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Sunnisme
L'islam sunnite ou sunnisme (سُنِّيّ sunnīy) est le principal courant religieux de l'islam. Les adeptes de la tradition sunnite sont dénommés sunnis ou sunnites.
Il est admis parmi les sunnites que le nom est dérivé du mot sunna qui représente la ligne de conduite de Mahomet. Une autre interprétation du nom est que cela est dérivé du mot « Sunni » qui signifie un chemin moyen se rapportant à l'idée que le sunnisme est un courant entre le chiisme et le kharidjisme.
Les différentes écoles
Au quatre grandes écoles juridiques classiques (madhhab) rédigent des ouvrages de compilation de leurs théologies auxquels on se réfère encore aujourd'hui. La littérature musulmane ne cherchera plus en général à réinterpréter ces ouvrages qui sont aujourd'hui quasi intouchables, prétendant que l'ijtihad s'est refermé.
- L'école hanafite d'Abu Hanifa cristallise un droit de source irakienne en l'accommodant aux besoins de la population musulmane. C'est l'école la plus ouverte, car elle insiste sur la liberté d'opinion, le jugement personnel, et la recherche de la meilleure solution (au cas par cas, en fonction des convenances du moment et de l'équité.) Il existe donc une forte marge de manœuvre. Le rite insiste sur l'importance des textes et de la tradition. Peu à peu, cette école va se scléroser et la notion d'ijtihad (interprétation) se soumet à la notion de taqlid (imitation, tradition). Cette école hanafite se retrouve surtout chez les Afghans, Indiens, Albanais, Turqo-Monguyan et Chinois.
- Le rite malékite a été fondé par Malik ibn Anas en modélisant la théorie juridique sur les coutumes médinoises. Elle met l'accent sur l'importance des savants, du consensus. Une place majeure est donnée à la coutume. Cette école est surtout présente en Afrique. L'école qui a essayé de généraliser l'usage de la sunna (hadiths, mœurs de Mahomet), aux pratiques de vie de la Médine au temps du prophète (aamal ahl al madina). L'interprétation (ijtihad), d'abord recommandée est fermée au Moyen Âge, ce qui va avoir des conséquences sur cette école également, avec le développement de l'importance des coutumes populaires voire des superstitions.
- Le chaféisme de Muhammèd ibn idris as-shafi est une compromis entre les deux écoles précédentes. Cette école valorise la Sunna comme source du droit, et insiste sur le consensus de toute la communauté, mais le point de vue des savants l'emporte, écartant par là l'opinion personnelle. Elle est particulièrement répandue en Égypte, Arabie, Yémen, Koweït, Indonésie, Malaisie, Vietnam, Philippines et Thaïlande.
- L'école hanbalite d'Ibn Hanbal a été fondée non pas par un juriste mais par un traditionaliste qui privilégie la tradition morale sur les solutions juridiques. C'est l'école la plus stricte des écoles sunnites. Elle se base sur une interprétation littérale du Coran et de la Sunna, et restreint le raisonnement par analogie. L'hanbalisme a donné forme au wahhabisme (généreux), une version encore plus austère de l'islam.
Ces quatre écoles ont des fondements différents mais se reconnaissent les unes les autres. Il est possible pour un croyant de passer de l'une à l'autre. Il y a en effet convergence sur les points fondamentaux.
Fêtes spécifiques
- Awal Muharram : nouvel an hégirien, premier jour du mois lunaire de mouharram
- Achoura : se fêtant le dixième jour du mois lunaire de mouharram
- Al Mawlid Annabawi Asharif : célébration de la naissance de Mahomet, le 12 du mois lunaire rabi al awal
- Al Isra'a wa'l Mi'raj : célébration du voyage de nuit de Mahomet de La Mecque à Jérusalem, et son ascension de cet endroit, traversant les sept cieux en la compagnie de l'ange Gabriel. Cette fête à lieu le 17 du mois lunaire radjab.
- Aïd al-Fitr : fête de la rupture du jeûne, célébrant la fin du moi sacré de ramadan. A lieu le premier jour du mois lunaire chawwal
- Aïd al-Kebir : fête du sacrifice, célébrant la fin du hadj, pèlerinage à La Mecque et au mont Arafat, ainsi que la vie et le sacrifice d'Ibrahim. Fêté le 10 de dou al hidjia
Voir aussi
Articles connexes
- Islam
- Vocabulaire de l'islam
- Chiisme
- Kharidjisme
- Islamisme
Bibliographie
- Messaoud Boudjenoun, les Quatre Imâms : fondateurs des écoles sunnites. Paris : Universel, 2004. 264 p., 23 cm. ISBN 2-911546-41-5.
Catégorie:Courant musulman
Catégorie:Sunnisme
ja:スンナ派
ms:Sunah Waljamaah
Islam
L'islam est une religion, chronologiquement le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques. Apparu en Arabie au , il s'ajoute au courant judaïque et au courant chrétien desquels il hérite de nombreux éléments.
L'islam a un livre sacré, le Coran, qui recueille les révélations de Dieu au prophète Mahomet.
L'Islam avec I majuscule désigne la civilisation islamique.
Notions principales
Islam est un mot arabe (إِسْلاَم ou, plus couramment إسلام , transcrit ʾislām) qui signifie « soumission à la volonté de Dieu » dans un contexte religieux. En tant que religion, l'islam, en effet, prêche la soumission et l'obéissance à Dieu ( Allah, en arabe).
:
Le mot prend en français une majuscule lorsqu'il désigne l'ensemble des peuples musulmans sinon, comme pour les autres noms de religions, il garde la minuscule.
D'un point de vue étymologique, le mot est dérivé d'une racine de trois consonnes (cas typique en arabe), s.l.m, désignant le fait de se soumettre, qui donne un autre dérivé, مُسْلِم muslim, « musulman ». On évoque depuis quelques années un lien avec le radical qui fournit salām, « la paix », lien que l'on peut considérer être une étymologie populaire. La théorie que l'on rencontre le plus souvent, cependant, fait de أَسْلَمَ ʾaslama, « se soumettre à Dieu » (dont on dérive إِسْلاَم ʾislām), un dérivé de سَلِمَ salima, « être sain et sauf » (qui fournit سَلاَم salām).
Islam implique l'adhésion sincère et absolue du cœur à Dieu et l'abandon intégral et confiant de toute la personne à Dieu et signifie donc la recherche inlassable de la perfection dans le comportement et les attitudes.
Quelques définitions
- « islam » avec une minuscule désigne la religion fondée par Mahomet en 622;
- « Islam » avec une majuscule désigne l'ensemble des peuples musulmans, la civilisation islamique;
- « Musulman » désigne ce qui est relatif à la religion: les personnes professant l'islam et ce qui est relatif à ses lois et rites;
- « Islamique » renvoie à l'islam en tant que religion et en tant que civilisation;
- « Islamisme », « islamiste » s'employaient autrefois pour « Islam » ou « musulman ». Ces termes sont utilisés aujourd'hui dans certains medias pour désigner l'Islam politique mais aussi les manifestations violentes qui lui sont attribuées.
Sources de législation Sunnite
- Les musulmans affirment que le Coran a été révélé par Dieu à son prophète Mahomet, qu'il est donc la première source de législation dans l'islam et que Dieu le préserve contre toute modification ou altération.
- La sunna (qui est l'ensemble des dires et faits du prophète) est la seconde source de législation dans l'islam. La sunna a été rassemblée et classée par les musulmans dans plusieurs œuvres comme sahih al boukhari (صحيح البخاري) , sahih mouslim (صحيح مسلم) etc… ;
- La troisième source de législation dans l'islam est l'unanimité des musulmans Al Ijmaa الإجماع. Cela en se référant à une citation de Mahomet qui dit que les musulmans ne font pas l'unanimité sur quelque chose de faux ;
- La quatrième source est al-qiyâs (القياس)(littéralement « la mesure »), qui permet de tirer le jugement d'une chose pour laquelle il n'y a pas de législation à partir du jugement d'une chose analogue.
Il est à noter que ces sources de législation ont été mises en œuvre après la mort du Prophète et sont considérées comme illicites (haram) par d'autres groupes de l'Islam.
Lieux saints
Islamisme
Islamisme
Les principaux lieux saints de l'islam sont :
- La Ka'ba (« le Cube ») de La Mecque (Makkah) en Arabie saoudite. Selon la tradition, il est le premier lieu de culte, bâti par Adam (Adam) sur Terre, puis reconstruit par Ibrahim (Abraham). Jusqu'à l'avènement de l'islam, il était dédié au dieu arabe Hubbal, qui était vénéré par des rites de circonvolution autour de la pierre noire. Tout musulman se doit d'y faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie s'il en a la capacité physique et financière ;
- Médine (Almadinah), ville où émigra Mahomet après s'être enfui de La Mecque, est la deuxième ville sainte de l'islam ;
- Jérusalem (al-Qods), est la troisième ville sainte. C'est l'endroit vers lequel le prophète Mahomet aurait effectué le voyage nocturne et l'ascension.
Le pèlerinage sunnite n'est admis que vers ces trois villes.
- Pour les Chiites (Chi'ites), Kerbala en Irak est la deuxième ville sainte. Ce fut le lieu du martyre d'Hussein( petit fils du prophète Mahomet et fils de Ali, troisième Imâm , ainsi que ses compagnons, venus à Kerbala pour défendre l'imamât c'est à dire la succession par l'imam Ali gendre du prophète et Hussein son fils (Hassan, son frère ainé ayant été tué). Ce martyre est le mythe fondateur du Chiisme. Tous les ans a lieu la commémoration de ce massacre, à Kerbala ;
- Nadjaf, toujours en Irak, est également une ville sainte pour les chiites.
Devoirs des Sunnites
Les cinq Piliers de l'islam constituent des préceptes fondamentaux obligatoires pour tous les sunnites:
- la profession de foi (Chahadah en arabe);
- la prière (Salât);
- la zakat (impôt légal purificateur calculé dans les pays musulmans sur les revenus du foyer et destiné aux pauvres. La zakat ne doit pas être confondu avec les aumônes.) ;
- le jeûne islamique (durant le mois lunaire du Ramadan) ;
- le pèlerinage à la Mecque, pour qui en a les moyens matériels et la capacité physique.
En outre, le sunnisme interdit la représentation des « choses et personnes saintes ». Plutôt que de parler d'iconoclasme, il faut parler d'aniconisme.
Les cinq piliers de la religion sont la base sur lesquels le(a) futur(e) sunnite construira sa vie pour se conformer à la révélation.
La Profession de foi
La profession de foi doit de préférence être exprimée en arabe, elle se résume en une phrase :
:« Je témoigne qu'il n'y a de (vraie) divinité que Dieu et que Mahomet est son messager »:
: أَشْهَدُ أَنَّ لاَ إِلَهَ إٍلاَّ اللَّهَ وَأَنَّ مُحَمَّدََاَ رَسُولُ اللَّهِ
:achhadou al-lâ ilâha illa-llaha wa anna mouhammadan rasûlu allahi
Elle consiste d'une part à ne croire qu'en un seul dieu, à lui vouer exclusivement tous les actes d'adoration, et d'autre part à reconnaître que Mahomet est le dernier messager de Dieu (précédé des messagers cités dans l'ancien et le nouveau testament), et l'exemple à suivre. La shahada est obligatoire pour quiconque veut devenir musulman : c'est la déclaration de sa foi musulmane.
