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TensionCatégorie:Électricité Catégorie:Électrotechnique Catégorie:Électricité
La tension est une force d'extension.
Électricité
La tension électrique est la différence de potentiel électrique (DDP) entre deux points d'un circuit électrique. Elle est mesurée en volts « V » et son symbole normalisé est U (plus rarement V car on essaie de réserver cette lettre pour les potentiels).
Si dans un circuit électrique constitué d'élément de résistance non nulle il existe un courant électrique, alors il y a forcement dans ce circuit un générateur qui délivre une tension à ses bornes.
En fonction de l'intervalle auquel appartient sa valeur efficace, une tension peut être classée selon la nomenclature ci-dessous :
- Voir aussi : Champ électrique,
Médecine
- Tension nerveuse
- Tension sanguine
- Tension oculaire
Physique
- Tension d'un cable
ko:장력
Catégorie:Électricité
Electricite
Electricite
Electricite
ja:Category:電気
ko:분류:전기
Catégorie:Électricité
Electricite
Electricite
Electricite
ja:Category:電気
ko:분류:전기
DDP
- Différence de potentiel, synonyme de tension, utilisé en physique, électricité, électronique et biologie ;
- Deutsche Demokratische Partei, parti politique allemand de la République de Weimar.
Circuit électriqueUn circuit électrique est un ensemble simple ou complexe de conducteur(s) et de composant(s) électrique(s) ou électronique(s) parcouru par un ou plusieurs courant(s) électrique(s).
Le terme court-circuit désigne un défaut ou une fonctionnalité conducteur d'un circuit électrique ou électronique, qui permet au courant électrique de passer à côté du circuit et donc, d'en supprimer l'effet sur le dit courant. Généralement un court-circuit permet à un courant anormalement élevé d'apparaître instantanément. Pour éviter que le courant ne détruise rapidement le circuit d'alimentation, une protection: disjoncteur, fusible, limiteur de courant est necéssaire.
On calcule le courant de court circuit pour :
- Déterminer le pouvoir de coupure des appareils de protection
- Abaisser au maximum le courant d'électrisation
Bâtiment et industrie BT
- Un circuit commence au niveau du tableau par un départ spécifique avec une protection indépendante des autres circuits.
- Généralement le départ ne comporte qu'un seul cable dont la section des conducteurs est adaptées à la protection.
- Les normes actuelles:
# Disjoncteur 10 Ampères = cable 1.5 mm2
# Disjoncteur 16/20 A = cable 2.5 mm2
# Disjoncteur 32 A = cable 6 mm2
# Disjoncteur 40
Automobile TBT
Le principe est bien sûr le même, sauf que seul le conducteur positif peut être protégé, vu que la carrosserie est connecté au pôle négatif de la batterie et donc sert de conducteur négatif. Les disjoncteurs sont remplacés par des fusibles de petite taille regroupés très souvent sous le tableau de bord en une boîte à fusibles qui était autrefois située sous le capot moteur. De plus l'installation na pas besoin de conducteur de sécurité (terre) celle-ci étant en TBT (tension < 50 V).
Electronique
- Comme en électricité, un circuit est un ensemble simple de conducteurs où circulent un ou plusieurs courants. A part les circuits de puissances, les autres sont rarement protégés, car mettent en jeu des courants faibles, voire très faibles.
- Le terme circuit en électronique est parfois attribué un peu abusivement:
- Circuit imprimé : support plan en bakélite ou résine époxy supportant de nombreux circuits électrique en piste de cuivre reliant les différent composants du circuit.
- Circuit intégré : ensemble de composants électroniques, réalisant une ou plusieurs fonctions, intégrés dans un seul boîtier simple à utiliser.
Voir aussi
- Circuit en série
- Circuit en parallèle
Catégorie:Circuit électronique
Catégorie:Électricité
ja:電気回路
VoltCatégorie:Unité SI Catégorie:Unité de mesure électromagnétique
Le volt (symbole : V) est l'unité SI de force électromotrice et de différence de potentiel (ou tension).
On doit ce nom à Alessandro Volta, inventeur italien de la pile électrique en 1800.
Il correspond à la différence de potentiel électrique qui existe entre deux points d'un circuit parcouru par un courant constant de 1 ampère lorsque la puissance dissipée entre ces deux points est égale à 1 watt (1 V = 1 W.A = 1 J.C = 1 kg.m.s.A).
ja:ボルト (単位)
ko:볼트
th:โวลต์
Valeur efficace
Catégorie:Électronique Catégorie:Électrotechnique
=Définitions=
Valeur efficace d'un courant
Elle est notée .
- Physiquement, c'est l’intensité du courant continu qui dissiperait la même puissance que à travers une résistance, soit
- Mathématiquement, c'est la racine carrée de la moyenne du carré de l'intensité calculée sur une période.
