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Syllabe
La notion de syllabe est difficile à cerner, pour une bonne raison : elle varie selon la langue à analyser. Plusieurs approches sont possibles pour tenter de la définir. On peut, pour l'instant, se contenter de dire que c'est une unité phonétique plus grande que le phonème et plus petite que le mot et qu'un locuteur lambda est capable de découper un mot en syllabes dans sa langue, sans forcément savoir comment il procède. Un mot est donc composé de phonèmes, qui forment des syllabes.
Définition acoustique : le sommet de syllabe
En phonétique acoustique, on analyse les sons émis par le gosier avec des appareils donnant des informations techniques (intensité, durée, fréquence, formants etc.). Tous les phonèmes n'ont pas la même intensité, les phonèmes les moins intenses étant les consonnes sourdes occlusives ([p], [t], [k], [q], [c] etc.), les plus intenses les voyelles ouvertes ([a], [ɑ], [ɶ] et [ɒ]).
H. A. Gleason, dans son Introduction à la linguistique, définit la syllabe comme étant liée à l'activité des
muscles intercostaux, ceux qui permettent la respiration en rapprochant puis éloignant les parois de la cavité thoracique. Selon l'intensité naturelle des phonèmes émis, les déplacements sont plus ou moins
importants. L'émission de la parole est donc constituée d'une alternance de déplacements plus ou moins importants d'air. Là où, dans le flux, l'intensité connaît un pic, l'on est en présence d'un sommet de syllabe. Il est aussi possible de définir le sommet de syllabe comme un son (dont on peut donner la hauteur) tandis que les autres phonèmes sont des bruits.
Or, les sons susceptibles d'être les plus intenses sont, dans l'ordre croissant :
- les nasales et latérales : [n], [m], [ŋ], [ɲ], [ɳ], [ɴ] etc. ;
- les vibrantes : [ʙ], [r], [ʀ] etc. ;
- les voyelles fermées : [i], [y], [ɨ], [ʉ], [ɯ] et [u] ;
- les voyelles mi-fermées : [e], [ø], [ɘ], [ɵ], [ɤ] et [o] ;
- les voyelles mi-ouvertes : [ɛ], [œ], [ɜ], [ɞ], [ʌ] et [ɔ] ;
- les voyelles ouvertes : [a], [ɑ], [ɶ] et [ɒ].
Tous ces sons possèdent un point commun : ils sont continus (on peut en maintenir la production tant qu'il reste du souffle) et ils sont voisés (les cordes vocales vibrent en les produisant). Semblent donc exclus les phonèmes momentanés (comme les occlusives) et les phonèmes sourds.
Ainsi, l'on considère un flux parlé comme une courbe d'intensités diverses, de creux et de bosses. Le sommet des bosses correspond aux sommets de syllabes et possède une hauteur donnée : à chaque pic d'intensité, on trouve un sommet de syllabe, qui est la plupart du temps représenté par une voyelle, mais qui peut l'être par d'autres phonèmes, qui sont alors dits « vocalisés », c'est-à-dire qu'ils jouent le rôle du sommet de syllabe. Les autres sons, s'apparentant aux bruits, sont donc souvent moins intenses et, surtout, n'ont pas de hauteur clairement définissable. Pour s'en rendre compte, il suffit de chanter : si l'on veut suivre une mélodie, il est nécessaire d'émettre des sons qui ne sont pas forcément des voyelles (si l'on chante bouche fermée, ce seront des nasales vocalisées, on peut aussi chanter sur [zzzz]) mais des sommets de syllabes. Ne chanter qu'avec des consonnes momentanées (comme [p], [d], [k]) ou sourdes (comme [f], [t]) n'est pas possible (sauf dans le cas des consonnes vocalisées). Ainsi, l'air dAu clair de la lune peut être chanté normalement, dans une suite de sons et de bruits, ou bien seulement avec des voyelles ou encore bouche fermée. Il n'est cependant pas possible de chanter correctement cette mélodie au moyen de bruits comme [f] ou [k].
Prenons une langue comme le français : seules les voyelles jouent le rôle de sommet vocalique (car il n'y existe pas de sonante vocalisée : pas de [n̩] ou de [r̩], au contraire de l'anglais, du sanskrit ou encore du croate). Ainsi, pour savoir combien de syllabes compte un mot français, il suffit de compter le nombre de voyelles, qui formeront les sommets syllabiques (on séparera les syllabes par des points) :
- strict, et dextre :
:[stʁ̥ikt] : une voyelle, [i], donc une syllabe ;
:[dɛkstʁ̥] : idem, avec [ɛ] comme sommet.
Les consonnes finales de ces mots sont parmi les plus faibles en intensité ; elles ne peuvent pas jouer le rôle de sommet.
Si l'on ajoute un e caduc (lors de la lecture de vers, par exemple, devant consonne), on ajoute une voyelle, donc une syllabe :
- [dɛkstʁ̥ǝ] : deux voyelles = deux syllabes [dɛk.stʁ̥ǝ]
Autres exemples (les sommets sont soulignés ; /C/ signifie « toute consonne », /V/ « toute voyelle ») :
- poésie [pɔezi] : trois voyelles = trois syllabes [pɔ.e.zi] = /CV.V.CV/ ;
- néon [neɔ̃] : deux voyelles = deux syllabes [ne.ɔ̃] = /CV.V/ ;
- peuple [pœpl̥] : une voyelle = une syllabe [pœpl̥] = /CVCC/ ;
- strophe [stʁ̥ɔf] : une voyelle = une syllabe [stʁ̥ɔf] = /CCCVC/
Dans d'autres langues, il est possible de placer autre chose qu'une voyelle comme sommet de syllabe ; ce sont alors des consonnes vocalisées, « utilisées comme voyelle », mais la plupart du temps des
sonantes (ici représentées par /S/) :
- sanskrit vr̥kas [vr̩.kɐs] : deux sommets = deux syllabes = /CS.CVC/ ;
- anglais little [lɪ.tl̩] : deux sommets = deux syllabes = /CV.CS/ ;
- anglais written [ɹɪ.tn̩] : idem : /CV.CS/ ;
- anglais day [dei] : une voyelle complexe (ici une diphtongue) = une syllabe = /CVV/ ; dans le cas des diphtongues, un seul des timbres constituants, dit « timbre cible », reçoit le maximum d'intensité et forme le sommet syllabique.
Si toutes les voyelles d'une diphtongues reçoivent la même intensité, ce n'est plus une diphtongue mais une suite de voyelles ; il n'y a pas de diphtongues en français mais bien des suites de voyelles :
- abeille [a.bɛj] : deux voyelles = deux syllabes = /V.CVC/ ;
- abbaye [a.bɛ.i] : trois voyelles = trois syllabes : /V.CV.V/.
Dans de rares langues (certaines langues du Caucause, berbères, amérindiennes), une syllabe peut même ne posséder aucune voyelle ni consonne vocalisée et n'être qu'une suite monosyllabique de consonnes sourdes momentanées. L'une d'entre elles, cependant, reçoit un pic d'intensité qui permet de repérer le sommet. La plupart du temps, une voyelle épenthétique est insérée pour faciliter la prononciation. En sorte, les syllabes sans phonème continu n'existent quasiment pas.
Segmentation
Reste ensuite à déterminer ce qui entre ou non dans la syllabe en question ; en effet, si l'on peut acoustiquement savoir où sont les sommets des syllabes, c'est-à-dire compter le nombre de syllabes d'un énoncé, il faut ensuite répartir les phonèmes situés avant et après : appartiennent-il à la syllabe en question, à celle d'avant ou celle d'après ? Pour cela, la structure phonologique de la langue que l'on analyse compte : si les sommets sont visibles avec un appareil, il faut se référer au système phonologique de la langue pour savoir ce qui appartient à une syllabe, c'est-à-dire pour répartir convenablement ce qui se trouve de part et d'autre des sommets.
Ainsi, en peul, chien se dit rawaandu ; pour un francophone ne connaissant pas la phonologie du peul, le découpage se fait ainsi : [ra.waːn.du]. Pour un Peul, cependant, c'est [ra.waː.ⁿdu] (notez le [ⁿ]). Dans le système phonologique du peul, en effet, il existe des consonnes dites « prénasalisées », c'est-à-dire qu'elles commencent comme des nasales mais finissent comme des consonnes (de la même manière, en mandarin, l'initiale de 幾 jǐ [ʨi] n'est qu'une seule consonne, dite « affriquée », qui commence comme une occlusive et finit comme une fricative et non une suite de deux consonnes).
Il existe donc en peul une consonne [n], une consonne [ⁿd] et des rencontres de consonnes [n]+[d], qui ne sont pas entendues de la même manière par un natif : [ⁿd] dure moins longtemps que [n]+[d]. L'explication en est simple : [n]+[d] forment deux consonnes de durée normale, [ⁿd] une seule, de durée normale. Dans un terme qui serait de forme [a.ⁿda], on trouve une consonne, dans [an.da] deux. Le mot est plus long quand il est prononcé [an.da] que lorsque c'est [a.ⁿda] ; un francophone ne fera sans doute pas la différence, un Peul si.
En conclusion, seule la connaissance des phonèmes d'une langue ainsi que celle des contraintes de construction de ces phonèmes en syllabes permettent de savoir comment couper les mots.
Contraintes syllabiques
La segmentation en syllabes d'un énoncé ne peut être correcte que si l'on connaît les contraintes de formation syllabique de la langue à analyser.
