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Temps

Temps

Catégorie:Astronomie Catégorie:Philosophie
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Le temps est un concept qui a été développé pour représenter la variation du monde. Ce concept utilise un des mécanismes utile au raisonnement qui est la mise en mémoire de symboles représentant les états antérieurs de notre perception. La notion de temps est indissociable de la notion de mouvement :
- tout le monde perçoit l'idée que si on arrêtait le temps, « plus rien ne bougerait ! » même pas notre pensée;
- le temps s'arrête quand le mouvement s'arrête, le temps s'arrête quand la variation s'arrête : il s'écoule inexorablement d'un état à un autre, du passé vers le futur et ce qui existe est dans l'instant présent : certains parlent de la flèche du temps ;
- le temps s'écoule de façon irrégulière du passé vers le futur ; une capacité électrique se chargera de A vers B, puis se déchargera de B vers A, en empruntant un autre chemin, puis se chargera de A vers B, ainsi si le futur de A est B, le futur de B est A.
- la relativité d'Einstein a cependant rendu la mesure du temps relative au référentiel. L'Homme constate que le monde évolue, change, se transforme. Outre la notion d'« objet », il y a donc la notion d'« événement » (transformation de l'objet). Ces constatations amènent aux notions de :
- simultanéité : deux événements ont lieu « en même temps », si les objets se transformant sont distants, on ne peut assister à la transformation que de l'un d'entre eux ;
- succession, antériorité et postériorité : si deux événements ne sont pas simultanés, l'un a lieu après l'autre. Ces notions font appel à la mémoire : le classement des événements dans un ordre de succession ne peut se faire que si l'on se souvient de ces événements. La mémoire elle-même provient du fait que certains événements se répètent, ce qui permet l'apprentissage. Cet aspect met en avant les deux aspects du temps :
- l'aspect cyclique: cycle des jours, des saisons, de la vie...
- l'aspect linéaire: évolution, transformation irréversible, passage de la naissance à la mort. L'aspect cyclique de certains événements a permis d'avoir une référence de durée (calendrier, horloge), et donc de quantifier le temps : lui associer un nombre et une unité.

Problème du temps

Le temps est peut-être une des questions fondamentales de la métaphysique, il est à la limite entre physique et métaphysique. Qu'est-ce que le temps ? Bien que l'intuition du temps qui passe soit universelle, définir le temps semble au-delà de nos capacités. Cela inspira une célèbre boutade à Saint Augustin dans ses Confessions : :« Si personne ne me le demande, je le sais. Si je veux l'expliquer, je ne le sais plus »
- Quelques philosophies considéraient depuis les Grecs le temps comme un absolu, indépendant de l'espace ; d'autres non.
- La théologie catholique estimait avec Thomas d'Aquin que le temps était une création de Dieu au même titre que l'espace, et le situait dans une dimension nommée aevum, elle-même distincte de l'éternité qui la contenait. La création conjointe de l'espace et du temps est une des affirmations de la somme théologique, ce qui incitera par la suite quelques physiciens qui n'admettent pas au début l'idée de big bang (comme Fred Hoyle qui en avait créé le nom par dérision) à s'en méfier, y voyant juste une résurgence religieuse. Remarquons toutefois que Thomas d'Aquin considère lui aussi le temps comme un absolu : Dieu lui-même ne peut pas faire que ce qui a été n'ait pas été. Il est en son pouvoir certes de rendre sa virginité à une femme déflorée, mais il ne peut en aucun cas changer le passé et faire que cette femme n'ait pas été déflorée. Il ne le considère pas comme une soumission de Dieu lui-même au temps, mais au contraire comme une manifestation de cohérence implicite à la nature même de Dieu, qui ne saurait s'autocontredire.
- Isaac Newton considère le temps comme un absolu.
- Kant considère temps et espace comme des catégories pré-conceptuelles de la sensibilité, et donc comme des formes de l'expérience nécessaires et universelles (a priori).
- Einstein revisitera le concept même de temps : contrairement aux idées communément admises, d'une part il n'existe pas de temps absolu dans l'univers, et d'autre part le temps est étroitement imbriqué à l'espace, comme l'avait suggéré avant lui (mais mathématiquement et non au sens physique) son professeur Minkowski. Les notions de simultanéité et de succession sont relatives, elles dépendent de l'observateur.
- La mécanique quantique suggère que la notion de temps perd sa signification commune aux échelles qu'elle traite. Une expérience imaginée par Marlan Scully et utilisant les résultats de celle d'Alain Aspect exigerait en effet que dans certains cas spécifiques une observation modifie un état antérieur d'un système, faute de quoi des relations de conservation ne seraient plus respectées. Cela remettrait alors en cause une partie de la notion de causalité. Le physicien John Wheeler considère d'emblée ce résultat comme acquis dans le cadre de l'hypothèse émise en 1957 par son élève Hugh Everett, mais sa position ne fait pas l'unanimité chez les physiciens.
- Dans le langage courant, on peut voir le temps comme une dimension conventionnelle à l'aide de laquelle nous structurons le monde. Les concepts utilisés dans la mesure du temps sont issus de l'inné. Comme nous comptons nos moutons, nos enfants, nous mesurons le temps. De l'application, il apparaît un nouveau concept qui mesure le temps d'une manière proportionnelle exponentielle en rapport avec le sujet étudié. Ce nouveau concept est décrit sur le site hypothèse sur le temps [http://www.letime.net]. En application à la perception, ce concept donne que pour l'enfant d'un jour, le jour serait sa vie, le mois beaucoup, et l'année l'infini ; pour l'adulte de soixante douze ans, l'année serait 1/72, le mois 1/864, et le jour l'instant. En d'autres mots cinq minutes de rire pour adulte durent une éternité pour un enfant. En d'autres termes, le temps est un phénomène qui apparait à l'aide de la mise en mémoire des anciennes formes lors d'une variation. Sans variation pas de temps, cette approche contredit la notion de temps continue, perpétuelle, pour avancer une perception discontinue et irrégulière. En d'autres mots encore, chaque variation possède son propre temps donc celui-ci est discontinue, de plus la variation, donc le temps, varie de manière différente selon le début ou la fin de la variation par rapport au temps repère de la rotation de notre planète.

Temps subjectif et temps physique

La philosophie distingue deux dimensions dans la notion de temps. La dimension objective est étudiée par la science physique et est appelée en philosophie « temps ». La dimension subjective, étudiée par la philosophie, est appelée « durée ». Cette distinction simple n'est pas tout à fait correcte : la physique utilise également le terme de durée et la philosophie celui de temps...
- Le temps objectif est défini par rapport à une horloge. Son unité légale dans le système international est la seconde (et ses multiples).
- En temps subjectif les secondes peuvent paraître des heures et les heures peuvent paraître des secondes. Exemples:
- Un enfant joue à son jeu préféré et au bout d'une heure, il doit s'arrêter : il s'exclame « Déjà ? », même si pour un scientifique le temps écoulé est exactement 3600 secondes. Mais pour l'enfant la durée écoulée est de toute façon trop courte.
- Un lycéen en cours, s'ennuie et regarde régulièrement sa montre avec l'espoir qu'il s'est écoulé une dizaine de minutes. Et il constate avec horreur qu'il ne s'en est objectivement écoulé qu'une seule. La durée (l'impression subjective de temps) dépend donc des émotions ressenties par la personne qui l'évalue. Autrement dit, l'horloge subjective bat la mesure en raison inverse de la concentration du sujet. Pour le sujet très pris par son activité (par exemple quand il s'amuse), l'horloge bat très lentement, il ne s'écoule que quelques battements et le sujet « ne voit pas le temps passer ». Inversement, quand on s'ennuie ou qu'une situation est dramatique (accident de voiture, par exemple) les phénomènes semblent se ralentir (l'attention cherche un appui), les battements s'accélèrent et on « trouve le temps long ». Il semble donc qu' il y ait deux sortes de temps distincts : d' une part le temps physique, celui des horloges qui s' écoule en dehors de nous de manière uniforme, et d' autre part le temps psychologique, qui s' écoule en nous de manière plus fluctuante. Pour suspendre le temps, disait le célèbre physicien Schrödinger : « aimez une fille de tout votre coeur et embrassez-la sur la bouche, alors le temps s' arrêtera et l' espace cessera d' exister » Avant Einstein, on pensait généralement que le temps objectif était fixe, toujours le même, tandis que le temps subjectif était variable, dépendant de l'état d'esprit de la personne qui l'observe. Les travaux d'Einstein sur la relativité ont pour conséquence que le temps objectif est variable (local). La mesure du temps est différente d'un référentiel à un autre quand leur vitesse respective est différente l'une par rapport à l'autre. Pour cette raison, on ne peut jamais parler de simultanéité objective universelle, absolue, mais on peut parler de simultanéité "objective" locale. Autre distinguos s'appliquant au temps :
- temps linéaire de la tradition chrétienne, avec une création et une fin (apocalypse, jugement dernier), et temps cyclique de la tradition indo-européenne (éternel retour, cercles concentriques Nietzsche) ;
- temps continu, et discret : le temps comme séquence ordonnée d'événements, une notion faible de la synchronie étant l'observation des mêmes événements significatifs dans le même ordre ;
- temps irréversible, et voyages dans le temps ; l'irréversibilité qui caractérise le temps est un phénomène qui ne concerne qu'une partie des lois de la physique, et qui est liée au concept d'entropie, et jusqu'à récemment étudié plus ou moins exclusivement sous l'angle de phénomènes dissipatifs -- mais en biologie, l'irréversibilité du temps est liée à l'évolution, et à une génération d'ordre (peut-être seulement localisée, pour satisfaire le second principe de la thermodynamique). L'expérience de Marlan Scully jette un doute sur la non-réversibilité du temps à l'échelle quantique.