La valeur efficace de l'intensité d'un courant variable se calcule à l'aide de :
Valeur efficace d'une tension
Elle est notée .
- Physiquement, c'est la valeur de la tension continue qui provoquerait une même dissipation de puissance que si elle était appliquée aux bornes d'une résistance.
- Mathématiquement, elle se calcule avec :
Cas particulier des régimes sinusoïdaux
Pour les régimes sinusoïdaux de tension et de courant, on peut montrer que la valeur efficace est égale à la valeur de crête (valeur maximale) divisée par racine de deux :
: et
L'explication mathématique réside dans le calcul de l'intégrale suivante :
: = =
:: avec
Remarques
- La valeur efficace est toujours supérieure ou égale à la valeur absolue de la valeur moyenne : U ≥ |Ū| et I ≥ |Ī|
- Une grandeur g(t) et la valeur absolue de cette grandeur |g(t)| ont la même valeur efficace.
- Certaines personnes emploient le terme valeur RMS de l'anglais Root Mean Square : racine de la moyenne des carrés
=Mesures des valeurs efficaces=
Les appareils qui mesurent l'intensité des courants électriques se nomment ampèremètres et ceux qui mesurent les tensions se nomment voltmètres. La mesure des valeurs efficaces a toujours été plus difficile donc plus coûteuse que la mesure des valeurs moyennes.
On peut décomposer les appareils capables de mesurer les valeurs efficaces en trois familles :
Les appareils analogiques utilisant l'électromagnétisme
D'une manière générale, la bande passante de ce type d'appareil est toujours limitée à quelques centaines de Hertz.
Les appareilsferromagnétiques
Ou à fer mobile.
Un champ magnétique est créé par un courant image de la grandeur (courant ou tension) à mesurer. Sous l'influence de ce champ magnétique, deux palettes en fer doux se repoussent avec une force dont l'intensité dépend de la valeur moyenne du carré du champ donc de la valeur efficace de la grandeur à mesurer.
Les appareils électrodynamiques
C'est le principe qui était utilisé pour construire les wattmètres analogiques.
Une bobine fixe traversé par un courant i1 crée le champ magnétique. Une autre bobine mobile est traversée par un courant i2. Dans le cas des wattmètres, l'un des courants est l'image de la tension aux bornes du dipôle, l'autre est l'image de la tension à ses bornes.
Mais si ces courants sont proportionnels à la même grandeur (tension ou courant), la déviation obtenue dépend de la valeur efficace de cette grandeur.
Souvent les appareils de ce type pouvaient être utilisés en wattmètre, en voltmètre ou en ampèremètre.
Les appareils électrostatiques
Ces appareils étaient toujours destinés à la mesure en haute tension. Ils utilisaient les forces de répulsions s'exerçant entre des pièces mobiles soumises à des différence de potentiels de même signe.
Les appareils analogiques utilisant les phénomènes électrothermiques
Les appareils numériques
On nomme voltmètre ou ampèremètre RMS ou TRMS des appareils numériques qui mesurent effectivement la valeur efficace et non pas la valeur moyenne de la valeur absolue multiplié par un coefficient comme le font les voltmètres numériques bas de gamme.
Tension nerveuse
Le stress est le syndrome général d'adaptation. Ce mot signifie contrainte en anglais.
Le stress est un ensemble de réactions physiologiques (sueurs, accélération du cœur et de la respiration) et psychologiques (inquiétude, troubles du sommeil) qui se manifestent lorsqu'une personne est soumise à un changement de situation.
Plus simplement, le stress c’est une sensation que l’on éprouve lorsque l’on est confronté à une situation à laquelle on ne croit pas pouvoir faire face correctement. Il provoque un sentiment de malaise. C’est comme un réflexe de l’organisme qui agit contre les agressions extérieures. Cela va déclencher un ensemble de réactions nerveuses et hormonales.
Le stress peut permettre une mobilisation des forces physiques et mentales. Par exemple, l'élévation du rythme cardiaque et respiratoire (dû notamment à une décharge d'adrénaline) permet de mieux oxygéner les muscles ; c'est une réaction animale (préparation à la fuite ou au combat face à un danger). Mais il peut aussi faire perdre les moyens et nuire à l'action ; il s'agit probablement d'une autre réaction animale (camouflage impliquant l'immobilité).
Mais cette situation épuise l'organisme. Une situation prolongée de stress entraîne une fatigue et favorise l'apparition de maladies, notamment cardio-vasculaires ; le stress au travail est une des premières cause d'arrêt-maladie (surmenage, on parle parfois de burnout ou syndrome d'épuisement professionnel pour désigner une usure extrême au travail).