Enfin elle garantit le paradis, sous condition d'avoir accomplie des actes de bien, à quiconque la dit avant de mourir en conformité avec la parole de Mahomet :
: « Toute personne qui témoigne qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah et que Mahomet est l'Adorateur et l'Envoyé de Dieu ne manquera pas d'être préservée – par Dieu– du feu de l'enfer »
Quatre piliers sont liés à la personne directement, la chahadah, la salat, le ramadan et le hadj, le dernier pilier qui est la zakat doit se faire au sein de la communauté, c'est un impôt de solidarité qui assure la cohésion sociale. Il n'est donné que par les personnes qui ont le seuil (nissab) équivalant à environ cent grammes d'or, et qui l'ont gardé pendant la durée d'un an lunaire. La zakat est un impôt fixé par la religion pour subvenir aux besoins des nécessiteux (orphelins, voyageurs, pauvres, libération des esclaves, etc.) et dans une plus grande mesure à développer la vie en communauté (paiements des agents de l'État, fonctionnaires, routes, développement de l'espace publique, infrastructures publiques, etc.).
L'assiette de cet impôt (zakat) doit être conforme aux prescrits divins.
Ainsi, il y a lieu à perception de l'impôt sur chaque transaction entre partie effectuée sur un lieu publique de la communauté, de même la monnaie avec laquelle l'impôt sera perçu doit aussi être en conformité avec les prescrits divins.
Celle-ci sera émise en fonction de la production alimentaire des terres agricoles de la communauté (propriété privé des moyens de production — terres agricoles — mais l'eau de pluie nécessaire aux terres agricoles appartient à Dieu et donc à tous); ou bien sous-forme de pourcentage (2,5%) de la valeur des biens stagnant pendant 1 an. Le pauvre a donc sa part pour se nourrir via l'impôt en monnaie tous deux institués par le chef de la communauté, au départ des prescrits divins.
Variantes théologiques
La relation directe de l'homme à Dieu par le Coran et la liberté religieuse va amener une multiplication des tendances religieuses. L'absence de clergé permet l'existence de différentes théologies, et différentes écoles religieuses. À la mort du prophète, des différences religieuses importantes et la conquête arabe fulgurante provoquent des rivalités politiques. Beaucoup de questions sur la liberté de l'homme, le péché, la foi, etc. conduisent à la constitution de théologies musulmanes qui essayent de donner des réponses aux questions et aux problèmes non détaillés par les textes divins, et de faire face aux défis de la vie humaine.
Les croyants se partagent en trois branches :
- le sunnisme, de Sunna, « la tradition ». Le sunnisme se divise lui-même en différentes écoles juridiques. Il y en a aujourd'hui 4, mais il y en a eu d'autres dans le passé. Ces écoles s'acceptent les unes les autres, organisant ainsi un relatif pluralisme en matière d'interprétations théologiques :
- le malékisme (de Malîk Ibn Anas qui vécu entre 712 et 796) ;
- le hanbalisme (de Ibn Hanbal, 781-856) ;
- le shafi'isme, ou shaféisme, de Al-Shafi'i 768-820) ;
- le hanafisme ( de Abû Hanifâ, 700-767) ;
- Le mu'tazilisme, école interprétative rationaliste du sunnisme née au et éradiquée au par les acharites (disciples de Al-Chari), connaît ce qui ressemble à une résurgence depuis le .
- le chiisme, lui même divisé en différentes branches, dont les deux principales sont :
- le chiisme duodécimain (90% des chiites) ;
- le chiisme septimain (ou ismaélien) ;
- Voir aussi d'autres groupes chiites : les alaouites de Syrie, le zaydisme du Yemen et les druzes de Syrie / Israël / Liban ;
- le kharidjisme (beaucoup moins répandu que les deux premiers) ;
Les sunnites représentent environs 90% des musulmans, les chiisme environs 10%. Le kharidjisme moins de 1%.
nota : Le wahhabisme, une version particulièrement rigoriste s'appuie sur l'école hanbalite et se revendique comme orthodoxie, concept qui n'existe pas en islam du fait des diverses écoles interprétatives citées ci-dessus, comme du fait qu'aucun magistère n'est institué pour le faire respecter. A ce titre, le wahhabisme et son proche cousin, le salafisme considèrent que les autres écoles sunites doivent à terme s'unifier en se ralliant à leur interprétation. Il s'agit là d'une rupture avec la tradition pluraliste des interprétation du sunisme, qui entraîne parfois des conflits avec ces écoles.
Enfin, il est traversé de nombreux courants de spiritualité mystique, comme le soufisme ou tassawuf. Au départ, ces confréries sont d'origine chiites mais le principe s'en répand dans le sunnisme.
Une théologie populaire se développe dans le maraboutisme qui pratique le culte des saints.
Clergé
saint
Il n'y a pas de clergé dans le sunnisme. L'imam n'est pas un prêtre mais bien un citoyen de la communauté musulmane qui conduit la prière : il est « celui qui se met devant pour guider la prière » et n'est pas forcément un théologien ; en fait en arabe l'imam veut dire « chef » ou « guide », et dans le sunnisme il suffit que le chef soit musulman, sage, connaissant les piliers de l'islam et ait appris une grande partie du Coran par cœur pour être à la tête d'une communauté, d'un État. Le muezzin n'est pas un prêtre non plus.
L'islam reconnaît divers niveaux de compétences religieuses parmi ses fidèles :
L'explication du Coran se nomme tafsîr. Et lijtihâd est la recherche de solutions nouvelles à partir des textes de référence pour répondre aux problématiques des populations musulmanes sur leurs affaires religieuses (عِبادات [`ibādāt], pratiques cultuelles, pl. de عِبادة [ibāda]) ou sociales (مُعامَلة [mu`āmalāt], « comportements », pl. de مُعامَلات [mu`āmala]) dans une condition sociale, politique ou économique inédite.
# al-mujtahid al-mutlaq, capable de « se battre » en absence de texte, comme l'indique la racine de mujtahid, pour en tirer une casuistique, rapprocher des textes traitant des sujets similaires et en tirer la synthèse, élaborer les principes juridiques sans référence à une école particulière. Ces compétences sont reconnues exceptionnelles et rarissimes ;
# al-mujtahid al-mutlaq al-muntasib, le même mais dans le cadre d'une école interprétative ;
# al-mujtahid fil-madh'hab, dans le cadre d'une école interprétative, capable d'élaborer des réponses juridiques sur des questions nouvelles ;
# al-'âlim al-mutabahhir, le vulgarisateur des grands anciens qui doit connaître le Coran et la Sunna ;
# al-'âmîy, celui qui ne connaît que les grandes lignes de l'islam.
Les savants exégètes sont considérés comme les « successeurs » des prophètes.
Le chiisme orthodoxe de la secte 'usuli (clergé des ayatollah) reconnaît, a contrario, un clergé à plusieurs niveaux hiérarchiques, les mollahs, tandis que le sunnisme rejette cette idée d'un clergé central jouant le rôle d'intermédiaire obligé.
Par bien des aspects, l'Islam pour sa partie sunnite, est une religion décentralisée et, paradoxe peu compris en Europe, particulièrement en France, une religion dont tous les pratiquants sont des laïques.
En Europe et dans certains pays musulmans, les gouvernements réclament un alignement de la formation des imams sur la formation des ministres des autres religions, c'est-à-dire trois ou quatre ans d'étude au minimum.
Diffusion
La description de ce paraphe est l'objet de l'article monde arabo-musulman.
Voir aussi les articles détaillés Origines de l'islam et Histoire de la conquête musulmane
Situation de l'islam contemporain
L'islam est la religion la plus répandue après le christianisme, et actuellement celle avec la croissance la plus rapide. Selon certains il comporte maintenant 1,3 milliard de croyants, soit 20 % de la population du monde. La diffusion de l'islam hors du monde arabo-musulman traditionnel s'explique par la croissance des flux migratoires à partir des pays de religion et de culture musulmane, ainsi que du prosélytisme de certains musulmans.
L'islam est la seule religion dont le nom figure dans la désignation officielle de plusieurs États indépendants, sous la forme de « République islamique... ». Mais ces États ne sont pas les seuls ou l'imbrication du civil et du religieux est telle que la charia y a force de loi. L'apostasie y est parfois combattue avec une extrème rigueur.
Il se produit souvent une confusion entre Arabes et musulmans à cause de deux facteurs : l'origine arabe de l'islam et l'importance de la langue arabe dans cette religion. Il y a 300 millions d'Arabes, dont 20 millions sont chrétiens. Au final, seulement 25 % des musulmans vivent dans le monde arabe, un cinquième sont situés en Afrique sub-saharienne, et la plus grande communauté musulmane du monde est en Indonésie. Il y a des populations islamiques importantes au Bangladesh, Afghanistan, Pakistan, en Iran, en Chine mais aussi en Europe, dans l'ancienne Union Soviétique, et en Amérique du Sud. Il y a presque 7 millions de musulmans aux États-Unis et presque autant en France.
Islam et autres religions monothéistes
Voir l'article détaillée Relation de l'islam aux autres religions
- L'islam reconnaît les prophètes du judaïsme, sans pour autant s'y limiter, et établit d'une manière générale les prophètes comme moyens pour Dieu de rappeler les hommes vers la foi en lui et un comportement de droiture ;
- Jésus y est considéré comme un prophète (et appelé Issa), dont le retour est attendu à la fin des temps où il combattra l'Antéchrist et détruira les croix. Dans l'islam, il ne sied pas à Dieu d'avoir de fils, car c'est une marque de dépendance et c'est logique, parce que l'etre qui a besoin d'un fils n'a pas l'aptitude d'être un dieu. le Dieu doit exister seul sans parents ni fils. Par exemple le Coran pose une question : comment un Dieu n'ayant pas besoin de personne aurait un fils ?
- L'attitude de l'islam par rapport à ces deux « religions du Livre » antérieures consiste à la fois a les respecter,leur reconnaître une certaine vérité, et les considérer comme ayant été corrompues au fil du temps par les passions des hommes (injustice, excès, etc.). Le dernier prophète et messager de Dieu, serait Mahomet, étant appelé à rétablir le message dans sa vérité primordiale.
- L'apostasie de l'Islam vers une autre religion est, à tout le moins, fort mal considérée.
Voir aussi
Bibliographie
- Tahar Gaïd, La femme musulmane dans la société, Iqra, 2003
- Fdal Haja, Assalihats, les femmes vertueuses, Universel, 2005
- Charles-André Gilis, Études complémentaires sur le Califat, Al Bustane
- Tabari - Traduit par Hermann Zotenberg, La Chronique de Tabari (5 volumes)
- Ibn Taymiya, Lettre à un roi croisé, 2005, Tawhid
- Mohammed ben Jamil Zeino, Comment comprendre le Coran ?, ÉEditions Chama, 2005
- Dalila Adjir- Adlali Beghezza, Entrée interdite aux animaux et aux femmes voilées, Akhira Distributions
- Tabari - Traduit par Hermann Zotenberg
- Roger Du Pasquier, Découverte de l'islam, Seuil, 1984 ( Comprendre l'islam de Frithjof Schuon, Seuil, 1976)
- Michel A. Boisard, L'Humanisme de l'islam, Albin Michel
- Dominique Sourdel, Vocabulaire de l'islam - N°3653, PUF, Collec. « Que sais-je ? », Nov. 2002
- Mohammed Arkoun, Ouvertures sur l'islam, Grancher, 1992
- Michel Reeber, L'Islam, Les Essentiel Milan, 1999 (pour une première approche)
- Paul Balta, L'Islam, Le Monde édition, 1997 (également pour une première approche)
- Malek Chebel, Manifeste pour un islam des lumières, Hachette, 2004
- Abdallah Penot, Le Coran, éditions Alif, 2004.