Le temps en physique

Pour les théories physiques, le temps est une grandeur essentielle, qui intervient dans les équations. Il se mesure en secondes, une unité de base du système international. Dans les Temps Modernes, le format hexadécimal du temps a été proposé.
D'abord par l'ingénieur américain John W. Nystrom [http://www.oughtred.org/patents.shtml] en 1863, puis en 1997 par l'Américain Mark Vincent Rogers [http://www.intuitor.com/hex/hexclock.html]. Voir l'article détaillé Le temps en physique.

La mesure du temps

Depuis 1967, la seconde est définie à partir d'un phénomène physique : :le temps nécessaire à un rayon lumineux bien défini pour effectuer 9 192 631 770 oscillations. Ce rayon lumineux servant à définir la seconde est celui dont la fréquence provoque une excitation bien déterminée d'un atome de césium-133 (transition entre les deux niveaux hyperfins de l'état de base de cet atome). Ceci signifie que en 1 seconde, il y a 9 192 631 770 périodes de ce « pendule » atomique ou horloge atomique dont la fréquence d'horloge est proche des 10 gigahertz. Ainsi pour mesurer 1 seconde il suffit de savoir produire cette émission et d'en mesurer la fréquence. Notons que cette émission pourrait, par sa longueur d'onde (3,261 226 cm), donner une unité de longueur puisqu'il faut 30,663 3 = (9 192 631 770 / 299 792 458) périodes spatiales pour faire un mètre. Ceci souligne le fait qu'en l'état actuel des connaissances, la vitesse de la lumière dans le vide est constante et indépendante du référentiel, et constitue de fait l'étalon « naturel » dont sont dérivés l'étalon-temps et l'étalon-longueur. En fait, selon les connaissances actuelles de la mécanique quantique, les rayons lumineux absorbables par un type d'atome ont toujours la même fréquence, pour une excitation (transition) donnée. Et selon les connaissances actuelles de la relativité générale, cette mesure sera toujours la même pour un observateur immobile par rapport aux atomes en question. Avant la décision de la Conférence Générale des Poids et Mesures de 1967 de définir l'unité de temps en fonction d'un phénomène atomique, le temps a longtemps été défini en fonction de phénomènes d'origine astronomique. La seconde est issue historiquement du jour (période de révolution de la terre sur elle même), qui est subdivisé en heures, minutes et secondes. Le coefficient 9 192 631 770 de la définition ci-dessus vise à donner à la seconde sa valeur historique. Mais en fait, la science moderne a montré que les phénomènes astronomiques tels que la durée de rotation de la terre sur elle même, ou la révolution de la terre autour du soleil, n'ont pas une durée constante, et ne sont donc pas un bon support pour définir une unité de temps. Par exemple, la rotation de la terre sur elle-même ralentit (très lentement), en particulier à cause des effets de marée de la lune. De même, l'orbite de la terre autour du soleil se modifie avec le temps, car le soleil a tendance à perdre de la masse au fur et à mesure que les réactions nucléaires qui ont lieu en son centre produisent de l'énergie. La réalisation de la première horloge atomique en 1947 a permis d'adopter par la suite la définition de la seconde que nous connaissons, et qui est plus rigoureuse, d'un point de vue scientifique, que la définition historique basée sur des phénomènes astronomiques. La plupart des horloges modernes, (montres, ordinateurs, etc.), utilisent des cristaux de quartz ayant une fréquence d'oscillation stable pour définir leur base de temps, elles vont de quelques kilohertz à plusieurs gigahertz. Notons que les temps définissant les durées nécessaires à réaliser une tâche dans une usine sont généralement mesurés en centième d'heure (ch) ou décimilliheure (dmh). Ces besoins divers expliquent les options des chronomètres modernes.

Temps et espace

Depuis le début du , et la publication de la théorie de la relativité restreinte, il est admis que le temps et l'espace sont liés. La théorie de la relativité générale montre que l'espace-temps est déformé par la présence de matière, et cela se manifeste par la force que nous appelons la gravité. Selon Albert Einstein, temps, espace et matière ne peuvent exister l'un sans l'autre. Cette théorie, qui lie espace, matière et temps fait dans certains cas des prédictions différentes de celles de la mécanique classique, ou temps et espace sont séparés. L'observation de tels phénomènes à montré que cette théorie était plus proche de la réalité que la mécanique classique. Par exemple, la relativité générale, et uniquement elle, prédit l'existence de 'lentilles cosmiques', dues au fait qu'une étoile massive dévie la lumière qui passe à proximité. De tels phénomènes ont effectivement été observés. Le lien entre espace et temps a aussi pour conséquence que la notion de simultanéité (le fait que deux évènements se passent en même temps), n'est pas une notion absolue, mais dépend de l'observateur. Ce phénomène ne fait pas partie du sens commun car il ne se produit pas dans notre vie quotidienne, et n'est visible que si les observateurs se déplacent l'un par rapport à l'autre à des vitesses relativement élevées par rapport à la vitesse de la lumière.

Le temps relatif

Les équations des théories physiques considèrent le temps comme relatif. Les équations de la physiques sont symétriques par rapport à une translation dans le temps. Le théorème de Noether, établi en 1918, montre que cette propriété implique l'existence d'une quantité, l'énergie, qui se conserve quelles que soient les interactions entre objets. Le fait que les équations de la physique ne soient pas modifiées par une translation dans le temps ne signifie pas pour autant que le temps est infini. En fait, de nombreuses observations, interprétées dans le cadre de la théorie de la relativité générale ont permis d'établir la théorie du Big Bang, selon laquelle l'univers aurait eu un début, où seraient apparus le temps, l'espace et la matière. Selon les connaissances actuelles, le temps aurait commencé il y a environ 13,7 milliards d'années. Le fait que le temps ait eu un début, et que la question « qu'y avait-il avant le début du temps ? » n'ait pas de sens est extrêmement difficile à se représenter. Parmi les observations qui ont permis de confirmer la théorie du Big Bang (dans le sens où cette théorie leur donne une explication cohérente), figurent le décalage vers le rouge du spectre lumineux émis par les étoiles lointaines, ainsi que l'existence d'un rayonnement cosmique provenant de toutes les directions de l'univers, correspondant à un rayonnement du corps noir de température 2,73 kelvin. Ce dernier phénomène avait été prédit par la théorie du Big Bang dans les années 1940 (avec une légère erreur sur la température), alors qu'il n'a été observé pour la première fois qu'en 1964.

La flèche du temps

Les équations de la physique sont en générale symétriques par rapport à une inversion temps. C'est le cas de toutes les équations qui décrivent les phénomènes à une échelle microscopique. Ainsi, si on passe l'enregistrement d'une interaction physique se produisant à échelle microscopique, il est impossible de dire si l'enregistrement est passé à l'endroit ou à l'envers. Pourtant, à l'échelle macroscopique, certains phénomènes ne peuvent évidemment pas se passer à l'envers (par exemple, un œuf qui tombe par terre et qui se casse). Un autre exemple est la transmission d'énergie thermique entre corps, qui se fait toujours du corps le plus chaud vers le corps le plus froid, et jamais l'inverse. Le second principe de la thermodynamique, dont l'objet est l'évolution de l'entropie au cours des échanges de chaleur, postule que l'entropie d'un système isolé ne peut qu'augmenter, et donne donc une loi physique non symétrique par rapport au temps. Ludwig Boltzmann a tenté d'expliquer comment des phénomènes réversibles par rapport au temps à échelle microscopique peuvent conduire à une flèche du temps évidente à échelle macroscopique. Pour cela, il a développé la physique statistique, où les probabilités jouent un rôle très important. Il est à noter qu'une exception à la symétrie par rapport au temps des particules élémentaires a été observée sur le Kaon neutre ([http://cplear.web.cern.ch/cplear/Welcome.html site de l'expérience]). Cette asymétrie à trait à la fréquence de transformation du Kaon neutre en son antiparticule. Ce phénomène pourrait expliquer pourquoi, lors de la formation de l'univers, la matière l'aurait emporté sur l'anti-matière. En quelque sorte, sans cette asymétrie, il se pourrait que l'univers actuel ne soit rempli que de photons, résultat de la réaction de la matière initiale avec l'anti-matière initiale.

