaux des Alliés. Cette attaque est à mettre en relation avec la culture du guerrier samourai où le seppuku était exigé en cas de perte d'honneur.
Le poète Alfred Alvarez publie une étude sur le suicide en littérature intitulée Le dieu sauvage ; essai sur le suicide.
Jean Améry publie en 1976 un livre sur le suicide où il défend la thèse selon laquelle le suicide représente l'ultime liberté de l'humanité. Il se suicide deux ans plus tard.
Le suicide et la religion
Selon les enseignements de Bouddha, notre passé influence notre présent et ce qu'un individu fait à ce moment présent a une conséquence sur son avenir, dans cette vie ou dans la suivante. Il y a un lien de cause à effet. C'est le karma, toute action intentionnelle du corps, de l'esprit ou de la parole a une réaction et sa répercussion est la raison des différences et conditions de notre existence à travers le monde.
La souffrance de quelqu'un est donc la conséquence d'actions négatives du passé ou simplement le fait d'être dans le samsāra (le cycle de vie et de mort). Une autre raison de la souffrance est le fait de vivre perpétuellement dans l'impermanence. Puisque toute chose est dans un état constant de flux, l'individu souffre d'insatisfaction face au flux des évènements de la vie. Pour sortir du samsāra, il suffit de réaliser sa « nature vraie » à travers le Bodhi (l'éveil) dans le moment présent : c'est le Nirvāna.
Pour les Bouddhistes, étant donné que le premier précepte est d'empêcher la destruction de la vie (y compris soi-même), le suicide est clairement considéré comme une forme d'action négative. Malgré ce point de vue, une ancienne pratique asiatique semblable au seppuku se maintient et les Bouddhistes peuvent commettre un acte d'« honorable » suicide en cas d'oppression. Ainsi, les moines tibétains ont utilisé cette idéologie pour protester contre l'occupation chinoise du Tibet et les violations des droits de l'homme envers les Tibétains par la Chine.
Le christianisme est traditionnellement opposé au suicide ainsi qu'au suicide assisté.
Dans le catholicisme en particulier, le suicide a été considéré comme un péché grave voire mortel. L'argument principal est que la vie de tout un chacun est la propriété de Dieu et que la détruire est donc interprétable comme un signe d'affirmation de domination sur ce qui appartient à Dieu. Cet argument a donné suite au fameux contre-argument de David Hume en faisant remarquer que s'il était mal de prendre la vie quand une personne devrait naturellement vivre, cela devrait être aussi mal de sauver la vie quand une personne devrait normalement naturellement mourir, comme il semblerait que cela contrevienne à la volonté de Dieu.
Beaucoup de chrétiens croient en la sainteté de la vie humaine, ce qui signifie que toute vie humaine est sacrée (une création magnifique, voire miraculeuse de Dieu) et qu'il faut donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour la préserver et la sauver.
Néanmoins, même si le suicide est généralement condamné (les âmes perdues n'accèdent pas au paradis), les chrétiens « libéraux » reconnaissent que les personnes qui se suicident sont dans un état de détresse et de déprime et pensent donc que Dieu, dans sa grande générosité et son amour, pardonne un tel acte.
Chez les hindous et les jaïns, se suicider est considéré comme un péché aussi grave que tuer autrui. Cependant, dans certaines circonstances, il est considéré comme acceptable d'en finir avec la vie en jeûnant. Cette pratique, appelée prayopavesha, nécessite tant de temps et de volonté qu'il n'y a aucun risque que cela soit fait impulsivement. Cela laisse aussi le temps à l'individu de régler ses affaires, de réfléchir à la vie et de se rapprocher de Dieu.
Un cas historique et célèbre est celui de Chandragupta Maurya qui renonça au trône, se rendit dans le Karnataka, se fit moine jaina à Shravana-Belgola et mit fin à ses jours en commettant le suicide rituel par inanition.
Comme les autres religions abrahamiques, l'Islam voit le suicide comme un péché et un obstacle à l'évolution spirituelle. Cependant, les êtres humains ne sont pas infaillibles et peuvent commettre des erreurs. Allah leur pardonne les péchés s'ils sont sincères dans leur repentir.
Pour ceux qui renoncent à croire en Dieu, les conséquences sont mauvaises. En effet, dans le Coran, le livre saint des musulmans, si Allah est infiniment grand et miséricordieux, pardonnant tous les péchés, il en est cependant un qui est impardonnable : l'incroyance. Selon la Sunnah (livre sur la vie du prophète Mahomet), celui qui se suicide et n'en montre aucun regret passera une éternité en enfer, effectuant sans cesse l'acte par lequel il s'ôta la vie.
En dépit de ce fait, il existe une croyance selon laquelle les actions commises dans le cadre du Jihad menant à sa propre mort ne sont pas considérées comme un suicide même si l'acte en soi ne peut qu'entraîner sa propre mort (comme dans les attaques suicides). Ces actes sont considérés au contraire comme une forme de martyre et ceci bien que dans le Coran il soit expressément écrit que ceux qui tuent des innocents sont des pécheurs et transgressent la loi de Dieu. Néanmoins, beaucoup affirment que l'Islam permet d'utiliser le suicide pour lutter contre l'injustice et les oppresseurs s'il n'existe absolument pas d'autre option possible et que sinon la vie se terminerait de toute façon en mort.
Le judaïsme voit dans le suicide un des péchés les plus graves. Le suicide a toujours été interdit par la loi juive à l'exception de trois cas bien précis : si quelqu'un est forcé par autrui à commettre un meurtre, s'il est forcé à commettre un acte d'idolâtrie, ou s'il est forcé à commettre un adultère ou un inceste. Dans ces trois cas seulement, le suicide est permis. Dans tous les autres cas, le suicide est interdit et cette interdiction comprend la participation à un suicide assisté. D'ailleurs, personne ne devrait demander à quelqu'un d'autre de l'aider à se suicider puisque d'une part le suicide est strictement interdit et d'autre part il ou elle pousserait l'autre à commettre un péché.
Le suicide et la société
Le suicide est perçu assez différemment selon les cultures et si dans les sociétés occidentales il a longtemps été considéré pour immoral et déshonorant, il est dans d'autres sociétés justement le moyen de recouvrir un honneur perdu.
Dans la culture Inuit traditionnelle, les vieilles personnes se laissaient mourir de froid quand elles devenaient une charge trop importante pour leur proches.
Le suicide peut aussi être un acte politique, proche du martyr. Dans le japon médiéval toute critique du Shogun s'accompagnait d'un seppuku de l'accusateur. Plus récemment Jan Palach et de Jan Zajíc se sont immolés en 1969 pour protester contre la répression soviétique du printemps de Prague, tout comme trois membres des moudjahidines du peuple iranien l'ont fait en 2003 pour dénoncer l'arrestation de Maryam Radjavi par la police française.
Le suicide dans les sociétés occidentales
Le suicide y est considéré comme un fléau à combattre, une cause de décès prématuré. On estime cependant compréhensible que des personnes âgées ou gravement malades puissent avoir des pensées de suicide. Le droit de mettre fin à une souffrance intolérable et sans espoir de soulagement est soutenu différemment selon les pays. Dans certains pays, cela provoque des débats assez houleux à propos de l'autorisation, la tolérance ou l'interdiction légale de l'euthanasie active ou passive.
Le suicide en Asie
Dans d'autres cultures, le suicide peut être accepté socialement. En Asie, il existe des formes de suicide ritualisé comme le seppuku japonais, les jauhâr et satî indiens.
Le suicide et la loi
Il fut des États où, ironiquement, le suicide pouvait être condamné par la peine de mort, ce qui permettait au candidat au suicide d'atteindre son but légalement s'il échouait !
