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SuprasegmentalEn phonétique et phonologie les unités suprasegmentales (ou, parfois, prosodèmes) sont des unités discrètes qui ne font cependant pas directement partie de la chaîne phonologique segmentable. Cela revient à dire que ces unités ne peuvent être isolées indépendamment des phonèmes mais qu'elles s'y ajoutent. Elles n'ont pas d'existence propre sans eux.
On compte au rang des unités suprasegmentales principalement des traits prosodiques :
- la quantité vocalique ou consonantique (ainsi que la gémination) ;
- la tension vocalique ou consonantique ;
- le tonème dans les langues tonales ;
- l'accentuation (accent tonique, accent de hauteur).
Il faut cependant noter que tout trait prosodique n'est pas forcément discret. L'intonation, par exemple, ne l'est pas, non plus que tout autre fait expressif (gémination, allongement, accentuation ou abrègement expressifs, par exemple). On dira alors de ces traits qu'ils sont paralinguistiques.
Articles connexes
- Unité discrète, phonème et phonologie ;
- prosodie et intonation prosodique.
catégorie:LinguistiqueCatégorie:Phonétique
Phonétique
La phonétique est une branche de la linguistique qui étudie les sons des langues. Elle se divise en trois branches :
- phonétique articulatoire ;
- phonétique acoustique ;
- phonétique auditive.
Alors que la phonétique étudie des sons (ou « phones »), la phonologie, elle, étudie comment ils sont agencés dans une langue pour former des énoncés. La transcription phonétique s'écrit entre crochets droits.
Voir aussi
- Méthodes de transcription ;
- alphabet phonétique international ;
- phonétique historique ;
- types de modifications phonétiques ;
- signe linguistique ;
- linguistique ;
- phonème.
Liens externes
- [http://hctv.humnet.ucla.edu/departments/linguistics/VowelsandConsonants/course/chapter1/flash.html Inventaire phonétique international]
catégorie:Linguistique
Catégorie:Phonétique
Catégorie:Écriture abrégée
ja:音声学
ko:음성학
ProsodieLa prosodie est l'ensemble des règles de prononciation d'une langue, et, plus spécifiquement, de la langue littéraire (surtout poétique), qui peuvent concerner la longueur des voyelles, des syllabes, les intonations, les accents, les rythmes les rimes, etc., c'est-à-dire plus généralement les effets sonores annexes de la langue, celles dont le non-respect ne modifie pas fortement la compréhension d'un énoncé. Ces règles diffèrent naturellement d'une langue à l'autre et dépendent des époques mais aussi des écoles et des auteurs pour la langue littéraire.
En phonétique, la prosodie fournit des unités suprasegmentales. Tout fait prosodique, cependant, n'est pas forcément une telle unité.
Les règles de prosodie française ou d'autres langues sont décrites dans plusieurs articles dont :
- vers ;
- rime ;
- scansion ;
- césure ;
- intonation prosodique.
Catégorie:LinguistiqueCatégorie:Phonétique
ko:운율
TonèmeEn phonétique, le tonème est l'unité suprasegmentale discrète consistant principalement en une modification de la hauteur de la voix lors de l'émission d'une syllabe. Les tonèmes sont pour ainsi dire des phonèmes propres aux langues tonales. On trouve souvent le terme de ton pour tonème (on dira que le mandarin possède quatre tons ou quatre tonèmes).
Si le tonème est une unité discrète, il doit fonctionner dans un système d'oppositions révélé par les paires minimales. Les allophones des tons (en cas de sandhi tonal) ne devraient donc pas être comptés comme tonèmes : ainsi, le demi-troisième ton du mandarin, qui n'est que la modification d'un 3 ton devant un autre ton, sera classé comme variante du 3 ton (d'où le nom) et non comme 4 ton. De même, l'absence de ton sur une voyelle atone que l'on nomme ton léger n'est pas un tonème. Le mandarin sera donc dit posséder quatre tons plus un allophone et une absence de ton.
On oppose généralement les tonèmes aux accents toniques. Les accents de hauteurs étant cependant le plus souvent réalisés comme les tonèmes d'une langue tonale, il est possible d'appeler tonème les modifications de hauteur de ces accents.
Articles connexes
- Langue tonale ;
- sandhi tonal ;
- accent de hauteur.
catégorie:LinguistiqueCatégorie:phonétique
Langues tonales
Une langue à tons (ou « langue tonale ») est une langue dans laquelle un changement de tonalité (« hauteur ») dans la prononciation d'une ou plusieurs syllabes d'un mot entraîne un changement de sens de ce mot. Il ne faut pas confondre la tonalité avec l'intonation qui, elle, indique l'état d'esprit du locuteur, le type d'assertion (affirmation, interrogation, exclamation) mais ne permet d'opposer des paires minimales.
Les tons sont des unités discrètes au même titre que les phonèmes mais ne sont pas segmentables. Ce sont donc des unités suprasegmentales : l'unité tonale, dite tonème, ne peut être perçue sans le support des phonèmes et n'existe pas sans eux.
Les tons sont étudiés principalement en phonétique et en phonologie. Dans la première discipline, on analysera par quels moyens physiques ils se réalisent, dans la seconde leur rôle dans la langue.
Exemples de langues à tons
La majorité des langues du monde sont tonales (c'est vraisemblablement parce que ce procédé est très rare en Europe que ce fait est souvent ignoré). On peut citer, parmi les plus célèbres, plusieurs langues d'Asie du Sud Est et d'Extrême Orient :
- cantonais et mandarin (mais aussi tous les autres « dialectes » chinois) ;
- thaï de thaïlande ;
- vietnamien ;
- la grande majorité des langues africaines, comme les langues bantoues du sud du Cameroun.
Tons et accents
On oppose généralement les langues tonales aux langues accentuelles : une langue tonale ne pourrait pas avoir d'accent tonique, et vice versa. En fait, certaines langues tonales utilisent les deux procédés, comme le mandarin ou le thaï. La principale différence phonologique entre langue à tons et langues à accent tonique est que dans les premières quasiment toutes les syllabes d'un mot possèdent un ton alors que dans les secondes seul un nombre limité de syllabes (souvent une seule) porte l'accent. Le ton ne possède donc de valeur ni culminative ni démarcative (il ne sert pas à isoler une syllabe d'un mot puisque toutes les syllabes sont prononcées sur un ton déterminé).
De même, l'accent de hauteur pourrait être confondu avec le système des tons. Or, il est bien plus proche de l'accent tonique (fonction culminative et parfois démarcative) que des tons (qui n'ont pas une telle fonction). Rappelons que l'accent de hauteur touche, comme l'accent tonique, un nombre limité de syllabes dans un mot et qu'il consiste en une modification de la hauteur vocalique plus audible que l'augmentation d'intensité.