Éléments d'une syllabe
Une syllabe peut se décomposer en trois éléments :
- attaque : consonne(s) précédant le sommet
- rime, elle même composée de :
- noyau : sommet de la syllabe ;
- coda : consonne(s) suivant le noyau.
La syllabe française dextre [dɛkstʁ̥] s'analyse donc ainsi :
- attaque : [d] ;
- noyau : [ɛ] ;
- coda : [kstʁ̥].
On dit d'une syllabe possédant une coda qu'elle est fermée, sans coda qu'elle est ouverte.
Dans les langues possédant des syllabes brèves opposées à des syllabes longues (voir Quantité syllabique), chaque élément d'une syllabe longue est nommée more.
Contraintes de quantité
Établir la liste des contraintes syllabiques d'une langue revient à indiquer le nombre et l'identité des phonèmes par rapport aux éléments de la syllabe. Ainsi, en français, l'attaque et la coda peuvent être nulles ; y [i] (adverbe de lieu) vaut :
- attaque : Ø ;
- noyau : [i] ;
- coda : Ø.
Ce n'est pas le cas en arabe, où l'attaque est obligatoirement présente : cela revient à dire que toute syllabe doit commencer par une consonne ; اللّٰه ʾAllāh [ʔallaːh] s'analyse :
- syllabe 1 ʾal :
- attaque : [ʔ],
- noyau : [a],
- coda : [l],
- syllabe 2 lāh :
- attaque : [l],
- noyau : [aː],
- coda : [h].
En japonais, la coda doit être une nasale ou bien nulle (si l'on fait abstraction d'une prononciation plus rapide dans laquelle certaines voyelles atones, en l'occurrence u et i, peuvent s'amuïr) : le mot です de.su, « c'est », est possible, mais non - desut. D'ailleurs, です est un exemple où existe l'amuïssement du u, donnant des' .
Il est donc possible d'indiquer la structure quantitative des syllabes, c'est-à-dire le nombre maximum de phonèmes à l'attaque et à la coda : en français, la syllabe théorique la plus lourde est de la forme CCCVCCCC (CCCV... dans strict, ...VCCCC dans dextre ; aucun mot, cependant, ne forme une syllabe CCCVCCCC). En polonais, la syllabe la plus lourde peut être encore plus importante : CCCCCVCCCCC (CCCCCV... dans źdźbło [ʑḏʑbwɔ] « lame », ...VCCCCC dans la deuxième syllabe de przestępstw [pʃɛstɛmpstʍ] « transgression » (génitif pluriel)). En japonais, cependant, la syllabe la plus lourde ne peut dépasser CVN (où N est une nasale). Le tahitien est encore plus limité, puisque toutes les syllabes doivent être ouvertes ; la syllabe lourde y vaut CV.
Il faut aussi considérer la place de la syllabe par rapport au mot : en turc, par exemple, CCV... est impossible en début de mot ; aucune syllabe initiale ne peut donc commencer par deux consonnes, ce qui explique les nombreux cas d'épenthèse : station [stasjɔ̃] devient istasyon, pour éviter que la première syllabe ne soit à deux consonnes initiales. Des langues romanes comme le castillan suivent ce principe : spécial s'y dit especial. Le français, dans des états antérieurs, possédait la même contrainte, ce qui explique que le latin stella ait donné étoile.
Contraintes de qualité
En arabe et en français, chaque phonème de la langue peut intervenir dans n'importe quel élément. Dans d'autres, les phonèmes se répartissent selon la place qu'ils occupent : en mandarin, la coda ne peut être réalisée que comme une nasale [n] ou [ŋ]. Le même phonème [ŋ] ne peut cependant pas occuper la place de l'attaque. Cela revient à dire qu'aucun mot ne peut commencer dans cette langue par un [ŋ] et qu'aucun mot ne peut finir par un [t]. Dans ce cas, le nombre total de syllabes que la langue peut produire est limité et dénombrable.
Les langues à tendances monosyllabiques telles que les dialectes chinois mais aussi le birman, le vietnamien et de nombreuses langues de l'Asie du Sud-Est, fonctionnent selon ce principe.
Études de contraintes syllabiques
- la syllabe castillane ;
- la syllabe en mandarin.
Articles connexes
- Quantité syllabique ;
- more ;
- phonologie ;
- phonétique ;
- linguistique.
catégorie:LinguistiqueCatégorie:Phonétique
ja:音節
ko:음절
simple:Syllable
PhonèmeCatégorie:Linguistique Catégorie:Phonétique
En phonologie, domaine de la linguistique, un phonème est la plus petite unité discrète ou distinctive (c'est-à-dire permettant de distinguer des mots les uns des autres) que l'on puisse isoler par segmentation dans la chaîne parlée. Un phonème est en réalité une entité abstraite, qui peut correspondre à plusieurs sons. Il est en effet susceptible d'être prononcé de façon différente selon les locuteurs ou selon sa position et son environnement au sein du mot (voir allophone). On transcrit traditionnellement les phonèmes par des lettres placées entre des barres obliques: /a/, /t/, /r/, etc., selon la règle un phonème = un symbole.
L'identification des phonèmes d'une langue se fait en construisant des paires minimales, c'est-à-dire des paires de mots de sens différents et qui ne diffèrent dans leur forme sonore que par un seul son (ce son peut alors être considéré comme un phonème).
Exemples :
- bien et mien : même raisonnement : /b/ et /m/ ;
- zona et sauna sont deux mots différents de la langue française, et il n'y a qu'un seul son différent (le premier). Donc, on peut conclure que le /s/ et le /z/ sont des phonèmes pour la langue française;
- roi avec un /r/ roulé ([r]) et roi avec un /r/ non roulé ([ʁ]) : les deux mots, en français, sont identifiés au même signifié. Il n'y a donc pas d'opposition entre le /r/ roulé et le /r/ non roulé, qui sont alors des allophones et non des phonèmes.
- Soulignons que cette notion de phonème est relative à une langue, en reprenant les deux derniers exemples. En espagnol il n'existe pas de paire minimale qui distingue /s/ de /z/, qui sont donc des allophones en espagnol standard. A contrario la paire pero et perro forme une paire minimale, qui prouve que /r/ et /rr/ sont des phonèmes distincts en espagnol standard.
La notion de phonème est décrite en détail dans l'article Phonologie.
Outre les phonèmes, il existe d'autres unités discrètes, comme les unités suprasegmentales.
Articles connexes
- Phonologie ;
- allophone ;
- distribution des phonèmes ;
- phonétique ;
- linguistique;
- archiphonème
ja:音素
ko:낱소리
zh-min-nan:Im-sò·
MotDans le langage courant, un mot est une suite de caractères graphiques ou de sons formant une unité sémantique et pouvant être distingués par un séparateur (blanc typographique à l'écrit, pause à l'oral).
Cette définition n'est cependant pas linguistique et la notion de mot soulève d'importants problèmes d'identification. Cette notion ressortit avant tout à l'intuition des locuteurs, chacun sachant citer des mots ou les identifier sans pour autant pouvoir expliquer quels sont ses critères de jugement.
Parmi les principaux problèmes se présentant lorsque l'on veut définir la notion de mots, on peut citer ceux-ci :
- dans la langue parlée, il n'existe qu'une chaîne de phonèmes, séparés parfois par des pauses. Le blanc typographique (par exemple) n'a pas forcément de représentation orale, laquelle peut être symbolisée par la ponctuation ;
- toutes les écritures n'utilisant pas le blanc typographique (c'est le cas en chinois, où l'on distingue d'ailleurs les caractères, 字 zì, des mots, 詞 cí, alors que rien n'indique, dans l'écriture de cette langue, les limites entre mots) ou quelque autre séparateur de mots (comme le point, parfois utilisé par les Romains dans les inscriptions monumentales en latin), il ne serait pas possible de trouver des mots dans toutes les langues. Pourtant, on s'accorde pour dire que chaque langue en possède. D'autre part, la grande majorité des langues n'est pas écrite ;
- une personne écoutant un énoncé prononcé dans une langue qu'il ne connaît pas ne pourra pas en identifier les mots. S'il sait ce qu'est un phonème, en revanche, il pourra les identifier sans comprendre le sens de l'énoncé ;
- s'il est possible d'identifier les mots en séparant ceux d'un énoncé par des pauses (dans la phrase jamais.il.ne.vient on ne pourra placer des pauses — symbolisées ici par des points — qu'entre les mots), ou en les permutant (Jean.aime.Paul → Paul.aime.Jean) que faire de mots comme ceci et ceux-ci ? Est-il logique que le premier ne compte que pour un mot et le second pour deux alors que ceci n'est qu'une manière d'écrire - ce-ci et que ceux ne peut être séparé de -ci sans changer de sens ? De même, que penser daujourd'hui qui est historiquement une locution composées de quatre mots (au jour d'hui) lexicalisée ? Au, jour et d(e) peuvent être identifiés comme des mots mais pas hui. Enfin, au, résultat d'une agglutination, compte-t-il pour un mot ou deux (à+le) ?
- Doit on considérer que beau, bel, belle, beaux et belles sont quatre mots différents ou un seul ?
On préférera alors au mot le lexème, le lemme ou la forme, qui, eux, possèdent une définition linguistique, ou bien encore le mot composé dans certains cas.