En France, le suicide est une liberté civile, c'est-à-dire qu'il est permis au sens où la loi ne le réprime pas. En revanche, la loi entérine la réprobation sociale dont le suicide est entaché : l'aide au suicide est prohibée pour « abstention volontaire de porter assistance à personne en péril » (article 223-6 du Code pénal, concept plus connu sous le nom de « non-assistance à personne en danger »). Elle peut même être qualifiée de « provocation au suicide » (art. 223-13).
La CEDH, dans sa jurisprudence Diane Pretty du 29 avril 2002, a déclaré à l'unanimité que le suicide n'entrait dans le champ d'aucun droit de l'homme, ni de l'article 2 de la Convention protégeant le droit à la vie :
:« En conséquence, la Cour estime qu’il n’est pas possible de déduire de l’article 2 de la Convention un droit à mourir, que ce soit de la main d’un tiers ou avec l’assistance d’une autorité publique. »
Le suicide assisté ou euthanasie fait l'objet de débats. En France, il est actuellement condamné comme homicide. Il est autorisé dans des pays comme les Pays-Bas et la Belgique.
Prévention du suicide
Le suicide est généralement annoncé, beaucoup de suicidés essayent de prévenir leurs proches et laissent une lettre d'adieu afin d'expliquer leur geste. Ces pensées sont à prendre au sérieux et s'il y a un risque de tentative de suicide, il faut en parler avec la personne ouvertement afin de pouvoir l'éviter. L'évocation de la mort avec une personne, poser la question « avez-vous pensé à la mort ? » n'est pas suicidogène, mais permet au contraire de montrer que l'on comprend la souffrance. Lorsque l'on discute, il ne faut pas porter de jugement ; on peut tenter de lui faire se remémorer d'anciens problèmes et les stratégies qu'elle avait mises en en œuvre pour les résoudre.
Selon le professeur Michel Debout [http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2004/mag0130/ps_7404_suicide_detresse_itw_debout_02.htm]
:« Lorsqu’on pense qu’une personne va mal, il ne faut pas hésiter à lui dire ce que l’on ressent. Et la manière dont on lui dit est importante. Si vous lui demandez “ça ne va pas” ? Elle risque de se renfermer dans une réponse de type : “Mais si ça va très bien”. Alors que si vous dites “je te sens mal”, vous vous impliquez personnellement, et vous montrez que non seulement vous offrez une écoute, mais même un véritable dialogue. À partir de là, tout dépend de la situation et de votre lien avec elle. Mais vous pouvez essayer de l’orienter vers un soutien, un spécialiste ou une association qui pourront l’aider. »
L'idéal serait de convaincre la personne de consulter un médecin ou de contacter une association spécialisée. Si l'on sent que le passage à l'acte est imminent, il faut prévenir les secours (en priorité la régulation médicale, le « 15 » en France, le «112» en Europe pour les urgences diverses )).
Cependant, l'écoute dans le but de faire exprimer à la personne ses difficultés ne constitue qu'un premier stade de la prévention.
Aide téléphonique
Ce premier stade est généralement pris en charge téléphoniquement par des associations de type:
- [http://www.sos-amitie.com/ SOS Amitié]
- [http://suicide.ecoute.free.fr/ Suicide Écoute]
- [http://www.sos-suicide-phenix.org/ SOS Suicide Phoenix]
- [http://www.143.ch En Suisse: la main tendue]
- http://www.cpsquebec.ca/fr/nous_joindre/index.htm
1-418-683-4588 ou 1-866-APPELLE ( 1-866-277-3553 Centre de Prévention du suicide Québec/canada
Tous ces services se cantonnent exclusivement à l'écoute et n'interviennent pas même sur demande expresse de la personne en détresse.
Sauf pour les anglophones où le service de SOS Amitié spécialisé peut orienter vers un psychiatre anglophone voire appeler les pompiers à la demande expresse de la personne.
SOS Amitié a aussi un service d'écoute par courriel mais avec des délais de 48h pour les réponses.
Aide internet
Des forums francophones affirmant procurer un soutien psychologique existent actuellement sur l'internet :
- [http://le-pays-des-lucioles.forumactif.com/ Le pays des lucioles]
- [http://aide.zapto.org/espoirs/index.php Le forum de l'espoir]
- [http://www.webdonline.com/fr/services/forums/forums.asp?id=280588 Forum présence]
Il convient d'aborder ces sites avec circonspection en raison de :
- l'impossibilité de contrôler la compétence des interlocuteurs : un site internet étant facile à créer, il n'apporte pas le gage d'une structure pratiquant la formation interne et l'évaluation de ses personnels ;
- le décalage culturel pouvant exister entre les personnes parlant la même langue mais pouvant être de culture très différente.
Ces deux facteurs peuvent mener à une aide inadaptée, qui peut même être suicidogène.
Intervention active auprès d'une personne en état d'urgence élevée
Actuellement, il n'existe pas de graduation entre la démarche d'écoute (Aide téléphonique et Aide internet) et l'intervention des services d'urgences sur un cas déjà passé à l'acte.
La prévention des cas d'urgence élevée devant donc être effectuée par l'entourage ou le médecin traitant. Ce qui pose les problèmes:
- de leur formation
- et également de la création de structures d'interventions à même de compenser leurs absences.
Prévention après une tentative non complètée
Les personnes qui ont fait une tentative de suicide sont en général prises en charge en service de soins aigus à l'hôpital (suite à un empoisonnement ou à des blessures nécessitant souvent une réanimation). Une fois l'épisode critique surmonté et l'éloignement de tout danger vital, le patient est orienté vers un service de psychiatrie. L'hospitalisation est volontaire dans la grande majorité des cas, mais certaines dépressions sévères (mélancolie, dépression délirante) peuvent entraîner une hospitalisation à la demande d'un tiers, voir une hospitalisation d'office. Dans tous les cas, les sujets ayant fait une tentative de suicides doivent être évalués par un psychiatre, et souvent orientés vers une structure adaptée à la prise en charge d'une cause curable de suicide (dépression très souvent, mais aussi psychose, alcoolisme, etc.). Dans le cas d'un séjour en psychiatrie, il est proposé un suivi ultérieur en consultation psychiatrique (hospitalière ou avec un psychiatre libéral).
Malgré ces efforts de prise en charge et la possibilité d'hospitalisation contre le gré du suicidant, en France, un quart des adolescents mineurs suicidants sortent de l'hôpital sans avoir eu de consultation psychiatrique.
Cette prise en charge des personnes qui tentent de se suicider est importante car les risques d'une nouvelle tentative sont grands (75 % dans les deux ans). Il est cependant aussi nécessaire de faire une prévention du suicide en amont. Cela passe par l'explication de ce qu'est la dépression. Il serait souhaitable que médecins (60 à 70 % des suicidants consultent un médecin dans le mois qui précède le passage à l'acte, dont 36 % dans la semaine qui précède), enseignants et de manière générale toute personne en contact avec des adolescents ou des personnes en détresse sociale soient formés, des campagnes publicitaires soient menées afin de sensibiliser l'ensemble de la population à ce problème et d'aider les personnes susceptibles de se suicider à abandonner cette idée en leur ouvrant la voie à d'autres alternatives.
adolescent
L'assistance au suicide
- Dans certain pays, l'assistance au suicide est autorisée,
- En Suisse, l'article 115 du code pénal l'autorise, une association Exit a été créée dans ce but.
Suicides célèbres
- Cléopâtre
- Néron, empereur, poète, comédien et musicien romain. Selon certains, il n'aurait pas osé se suicider tout seul et aurait demandé à un proche de lui enfoncer la lame dans le coeur.