À titre indicatif, on peut citer parmi les langues à accent de hauteur d'Europe le slovène, le serbo-croate et le lituanien (ou lithuanien). Le slovène est en train de perdre son accent de hauteur, le letton (ou lette, langue sœur du lituanien) l'a perdu. Le suédois et les deux norvégiens suivent un système plus complexe nommé « accent de mot ».
En Inde, le penjabi fonctionne ainsi. Le sanskrit l'a sûrement été, mais n'est plus prononcé ainsi (sauf dans les récitations traditionnelles des textes sacrés védiques, mais il s'agit là d'un développement ultérieur ; cf. Accentuation védique). De même le grec ancien et le latin et, détail important pour la phonétique historique des langues indo-européennes, l'indo-européen. Enfin, le japonais possède aussi un accent de hauteur.
Deux grands types de tons
Il existe deux types de tons, les registres (qui se divisent en tons ponctuels et tons modulés) et les tons mélodiques.
Dans le premier système de tons, ce qui importe c'est la hauteur, seule pour les tons dits ponctuels, en concomitance avec une modulation pour les tons modulés. Dans le second système, c'est la mélodie, une modulation indépendante de la hauteur.
Si une langue utilise des tons à registres (ponctuels seuls ou conjointement à la modulation), elle n'utilise pas de tons mélodiques et vice versa.
Registres
Les registres sont des tons ne procédant que de différences de hauteur. Pour qu'il y ait registre, il faut donc au minimum deux hauteurs opposables.
Tons ponctuels
Une langue comme le ngbaka (Adamawa oriental), possède trois registres : soit la voix est aiguë (accent aigu dans la notation), soit elle est moyenne (macron), soit basse (accent grave), quelle que soit la hauteur effective. Il suffit de prononcer plus ou moins aigu, peu importe le point de départ et peu importent les inflexions de la voix.
Ainsi : sɔ́, « animal » ; sɔ̄, « chasser » ; sɔ̀, « queue » . (Dans le premier exemple, il ne faut pas considérer que la voix monte parce qu'il y a un accent aigu. La voix est simplement aiguë.)
Tons modulés
Quand une même syllabe porte plusieurs registres, il y a en même temps modification de la hauteur musicale en passant d'un registre à un autre et modulation. Ce qui est pertinent, cette fois-ci, c'est tout autant la hauteur que la modulation. Par exemple, une modulation haut → bas est opposable à une modulation bas → haut, bien que les mêmes hauteurs soient impliquées.
Ainsi, toujours en ngbaka, il existe, outre les tons ponctuels cités, des modulations sur une même syllabe :
- bas → haut : `´ (modulation montante haute) ;
- bas → moyen : `ˉ (mod. montante basse) ;
- haut → moyen : ´ˉ (mod. descendante haute) ;
- haut → bas : ´` (mod. descendante basse) ;
- bas → haut → bas : `´` (mod. complexe montante-descendante) ;
- haut → bas → haut : ´`´ (mod. complexe descendante-montante).
Exemple : mbóòó.ndí [mbo⁵¹⁵ndi⁵] (où les chiffres indiquent le contour de la voix, 5 étant le plus aigu, 1 le plus grave), « mangouste rayée ».
La notation de tels tons est assez gênante puisqu'elle laisse croire qu'il y a, dans cet exemple, trois phonèmes [o] à la suite, alors qu'il n'y en a qu'un seul, de même durée qu'une voyelle comme le [i] aigu de la syllabe suivante.
Autre exemple : kpáā [kp͡a⁵³] (kp͡ est une occlusive labio-vélaire, c'est-à-dire que [k] et [p] sont prononcés en même temps et non à la suite), « feuille », a la même durée que kpá, «tranquille », ou que kpáàá [kp͡a⁵¹⁵], « un ».
Tons mélodiques
Mélodies seules
Dans ces tons, « le trait pertinent est l'absence ou la présence de mélodie et ses variations, et non la hauteur musicale elle-même dont les [...] registres ne sont pas différenciatifs » (Initiation à la phonétique, ouvrage de J.M.C. Thomas, L. Bouquiaux et F. Cloarec-Heiss auquel sont empruntés les exemples de cette page). Cela revient à dire que la hauteur de la voix n'importe plus autant que le modulation elle-même, dite mélodie.
Si l'on prend le mandarin, on analyse le système ainsi :
- ton 1 : mélodie égale (absence de mélodie, quelle que soit la hauteur) [ˉ] ;
- ton deux : mélodie montante [/] ;
- ton trois : mélodie complexe descendante puis montante [\/] ;
- ton quatre : mélodie descendante [\].
(Il existe également un demi troisième ton.)
On enseigne pourtant dans les grammaires une opposition de registres, qui pourrait laisser croire que le mandarin utilise des tons à registres modulés. Or, dans la pratique, la mélodie seule suffit à se faire comprendre (on ne parle pas ici du cantonais), ce qui est impossible dans des langues comme le ngbaka.
Le ton un, par exemple, doit avant tout être plat, et non pas haut.
Autres possibilités
En fait, à ces mélodies peuvent se superposer des caratéristiques secondaires :
- le point de départ de la mélodie (en birman : ton descendant partant d'un niveau bas s'opposant à un ton descendant partant de plus haut) ;
- la distance entre le départ et l'arrivée (en mandarin : un ton deux est caractérisé par une grande différence entre le point de départ et le point d'arrivée, ce qui se manifeste par un ton montant partant nécessairement d'assez bas pour arriver haut, pour éviter que la voix ne s'étrangle. C'est un ton qui demande un grand ambitus, et non un point de départ fixe) ;
- la durée de la réalisation de la mélodie (en cantonais : ton descendant bref, moyen ou long) ;
- la variation de l'intensité vocale (dans certains usages mandarins) ;
- la suppression brutale de l'intensité par glottalisation finale de la mélodie, ou « étranglement » de la voix ; en vietnamien.
Faire la différence entre des tons modulés et mélodiques est parfois complexe. Ce qui est pertinent, c'est qu'un ton modulé ne peut exister que dans un système de registres indépendants de toute modulation. Or, le mandarin, par exemple, n'a pas de registres purs. Ses tons sont donc mélodiques. L'écart entre le point de départ et celui de l'arrivée peut cependant avoir une certaine importance, qui reste secondaire.
Ainsi, en vietnamien :
- ton égal (ou absence de mélodie) : ô [ʔōː], « parapluie » ;
- ton descendant : bà [ɓàː], « grand'mère » ;
- ton descendant glottalisé : lạ [làːˀ], « étrange » ;
- ton montant : cái [káʲː], « chose » ;
- ton complexe descendant montant : tỏi [tǒʲ], « ail » ;
- ton complexe descendant montant glottalisé : lễ [lěːˀ],« cérémonie ».
Note : on utilise ici à la place de la transcription en API des tons la notation propre au pinyin ; on devrait en fait noter [ʔoː], [ɓâː], [lâːˀ], [kǎʲː] etc., ce qui serait moins clair. L'API distingue bien les différentes sortes de tons (à registres ou à modulations) :
- les registres sont marqués par des accents (á, à, ā, a̋, ȁ, etc.) ;
- les modulations par des marqueurs spéciaux (absents en Unicode).