En fait, la notion de stress regroupe plusieurs notions :
- le changement, la cause extérieure provoquant la réaction, l'agent stressant ; on peut désigner ceci par les termes de « contrainte » ou de « pression nerveuse » ;
- la réaction d'adaptation à cette contrainte, que l'on peut désigner par le terme « tension nerveuse ».
On a l'habitude d'associer le stress à des situations créées par des relations humaines (passage d'un examen, conflit interpersonnel...) mais ce syndrome se manifeste pour tout changement : voyage (choc culturel, décalage horaire), changement climatique (par exemple lorsque l'on sort dans le froid), événement professionnel (licenciement, nouveau travail, changement d'équipe), événement familial ou sentimental (déménagement, mariage, divorce, naissance, décès, nouvelle rencontre, dispute), changement corporel (adolescence, ménopause)...
L'étude du stress fait intervenir la médecine, la psychologie et la sociologie.
Ambiguïté du concept de stress, préambule à une définition
Chacun de nous à l’heure actuelle a pu utiliser le mot « stress » pour définir ce qu’il ressentait à un moment ou un autre de son existence et à l’heure actuelle, il est très à la mode d’appliquer ce terme à toutes sortes de situations de la vie autant publiques que privées.
Mais l’homme « de la rue » ne donne pas vraiment de définition précise du stress dans la mesure où il n’en a pas besoin puisqu’il le ressent déjà corporellement. Ainsi le stress, à un niveau de compréhension relativement restreint, est déjà compris intuitivement par chacun de nous. Malheureusement, cette évidence du ressenti sert d’alibi à une définition peu développée et non consensuelle.
La définition du stress est souvent liée au concept de performance. Cependant, le lien entre ces deux notions n’est pas si évident et ne trouve pas de consensus. En effet, pour certains individus, le stress est vital à leur performance, il décuple leurs chances de mener à bien ce qu’ils ont entreprit. C’est dans cette optique que l’on peut entendre certains dire que le stress- ou plutôt dans leur terme le « défi », la « motivation »- est la condition sine qua non de leur réussite socioprofessionnelle. Pour d’autres individus, le stress inhibe leurs capacités et les empêche de mener à bien ce qu’ils ont entreprit. Dans cette optique là, une quantité de thérapies anti-stress ont vu le jour sur le marché des services de bien-être. Ici, le stress est l’ennemi qu’il faut combattre à tout prix pour pouvoir accéder à une vie meilleure sous tous rapports.
On constate donc que la relation stress-performance, bien que toujours évoquée lorsqu’on parle de stress, n’est pas sujette à un consensus et pourrait provenir d’une définition du stress trop peu fouillée à la base ou encore d’une relation complexe mais intéressante à étudier entre le stress et la performance.
Au niveau scientifique, le problème du consensus est aussi présent et le concept de stress reste dans le vague, le global.
Une première source d’imprécision réside dans le fait que le terme stress « est déjà tout un programme puisqu’il désigne à la fois l’agent responsable, la réaction à cet agent et l’état dans lequel se trouve celui qui réagit » (Dantzer, 2002).
Une seconde source d’imprécision réside dans le fait qu’un grand nombre de disciplines se sont intéressées au stress et qu’elles ont toutes insisté sur les aspects leur tenant à cœur et en laissant tomber les autres. Ce qu’il faut comprendre cependant, c’est que le stress, hormis le fait qu’il soit tout à la fois la situation, l’état et la réaction, doit être expliqué selon un biais bio-psycho-social et relationniste puisqu’il est constitué d’une foule de facteurs, mécanismes ou encore réponses, tous bio-psycho-sociaux dont l’interaction demeure extrêmement complexe.
Le concept de stress
Le stress a souvent une connotation négative parce que les gens l’associent à la peur ou la colère, qui sont des émotions qui nous perturbent. Cependant, une grande joie, un grand succès peuvent aussi provoquer des réactions physiologiques (tension musculaire, fatigue, etc.). Il y a deux types de stress : le stress aidant, bénéfique pour notre organisme et le stress nuisible, gênant. Si le niveau de tension est adapté à la situation, à l’action, il est bénéfique. Si au contraire, il n’est pas adapté, disproportionné, il y aura encore plus de tensions et donc, des conséquences physiologiques et psychologiques.
Il faut savoir que le stress existe depuis très longtemps déjà. Les humains ont toujours dû faire face à des situations déstabilisantes et qui provoquent un déséquilibre. Aujourd’hui, nous connaissons ces nombreuses situations. Ce sont par exemple, nos inquiétudes concernant notre avenir économique, la vieillesse, la santé, le décès d’une personne proche, etc. La plupart du temps, nous nous contentons d’essayer de résoudre le problème sans essayer de savoir d’où il vient.