- François Vatel, intendant aux fêtes du Grand Condé
- Paul Lafargue, homme politique français, avec son épouse, par refus de la vieillesse
- Yukio Mishima, écrivain japonais par seppuku
- Adolf Hitler, dictateur allemand qui s'est donné la mort pour éviter de capituler
- Pierre Bérégovoy, homme politique français
- Walter Benjamin, théoricien de l'art
Voir aussi : Liste de suicidés célèbres
Voir aussi
Internement psychiatrique
Bibliographie
- Le suicide chez les romains, Gabriel Matzneff
- Le suicide, Émile Durkheim
- Suicide, Mode d'emploi, Claude Guillon et Yves le Bonniec, éditions Alain Moreau, 1982 (ISBN 2-85209-000-7), livre censuré en France
- La France du suicide, Pr Michel Debout, éditions Stock
- Tomber sept fois, se relever huit, Philippe Labro, éditions Albin Michel 2003
- [http://www.md.ucl.ac.be/loumed/CD/DATA/117/S502-508.PDF Suicide et tentatives de suicide]], M. de Clerc, Louvain Med. 117: S502-S508, 1998.
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Liens externes
- [http://www.infosuicide.org/ Infosuicide] : Echange d'informations entre tous ceux concernés par l'isolement et la prévention du suicide
- [http://www.recherche-rencontres.org/ Recherche & Rencontres] : Lutte contre l'isolement - Prévention du suicide
- [http://www.preventionsuicide.be/ PreventionSuicide] : Centre de prevention du suicide
- [http://www.barbery.net/psy/ Barbery Spy] : Prévention du suicide
- [http://www.suicideinfo.org/french/ SuicideInfo] : Renseignements sur le Suicide et les Situations de Crise
- [http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/ Psydoc-France] : Le site de la Psychiatrie Française
- [http://www.anaes.fr/ ANAES] : Le site de la Haute Autorité de santé
- [http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/Conf/confsuicide/texcourtsuic.html Psydoc-France Conférences de consensus] : Conférences "La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge" [http://www.anaes.fr/anaes/Publications.nsf/nPDFFile/TL_ASSI-57JEB6/$File/suicilong.pdf?OpenElement PDF]
- [http://www.med.univ-angers.fr/discipline/psychiatrie_adulte/cours/44-risque-suicide.htm CHU Angers Service de Psychiatrie et de Psychiatrie Médicale] : Cours de psychiatrie du CNUP "Risque suicidaire de l'adulte : identification et prise en charge"
- [http://www.anaes.fr/anaes/Publications.nsf/nPDFFile/RA_ASSI-57JEH7/$File/suicideVF.pdf?OpenElement ANAES Prise en charge format PDF] : Prise en charge hospitalière des adolescents après une tentative de suicide
- [http://www.barbery.net/psy/suicide/lisezceci.htm Barbery psy suicide] : Si vous pensez au suicide, LISEZ CECI
- [http://generaliste.medimedia.tm.fr/gene/tl_fch/dossfmc/fmcsuicide.pdf Le suicide de l’adulte], article du [http://www.legeneraliste.presse.fr/ Généraliste] n°2226 (novembre 2002), format PDF (7p, 532 ko)
- [http://www.echr.coe.int/fr/Press/2002/avr/Prettyarretfpresse.htm Résumé de l'arrêt Pretty de la CEDH] (texte de l'arrêt accessible par http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/search.asp?skin=hudoc-fr)
- [http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2003/mag0131/dossier/prevention_suicide_niv2.htm Dossier suicide] de [http://www.doctissimo.fr/ Doctissimo.fr]
- [http://www.biblioconcept.com/themes/S/suicide.htm Bibliographie sur le suicide (10 références)]
Catégorie:Suicide
catégorie:psychiatrie
catégorie:droit pénal
catégorie:adolescence
ja:自殺
ko:자살
Autolysecatégorie:biologie catégorie:psychiatrie
Le terme autolyse désigne l'auto-destruction (le suffixe -lyse fait référence à la dissolution).
Il est utilisé en biologie pour désigner l'auto-destruction de cellules, et en médecine pour désigner le suicide.
Mort
La mort est en biologie l'arrêt définitif des fonctions vitales : assimilation de nutriments, respiration, fonctionnement du système nerveux central. On la distingue d'un arrêt temporaire (hibernation, congélation). Elle est suivie de la décomposition de l'organisme mort sous l'action de bactéries ou de nécrophages.
La mort cellulaire désigne l'arrêt des fonctions de base d'une cellule. Elle est qualifiée de programmée lorsqu'elle intervient après que le programme cellulaire commande l'arrêt général des fonctions cellulaires (on parle alors d'apoptose). La cellule peut aussi mourir par manque de nutriments ou d'oxygène, ou bien de lésions, provoquées par exemple par une action mécanique ou chimique extérieure, ou par l'utilisation des ressources propres de la cellule pour une autre fonction que sa fonction initiale dans le cas d'une infection virale.
Comment meurt-on ?
La vie dépend de la bonne marche d'un certain nombre de fonctions: la respiration (au sens large, en incluant la distribution d'oxygène par la circulation sanguine), la digestion, l'excrétion (reins, foie), le contrôle nerveux des organes, etc. Selon les altérations subies par les cellules, ces fonctions vitales sont entravées, puis arrêtées. C'est alors la mort pour cause:
- d'insuffisance respiratoire;
- de dénutrition;
- d'empoisonnement, par accumulation de substances toxiques normalement filtrées et excrétées par les reins et le foie.
Définition médico-légale
La mort est le moment où le corps commence à se décomposer. Médicalement, certains états mènent irrémédiablement à la mort, alors même que des cellules du corps continuent à vivre. C'est le cas de la mort cérébrale.
La mort cérébrale désigne l'arrêt des signaux électro-encéphalographiques du cerveau humain. C'est d'après ce critère que l'on constate le décès d'une personne en médecine légale.
Cette définition légale est importante, car c'est elle qui va permettre des actes tels que le prélèvement d'organes pour la transplantation. On peut pour cette raison maintenir des personnes en état de mort cérébrale sous respiration artificielle, lorsque le cœur continue à battre spontanément : cela permet de maintenir les organes en bon état en vue d'un prélèvement. Cependant, cela donne aussi l'illusion aux proches que la personne est encore en vie.
Mais dans la plupart des cas, le décès est constaté par un médecin par des signes cliniques caractérisant un arrêt cardio-circulatoire prolongé. Cela peut être un échec des tentatives de réanimation cardio-pulmonaire par une équipe médicale, ou bien la constatation par un médecin généraliste à domicile pour une personne que l'on sait en fin de vie (personne âgée ou bien souffrant d'une maladie diagnostiquée).
En France, le médecin remplit alors un certificat de décès comportant la date et l'heure de la constatation de la mort, l'identité de la personne décédée, les causes suspectées, l'absence de contre-indication à une inhumation ou à une crémation.
Signes de la mort
médecin généraliste
Voir aussi : Premiers secours : bilan.
Le premier signe de la survenue de la mort est l'arrêt cardio-respiratoire :
- la personne ne parle pas et ne bouge pas, elle ne réagit pas lorsqu'on lui parle et qu'on la touche ;
- on ne perçoit pas sa respiration même lorsque l'on est sûr que ses voies aériennes sont libres ;
- elle ne réagit pas aux insufflations ;
- les pouls centraux (carotidien ou éventuellement fémoral chez l'adulte et l'enfant de plus de un an, huméral chez le nourisson) ne sont pas perçus — notons que ce critère n'est pas fiable en raison de la difficulté d'affirmer qu'un pouls est absent (notamment en raison du propre pouls de la personne qui contrôle, qui est renforcé par le stress).
Mais ces éléments ne sont pas suffisants pour déterminer la mort (dans certains cas, une personne en arrêt cardio-respiratoire peut être réanimée). Il peut y avoir dans les secondes suivant l'arrêt cardiaque :
- une respiration d'agonie bruyante (stertoreuse), un râle (le gasp) ;
- des tremblements, provoqués par la libération de calcium.
Très vite viennent s'installer :
- une pâleur provoquée par l'arrêt de la circulation sanguine, notamment visible au niveau des muqueuses (par exemple intérieur des paupières et des lèvres) ;
- une dilatation des pupilles (mydriase aréactive symétrique, personne dite « pleins phares ») ;
- une froideur (selon la température extérieure) ; la température interne est d'ailleurs une des manières de situer l'heure d'un décès récent.