Tous les caractères nécessaires n'étant cependant pas présents en Unicode, il faut souvent se contenter d'une notation moins précise ou parallèle.
Sandhi tonal
Dans les langues tonales, il est fréquent que les syllabes intonées s'influencent et se modifient en contact. Ce phénomène est le sandhi tonal.
Bibliographie
- Initiation à la phonétique, J.M.C. Thomas, L. Bouquiaux et F. Cloarec-Heiss ;
- Éléments de linguistique générale, A. Martinet.
Articles connexes
- Linguistique ;
- accent tonique, accent de hauteur ;
- sandhi tonal ;
- phonologie et phonétique ;
- unités suprasegmentales.
Tonale
Catégorie:Phonétique
ja:声調
ko:성조
ms:Bahasa berasaskan nada
simple:Tone language
Accent de hauteur
Catégorie:LinguistiqueCatégorie:Phonétique
L'accent tonique est une augmentation de l'intensité de la voix (ainsi que, souvent, une élévation de la hauteur) accompagnant l'émission d'une syllabe dans un mot, ainsi mise en relief. Sa syllabe (ou une de ses mores) frappée de l'accent est dite tonique, par opposition aux syllabes atones. On distingue fréquemment les langues à accent tonique des langues à tons et à accent de hauteur. Le présupposé affirmant qu'une langue à accent tonique n'a pas de tons est faux : en effet, les deux systèmes peuvent coexister, ce qui est le cas en mandarin ou en thaï. En revanche, dans une langue à tons, l'accent tonique ne peut être que secondaire. Enfin, au sein des accents toniques, on distingue deux catégories : l'accent d'intensité et l'accent de hauteur.
L'accent tonique est une notion étudiée principalement en phonétique et en phonologie. Dans la première discipline, on analysera par quels moyens physiques il se réalise, dans la seconde son rôle dans la langue. C'est une unité discrète au même titre que le phonème, mais elle n'est pas segmentable. C'est donc une unité suprasegmentale : l'unité accentuelle ne peut être perçue sans le support des phonèmes et elle n'existe pas sans eux.
Note : les transcriptions phonologiques entre barres obliques sont en API. Rappelons que l'accent tonique est signalé par le symbole /'/ placé devant la syllabe concernée. L'accent secondaire, quant à lui, est symbolisé par /ˌ/ ; ainsi, dans la chaîne de phonèmes /ˌfutri'ke/, /ke/ porte l'accent tonique (primaire), /fu/ l'accent secondaire et /tri/ est atone.
Exemples de langues à accent tonique
La grande majorité des langues d'Europe (dont les langues indo-européennes mais aussi finno-ougriennes, ou turques) ont un accent tonique. Ce fait laisse cependant souvent croire que c'est le système le plus répandu alors qu'en fait les langues du monde utilisent principalement le système tonal.
Il existe cependant, plus rarement, des langues connues pour ne suivre aucun de ces systèmes : le hindī, par exemple, n'a ni accent tonique ou de hauteur ni tons.
Différences avec le système tonal
Si l'accent tonique ─ de hauteur ou d'intensité ─ s'oppose si fortement au système tonal (sans que l'un exclue nécessairement l'autre) c'est parce qu'il fonctionne principalement sur le contraste entre syllabe marquée, minoritaire dans le mot (souvent unique) ou dans l'énoncé et syllabes atones, majoritaires le plus souvent. En sorte, un mot ne possède qu'un nombre très limité de syllabes toniques voire aucune dans le cas des clitiques. Dans le système tonal, au contraire, il n'existe pas de contraste d'une telle sorte : toutes les syllabes (sauf quelques-unes, parfois) portent un ton, quel qu'il soit. C'est la différence entre la nature des tons qui crée le contraste.
Ce point explique pourquoi on ne peut considérer les langues à accent de hauteur comme des langues tonales : en effet, même s'il existe des « tonèmes », ils ne frappent qu'une ou deux syllabes du mot, tandis que les autres restent atones. Le système accentuel met donc en valeur une partie limitée du mot (celle qui porte l'accent par opposition aux autres) ou de l'énoncé (il existe des mots portant un accent, d'autres atones) tandis que le système tonal place toutes les syllabes et les mots (sauf quelques exceptions) à un même niveau hiérarchique.
Accent de hauteur
[En préparation]
Manifestations acoustiques de l'accent d'intensité
La principale manifestation acoustique de l'accent tonique est une augmentation de l'intensité vocale touchant un ou plusieurs sommets de syllabe d'un mot. Prononcée avec plus d'énergie, cette syllabe se détache des autres, dites atones, par sa plus grande intensité sonore.
Intensité
Différence d'intensité selon les langues
Là encore, l'augmentation d'intensité est variable, selon les langues. Alors que dans la majorité des langues romanes elle est très marquée, elle est, en français, relativement faible voire inaudible. En effet, l'accent tonique du français est marqué pour chaque mot (hormis les clitiques) seulement quand ils sont isolés. Dans une phrase, seul le dernier mot de chaque syntagme portera l'accent, d'autant plus dans une diction rapide et courante. On parle alors d'un « accent de groupe de sens ». Par exemple, les mots polysyllabiques suivants sont accentués quand ils sont isolés comme indiqué dans une diction soignée : petite /pə'tit/, maison /mɛ'zɔ̃/, prairie /pʁɛ'ʁi/, diffusée /dify'ze/. Dans la phrase « La Petite Maison dans la prairie n'est plus diffusée », on entendra /lapətitmɛ'zɔ̃ dɑ̃lapʁɛ'ʁi neplydify'ze/ voire /laptitmɛzɔ̃dɑ̃lapʁɛ'ʁi neplydify'ze/. En effet, la notion de « groupe de sens » est variable : on peut considérer que « la petite maison dans la prairie » est composé de deux syntagmes : « la petite maison » + « dans la prairie » ou bien que le tout forme un syntagme unique.
Le turc se caractérise aussi par un accent tonique relativement faible.
Accents primaires et secondaires
D'autre part, si dans de nombreuses langues les mots ne présentent, phonologiquement parlant, qu'un seul accent tonique (langues romanes, russe… mais, au plan phonétique, non distinctif, on perçoit des syllabes semi-accentuées sur lesquelles la prononciation s’appuie), dans d'autres, comme les langues germaniques, il existe un accent primaire, qui porte le maximum d'intensité, accompagné d'un ou plusieurs accents secondaires, selon la taille du mot. Ces accents secondaires, symbolisés par /ˌ/ en API, se rencontrent surtout dans les mots composés : on comprend donc que les accents secondaires sont une survivance de l'accent originel que portait l'élément entrant dans la composition du mot. Dans les langues germaniques, donc, l'unité accentuelle n'est plus le mot mais le lexème.