Articles connexes
- Lexème - Lemme - Forme - Morphème - Radical
- concept - Signifiant
- Syntagme - Mot composé
- nature (grammaire) - Accord des mots - Marque flexionnelle des mots
- Syntaxe - Phrase
- Lexicalisation - Lexique
- Liste des notions utilisées en linguistique
- Ecriture littéraire
catégorie:Linguistique
catégorie:Lexicologie
ja:言葉
simple:Word
zh-cn:词汇
PhonèmeCatégorie:Linguistique Catégorie:Phonétique
En phonologie, domaine de la linguistique, un phonème est la plus petite unité discrète ou distinctive (c'est-à-dire permettant de distinguer des mots les uns des autres) que l'on puisse isoler par segmentation dans la chaîne parlée. Un phonème est en réalité une entité abstraite, qui peut correspondre à plusieurs sons. Il est en effet susceptible d'être prononcé de façon différente selon les locuteurs ou selon sa position et son environnement au sein du mot (voir allophone). On transcrit traditionnellement les phonèmes par des lettres placées entre des barres obliques: /a/, /t/, /r/, etc., selon la règle un phonème = un symbole.
L'identification des phonèmes d'une langue se fait en construisant des paires minimales, c'est-à-dire des paires de mots de sens différents et qui ne diffèrent dans leur forme sonore que par un seul son (ce son peut alors être considéré comme un phonème).
Exemples :
- bien et mien : même raisonnement : /b/ et /m/ ;
- zona et sauna sont deux mots différents de la langue française, et il n'y a qu'un seul son différent (le premier). Donc, on peut conclure que le /s/ et le /z/ sont des phonèmes pour la langue française;
- roi avec un /r/ roulé ([r]) et roi avec un /r/ non roulé ([ʁ]) : les deux mots, en français, sont identifiés au même signifié. Il n'y a donc pas d'opposition entre le /r/ roulé et le /r/ non roulé, qui sont alors des allophones et non des phonèmes.
- Soulignons que cette notion de phonème est relative à une langue, en reprenant les deux derniers exemples. En espagnol il n'existe pas de paire minimale qui distingue /s/ de /z/, qui sont donc des allophones en espagnol standard. A contrario la paire pero et perro forme une paire minimale, qui prouve que /r/ et /rr/ sont des phonèmes distincts en espagnol standard.
La notion de phonème est décrite en détail dans l'article Phonologie.
Outre les phonèmes, il existe d'autres unités discrètes, comme les unités suprasegmentales.
Articles connexes
- Phonologie ;
- allophone ;
- distribution des phonèmes ;
- phonétique ;
- linguistique;
- archiphonème
ja:音素
ko:낱소리
zh-min-nan:Im-sò·
Occlusive
En phonétique articulatoire, une consonne occlusive (ou brièvement une occlusive) désigne une consonne dont le mode d'articulation fait intervenir un blocage complet de l'écoulement de l'air au niveau de la bouche, du pharynx ou de la glotte, et le relâchement soudain de ce blocage.
Dans le cas de consonnes orales, l'écoulement de l'air est entièrement stoppé (phase d'occlusion) et provoque une différence de pression entre l'amont et l'aval du lieu d'articulation ; c'est essentiellement lors du relâchement du blocage (phase de désocclusion) que le son est produit. Dans le cas de consonnes nasales, l'air continue en revanche de s'écouler par la cavité nasale ; le son est produit continuement au cours du blocage.
Types de désocclusion
Il existe des occlusives sans phase de désocclusion (ou « sans relâchement ») : on parle souvent d'« implosives », bien que ce terme renvoie aussi à un autre concept (voir Consonne injective). L'API les note par le symbole de l'occlusive suivi de [ ̚]. La réalisation implosive d'une occlusive est normale devant une autre occlusive et ne constitue pas un phonème différent mais un simple allophone : ainsi, apte peut être transcrit [ap̚t]. Certaines langues, comme le cantonnais, le malais ou le vietnamien, utilisent cependant des implosives en fin de syllabe.
Autres désocclusions possibles : nasale, latérale.
Occlusives du français
Le français contient les occlusives suivantes :
- orales sourdes : [p] (pépé), [t] (têtée), [k] (kéké) ;
- orales sonores : [b] (bébé), [d] (Dédé), [g] (gaga) ;
- nasales : [n] (ni), [ɲ] (gnangnan), [ŋ] (à la fin de parking).
- Apicales
- Bilabiales : les deux lèvres prennent fermement contact l'une contre l'autre.
- [p] (orale non voisée)
- [b] (orale voisée)
- [m] (nasale)
- Labio-dentales : la lèvre supérieure prend contact avec les dents de la machoire inférieure et inversement.
- [p̪] (orale non voisée)
- [b̪] (orale voisée)
- [ɱ] (nasale)
- Dentales, alvéolaires, post-alvéolaires : la langue prend contact avec la partie postérieure des dents de la mâchoire supérieure et/ou le bourrelet formé par les alvéoles.
- [t] (orale non voisée)
- [d] (orale voisée)
- [n] (nasale)
- Rétroflexes : la langue est retournée et sa pointe ou sa face intérieure prend appui sur un point de la partie antérieure du palais.
- [ʈ] (orale non voisée)
- [ɖ] (orale voisée)
- [ɳ] (nasale)
- Dorsales
- Palatales : la pointe de la langue est dirigée vers le bas et s'appuie contre la face interne des dents inférieures, alors que le dos de la langue prend contact avec le palais « dur ».
- [c] (orale non voisée)
- [ɟ] (orale voisée)
- [ɲ] (nasale)
- Vélaires : alors que la pointe de la langue est appuyée contre la face interne des dents du bas, le dos de celle-ci prend contact avec le palais « mou », appelé aussi voile du palais (velum).
- [k] (orale non voisée)
- [g] (orale voisée)
- [ŋ] (nasale)
- Uvulaires : pendant que la pointe de la langue est appuyée vers la face interne des dents du bas, le dos de celle-ci, relevé loin vers l'arrière, prend contact avec le palais mou au niveau de la luette.
- [q] (orale non voisée)
- [ɢ] (orale voisée)
- [ɴ] (nasale)
- Autres
- Pharyngales
- Épiglottales
- [ʡ] (orale non voisée)
- Glottales : elle est produite soit par l'ouverture soudaine de la glotte sous la poussée de l'air interne, soit par la fermeture brutale du passage de l'air au niveau de la glotte.
- [ʔ] (orale non voisée)
- Clics (flux vélaire) ;
- éjectives et injectives (flux glottal).
Remarque sur la terminologie
Les consonnes occlusives sont parfois nommées plosives, qui est plus courant en anglais.
Voir également
- mode d'articulation
-
ja:破裂音
ko:파열음
Français
Le français est une langue romane parlée en France, dont elle est originaire, ainsi qu'en Belgique, au Canada, en Côte d'Ivoire, en Suisse et dans 47 autres pays.
La langue française a cette particularité que son développement a été en partie l'œuvre de groupes intellectuels (comme la Pléiade) ou d'institutions (comme l'Académie française). C'est une langue dite « académique ». Toutefois, l'usage garde ses droits et nombreux sont ceux qui malaxèrent cette langue vivante, au premier rang desquels Jean-Baptiste Poquelin. On parle d'ailleurs de la « langue de Molière ».
Histoire
Voir l'article détaillé : Histoire de la langue française
On estime généralement que les Serments de Strasbourg de 842 sont le premier texte écrit en protofrançais (ou romana lingua ou encore roman). La première mention de l'existence d'une langue romane ne date que de 813, lors du synode de Tours. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la Séquence de sainte Eulalie, encore qu'on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même. C'est en 1539 que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue du droit et de l'administration.
Régi par : Académie française, Délégation générale à la langue française et aux langues de France, Service de la langue française (Belgique), Office québécois de la langue française, les Conseils supérieurs de la langue française de France, de Belgique et du Québec.
Voir aussi
- synode de Tours
- Serments de Strasbourg
- Séquence de sainte Eulalie
- Édit de Villers-Cotterêts
- français langue étrangère
Littérature
Parmi les premières œuvres majeures :
- La Chanson de Roland (Roland, Charlemagne, Olivier, Ganelon)
- Le Roman de Renart (Goupil, Ysengrin)
- Les romans de Chrétien de Troyes
- Gargantua de François Rabelais
- Défense et illustration de la langue française
- Voir aussi Littérature francophone et littérature française
Vocabulaire
Étymologie
La majorité du fonds lexical français provient du latin (en tant que langue-mère) ou bien est construit à partir des racines gréco-latines. De nombreux termes possèdent un synonyme, l'un venant de la racine latine ancienne, l'autre étant populaire. Ces doublets sont surtout présents avec un nom (populaire) et l'adjectif dérivé (savant) : mère / maternel, frère / fraternel, cheveu / capillaire, foi / fidèle, froid / frigide, œil / oculaire, sûreté / sécurité, etc.
Le francique, en tant que superstrat, a laissé quelques mots importants et les emprunts sont nombreux : d'abord à l'anglais, puis à l'italien, aux autres langues romanes, à l'arabe, etc.
Certains néologismes français sont constitués à partir des racines latines ou grecques :
- logiciel, domotique...
D'autres suivent les règles de suffixation :
- baladeur créé pour remplacer l'anglais walkman et diskman.