- Denise Masson, Le Coran, Paris, Folio, 1992 (une traduction aussi juste que poétique).
- traduction d'AbdAllah Penot, La Doctrine de l'unité, selon le soufisme, éditions Alif.
- Al Nawawy, traduction d'AbdAllah Penot, Les Jardins de la piété, éditions Alif
- Henry Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Folio, 1989
- Fatima Mernissi, Sultanes oubliées, Femmes chefs d'État en Islam, Albin Michel
- Eva de Vitray-Meyerovitch, Anthologie du Soufisme, Albin Michel
- Ligue francise de la femme musulmane, Éducation des enfants en islam , LFFM
- Dominique Aubier, La Réaffirmation messianique du Coran. Mise au point sur les faiblesses et les errances théologiques de l'Islam. M.L.L. 2001
- Bernard Lewis, Islam, Quarto Gallimard
- AbdAllah Penot, L'Entourage féminin du Prophète, Alif édition.
Liens génériques
- religion, monothéisme, critique radicale, hérésie, apostasie
Brahim Labari, Recettes islamiques et appétits politiques, Paris, Syllepse, 2002.
Liens spécifiques
- Islam en France, islam en Belgique (sur Wikinations.be) ;
- Art islamique, Contes des Mille et une nuits
- Averroes (Ibn Ruchd), Ibn Khaldun, Omar Khayyam, Djallal el Din Rûmi ;
- Mahomet, guerre sainte, musulman, vocabulaire de l'islam ;
- Charia ;
- Wahhabisme, chiisme, Omeyyades, Abbassides, Fatimides ;
- les écoles traditionnelles d'interprétations du sunisme : malékisme, hanbalisme, shafi'isme, hanafisme ;
- Islam libéral.
- Rapport homme/femme en islam
- Islam et homosexualité
Liens externes
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Mahomet
Mahomet ou Mohammed ou encore Muhammad (مُحَمَّد [] en arabe) est né à La Mecque en 570 et mort à Médine en 632. Il est chef religieux, politique et militaire arabe, fondateur et prophète de l'islam.
Les noms de Mahomet
Le terme français Mahomet est une déformation du turc Mehmet. À noter que Mohammed devient Muhammet ou Mehmet en Turquie, Mohand en langue berbère, et Mamadou dans certains pays d'Afrique noire par déformation de la forme arabe vocalisée Mouhammadou.
Le nom complet de Mahomet est Abu-l-Qâsim Muhammad Ibn `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Muttalib Ibn Hâshim. Le nom proprement dit y est précédé par la kunyah marquant la paternité (père de Al-Qâsim) et suivi par le nasab c'est-à-dire la généalogie (fils de `Abd Allâh, le fils de `Abd Al-Muttalib, le fils de Hâshim).
La version arabe 'Muhammad' s'écrit avec 4 consonnes mîm, hâ', mîm et dâl et se prononce 'Mouhammad'.
Muhammad signifie en arabe « Celui qui est digne de louanges », « le Louangé ».
La variante francisée Mahomet est rejetée par une partie des musulmans. Un débat récent qui a fait l'objet d'une pétition expédiée à l'Académie française estimait que : « Mohammed signifie en arabe, le Béni. Et ce sens est parfaitement apparent dans le terme lui-même alors que Mahomet provient de l'expression « Mâ houmid » qui en est la négation. ».
De nombreux autres noms (laqab) lui ont été attribués, soit de son vivant, soit par la tradition islamique. On en compte 201, dont Al-Mustafâ et Al-Mukhtâr qui signifient l'Élu, Al-Amine qui signifie le Loyal, Ahmad et Mahmoud qui sont dérivés de la même racine que Muhammad.
Dans le Coran et les hadiths, Mahomet est habituellement appelé le messager de Dieu (rasoul) (الرَّسُول ar-rasūl, le messager; l'envoyé), plus de 200 fois dans le Coran. Il est également désigné par l'expression prophète (nabi) (النَّبِيّ an-nabīy, le prophète). Ces deux appellations renvoient à une distinction faite en islam entre deux catégories de personnes investies d'une mission apostolique ; les messagers de Dieu, appelés aussi envoyés de Dieu, sont d'après la terminologie islamique les personnages ayant reçu un message divin (ou un livre sacré) avec l'ordre de le transmettre aux hommes, tandis que les prophètes reçoivent un enseignement divin à titre plus personnel. Selon cette classification, les messagers sont des prophètes alors que la réciproque n'est pas nécessairement vraie.
:Ô gens ! Le Messager vous a apporté la vérité de la part de votre Seigneur. Ayez la foi, mieux vous vous en porterez. Et si vous ne croyez pas (qu'importe !), c'est à Dieu qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Dieu est Omniscient et Sage.
En arabe :
: يَا أَيُّهَا النَّاسُ قَدْ جَاءَكُمُ الرَّسُولُ بِالْحَقِّ مِنْ رَبِّكُمْ فَآمِنُوا خَيْرًا لَكُمْ وَإِنْ تَكْفُرُوا فَإِنَّ لِلَّهِ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَكَانَ اللَّهُ عَلِيمًا
::Le Coran (IV ; 170)
D'après ce verset Muhammad est désigné par le Coran comme étant le messager de Dieu.
: Certes les hommes les plus dignes de se réclamer d'Abraham, sont ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète ci, et ceux qui ont la foi. Et Allah est l'allié des croyants.
En arabe :
: إِنَّ أَوْلَى النَّاسِ بِإِبْرَاهِيمَ لَلَّذِينَ اتَّبَعُوهُ وَهَذَا النَّبِيُّ وَالَّذِينَ آمَنُوا وَاللَّهُ وَلِيُّ الْمُؤْمِنِينَ
::Le Coran (III ; 68)
Dans ce verset, outre le fait que le Coran qualifie Muhammad de prophète, on retrouve la filiation revendiquée par l'islam vis-à-vis des autres religions et des prophètes bibliques. Non seulement le message prêché par Muhammad est inscrit dans la suite des religions célestes précédentes -- ce que peuvent contester les adeptes de ces religions -- mais le Coran affirme que la venue de Mahomet était annoncée dans la Torah et les Évangiles, si l'on s'en tient au verset suivant :
: Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l'Evangile.
En arabe :
: الَّذِينَ يَتَّبِعُونَ الرَّسُولَ النَّبِيَّ الْأُمِّيَّ الَّذِي يَجِدُونَهُ مَكْتُوبًا عِنْدَهُمْ فِي التَّوْرَاةِ وَالْإِنْجِيلِ
::Le Coran (VII ; 157)
Annonce de la venue du prophète
Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme prophète de l'islam pour toute l'humanité est annoncée dans la Torah et dans les Évangiles.
:Comment pouvez-vous désirer qu'ils croient avec vous, alors que certains d'entre eux ont altéré sciemment la parole de Dieu, après l'avoir entendue ?
::Le Coran (II ; 75)
Certains exégètes voient dans ce verset une accusation envers les juifs et les chrétiens.
Un nom céleste de Mahomet est Ahmad qui peut se traduire en grec par περικλυτος (loué, renommé, célèbre).
Dans les évangiles, Jésus annonce l'arrivée du παρακλητος (en grec moderne : avocat, défenseur, réconfort) (Jean XIV: 16, XV: 26 et XVI: 7)
Dans les Églises chrétiennes, on considère que ce paraclet est l'Esprit Saint, et qu'il est venu à la Pentecôte.
Une polémique entre chrétiens et musulmans est née de cette situation floue.
La tradition islamique affirme que Mahomet est le dernier (au sens du sceau) des prophètes, qu'il scelle ainsi le cycle de la prophétie, en confirmant et en totalisant les messages véhiculés précédemment par la lignée des prophètes.
Biographie religieuse
Naissance et enfance
Mahomet naît à la fin du , vers 570, à la Mecque, cité caravanière vivant du trafic des marchandises de l'Inde vers l'Occident via Aden puis la Syrie, en tranversant le désert de la péninsule arabique. Âgé de soixante-trois ans, il décédera vers le 8 juin 632 à Médine.
Mahomet est le prophète de l'islam et le créateur du premier État musulman.
L'année de naissance de Mahomet est appelée traditionnellement Année de l’éléphant en référence aux événements qui s'y sont déroulés. Le général chrétien éthiopien et vice-roi du Yémen, Abraha, avait attaqué en vain La Mecque avec une troupe d’éléphants pour démolir le sanctuaire vénéré par les Arabes (la Ka`ba). Le Coran rapporte ce récit (Sourate Al-Fil), et il est dit que l'attaque fut repoussée par la riposte miraculeuse d'oiseaux jetant des pierres brûlantes. La tradition musulmane dit que des témoins occulaires de cette attaque étaient encore en vie lors de la révélation de cette sourate.
Mahomet appartient à la tribu de Quraysh (ou Koreish), une très ancienne tribu arabe. Il descend de Ghâlib, fils de Fihr, surnommé Quraych, guerrier puissant et redouté. Son père `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Muttalib est fils de `Abd Al-Muttalib, fils de Hâshim, prince des Qurayshites, gouverneur de La Mecque et intendant de la Ka`ba.
La famille de Mahomet sont les Hachimites par référence à son grand-père Hâshim Ibn `Abd Manâf. Les Koreishites disent descendre d'Ismaël, fils d'Abraham, et ont la garde de la Ka`ba, sanctuaire reconstruit par Abraham et son fils Ismaël, selon la tradition musulmane, et désigné par le père des trois monothéismes comme un lieu de pèlerinage.
Mahomet est le fruit du mariage de `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Muttalib et Âminah (Amina ou Aamina bint Wahb) fille de Wahb, chef du clan médinois des Banû Zahrah. Elle accouche de Mahomet à La Mecque dans la maison de son oncle paternel Abû Tâlib du clan des Banû Hâshim, le lundi 12 du mois de Rabî` Ier (avril). Son accoucheuse est Ash-Shifâ', la mère de `Abd Ar-Rahmân Ibn `Awf.
Il n'est pas encore né quand son père `Abd Allâh meurt à Yathrib qui, depuis, a pris le nom de Médine. Le septième jour après sa naissance, son grand père `Abd Al-Muttalib donne un nom à son petit-fils : Muhammad, ce qui signifie "Le Loué". Umm Ayman Barakah Bint Tâlib, une esclave abyssinienne de son père, s'occupe de lui.