La hiérarchie obtenue entre les accents (il existe toujours un accent principal) permet souvent de repérer quel lexème du mot composé est central et renseigne parfois sur des structures secondaires du mot. En allemand, par exemple, c'est normalement le radical qui porte l'accent principal. Si le mot possède une particule séparable, c'est elle qui reçoit l'accent principal. Enfin, les particules inséparables sont atones :
- dans un mot composé comme ausstaffieren, on a deux accents : /'aʊsʃtaˌfiːrən/, permettant d'isoler la particule séparable aus- du radical staffieren ;
- les deux homonymes dübersetzen sont distingués par l'accentuation : /'yːbɐˌzɛtsǝn/ « faire franchir » s'oppose à /ʏbɐ'zɛtsǝn/ « traduire ». Dans le premier cas, über /'yːbɐ/ est une particule séparable donc tonique (qui garde son sens propre : « au-delà de »), dans le second une particule inséparable, donc atone (et au sens figuré).
Autres manifestations acoustiques
L'augmentation d'intensité s'accompagne d'autres phénomènes, plus ou moins marqués selon les langues.
Modification de la hauteur de la voix
En anglais, la syllabe tonique est le plus souvent prononcée plus haut ou plus bas que les syllabes atones, selon les phrases. Il serait réducteur de penser que l'accent, outre par l'intensité, se manifeste seulement par une élévation (ce qui reste vrai quand on prononce les mots isolément). En effet, il n'est pas rare que le jeu de l'intonation fasse prononcer une syllabe tonique plus bas : dans la question Are you married? « Êtes-vous marié ? », réalisée [ɑː juː 'mæɹɪd], la syllabe ['mæ] sera prononcée plus bas que [ɹɪd], dans le respect de l'intonation montante interrogative. Dans une assertion, en revanche, elle sera plus aiguë.
Tant que ces variations de hauteur ne forment pas un système d'oppositions pertinentes, il ne convient pas de parler d'un accent de hauteur. Ces variations ne font qu'accompagner celles d'intensité.
Allongement dans la syllabe accentuée
En italien, la syllabe accentuée est automatiquement allongée. La quantité n’est donc pas phonologique puisqu’elle est entièrement conditionnée par la place de l’accent; il n’existe pas de vocoïdes ou contoïdes longs non accentués, les consonnes peuvent cependant être géminées hors de l’accent. C’est le dernier segment de la syllabe accentuée qui s’allonge, par exemple fato « destin » /'fa.to/ et fatto « fait » /'fat.to/ sont réalisés respectivement ['fa:to] et ['fat:to]. Lorsque le noyau de la syllabe est une diphtongue, son deuxième élément subit un semi-allongement : vuoi « tu veux » /'vwɔi/ ['vwɔ·i].
Tension musculaire et clarté des phonèmes accentués
Il existe un phénomène dit « apophonie accentuelle » qui prévoit que les voyelles atones d'un mot, dans certaines langues, sont réalisées moins distinctement que les toniques (la tension musculaire mise en œuvre étant moindre). Leur timbre est moins clair et des voyelles différentes sont même confondues quand elles sont atones. Plusieurs modifications phonétiques peuvent entrer en jeu, comme la neutralisation ou la centralisation. Parmi les langues à apophonie accentuelle, on peut citer diverses langues slaves (bulgare, russe ─ consulter Apophonie accentuelle en russe), des langues romanes (catalan, le portugais, l'occitan...) ou encore des langues germaniques (anglais, allemand, néerlandais...). Il ressort d'une telle apophonie que ce n'est pas tant l'accent qui modifie l'image acoustique des mots que l'atonie : en effet, l'accent préserve ici l'identité des voyelles. En bulgare, par exemple, les voyelles о /ɔ/ et у /u/ sont réduites à [o] tandis que а /a/ et ъ /ɤ/ sont réalisées [ɐ] quand elles sont atones. Pour d'autres exemples, consulter les articles consacrés aux langues citées.
Ce dernier point, on le verra plus bas, entraîne des conséquences importantes pour l'évolution phonétique des langues.
Place de l'accent
L'accent tonique se réalisant comme une emphase par rapport aux syllabes atones, il convient de noter qu'un mot monosyllabique ne porte, isolément, pas d'accent, puisqu'on ne peut établir un contraste entre syllabes atones et toniques. Dans un énoncé, cependant, les syllabes de mots se suivant s'enchaînant, il apparaît que certains monosyllabes sont bien accentués, par opposition à d'autres, toujours atones (cf. plus bas la question des clitiques). Enfin, dans les langues à accent de hauteur les monosyllabes isolés ne sont pas forcément exclus : la modulation de hauteur impliquée peut en effet très bien se manifester sur une seule syllabe.
On peut séparer les langues à accent en deux groupes : dans le premier, la place de l'accent dans le mot est libre et ne peut être connue que par la mémorisation de chaque mot. Dans le second, la place de l'accent est plus ou moins déterminée : l'accent « tombe » toujours au même endroit dans le mot. En règle générale, on détermine la place de l'accent en partant de la fin du mot.
Coexistence des mots toniques et atones
Accent libre
Dans les langues germaniques, par exemple, l'accent est libre : on ne peut déterminer sa place à l'avance. Les mots hérités du proto-germanique ont cependant tendance à avoir un accent sur la première syllabe du radical, ce que l'on peut voir, par exemple, dans le passage du proto-germanique au gotique). Les mots empruntés sont souvent accentués ailleurs. Voici quelques exemples en anglais :
- accent radical germanique : apple ['æpl̩], begin [bɪ'gɪn], morning ['mɔːnɪŋ] ;
- autres emplacements dans les mots d'emprunt : advice [əd'vaɪz] (du vieux français), command [kə'mɑːnd] (idem), economy [ɪ'kɒnəmɪ] (du latin).
En russe, lituanien, grec ancien (mais voir plus bas pour les règles de limitation), etc., de la même manière, on ne peut non plus prévoir la place de l'accent.
Accent déterminé
Voici par exemple des langues à accent entièrement déterminé :
- espéranto (pénultième syllabe) ;
- finnois (1) ;
- français (finale des mots ou des groupes de sens) ;
- hongrois (1) ;
- quechua (pénultième) ;
- tchèque (1) ;
- turc (finale, sauf avec quelques suffixes ; le processus reste cependant régulier).