Français régional
Certains néologismes peuvent également être empruntés au vocabulaire du français régional. On appelle français régional des mots ou des expressions employés dans certaines régions de la francophonie mais non retenus dans les dictionnaires académiques du français ou qui ne sont pas utilisés dans l'ensemble de la francophonie. Il ne s'agit pas de langue familière, mais bien du français qui a évolué de façon différente. Par exemple, au Québec, le terme clavardage est le terme officialisé par l'Office québécois de la langue française pour désigner une séance de bavardage avec un autre interlocuteur par le biais d'Internet et sous forme d'échange de texte.
Autres exemples :
- au Québec et en Suisse : on dit mitaine pour « moufle » ;
- en France, dans la région de Normandie, on utilise souvent clenche pour « poignée de porte », toile pour « serpillière », ce midi ou dans l'heure de midi pour « à midi », etc. ;
- en France, dans la région de Picardie, on peut utiliser wassingue pour désigner la serpillière ;
- en France, on dit cake pour désigner certains types de gâteaux.
- dans le sud de la France, du Limousin au Bas-Languedoc et à la Provence, on emploie plier pour « emballer » ou « envelopper » (de l'occitan plegar, même sens).
Emprunts étrangers
:Pour plus d'information, voir l'article plus détaillé.
On estime à moins de 13 % (soit 4 200 mots) les parts des mots d'origine étrangère dans la langue française courante soit environ les 35 000 mots d'un dictionnaire d'usage. 1 054 de ces mots sont d'origine anglaise, 707 italiens, 550 de l'ancien allemand, 481 des anciens langages gallo-romans, 215 arabes, 164 de l'allemand, 160 du celtique ancien, 159 espagnols, 153 hollandais, 112 perses et sanskrits, 101 des langues des indiens d'Amériques, 89 de diverses langues asiatiques, 56 de diverses langues afro-asiatiques, 55 de langues slaves et de la Baltique, 144 d'autres langues diverses.
- Source : Henriette Walter, Gérard Walter, Dictionnaire des mots d'origine étrangère, 1998.
Prononciation
:Voir l'article plus détaillé.
Place du français dans le monde
Le statut international du français
article plus détaillé
Le français est la langue officielle de nombreux pays, et largement utilisée dans un certain nombre d'autres. Une partie des nations utilisant cette langue est regroupée au sein de la « francophonie ». Dépassant, le seul cadre linguistique, le Haut Conseil de la Francophonie est une plateforme d'échanges impliquant un tiers des pays de la planète. Ce mouvement confirme une redéfinition de la place du français dans le monde.
Le français est la langue officielle de la Convention du Mètre qui définit les unités de mesure en physique. C'est l'une des vingt langues officielles de l'Union européenne.
Le français connaît un recul de son poids sur la scène des échanges internationaux face à l'influence de l'anglais. Par exemple, l'anglais est devenu langue de référence numéro un au Comité international olympique malgré l'histoire de cette institution.
Les francophones
- Voir l'article détaillé Distribution des francophones dans le monde
- Voir aussi : Variations régionales du français
En 1998, le Haut Conseil de la Francophonie estimait les francophones « réels » à 112,6 millions auxquels il convient d'ajouter 60,6 millions de francophones qualifiés de « partiels » ou « occasionnels », soit 173,2 millions de francophones. De plus, 100 à 110 millions de « francisants », qui, citons ici le rapport officiel, « ont appris le français pendant plusieurs années et en ont gardé une maitrise variable, ou qui sont amenés à le pratiquer, même partiellement, pour leur métier. » Le même type d'étude avait été mené par ce même organisme en 1989 (rapport publié en 1990) avec 104,6 millions de francophones « réels » recensés plus 54,2 millions de « partiels », soit 158,8 millions de francophones. La progression enregistrée est importante avec un gain de 14,4 millions en 9 ans. 2 millions de ces « nouveaux » francophones sont des Français, démographie oblige, mais le gros du bataillon est fourni par le continent africain. En extrapolant ces chiffres, on peut estimer le nombre des locuteurs francophones à quelque 183 millions en 2005 et le nombre total de personnes aptes à s'exprimer en français à 290 millions.
Voir aussi
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- - langues romanes
- - langues d'oïl
- grammaire française
- conjugaison des verbes français
- verbe
- conjugaisons des verbes du premier groupe
- conjugaisons des verbes du deuxième groupe
- conjugaisons des verbes du troisième groupe
- noms en français
- nombres en français
- orthographe française
- rectifications orthographiques
- étymologie
- fréquence d'apparition des lettres en français
- diacritiques utilisés en français
- accent circonflexe en français
- symboles SAMPA pour les sons français
- prononciation du français
Jeux de langue
- anacyclique
- anagramme
- contrepèterie
- jeu de mots
- lapalissade
- palindrome
- virelangue
Liens externes
- [http://www.site-magister.com/ Travaux dirigés de français].
- [http://www.olf.gouv.qc.ca/ Office de la langue française du Québec].
- [http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ Commission de toponymie du Québec].
- [http://www.francophonie.org/ Organisation internationale de la Francophonie].
- [http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histlngfrn.htm « Histoire de la langue française »], par Jacques Leclerc, dans L'aménagement linguistique dans le monde, Québec, Université Laval.
- [http://atilf.atilf.fr/ Trésor de la langue française informatisé], version informatisée du Trésor de la langue française (TLF), dictionnaire extrêmement complet sur la langue française des XIXe et XXe siècles, réalisé sous la direction de Bernard Quemada et Paul Imbs.
- [http://www.orthographe-recommandee.info/ Orthographe-recommandée.info], à propos des rectifications de l'orthographe française officiellement recommandées.
- [http://www2.ignatius.edu/faculty/turner/languages.htm D'autres chiffres sur la Francophonie]
- [http://www.academie-francaise.fr/ L'Académie française et son dictionnaire en ligne]
- [news:fr.lettres.langue.francaise Forum Usenet sur la langue française] et [http://www.langue-fr.net/ site associé]
- [http://fr.groups.yahoo.com/group/langue-fr/ Liste de diffusion sur Yahoo Groupes]
- [http://www.loecsen.com/travel/discover.php?lang=fr&to_lang=3/ Apprendre et écouter des expressions pratiques en français] Chaque expression est accompagnée d'une illustration
- [http://www.les-dictionnaires.com/evolution-langue.html Dictionnaires d’évolution de la langue] Evolution de la langue française et des dictionnaires : vieux français, anglicismes,...
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AnglaisL'anglais est une langue germanique originaire d'Angleterre. C'est la langue maternelle ou l'une des langues des habitants de plusieurs pays, surtout le Royaume-Uni et ses anciennes colonies, dont les États-Unis, l'Irlande, le Canada, l'Australie, et la Nouvelle-Zélande. L'anglais est l'une des langues les plus parlées au monde : elle est la troisième en nombre de locuteurs natifs, et la première apprise comme seconde langue. Elle est aussi la langue la plus utilisée sur Internet.
Histoire
L'anglais descend de la langue parlée par les tribus germaniques angles (d'où est tiré le nom de la langue), saxonnes et jutes s'étant installées en Grande Bretagne au de l'ère chrétienne, remplaçant les langues celtiques présentes sur le territoire. Ces dialectes germaniques, qui ont connu la première mutation consonantique, sont alors désignés sous le nom de vieil anglais, d'abord écrit en runes puis avec l'alphabet latin, apporté par les scribes irlandais au . L'influence d'envahisseurs vikings installés au nord-est du pays est notable dans le lexique de la langue qui a alors emprunté de nombreux termes au vieux norrois (ou « vieil islandais »). L'influence du latin, langue liturgique du christianisme que les scribes irlandais ont apporté, est aussi très forte. On arrête le vieil anglais au , à l'issue de la bataille de Hastings, en 1066. L'épopée Beowulf est écrite dans cet état de la langue.
Après sa victoire à Hastings sur les Saxons, Guillaume le Conquérant s'installe en Grande-Bretagne et impose sa langue, le normand (langue d'oïl de l'ancien français), comme langue de la cour ; ce faisant, il modifie profondément la langue anglaise : les emprunts se font très nombreux et souvent doublonnent avec des mots de radical germanique. Le mot saxon est parlé par le peuple, alors que le terme français est souvent lié au registre soutenu ou à la parlure des nobles. Par exemple, ox, calf ou sheep, termes germaniques, représentent chez le producteur ─ anciennement les couches populaires de la population ─ ce que le consommateur ─ autrefois les couches aisées de la population ─ désigne par beef (cf. bœuf), veal, (cf. veau) et mutton (cf. mouton). (Ainsi, ces trois derniers mots désignent surtout la viande par opposition au bétail sur pied; mais on a aussi "let's return to our muttons" "retournons à nos moutons" et fig. "muttonhead", "mouton [de Panurge]". Par contre, "oxtail soup" car à l'origine ce potage était un plat plébéien.)
D'autre part, la langue simplifie ses déclinaisons. C'est le moyen anglais, dont l'orthographe est fortement influencée par celle des scribes normands, lesquels inventent par exemple les digrammes de la langue (ch, sh, gh, th) et introduisent la lettre w (anciennement un digramme vv ou uu), faisant ainsi sortir de l'usage des lettres anciennes comme þ (thorn, remplacé par th), ð (edh, remplacé aussi par th), ȝ (yogh, proche d'un 3, remplacé par gh ou y principalement) ou ƿ (wynn, proche d'un p, remplacé par w). Les Contes de Cantorbéry de Geoffrey Chaucer sont écrits en moyen anglais.