Le temps en philosophie

"Ephémère" est le mot qu'utilisaient les Grecs pour parler de la condition des hommes. Les hommes apparaissent pour disparaître, « comme des ombres ou des fumées » écrit Jean-Pierre Vernant. Ils manquent de consistance, d'être. Etymologiquement, en effet, est éphémère ce qui ne dure qu'un jour. Il faut comprendre que rapportée à l'infinité du temps toute durée est assimilable à un néant. Ainsi, contrairement à l'Eternité, la permanence n'est pas hors du temps. Est permanent au sens le plus fort du terme ce qui durera toujours, voire ce qui a également toujours existé. A première vue, la permanence se confond donc avec le temps lui-même. « La permanence exprime en général le temps, comme le corrélatif constant de toute existence des phénomènes, de tout changement et de toute simultanéité. En effet, le changement concerne non pas le temps lui-même, mais seulement les phénomènes dans le temps » écrit Kant. En un sens plus faible du mot, est permanent ce que nous avons "toujours" vu et que nous verrons peut-être "toujours". « Où étais-tu quand je fondais la terre? » répond l'Eternel à Job. La permanence est ainsi l'attribut premier de ce que nous pouvons habiter, de tout ce qui nous permet d'organiser notre existence et de lui donner sens. C'est ce que nous appelons le monde. Il s'agit non seulement d'un cadre physique ou institutionnel, mais aussi de la continuité d'une civilisation ou encore de valeurs et de représentations qui nous semblent aller de soi. Comme le remarque Hannah Arendt, la distinction que fait Aristote entre la fabrication et l'action doit être rattachée à la fugacité de l'existence humaine. La chose fabriquée est bien le produit d'une activité humaine, mais elle lui survit, elle s'intègre dès qu'elle est fabriquée à ce monde que nous habitons. En revanche, l'action, aussi admirable soit-elle, est éminemment passagère. Seulement, il en va au fond de même pour la vie toute entière. A lire Epicure, il n'y a cependant pas de contradiction entre le caractère fugace de notre existence et le bonheur. Lorsque notre vie s'achève, nous avons le privilège de la reprendre comme un tout. Peu importe s'il ne restera rien de nous après notre mort: nous n'en souffrirons pas plus que de ne pas avoir été avant de naître. Le vieillard doit savoir jouir du récit de sa propre vie, lorsqu'elle a été réussie. « Ce n'est pas le jeune homme qui doit être considéré comme parfaitement heureux, mais le vieillard qui a vécu une belle vie. Car le premier est encore souvent exposé aux vicissitudes de la fortune, tandis que le dernier se trouve dans la vieillesse comme dans un port où il a pu mettre à l'abri ses biens. » Rattacher étroitement l'existence humaine au récit nous aide à ne pas confondre la durée avec le néant, ni avec l'instant. La durée est la condition du déploiement d'une histoire. Elle suppose l'écoulement du temps, et cet écoulement lui-même demeure, tandis que l'on ne peut pas se représenter l'instant pur, infiniment bref, sinon en en faisant une sorte de cliché photographique immobile, hors du temps: de l'éternité, en quelque sorte! Pourtant, note Henry Dilberman, la mort est davantage qu'une simple limitation. La limite spatiale n'abolit pas l'espace qu'elle enferme. En revanche, ma vie passée n'existe encore que si je me la rappelle. La mort est précisément l'oubli, et donc l'anéantissement de ce que je fus. Vladimir Jankélévitch rappelle cependant que nous avons tous ce viatique mélancolique pour l'éternité: à défaut d'être toujours, rien ne fera que nous n'ayons pas été. L'avoir été est une forme spectrale de l'être que nous avons été. En faire un être, c'est confondre l'espace et le temps. En effet où serait cet être que nous ne sommes déjà plus? Nulle part, sinon dans le temps. Si Epicure ne se souciait guère de ne bientôt plus être, son cas est exceptionnel, écrit Arendt. Les Grecs ont cherché à immortaliser leurs actions par la gloire, dont la condition était une vie brève, mais héroïque. Ils étaient hantés, rappelle Arendt; par le dicton qui voulait que nul ne passe pour heureux avant d'être mort: en effet rien ne nous garantit que nous ne finirons pas notre vie de façon ignominieuse. Seuls ceux qui nous survivront pourront dire si notre vie a été ou non réussie, car eux seuls pourront la considérer comme un tout, la raconter et en tirer la leçon. La création artistique peut être assimilée à la synthèse de la fabrication et de l'action, c'est-à-dire, dans le vocabulaire de Wilhelm von Humboldt, de l'énergie créatrice (energeia en grec) et du produit (ergon). Apprécier une œuvre d'art, c'est à la fois la considérer comme une réalité distincte de l'artiste, possédant l'ambiguïté des choses, et y retrouver la puissance vivante de l'imagination, des sentiments, d'une vision du monde. L'œuvre confère la permanence de la chose à la fugacité de l'inspiration et du geste de l'artiste. Cette tension entre Apollon et Dionysos se retrouve dans la rivalité du classicisme et du romantisme, ou encore du formalisme et de l'expressionnisme. Dans un clin d'œil à Bichat, Malraux définissait la culture toute entière comme l'ensemble des formes qui résistent à la mort. A vrai dire, remarque Sartre, si l'œuvre d'art survit en effet à l'artiste, on ne saurait la confondre avec une chose, c'est-à-dire une réalité qui demeure indépendamment de l'imagination humaine. C'est parce que nous contemplons un tableau qu'il est davantage que des pigments étalés sur une toile. Ajoutons que certaines cultures ne voient dans la création que l'aspect dynamique, l'acte pur ou l'inspiration, et ne se soucient absolument pas de pérenniser le dessin ou la peinture. En Inde, toute vie est transition, tout est pris dans un cycle perpétuel de création et de destruction. L'art ne saurait faire exception. Il est vrai qu'il s'agit surtout de communier, par l'intermédiaire d'un objet, avec l'esprit de quelque divinité. En dehors de cet instant sacré, l'œuvre n'est plus qu'un réceptacle déserté. Elle aura surtout servi à relier l'âme de l'artiste à la divinité, à la manière d'une prière. Benedetto Croce soulignait cependant qu'il n'y a art à proprement parler que si la création se continue dans la contemplation. Contempler, ce n'est pas coïncider avec les affects de l'artiste. L'art n'est pas de l'ordre du sentiment immédiat, ce qui ne signifie pas qu'il soit un jeu frivole et froid. L'art objective les sentiments. La colère s'évanouit en se répandant. Mais l'artiste la donne à voir, donne à voir les passions, les élans du cœur, métamorphosés dans la forme ou le rythme. Il les met au passé en quelque sorte. Alain écrit à propos de la musique qu'elle n'est ni gaie ni triste. « On appelle quelquefois mélancolie, faute d'un meilleur mot, cet état où l'on contemple ses propres malheurs, et tous les malheurs, comme des objets qui passent et déjà lointains; la musique figure merveilleusement ce souvenir et cet oubli ensemble. » Ainsi, la contemplation esthétique ne consiste pas seulement à apprécier une forme soustraite au temps. Elle nous libère de l'urgence de l'instant, elle nous permet de contempler la condition humaine de loin, ou de plus loin. C'était aussi la raison d'être de la tragédie: contempler les malheurs de l'homme du point de vue du destin. (voir l'article sur la vérité.)

Musique

Le temps est le paramètre principal de la musique, un des rares arts à s'inscrire dans une évolution temporelle. La différenciation entre temps subjectif et temps objectif y joue un rôle primordial, puisque l'émotion procurée se mesure à l'aune d'un temps subjectif, non quantifiable, et qui fait l'objet de plusieurs recherches en psychologie. Plusieurs compositeurs contemporains, comme Arvo Pärt, Pierre Boulez, José Manuel Lopez Lopez et bien d'autres, ont recherché des formes d'écriture, des procédés musicaux pour suspendre ce temps subjectif, pour inscrire le temps vécu dans une dimension contrôlée.
- Dans le solfège, le temps est une subdivision de la mesure et suggère la dynamique à apporter à l'interprétation (temps fort - temps faible).