Dans les langues suivantes, le placement de l'accent est plus complexe mais régulier dans la plupart des cas :
- arabe classique
:L'accent tonique tombe le plus souvent sur la dernière syllabe lourde (contenant une voyelle longue ou une voyelle suivie d'au moins deux consonnes) du radical. Par exemple : سُكُون sukūn [su'kuːn] « silence ». Dans la pratique (arabe dialectal, par exemple), la place de l'accent ne suit pas de règles encore décrites en précision. Il ne faut pas non plus perdre de vue que l'alphabet arabe ne note pas l'accent tonique. De sorte, celui de l'arabe classique, langue principalement écrite, ne peut être déterminé que par reconstruction ou en écoutant des arabophones le lire, lesquels suivent l'accentuation de leur propre dialecte ;
- breton
:L'accent tonique tombe le plus souvent sur la pénultième syllabe sauf localement où il tombe sur la finale (vannetais, par exemple). Il existe une centaine d'exceptions pour des mots-outils ou des mots très utilisés dont l'accent tombe sur la finale (parfois, cela est dû à l'amuïssement de la finale originelle ; ainsi : amannenn → amann, sauf en vannetais, qui a conserve amannenn);
- castillan
:L'accent tombe sur l'avant dernière syllabe si le mot est terminé par une voyelle, -s ou -n, sur la dernière quand le dernier phonème est une consonne. Par exemple : perro ['pero] « chien », perros ['peros]. Quand l'accent, lexical (propre à un mot) ou grammatical (propre à une forme fléchie verbale), est « irrégulier » par rapport à cette règle, il est indiqué à l'écrit par un accent aigu. L'accent ne peut remonter au-delà de l'antépénultième syllabe (sauf en cas d'enclise ; voir aussi plus bas) : enseñándoselo [ense'ɲandoselo] « en se le montrant ». Tant qu'il ne contredit pas cette limitation, il se maintient au cours de la flexion nominale : joven ['xoβ̞en] « jeune » fait jóvenes ['xoβ̞enes] au pluriel.
- latin
:L'accent (de hauteur en latin classique, d'intensité en latin vulgaire) tombe sur l'avant dernière syllabe si elle est lourde (elle contient une voyelle longue ou bien une brève suivie d'au moins deux consonnes), sur l'antépénultième sinon. Les monosyllabes sont toniques sauf si ce sont des enclitiques. Ainsi : do [dóː] « je donne », dārĕ [dáːre] « donner », dēbērĕ [deːbéːre] « devoir », dēbĕō [déːbeoː] « je dois ».
:D'autre part, les mots portaient en plus d'un accent de hauteur un accent secondaire d'intensité placé invariablement sur la première voyelle, lequel permet d'expliquer nombre de modifications phonétiques en latin même (métaplasmes et apophonie principalement et dans les langues romanes (préservation de la voyelle initiale des mots). Ces phénomènes sont décrits plus bas.
- grec ancien
:L'accentuation du grec est complexe. Elle est régie par des lois de limitation qu'on ne peut décrire ici. Tout au plus convient-il de préciser que l'accent de hauteur ne peut « remonter » (rappelons qu'on détermine la place d'un accent tonique par rapport à la fin des mots) au-delà de l'antépénultième syllabe si la voyelle finale est brève, de la pénultième si la finale est longue. Si l'intonation est complexe (intonation circonflexe), elle ne peut remonter au-delà de la pénultième avec une finale brève, de la finale si elle est longue. Au sein de ces possibilités, le placement reste relativement libre. Quelques exemples : ἄνθρωπος [ántʰrɔːpos] « homme » mais ἀνθρώποις [antʰrɔɔ́poi̯s] « (pour les) hommes » (finale longue : l'accent doit descendre), δῶρον [dɔ́ɔron] « don » mais δώροις [dɔɔ́roi̯s] « (pour les) dons » (finale longue : l'intonation circonflexe ne peut rester telle quelle et devient aiguë). Dans la conjugaison, l'accent tend le plus souvent à remonter le plus loin possible dans le mot.
On remarque dans ces trois langues ce que l'on nomme des « lois de limitations », qui fixent la place limite de l'accent (toujours en partant de la fin).
Accent fixe ~ accent mobile
Selon les langues, l'accent peut ou non changer de place au cours de la flexion.
Accent fixe
En tchèque, en sindhi ou en hongrois, par exemple, il reste toujours sur la première syllabe à toutes les formes fléchies. Dans les langues germaniques, il garde aussi son emplacement de départ.
Accent mobile
Les changements de place les plus fréquents sont dus aux lois de limitation, le cas échéant (voir plus haut en castillan et en grec ancien).
Le changement d'emplacement peut aussi faire partie d'un système accentuel grammatical plus complexe : par exemple, en castillan l'accent dans les verbes tend à remonter le « plus loin » possible (c'est-à-dire qu'il tombe sur la pénultième ou la finale ; l'antépénultième et la pré-antépénultième sont là considérées « irrégulières » pour cette classe lexicale). Au prétérit et au futur, cependant, sauf dans certains verbes irréguliers, il est souvent attiré à la finale bien qu'elle soit vocalique : enseñe [en'seɲe] « qu'il montre » mais enseñé [ense'ɲe] « j'ai montré » et enseñará [enseɲa'ɾa] « il montrera ». En russe, les modifications accentuelles que subissent les mots au cours de la flexion sont bien plus complexes et ne peuvent être résumés ainsi. Il existe plusieurs schémas d'accentuation pour les noms (dont un schéma faisant intervenir un accent fixe), par exemple, qu'il convient d'apprendre par cœur en même temps que le paradigme. Voici par exemple les paradigmes de волк volk « loup » et конь kon’ « cheval », dans lesquels l'accent se déplace du radical aux désinences (est indiquée une transcription phonétique large pour masquer l'apophonie accentuelle) :
Rappel : ë note toujours une voyelle tonique. Cf. Alphabet cyrillique.
Le lituanien est encore plus complexe, puisque son accent de hauteur est à deux intonations et peut, outre se déplacer, changer de nature. Voici à titre d'exemple le paradigme du verbe veĩkti « suivre » au présent : veikiù, veikì, veĩkia, veĩkiame, veĩkiate, veĩkia. On peut le comparer à celui de tikė́ti « croire » : tikiù, tikì, tìki, tìkime, tìkite, tìki.
Fonctions
L'accent tonique peut jouer plusieurs rôles, selon son type (libre, déterminé, fixe, mobile...). On étudiera chaque fonction séparément.
Contrastive
C'est la fonction fondamentale de tout accent tonique, qu'il soit de hauteur ou d'intensité : en permettant la mise en relief d'une (ou plusieurs) syllabes du mot, il créé une opposition entre syllabes toniques et atones. Au niveau syntaxique, l'existence de mots toniques et de mots atones (le plus souvent des mots-outils) créé un contraste de second ordre.
Les autres fonctions découlent naturellement de celle-ci.
Culminative
Sa principale fonction, partagée par toutes les langues, est dite culminative (du latin culmen « faîte, sommet »). Il marque la présence des unités syntaxiques et sémantiques fondamentales (selon les langues : mots importants, lexèmes pour les langues germaniques, groupes de sens pour le français), ce qui permet, dans une chaîne de phonèmes, de reconnaître plus ou moins précisément la présence de telles unités. L'analyse d'un énoncé est ainsi facilitée. L'accent libre se limite à une telle fonction.