La grande mutation vocalique, qui a vu la modification en profondeur des voyelles anglaises, du marque le tournant d'un autre état de la langue, l'anglais moderne, que l'on fait réellement commencer au début du avec William Shakespeare. On y distingue deux sous-périodes : l'anglais moderne d'avant ou après le , quand, à la suite des conquêtes britanniques, la langue s'est de nouveau lexicalement enrichie de manière notable grâce aux emprunts faits aux langues des colonies.
Influence de l'anglais
Historiquement, l'anglais a peu pénétré le français (moins de 4 % du vocabulaire est d'origine anglo-saxonne). Cependant son influence croît depuis une cinquantaine d'années du fait de la mondialisation des échanges commerciaux et technologiques, dominés par de grandes puissances parlant cette langue, le Royaume-Uni et les États-Unis notamment (voir « impérialisme linguistique »). C'est pourquoi l'utilisation de mots anglais est notable dans des secteurs comme l'informatique, les télécommunications ou l'économie, comme le fut l'italien jadis pour la musique. Un autre phénomène est lié à cet expansionnisme : l'anglais tend à être utilisé à la place d'autres langues. Ainsi le français était la langue privilégiée des relations diplomatiques et des relations contractuelles, l'influence des États-Unis a fait tomber cet usage en désuétude. L'anglais est aussi depuis 1951 la langue utilisée dans l'aviation, sur décision de l'OACI. Il a par ailleurs acquis dans le monde la place de langue la plus fréquemment utilisée dans les rencontres internationales, même si le multilinguisme reste la norme. Étant la première langue étrangère apprise dans le monde, il bénéficie d'une base unique de locuteurs dans tous les pays sur tous les continents. C'est enfin la seconde langue officielle de très nombreux États.
Cette utilisation internationale de l'anglais, devenu une véritable lingua franca, inquiète nombre d'anglophones qui voient leur langue prendre les allures d'un pidgin simpliste coupé de ses subtilités et de son histoire.
Classification
L'anglais est une langue germanique, famille au sein de laquelle les langues vivantes les plus proches sont le frison et le scots mais qui, néanmoins, a subi à plusieurs reprises l'influence d'autres langues germaniques comme le vieux norrois, du latin et de diverses langues romanes, surtout le français, influence latino-romane que l'on ne remarque pas seulement dans les mots qui sont a priori des emprunts lexicaux (déjà vu ou rendez-vous, expressions françaises utilisées en anglais ; embargo de l'espagnol ; cupola, folio ou stiletto de l'italien), mais encore dans de très nombreux mots à étymon latin (comme expect ← exspectare, school ← schola, scuttle ← scutella, ou street ← strata).
Répartition géographique
Statut officiel
L'anglais est la première langue en Australie (anglais australien), Bahamas, Barbade (anglais carribéen), Bermudes, Dominique, Gibraltar, Grenade, Guyana, Jamaïque (anglais jamaïcain), Nouvelle-Zélande (anglais néo-zélandais), Antigua-et-Barbuda, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Trinité-et-Tobago, Royaume-Uni (anglais britannique), et (sans reconnaissance officielle) aux États-Unis (anglais américain).
L'anglais est aussi l'une des premières langues du Belize (avec l'espagnol), du Canada (anglais canadien) (avec le français), de l'Inde (hindi et anglais ainsi que 21 autres langues d'État), de l'Irlande (avec l'irlandais), du Singapour (avec le malais, le mandarin, le tamil et d'autres langues asiatiques) et de l'Afrique du Sud (avec le zoulou, le xhosa, l'afrikaans, et le sotho du nord). C'est la langue non officielle la plus utilisée en Israël. C'est la langue usuelle dans l'île de Saint-Martin.
À Hong-Kong c'est une langue officielle et largement utilisée dans le monde des affaires. Il est appris dès le jardin d'enfants, et est la langue d'instruction de quelques écoles primaires, de nombreuses écoles secondaires et de toutes les universités. Un nombre substantiel d'étudiants acquièrent un niveau de locuteur natif. Cette langue y est si largement utilisée qu'il est inadéquat de dire qu'elle n'est qu'une seconde langue ou une langue étrangère.
C'est une langue officielle, mais pas native au Cameroun, Fidji, Micronésie, Ghana, Gambie, Kiribati, Lesotho, Liberia, Kenya, Namibie, Nigeria, Malte, Îles Marshall, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Îles Salomon, Samoa, Sierra Leone, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.
Langues dérivées
L'anglais a donné naissance :
- à de nombreux pidgins et créoles.
- au Basic English, langue créée par C. K. Ogden and I. A. Richards en 1930. Celle-ci ne comporte plus que 850 mots : ceux qui sont indipensables à la vie quotidienne (expression de sentiments inclus) plus ceux nécessaires pour définir les autres le temps d'une conversation.
- L'anglais Européen : http://www.davytech.com/wiki/
Écriture
L'anglais utilise l'alphabet latin (avec, anciennement, des lettres comme ð ou þ ; voir plus haut). Il n'utilise des signes diacritiques que pour écrire les mots d'origine étrangère. Son orthographe découle d'un long processus historique et il n'y a souvent plus de bijection entre celle-ci et la prononciation actuelle.
Prononciation
Parmi les consonnes n'existant pas en français, on peut noter [θ] et [ð], écrits th, ou encore [ŋ], écrit n devant un g ou un k.
Exemples de mots :
Grammaire
Voir article détaillé : Grammaire anglaise
L'anglais ne comporte pas de genres pour les noms (à part de rares exceptions). Les adjectifs sont invariables.
Conjugaison
Voir article détaillé : Conjugaison anglaise
Lexique
Des mots sont entrés dans la langue anglaise au contact avec le français : ils sont pour ces raisons très proches, à l'écrit, de leur homonyme. Ces mots existent dans la langue anglaise depuis si longtemps que les anglophones ne les considèrent plus comme mots français. Par exemple : difference, introduction, village, pure.
En revanche, l'anglais a gardé des mots tels que mushroom, budget et (an) apron dont l'on ne reconnaîtrait guère l'origine française (respectivement liés à mousseron, bougette et napperon par métanalyse).
Nombre de mots
Contrairement à d'autres langues, il n'existe pas d'organisme qui recense officiellement les mots d'anglais. Comme par ailleurs l'importance actuelle de cette langue dans la recherche scientifique fait que de nombreux mots sont créés tous les jours (certains promis à une large diffusion, d'autres resteront d'usage confidentiel), il n'existe pas de liste complète. On peut simplement constater que le dictionnaire Oxford English Dictionary, un des plus complet, recense plus de 500.000 entrées, y compris des mots désuets, des mots techniques et des mots de dialectes locaux.
Origine des mots
En 1973, Thomas Finkenstaedt et Dieter Wolff, en se basant sur les 80.000 mots du Shorter Oxford Dictionary (3e édition), ont établi la répartition suivante :
- français, y compris l'ancien français et le normand (ou anglo-français) : 28,3 %
- latin, y compris les mots scientifiques et techniques récents : 28,24 %
- ancien et moyen anglais, vieux norrois et hollandais : 25 %
- grec : 5,32 %
- étymologie indéterminée : 4,03 %
- mots dérivés de noms propres : 3,28 %
- toutes les autres langues : moins de 1 %
Cependant, les problèmes de définition conduisent à des appréciations divergentes. Ainsi la linguiste française Henriette Walter affirme de son côté que [http://perso.wanadoo.fr/mondalire/Henriette_walter.htm plus des deux tiers des mots anglais sont d'origine française].
Emprunts à l'anglais
Le sens des mots peut avoir changé entre les deux langues. Certains de ces mots sont des allers-retours, car empruntés initialement au français.
avec la forme anglaise
- badge
- basket
- boss, « chef, patron »
- budget, de l'ancien français « bougette », petite bourse portée à la ceinture
- caddie, chariot tiré à bras utilisé pour transporter de menus objets
- check-up
- club
- coach (prononc. « cooutch ») et ses dérivés (coacher, le coaching)
- cool
- cowboy, qui signifie « vacher »
- fair-play
- ferry(-boat)
- fuel, de l'ancien français « fouaille », matière servant à alimenter un feu
- gag,
- gentleman, partiellement de l'ancien français « gentil », homme d'ascendance noble
- job, qui signifie « travail, activité rémunérée »
- milk-shake
- one-man show, spectacle mené par un seul artiste
- self-control, littéralement : la maîtrise de soi
- self-made man, littéralement : personne qui a fait elle-même sa réputation, sa carrière
- self-service, endroit où on se sert soi-même (distributeurs de carburant, restaurants d'entreprise, cafétéria, etc.)
- show
- skateboard
- spot
- steak
- stock-options
- toast, de l'ancien français « toster » (griller)
- week-end, qui signifie « fin de semaine »
- Nom de sports créés aux XIX et XX siècles :
En général, ces sports ont un vocabulaire spécifique lui aussi composé de mots anglais. On trouve aussi des termes transverses : un match, un set, un derby, un supporter.
: - (boxe) : ring, uppercut, swing
: - football (la « balle au pied »), goal, penalty
: - basket-ball ((la « balle au panier »)
: - rugby (du nom de la ville où ce jeu a été inventé), drop
: - hockey
: - golf, tee, club, green, put, caddie
: - (planche à voile) : wishbone
: - rallye
: - surf
: - tennis (du moyen français « tenez ! », expression utilisée pour démarrer une partie au jeu de paume)
Attention : le mot handball, bien qu'homographe parfait entre l'anglais et l'allemand, est originaire d'Allemagne. C'est pourquoi sa syllabe finale se prononce [bal] et non [bo:l].