Humour


- « Le temps est le moyen qu'a trouvé la Nature pour que tout ne se passe pas au même moment. » (John Wheeler, physicien)
- « Le temps n'est pas moins pollué que l'espace : je viens de passer un sale quart d'heure. » (Roland Topor)

Voir aussi


- Histoire de la mesure du temps
- Chronobiologie
- Kant : temps préconceptuel
- Saussure : synchronie et diachronie
- Hawking : une brève histoire du temps
- Feynman : la nature des lois physiques (The Character of Physical Law)
- Prigogine et Stengers : la Nouvelle Alliance
- Ordre de grandeur (temps)
- Temps décimal
- La synchronicité, chez Jung (psychologue) et Fermi (Physicien) Existence | Philosophie | Espace | Relativité | Temps universel coordonné | Le temps en physique

Liens externes


- [http://members.aol.com/lagardesse Histoire de la mesure du temps]
- [http://www.bipm.fr/fr/si/si_brochure/chapter2/2-1/2-1-1/second.html BIPM] La définition de la seconde.
- [http://www.florencetime.net/ Florencetime.net] Le temps en hexadécimal.
- Horloges en ligne
  - [http://www.horlogeparlante.com/ Horloge Parlante]
  - [http://www.bipm.org/fr/practical_info/time_server.html Heure UTC] du BIPM
  - [http://www.timeticker.com/ TimeTicker] Horloge en ligne avec outil de synchronisation de l'heure de l'ordinateur (par ActiveX donc pour Internet Explorer uniquement)
- [http://f.noiraux.free.fr/ Sunclock designed by Franck NOIRAUX] Le temps solaire réel.
- [http://www.centrebouddhisteparis.org/Sangharakshita/Les_limites_de_l_espace_et_le_/les_limites_de_l_espace_et_le_.html Kant et les limites de l'espace et du temps] ja:時間 ko:시간 simple:Time

Catégorie:Astronomie

L'astronomie est la science de l'étude des astres. Catégorie:Sciences de l'Univers ja:Category:天文学 ko:분류:천문학 ms:Category:Astronomi simple:Category:Astronomy th:Category:ดาราศาสตร์ zh-min-nan:Category:Thian-bûn-ha̍k

Catégorie:Temps

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- Temps ja:Category:時間 ko:분류:시간 simple:Category:Time

Homme

Cet article porte sur l'homme en tant que mâle de l'espèce humaine. Pour les autres significations du mot, voir la page d'homonymie Homme (homonymie). Homme (homonymie) Homme (homonymie) Un homme est un individu adulte de sexe masculin de l'espèce humaine, par différence à la femme (individu adulte de sexe féminin) et à l'enfant (jeune individu). de l'homme sont les androgènes parmi lesquels la testostérone pour la reproduction des spermatozoïdes en vue de la fécondation (procréation des êtres humains). Les appareils génitaux diffèrent notablement, comme pour les autres espèces vivantes. Des différences sexuelles secondaires apparaissent après la puberté, comme les poils (en nombre causé par les androgènes) et l'accroissement de l'organe reproducteur.

Voir aussi


- femme
- enfant
- virilité | comparaison biologique entre la femme et l'homme
- transsexualité
- hominisme

Liens externes


- [http://www.infovisual.info/03/005_fr.html Schéma détaillé de la morphologie d'un homme]
- [http://www.biblioconcept.com/citations/homme.htm Quelques citations sur l'homme] catégorie:anthropologie catégorie:organisation sociale catégorie:anatomie ja:男性

Cycle

Généralités

Du latin cyclus : cercle. Suite de phénomènes se renouvellant.

Temps

Le cycle des saisons (Hiver, Printemps, Été, Automne) ponctue les années de façon imperturbable.

Automates cellulaires

On démontre aisément qu'un automate cellulaire évoluant sur un espace fini (voir Jeu de la vie) ne peut déboucher que sur un état fixe ou sur un cycle. La détection de cycles peut s'effectuer par des algorithmes tels que ceux du slow-fast. En revanche, rien ne garantit que toutes les configurations qui ont été connues par l'automate feront partie de ce cycle final. Il peut au contraire sé résumer à deux états seulements, par exemple, après un parcours de plusieurs centaines d'état.

Théorie des graphes

Chaîne dont les deux sommets extrémités sont identiques, voir Cycle (graphe).

Mécanique

On parle de moteur à cycle deux temps ou quatre temps pour définir un moteur à explosion

Chimie

Un cycle est une représentation imagée d'une chaine carbonique qui serait reliée à ses extrémités. Il existe deux types de cycles : les cycles homogènes et hétérogènes. Les cycles homogènes ne possèdent que des carbones comme élément principal (sans se préoccuper des éléments en périphérie, liés à ces carbones). Ils sont constitués d'environ 5 ou 6 carbones, pour cause de stabilité. Il peut en avoir 3, 4 ou plus de 6, mais il s'agit de cas exceptionnels, car les tensions créées dans la molécule sont trop grande pour garder tous les liens les reliant intacts. Les cycles hétérogènes possèdent d'autres éléments que du carbone comme chaîne centrale. On peut retrouver, par exemple, de l'oxygène ou de l'azote.

Littérature

Il s'agit d'un ensemble d'œuvres portant sur la même trame mais non nécessairement écrites par un même auteur. Un cycle épique désigne par exemple un ensemble d'épopées (antiques — comme le Cycle troyen — ou médiévales — comme le cycle arthurien). Il y a de nombreuses formes particulières de cycles littéraires, par exemple la trilogie.

Locomotion

Le terme cycle est l'abréviation de bicycle. C'est un moyen de déplacement muni de roues et mu par l'unique force des jambes de son ou ses passagers.

Economie

Cycle économique

Voir aussi


- Cycle du carbone
- Cycle de l'eau
- Cycle de l'azote
- Cycle de l'oxygène

Jour

als:Tag ja:日 simple:Day Le jour est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée dépend de l'époque de l'année et de la latitude. Une journée est l'ensemble d'un jour et d'une nuit consécutive, c'est aussi la durée qui sépare deux moment consécutifs ayant la même heure au même endroit (par exemple la durée entre le à 13h et le 2 janvier de la même année à 13h). Le jour est aussi une unité de temps qui, bien qu'en dehors du système international (SI), est en usage avec lui. Il vaut exactement 86 400 secondes et son symbole est j ou d (du latin diurnus). Le symbole j est un symbole français alors que le symbole d est international (cf. le [http://www1.bipm.org/ site du Bureau International des Poids et Mesures]). Le jour solaire est le temps mis par la Terre pour faire un tour sur elle-même du point de vue du Soleil, c'est-à-dire pour qu'un point de la surface terrestre revienne à la même position apparente pour un observateur solaire. Un jour est divisé en 24 heures, de zéro heure à minuit. Il y a 365 ou 366 jours dans une année (cf. temps solaire). Le jour sidéral est le temps mis par la Terre pour faire un tour sur elle-même, du point de vue des étoiles distantes. Un jour sidéral dure 23 heures, 56 minutes et 4 secondes. Il y a un jour sidéral de plus que de jours solaires dans une année (cf. temps sidéral). À cause de la Lune et de la dissipation d'énergie que constituent les marées, la vitesse de rotation de la Terre sur elle-même diminue. La durée du jour augmente donc, au rythme d'environ 2 millisecondes par siècle. De ce fait, il y a 100 millions d'années, l'année durait 380 jours. La Lune s'éloignant de la Terre, cet effet d'allongement des jours est de moins en moins rapide car la force exercée par la Lune sur la Terre est inversement proportionnel à la distance qui les sépare.

Voir aussi


- Nuit
- Après-midi
- Semaine
- Mois
- Année
- Heure
- Midi
- Minuit
- Jour julien
- Calendrier des journées mondiales

Liens externes


- [http://ptaff.ca/soleil/ Le lever, le coucher du soleil et la durée de la journée, toute l'année, n'importe où] Catégorie:Unité de temps Catégorie:Calendrier

Saison

Les quatre saisons sont une division majeure de l'année. Ces saisons sont le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. Les saisons sont créées par un double facteur : d'une part la révolution de la Terre autour du Soleil, et d'autre part l'inclinaison de 23,5° de l'axe Nord-Sud de rotation journalière de la Terre par rapport au plan de son orbite autour du Soleil. En fonction de la position de la Terre par rapport au Soleil, la zone qui reçoit les rayons du Soleil de façon perpendiculaire se modifie donc. Plus les rayons arrivent perpendiculairement (c'est à dire plus le Soleil est proche du zénith), plus il fait chaud. Le soleil éclaire successivement à la perpendiculaire : # l'équateur, vers le 21 mars, à l'équinoxe de mars ou équinoxe de printemps; # le tropique du Nord (mieux que le terme impropre : "tropique du Cancer"), vers le 21 juin, au solstice de juin ou solstice d'été; # l'équateur, de nouveau, vers le 23 septembre, à l'équinoxe de septembre ou équinoxe d'automne; # le tropique du Sud (mieux que le terme ancien "tropique du Capricorne"), vers le 21 décembre, au solstice de décembre ou solstice d'hiver. Les saisons changent lors des solstices et des équinoxes dans l'hémisphère Nord, l'équinoxe de mars annonce le printemps, le solstice de juin annonce l'été, etc. Dans l'hémisphère sud, les saisons sont inversées. Les durées des différentes saisons varient. À notre époque, les extrêmes vont d’à peine 89 jours pour l'hiver du nord jusqu’à 93 jours 3 heures et demie environ pour l’été septentrional. La structure de l'année calendaire en quatre saisons ne s'applique pas partout ; elle est caractéristique des régions de la zone tempérée. En revanche, entre les deux tropiques par exemple, le Soleil est toujours suffisamment proche de la perpendiculaire pour que la différence de température entre été et hiver ne soit pas très marquée. Il n'y a alors souvent que deux saisons, une saison des pluies et une saison sèche, et le climat y est tropical (ou parfois désertique, selon la situation géographique). Dans la zone tempérée, on parle de saisons pleines (étés, hivers), et de mi-saisons (printemps, automnes). Catégorie:Climatologie Catégorie:Météorologie Catégorie:Mécanique céleste Catégorie:Unité de temps Catégorie:Calendrier ja:季節 ko:계절 simple:Season