Par exemple, dans la phrase castillane se puede cortar la carne con un cuchillo (« on peut couper la viande avec un couteau »), réalisée /se'pweð̞ekoɾ'taɾla'kaɾnekonunku'ʧiʎo/, on identifie quatre unités importantes, bien qu'il ne soit pas possible de découper la chaîne de manière plus précise (l'accent étant libre, on ne peut distinguer que les sommets des unités mais non leurs limites). Après une analyse nécessitant de connaître la langue, on peut savoir que ces unités correspondent à (se) puede (« on peut »), cortar (« couper »), (la) carne (« la viande ») et (con un) cuchillo (« avec un couteau »), qui sont bien les quatre mots les plus importants sémantiquement dans la phrase.
Démarcative
La fonction démarcative n'est possible qu'avec un accent déterminé et fixe. Un tel accent permet de distinguer de manière plus précise les unités syntaxiques et sémantiques fondamentales puisqu'on peut en reconnaître les limites (au contraire de ce qu'il se passe avec l'accent libre). Par exemple, il sera simple de découper une phrase hongroise en mots puisque l'accent tonique tombe toujours sur la première syllabe : chaque occurrence de l'accent marque la limite entre la fin d'un mot et le début d'un mot suivant. Dans les faits, les monosyllabes ne sont pas forcément accentués (d'autant plus quand ce sont des mots-outils) : on identifiera donc plutôt les syntagmes fondamentaux (article et nom, par exemple) que les mots eux-mêmes.
Dans les langues connaissant des effets de sandhi important, les langues celtiques, par exemple, comme le breton, l'identité sonore des mots étant susceptible de varier (en raison des mutations consonantiques entre autres), l'accent tonique fixe (ou peu s'en faut) joue un rôle important dans la reconnaissance des unités syntaxiques.
Noter que la fonction démarcative n'est pas le seul fait de l'accent tonique : d'autres procédés peuvent jouer un rôle similaire, comme le coup de glotte avant une initiale vocalique de lexème en allemand, la disjonction avant un h « aspiré » en français ou encore l'aspiration des consonnes occlusives initiales devant voyelle en anglais.
Distinctive
Fait qui n'est pas partagé par toutes les langues, l'accent peut permettre d'opposer des paires minimales. Dans ce cas, il est distinctif. Il faut pour cela qu'il soit libre, ce qui permet les oppositions lexicales (on peut distinguer par l'accent deux mots qui seraient sinon homophones). S'il est mobile, il ajoute aux oppositions lexicales des contrastes grammaticaux.
En anglais, par exemple, l'accent étant libre, il existe de nombreuses oppositions lexicales. Parmi les plus importantes, on trouve celle permettant de distinguer des verbes (accentués en finale) d'adjectifs ou noms homophones (accentués sur l'initiale). Noter qu'en raison de l'apophonie accentuelle, il n'est pas rare que l'homophonie ne soit pas complète mais qu'on ait plus qu'une homographie (le schwa, par exemple, ne pouvant pas être tonique) :
- accent → [æk'sent] « accentuer » ~ ['æksənt] « accent » ;
- increase → [ɪŋ'kɹiːs] « augmenter » ~ ['ɪŋkɹiːs] « augmentation » ;
- progress → [pɹə'gɹes] « avancer » ~ ['pɹəgres] « progrès » ;
- transport → [tɹæn'spɔːt] « transporter » ~ ['tɹænspɔːt] « transport ».
En castillan, l'accent mobile permet un jeu d'oppositions très fréquentes dans la conjugaison : les modèles canto ['kanto] « je chante » ~ cantó [kan'to] « il chanta » et cante ['kante] « que je chante » ou « qu'il chante » ~ canté [kan'te] « je chantai » se reproduit régulièrement dans les paradigmes verbaux et permet de distinguer personne, temps et mode.
L'accent tonique d'intensité permet d'expliquer un grand nombre de modifications phonétiques subies par les mots au cours de leur histoire. C'est en effet l'un des procédés qui, acoustiquement, joue le plus sur l'identité sonore des phonèmes : en plaçant plus d'intensité sur certaines syllabes d'un mot, on peut facilement déformer cette syllabe et, inversement, le fait que certaines syllabes ou mots sont atones le rend moins distinctes (ce dont on a parlé plus haut dans le cadre de l'apophonie accentuelle), d'autant plus quand elles sont éloignées de l'accent.
Rôle nul de l'accent de hauteur
L'accent de hauteur, quant à lui, ne semble jouer aucun rôle ─ ou très limité ─ dans l'évolution des mots : en effet, des modifications mélodiques sont loin, acoustiquement et physiquement, de se montrer aussi déformantes que des changements d'intensité, lesquels impliquent une plus grande tension musculaire, une plus grande quantité d'air expulsé, un allongement des syllabes concernées, etc. (voir plus haut) alors qu'une modification de la hauteur ne demande ─ en simplifiant ─ qu'un changement de la fréquence de vibration des cordes vocales ainsi qu'un jeu sur leur tension. Changer la hauteur d'une syllabe ne fait pas intervenir de mécanisme lourd. Pour le coup, accent de hauteur et tonèmes jouent un même rôle quasi nul dans l'évolution du signifiant des mots.
Quelques exemples
Il serait fastidieux de citer tous les cas de modifications phonétiques faisant intervenir un accent d'intensité. On peut cependant relever :
- un grand nombre de métaplasmes, qui s'expliquent par le rôle d'un accent d'intensité, surtout pour les amuïssements (syncope, aphérèse, apocope, élision, etc.). En effet, ce les syllabes atones sont supprimables, par opposition aux syllabes toniques, que l'accent protège de l'usure phonétique ; on se reportera aux articles consacrés pour des exemples précis ;
- la diphtongaison : omniprésente dans l'histoire des langues romanes et dans celle des langues germaniques, elle est fréquemment due à l'accent. En effet, on note qu'une voyelle accentuée tend à s'allonger. Or, l'accroissement de la tension musculaire mise en jeu peut ne pas être régulier mais décroître pendant l'émission de la voyelle. C'est à ce moment qu'intervient la diphtongaison : la voyelle n'est plus prononcée à l'identique pendant toute sa durée mais se « scinde » progressivement en deux (ou plus) timbres, le second, moins énergétique, se différenciant par une aperture moindre ou plus grande (selon le timbre de départ) ou par une consonification (les voyelles /i/, /y/ et /u/ pouvant devenir les spirantes /j/, /ɥ/ et /w/), dans tous les cas demandant une moindre tension musculaire. Des bouleversements seconcaires peuvent rendre le mécanisme encore plus complexe (déplacement de l'accent de la première à la seconde more, dissimilations, assimilations, etc.). En guise d'exemple, voici la chaîne d'évolution du phonème latin (langue à accent de hauteur devenu accent d'intensité) /e/ accentué en syllabe ouverte depuis l'Antiquité jusqu'à actuellement en français :
:/'e/ → /ei̯/ (diphtongaison)→ /ɔi̯/ (dissimilation) → /ue̯/ (assimilation) → /u̯e/ (bascule de l'accent sur la 2e more) → /we/ → /wɛ/ → /wa/ (d'où tela latin donne toile français) ;
- parmi les lois de phonétique historique, celle de Verner permet d'expliquer des irrégularités apparentes de la loi de Grimm par le recours à la place de l'accent tonique dans les langues germaniques.