L’homme va donc percevoir les demandes de son environnement, les traiter, et tenter de réagir à ces dernières par le biais d’une gamme de comportements innés et acquis qui constitue un « potentiel personnel » de réponse, potentiel pouvant différer grandement d’une personne à l’autre. La plupart des chercheurs s’intéressant au stress s’accordent à dire que le stress a un rôle à jouer dans ce potentiel personnel de réponse. Cependant, c’est au niveau de la nature de ce rôle que les scientifiques n’ont pas trouvé d’accords.
Le stress pouvait avoir comme cause une excitation émotionnelle. Ainsi la non-spécificité serait due à des stimuli présentant un point commun qu’est l’émotion. Nous verrons par la suite que cette non-spécificité peut en effet être remise en doute, de même que le lien unique entre le stress et l’émotion.
Approche biologique du stress : historique et approche actuelle
Pour autant que l'on se souvienne, le mot stress, vient du latin stringere qui signifie « rendre raide », « serrer », « presser ».
Cette racine latine est reprise par la langue anglaise et en 1303 déjà, Robert Mannyng dans son livre « Handlyng Synne » parle du stress.
Au 17ème siècle, la notion de stress veut dire « état de détresse » et renvoie à l'idée d'oppression, de dureté de vie, de privation, de fatigue, d'adversité, de peine ou encore d'affliction.
Dès le 18ème siècle, le stress prend une connotation contemporaine en renvoyant à une force, pression, contrainte, influence, un grand effort de la matière, des organes et même du psychisme.
Le médecin physiologiste français Claude Bernard fut un des premiers à donner une interprétation des effets du stress sur notre comportement, en 1868. Selon lui, les réactions dues au stress visent à maintenir l’équilibre de notre organisme. Puis, Walter Cannon, un neurophysiologiste américain, appela cette recherche « homéostasie » (qui veut dire : « tendance des corps vivants à stabiliser leur organisme. ») .
Le mot « stress » est apparu autour de 1940. Au départ, c’était un mot anglais (qui a changé de signification par la suite) employé en mécanique ou en physique, qui voulait dire « force, poids, tension, charge ou effort ». Ce n’est qu’en 1963 que Hans Seyle utilise ce mot en médecine, et qui le définit comme étant « des tensions faibles ou fortes, éprouvées depuis toujours, et déclanchées par des événements futurs désagréables ou agréables » . C’est la notion moderne du stress que nous employons couramment aujourd’hui.
La science va prendre petit-à-petit ses droits sur la notion et l'on constate que le stress est tout d'abord utilisé en physique métallurgique avec la loi de Hooke qui stipule qu'une force extérieure (« load ») agissant sur un corps, provoque une tension de ce corps (« stress ») qui peut se transformer en déformation (« strain ») (Jürgen Nitsch, 1981, p43-38. In Maurer Milka, 1983).
La contrainte excessive exercée sur un matériau qui devient de ce fait fatigué, déformé, cassé rend toute tentative de retourner à l’état d’origine et alors vaine, puisque le matériau est beaucoup plus vulnérable qu’il ne l’était auparavant, comme un trombone qu’on aurait déplié et qu’il s’agirait de remettre en place. On voit donc qu'avec cette utilisation du mot stress, il y a déjà un lien créé avec une certaine forme d'adaptation où l'excès de stress rendrait le matériau plus vulnérable.
A partir de cette utilisation de la notion en métallurgie, une analogie se crée pour le vivant. Il survient alors l'idée que les situations excessivement agressives (load) provoquent un stress important pouvant entraîner des maladies physiques ou mentales (strain). C'est dans cette optique que William Osler (1849-1919), cardiologue, montre qu'un travail pénible et de lourdes responsabilités conduisent aux tourments et à l'anxiété dont la persistance peuvent entraîner des problèmes médicaux.
Dès le 20ème siècle, l'usage de la notion de stress aux organismes vivants va se généraliser, ceci sur la base de notions telles que l’homéostasie, concept créé à partir de la théorie cellulaire, et l’adaptation Darwinienne. Ce liage stress-homéostasie-adaptation va faire son chemin jusqu'à nos jours et produira une littérature abondante et féconde.
Le liage de ces trois notions constitue l'approche dite biologique du stress et va permettre d'expliquer à sa façon la fonction dans du stress qui est l'adaptation à l'environnement, ceci dans certaines limites, et donc qui sert au maintien de la vie.
Comme on vient de le dire, le modèle biologique attache beaucoup d'importance à l'adaptation Darwinienne. En fait, c'est le noyau dur de cette pensée. Pour résumer la théorie de Darwin, on dira que l’adaptation correspond à l’ensemble des corrélations internes et externes qui font qu’un organisme peut vivre d’une certaine manière dans un habitat donné, et y contribuer à la perpétuation de l’espèce à laquelle il appartient.