Naissance

La naissance est le moment au cours duquel un être vivant devient autonome, soit de sa coquille chez les reptiles, oiseaux et insectes, soit du ventre de sa mère pour les mammifères. Chez les êtres humains, la période de neuf mois qui précède la naissance est appelée la grossesse, la naissance se produit au cours de l'accouchement pendant lequel l'enfant est expulsé du ventre maternel, puis le cordon ombilical coupé, et où il est capable d'une activité respiratoire autonome. Par extension, la naissance est le début d'une période ou d'un phénomène. Catégorie:Obstétrique Catégorie:Physiologie Catégorie:Philosophie

Standard de temps

catégorie:mesure du temps Un Standard de temps est la spécification de soit le rythme du temps qui passe ou de temps fixes, ou des deux. Par exemple le standard du temps civil spécifie les deux à la fois: les intervalles temporels et l'heure du temps. Historiquement, les standards de temps furent basés sur la période de rotation terrestre. Cependant la rotation de la terre n'est pas constante. Les rotations terrestres furent remplacées par celles basée sur la période orbitale de la terre. L'orbite étant éliptique, elle n'est pas constante non plus: se rapprochant du soleil, la terre avance plus rapidement. Aussi, les intervalles de temps sont depuis les progrès réalisés dans la mesure du temps basés sur les mesures très précises et stables donnée par une horloge atomique. L'intervalle de temps reconnu internationallement est la seconde. La seconde est la base d'intervalle de temps pour toutes les mesures horaires. Les autres intervalles de temps, (minutes, heures, jours, et années) sont en principe basés sur la seconde.

Quelques standards de temps

Le Temps solaire est basé sur le jour solaire, qui est la période de temps entre un zénith lunaire et le prochain. Un jour solaire dure approximativement 24 heures en moyenne. Cependant, la rotation irrégulière de la terre cause des variations qui peuvent atteindre jusqu'à 15 minutes par rapport à la durée moyenne du temps solaire. Le Temps sidéral est le temps mesuré par rapport aux étoiles. à la terre pour effectuer une révolution complète par rapport aux étoiles. Un jour sidéral dure approximativement 23 heures 56 minutes 4 secondes. Le Greenwich Mean Time (GMT) est le temps du Méridien de base de Greenwich, près de Londres. GMT était le temps standard international : techniquement le GMT n'existe plus, bien que le Temps Universel (Universal Time) soit pratiquement ce que le GMT était. Greenwich Mean Time était aussi le standard international pour le temps civil. Bien que n'étant plus en vigueur, GMT est encore bien souvent utilisé comme synonyme d'UTC, qui est le nouveau standard international. Greenwich Mean Time existe encore techniquement en tant que zone horaire. Le Temps Atomique International (TAI) est le standard de temps international de base, sur la base duquel tous les autres standards de temps, y compris l'UTC, sont calculés. Le TAI est placé sous la responsabilité du BIPM (Bureau International des Poids et Mesures), et est basé sur les mesures combinées d'un nombre importants d'horloges atomiques autour du monde, chacune corrigée des effets de son environnement et de la relativité. Le Temps Universel Universal Time (UT) est une échelle de temps basée sur le jour solaire, définie d'une manière aussi uniforme que possible, malgré les variations dans la rotation terrestre.
- L'UT0 est le temps de rotation à une place particulière d'observation. Il est mesuré selon la motion diurne des étoiles ou selon des soureces radio extra terrestre.
- L'UT1 est calculé sur la base d' UT0, corrigé de l'effet de la motion polaire sur la longitude du site d'observation. Il n'est pas uniforme à cause des irrégularités de la rotation terrestre.
- Le Temps Universel Coordonné (UTC) diffère du TAI par un nombre intégré de secondes. L'UTC est maintenu dans un intervalle de 0,9 seconde de l' UT1 par l'introduction successive d'espaces de temps d'une seconde. Le Temps local ou temps civil dans une région donnée est adapté par un nombre arrondi fixe, normalement des heures pleines de l'UTC, de manière que le nouveau jour débute approximativement au milieu de la nuit (« nuit » étant considérée le temps du soleil couché). Voir Zone horaire. Alternativement la différence de temps peut être modifiée, en règle générale d'une heure, deux fois par an : c'est l'heure d'été.

À consulter également

temps, horloge, calendrier, ère, époque, période

Liens externes


- [http://www.bipm.fr/ BIPM]
- [http://wwp.GreenwichMeanTime.com/ GMT]
- [http://www.bipm.org/fr/practical_info/time_server.html/ UTC]

Horloge

] Une horloge est un système de mesure du temps. En l'absence de référence absolue (impossible aussi bien théoriquement que pratiquement), on construit une horloge en observant un système physique doté d'un nombre fini (et supérieur ou égal à deux) d'états, dont l'un est considéré comme l'origine. On mesure le temps en comptant le nombre de passages à cette origine, en considérant conventionnellement qu'entre deux passages, la durée écoulée est fixe. Il existe des horloges à toutes les échelles de l'univers, de la plus petite à la plus grande, par exemple :
- horloges atomiques,
- horloges cristallographiques (à quartz),
- horloges de processeur,
- horloges mécaniques,
- les horloges fixes (pendule)
- les horloges portatives (montres)
- horloges météorologiques (mousson),
- horloges cosmiques : horloge lunaire (lunaison), horloges terrestres (rotation diurne et révolution annuelle autour du soleil),
- horloges chimiques et notamment horloges biologiques (pulsation cardiaque, battement de cils, respiration, sommeil, menstruations, etc.), Les horloges utilisent en général les oscillations d'un système à sa fréquence propre. La stabilité de cette fréquence propre et l'entretien de ses oscillations sont fondamentales. fréquence propre L'absence de temps absolu légitime l'usage d'horloges différentes selon le domaine. Cette absence rend également nécessaire le choix (purement arbitraire) d'une horloge de référence. Toutefois, on observe qu'il existe des horloges différentes presque synchronisées, et ce même à des échelles très différentes : il est alors possible de considérer qu'une horloge facile à construire est représentative de l'horloge de référence, ou d'une autre horloge utile (autrement dit : on peut se servir d'une montre suffisamment bien calée sur le temps de l'horloge atomique de référence pour prévoir le moment du lever du soleil, horloge terrestre). Ceci est d'une importance primordiale en cosmologie, puisque selon les théories en vigueur l'évolution de l'univers se traduit par l'apparition progressive de nouvelles horloges, dont celles dont nous nous servons, et la disparition des horloges pertinentes dans les temps précédents, ce qui pose la question de l'extrapolation de nos horloges actuelles aux temps où elles n'existaient pas. Catégorie:horlogerie Catégorie:Meuble Catégorie:Objet d'art ja:時計

Unité de mesure

Voir également la page d'homonymie Unité En physique et en métrologie, les unités sont des étalons pour la mesure de quantités physiques qui ont besoin de définitions précises pour être utiles. Différents systèmes d'unités sont basés sur des choix différents du jeu d'unités fondamentales. De nos jours, le système d'unités le plus utilisé est le Système international (SI). Il y a sept unités de base SI. Toutes les autres unités SI peuvent être dérivées de ces unités de base. D'autres systèmes d'unités qui ont été utilisés à des fins variées comprennent :
- le système d'unités CGS

Unités en tant que dimensions

Unités de base et unités dérivées

Conversion d'unités

Préfixes du système SI

Calculs au moyen d'unités

Exprimer une valeur physique dans une autre unité

Unités non-standard


- Zolotnik

Voir aussi


- Étalon international ISO 31 : Quantités et unités
- Unités de mesure de l'Ancien Régime

Liens externes


- [http://www.eppo.go.th/ref/UNIT-OIL.html Unit Conversion : Oil Industry Conversions]

Convertisseurs


- [http://calc.skyrocket.de/en/ Online Unit Converter - Conversion of many different units]
- [http://www.santos.com/ConversionCalculator.aspx?p=73 Santos - Conversion Calculator] Category:Unité de mesure Category:Métrologie ja:物理単位

Physique

zh-min-nan:Bu̍t-lí-ha̍k als:Physik ko:물리학 ms:Fizik ja:物理学 simple:Physics th:ฟิสิกส์ La physique (du grec φυσικη) est la science de la Nature dans son sens le plus large.