Conformément à la coutume des familles nobles de Quraysh, sa mère Âminah le confie à une nourrice, d'abord à Thuwaybah, la servante de son oncle Abû Lahab, puis à Halîmah Bint Al-Hârith As-Sa`diyyah (de la tribu des Saadites), qui emporte le nourrisson dans le désert, où son mari vit avec la tribu des Saadites (Banû Sa'd), à l'écart du reste des Arabes. La vie dans le désert, au milieu des bédouins réputés pour la pureté de leur langue, était réputée prodiguer aux enfants santé et force d'expression.
Un jour, alors que Mahomet et l'un de ses frères de lait avaient la garde de quelques bêtes à proximité des habitations, Halîmah et son mari Abû Kabshah sont alertés par leur fils de lait que Mahomet avait été pris à parti par deux hommes de blanc vêtus, qu'il l'avait couché et ouvert son torse. Accourant sur les lieux, Halîmah et son mari trouvent leur enfant debout tout pâle. Le jeune Mahomet leur explique que deux hommes vêtus de blanc étaient venus et l'avaient couché par terre, et qu'il lui avaient ouvert le torse et en avaient extrait quelque chose. Selon la tradition musulmane, les deux hommes vêtus de blancs n'étaient autres que deux anges, envoyés pour purifier le coeur de l'enfant Muhammad, destiné à être prophète, et pour apposer le sceau de la prophétie entre ses épaules.
Craignant pour la santé de l'enfant, Halimah s'empresse de rendre Mahomet à sa mère Âminah qui meurt trois ans plus tard ; il a à peine six ans. Son grand-père paternel `Abd Al-Muttalib le prend alors dans sa maison. Deux ans après, sur son lit de mort, `Abd Al-Muttalib charge Abû Tâlib, l'aîné de ses enfants, frère utérin de `Abd Allâh, de prendre soin de Mahomet. Son oncle Abû Tâlib - le père d'Ali - eut soin de l'élever comme ses propres enfants.
Jusqu'à l'âge de 40 ans il y a peu de détail écrit sur sa vie, elle est reconstituée d'après la tradition orale, environ 140 ans après sa mort, grâce à de nombreux temoignages de ceux qui avaient connu ses premiers compagnons. Il aurait été berger, avant d'entrer au service de Khadija, une riche veuve qui organisait des caravanes marchandes. Malgré leur différence d'âge (Khadija avait 40 ans et Mahomet environ 25), ils se marient et auront un fils, Al-Qâsim qui mourut en bas âge, et quatre filles, Zaynab, Ruqayyah, Umm Kulthûm et Fâtima, la future épouse d'Ali.
Jeunesse
Quand Mahomet a douze ans, Abû Tâlib décide de tenter sa chance dans le commerce caravanier avec la Syrie. Son neveu insiste pour l'accompagner. Arrivés à Bostra (Al-Basrah), ils s'arrêtent à un monastère où ils se font remarquer par un moine nommé Bahira. D'après Ibn Ishaq, le célèbre chroniqueur, le moine reconnaît en l'enfant le futur prophète grâce à différents signes consignés par la tradition ecclésiastique, dont le sceau de la prophétie qu'il portait dans son dos. Sur ce, il recommanda fortement à Abû Tâlib de rebrousser chemin et de garder son neveu des yeux des Chrétiens et des Juifs d'Orient. L'oncle obtempéra et renonça par la suite à ces voyages.
À la Mecque, Mahomet se distinguera des gens de son âge. Il est fort, judicieux dans ses propos, énergique dans ses expressions, fidèle à ses amis, et plus encore à ses promesses, il évite avec un soin extrême tout ce qui eut pû faire soupçonner en lui quelque goût pour le vice, quelque penchant à la licence.
Les Qurayshites ayant déclaré la guerre (connue sous le nom d'El Fijar, vers 590) aux Tribus de Kénan (Canaan) et de Hawazan, ils marchèrent contre elles commandés par Abû Tâlib. Mahomet, âgé de vingt ans se distinguera par son intrépidité. Les deux Tribus sont battues et dispersées.
Quelques temps plus tard, les fondations de la Kaaba sont gravement touchées par des pluies torrentielles. Menaçant de s'effondrer, le sanctuaire dut être démoli et reconstruit par les Qurayshites. Quand il s'agit d'y reloger la pierre noire, vénérée par les Arabes depuis le temps d'Abraham, les tribus ne s'accordent pas sur le choix de celui qui aura l'honneur de replacer la pierre sacrée. Elles conviennent qu'il reviendra au premier qui se présentera le lendemain à la porte du temple. Ce fut Mahomet. Pour ménager les susceptibilités, il enleva sa cape et y plaça habilement la pierre noire, qu'il fit élever ensuite par deux Arabes de chaque tribu, et la prenant alors, il la plaça lui-même, sous le regard approbateur de tous les habitants de la Mecque, enchantés de la noblesse de cette action, pour démêler l'orgueil qui en avait été le motif.
Le contexte religieux et culturel en Arabie
Les Arabes errent dans leur désert en une lente et continuelle migration qui les porte du Yémen trop dense vers la Méditerranée. Ils vivent chichement de quelques razzias. Rares sont ceux qui cultivent dans le Hedjaz, ceux qui commercent ou pratiquent l'usure dans les échoppes de La Mecque et au passage des caravanes qui relient l'Inde à la Syrie. La période de troubles politiques et économiques, le matérialisme des marchands à courte vue favorise la recherche de nouveaux horizons spirituels, et pourquoi pas vers le monothéisme des juifs, des chrétiens ou des mazdéens.
Quelques décennies avant la naissance de Muhammad, le mouvement des Hanifs naît en Arabie d'une frustration vis-à-vis des religions exitantes et aspire à la restauration de la religion d'Abraham. Les adeptes de ce mouvement s'écartent des turpitudes (beuveries et luxure) dont les Arabes sont devenus coutumiers au fil des siècles et du culte des idoles. La venue annoncée de l'ultime Prophète occupe les cercles religieux et fait l'objet de surenchères entre les différentes communautés religieuses qui espèrent le soutien victorieux de l'Envoyé du Ciel.
Sa mission apostolique
C'est en 610 que, pour la première fois, l'archange Gabriel (Jibrîl) lui apparaît dans la grotte « Hira » où il avait coutume de se recueillir et lui transmet la révélation, la parole d'Allah. Les révélations se sont accomplies ponctuellement ou régulièrement selon les périodes de la prophétie.
Mahomet fait immédiatement part de ces révélations à ses proches, et avec eux il fonde un groupe de croyants qui s'appelleront les musulmans: nommés ainsi en référence au prophète Abraham (muslim, celui qui se donne, qui se soumet à Allah « Dieu »).
Après sa mort, ses disciples continuèrent de se transmettre oralement et sous forme d'écrits les paroles d'Allah révélées à Mahomet, avant qu'elles ne soient rassemblées définitivement en un seul livre, le Coran, par le troisième calife Uthman moins de vingt ans après la disparition du prophète.
La croissance du groupe (environ 40 compagnons au début) inquiète les Mecquois, et les persécutions contre Mahomet et les siens se font de plus en plus vives après la mort de Khadija et d'Abû Tâlib. Ils doivent émigrer (hégire) à Yatrib (future Médine) en 622, année de l'hégire, à l'origine du calendrier musulman. Ils sont alors environ 70, dont Abû Bakr, compagnon préféré de Mahomet et futur calife.
Mahomet réorganise Yatrib, où il est en même temps chef religieux, politique et militaire. Il s'appuie à la fois sur les deux tribus arabes et les trois tribus juives qui y vivent (mais les Juifs seront chassés de la ville vers 627, après avoir rompu un pacte). Les musulmans continuent de faire l'objet d'attaques de la part des Mecquois et ripostent. Les victoires et les défaites alternent, jusqu'en 629-630 où Mahomet prend La Mecque presque sans opposition, ralliant à lui ses derniers adversaires.
Après avoir réorganisé l'administration et mis en place une nouvelle législation religieuse, il retourne à Médine, où il meurt en 632 après une courte maladie.
Thèses orientalistes
Si on en croit ses biographes, Mahomet aurait eu en tout quinze épouses tout au long de sa vie. Tabari dans son livre Chronique signale qu'il aurait convoité cinq femmes et qu'il avait deux esclaves dont l'une lui donna un fils (Ibrahîm, qui mourut à l'âge de deux ans).
Les détracteurs de Mahomet pointent souvent du doigt le nombre de ses femmes (il avait neuf femmes à sa mort), alors que l'islam limite le nombre d'épouses qu'un homme peut avoir simultanément à quatre (ainsi que d'autres conditions très restrictives) ainsi que l'âge très jeune de certaines. Il est répondu à cette accusation que Mahomet se maria avant que cette règle fut instauré par le Coran. Et meme si les hommes de l'époque durent se séparer de certaines de leurs femmes pour respecter la règle, le Coran a instauré une exception pour le prophète (pour des raisons spécifiques, cf. liens externes).
Biographie historique
Tabari
Les prémices de l'islam
Mohammed effectue de nombreuses retraites spirituelles ; vers 610 la « révélation » débute. Mohammed qui a 40 ans commence à transmettre les versets qu'il déclare être révélés par Allah et dictés en arabe par l'archange Gabriel (Djibril), cette dictée durera vingt-trois ans. Ils formeront le Coran, qu'il prend soin dès le début d'enseigner oralement. Après la première visite de l'archange Gabriel, Mohammed se réfugie auprès de son épouse et lui raconte comment il a reçu une première révélation au cours d'une retraite spirituelle dans la grotte Hira sur la montagne d'Arafat (connaissance). Khadijah est considérée comme la première croyante.
Khadijah (ou Khadijeh) couvre le prophète à sa demande (sourate « el Muzamil ») et s'enquiert auprès de son oncle, Waraqah Ibn Nawfal, qui lui confirme la prophétie de Mohammed et l'alerte des dangers à venir. Khadijah, la plus riche des femmes de La Mecque, est la première à prendre la défense de Mohammed pour faire connaître à l'Univers la nouvelle religion.
Bien que ses contemporains acceptent difficilement d'abandonner leurs croyances et leurs pratiques ancestrales, en trois ans, il réussit à s'entourer d'une petite cinquantaine de disciples. Ils sont une centaine au bout de cinq ans.
L'islam est la plus récente des trois religions révélées (religions du Livre). Le prophète et les musulmans accomplissent pendant un certain temps la prière tournés vers Jérusalem, puis pour marquer l'essence monothéïste abrahamique de l'islam, Mohammed et ses adeptes décident de se tourner en direction de la Kaaba qui se trouve à la Mecque. D'après la tradition musulmane, la première construction de la Kaaba remonte au temps d'Adam ; elle a été reconstruite par Abraham et son fils Ismaël.
L'hégire et les débuts de l'islam
En 619, les deux protecteurs meurent : sa femme Khadidja et son oncle Abi Talib - remplacé à la tête du clan par un autre oncle, très réticent à son égard. Mahomet quitte alors La Mecque, c'est le début de l'émigration ou « hégire », en 622.
À Médine (Yathrib) par le jeu d'un pacte entre tribus arabes rivales, la vie s'organise autour de la communauté (Oumma). La richesse de Mahomet augmente au fil des dons et du cinquième de chaque prise ou butin. Les chefs de clan qui ne se soumettent pas doivent verser une taxe (jizyah).