Le relâchement des muscles provoque une apparition de marbrures bleues sur la peau : les veines se dilatent, faisant apparaître la couleur du sang pauvre en dioxygène. Le relâchement des sphincters provoque également l'émission d'urine et de matière fécale.
Vient ensuite les lividités (livor mortis, le sang s'accumulant vers le bas) puis la rigidité cadavérique (rigor mortis). La rigidité cadavérique apparaît 2 à 3 heures après le décès, puis disparaît au bout de 2 à 3 jours lorsqu'apparaît la putréfaction (en climat tempéré).
Les signes de décomposition se caractérisent par une odeur nauséabonde caractéristique et par l'apparition de taches vertes sur la peau (apparaissant d'abord au niveau de l'abdomen), l'apparition de gonflements, puis par la dégradation visible du corps. Le corps peut également être dévoré par des animaux (vers, charognards) ; en climat tempéré et en présence d'insectes (mouches), la ponte suit la mort de quelques heures, les œufs éclosent au bout d'environ deux jours et les larves se transforment en insectes au bout d'environ deux semaines, selon la température.
La putréfaction peut être interrompue ou retardée par le froid ou bien par des techniques d'embaumement, ainsi que par des techniques de thanatopraxie.
La mort et l'humanité
La mort est un changement particulier, celui de l'Homme dans son principe. A ce titre on peut dire que seul l'Homme meurt. La plupart des philosophes s'accordent sur le fait que c'est la conscience de la mort qui caractérise l'Homme par rapport aux animaux. En paléontologie, la découverte de rites funéraires est un élément important pour déterminer le degré d'éveil social d'un hominidé.
Cette conscience de la mort est un moteur de cohésion sociale (s'unir pour résister aux calamités, aux ennemis) et d'action (réaliser quelque chose pour laisser une trace). Elle est à l'origine de la réflexion métaphysique. C'est aussi ce qui donne la puissance symbolique à des actes tels que l'homicide et le suicide.
La philosophie des Lumières en Europe, incitant à la maitrise de la nature, suggère l'avènement d'une domination de la dégradation du corps de l'Homme. L'idée de la mort se déplace par ce fait de la sphère de la foi (mort fatalité) vers la sphère de la raison (mort accidentelle). Ce déplacement s'illustre par l'évacuation des morts hors de la cité et semble constituer l'espoir destinal de cette civilisation.
Hegel explique le lien social, et notamment les relations maître/esclave, par la lutte à mort pour la reconnaissance.
André Malraux fonde l'héroïsme humain dans la conscience de la fraternité des Hommes dans la mort, fraternité qui peut s'exprimer par des combats politiques (contre le fascisme par exemple) ou par des œuvres d'art.
La Mort en tant que personnage symbolique
Voir l'article détaillé : la Mort
La haute teneur symbolique de la mort et la forte charge affective liée au décès d'êtres humains ont façonné l'imaginaire des Hommes qui ont créé un personnage, la Mort, qui vient chercher les gens au terme de leur vie.
Expressions
- la petite mort est un moment qui peut suivre l'orgasme et pendant lequel on peut paraître inconscient.
- avoir, ou faire quelque chose la mort dans l'âme : avec une extrême réticence.
- être mort de peur/de froid : être saisi par la peur/le froid au point de ne plus pouvoir agir, réfléchir, ou plus simplement être très affecté par cet état.
- mort aux rats : produit destiné à empoisonner les rats.
- trompe-la-mort : personne qui se comporte de manière inconsciente face au danger.
- donner la mort : tuer.
- se donner la mort : se suicider.
- trouver la mort : mourir (terme journalistique employé le plus souvent lorsque la mort est accidentelle, fait suite à un attentat ou concerne plusieurs personnes)
- avoir le droit/pouvoir de vie et de mort : posséder un pouvoir absolu (y compris au sens propre : être en mesure de donner la mort sans réserve ni justification).
- faire le mort : au sens propre, donner l'illusion d'être mort, généralement pour ne pas être tué ; au sens figuré, ne pas répondre aux injonctions, pour ne pas faire face à ses responsabilités.
- il n'y a pas mort d'Homme : ce n'est pas si grave que cela.
- la mort du petit cheval: la mort ou la disparition que quelque chose de beau, de bien ou de sympathique,
- être plus mort que vif : être très faible, après un événement qui a mis l'organisme à rude épreuve.
- mort de l'auteur concept relié au structuralisme et développé entre autre par Roland Barthes.
Statistiques
Voir l'article détaillé : mortalité
Voir aussi
- Cimetière
- Deuil
- Prévention
- Existence
- Vie
- Immortalité
- Datation des cadavres
- Mort (tarot)
Liens externes
- [http://www.incipitblog.com/index.php/2005/08/08/gustave-flaubert-la-femme-du-monde-1836/ Livre audio (lecture mp3) de] La femme du monde, écrit par Flaubert à 15 ans
- [http://www.onelittleangel.com/sagesse/citations/mort.asp Citations et œuvres d'art sur la mort].
- [http://atheisme.free.fr/Citations/Mort.htm Citations sur la mort et la religion]
- [http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/medecine_legale/certificat_deces.htm Certificat de décès]
Catégorie:Médecine
Catégorie:Philosophie
Catégorie:Physiologie
Catégorie:Mort
ja:死
ms:Ajal
simple:Death
Attentat suicideL'attentat-suicide est un attentat dont la réalisation implique la mort de son auteur.
Il est le plus souvent organisé par des groupes militaires ou paramilitaires dans le but de destabiliser les institutions établies par une partie considérée comme ennemie.
Utilisée comme une technique de combat par certaines armées et certains groupes terroristes, cette pratique est systématiquement dénoncée lorsqu'elle touche des populations civiles. Toutefois, il est à noter que des mouvements de type révolutionnaire voient l'attentat-suicide comme leur unique moyen d'exprimer leur point de vue. Des manipulations psychologiques pour amener des "candidats" au suicide ont été également observées.
D'origine religieuse ou politique, la justification du suicide du kamikaze se trouve dans l'idée que le sacrifice du martyr sert un intérêt supérieur à la valeur de sa propre vie.
Les attaques aléatoires des attentats-suicides produisent une paranoïa importante dans les populations menacées et une forme de repli sécuritaire.
Historique
L'attentat-suicide s'inspire des méthodes japonaises pratiquées lors de la Seconde Guerre mondiale dans l'océan pacifique contre les troupes américaines. Les pilotes kamikazes japonais utilisaient leurs avions pour percuter des cibles stratégiques de l'armée américaine afin de causer un maximum de dommages et de pertes.
Depuis les années 80, les attentats-suicides se sont multipliés lors de la guerre du Liban puis en Israël dans le conflit avec les mouvements palestiniens et au Sri Lanka avec les Tigres tamouls.
L'efficacité cynique (faibles coûts en dehors de la vie du kamikaze / grand nombre de victimes) de ces opérations a fait de cette tactique l’une des plus prisées par les guérillas, les insurgés, et en particulier les groupes terroristes, notamment au Moyen-Orient.
Les attaques suicides commises par les terroristes islamistes ont pris une grande importance dans les années 90 (volonté de certains mouvements palestiniens de perturber le processus d'Oslo) puis après la période marquée par le début de la seconde Intifada en Israël/Palestine et par les événements du 11 septembre 2001 à Manhattan et Washington, D.C.
C'est notamment la méthode privilégiée par les groupes de la nébuleuse Al-Qaïda que ce soit en Irak depuis 2004 ou contre des intérêts occidentaux à travers le monde.
Elle est aussi utilisé entre autres par les radicaux chi'ites et sunnites qui se livrent à des attaques contre les communautées "adverses" au Pakistan.
Terminologies
Les désignations terminologiques des attentats-suicides, notamment les attentats-suicides islamistes, sont fréquememnt chargées de connotations.