Généralités

Les physiciens observent, mesurent et modélisent le comportement et les interactions de la matière à travers l'espace et le temps (définis comme « phénomènes physiques »).
- Les théories, bien établies ou non, contiennent des lois exprimées sous forme d'équations mathématiques, mais, comme toutes les théories scientifiques, ou n'importe quelles autres théories, ces théories et leurs lois peuvent être remises en cause dès qu'une expérience ne rentre pas parfaitement dans le cadre de ces lois.
- L'effort du physicien consiste à rendre le monde et tous ses aspects observables – et donc mesurables – toujours plus rationnels. Or ce n'est qu'à travers une observation approfondie d'un phénomène que l'on peut l'analyser et essayer de le comprendre, le saisir et, en quelque sorte, le transcrire.
- Approcher la compréhension d'un phénomène, un fait du réel, signifie donc expliciter les mécanismes et lois sous-jacentes qui le régissent.
- Le point de départ de la physique est donc une expérience du réel : la physique est avant tout une science expérimentale ; la physique est également une activité qui mène à une analyse théorique du fait expérimental observé. Les mathématiques sont le langage rationnel dans lequel s'expriment de façon concise et élégante les modèles des phénomènes observés.
- La physique possède une dimension esthétique : les meilleures théories sont les plus simples, le rôle du théoricien est d'arriver à une épure où l'inutile n'a pas lieu d'être. Ce qui se comprend bien, s'énonce simplement. Un formalisme mathématique adapté et qui manifeste cette forme d'esthétisme est capable d'aboutir à des prévisions, c'est-à-dire que le calcul théorique peut précéder et être vérifié par l'observation expérimentale.
- Dans ce cas, la théorie est prédictive et de ce fait validée et intègre un vaste corpus de connaissances, magma dans lequel se forgent de nouveaux concepts et de nouveaux modèles toujours plus pertinents.
- La physique trouve sa limite et son permanent renouveau naît dans l'impossibilité évidente d'atteindre un état de connaissance parfait et sans faille du réel. En effet, le phénomène, ce fait du réel qui se manifeste à nous, ne peut coïncider avec le modèle dont se revendique toute théorie physique.
- L'histoire de la physique est riche en rebondissements, en révolutions. Une expérience vient toujours mettre en défaut les « croyances » que l'on croyait à tort comme abouties, par méconnaissance de cette non-limite. Ce qui progresse quotidiennement en physique est une sorte de résolution, de finesse, avec laquelle est saisi, à l'image d'un peintre, le modèle qui se présente aux yeux de l'artiste. Cependant, le modèle ne peut se confondre avec la réalité mais juste y tendre. Le peintre surréaliste belge Magritte exprime cette limite dans son célèbre tableau, La trahison des images, où il représente une pipe et précise : Ceci n'est pas une pipe. On pourra aussi retenir l'idée d'Albert Einstein sur le travail du physicien: faire de la physique c'est comme émettre des théories sur le fonctionnement d'une horloge sans jamais pouvoir l'ouvrir.
- Le travail du physicien existe depuis toujours dans l'histoire de l'humanité dès lors qu'elle s'est mise en quête de techniques. La roue et le levier sont les premières machines que l'on ait inventées : sciences et techniques sont étroitement liées.
- Cependant, c'est par l'effort de rationalité des penseurs grecs et, par la suite, le perfectionnement des mathématiques, que la physique a pu révéler sa profondeur conceptuelle et sa portée philosophique. Le principal moteur du progrès matériel, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, n'est autre que la physique et ses nombreuses extensions dans tous les champs du monde réel.
- Les sciences physiques sont bien sûr en relation avec d'autres sciences, en particulier la chimie, science des molécules et des composés chimiques. La chimie et la physique partagent de nombreux domaines, tels que la mécanique quantique, la thermodynamique et l'électromagnétisme.
- Toutefois, les phénomènes chimiques sont suffisamment vastes et variés pour que la chimie soit généralement considérée comme une discipline à part entière.
- La science est souvent en conflit avec les religions du fait que la première n'admet pas de dogme et ne cherche d'explications aux phénomènes de la Nature qu'elle observe (car c'est seulement de cela que la science s'occupe) que dans la Nature elle même. Nombreux sont les scientifiques qui ont eu le statut d'hérétiques. La science ne prétend cependant pas (ou plus) être le seul moyen d'accéder à une connaissance utile. Elle reconnaît la légitimité d'autres moyens de quête de la connaissance et s'est distancée du scientisme de ses débuts.

La recherche en physique

Théorie et expérience

La culture de la recherche en physique présente une différence notable avec celle des autres sciences en ce qui concerne la séparation entre théorie et expérience. Depuis le , la majorité des physiciens sont spécialisés soit en physique théorique, soit en physique expérimentale. En revanche, presque tous les théoriciens renommés en chimie ou en biologie sont également des expérimentateurs. En première approche, les théoriciens tentent de développer des théories qui expliquent les résultats expérimentaux existants tandis que les expérimentateurs conçoivent et exécutent des expériences pour tester les prédictions théoriques. La simulation numérique occupe une place très importante dans la recherche en physique et ce depuis les débuts de l'informatique. Elle permet en effet la résolution approchée de problèmes mathématiques qui ne peuvent pas être traités analytiquement. Beaucoup de théoriciens sont aussi des numériciens.

Principales théories

Bien que la physique s'intéresse à une grande variété de systèmes, certaines théories ne peuvent être rattachées qu'à la physique dans son ensemble et non à l'un de ses domaines. Chacune de ces théories est supposée juste, dans un certain domaine de validité ou d'applicabilité. Par exemple, la théorie de la mécanique classique (ou newtonienne) décrit fidèlement le mouvement d'un objet, pourvu que ses dimensions soit bien plus grandes que celles d'un atome et que sa vitesse soit bien inférieure à la vitesse de la lumière et que l'objet ne soit pas trop proche d'une masse importante et que celui-ci soit dépourvu de charge. Les théories anciennes comme par exemple la mécanique newtonienne sont encore des sujets de recherche notamment dans l'étude des phénomènes complexes (exemple : la théorie du chaos). Elles constituent la base de toute recherche en physique et tout étudiant en physique, quelle que soit sa spécialité, est censé acquérir les bases de chacune d'entre elles. ! Théorie !! Grands domaines !! Concepts |- | Mécanique newtonienne | Cinématique - Lois du mouvement de Newton - Mécanique analytique - Mécanique des fluides - Mécanique du point - Mécanique du solide - Transformation de Galilée - Mécanique des milieux continus | Dimension - Espace - Temps - Longueur - Vitesse - Vitesse relative - Masse - Moment cinétique - Force - Énergie - Moment angulaire - Couple - Loi de conservation - Oscillateur harmonique - Onde - Travail - Puissance |- | Électromagnétisme | Electrostatique - Électricité - Magnétisme-Équations de Maxwell | Charge électrique - Courant électrique - Champ électrique - Champ magnétique - Champ électromagnétique - Onde électromagnétique |- | Physique statistique et Thermodynamique | Machine thermique - Théorie cinétique des gaz | Constante de Boltzmann - Entropie - Énergie libre - Chaleur - Fonction de partition - Température |- | Mécanique quantique | Intégrale de chemin - Équation de Schrödinger - Théorie quantique des champs | Hamiltonien - Particules identiques - Constante de Planck - Oscillateur harmonique quantique - Fonction d'onde - Énergie de point zéro |- | Théories de la relativité | Relativité galiléenne - Relativité restreinte - Relativité générale | Principe d'équivalence - Quadrivecteur - Référentiel - Espace-temps - Vitesse de la lumière - Vitesse relative |{{fr{fr{fr{fr{fr{fr{en{portail physique

Métaphysique

La métaphysique désigne :
- un ensemble de livres d'Aristote, La Métaphysique ;
- puis, au Moyen Âge, la philosophie première d'Aristote ;
- le sens moderne du mot s'est particulièrement diversifié, au point qu'il n'est pas possible de donner de définition stricte de ce qu'est la métaphysique. L'idée d'étude et de connaissance de l'être en tant qu'être est peut-être le fond commun minimal acceptable pour l'ensemble du domaine métaphysique. L'objet de la métaphysique serait alors l'être au sens absolu (i.e. en tant que tel) et ses premiers principes. On peut alors distinguer des aspects logiquement reliés :
  - l'étude d'un ensemble particulier de réalités : ce que les sens ne perçoivent pas, les choses immatérielles ;
  - l'étude de la nature des choses en elles-mêmes, étude du ce que c'est ;
  - par suite, l'étude d'une réalité supérieure, vérité du monde naturel.

Étymologie

Étymologiquement, la métaphysique (ta meta ta physika) est ce qui vient « après » les choses concernant la nature (i.e. après l'étude de la nature), et désigne donc les livres classés après ; une autre étymologie, suivant une traduction inhabituelle et peu probable, donne ce qui est « au-delà » de la physique. Mais le mot physique a un sens qui est lui-même métaphysique, puisqu'il désigne la nature en tant que principe : on ne peut donc opposer a priori métaphysique et physique, puisque l'étymologie (et l'œuvre d'Aristote) indique plutôt une continuité entre les deux domaines. Le sens de ces mots est en outre susceptible de varier d'une époque à une autre. On pense que l'emploi de ce mot remonte à la classification du corpus aristotélicien (Ier siècle avt JC), les livres traitant de « l'étant en tant qu'étant » venant « après » ceux touchant à la « physis » ou nature. La raison en serait que l'éditeur, Andronicos de Rhodes, ne savait pas dans quelle division classer les traités que nous connaissons aujourd'hui sous ce nom. Ce terme a fini par s'appliquer au Moyen Âge (par exemple chez Averroes) à toute question relative aux principes premiers ou à la philosophie première. D'après le sens donné à physique, la métaphysique sera (avec les problèmes que cela pose) :
- une science parmi d'autres ;
- une connaissance des choses immatérielles (non physique, non sensible) ;
- une science de l'intelligible, ou des essences, par opposition à l'empirique ;
- une science des conditions de possibilités de l'expérience ou simplement de l'expérience en générale (comme épistémologie par exemple) ;
- un discours vide de sens.