Musique :
- country
- blues
- boogie woogie
- jazz
- rock'n'roll
- ragtime
- rhythm'n blues
- swing
- folk
francisés
- bouledogue (bulldog)
- fioul (écriture phonétique de la prononciation anglaise de fuel)
- paquebot (packet-boat)
- redingote (riding-coat, vêtement pour les sorties à cheval)
- bifteck (beef steak)
mots de racine anglo-saxonne
La langue française a créé de nombreux substantifs en ajoutant la terminaison « ing » à des mots anglais.
- camping
- forcing
- marketing
- packaging
- parking
- reporting
- shampooing
Divers
- code ISO 639-1 : en
Voir aussi
Liens internes
- linguistique
- grammaire anglaise
- verbes irréguliers en anglais
- Conjugaison anglaise
- faux-amis anglais
- vrais amis en anglais
- anglicisme
- franglais
- variations régionales de l'anglais
- linguistes anglais
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- - langues germaniques
- - langues germaniques occidentales
- - groupe anglo-frison
Liens externes
- [http://www.websters-online-dictionary.org/definition/French-english/ Dictionnaire français - anglais] Webster's Rosetta Project
- [http://www.scientificpsychic.com/verbs1fr.html Conjugueur des verbes anglais]
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/anglais.html Dictionnaire Freelang anglais téléchargeable] Dictionnaire Freelang anglais-français/français anglais de Bertrand Cornu
- [http://anglais.linguistmail.com Linguistmail.com] Outils gratuits pour apprendre l'anglais
- [http://fr.wordreference.com WordReference.com], dictionnaire en ligne anglais-français
- [http://linearb.co.uk:8080/memory/ Dictionnaire français-anglais plus exemples phrases] Linear B
Bibliographie
- L'aventure des langues en occident, Henriette Walter, Editions Robert Laffont, 1994, le chapitre concernant les langues germaniques
- Honni soit qui mal y pense, Henriette Walter, Editions Robert Laffont, 2001, sur les allers-retours de mots entre l'anglais et le français
Catégorie:Anglais
Catégorie:Langue germanique
Catégorie:Langue officielle de l'Union européenne
Catégorie:Langue véhiculaire
Anglais
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zh-min-nan:Eng-gí
Sanskrit
Le sanskrit (ou sanscrit ; nom local : saṃskr̥tam / संस्कृतम) est une langue indo-européenne, de la famille indo-iranienne, autrefois parlée dans le sous-continent indien. C'est notamment celle des textes religieux hindous et, à ce titre, elle continue d'être utilisée, à la manière du latin aux siècles passés en Occident, comme langue cultuelle, culturelle et véhiculaire (un recensement de 1981 indique qu'il y aurait encore environ 6 100 locuteurs ; en 1961, à peu près 194 400 personnes disaient l'utiliser comme langue secondaire). C'est d'ailleurs l'une des langues officielles de l'Inde. Le sanskrit est une langue hautement flexionnelle et très archaïsante, dont l'étude est fondamentale dans le cadre de la linguistique comparée.
Histoire
Le terme de sanskrit désigne plus un ensemble de langues issues d'une langue mère étendue dans le temps et l'espace qu'une langue unique. Son nom, saṃskr̥tam, qui signifie « parachevé » (voir plus bas), est assez récent ; la langue a pendant des siècles été simplement désignée par vāc ou śabda, « la parole, la langue », le sanskrit étant senti comme la seule langue possible ; quelques désignations métaphoriques, comme gīrvāṇabhāṣā, « langue des dieux », marquent bien son caractère éminemment religieux.
Le premier sens de sanskrit est celui d'« indo-aryen ancien », langue mère qui a donné naissance à une multitude de dialectes et langue sœur de l'iranien ancien (ou avestique), dont elle se sépare à peine. D'après des documents retrouvés en pays hittite et rédigés dans cette autre langue indo-européenne, comprenant quelques mots indo-aryens, il est possible de déterminer qu'une forme d'indo-aryen était parlée au . La plus vieille forme de sanskrit attestée de manière plus tangible est nommée védique : c'est la langue dans laquelle sont rédigés les Veda, dont le R̥g Veda ou « Veda des hymnes (r̥g-) », le plus ancien ensemble de textes de l'hindouisme. Il est cependant extrêmement difficile de dater le R̥g Veda lui-même, et donc les débuts de l'histoire réelle de la langue védique : les textes sacrés, en effet, étaient avant tout récités et appris par cœur (ils le sont d'ailleurs encore) et leur fixation par écrit est relativement récente. De plus, leur composition s'étale sur plusieurs siècles. Certains supposent que les plus vieux textes remontent au . Cette langue archaïque et peu normée est l'une des plus proches de l'indo-européen et s'avère précieuse pour la linguistique comparée. À titre indicatif, l'on peut indiquer les principales différences entre le sanskrit védique et le sanskrit classique (voir plus bas pour cette notion de langue classique) :
- nombreuses formes parallèles et irrégularités, que le sanskrit classique nivellera ;
- flexion nominale et pronominale plus développée ;
- plus de formes de participes et de gérondifs ;
- utilisation fréquente d'un subjonctif absent du sanskrit classique ;
- douze formes d'infinitifs, contre une en sanskrit classique ;
- présence d'un accent de hauteur ;
- règles de sandhi (voir plus bas) moins contraignantes, etc.
Une forme tardive du védique, déjà évolué (on note la disparition du subjonctif, par exemple), forme un sanskrit préclassique, utilisé aux alentours du ou du C'est ce sanskrit que Pāṇini, sans doute le premier grammairien de l'Antiquité (quoique son approche structuraliste ne puisse être que le fruit d'un héritage plus ancien), décrit phonologiquement et grammaticalement dans un ouvrage d'une précision et d'une rigueur formelle inégalée jusqu'à ce que la linguistique moderne se développe, bien plus tard. Celui-ci s'attache à décrire dans son traité, lAṣṭādhyāyī, la langue qu'il parle et souligne les formules qu'il considère propres aux hymnes védiques, sans réellement dire qu'elles sont archaïques. La langue commence à se normaliser.
Au , les premiers prâkrits (ou prākr̥ta, « [langue] ordinaire ») sont attestés, notamment grâce aux inscriptions d'Ashoka. Ces langues ainsi désignées correspondent à des dialectes moins « nobles » que le sanskrit, c'est-à-dire des langues vulgaires et vernaculaires d'usage quotidien qui, rapidement, se séparèrent les unes des autres et donnèrent naissance à la multitude de langues indo-aryennes présentes dans le sous-continent indien. Toutes issues du vieil indo-aryen des origines, elles connaissent chacune une évolution ainsi qu'un destin différents. Ce sont de tels prâkrits que proviennent, entre autres, les langues modernes comme l'hindī, la pañjābī (penjâbî), ou encore la bangālī (bengali). Ces langues sont « vulgaires » au même titre que le latin vulgaire, c'est-à-dire « parlées par le peuple » ; leur statut d'idiomes vernaculaires vivants, donc de langues considérées inférieures, explique pourquoi il a fallu attendre au moins le pour que la littérature en langues modernes supplante enfin celle en sanskrit. Outre les inscriptions d'Ashoka, de nombreuses citations en prâkrits sont aussi attestées dans des textes sanskrits, surtout dans le théâtre, où les personnages de rang inférieur s'expriment généralement en langue vernaculaire ; ces témoignages, cependant, sont d'essence littéraire, et ne peuvent être pris pour argent comptant. L'on peut établir ici une analogie avec le « patois » utilisé dans certaines pièces de Molière, comme Dom Juan, servant à représenter une parlure populaire ; ce qu'il en donne ne peut être considéré comme une attestation réelle des langues vernaculaires françaises de son époque, mais sont susceptibles, mutatis mutandis, de renseigner quelque peu sur ces idiomes ; Molière donne en effet à entendre une synthèse littéraire et artificielle de traits linguistiques probables. La littérature prâkrite est pourtant représentée de manière indépendante, mais souvent masquée par le sanskrit classique. L'un des prâkrits, le pāḷi, connaît un destin différent : devenu lui aussi langue sacrée, celle du bouddhisme theravâda, il n'évolue quasiment plus et reste employé tel quel dans la liturgie et les exégèses jusqu'à nos jours. Enfin, le canon jain, rédigé dans un prâkrit nommé ardhamāgadhī, offre de nombreux témoignages, bien qu'encore une fois littéraires, d'une des langues vulgaires réellement parlées dans l'Antiquité indienne.
C'est dans les commentaires que Patañjali fit de la grammaire de Pāṇini (dans son ouvrage nommé Mahābhāṣya), au , qu'apparaissent les premières critiques : le commentateur prouve que le sanskrit, est encore une langue vivante, mais que des formes dialectales peuvent l'émailler ; l'existence des prâkrits est donc reconnue et l'utilisation de formes vulgaires blâmée ; la notion de norme grammaticale apparaît plus fortement, et c'est à partir de ce moment que le sanskrit se figea pour devenir le sanskrit classique, enfin désigné dans les textes au moyen du vocable saṃskr̥ta (lequel n'est cependant pas utilisé par Patañjali), proprement « parachevé », « parfaitement apprêté » (se dit aussi de la nourriture). La langue, après l'ère chrétienne, n'est plus parlée de manière naturelle, elle est entièrement décrite par la grammaire et n'évolue plus. C'est une langue culturelle et religieuse, sans lien direct avec les langues vivantes, utilisée souvent comme lingua franca et comme langue littéraire (même par les peuples ne parlant pas une langue issue du vieil indien, comme les locuteurs d'idiomes dravidiens), jusqu'à ce que les langues néo-indiennes issues des prâkrits, aux alentours du , ne commencent réellement à s'imposer à l'écrit pour, au , supplanter le sanskrit dans la production littéraire. Il est notable que le tamiḻ, langue dravidienne sans rapport de filiation avec le sanskrit, fort d'une culture très ancienne lui aussi, fut en concurrence avec le sanskrit bien plus tôt, dès les premiers siècles après J.-C.