Le terme chahid (littéralement "témoin", mais fréquemment traduit par "martyr") désigne fréquemment, pour les islamistes, les auteurs d'attentats suicides. Ce terme est notamment utilisé par plusieurs groupes palestiniens comme le Hamas, les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, le Fatah, et n'est pas restreint aux auteurs d'attentats-suicides, mais comprend plus généralement les victimes arabes du conflit israélo-palestinien. C'est aussi sous ce nom que Al Qaida désigne ses "combattants" qui commettent leurs attentats-suicides.
À l'inverse, certains médias emploient le terme de kamikaze en référence à son emploi dans l'armée japonaise de la Seconde Guerre mondiale. Ce terme est fréquent dans les médias occidentaux, particulièrement américains.
D'autres termes peuvent se rencontrer dans certaines études, mais d'usage beaucoup moins répandu, comme le terme "islamikaze", néologisme anglophone péjoratif créé par Raphaël Israeli, professeur de civilisation islamique à l'université hébraïque de Jérusalem, dans son essai The Journal of Terrorism and Political Violence paru en 1997. Ce terme, repris parfois par certains commentateurs et penseurs israéliens et occidentaux, est construit à partir de la contraction des mots islam et kamikaze et sert à désigner les auteurs d'attentats-suicides islamistes ou perpétrés au nom la cause palestinienne, et qui sont vus par les usagers de ce terme comme des actes de guerre contre des populations civiles. Ceux qui contestent cette expression insistent sur l'idée que ces suicides restent des actes de désespoir.
Exemples d'attentats-suicides
- 1945 : kamikazes japonais contre les navires américains
- 1980-2003 : 315 attentats-suicides au Sri Lanka
- 18 avril 1983 Attentat-suicide contre l'ambassade des États-Unis à Beyrouth
- 23 octobre 1983 Double attentat-suicide contre deux bases militaires américaine et française au Liban.
- 1994-...: plusieurs attentats-suicides contre des cibles civiles et militaires israéliennes.
- Seconde Intifada : attentats-suicides de palestiniens contre des militaires et des civils Israéliens.
- Attentats contre des cibles britanniques et américaines au Kenya.
- 2001 : 11 septembre. Attentats-suicides sur le sol américain.
- Depuis 2003 : série d'attentats-suicides sur le sol irakien en vue de destabiliser le gouvernement mis en place par les américains. La Russie et la Tchétchénie sont frappés d'une vague d'attentats la même année.
- 1er octobre 2004 : Attentat contre une mosquée chiite à Sialkot, Pakistan.
- 2005 : 7 juillet. Attentats-suicides dans les transports en commun à Londres. Les auteurs présumés sont des sujets britanniques.
Voir Attentats du 7 juillet 2005 à Londres, attentats du 21 juillet 2005 à Londres
- 9 novembre 2005 : un triple attentat terroriste a visé en Jordanie la capitale Amman. Trois hôtels des chaînes Grand Hyatt, Radisson et Days Inn ont été visés des kamikazes équipés de ceintures explosives. Les bilans provisoires font état de 57 personnes tuées et 300 personnes blessées, essentiellement de nationalité jordanienne.
Liens Externes
- [http://www.janes.com/security/international_security/news/usscole/jir001020_1_n.shtml Suicide terrorism: a global threat - Jane's Intelligence Revue]
- [http://www.frstrategie.org/barreFRS/publications/archives/actu_tatu/actualite170.php La vague des kamikazes, Fondation pour la Recherche Stratégique]
Catégorie:Acte terroriste
Catégorie:Suicide
Catégorie:Al-Qaida
Crimée
ja:クリミア自治共和国
Catégorie:Ukraine Catégorie:Péninsule
La Crimée (Крым en russe) est une presqu'île située au sud de l'Ukraine, plongeant dans la Mer Noire, constituant une république autonome. Elle est reliée au continent par l'isthme de Pérékop. Au nord-est se trouve la Mer d'Azov. La région, bien que faisant partie de l'Ukraine, est essentiellement russophone. Elle faisait d'ailleurs partie de la Russie, avant d'être rattachée à l'Ukraine en 1954. C'est l'antique Chersonèse taurique.
La région est reconnue pour ses vignobles, ses vergers, ses endroits de villégiatures ainsi que ses sites touristiques. On y trouve notamment les villes de Sébastopol, Simferopol et la célèbre ville de Yalta, où furent signés les accords de Yalta en 1944, entre Staline, Roosevelt et Churchill.
Géographie
La Crimée borde les frontières de la région de Kherson au nord. Le reste de ses frontières est la Mer Noire au sud et à l'ouest, et la Mer d'Azov à l'est. Sa surface est de 26,100 kilomètres carrés, avec une population de 2 millions d'habitants. Sa capital est Simferopol.
La Crimée est reliée au territoire ukrainien par une bande de terre large de 5 à 7 kilomètres appelée l'Isthme de Perekop. À l'est se trouve la péninsule de Kertch, qui fait face directement à la péninsule russe de Taman. Entre les péninsules de Kerch et Taman se trouve le détroit de Kertch, large de 3 à 13 kilomètres, liant la Mer Noire à la Mer d'Azov.
Les côtes de Crimée sont irrégulières et forment un grand nombre de ports et de baies. Ces ports se trouvent dans la partie ouest de l'isthme de Perekop, dans la Baie de Karkinit. Dans le sud-ouest, dans la Baie de Kalamita se trouvent les ports d'Eupatoria, de Sébastopol et de Balaklava. La Baie d'Arabt se trouve dans le nord de l'isthme de Yenikale. La Baie de Kaffa (ou Feodosiya), avec le port du même nom, se trouve dans le sud.
Balaklava
Balaklava
La côte sud-est est très montagneuse, avec une série de montagnes parallèles, à une distance de 8 à 12 km de la mer :
la Yayla-Dagh, ou prairie alpine. Ces montagnes sont voisines d'une seconde rangée Azov plus dans l'arrière pays. 75% du reste de la surface criméenne est composée de prairies semi-arides, de steppes dans le sud qui longent par le nord-ouest les pieds de la Yayla-Dagh. Une grande partie de ces montagnes ont des sommets assez abrupts et impressionnants, avec une différence d'altitude élevée par rapport à la mer si proche (650 à 750 mètres), commençant dans la pointe sud-ouest de la péninsule, appelée Cap Fiolente. Historiquement, cette pointe abritait le temple d'Artémis, où Iphigénie aurait officié comme prêtresse.
Les terres qui se trouvent au pied du Yayla-Dagh sont d'un caractère tout autre. Là, les bandes étroites de la côte et les pentes abruptes des montagnes sont couvertes de verdure. Cette « Riviera russe » s'étend tout le long des côtes sud-est, du Cap Sarich, dans l'extrême sud, à Feodosiya, accueillant de nombreuses plages, tel Aloupka, Yalta, Gurzuf, Sudak et Feodosiya. À l'époque de l'Union Soviétique, cette région offrait de nombreux sites de villégiature pour les élites du parti et les travailleurs émérites.
La région de Crimée abrite de nombreuses vignes et vergers. On y pratique la pêche le long des côtes. Quelques mines subsistent, et on y produit des huiles essentielles. On peut aussi trouver de nombreux villages tatars, des mosquées, des monastères et des palais royaux, ainsi que d'anciens châteaux du Moyen Âge et des ruines grecques pittoresques.
verger
Villes principales
- Simferopol
- Sébastopol
- Yalta
- Yevpatoriya
- Kertch
Histoire
Les débuts
Kertch]
Les touts premiers habitants furent les Cimmériens, qui furent par la suite expulsés par les Scythes durant le siècle avant J.-C. Les survivants prirent refuge dans les montagnes et devinrent par la suite les Tauri. Dans le même temps, les colons grecs ont commencé à s'installer sur les côtes et à fonder des colonies : Hersones, Feodosiya...