Cette adaptation se fait en faveur de la sélection naturelle qui prend la forme de problèmes qui sont posés à l’organisme qui, s’il n’arrive pas à les dépasser, le feront mourir. C’est ainsi que l’on peut résumer la sélection naturelle.
Maints auteurs ont pu montrer que s’adapter ou être adapté à un problème peut se faire de plusieurs manières. Et pour la théorie biologique du stress, ce dernier fait partie de l'effort adaptatif en préparant les organismes vivants à des réponses musculaires rapides et intenses augmentant par là même la capacité de fuir ou de lutter et donc de survivre.
Nous verrons par la suite les apports et les limites d'une telle explication, mais auparavant, nous devons retracer quelque peu le décor dans lequel cette théorie a pris place.
Homéostasie et adaptation
Hippocrate en reprenant la théorie pythagoricienne des humeurs prétend que toute « dyscrasie » ou rupture de l'équilibre normal est la cause de maladie. Hippocrate pose ainsi les bases du concept d'homéostasie et des conséquences de son dépassement.
Scientifiquement parlant, c’est en 1865 que Claude Bernard observe et décrit le concept d’homéostasie, sans toutefois le nommer comme tel : « Tous les mécanismes vitaux quelques variés qu’ils soient, n’ont toujours qu’un seul but, celui de maintenir l’unité des conditions de la vie dans le milieu intérieur ». Il y aurait donc une propriété essentielle chez les êtres vivants qui serait la faculté de maintenir la stabilité du milieu interne.
Cette constance du milieu intérieur est la condition « d’une vie libre et indépendante » face à un environnement toujours changeant, soulignant ainsi la fonction primordiale de l’homéostasie. L’homéostasie permet par exemple dans une certaine mesure à un homéotherme d’être indépendant de la température externe, chose qu’un poïkilotherme ne peut se permettre puisqu’il ne dispose pas de la thermogenèse et des processus thermolytiques pour réguler sa température interne. Par cet exemple, on comprend que l’homéostasie est obtenue non pas par un équilibre statique, mais plutôt mobile disposant de techniques de régulation pouvant gérer l’excès ou l’insuffisance.
Mais l’homéostasie ne s’arrête de loin pas qu’aux processus thermodynamiques, mais pour reprendre Claude Bernard, à « tous les mécanismes vitaux » (op.cit.).Il existe donc aussi une homéostasie chimique, alimentaire, etc. On peut ainsi citer entre autres le rôle prépondérant du système hypophysaire dont le stress entre autres dépend, ou plus généralement du système hormonal et ses multiples fonctions dans le maintien d’une homéostasie « globale ».
Dès 1878, Bernard montre que lorsque la stabilité du milieu intérieur est perturbée, il y a une vulnérabilité à la maladie. Bernard se situe donc dans la vision Hippocratique de la maladie, comme quoi le germe maladif n'est pas le seul facteur, mais qu'un dérangement de l'équilibre normal conduit à une fragilisation.
C’est Cannon Walter Bradford (1871-1945), physiologiste américain, qui crée le nom d’homéostasie à partir du grec (stasis : état, position et homoios: égal, semblable à) et il y inclura en outre la notion de stress.
A partir de l'observation sur des animaux des vagues de l'estomac et de l'intestin pendant la digestion et leurs modifications, voir disparition en cas de frayeur ou crainte, Cannon va s'intéresser aux réactions émotionnelles fortes et leur relation au corps.
En parallèle aux modifications de la digestion, Cannon observe d'autres dérèglements comme l'accélération du rythme cardiaque, l'augmentation de la sécrétion gastrique.
Dès 1915, dans « Bodily Changes in Pain, Hunger, Fear and Rage », Cannon énonce sa théorie de l'homéostasie sans s’écarter pour autant du concept expliqué par Claude Bernard : « Les êtres vivants supérieurs constituent un système ouvert présentant de nombreuses relations avec l’environnement. Les modifications de l’environnement déclenchent des réactions dans le système ou l’affectent directement, aboutissant à des perturbations internes du système. De telles perturbations sont normalement maintenues dans des limites étroites parce que des ajustements automatiques, à l’intérieur du système, entrent en action et que de cette façon sont évitées des oscillations amples, les conditions internes étant maintenues à peu près constantes [...]. Les réactions physiologiques coordonnées qui maintiennent la plupart des équilibres dynamiques du corps sont si complexes et si particulières aux organismes vivants qu’il a été suggéré qu’une désignation particulière soit employée pour ces réactions : celle d’homéostasie. » (The Wisdom of the Body, 1932).