Au début, Mahomet puise largement dans la religion juive, les pratiques de la nouvelle foi. Ainsi, les interdits alimentaires sont exactement les mêmes que ceux imposés par la casherout (nourriture autorisée aux juifs), ses fidèles jeûnent le jour de la fête juive de l'expiation (Yom Kippour) et doivent prier en direction de Jérusalem. Le Coran raconte l'histoire des patriarches et des rois hébreux (Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Salomon, David,...).Ce n'est pas pour autant que les Juifs de Médine acceptent de se convertir au mahométisme. Le jeûne est ensuite fixé le mois anniversaire d'une escarmouche victorieuse contre des mecquois venus secourir une caravane ; Mahomet ne se tourne plus vers Jérusalem pour prier ; le mahométisme se détache de ses ancrages primitifs, s'affirme et s'impose par tous les moyens : ses détracteurs sont assassinés, un clan juif est expulsé de Médine et ses biens confisqués, la dernière tribu juive restée dans la ville est massacrée (624). Le mahométisme n'entend que rétablir l'idéal juif et chrétien dans sa pureté originelle chez ceux dont il juge qu'ils l'ont corrompu et qu'ils ont manipulé les écritures, Torah autant qu'Évangile...
Il épouse Saouda (Sawda), veuve mais bonne ménagère. Puis Aïcha, n'ayant pas atteint l'âge de dix ans, fille d'Abu Bakr. En 627, il prend pour concubine Rayhana, une juive, puis Myriam en 629, une chrétienne ; la même année, il se marie avec Saffiyya, une juive. Le mariage d'un fidèle avec une païenne est interdit, mais licite avec des juives et des chrétiennes (la femme musulmane ne peut épouser qu'un musulman).
La Mecque tombe comme un fruit mûr en 630. En neuf ans, il s'assure l'Arabie et la soumet. L'économie de pillage (razzia) atteint ses limites : vol réciproque ne crée pas richesse. Mahomet sonne l'arrêt des razzias entre tribus arabes. Il faut trouver un nouveau gisement : l'ère de la conquête a sonné, on soumet de nouveaux territoires, de nouveaux peuples.
Il meurt à Médine d'une courte maladie, âgé de 63 ans. Il fut enterré chez lui. Après l'agrandissement de la mosquée de Médine, sous la dynastie omeyyade, son tombeau est devenu à l'intérieur de la mosquée, mais il est protégé par un triple mur.
Voir aussi
Liens internes
- Khalid Ibn Al Walid
- Mehmed
Liens externes
- [http://www.islamophile.org/spip/rubrique35.html Le Prophète, sa biographie, ses qualités humaines et ses miracles]
- [http://www.herodote.net/Dossier/Mahomet.htm Mahomet et la naissance de l'islam]
- [http://www.pbs.org/muhammad/ Site du documentaire de la chaîne americaine PBS : Muhammad, legacy of a Prophet]
- [http://charlatans.info/mahomet.shtml Critique historique et scientifique sur Mahomet.]
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Mohammed
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Chiisme
Le chiisme (ou chi'isme, shi'isme ; en arabe شِيعَة šīʿaʰ) qui regroupe environ 10 % des musulmans constitue l'une des trois principales branches de l’islam avec le sunnisme et le kharijisme.
Origine du chiisme
Étymologiquement, le terme chiisme vient de shî'at 'alî, le parti d'Ali. À la mort de Mahomet en 632 la question de sa succession fut à l’origine du premier grand schisme de l’islam. Ceux qui prirent le parti d’Ali, cousin et gendre de Mahomet estimaient qu'il était l'unique successeur légitime mais reconnaîtront le premier calife Abu Bakr. Ce n'est qu’après la mort du troisième calife Uthman qu'Ali accèdera à la tête de la communauté. Néanmoins son pouvoir sera sans cesse contesté par Mu'âwiyah Ibn Sufiân qui trahira son pacte avec Ali. Il sera assassiné en 661 pendant sa prière dans une mosquée , ses partisans reportèrent alors toutes leurs espérances sur son fils Hassan puis Hussein. Celui-ci refuse le pouvoir omeyyade(de Mouaawiya) et constitue un bataillon pour une rébellion. Le martyre de ce dernier avec l'ensemble de sa famille et ses partisans à Kerbela, en 680, marquera le début de la rupture entre les chiites et ceux qu’on nommera plus tard les sunnites.
Le destin tragique d'Hussein secoue une partie de la conscience musulmane et provoque une détermination à combattre jusqu'au bout pour un idéal de pouvoir juste et respectueux des principes fondamentaux de l'islam primitif. Le martyre devient un symbole de la lutte contre l'injustice. Le cœur du Chiisme est dans ce massacre, d'où le culte des martyres. Hassan, l'autre petit-fils, ne cherche pas à prendre le pouvoir, ce qui affaiblit considérablement la révolte chiite sur le plan politique. Tous les descendants de Hoseyn vont avoir un destin tragique, tel que la prison sur ordre du khalife. Selon les Chi'ites, la succession est héréditaire. Pour le courant majoritaire du chiisme duodécimain, le douzième successeur de Mahomet va parvenir à échapper à l'emprisonnement par voie surnaturelle et disparaît en 874 : c'est l'occultation. Ce phénomène surnaturel de l'occultation va permettre de mettre un terme à la question du temporel, et donne une dimension eschatologique et religieuse très forte. Ils admettent l'ordre politique car le XII imam reviendra à la fin des temps et trouvera son règne.
Pour les Chiites, les Imâms sont les guides, les mainteneurs du Livre. Leur légitimité n'est pas due à leur descendance charnelle du Prophète, mais à leur héritage spirituel, ils ont une connaissance par le cœur du Coran, en expliquant l'ésotérique (bâtin) aux fidèles.
Particularités doctrinales
En tant que mouvement musulman, le chiisme reconnait l'unicité divine, les textes sacrés du Coran, le prophète, les cinq obligations fondamentales, le jugement dernier et de la résurrection
Justice de Dieu
Les Chi'ites insistent sur la liberté de l'homme dans ses actes. Dieu ne peut agir que dans la justice, donc il y a une certaine rationalité de la création, donc l'homme est libre dans ses actions si par condition il suit le livre sacré (le coran).
L'imamat
Dieu ne peut admettre que les hommes aillent à leur perte, donc leur a envoyé les prophètes pour les guider. Mais la mort de Mahomet met fin aux prophètes. Il faut un garant spirituel de la conduite des hommes, qui est une preuve de la véracité de la religion et qui dirige la communauté. L'imam : le guide. Il doit remplir un certain nombre de conditions : être instruit de la religion, être juste, exempt de défauts donc être le plus parfait de son temps. Il y a une investiture surnaturelle par le prophète, puis par l'imam précédent.
À l'inverse des sunnites, les chiites exigent donc que la communauté musulmane soit dirigée uniquement par un descendant de la famille de Mahomet (Ahl al-Bayt). Cette revendication n’avait à l’origine qu’un aspect politique et religieux , mais au fil du temps elle prit une importance fondamentale dans la théologie chiite. La conception de l’imamat des chiites est foncièrement opposée à celle du califat admise par la majorité des musulmans. L’imamat, incarnant à la fois le pouvoir temporel et spirituel et inauguré par Ali, est considéré comme la succession du cycle de la prophétie définitivement bouclé par le dernier prophète Mahomet. L’imam, qui ne peut être qu’un descendant d'Ali, est vénéré comme le représentant infaillible de Dieu sur terre et le gardien du sens caché de la révélation.
L'imam tire son autorité de Dieu, il est donc infaillible. Depuis l'occultation du douzième imam, les hommes ne peuvent pas se réclamer d'une autre autorité et ils sont donc libres par rapport au pouvoir temporel en place. Il y a donc une séparation du spirituel et du temporel.
Les 'Uléma jouent un grand rôle dans la révolution. La doctrine n'est pas figée car le douzième imam est toujours vivant : malgré son absence corporelle il a les moyens de transmettre aux siens l'expression de sa volonté. L'interprétation reste donc ouverte dans le Chi'isme et les problèmes nouveaux peuvent recevoir une solution nouvelle. Selon les critères du savoir théologique, les 'Uléma peuvent interpréter les signes de l'imam. Les autres membres de la communauté se contentent du Taqlide, l'imitation. Vision idéaliste de la fin des temps, l'imam caché renvoie à une face cachée de la révélation. Il faut faire un effort pour arriver à trouver et à comprendre l'ésotérique, au-delà de ce qui est visible.
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Divisions et sectes
Des divergences à propos de la succession de certains imams furent en grande partie à l’origine de l’éclatement du chiisme en d’innombrables groupes et sectes. Cependant trois grandes tendances forment l’essentiel du monde chiite d'aujourd'hui : les Zaydites qui reconnaissent cinq imams, les imamites ou duodécimains et les ismaéliens ou septimains, auxquelles il faut ajouter les chiites dits hétérodoxes comme les Druzes et les Alaouites.
Diffusion du chiisme
Aujourd'hui, l'Iran est le grand centre du Chi'isme mais cette religion existe aussi ailleurs, elle n'est donc pas la version iranienne de l'Islam. Les Chi'ites sont majoritaires en Iran, Bahreïn, Irak et ils constituent une minorité dans une quinzaine d'autres pays.
- Le chiisme duodécimain est la religion majoritaire en Iran ,en Irak et au Liban;
- Les druzes vivent essentiellement au sud du Mont Liban, au nord d'Israël et en Syrie sur le Golan. Au Liban, le principal groupe politique druze est actuellement dirigé par Walid Djoumblatt.
- Les zaydites sont surtout présents au Yémen.
- Les alaouites constituent 10 % de la population en Syrie et sont présents en Turquie (estimation à 25 millions). La famille du chef d'état syrien est alaouite.
Voir aussi
- [http://www.muslimfr.com/chisme.htm le chiisme vu selon les sunnites]
- soufisme
- Moussa Sader
- [http://jm.saliege.com/chiisme.htm Aperçus sur le Chiisme]
- [http://jm.saliege.com/fatima.htm HAZRAT FATIMA ZAHRA] et [http://jm.saliege.com/nomsfatima.htm les noms de Fâtima]
- [http://jm.saliege.com/corbin.htm l'œuvre de Henri Corbin]
- [http://www.archipress.org/batin/jambet.htm l'œuvre de Christian Jambet] avec un entretien avec Abdelwahab Meddeb, en real audio à écouter (Emission de France-Culture, 31 janvier 2001)
- Les gens de la Maison du Prophète (Ahlé Bayt)[http://www.al-shia.com/html/fre/chiisme/historie/10.htm]
Catégorie:Courant musulman
Catégorie:Chiisme
ja:シーア派
ko:시아파
ms:Syiah
th:ชีอะหฺ
Kharidjisme
Le kharidjisme ou kharijisme est avec le sunnisme et le chiisme l'une des trois principales branches de l'islam. Il se divise à son tour en diverses communautés et tendances.