Par la suite, la région sera sous influence romaine. Elle sera successivement occupée par les Goths (250 après J.-C.), les Huns (376), les Bulgares (), les Khazars (), les Rus' de Kiev (X-s), les Grecs Byzantins (1016), les Kiptchaks (1050) et les Mongols (1237).
Durant le , les Génois reprirent plusieurs colonies que les Vénitiens avaient établies sur les côtes : Eupatoria, Cembalo, Soldaia et Caffa.
Khanat de Crimée
De 1430 à 1783 les Tatars établirent un état indépendant, le khanat de Crimée. En 1475, le khanat se plaça sous la protection de l'Empire ottoman, pour se protéger des Grands Princes de Russie. Il devenait ainsi vassal de la Porte et payait un tribut. En 1498, les Tatars de Crimée chassèrent les troupes polonaises qui s'étaient aventurées en Moldavie, sur la demande des Ottomans. En 1511, le khanat aida le futur Sultan ottoman Sélim à obtenir le poste de gouverneur d'une province d'Europe.
En 1569, le khanat attaqua Astrakhan, qui était passé sous le contrôle de la Russie. Deux ans plus tard, les Tatars, sous les ordres du khan Devlet-Giray, lancèrent un raid contre Moscou, faisant environ 100'000 prisonniers. En 1578, le khanat aida l'Empire Ottoman dans une guerre contre les Perses.
La région tomba sous influence russe en 1774, après la Guerre Russo-Ottomane (1768-1774). Le traité qui fut signé fit sortir le khanat de Crimée du giron ottoman pour le transférer dans l'Empire russe.
Liste des khans de Crimée
L'Empire Russe
La Guerre de Crimée, qui prit place entre 1854 et 1856, dévasta l'économie et les structures sociales de la Crimée. Les Tatars de Crimée ont dû quitter en masse la région suite à la guerre, aux persécutions et aux confiscations des terres. Ils se sont dirigés et réinstallés dans d'autres provinces de l'Empire Ottoman, en Anatolie. Pour la première fois dans leur histoire, ils devinrent une minorité dans leur propre territoire, avec une majorité d'entre eux vivant en diaspora. Finalement, le gouvernement russe décida d'arrêter le processus d'expulsion, car les rendements agricoles souffraient énormément. Durant la guerre civile de Crimée, la région fut un bastion de l'Armée Blanche antibolchévique, avec comme leader le Général Wrangel. Ils furent cependant défaits par l'Armée Rouge en 1920.
En 1921 fut créée la République Autonome Soviétique Socialiste de Crimée, partie de la République Fédérée Soviétique Socialiste de Russie.
La Crimée fut la scène des batailles parmi les plus sanglantes de la Seconde Guerre mondiale. Les Allemands subirent de nombreuses pertes lors de leur progression vers la Crimée, notamment lors du passage liant l'Ukraine à la Crimée par l'étroite bande de l'isthme de Perekop durant l'été 1941. Une fois passés, les Allemands occupèrent en grande partie la Crimée, à l'exception de la ville de Sébastopol, à qui fut décerné le titre de Ville Héros par la suite. Sébastopol résista au siège d'octobre 1941 jusqu'au 4 juillet 1942. En mai 1944, les troupes soviétiques libérèrent la ville.
Le 18 mai 1944, Staline lança la déportation des Tatars de Crimée comme forme de punition collective. Trois jours plus tard, le nettoyage ethnique était fini. Il est estimé que 46% des déportés moururent de faim ou de maladie. En 1967, les Tatars de Crimée furent réhabilités mais furent bannis de retour légal dans leur terre natale jusqu'aux derniers jours de l'Union soviétique.
La République Autonome Soviétique Socialiste de Crimée fut abolie en 1945 et transformée en province de Crimée, toujours partie de la République Fédérée Soviétique Socialiste de Russie. En 1954, Nikita Khrouchtchev offrit la province à la République Soviétique Socialiste d'Ukraine pour marquer le 300 anniversaire de la réunification de la Russie et de l'Ukraine.
Avec l'effondrement de l'Union Soviétique, la Crimée devint partie intégrante de la nouvelle nation indépendante d'Ukraine, ce qui fut dur à accepter pour une grande partie de sa population, russe, provoquant de nombreuses tensions entre la Russie et l'Ukraine. Comme la Flotte Soviétique de la Mer Noire se trouve sur la péninsule, il y avait des craintes de voir les tensions se transformer en conflit armé
Avec les défaites des partis nationalistes ukrainiens les plus radicaux, les tensions se sont apaisées. La Crimée proclama ses propres lois le 5 mai 1992, mais décida plus tard de rester dans l'Ukraine comme une République Autonome. La ville de Sébastopol possède aussi un statut spécial en Ukraine. Les langages officiels de la Crimée sont le russe et l'ukrainien. Le langage tatar n'est pas officiellement reconnu. On y parle aussi le hongrois, le polonais et le roumain.
Liens externes
- [http://assembly.coe.int/Documents/AdoptedText/TA00/FREC1455.HTM Conseil de L'Europe Assemblée parlementaire: Rapatriement et intégration des Tatars de Crimée]
- [http://www.tatar.net Tatar.Net]
- Historique et cartes http://perso.wanadoo.fr/steppeasia/
Voir aussi autres articles
- Guerre de Crimée
- République de Crimée
- Tatars de Crimée
Seppuku
Seppuku (切腹, ou argotiquement Hara-kiri 腹切り) est un suicide rituel et honorable d'origine japonaise. Traditionnellement, il se fait dans un temple en s'ouvrant l'abdomen avec un Tanto (sabre le plus court), ce qui libère l'âme (voir l'article seika tanden). La forme traditionnelle consiste en une ouverture de haut en bas et une dans la largeur. Il existe une version moins honorable (et moins douloureuse) dans laquelle un ami (kaizoe ou kaizoe-nin) coupe la tête pour une mort instantanée.
Le hara-kiri était traditionnellement utilisé en dernier recours lorsqu'un guerrier estimait un ordre de son maître immoral et refusait de l'exécuter. C'était aussi une façon de se repentir d'un péché impardonnable, commis volontairement ou par accident. Plus près de nous, le seppuku subsiste encore comme une manière exceptionnelle de racheter ses fautes, mais aussi pour se laver d'un échec personnel.
En japonais, hara kiri (腹切り) est un terme argotique — littéralement, « ouvrir le ventre ».
Le terme correct pour un suicide honorable est seppuku (désincarnation) (切腹).
N'ayant pas le droit de se faire seppuku à la manière des hommes, les femmes nobles et les femmes de samouraïs se tranchaient la carotide avec un tantô après s'être entravé les jambes afin de garder dans la mort une attitude décente. Cette forme de suicide s'appelle jigai.
Brève histoire du seppuku
Minamoto no Tometomo aurait été le premier homme et samouraï à pratiquer le seppuku honorable, en prenant exemple sur les femmes chinoises : accusées d'avoir enfanté l'enfant d'un autre homme que leur époux, elles s'ouvraient le ventre de désespoir afin de prouver leur fidélité.
La pratique du seppuku est indissociable du Bushido, le code d'honneur du guerrier, qui insiste sur sa finalité propre : la mort. Celle-ci ne doit en aucun cas trahir les valeurs morales qui sont celles du samouraï ; aussi, la pratique du seppuku est-elle codifiée très précisement. L'acte du suicide honorable ne s'effectuait grosso modo qu'à quatre occasions :
- à l'issue d'une défaite au combat. Être fait prisonnier ne constituait pas tant un échec qu'un déshonneur, non seulement pour soi mais pour ses compagnons et son maître ; pour éviter de souiller le nom de ce dernier, un samouraï vaincu et sans possibilité d'échapper à l'ennemi, préférait se donner la mort lui-même. Ce type de seppuku est rapide et violent, généralement effectué avec un tanto (sabre le plus court) ;
- le pouvoir politique du Shogun est marqué par les rivalités ; lorsqu'un vassal était amené à critiquer ouvertement le Shogun, il pratiquait le seppuku, tout à la fois pour préserver son honneur, et pour attirer l'attention du dirigeant. Ces remontrances sont désignées par le terme de Kanshi ;
- à l'inverse, à partir du Shogun Tokurawa, la procédure inverse fut créée, comme une sanction à l'infidélité des vassaux. Une fois encore, le seppuku était l'unique manière d'éviter le déshonneur du clan : il s'agissait donc d'une offre de pitié, le Tsumebara ;
- le seppuku fut enfin l'occasion de suicides de groupe chez les samouraïs, qui par leur mort, rendaient hommage à leur maître en le suivant par-delà l'épreuve de la mort. Le seppuku est donc également le signe du dévouement, le Junshi.