Accent et poésie
[En préparation]
Codage informatique
La norme Unicode prévoit les deux caractères de l'API pour les accents d'intensité primaire et secondaire dans le bloc « Lettres modificatives avec chasse » :
- ˈ (U+02C8) :
- UTF-8 : 0xCB 0x88 ;
- UTF-8 octal : \313\210 ;
- entité numérique décimale HTML : ˈ ;
- ˌ (U+02CC) :
- UTF-8 : 0xCB 0x8C ;
- UTF-8 octal : \313\214 ;
- entité numérique HTML : ˌ.
Dans les faits, l'accent primaire est le plus souvent codé par l'apostrophe droite, directement accessible au clavier et automatiquement affichable par n'importe quelle police de caractères.
Bibliographie
- J. D. O'Connor, Better English Pronunciation, Cambridge University Press, 2e édition de 1980 ;
- Handbook of the International Phonetic Association (ouvrage collectif), Cambridge University Press, 1999 ;
- Maurice Bouchez, Grammaire allemande, Belin, 1985 ;
- André Martinet, Éléments de linguistique générale, Armand Colin, collection « Prisme U / Langages », 3e édition, 1991 ;
- Dictionnaire de la linguistique, ouvrage collectif sous la direction de Georges Mounin, Presses universitaires de France, collection « Quadrige », 4e édition, 2004 ;
- André Mazon, Grammaire de la langue russe, éditions de l'Institut d'études slaves, 3e édition, 1949 ;
- Michel Chicouène et Laurynas-Algimantas Skūpas, Parlons lituanien, L'Harmattan, 1998 ;
- Jean Tardieu, La prononciation de l'anglais, Pocket, collection « Langues pour tous », 2001 ;
- Noëlle Laborderie, Précis de phonétique historique (du français), Nathan Université, collection « Lettres 128 », Paris, 1994.
Articles connexes
- Linguistique ;
- enclise, proclise ;
- accentuation du grec, accentuation védique, accentuation du lituanien ;
- langues à tons et tonème ;
- phonologie et phonétique ;
- unités suprasegmentales.
Intonation prosodique ko:억양 ja:イントネーション
Musicalité de la parole due à la hauteur et l'intensité des voyelles, l'intonation prosodique structure le discours (elle marque l'interrogation, l'exclamation, par exemple) et peut indiquer l'état d'esprit du locuteur mais n'affecte pas le sens des mots. On parle aussi de ton ou encore de tonalité.
Si toutes les langues connaissent des jeux subtils d'intonations, toutes ne sont pas des langues tonales, cependant. L'intonation est donc une caractéristique paralinguistique non distinctive qui concerne l'ensemble de l'énoncé. Ce n'est donc pas une unité discrète.
Articles connexes
- Prosodie, langue à tons, unité discrète, unité suprasegmentale ;
- intonation musicale.
catégorie:Linguistique catégorie:Phonétique
Gémination
En phonétique, la gémination est une unité suprasegmentale consistant en un redoublement de consonne, qui possède ainsi une durée accrue perceptible à l'oreille. C'est un cas particulier de la quantité consonantique longue car on dit d'une consonne qu'elle est géminée quand, phonologiquement parlant, la consonne longue est répartie entre la fin (ou coda) d'une syllabe et le début (ou attaque) de la syllabe suivante. Par exemple, dans un mot qu'on analyserait [kalla], la consonne /l/ serait géminée dans un découpage en syllabes [kal.la]. Une consonne géminée ne peut donc pas apparaître dans un monosyllabe.
En API, les géminées sont le plus souvent notées par un symbole doublé, ce qui les distingue des consonnes longues, dont le symbole est suivi par le [ː] habituel.
La gémination n'est généralement pas phonologique et ne permet pas de constituer des paires minimales : elle est le plus souvent paralinguistique et correspond, le cas échéant, à un accent d'insistance (« c'est terrifiant ! » réalisé ['tɛʁʁifiɑ̃]) ou répond à des critères d'hypercorrection (on corrige, en dépit de la phonologie, sa prononciation pour être plus proche d'une prononciation qu'on croit plus correcte : ainsi illusion qu'on prononcerait [illy'zjɔ̃] par influence de la graphie).
On trouve cependant des utilisations phonologiques de la gémination, en italien par exemple, où elle est combinée à une certaine répartition de la durée phonétique : fata /'fata/ ['fa:ta] « fée » ~ fatta /'fatta/ ['fat:ta] « faite ».
En français, on peut couramment distinguer par la gémination des énoncés comme Elle a dit ~ Elle l'a dit /ɛladi/ ~ /ɛlladi/. Dans une prononciation plus soutenue, la gémination permet de distinguer le conditionnel (et éventuellement le futur) de l'imparfait : courrais ~ courais /kurrɛ/ ~ /kurɛ/ ou encore l'indicatif du subjonctif comme dans croyons ~ croyions /-j-/ ~ /-jj-/.
Catégorie:PhonétiqueCatégorie:Linguistique
Phonologiecatégorie:LinguistiqueCatégorie:Phonétique
La phonologie est une branche de la linguistique qui étudie comment s'organisent les sons d'une langue afin de former des énoncés. Il ne faut pas la confondre avec la phonétique qui, elle, s'intéresse aux sons eux-mêmes, indépendamment de leur fonctionnement les uns avec les autres. En sorte, la phonétique s'intéresse aux sons en tant qu'unités physiologiques, la phonologie aux sons en tant qu'ils font partie d'une structure.
La transcription phonologique se place entre barres obliques : /ra/ est la transcription du mot français rat. Chaque symbole utilisé doit ne renvoyer qu'à un seul phonème et chaque phonème ne doit être codé que par un seul symbole. Les symboles utilisés sont proches de ceux de l'API mais on trouve de nombreuses méthodes de transcription, selon les langues, les auteurs, les époques. On trouvera ici une liste de ces différentes méthodes.
Exposé de la méthode phonologique
Distinguer le son du phonème
Un francophone peut prononcer le mot « rat » avec un /r/ roulé, grasseyé ou normal (dit « parisien ») ; la phonologie n'y verra cependant qu'un seul phonème /r/ car il n'est pas possible, en français, d'opposer trois mots qui débuteraient chacun par une de ces sortes de /r/ et seraient suivi de /a/ : cette distinction n'intéresse que la phonétique. En sorte, [ra] (avec /r/ roulé), [ʀa] (avec /r/ grasseyé comme les prononçait Édith Piaf) et [ʁa] (avec un /r/ normal), se réduisent tous trois à la suite de phonèmes /ra/ et ces suites de phonèmes désignent tous le même mot. On dira alors que les sons [r], [ʀ] et [ʁ] sont des allophones du phonème /r/, c'est-à-dire diverses possibilités de réalisation qui ne contrastent pas en français (alors que [r] et [ʀ] s'opposent dans certaines prononciations de l'arabe et constituent deux phonèmes distincts).