L'histoire du sanskrit peut se résumer ainsi :
# le vieil indien, ancêtre de toutes les langues indo-aryennes, est surtout représenté par le védique puis le sanskrit classique qui, se figeant, abandonne son statut de langue vivante pour devenir un idiome littéraire et immuable ;
# continuant d'évoluer, le vieil indien donne naissance à une multitude de langues - le moyen indien - nommées prâkrits, parmi lesquelles le pāḷi, qui n'évoluera plus ;
#enfin, le moyen indien évolue en néo-indien, c'est-à-dire les langues vivantes modernes, comme l'hindī ou la bangālī.
De sorte, toutes les langues néo-indiennes dérivent du sanskrit.
Sanskrit et Lituanien
Le sanskrit illustre la nature conservatrice de la langue lituanienne. Quoique les deux langues aient subies des changements considérables depuis leur lointain ancêtre commun le proto indo-européen, voici une comparaison entre le Lituanien moderne et le sanskrit pour illustrer cette affirmation :
- Lituanien: Dievas dave dantis, Dievas duos duonos.
- Sanskrit: Devas adat datas, Devas dasyati dhanas.
- traduction : les dieux nous ont donné des dents, les dieux nous donneront du pain.
Les écritures du sanskrit
Longtemps de tradition purement orale, la religion hindouiste n'a pas eu besoin de fixer ses textes. C'est tardivement que l'emploi de la brāhmī d'abord (semi-syllabaire utilisé pour les édits d'Ashoka) puis de la multitude d'écritures qui en dérivent est généralisé, pour les textes profanes puis sacrés. Chaque région de l'Inde utilise l'écriture qui lui sert pour noter sa propre langue afin d'écrire les textes sanskrits ; de sorte, le sanskrit n'a pas d'écriture attitrée et, surtout, peut être noté par différents semi-syllabaires qui doivent donc être capables de représenter certains phonèmes dont ils n'ont pas l'usage autrement. L'on peut donner un exemple de cette souplesse d'emploi des écritures indiennes avec une même phrase sanskrite notées dans plusieurs graphies : image:Phrase_sanskrite.png Que Śiva bénisse les amateurs de la langue des dieux. (Kālidāsa)
Ce sont les colons anglais qui, pendant leur suprématie, ont imposé une de ces écritures, la devanāgarī, elle aussi issue de la brāhmī. C'est maintenant en devanāgarī que l'on écrit majoritairement le sanskrit en Inde et dans les éditions occidentales.
En outre, en se transmettant par le bouddhisme, des termes sanskrits ont été adaptés en chinois puis en japonais, dont les écritures logographiques réclament la création de caractères phonétiques destinés à cet usage ou l'utilisation de caractères indépendamment de leur sens ; ainsi, le terme sanskrit bodhisattva est noté par 菩提薩埵, qui se lisait vraisemblablement bu-dej-sat-thwa en moyen chinois (de nos jours pútísàduǒ, abrégé en 菩薩 púsà, d'où vient d'ailleurs le mot français poussah, « jouet à bascule » puis « gros homme ventru et débonnaire » !). De ces caractères seuls 提 tí, « tirer », et 埵 duǒ, « terre compacte », ont un sens, qui est évincé dans le composé au profit du son, tandis que 菩 et 薩 n'ont jamais servi qu'à cette transcription et n'ont par ailleurs aucune signification.
Enfin, le X congrès des Orientalistes fixa, en 1894 à Genève, une transcription latine qui, de nos jours, est la seule utilisée dans les ouvrages didactiques occidentaux. C'est cette même transcription, qui, quelque peu augmentée, permet aussi de transcrire toutes les autres langues indiennes, qu'elles soient ou non indo-aryennes, au moyen des mêmes symboles. Cette transcription est décrite en détail dans l'article consacré à la transcription traditionnelle des langues de l'Inde.
Étude de la culture d'expression sanskrite en France
La littérature sanskrite étant une des plus riches du monde, tout à la fois par son extension dans le temps et par la variété des sujets dont elle traite, a fasciné de nombreuses personnes en dehors de l'Inde.
En France, le plus important contributeur à la connaissance de la culture d'expression sanskrite est le grand indianiste Louis Renou (1896-1966).
Un important ouvrage de référence en français, très utile pour la connaissance de cette culture, est L'Inde Classique, Manuel des études indiennes (2 vol.), qu'il a dirigé avec son collègue [http://www.efeo.fr/biographies/notices/filliozat.htm Jean Filliozat] (1906-1982).
Caractéristiques principales
Phonologie
Le sanskrit classique possède 48 phonèmes :
- voyelles, par paires brève-longue
- monophtongues : /a/-/ā/, /u/-/ū/, /i/-/ī/
- diphtongues : /e/-/ai/, /o/-/au/
- consonnes syllabiques :
- spirantes latérales /ḷ/
- roulées rétroflexes /ṛ/-/ṝ/
- consonnes
- plosives aux points d'articulations respectifs bilabial, dental, rétroflexe, palatal, alvéolaire:
- sourdes
- non aspirées /p/, /t/, /ṭ/, /c/, /k/
- aspirées : /ph/, /dh/, /ṭh/, /ch/, /gh/
- sonores
- non aspirées : /b/, /d/, /ḍ/, /j/, /g/
- aspirées : /bh/, /dh/, /ḍh/, /jh/, /gh/
- nasales : /m/, /n/, /ṇ/, /ñ/, /ṅ/
- fricatives aux points d'articulation dental, rétroflexe, palatal, glottal : /s/, /ṣ/, /ś/, /h/
- liquides aux points d'articulation labio-vélaire, dental, rétroflexe, palato-vélaire : /w/, /d/, /r/, /y/
- prolongeant la consonne précédente :
- prolongation fricative sonore /ḥ/
- prolongation nasale /ṃ/
Article détaillé : phonologie du sanskrit.
Morphologie
Le sanskrit est une langue flexionnelle.
Les verbes se conjuguent selon trois voix (active, moyenne, passive), trois modes (indicatif, optatif, impératif), quatre systèmes temporels et aspectuels :
- présent (présent, imparfait),
- futur (futur, conditionnel),
- aoriste,
- parfait
et trois personnes. Existent également des formes pour l'infinif et le gérondif, ainsi que pour différents modes de procès (fréquentatif, causatif, etc.). L'inflection utilise préfixes, suffixes et infixes, ainsi que le redoublement et l'ablaut.
Les substantifs et les pronoms connaissent trois genres (masculin, féminin, neutre), trois nombres (singulier, dual, pluriel) et huit cas (nominatif, vocatif, accusatif, instrumental, datif, ablatif, génitif, locatif). L'inflexion utilise l'affixation et l'ablaut.
La langue possède des traits agglutinants en ce qui concerne la construction de mots composés à l'instar de l'allemand.
Article détaillé : morphologie du sanskrit.
Syntaxe
L'ordre des mots en sanskrit est relativement libre avec une tendance SOV.
Article détaillé : syntaxe du sanskrit.
Exemples
À écrire.
Voir aussi
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- - langues indo-iraniennes
- - langues indo-aryennes
- langues par zone géographique
- langues de l'Inde
- accentuation védique ;
- phonologie du sanskrit ;
- règles de sandhi
- prâkrit ;
Catégorie:Langue véhiculaire
Catégorie:Langue du monde indien
Catégorie:Langue indo-aryenne
Catégorie:Langue flexionnelle
ja:サンスクリット
ko:산스크리트어
ms:Bahasa Sanskrit
th:ภาษาสันสกฤต
Croate
Le croate est une langue du groupe méridional des langues slaves, de la la famille des langues indo-européennes. Il est intercompréhensible par les locuteurs du serbe ; à partir de la fin du XIX siècle et durant la période yougoslave (1919-1990), la dénomination serbo-croate pour les deux langues était communément admise.
Distribution
Le croate est la langue nationale et officielle de la Croatie. Il est aussi l’une de trois langues officielles de Bosnie-Herzégovine. Il est également parlé par des minorités croates en Hongrie, Autriche (dans le Burgenland), Roumanie, Italie (Frioul-Vénétie julienne et Molise) et Serbie-et-Monténégro (en Voïvodine). Des communautés issues de l'émigration utilisent le croate notamment en Allemagne, en Australie et au Canada.
Structure
Le croate regroupe trois dialectes (štokavien, kajkavien et tchakavien).
- Le kajkavien (de moins en moins utilisé en ville, notamment par les jeunes) est parlé au nord du pays (dans le Hrvatsko Zagorje et dans le Medjimurje), autour de Zagreb, à Varaždin.
- Le tchakavien à l’ouest : en Istrie, à Lika, dans les îles au nord de l’île de Korčula et dans les villes dalmates (Split, Zadar, Šibenik, Makarska, etc) et leurs environs.