Cette branche est née du refus de l'arbitrage entre Ali et Mu`âwîya à l'issue de la bataille de Siffin qui les avaient opposés en 657. Cette bataille entre musulmans avait été meurtrière et Ali accepta l'idée d'un arbitrage pour arrêter le bain de sang. En principe partisans d'Ali, les Kharijites (خارجيّ [ḫārijīy], extérieur; étranger) se sont retirés et ont condamné les deux camps. Ils ont reproché à Ali de s'être soumis à un arbitrage car « L'arbitrage n'appartient qu'à Dieu ». Cette formule vaut un autre nom au kharijisme celui de la muhakkima (محكّمة [muḥakkima]) ce qui désigne la communauté de ceux qui prononcent la formule « L'arbitrage n'appartient qu'à Dieu ». Selon eux, une fois accepté par Dieu, le calife n'avait pas le droit de se laisser remettre en question par des humains. Ils se basent sur ce verset du Coran :
:Si deux partis de croyants se combattent
:rétablissez la paix entre eux
:Si l'un se rebelle encore contre l'autre,
:Luttez contre celui qui se rebelle
:Jusqu'à ce qu'il s'incline devant l'ordre de Dieu.
::Le Coran (XLIX ; 9)
Le clan rebelle était, du point de vue kharijite, celui de Mu`âwîya qui aurait dû s'incliner devant Ali.
Alors que son intention était de se diriger vers la Syrie pour combattre de nouveau Mu`âwîya, Ali dut combattre les Kharijites à Nahrawân (النهروان [an-nahrawān]) près de la ville de Bagdad actuelle en 658. Les Kharijites furent mis en déroute, et beaucoup furent tués, mais après cette victoire son armée refusa de repartir au combat contre Mu`âwîya. Ali retourna à Koufa.
Trois ans plus tard des Kharijites organisèrent le triple meurtre des protagonistes de cet arbitrage. Mu`âwîya à Damas, Ali à Koufa et l'arbitre du conflit `Amrû en Égypte devaient être assassinés le même jour. Ali est mort de ses blessures, Mu`âwîya fut blessé et survécut et `Amrû échappa complètement à l'attentat (661).
La doctrine
Cette tendance puritaine et égalitariste voulait notamment faire désigner par le peuple les chefs de la communauté islamique.
Pour eux, tous les hommes sont égaux, et ils s'élèvent contre les privilèges de l'aristocratie quraychite, accentués sous le règne de la dynastie omeyyade. Ils vont répandre par les armes leurs idées égalitaires et démocratiques : n'importe qui peut être calife, pourvu qu'il soit un croyant pieux pratiquant la justice et ne faisant de tort à personne; même un esclave noir peut être porté à cette charge. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire que la communauté ait un calife. Si on décide d'en avoir un, il doit être élu par la communauté tout entière. Les différentes tendances du kharijisme se distinguent surtout par l'attitude à prendre à l'égard des autres musulmans. Certaines sources donnent jusqu'à une quinzaine de sous-courants kharijites, en soulignant les querelles internes. Certains kharidjites font du djihâd un sixième pilier de l'islam.
La tendance la plus radicale, les Azraqites, considérait tous les autres musulmans comme des incroyants (مُشْرِك [mušrik], asssociateur; polythéiste) et fut développée en Perse vers 685 par Nâfi` ben al-Azraq (نافع بن الازرق [nāfi` ben al-azraq]). Les kharijites azraqites préconisaient et appliquaient un véritable terrorisme fanatique. Ils utilisaient des pratiques particulières :
- L'examen probatoire (امتحان [imtiḥān], examen; épreuve) consistait à exiger de tout néophyte kharijite, comme gage de sa sincérité, d'égorger un adversaire prisonnier, se référant au fait que le prophète avait demandé à `Ali de couper la tête de prisonniers mecquois.
- Le meurtre religieux (استعراض [isti`rāḍ], démonstration), qui autorisait la mise à mort des hommes mais aussi des femmes et des enfants, fussent-ils impubères, de ces derniers.
Ils considéraient le territoire occupé par les autres musulmans comme un territoire d'infidélité (دار الكفر [dār al-kufr], territoire de l'incroyance) où il était licite de s'attaquer aux personnes et aux biens, mais c'est un territoire dont on doit s'exiler comme le prophète Muhammad s'était exilé de la Mecque pour échapper aux infidèles. Accuser ainsi les autres musulmans d'être infidèles c'est pratiquer le takfîr.
Une tendance moins brutale, les Sufrites, vivant en milieu hostile au kharijisme, fut développée par Ziyâd ben al-Asfar (زياد بن الأصفر [ziyād ben al-aṣfar]). Cette tendance condamne le meurtre politique, admet la dissimulation de la foi (taqîya) par prudence et rejette le massacre des enfants des infidèles. Il considèrent que la sourate XII (Joseph) ne fait pas réellement partie du Coran.
Une troisième tendance, les Ibadites, s'est beaucoup plus développée que les deux précédentes et existe encore actuellement en plusieurs variantes régionales. Fondée par `Abd Allah ben Ibâd (إباض بن الله عبد [`abd allah ben ibāḍ]), elle garde un caractère d'intransigeance politique et de rigorisme moral. Cependant les Ibadites se montrent beaucoup plus souples dans les relations avec les autres musulmans. Par exemple il leur est interdit de les attaquer par surprise sans les avoir invités à se rallier.
La branche fondée par Chabib ben Yazîd al-Harûrî ( شبيب بن يزيد الحروري[šabib ben yazīd al-ḥarūrī]) soutenait qu'il était légitime de confier l'imamat à une femme si cette dernière était capable de remplir les tâches reliées à ce rôle. Son épouse Ghazala al-Harûrîya (غزالة الحرورية [ġazāla al- ḥarūrīa]) ( ?-697) commanda des troupes à l'instar de Juwayrîya (جويرية بنت أبي سفيان [juwayrīya bint abī sufyān]), la fille d'Abû Sufyân, lors de la bataille de Yarmouk. Lors d'un combat, elle aurait mis en fuite le fameux général omeyyade al-Hajjâj ben Yûsuf (الحَجّاج بن يوسف الثَّقَفيّ [al-ḥajjāj ben yūsuf ath-thaqafī]) (660-714).
Dans certains ouvrages les Ibadites sont appelés « kharijites blancs » tandis que les Sufrites sont appelés « kharijites jaunes » et les Azraqites « kharijites bleus ». Les noms de « blancs » ou « jaunes » et « bleus » viennent sans doute du rapprochement entre le nom du fondateur des Ibâdites, `Abd Allah ben Ibâd et l'adjectif blanc (ابيض [abyaḍ]), du nom du fondateur des Sufrites, Ziyâd ben al-Asfar et l'adjectif jaune (أصفر [aṣfar]) et du nom du fondateur des Azraqites Nâfi`ben al-Azraq et de l'adjectif bleu (أزرق [azraq]).
Histoire
En 685 une première révolte fut acceptée par les Azraqites qui, après s'être séparé des Ibâdites restés dans la région de Bassora, allèrent dans le Fars. Il furent poursuivis par les armées du calife omeyyade `Abd al-Malik sous les ordres de l'émir al-Hajjaj. Leur nouveau chef fut tué et les Azraqites disparurent (699).
En 686 Une communauté Ibadite s'installa dans le Sultanat d'Oman et au Yémen.
En 695 éclatait une autre révolte kharijite. La tradition sunnite se plaît à souligner, comme un nouvel exemple de la fureur sanguinaire des kharijites, la sauvagerie avec laquelle furent massacrés, dans la mosquée de Kûfa, les musulmans. Toutes ces agitations kharijites eurent pour conséquence d'affaiblir le khalifat Omeyyade et de préparer le succès de ses adversaires Abbassides.
Dès les débuts de la pénétration arabe au Maghreb, les kharijites avaient des représentants qui essayaient de se rallier les populations berbères. Les berbères habitués à un système communautaire et supportant mal la domination arabe, trouvaient dans le kharijisme un cadre idéologique à leur révolte. Au moment de la chute des omeyyades de Syrie (750), l'Ouest de l'empire échappa au pouvoir central. L'Espagne revint aux émirs omeyyades de Cordoue et le Maghreb éclata en plusieurs états indépendants (de 745 à 755).
Une tribu Sufrite du Sud tunisien occupa Kairouan au prix de massacres sauvages (755). Ce fut un Ibadite, du Djebel Nefousa (à frontière Libye Tunisie actuelle), qui outré des excès commis par la secte rivale repris Kairouan aux Sufrite qu'il extermina. Il étendit son pouvoir sur la Tripolitaine et toute l'Ifriqiya. `Abd ar-Rahman ibn Rustem d'origine persane fut nommé gouverneur de Kairouan (juin 758). La région fut reprise par les gouverneurs abbassides d'Égypte en 761. Ibn Rustem put s'enfuir et alla fonder le royaume de Tahert (aujourd'hui Tagdempt, près de Tiaret, en Algérie) où ses fidèles le nommèrent imam (776 ou 778). Cet état rustémide survécut jusqu'en 909.
A la même époque un royaume Sufrite se constitua dans la région de Tlemcen (Ouest algérien). Les berbères Sufrites de la tribu des Meknâsa fondaient la ville de Sijilmâsa sur le versant est de l'Atlas marocain.
En 771, Abû Qurra de la tribu Sufrite des Ifren de Tlemcen parvint à reprendre aux arabes toute l'Ifriqiaya. En 778, Ibn Rustem sollicita un traité de paix avec le gouverneur abbasside de Kairouan. La situation resta à stable jusqu'à l'arrivée des chiites Fatimides (909).
De nos jours
Aujourd'hui encore il existe des communautés kharidjites, la plus connue étant celle des Mozabites, qui habitent les oasis du Mzab en Algérie et ceux de l'île de Djerba en Tunisie. Les Kharidjites sont aussi présents à Oman (sous le nom d'ibadites, majoritaires dans ce sultanat ; l'ibadisme est par ailleurs la confession de la dynastie régnante) et à Zanzibar.
La pratique du takfîr par certains groupes actuels se réclamant du salafisme, les fait appeler de façon polémique « néo-kharijites » : eux-même ne se considère pas comme kharijites . Le groupe terroriste égyptien « Takfir wa'l-Hijra » (التكفير والهجرة [al-takfīr wa'l-hijra], l'expiation ou l'exil) a tué un uléma modéré en 1977 en se basant sur ce principe.
Catégorie:Courant musulman
ja:ハワーリジュ派
Ijtihad simple:Ijtihad
L’ijtihâd (اِجْتِهاد [ijtihād], effort de réflexion) désigne l'effort de réflexion que s'autorisent les oulémas et les juristes musulmans pour interpréter les textes fondateurs de l'islam en particulier en matière de droit musulman (fiqh).
Le mujtahid (مُجْتَهِد [mujtahid], appliqué; diligent; zélé) est celui qui produit cet effort de réflexion de l'ijtihâd.
L'ijtihâd s'oppose à l'imitation (taqlîd). Pour les écoles juridiques (madhhab) sunnites le temps de l'ijtihâd est pratiquement terminé depuis le X siècle avec la constitution des quatre grandes écoles de droit. En principe le musulman devrait déclarer son adhésion à une école juridique particulière et s'appliquer à pratiquer le taqlîd. Néanmoins les conditions de vie modernes font que certains oulémas ont tendance à demander la réouverture de l'ijtihâd.
Dans le chiisme, l'ijtihâd n'a jamais été fermé. Les mujtahids sont les porte-parole de l'imam caché. Il s'est constitué un clergé très hiérarchisé chargés de mener cet effort d'interprétation du droit. En Iran ce sont les mollahs.