La phonologie n'ayant pas besoin de viser à une aussi grande précision que la phonétique, elle n'utilise pas autant de symboles que cette dernière et suit souvent des notations qui sont propres à l'étude de chaque langue. Ainsi, dans l'exemple précédent, si [ʀ], [ʁ] et [r] (notation phonétique) désignent des sons différents, /r/ (notation phonologique) servira à dénoter n'importe lequel des allophones tant que ceux-ci ne s'opposent pas dans la langue. De plus, si l'on peut décrire phonétiquement les sons comme ils se présentent, à la suite, il faut, en phonologie, respecter la règle un signe = un phonème. Par exemple, dans le mot anglais choose, ce qu’un Français analyserait spontanément comme une succession de deux sons [t] + [ʃ] (« ch »), correspond en fait à un seul son : une affriquée. Ce son, représenté par un seul symbole /ʧ/, a également statut de phonème parce qu’il permet d’opposer des paires minimales contenant /t/ ou /ʃ/ (tat et chat). Dans la phrase anglaise, on peut parfaitement trouver une succession /t/ + /ʃ/. Ici, /ʧ/ s’oppose à /tʃ/ et suffit à modifier le sens de la phrase ; comparer :
:/wai'ʧu:z/ why choose
:/wait'ʃu:z/ white shoes
Les traits pertinents et les unités discrètes
Les corrélations
La distribution
Le problème des phonèmes composés
Notion de système phonologique
Liste de termes propres à la phonologie
- unité discrète ;
- unité suprasegmentale ;
- allophone ;
- distribution (libre, complémentaire, partielle, etc.) ;
- neutralisation ;
- phonème ;
- archiphonème ;
- paire minimale (et opposition pertinente) ;
- signe linguistique.
- structure
pathologies du système phonologique
les troubles phonologiques sont des troubles qui atteignent la constitution du système phonologique, et par conséquent la construction du système phonologique des mots. Il s'agit de troubles centraux, qui touchent l'intégrité des représentations d'un niveau linguistique dans le système cognitif.
ja:音韻論
ko:음운론
Intonation prosodique ko:억양 ja:イントネーション
Musicalité de la parole due à la hauteur et l'intensité des voyelles, l'intonation prosodique structure le discours (elle marque l'interrogation, l'exclamation, par exemple) et peut indiquer l'état d'esprit du locuteur mais n'affecte pas le sens des mots. On parle aussi de ton ou encore de tonalité.
Si toutes les langues connaissent des jeux subtils d'intonations, toutes ne sont pas des langues tonales, cependant. L'intonation est donc une caractéristique paralinguistique non distinctive qui concerne l'ensemble de l'énoncé. Ce n'est donc pas une unité discrète.
Articles connexes
- Prosodie, langue à tons, unité discrète, unité suprasegmentale ;
- intonation musicale.
catégorie:Linguistique catégorie:Phonétique
Catégorie:Phonétique
ko:분류:음성학 ja:Category:音声学
Cette liste recense les articles de phonétique et de phonologie. Voir aussi Liste des modifications phonétiques.
Catégorie:Linguistique
Catégorie:Voix humaine IndurainMiguel Induráin Larraya ( - 16. Juli 1964 in Villava) ist ein ehemaliger spanischer Radrennfahrer. Er zählt zu den erfolgreichsten Radrennfahrern der Geschichte des Radsports.
Von 1991 bis 1995 konnte Miguel Induráin mit seinem Team Banesto die Tour de France fünfmal in Folge für sich entscheiden; er war damit der erste Fahrer, dem dies gelang. In den Jahren 1992 und 1993 siegte Induráin darüber hinaus auch noch beim Giro d'Italia. 1994 stellte Induráin mit 53,040 Kilometern einen neuen Stundenweltrekord auf, der aber wie alle zwischen 1984 und 2000 aufgestellten Stundenweltrekorde von der UCI annulliert wurde.
Bei der Straßenweltmeisterschaft 1995 siegte er im Einzelzeitfahren und wurde Zweiter im Straßenrennen hinter seinem Landsmann Abraham Olano.
Im Jahr 1996 versuchte Induráin, die Tour de France ein sechstes Mal zu gewinnen, musste sich aber beim Sieg des Dänen Bjarne Riis mit dem 10. Gesamtrang zufrieden geben. Bei den im gleichen Jahr stattfindenden Olympischen Spielen in Atlanta konnte Induráin die Goldmedaille im Einzelzeitfahren gewinnen. Nach diesem Olympiasieg beendete Miguel Induráin seine eindrucksvolle Radsport-Karriere.
Weblinks
- [http://www.memoire-du-cyclisme.net/palmares/indurain_miguel.php Palmarès]
Indurain, Miguel
Indurain, Miguel
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ja:ミゲル・インデュライン
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Wikipedia:Pagine da cancellare/Coscia (militare)
Allo stato attuale non si capisce di cosa tratti. (in categoria da aiutare da luglio) --Civvì 09:41, 18 nov 2005 (CET)
- +1 --fra_dimo - scrivimi 09:47, 18 nov 2005 (CET)
- +1 Ovviamente sarebbe da ampliare e non eliminare, ma se nessuno fa niente da luglio... meglio ripulire e aspettare un esperto in cose m
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Wikipedia:Pagine da cancellare/Indomita Salerno
Voce erroneamente cancellata perché, come giustamente fa notare Alfio, me non sembrava affatto rientrare tra le cancellazioni immediate. Abbiamo dunque questa voce enciclopedica e dobbiamo decidere se tenerla o no. Gac 09:55, 18 nov 2005 (CET)
: Formulazione alternativa: Voce cancellata e poi ripristinata perchè pallavolo militante (nel campionato 2005-2006) nella serie B1. Il suo nome completo nel campionato è A.S.D. Indomita Salerno Emme Refrigerazione, in quanto nella pallavolo è tradizione aggiungere al nome della squadra quello dello sponsor principale.
Fondata nel 1950, nell'ultimo decennio ha militato nei campionati da A2 ad B2.
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Tiratore scelto
Cecchino
così viene detto nel linguaggio parlato il tiratore scelto che, durante una guerra, una guerriglia o una sommossa, si apposta singolarmente dietro un riparo e spara di sorpresa ad un rappresentante dell'ordine (soldato, poliziotto, ecc.)
Originariamente si fa derivare dal soprannome con cui era noto l'Imperatore Franz Josef nel Lombardo- Ve
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