Les grandes problématiques de la métaphysique

L'objet de la métaphysique est l'être en général. Voici quelques interrogations fondamentales de la métaphysique :
- qu'est-ce que l'être ?
- pourquoi y a-t-il de l'être plutôt que rien ?
- quelle est la différence entre être et essence ?
- quelle est la différence entre essence et existence ?
- en quoi consiste la causalité ?
- qu'est-ce que la liberté ?
- Dieu existe-t-il ?
- etc. La métaphysique est aussi parfois divisée en deux parties, dans la scolastique (étude des transcendentia ou ontologie, théologie) et chez les philosophes classiques ; on trouve cette division encore au . Spinoza permet d'illustrer une telle division. En effet, dans les Pensées Métaphysiques, il traite dans une première partie de la métaphysique générale, i.e. de l'être en tant qu'être :
- il distingue des types d'être : réel, de fiction, et de raison ;
- il distingue l'être de l'essence, de l'existence, de l'idée ;
- il traité des modalités de l'être : nécessaire, impossible, possible et contingent ;
- enfin, il traite de la durée, du temps, de l'un, du vrai, du bien, etc. Dans une deuxième partie, il traite de la partie spéciale de la métaphysique :
- Dieu, en tant qu'ens summum : éternité, unicité, immutabilité, simplicité, etc. De l'entendement et de la volonté de Dieu ;
- de la création et de l'esprit humain. Ce plan permet de se faire une idée plus précise de l'organisation possible des concepts de la métaphysique. C'est une organisation logique, qui est aussi une théorie de la connaissance.

Histoire de la métaphysique

Métaphysique grecque

Parménide Parmi les philosophes Présocratiques, Parménide est celui qui pose la question avec le plus de force, n'esquivant aucun des problèmes relatifs à une véritable pensée de l'être, puisque, d'une part, il identifie être et pensée, et, d'autre part, il interdit la pensée vraie d'autre chose que ce qui est, avec les conséquences logiques que cela comporte : La première voie de recherche dit que l'Être est et qu'il n'est pas possible qu'il ne soit pas. C'est la chemin de la certitude, car elle accompagne la vérité. L'autre c'est que l'Être n'est pas et que le Non-Être est. Cette voie est un sentier étroit où l'on ne peut rien apprendre. Aristote (voir Substance (Aristote)) La question fondamentale de l'être, héritée par Aristote, est celle des principes et des causes de l'être. Il réduit à la question de la seule ousia (catégorie de la substance) : ce problème se trouve donc pour lui au fondement de la recherche physique, c'est-à-dire qu'il relève aussi de l'étude de la nature. Aristote s'efforce de distinguer les différents sens du mot être, pour éviter les pièges logiques de la pensée parménidienne. Ces analyses préfigurent la pensée analytique et les tentatives de dépasser la métaphysique par l'analyse du langage. Aristote résume l'ensemble des questions portant sur la nature et sur l'être à la question : qu'est-ce que la substance (ousia) ? (Métaphysique, livre Z). On ne peut parler de ce qui est, dans quelque ordre que ce soit, sans savoir ce qu'est la substance qui reçoit des prédicats suivant des relations nécessaires ou accidentelles. Ces relations fondent la possibilité de la connaissance, la science étudiant les relations nécessaires. Le problème est alors de savoir ce qu'est la substance simpliciter, c'est-à-dire ce qu'elle est en tant qu'elle est, en elle-même. En ce sens, la métaphysique d'Aristote, qui aura une grande influence au Moyen Âge, n'est pas absolument différente de l'ontologie de Platon. Dans l'ensemble de son histoire, la pensée philosophique grecque a tenté d'élaborer des réponses rationnelles, satisfaisantes au regard des critères démontrés ou supposés de la raison ou logos. L'être est ainsi la catégorie fondamentale de la pensée antique. Pendant la période hellénistique, la métaphysique affronte les objections décisives du scepticisme et de la Nouvelle Académie ; ce sont les Stoiciens qui seront les défenseurs les plus remarquables de la substance, élaborant une conception logique de la réalité qui sera redécouverte seulement au début du XXè siècle (voyez Bertrand Russell par exemple). La lutte entre métaphysique et scepticisme structure une grande partie de l'histoire de la philosophie, et c'est pour surmonter cette tension que Kant élaborera sa philosophie transcendantale.

Métaphysique et théologie

Cette pensée grecque de la réalité, qui fait parfois de l'être, ou même de l'au-delà de l'être, le fondement divin du monde, s'est trouvée intégrée par étapes successives dans les références intellectuelles des civilisations islamiques, juives et chrétiennes, transformant considérablement les fondements intellectuels strictement théologiques et issus des différentes Révélations concernées. La pensée métaphysique et la pensée théologique se sont ainsi trouvées indissociablement liées durant toute la période scolastique. Cette influence théologique s'est développée au moins jusqu'à Hegel et Schopenhauer, et fut violemment dénoncée par Friedrich Nietzsche. Thomas d'Aquin La philosophie première est pour Thomas une connaissance rationnelle et naturelle, qui précède chronologiquement la théologie, connaissance surnaturelle qui dépasse la raison sans la contredire. Thomas distingue l'être et l'essence : Dieu est, de part sa propre essence, mais la créature a l'être.. Duns Scot

Métaphysique moderne

Critique kantienne L'histoire de la philosophie occidentale, de Descartes à Kant, est principalement l'histoire d'une prise d'autonomie de la raison puis d'une critique des possibilités de cette même raison : à l'age classique, les philosophes (Descartes, Spinoza) dogmatisent, lorsqu'ils cherchent à fonder des systèmes de pensées sur une conception rationaliste de Dieu. Le sens de l'être tend alors à dépendre essentiellement de Dieu, l'être par excellence ; c'est une telle édification de la métaphysique que Kant va vouloir renverser. dans la Critique de la raison pure, en effet, Emmanuel Kant veut démontrer que la Métaphysique ne peut revendiquer le statut de science à part entière, car elle procède indépendamment de l'expérience et par simples concepts. La métaphysique est donc une science analytique, car on peut en exposer et définir les concepts fondamentaux, mais elle ne parvient pas à nous instruire sur ce qui est indépendant de notre expérience sensible. En particulier, il n'est pas possible de faire de l'être un prédicat, puisque l'être est défini comme une position absolue, hors de la portée de notre sensibilité. En revanche, nous pouvons connaître la constitution de notre connaissance, de notre entendement, et établir les limites de la raison pure spéculative : cette connaissance dite transcendantale permet selon Kant d'édifier une nouvelle métaphysique de la nature et une métaphysique des mœurs (droit et éthique). Cette conception réduira la philosophie à une théorie de la connaissance et se développera surtout à partir de 1870 dans le néo-kantisme. On peut considérer que les œuvres de Georg Hegel, Johann Gottlieb Fichte et Friedrich Schelling sont parmi les derniers grands systèmes philosophiques qui partent de principes métaphysiques fondés rationnellement.

La métaphysique au XXe siècle

Il y a eu au plusieurs tentatives de dépassement de la métaphysique ; il faut prendre garde que ce mot de dépassement a pris de nombreux sens, dont notamment :
- le sens de destruction pure et simple de la métaphysique ;
- le sens de prise de conscience des limites de la métaphysique.

Le positivisme logique

Le Cercle de Vienne s'était fixé pour but de débarrasser la philosophie de la métaphysique, en appliquant à tout énoncé un positivisme vigoureux, parfois éclairé, mais trop souvent fanatique : ainsi la négation de la métaphysique conduit-elle logiquement à affirmer que l'art n'a aucun sens, ce qui est manifestement absurde, comme le fera remarquer Popper. Dans cette perspective, tout énoncé doit pouvoir être analysé et renvoyer à quelque chose de réel par exemple en répondant à des questions telles que :
- de quel énoncé S est-il déductible et quels énoncés sont déductibles de S ?
- comment S doit-il être vérifié ? Cette critique logique, développée par Carnap par exemple, dénonce entre autres, les confusions du vocabulaire heideggérien. Dans cette perspective, la métaphysique est réduite à une poétique du vécu, qui exprime le sentiment que l'on a de l'existence, sans jamais renvoyer à quelque chose de scientifiquement attestable. La question de l'être est au fondement des différentes formes de l'existentialisme et une des œuvres philosophiques les plus influentes du , celle de Heidegger, est tout entière orientée par cette recherche. Chez ce dernier, comme chez Sartre, le sens ne vient à l'être que grâce au néant, ce qui retrouve peut-être ainsi une intuition fondamentale des premiers théologiens (voyez Denys l'Aréopagite) et de la mystique. Le n'a donc pas éliminé la métaphysique, mais il a gravement remis en question les raisons de distinguer celle-ci de la physique. On en trouvera un exemple dans les réflexions métaphysiques de Michel Bitbol à propos de la physique quantique dans « Physique quantique, une introduction philosophique ».