- Ailleurs, (en Slavonie, et dans le reste de la Dalmatie (y compris Dubrovnik) et en Herzégovine, on utilise le štokavien croate qui est lui-même divisé en deux sous-groupes (ikavien et ijékavien) selon la prononciation de la voyelle « jat » du slave commun. C'est le štokavien qui est à la base de la langue écrite (administrative, scolaire, littéraire) et des médias audio-visuels (radio, télévision).
Burgenland
Le croate du Burgenland (en croate « gradišćanski hrvatski ») est parlé dans des îlots linguistiques du « Südmähren », en Autriche, Hongrie, Slovaquie, près des frontières entre ces trois pays. Il a pour origine le tchakavien (marqué par un isolement linguistique au cours des 450 dernières années), utilise des archaïsmes et des emprunts à l'allemand.
Histoire
La langue littéraire croate est fondée sur la variante du štokavien-ijékavien, codifiée dès 1604 par le jésuite Bartol Kasic (1575-1650) dans sa Grammaire (1604) et son Dictionnaire croate-italien (1599), et employée dans sa Bible (1636) et son Rituel romain (1640). L'orthographe croate fut définitivement fixée et standardisée au milieu du , sous l’impulsion notamment de Ljudevit Gaj, figure éminente du renouveau national croate.
Depuis plus de cinq siècles, le croate s'écrit en caractères latins et utilise 30 lettres. Mais du IXe à la fin du , et pour certaines régions côtières jusqu'au début du , le croate s’écrivait en caractères glagolitiques. Les plus vieux textes glagolitiques croates conservés datent du et la plupart, parmi eux, sont gravés dans la pierre, comme celui de la stèle de Baška qui est remarquable par ses dimensions et par l'importance du texte qui, pour la première fois, mentionne la nation croate. Plus étonnant, le Texte du Sacre sur lequel les rois de France prêtaient serment à Reims était également partiellement rédigé en glagolitique croate. Aussi, les Croates étaient les seuls catholiques européens qui avaient l’autorisation de Rome de ne pas se servir du latin ni de l'alphabet latin dans la liturgie. C’était pour cela qu’ils ont imprimé le premier missel en caractères glagolitiques en 1483.
Au début des années 1970, et de nouveau dans les années 1990 (proclamation de la souverainté de la Croatie, guerres en Yougoslavie), l'apparition d'un mouvement national croate linguistiquement puriste conduisit à séparer le croate du serbo-croate, à dénoncer et rejeter les « serbismes » et les « internationalismes » et à réintroduire dans la langue de nombreux mots plus ou moins sortis de l'usage depuis des décennies et des néologismes à base slave. Il s'agissait d'une politique délibérée de marquer la différence avec le serbe, alors même que les nationalistes au pouvoir en Serbie épuraient le serbe de ses « croatismes ».
Écriture
Le croate s'écrit au moyen de l'alphabet latin augmenté de diacritiques.
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- - groupe balto-slave
- - langues slaves
- - langues slaves méridionales
- - serbo-croate
Liens externes
- [http://skeravec.chez.tiscali.fr/ des cours de croate]
- http://www.amb-croatie.fr/croatie/langue.htm , [http://www.amb-croatie.fr/croatie/dictionnaire.htm petit lexique franco-croate]
Catégorie:Croatie
Catégorie:Langue slave
ko:크로아티아어
E caducLe caduc (ou muet, instable voire, dans des ouvrages anciens, féminin ou encore sombre) français est une voyelle virtuelle en ce sens qu'elle peut ou non se manifester dans un mot, selon son environnement (cas de sandhi), selon l'« accent » du locuteur, le registre de langue adopté, entre autres.
Note : les transcriptions entre barres obliques suivent, de manière très lâche, les conventions de l'alphabet phonétique international. En effet, elles sont phonétiques et ne représentent que les oppositions fondamentales.
Dénominations
La multitude de noms que porte ce son en français s'explique par son fonctionnement unique dans le système phonologique de la langue : toutes les autres voyelles, normalement, sont clairement prononcées et ne sont pas susceptibles d'être rendues muettes (sauf rares cas ou dans la conversation familière et rapide). De tous ces termes, « e muet » n'est pas correct en ce qu'il laisse croire que la voyelle est normalement muette ; « instable » ou « caduc » sont plus appropriés : ils décrivent le comportement de la voyelle.
Quant à un terme comme « féminin », il renvoie à des conceptions d'un autre temps. Par exemple, Étienne Dolet, dans sa
Maniere de bien traduire d'une langue en aultre : d'aduantage de la punctuation de la langue Francoyse, plus des accents d'ycelle (1540), expliquant l'utilisation alors naissante de l'accent aigu servant à distinguer le e caduc du e tonique /e/, dit en ces termes (on a modernisé l'orthographe, la syntaxe et les conventions typographiques) :
:« La lettre appelée e a deux sons et une double prononciation en français. La première est dite masculine et l'autre féminine. La masculine est nommée ainsi parce que é masculin a le son plus viril, plus robuste et sonnant plus fort […]. L'autre prononciation de cette lettre e est féminine, c'est-à-dire de peu de son et sans véhémence ».
On trouve chez Thomas Sébillet, dans lArt pöétique François pour l'instruction dés ieunes studieus, & et encor peu avancéz en la Pöésie Françoise (1548), parmi d'autres remarques (texte modernisé et explicité) :
:« Prononçant aimée /ɛmeə/ […], tu sens bien le son plein du premier é, masculin, dans la syllabe -mé- et le son mou et plat du second e, féminin, dans la dernière syllabe, -e. Ce e (féminin, dis-je, dont je vais te décrire les phases lunaires et les éclipses féminines) tombant à la fin du vers […] le rend plus long d'une syllabe qui n'est pas pour autant prise en compte – pas plus que ne le sont les femmes en guerre et dans d'autres affaires importantes – à cause de la mollesse de cet e féminin. »
Prononciation
Le e caduc standard n'est pas la voyelle centrale neutre dite schwa de l'API. En effet, issu du schwa, ce phonème s'est labialisé au cours du siècle pour arriver à [ə̹] qui, de nos jours, est peu distinct de [œ] de peur. Du reste, quand il est tonique (en cas d'ancienne enclise), il se prononce bel et bien ainsi (« donne-le » = /dɔn'lə/ = [dɔn'lœ]).
Les régions où la langue d'oc était anciennement parlé (l'Occitanie) prononcent plus fortement le e caduc que celles du Nord. Cela provient de la conservation de l'accent tonique dans ces régions. Ainsi, le Nord de la France prononcera le mot poëlle [ pwal ] (ce faisant, il n'y aura aucune manière de le distinguer à l'oral du mot poil (hormis le contexte, bien sûr). Au contraire, les Occitans prononceront [ poile ]. Voir à ce sujet [http://occitanet.free.fr/tolosan/tolosan.htm dialecte de Toulouse].
Histoire
Étymologiquement, les e caducs proviennent le plus souvent d'une ancienne voyelle atone latine affaiblie par apophonie. Dans l'écriture, le e caduc est signalé par une lettre e dans une syllabe ouverte (c'est-à-dire qu'il termine cette syllabe), sans aucun diacritique autre qu'un éventuel tréma. Sa place la plus fréquente est en fin de mot.
En ancien puis moyen français, tous les e caducs étaient prononcés, comme un véritable schwa central et neutre sauf en cas d'élision dans les monosyllabes comme je, le ou se, pratiquée depuis l'ancien français.
À partir du siècle, le phonème s'amuït devant une autre voyelle, au sein d'un mot (veu, lu /vəy/ en deux syllabes passe à /vy/, parfois écrit veü par certains éditeurs) ou à la jonction de mots (par élision non écrite : Pétrarque a dit prononcé /petrarkadi/, belle âme /bɛlɑmə/). On trouve cependant encore en poésie au siècle un vers comme « La vie m'est et trop molle et trop dure » (Louise Labé, Sonnets, sonnet VIII) dans lequel vie doit être prononcé /viə/ en deux syllabes. C'est cependant un archaïsme propre à la versification française (dans laquelle la prononciation des e caducs suit d'autres règles que dans la langue courante).
À partir du siècle, il s'amuït en fin de mot (ce qui permet la réapparition de consonnes finales non muettes dans la langue, alors très rares : de passe /'pasə/ au on arrive à /pas/) et dans d'autres positions, où il est parfois protégé par une orthographe articielle postérieure : ainsi, le mot desir est prononcé par Clément Marot, au siècle, /dəzir/ (ce que révèlent l'orthographe de Thomas Sébillet et la scansion du vers dont est tirée la citation), au siècle /dzir/ par Gille Vaudelin (qui s'est servi d'un alphabet phonétique pour écrire certains de ses textes) mais l'orthographe désir, qui date de la fin du siècle, a changé la valeur du e dans le mot : /dezir/.
Réalisation du /ə/ dans un énoncé
Le e caduc se prononce ou non selon un nombre de paramètres variables qui peuvent s'ajouter les uns aux autres. Il faut noter que sa présence dans un mot n'a qu'un rendement phonologique très minime : en effet, très peu de mots s'opposent par sa réalisation effective (on ne trouve comme paires minimale que des exemples comme le hêtre ~ l'être, et encore, dans ce cas, c'est surtout la présence du h aspiré disjonctif qui joue le rôle différenciateur principal).
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