Cannon va chercher la cause de cette homéostasie et il prouve par une série d’expériences sur l’animal que lorsque l'organisme est soumis à une violente émotion comme la peur ou la fureur, la production d’adrénaline augmente ( The Wisdom of the Body). Enfin, dans « Stresses and Strain of Homeostasis », article publié en 1935, Cannon décrit comment la médullosurrénale, productrice de l’adrénaline, permet de faire face aux changements de température, aux besoins énergétique ou encore aux variations de pression partielle de l’oxygène dans l’air.
Comme on peut le voir, Cannon associe les processus homéostatiques de maintien de la vie au phénomène du stress, ceci sur leur base d'une production d'adrénaline par la médullosurrénale.
Il convient alors de se demander, dans l'optique de ce travail, la raison du stress selon Cannon. Pour ce dernier, l'homéostasie est mise en danger si les substances essentielles manquent ou sont en excès (origines endogènes) ou encore si un facteur externe est délétère (facteurs exogènes) pour l'organisme. Cannon conçoit donc l'homéostasie comme ayant certaines limites dont la transgression provoque un stress, défini par Cannon comme un stimulus endogène ou exogène provenant du déséquilibre trop important de l'homéostasie. Chez Cannon, le stress se situe donc d'une certaine manière dans le pathogène car il est la conséquence de processus homéostatiques sollicités jusqu'aux limites de leurs marges d'adaptation fonctionnelle. Ainsi, à long terme, l'organisme est fragilisé, vulnérabilisé (position de Bernard et Hippocrate), et ne pourra reprendre sa capacité homéostatique d'origine. Pour prouver ce fait, Cannon citera les maladies carentielles qui une fois commencées rendent l'organisme plus faible à long terme, ceci même après une guérison.
Au niveau adaptatif à court terme cependant, le stress va conduire aux réactions de fuite ou de lutte qui sont la conséquence d'un hyperfonctionnement sympathique. Le stress a donc un rôle adaptatif essentiel à jouer car, « tout comme un matériau ne peut résister qu'à des contraintes modérées, l'homéostasie ne peut être maintenue que si les écarts à la normale restent relativement faibles. Au delà, des processus correctifs permettant de faire face sont nécessaires : c'est le stress ». (Dantzer, 2002). Le stress pour Cannon est donc le complément à l'homéostasie qui permet de réduire au maximum les dégâts déjà engendrés à l'organisme. C'est une réaction d'urgence à court terme qui favorise la fuite ou la lutte, c'est-à-dire l'évitement de la situation pathogène. Et en ce sens, le stress est fondamental à l'adaptation d'un organisme.
Le syndrome général d'adaptation ; la réaction physiologique face à la menace
Selon Eric (1994) ou encore Laborit, les réponses comportementales innées préservant l’intégrité de l’organisme face à la menace sont la fuite et l’attaque. Ce sont deux moyens d’éviter la situation menaçante. Dans cette optique, la réaction physiologique de stress est totalement adaptée à la favorisation de telles réponses. En effet, les réponses physiologiques de stress préparent l’organisme à la fuite, à l’attaque ou encore à l’endurance de la situation menaçante.
Hans Selye est le chercheur qui a rendu populaire la notion de stress physiologique. Il a pu montrer que lorsque l’équilibre homéostatique est perturbé par une demande environnementale, l’organisme réagit toujours par une double réponse. La première est spécifique et correspond à une réponse propre aux demandes environnementales, tandis que la deuxième est non spécifique car elle est identique en toutes situations. Cette dernière est une réponse innée et stéréotypée qui se déclenche d’elle-même dès que l’homéostasie est perturbée. Ainsi peu importe que l’agent stressant soit d’origine physique ou psychique, interne ou externe, objectif ou subjectif, plaisant ou déplaisant, la réponse non spécifique, physiologique, humorale et endocrinienne, sera toujours la même : « Le fait que l’agent (ou situation) que nous rencontrons soit plaisant ou désagréable n’est d’aucune importance ; la seule chose qui compte c’est l’intensité de la demande de réajustement ou d’adaptation ».
Cette réponse non spécifique, Selye a pu l’observer au cours de ses études médicales dans les années 20 (raconté dans « Le stress de la vie », 1975). En effet, Selye avait été frappé du fait que les diverses formes de réaction de choc observées en clinique – le choc des brûlés, le choc septique, le choc hémorragique, etc. – étaient toutes associées à des manifestations cliniques identiques, à savoir :
- une réduction da la taille du thymus, de la rate et des ganglions lymphatiques,
- des ulcérations gastro-intestinales,
- une augmentation de taille du cortex surrénalien,
- une diminution du nombre des lymphocytes dans le sang, ainsi que la disparition totale des éosinophiles.
En 1936 Selye retrouva ces mêmes symptômes chez des rats à qui il avait injecté des extraits placentaires et ovariens de vaches. À cette époque, il conclut que ces extraits doivent contenir une substance nocive dérangeant le receveur. Il va cependant s’apercevoir que la réponse organique sera toujours la même quel que soit l’injection. Selye va donc en conclure qu’il existe une réaction non spécifique, toujours la même, de l’organisme pour répondre à l’agression environnementale.