Shogun, vers 1890.]]
Hormis dans le cadre du champ de bataille, le seppuku accompagna le raffinement du Bushido et des classes dirigeantes en étoffant le rituel qui lui est encore associé. Le seppuku possède son propre code, qui doit être respecté scrupuleusement, tant par celui qui commet l'acte que par les personnes assistant à celui-ci. En effet, le seppuku n'est absolument pas une pratique solitaire, tout du moins dans le cadre du Bushido; si le public est restreint et choisi, il est par contre nécessaire. Il a valeur de témoin et d'assistant de la mort du samouraï.
Le samouraï, ayant revêtu un kimono blanc, s'agenouillait face au public, sur un tatami. Il disposait d'un couteau, le tanto, d'encre, d'un pinceau, de feuilles de papier de riz et d'une tasse de saké. Après avoir écrit et lu un waka, enveloppant le tanto d'une des feuilles de papier de riz, il s'ouvrait l'abdomen sur sa gauche, kimono ouvert. Cette partie du ventre représente la conscience dans la tradition Bouddhiste. Il remontait alors une première fois, en diagonale ; puis une seconde entaille venait couper la première. Ce Giri no Jumonji, terriblement douloureux, était la plupart du temps interrompu par le Kaishakunin, un ami du samouraï, qui le décapitait. Chaque Shogun avait un Kaishakunin officiel pour les Tsumebara : c'était un honneur tout particulier pour un samouraï.
L'histoire militaire du Japon est marquée par de très nombreux seppukus ; mais dès lors que les bushis perdirent de leur influence, la pratique fut contrôlée (interdiction du Junshi), puis interdite (par le gouvernement Tokugawa à la demande de Nobutsuna Matsudaira en 1663). Les cas épars de désobéissances furent accueillis comme des actes d'autant plus braves par la population japonaise.
Personnalités célèbres s'étant donné le seppuku
- Minamoto no Yoshitsune en 1189
- Hôjô Nakatori en 1333
- Oda Nobunaga le 21 Juin 1582
- Sen no Rikyû en 1591
- Yukio Mishima le 25 novembre 1970
Voir aussi
- kamikaze
- Kiri sute gomen
Catégorie:Bushidô
Catégorie:Suicide
ja:切腹
2000
Cette page concerne l'an 2000 du calendrier grégorien.
2000 est la dernière année du et du . Le passage de 1999 à 2000 a été largement fêté, avec en plus le suspens du bogue de l'an 2000. Économiquement, 2000 est l'année du record de la bulle Internet où les bourses ont atteint leur niveau record, avant de perdre jusqu'à 80 % de leur valeur les années suivantes (cas du NASDAQ).
Événements
Premier trimestre
- : Date à laquelle devait se produire le bogue de l'an 2000, à 0h00.
- 10 mars : Pic de la bulle Internet, le NASDAQ atteint le record inégalé de 5132,52 points.
- 17 mars : Rachat de Land Rover à BMW par Ford
Deuxième trimestre
- 17 mai : Victoire historique en coupe de l'UEFA de Galatasaray (Turquie) contre Arsenal (Angleterre), fin du temps règlementaire 0 à 0, et 4 tirs aux buts à 1 pour Galatasaray.
- 11 mai : L'Inde compte désormais 1 milliard d'habitants
- 24 mai : Départ des troupes israëliennes du Sud du Liban après 22 ans d'occupation.
Troisième trimestre
- 2 juillet :
- L'équipe de France remporte la coupe d'Europe de football.
- Vicente Fox est élu président du Mexique.
- 25 juillet : Un Concorde d'Air France à destination de New York s'écrase peu après le décollage à Gonesse (France). 113 morts.
- 12 août : le Koursk, sous-marin nucléaire russe contenant 118 hommes d'équipage, sombre en mer de Barents.
- 14 août : Adoption de la résolution 1315 du Conseil de sécurité des Nations unies, pour la création du Tribunal spécial pour la Sierra Leone.
- 4 septembre : le CAC 40 atteint sa valeur record de 6 922,33 points.
- 20 septembre : A la veille de la compétition du 400m, la triple championne olympique Marie-José Perec quitte précipitamment les olympiades de Sydney et déclare forfait.
- 24-26 septembre : Sommet du FMI et de La Banque Mondiale à Pragues, contre-sommet altermondialiste de 30.000 personnes.
- 28 septembre : À Jérusalem, la visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées provoque des affrontements entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes. C'est le début de la Seconde Intifada
Quatrième trimestre
- 11 novembre : l'embrasement d'un funiculaire à Kaprun (Autriche) entraîne le décès de cent cinquante-cinq personnes.
- En France : Les régimes de retraite Arrco et Agirc décident de revaloriser de 3,5% et 4% leur prix d'achat du point de retraite.
Chronologies thématiques
- Transports :
- Aéronautique : 2000 en aéronautique
- Chemins de fer : 2000 dans les chemins de fer
- Sport : 2000 en sport
- Football : 2000 en football
- Arts : 2000 en arts
- Cinéma : 2000 au cinéma
- Musique : 2000 en musique
- Prix Nobel de physique : Zhores I. Alferov, Herbert Kroemer et Jack Kilby
- Prix Nobel de chimie : Alan J. Heeger, Alan G. MacDiarmid et Hideki Shirakawa
- Prix Nobel de physiologie ou médecine : Arvid Carlsson, Paul Greengard et Eric R Kandel
- Prix Nobel de littérature : Gao Xingjian
- Prix Nobel de la Paix : Kim Dae Jung
Premier trimestre
- 4 janvier : Tom Fears, (USA, football américain) à 76 ans.
- 10 janvier : Sam Jaffe, 98 ans, producteur de films
- 14 janvier : Alphonse Boudard, écrivain français
- 22 janvier : Anne Hébert, poète et romancière québécoise
- 26 janvier : A. E. van Vogt, écrivain américain de science-fiction
- 11 février : Roger Vadim, acteur et réalisateur français
- 12 février : Tom Landry, (USA, football américain) à 75 ans.
- 18 février : Will, Belgique, Bande dessinée
- 23 février : Stanley Matthews, (Angleterre, football) à 85 ans.
- 6 mars : John Colicos, 71 ans, acteur
- 20 mars : Gene « Eugene » Andrusco, acteur et chanteur
- 27 mars : Ian Dury, 57 ans, chanteur et acteur
Deuxième trimestre
- 18 avril : Garcimore, illusioniste et chanteur espagnol.
- 10 mai : André Fortin dit Dédé, musicien québecois, (°1962).
- 21 mai : Sir John Gielgud, acteur britannique, (° 1904).
- 25 mai : Nicholas Clay, acteur à 53 ans.
- 27 mai : Gonzalve de Bourbon, duc d'Aquitaine, (° 1937).
- 27 mai : Maurice Richard, joueur de hockey professionnel canadien, (° 1921).
- 4 juin : Gino Bartali, courreur cycliste italien à 85 ans.
- 23 juin : Philippe Chatrier, tennisman français à 72 ans.
- 27 juin : Pierre Pflimlin, homme politique français, (° 1907).