La métaphysique dans les autres civilisations

(voir Philosophie chinoise, Philosophie indienne) Mais ce terme d'origine grecque n'est manifestement pas réservé au monde occidental : on peut l'appliquer, avec quelques nuances importantes, à presque toutes les grandes civilisations orientales : le Vedanta en Inde, les écrits Taoïstes en Chine sont tout autant « métaphysiques » quoique les modalités d'approches soient différentes de celles du monde gréco-latin et chrétien. Par exemple, dans la Bhagavad-Gîtâ, le chant XI montre Arjuna contemplant l'omniforme : :« Et comment, ô grand Être, ne s'inclineraient-ils pas devant toi, plus vénérable que Brahmâ lui-même, toi l'ordonnateur primordial ? O Seigneur infini des dieux, toi qui fais de l'univers ta demeure, tu es l'impérissable, l'Être et le Non Être et ce qui est par-delà. » Dans le Tao-Tö-King de Lao Tseu : :« Le Tao qu'on tente de saisir n'est pas le Tao lui-même ; :le nom qu'on veut lui donner n'est pas son nom adéquat. :Sans nom, il représente l'origine de l'univers ; :avec un nom, il constitue la mère de tous les êtres. » Le philosophe Nāgārjuna expose dans le Mulamadhyamakakarika la doctrine bouddhiste de la vacuité, qui du point de vue de la philosophie occidentale est un scepticisme ontologique : :« Si l'Être n'est pas, de quoi le non-Être est-il la négation ? »

Citations


- «Il faut donc dire que l'objet adéquat de cette science [la métaphysique] est l'étant en tant qu'étant réel» (Suarez, Disputationes metaphysicae, I ; 1)
- «On nomme métaphysique ce qui surpasse la nature et qui est au-delà de la causalité et du langage» (Errenios)
- «Dieu n'est pas sujet dans la métaphysique [...] il n'y a qu'une seule science à propos de Dieu comme premier sujet, qui n'est pas la métaphysique» [mais la théologie] (Duns Scot, Reportata parensiensa)
- «En métaphysique, le philosophe détermine ensemble l'étant commun et le premier étant, qui est séparé de la matière.» (Thomas d'Aquin, In de generatione e corruptione)
- «La métaphysique a cela de bon qu'elle ne demande pas des études préliminaires bien gênantes : c'est là qu'on peut tout savoir sans rien avoir appris» (Voltaire)
- «Un philosophe n'est pas philosophe s'il n'est métaphysicien ; et c'est l'intuition de l'être qui fait le métaphysicien» (Maritain)

Bibliographie


- Parménide, Platon
- Métaphysique, Aristote
- Métaphysique, Avicenne
- Somme théologique, Thomas d'Aquin
- Principe de la philosophie, Descartes
- Méditations Métaphysiques, Descartes
- L’Éthique, Spinoza
- Critique de la raison pure, Kant
- Le dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage, Carnap
- Qu'est-ce que la métaphysique ?, Heidegger

Voir aussi


- Ontologie
- Théologie
- Problème corps-esprit
- Positivisme logique
- Concepts métaphysiques
- Physique et Epimétaphysique
- Physique et métaphysique Catégorie:Philosophie Catégorie:Métaphysique ko:형이상학 ja:形而上学

Augustin d'Hippone

Augustin (Aurelius Augustinus), plus connu sous le nom de saint Augustin, est un philosophe et théologien chrétien né à Thagaste (actuelle Souk-Ahras, Algérie) le 13 novembre 354, mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba). Il est l’un des principaux Pères de l’Église latine et l'un des 33 Docteurs de l’Église. Les catholiques célèbrent sa fête le 28 août, anniversaire de sa mort. Sa tombe se trouve à Pavie. Saint Augustin est le seul Père de l'Eglise dont les œuvres et la doctrine aient donné naissance à un système : l'augustinisme. L'augustinisme imprégnera toute la réflexion philosophique et théologique médiévale, puis alimentera les débats lors de la Réforme protestante, puis encore le jansénisme. Les débats suscités par l'interprétation de l'augustinisme ont largement contribué aux conceptions modernes de la liberté et de la nature humaine. augustinisme

Vie d’Augustin

L’enfance et la jeunesse, de 354 à 383

Augustin narre sa jeunesse dans ses Confessions Il est né à Thagaste, d’un père berbère païen du nom de Patricius, modeste notable de la ville, et d’une mère chrétienne, Monique (son nom est punique), qui transmettra sa foi à ses enfants et gagnera son mari au christianisme à la fin de sa vie. Augustin avait un frère, Navigius, et une sœur qui sera préposée du monastère d’Hippone. La langue maternelle d’Augustin est le numide (qu'il cite clairement dans son œuvre "Les confessions") ; il connaît à peine le grec : élève indocile, il détestait l’école et craignait le châtiment de ses maîtres. Son père le destine au métier d’avocat, étape pour le haut-fonctionnariat ; Augustin étudie d’abord à Madaure, à partir de l’âge de seize ans, où les études sont centrées sur l’éloquence et la mémoire, ce qu’il blâmera dans ses confessions (livre I). Son père, bien que de condition modeste, réunit l’argent nécessaire pour l’envoyer à Carthage poursuivre des études appropriées à son intelligence précoce. C’est peu avant son départ que se situe le fameux épisode du vol des poires. Il est à Carthage à la fin de l’année 370. Son père meurt peu après, et Augustin devient le protégé de Romanianus ; il raconte le climat de sensualité exacerbée de la ville (« la chaudière des honteuses amours »), les plaisirs de l’amour et du théâtre : :« J’aimais à aimer...aimer et être aimé c’était plus doux pour moi si je pouvais jouir aussi du corps de l’être aimé. » Mais cet aspect de sa vie paraît légendaire, au vue de certains passages des Confessions : :« je feignais d’avoir fait ce que je n’avais pas fait, pour n’être pas jugé d’autant plus méprisable que j’étais plus innocent et tenu pour d’autant plus vil que j’étais plus chaste. » Il rencontre cependant la femme à laquelle il restera fidèle pendant quatorze ans, et de laquelle il aura un fils, Adeodat, dont il fait un interlocuteur dans le dialogue Du maître.
Augustin vise alors le professorat de rhétorique. Trois événements vont jouer un rôle important dans sa vie :
- Il lit l’Hortensius de Cicéron, une œuvre aujourd’hui perdue, qui suscite en lui un violent désir de sagesse : la recherche de la vérité est une profonde motivation de la personnalité d’Augustin.
- Il commence également à lire les Ecritures, dont il juge l’écriture fort grossière en comparaison de l’orateur romain.
- Il rencontre les manichéens et adhère à leur doctrine, en demeurant cependant simple auditeur : Augustin fut manichéen, au grand désespoir de sa mère qui refusa un temps de le recevoir dans sa maison, une religion dualiste pendant 9 ans, puis ébloui par le néoplatonisme de Plotin, en particulier par son principe du Un-Bien. Il retourne à Thagaste en 375 et y enseigne la grammaire. À la suite d’une victoire dans un concours de poésie, il devint un familier du proconsul de Carthage, Vindicius, un médecin qui, s’apercevant de la passion d’Augustin pour l’astrologie, parvint à l’en détourner en lui faisant voir que le succès de quelques prédictions n’est que le fruit du hasard : :« Puisqu’il arrive souvent, disait Vindicien, qu’en ouvrant à l’aventure le livre d’un poète avec l’intention d’y trouver quelque lumière dont on a besoin, on tombe sur tel vers qui s’accorde merveilleusement avec ce que l’on y cherche, bien qu’en le composant ce poète eût, sans doute, tout autre chose dans l’esprit, il ne faut pas s’étonner si, poussé par quelque instinct secret qui le maîtrise et sans même savoir ce qui se passe en lui, par pur hasard enfin et non par sa propre science, les réponses d’un homme s’accordent quelquefois avec les actions et les aventures d’un autre homme qui vient l’interroger. » Il écrit sa première œuvre, une œuvre d’esthétique, De Bono et Apto, qui est perdue, en 380. Il rencontre l’évêque Faustus avant de quitter Carthage pour Rome. Cette rencontre est pour lui décevante car l’évêque se révèle n’être qu’un agréable imposteur. Il décide de partir pour Rome.

Rome, Milan ; la conversion d’Augustin

A Rome, où il est professeur de rhétorique, Augustin est logé chez un auditeur des manichéens et fréquente la secte. Mais il doutait sérieusement de cette doctrine, et inclinait à croire les académiciens pour qui la vérité n’est pas connaissable. Il tomba malade au point de se croire mourant.
En 384, dégoûté pa