Selye va consacrer sa vie à l’étude de cette réaction non spécifique de l’organisme à toute demande qui lui est faite. Dès 1950, il l’appellera le « syndrome général d’adaptation » ou encore « stress ».
Le SGA représente pour son auteur l’ensemble des réactions de défense de l’organisme étant constant pour chaque individu. Ainsi chaque personne posséderait un SGA plus ou moins fort et ainsi aurait une capacité d’adaptation différente.
Trois grandes phases sont présentes dans le SGA : il y a tout d’abord la phase d’alarme avec son choc et contre-choc, la phase de résistance et pour finir la phase d’épuisement. Notez que les explications qui suivent sont pondérées de recherches plus actuelles qui agrémentent le discours de Selye.
La réaction d’alarme
Cette première phase est aussi appelée "phase de choc". En effet lorsque nous recevons le "stimulus stressant" (ce qui nous stresse, l'évenement) notre corps est confronté à un choc. Notre organisme va tout faire pour s'adapter à cette situation : cette phase correspond à la réaction par des phénomènes généraux non spécifiques face à la présence d’une demande environnementale d’adaptation à laquelle l’organisme n’est pas encore adapté. La réaction d’alarme commence tout d’abord par un choc, un état de surprise dû à l’agression, et qui altère l’équilibre fonctionnel. C’est un état de souffrance généralisé et intense qui rend l’organisme encore plus vulnérable à la demande d’adaptation qui lui a été faite. Cette phase peut durer de quelques minutes à 24 heures.
Si le choc ne conduit pas à la mort, l’organisme peut se ressaisir et met en jeu des moyens de défenses actives. C'est une réaction d'urgence à court terme qui favorise la fuite ou la lutte, c'est-à-dire l'évitement de la situation pathogène. La réponse endocrinienne et neurovégétative de cette phase, appelée « réponse sympathique ou hypothalamo-sympathico-adrénergique », peut être expliquée assez brièvement comme nous allons essayer de le faire.
Tout commence au niveau de l’hypothalamus. Par le biais du système nerveux sympathique, ce dernier stimule la médullosurrénale qui est la partie centrale des glandes surrénales (sur les reins). Cette dernière déclenche alors la sécrétion d’adrénaline et de noradrénaline. Pour plus de précision, la médullosurrénale peut aussi être activée par le système nerveux à différents niveaux autres que l’hypothalamus (région du cerveau située en dessous du thalamus, qui est le centre nerveux qui commande les fonctions vitales). En effet, le bulbe, la moëlle, la voie réflexe (zone sino-carotidienne, peau) ou encore le mécanisme humoral homéostatique (par la surveillance du taux d’adrénaline circulant dans le sang), sont aussi capables de stimuler la médullosurrénale (Jean Rivollier, sous la direction de Le Scanff et Bertsch, 1995).
Il est à noter en outre que l’hypothalamus est entre autres, en lien avec le cortex (analyse cognitive et perceptive), le système lymbique (intégration de l’expérience et des réactions affectives), etc. Il y aurait donc un lien entre la cognition, l’émotion, bref la perception d’une situation et la réaction de stress. Cependant, Selye n’a pas été aussi loin dans son développement en refusant l’importance de la perception de l’individu dans la réaction de stress.
Comme nous l’avons dit précédemment, après activation, la médullosurrénale se met en marche et produit l’adrénaline et la noradrénaline. Ces hormones augmentent la pression artérielle, accélèrent notre rythme cardiaque et notre respiration puis augmentent le taux de sucre dans le sang. A ce moment là, nos pupilles se dilatent et on voit mieux. La mémoire et la réflexion s’améliorent. Notre digestion est ralentie.
Ces dernières visent tout d’abord la mobilisation des stocks d’énergie par les procédés de lipolyse (destruction des graisses) et glycogénolyse (mise en circulation du glycogène de réserve, par hydrolyse) dans le but de fournir une énergie suffisante aux muscles. En outre, au niveau des muscles squelettiques, les catécholamines favorisent la dégradation du glycogène et la production de lactate. Au niveau du cœur, les catécholamines augmentent le débit cardiaque, la pression artérielle, le volume systolique, etc. Au niveau circulatoire, les catécholamines favorisent l’apport en oxygène des muscles au détriment des organes digestifs. Pour finir, les catécholamines stimulent la libération d’hormones au niveau de l’hypothalamus pour favoriser une reconstruction de l’énergie épuisée. Il est bien clair que la production de catécholamines a encore beaucoup plus d’effets que nous n’en avons mentionné. Nous avons dû cependant ne mentionner que les plus importants.