- 29 juin : Vittorio Gassman, acteur, à 78 ans
Troisième trimestre
- 1 juillet : Walter Matthau, 79 ans, acteur
- 5 août : Sir Alec Guinness, 86 ans, acteur
- 12 août : Loretta Young, 87 ans, actrice
- 17 août : Franco Donatoni, compositeur italien
- 25 août : Carl Barks, dessinateur états-unien
- 4 septembre : Bernard Assiniwi, écrivain cri
- 17 septembre : Nicole Reinhart, (USA, cyclisme) à 24 ans.
- 28 septembre : Pierre Elliott Trudeau, ancien premier ministre du Canada
Quatrième trimestre
- 17 octobre : Harry Cooper, (USA, golf) à 96 ans.
- 10 novembre : Jacques Chaban-Delmas, homme politique français
- 19 novembre : Robert Escarpit, universitaire, écrivain et journaliste français
- 22 novembre - Emil Zatopek, (République Tchèque, athlétisme) à 79 ans.
- 15 décembre - Jacques Goddet, (France, fondateur de L'Équipe) à 95 ans.
- 29 décembre : Cécil Saint-Laurent (Jacques Laurent), écrivain français
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1996Catégorie:1996
Cette page concerne l'année 1996 du calendrier grégorien.
Événements
- 25 mars : Signature du traité de Rarotonga sur la dénucléarisation du Pacifique Sud.
- 11 avril : Signature du traité de Pelindaba, sur la dénucléarisation de l'Afrique et de l'Océan indien.
- 24 septembre : Ouverture des négociations sur le CTBT (Comprehensive Nuclear Test Ban Treaty), signé le jour même par les cinq puissances nucléaires déclarées. ce traité ne rentrera en vigueur que si 44 nations nommément désignées le signent et le ratifient.
Europe
- 1 janvier : Adhésion de la Slovénie au groupe de Visegrád.
- 25 janvier : Adhésion de la Russie au Conseil de l'Europe.
- 9 février : Attentat de l'IRA à Londres (deux morts) mettant fin à 17 mois de cessez-le-feu.
- 27 mars : Embargo de l'UE sur les ventes de viande bovine britannique, suite à la maladie de la vache folle, début d'une crise européenne sur le thème du principe de précaution.
- 15 août : Début de l'affaire Marc Dutroux, pédophile et assassin, qui remet en cause la police, la justice, voire le gouvernement, en Belgique.
- 14 septembre : Les trois partis nationalistes (croate, serbe et bosniaque) remportent les élections en Bosnie-Herzégovine.
- 22 novembre : Admission de la Pologne à l'OCDE.
- 14 décembre : Sommet européen de Dublin.
France
- 8 janvier : décès de François Mitterrand
- 27 janvier : Dernier des essais nucléaires français souterrains à l'atoll de Fangataufa.
- février : début des travaux de démantèlement du Centre d'essais du Pacifique (CEP).
- 22 février : Annonce par Jacques Chirac de la suspension du service militaire dans un délai de 6 ans.
- 18 mars : Occupation à Paris de l'église Saint-Ambroise par 300 Africains sans-papiers demandant leur régularisation. Après avoir été expulsés de l'église Saint-Ambroise, ils erreront d'occupation en occupation pour finir par occuper l'église Saint-Bernard. Dix d'entre eux entameront alors une grève de la faim qui durera deux mois.
- 23 août : Évacuation musclée par la police des « sans-papiers » africains occupant l'église Saint-Bernard. Plusieurs d'entre eux sont renvoyés au Mali. Fin de la grève de la faim. L'un des sans-papiers mourra quelques mois plus tard des séquelles de sa grève de la faim.
- 19 septembre : Visite en France de Jean-Paul II, à l'occasion de la célébration du 1500 anniversaire du baptême de Clovis.
- Les régimes de retraite Arrco et Agirc décident de moins revaloriser les retraites.
Russie et ex-URSS
- 3 juillet : Réélection de Boris Ieltsine comme président de la fédération de Russie (53 % des voix) contre le communiste Ziouganov.
- 31 août : Accord de paix en Tchétchénie.
Afrique
- 20 mai : Assassinat de sept moines trappistes français par les terroristes islamistes du Groupement islamiste armé (GIA) en Algérie.
- 21 mai : Le naufrage d'un ferry sur le lac Victoria, face à la Tanzanie, fait quelque 500 victimes.
- : L'évêque d'Oran (Algérie), Mgr Pierre Claverie, 58 ans, est tué dans sa voiture, détruite par une bombe devant la porte de l'évêché.
- Signature de la nouvelle Constitution sud-africaine tournant définitivement la page de l'apartheid.
Amériques
- 19 et 20 juillet : Déluge du Saguenay au Québec
- 8 décembre : Réunion de la ZLEA (zone de libre-échange des Amériques).
- Brésil, de violents affrontements ont éclaté entre les propriétaires terriens et les sans-terre. Le président Fernando Henrique Cardoso fait redistribuer 1000 km² de terres de riches domaines privés pour les donner à plus de 3600 familles pauvres, et autorise la reprise de terres attribuées aux Indiens.
États-Unis
- 27 juillet : Attentat d'extrême droite à Atlanta, lors des Jeux olympiques : 2 morts, 111 blessés.
- 8 août : Vote par le Congrès américain de la loi d'Amato-Kennedy
- 5 novembre : Réélection du démocrate William (« Bill ») Jefferson Clinton comme président des États-Unis contre le républicain Robert Dole et l'indépendant Ross Perot.
Asie & sous-continent indien
- Japon : Élection de Mashimoto
Proche-Orient & Monde arabo-musulman
- 3 septembre : Les États-Unis tirent 27 missiles contre des cibles militaires du Sud de l'Irak en riposte à l'offensive de Saddam Hussein dans le Kurdistan irakien.
- 26 septembre, Afghanistan, entrée des talibans (« étudiants islamistes ») à Kaboul, le nord du pays résiste encore.
- 5 novembre, Pakistan, destitution pour corruption du premier ministre Benazir Bhutto, par le président pakistanais Farook Ahmed Leghari.
- 10 décembre : Résolution 986 de l'ONU concernant les ventes de pétrole de l'Irak, contre de la nourriture.
Israël-Palestine
- 10 avril : Déclenchement de l'opération Raisins de la colère par les Israéliens au Liban, en réaction aux tirs de roquettes du Hezbollah.
- 15 avril : Un bombardement israélien sur un camp de l'ONU fait 102 morts civils au Liban et des centaines de blessés.
- 29 mai : Victoire du Likoud lors des élections à la Knesset, Benyamin Netanyahou est le nouveau Premier ministre, en remplacement du travailliste Shimon Peres.
- Premières élections au suffrage universel en Cisjordanie et à Gaza. Yasser Arafat est élu président de l'Autorité palestinienne.
Océanie & Pacifique
- La France procède à son dernier essai nucléaire dans le Pacifique.
- La France, le Royaume-Uni et les États-Unis signent le traité de Rarotonga de 1985 sur la dénucléarisation du Pacifique Sud.
- 25 novembre : Réunion des pays de l'APEC à Manille.
Chronologies thématiques
- Aéronautique : 1996 en aéronautique
- Chemins de fer : 1996 dans les chemins de fer
- Cinéma : 1996 au cinéma
- Musique : 1996 en musique
- Sport : 1996 en sport
- Arts & lettres
- 29 janvier : Destruction par un incendie de la Fenice, l'opéra de Venise.
- Août : publication de « Carlo Gozzi, le dernier Vénitien », biographie de Carlo Gozzi (1720-1805) par O. et M. Mathieu.
- Sciences & techniques
- 20 mars : Des scientifiques britanniques émettent l'hypothèse d'un lien entre l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou « maladie de la vache folle » et la maladie de Creutzfeldt-Jacob.
- Économie
- 27 mars : Embargo de l'UE sur les ventes de viande bovine britannique, suite à la maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine), début d'une crise européenne sur le thème du principe de précaution.
- 5 juin : Retrait du Gabon de l' | | |