Hanafisme
Le hanafisme est l'une des quatre écoles de droit de l'islam sunnite. L'école est basée sur l'enseignement de Abu Hanifa Al-Nu'man Ibn Thabit (699-767).
L'école hanafite est la principale école de l'Islam depuis l'époque omeyyade et est particulièrement répandue en Turquie, et dans les régions asiatiques à l'est de l'Iran. Elle représente environ 30% des musulmans.
Liens connexes
- Fiqh, Rai
Catégorie:Courant musulman
Catégorie:Sunnisme
les relations avec autresecole islamiste
ms:Mazhab Hanafi
Irak
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| Capitale || Bagdad
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| Président Premier ministre
| Jalal Talabani Ibrahim al-Jaafari
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Inde
L'Inde (nom officiel Union indienne) est un pays situé dans le sud de l'Asie, formant la majeure partie du sous-continent indien.
Le nom officiel du pays, Inde, est dérivé de la vieille version persane de Sindhu, l'appellation locale historique pour le fleuve Indus ; voir l'Origine du nom de l'Inde. La constitution de l'Inde et l'utilisation générale identifient également Bharat (mot Hindi dérivé du nom de Sanskrit d'un roi hindou antique, dont l'histoire peut être trouvée dans le Mahâbhârata, comme nom officiel de statut égal). Un troisième nom, Hindustan, ou la terre des Hindous en persan, a été employé depuis les temps de l'Empire moghol, est le nom plus utilisé par la majorité dans leur vie quotidienne et la langue parlée.
C'est le pays le plus peuplé au monde après la Chine. Elle dispose de 22 langues officielles, dont la principale, celle de l'administration centrale, est le hindi, avec l'anglais comme langue officielle associée. L'Inde a un littoral qui s'étend sur plus de sept mille kilomètres, et partage ses frontières avec le Pakistan à l'ouest, la République populaire de Chine, le Népal, et le Bhoutan au nord-est, et le Bangladesh et le Myanmar à l'est. Sur l'Océan indien, elle est à proximité des îles de la République des Maldives au sud-ouest, du Sri Lanka au sud, et de l'Indonésie au sud-est. L'Inde réclame également une frontière avec l'Afghanistan au nord-ouest.
L'Inde est le foyer de certaines des civilisations les plus anciennes, et est un carrefour des itinéraires historiques importants du commerce. Quatre des principales religions du monde y ont vu le jour : l'Hindouisme, le Bouddhisme, le Jainisme et le Sikhisme.
Autrefois, l'Inde constituait une partie importante de l'empire britannique en tant qu'Inde britannique, avant de gagner son indépendance en 1947.
Pendant les dernières deux décennies le pays s'est beaucoup développé, particulièrement dans les sphères économiques et militaires, régionalement aussi bien que globalement.
Histoire de l'Inde
Articles détaillés : Histoire de l'Inde ~ Chronologie de l'Inde ~ Établissements français de l'Inde
Les abris sous roche peints de l'âge de pierre de Bhimbetka dans le Madhya Pradesh constituent les traces les plus anciennes connues de l'implantation humaine en Inde. Les premières installations permanentes connues apparaissent il y a 9000 ans. Puis, une civilisation, l'une des plus anciennes connues à ce jour, se développe dans la vallée de l'Indus et atteint son apogée entre -2600 et -1900. Vers -1500, des tribus aryennes venues d'Asie centrale auraient émigré en Inde mais cette hypothèse est refutée par certains qui voient plutôt une continuité de la culture védique. Des études génétiques récentes n'ont pas permis de trancher sur ces deux positions, certaines confirmant, d'autres réfutant la théorie de l'invasion aryenne.
Au , un vent de réforme religieuse se lève, le bouddhisme et le jainisme fleurissent, s'ajoutant à la richesse de la culture indienne. L'hindouisme classique se développe à partir de la culture védique. Le premier millénaire voit beaucoup de royaumes indépendants se développer puissamment, certains acquérant une stature impériale. La dynastie hindoue des Gupta domine la période que les historiens considèrent comme un « âge d'or » de l'Inde et les Maurya, et en particulier l'empereur bouddhiste Ashoka, contribuent grandement au paysage culturel indien. Les arts, les mathématiques, la technologie, l'astrologie, la religion et la philosophie s'épanouissent grâce au mécénat royal. Durant le deuxième millénaire, la plupart des régions de l'Inde sont assujetties à un pouvoir musulman, le sultanat de Delhi puis l'Empire moghol, (de 1000 à 1525, 80 millions d'hindous furent tués), bien que quelques royaumes hindous, comme le royaume de Vijayanâgara, subsistent et prospèrent.
Après l'arrivée des commerçants européens, les Portugais, les Français et les Anglais tirent profit de la dilution et de l'éclatement du pouvoir au travers du sous-continent et le colonisent.
En 1857, la révolte des Cipayes, des soldats indiens au service des puissances européennes, se transforme en un soulèvement populaire contre la puissance de la Compagnie anglaise des Indes orientales que nombre d'indiens considèrent comme leur première guerre infructueuse d'indépendance.
Après la révolte, les mouvements indiens pour l'indépendance commencent à exiger une indépendance complète. Le 15 août 1947, l'Inde accède finalement à cette indépendance tout en subissant la Partition.
Après l'indépendance, l'Inde participe à quatre guerres contre le Pakistan entraînées par le problème du Cachemire. De 1975 à 1977, le premier ministre Indira Gandhi déclare létat d'urgence, limitant les droits civiques et entraînant la mise en détention de nombreuses personnes sans procès. La destruction de la Babri Masjid d'Ayodhya en 1992 entraîne plusieurs conflits intercommunautaires en Inde occidentale. En 1999, l'Inde mobilise ses troupes dans le district de Kargil au Cachemire pour repousser des infiltrations de terroristes islamistes et/ou de rebelles indépendantistes kashmiris venus du Pakistan.
Politique
Article détaillé : Politique de l'Inde
L'Inde est une démocratie parlementaire et une république fédérale. D'ailleurs, elle est « la plus grande démocratie du monde » grâce à son milliard d'habitants.
Le président est le chef de l'État, mais ses pouvoirs ne sont que symboliques. Le président et le vice-président sont élus indirectement tous les 5 ans par un collège spécial. Même un intouchable a pu accéder à la fonction du président, ce qu'on peut voir comme un symbole des changements qui ont eu lieu dans la société indienne. Le vice-président ne devient pas nécessairement président si le président meurt ou démissionne.
Le Parlement est composé de deux chambres : la chambre haute, la Rajya Sabha (Conseil des États) et la chambre basse, la Lok Sabha (Chambre du Peuple).
Les membres de la Rajya Sabha sont élus par les députés des assemblées des États. Ceux de la Lok Sabha sont élus par le peuple.
Le Parlement désigne un Premier Ministre issu du parti majoritaire ou d'une coalition. Celui-ci détient les pouvoirs exécutifs et dirige le conseil des ministres.
Diplomatie
L'Inde se considère comme une grande puissance mal reconnue. La Charte des Nations Unies ne lui donne pas le statut de membre permanent du Conseil de Sécurité, le Traité de Non prolifération ne la reconnait pas comme Etat doté de l'arme nucléaire. Aussi, l'Inde cherche-t-elle à faire reconnaître le statut de grande puissance auquel elle juge pouvoir aspirer.
C'est la raison pour laquelle elle a avancé sa candidature, au sein du G4 (Allemagne, Brésil, Inde, Japon) à un siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU. C'est aussi l'une des raisons qui l'ont poussée à développer un arsenal nucléaire après l'explosion "pacifique" de 1974 et à en assumer le caractère officiel avec les essais de mai 1998.
Aujourd'hui, l'Inde est reconnue comme une puissance émergente. Elle a tissé des partenariats stratégiques avec toutes les grandes puissances : États-Unis dans le cadre du programme Next Steps for a strategic partership, Chine avec laquelle elle progresse sur la voie d'un règlement du contentieux frontalier qui oppose les deux pays mais aussi Russie, France, Japon, et Royaume-Uni.
L'Inde s'éloigne ainsi de son approche nehruvienne, tiers mondiste et non alignée (voir mouvement des non-alignés) des relations internationales pour entrer dans le club des "grands".
États de l'Inde
Article détaillé : États et territoires de l'Inde
L'Inde est une fédération d'États qui ont chacun un parlement et un gouvernement. Il y a 28 États principaux, 6 territoires, et le territoire de la capitale Delhi.
L'actuel président indien est Abdul Kalam depuis 2002. Mais l'essentiel des pouvoirs est détenu par le premier ministre Manmohan Singh (depuis 2004). En effet, comme l'Allemagne, l'Inde connaît un régime parlementaire.
Géographie
Allemagne
Articles détaillés : Géographie de l'Inde ~ Villes de l'Inde
La superficie de l'Inde est de 3 287 590 km².
Entourée par le Pakistan, l'Afghanistan, la Chine, le Népal, le Bhoutan, le Bangladesh, la Birmanie, l'Inde possède 15 000 km de frontières.
De grands fleuves et rivières, tels le Gange, le Brahmapoutre, la Yamunâ, la Godâvarî, la Narmadâ, la Kaveri traversent le pays.
Économie
Article détaillé : Économie de l'Inde
Le PNB de l'Inde était de 692 milliards de dollars en 2004 soit 600 dollars par habitant.
En 1997, l'agriculture représentait 25 % du PIB, les industries 30 % et les services 45 %. Le PNB de l'Inde est le 11 au monde.
Répartition des emplois (1999) : agriculture 60 %, industrie 17 %, services 23 %.
Taux de pauvreté (1999) : 30%
Taux de chômage (2003) : 9,5 %
Dette extérieure (est. 2003) : 102 milliards de dollars
Inflation (2003) : 3,8 %
L’Inde est une nouvelle puissance mondiale dont l’importance ne cesse de croître. Tout en poursuivant une campagne active afin d’obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies, elle s’efforce d’approfondir ses relations avec l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN), de resserrer ses liens avec la Chine et d’accroître ses interactions avec l’Asie centrale, les Etats-Unis et l"Europe.
Onzième économie mondiale (quatrième en parité des pouvoirs d’achat), l’Inde est en passe de faire d’énormes progrès économiques au cours des dix prochaines années.
L'Inde a connu une croissance économique soutenue, grâce à un large éventail de réformes mises en œuvre au cours de la dernière décennie. Une classe moyenne dynamique dotée d'un pouvoir d'achat a vu le jour, et une nouvelle génération d'industriels et d'entrepreneurs se sont lancés dans la compétition au niveau mondial. Avec un produit intérieur brut (PIB) de 692 milliards $ EU en termes nominaux, en 2004, l'Inde est actuellement la dixième économie mondiale.
Le PIB réel a augmenté de 6,9 % en 2004-05 contre 8,5 % un an auparavant. Cette baisse était essentiellement le résultat d'une croissance agricole plus faible due à des précipitations moins abondantes pendant la mousson. Les perspectives relatives à la croissance du PIB réel de l'Inde, pour la période 2005-06, semblent encourageantes - environ 6,5 à 7 %. A ce jour, rien n'indique que la hausse des prix du pétrole va affecter la croissance économique.
La position des paiements extérieurs de l'Inde s'est considérablement améliorée. Les exportations ont augmenté, particulièrement les exportations des services qui ont augmenté de 105 % en 2004-05. La croissance dans le secteur des services a en grande partie été alimentée par le boom des technologies de l'information, domaine dans lequel l'Inde devient un leader mondial.
|+Croissance du PIB indien depuis 1995 (Mission économique en Inde, janvier 2005)
!Année
!Croissance du PIB
!Année
!Croissance du PIB
|-
|2004
|6,6 %
|1999
|7,1 %
|-
|2003
|5,9%
|1998
| 6,0 %
|-
|2002
| 4,4 %
|1997
|4,5 %
|-
|2001
|5,5 %
|1996
|7,4 %
|-
|2000
|3,9 %
|1995
|7,6 %
|{{{{wikitravel|l'Inde|Inde{fr{dmoz|Inde|http://dmoz.org/World/Fran%c3%a7ais/R%c3%a9gional/Asie/Inde/{fr{en{États et territoires de l'Inde{Pays d'Asie{lien AdQ|en{lien AdQ|sv
Albanie
|- valign="top"
| Langue officielle
| albanais
|- valign="top"
| Capitale
| Tirana
|- valign="top"
| Président
| Alfred Moisiu
|- valign="top"
| Premier ministre
| Sali Berisha
|- valign="top"
| Superficie - Total - % eau
| Classée 138 28 748 km² 4,7%
|- valign="top"
| Population - Total (2004) - Densité
| Classé 128 3 544 808 hab. 123,31 h/km²
|- valign="top"
| Indépendance - Date
| De l'Empire ottoman 28 novembre 1912
|- valign="top"
| Monnaie
| Lek
|- valign="top"
| Fuseau horaire
| UTC +2
|- valign="top"
| Hymne national
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|- valign="top"
| Domaine Internet
| .al
|- valign="top"
| Indicatif téléphonique
| 355
|{{{{{entête tableau charte{nwt|Nom français{nwt|Nom local{er{ligne grise{ligne grise{ligne grise{ligne grise{1er mai{ligne grise{ligne grise
Chine:Cet article concerne la civilisation chinoise. Voir les articles République Populaire de Chine et Taiwan (République de Chine) pour les États modernes correspondant au terme « Chine ». Taiwan (République de Chine)
La Chine (中国/中國 Zhōngguó, Wade-Giles: Chung-kuo, EFEO : Tchong-kouo ; litt. « Pays du Milieu ») recouvre un ensemble de pays et de cultures s'étant succédés en Asie orientale depuis 4000 ans. Aujourd'hui, la Chine peut être considérée, selon les points de vue, comme une seule civilisation ou un ensemble de civilisations diverses. De même, il peut s'agir d'une nation ou de plusieurs nations distinctes.
La Chine est la plus vieille civilisation existant encore actuellement ; son histoire s'est caractérisée par une suite de divisions et de réunifications, de guerres et de paix, sur un territoire changeant. Pendant des siècles, la Chine a également été une des civilisations les plus scientifiquement avancées, et son influence est présente encore aujourd'hui dans de nombreux pays d'Asie. C'est aujourd'hui le troisième pays du monde en superficie, et le premier pays par sa population : un humain sur cinq est chinois.(population résidente seulement)
La dernière dynastie impériale chinoise Qing a connu sa période de déclin durant la phase d'expansion coloniale des pays occidentaux, menant le pays a la ruine après les guerres de l'Opium. Ce n'est qu'après la victoire contre l'armée japonaise en 1945 que la Chine a pu se constituer comme nation.
Politiquement, deux États distincts prétendent détenir la souveraineté sur la Chine. Ce qu'il est d'usage d'appeler la « Chine continentale » est dans la pratique administrée par la République Populaire de Chine, fondée par le leader communiste Mao Zedong en 1949 à Pékin, après une victoire militaire rejetant sur l'île de Taiwan le leader nationaliste Tchang Kaï-chek et le gouvernement de la République de Chine, fondée en 1912 par Sun Yat-sen sur les décombres de l'Empire Chinois de la dynastie des Qing.
Aujourd'hui, la Chine, au sens restrictif ou large du terme, est l'objet d'une fascination pour le reste du monde ; son développement économique, engagé en 1978 par les réformes de Deng Xiaoping et ses successeurs, en font aujourd'hui un des principaux acteurs économiques et géopolitiques mondiaux.
Présentation
La Chine n'est pas « un pays » au sens nationaliste étroit du terme, la Chine est un concept d'universalité, une façon d'accomplir l'humanité, un intermédiaire entre l'homme et l'harmonie cosmique. (Simon Leys, Essais sur la Chine, p. 532)
La Chine est avant tout la très longue histoire d'un peuple, de sa très riche culture, de sa langue et de son écriture si particulière, de sa pensée qui continue aujourd'hui d'intriguer les occidentaux. Si ceux qui s'intéressent à tel ou tel aspect de la Chine, comme les arts martiaux, la calligraphie ou même la cuisine, sont de plus en plus nombreux, cet « Empire Céleste » si lointain et différent reste souvent difficile à comprendre. La « réalité chinoise » échappe à de nombreux observateurs occidentaux, aujourd'hui comme à l'époque de sa découverte par les premiers missionnaires. Dans la seconde moitié du XX siècle, les nombreuses querelles idéologiques autour du maoïsme et de la Révolution culturelle n'ont pas contribué à éclaircir les débats. Aujourd'hui la Chine est dans une période d'ouverture et de développement économique accéléré. Même si de nombreux problèmes restent à résoudre, il semble que les réformes en cours aient permis au peuple chinois de déployer son industrie et que sa puissance soit désormais comparable à celle des grands pays occidentaux. Elle est aujourd'hui souvent qualifiée d'« usine du monde » et des études ont montré que le panier de la ménagère française, dans sa partie non alimentaire, contenait pour moitié des produits fabriqués en Chine.
Géographiquement, la Chine a progressivement atteint depuis la dynastie fondatrice des Qin en 221 av. J.-C. les proportions d'un continent. Son histoire est rythmée par des mouvements d'unifications suivis de désintégration, les longues périodes de stabilité correspondant aux grandes dynasties étant entrecoupées et reliées par des périodes de division et de chaos. C'est cependant la continuité de sa culture et sa relative unité politique qui font dire aujourd'hui que ce serait la plus vieille civilisation vivante du monde. Une de ses caractéristiques fondatrices est probablement le culte de la chose écrite, qu'on peut faire remonter aux pratiques oraculaires de la scapulomancie et au Livre des Mutations, et qui irrigue toute l'activité intellectuelle. Sur la pensée de Confucius, Maître éducateur, et sur celle de ses disciples Mencius et Xunzi, le confucianisme a été fondé, puis utilisé comme doctrine d'État par la plupart des empereurs qui se sont succédé sur le trône. D'autres courants de pensée et d'autres personnages ont contribué à informer la culture chinoise, ainsi Lao-tseu et le taoïsme, le bouddhisme, le néo-confucianisme et jusqu'au marxisme plus récemment. Les importants apports extérieurs du bouddhisme ou du marxisme montrent que, contrairement à une idée reçue, la Chine ne s'est isolée du reste du monde que pendant une courte partie de son histoire.
La culture chinoise est toutefois marquée par une profonde originalité qui la rend à la fois attirante et difficile d'accès. Souvent obscure et incomprise, difficile à interpréter et à analyser, elle fait encore trop souvent office de miroir des craintes ou des espoirs fantasmatique des occidentaux. Pourtant, l'« expérience humaine » chinoise, qui s'est confrontée aux mêmes problèmes que les autres, est d'une ampleur et d'une richesse telles qu'on ne peut pas la tenir pour quantité négligeable. Pour paraphraser Simon Leys, cité en exergue, la Chine est une autre façon d'accomplir la même chose : l'humanité.
Noms
Les chinois ont utilisé plusieurs noms pour désigner leur pays.
Le plus courant aujourd'hui est 中国 (Zhōngguó, prononcé /tʂuŋkwo/). 中 (Zhōng) désigne le centre, l'axe, le milieu, intermédiaire, et représente une ligne traversant un carré en son milieu. 国 (Guó) désigne le pays, la nation, et représente le jade (c'est-à-dire la richesse) entouré de frontières. Le caractère Guó en graphie traditionnelle 國 représente un territoire 口 défendu par un mur 一 et des armes 戈. Ce terme a eu à l'origine un nombre de sens plus restreints, et s'est élargi ultérieurement pour désigner l'ensemble du territoire chinois.
Wang Er-min (王爾敏), historien de l'Academia sinica, a recensé les sens de l'expression dans les textes pré-impériaux ; il en a identifié cinq, les trois plus fréquents étant, par ordre décroissant :
région occupée par les Hua ou les Xia (ou Huaxia), premier peuple chinois selon la tradition ; territoire délimité ; ville principale, cité.
Les deux autres sont : pays situés au centre et pays égaux entre eux, désignant essentiellement les principaux pays de l'époque des Royaumes combattants.
Néanmoins, Zhongguo n'entra jamais dans l'appellation officielle de l'entité politique gouvernant le territoire chinois. On employait autrefois le nom de la dynastie, celui des Qin (秦) ayant donné le mot Chine et le préfixe Sino- après être passé à travers de nombreuses langues le long de la route de la soie pour atteindre finalement l'Europe. Les fondateurs du royaume chinois de Liao, ainsi que Diego Barbosa (1516) et Garcia da Orta (1563) mentionnent le mot Chine.
Lorsqu'ils envisagèrent l'établissement d'une république, Sun Yat-sen et ses compagnons ne voulurent pas reprendre le terme Zhongguo, pourtant courant, car il était employé par les puissances impérialistes occidentales ; il voulaient encore moins de Shina (支那), terme réducteur utilisé par les Japonais durant les guerres sino-japonaises, imprégné de colonialisme, qu'on retrouve dans la transcription chinoise de Indochine (印度支那).
Ils choisirent de combiner zhong avec hua (華chin.trad. 华 chin.simpl.). Le sinogramme hua, qui peut aussi se lire comme "magnifique", est un des éléments de Huaxia (華夏), terme qui désigne dans les écrits des Royaumes combattants les premiers Chinois, "les tribus de Huang di et de Yan Di". Qian Mu (錢穆), historien, considère qu'il s'agit du nom de leur territoire, Hua étant une montagne du Henan, Xia l'ancien nom de la rivière Han (漢水). D'autres historiens pensent que l'ethnie Xia, qui aurait donné son nom à la première dynastie de l'histoire chinoise, était qualifiée de hua, dont un des sens est "peint", du fait que ses membres se tatouaient.
Le terme Zhonghua fut mentionné pour la première fois en 1894 par Sun Yat-sen à Hawaï dans un discours. Il est inclus dans les appellations de la République de Chine et de la République populaire de Chine.
Dans les œuvres anciennes de la philosophie et de la littérature chinoise, on trouve souvent la métaphore 天下, tiānxià, qui veut dire sous le ciel et désigne aussi la Chine. Selon Marcel Granet, ce mot est chargé de la connotation suivante : le ciel étant rond et la terre carrée dans la cosmogonie chinoise, les quatre coins de la terre qui ne sont pas couverts par le ciel (ni donc circonscrits par les cycles du soleil et les pérégrinations de l'empe | | |