En conclusion, on peut dire que la production des catécholamines par la médullosurrénale vise la mobilisation puis la dépense de l’énergie dans une réaction d'urgence à court terme (réaction ne dépassant pas quelques minutes) qui favorise la fuite ou la lutte en permettant aux organes liés au mouvement, d’accroître leur fonctionnement.
La phase de résistance
Cette deuxième phase constitue l’ensemble des réactions non spécifiques provoquée par un agent stressant qui persiste et auquel l’organisme s’est adapté au cours de la phase de contre-choc.
Si le « stimulus stressant » persiste, notre organisme entame une phase de résistance. Il va essayer de rassembler des ressources pour trouver un nouvel équilibre. A ce stade, le stress est considéré comme bénéfique pour notre organisme. Par exemple, si un enfant doit réciter un poème devant la classe, il aura une poussée d’adrénaline. Ceci va améliorer sa mémoire et stimuler sa pensée. Ce sera bénéfique pour lui. Par contre, s’il accorde trop d’importance à ces conséquences, il va devenir plus nerveux, il aura plus de tension, etc. Ce ne sera pas favorable pour lui.
La phase d’alarme est très coûteuse pour l’organisme et ce dernier se doit de compenser les pertes d’énergie. Lors de la phase de résistance, la résistance vis-à-vis de l’agent stressant est accentuée.
Au niveau endocrinien et neurovégétatif, cette phase de résistance peut s’expliquer par l’activité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénal, mis en place dès la phase d’alarme : la sécrétion de corticolibérine ou « corticotropin releasing factor » par les noyaux antérieurs et latéraux de l’hypothalamus induisent une production de corticotropine (ACTH) par le lobe antérieur de l’hypophyse (adénohypophyse).
La présence de plus ou moins d’ACTH dans le sang, va moduler quant à elle la sécrétion de la corticosurrénale (couche périphérique de la glande surrénale) consistant entre autres :
- d’hormones métaboliques faites de glucocorticoïdes (cortisol, cortisone) destinées à mobiliser les réserves d’énergie sous forme d’hydrate de carbone. Par l’activation d’enzymes, la glycémie va être augmentée. À forte dose, les glucocorticoïdes sont anti-allergiques, anti-inflammatoire en inhibant le système immunitaire pour diminuer les réactions du corps face à l’endommagement des tissus.
- de minéralocorticoïdes (aldostérone et corticostérone) qui interviennent dans l’homéostasie ionique en favorisant par exemple la conservation du sodium dans le sang et les inflammations.
Par cette explication tributaire de la simplification, on voit donc bien que le corps est en recherche d’une nouvelle énergie, combat les inflammations possibles et cherche à renforcer ses manques notamment au niveau ionique. Il vise donc une résistance optimisée face à la situation aversive.
La phase d’épuisement, les maladies de l’adaptation
En revanche, si le stress continue et que notre organisme Nous sommes alors fatigués. La colère ou la dépression peuvent aussi apparaître. Le stress va non seulement avoir des effets physiologiques, mais aussi psychologiques. Quand la personne est face à une situation stressante, son comportement ainsi que sa perception de l’environnement sont modifiés.Mais il ne faut pas oublier que chaque individu réagit de façon différente face à une situation semblable. Ce qui peut être véritablement stressant pour nous, ne peut être que gênant pour quelqu’un d’autre. C’est notre façon de voir, de ressentir un événement qui le rend plus ou moins stressant. Il y a des incidents, des situations qui sont considérées comme étant stressantes en général par la plupart des individus.
Donc, si la demande adaptative persiste, il arrive un moment où l’organisme n’est plus à même de pouvoir s’adapter à ce qui lui est demandé; il est incapable de compenser les dépenses d’énergie, nos défenses immunitaires faiblissent en nous rendant plus sensible aux agressions externes. L’épuisement va se caractériser par un retour à la phase initiale de choc, mais cette fois les phénomènes d’épuisement l’emportent sur la défense active et peuvent conduire jusqu’à la mort ou la maladie.
L’épuisement provient du fait que l’organisme a dû fonctionner en surrégime et que par décompensation il dysfonctionne. Le cœur, les artères, l’estomac, les intestins ou les défenses immunitaires peuvent donner naissance à des maladies telles que les ulcères, l’hypertension voire l’infarctus, l’asthme, l’eczéma, le cancer, etc.
Le SGA a donc ses limites, des limites physiologiques qui font que l’organisme ne peut pas aller au delà de ses forces. Cette affirmation évidente est reprise par Holmes et Rahe (1963) qui montrent que la quantité d’unité de changement a une influence sur la santé de l’individu. Ainsi, pour 10 personnes comptant plus de 300 unités de changement en une année, 8 souffraient de problèmes de santé, comparativement à 3,3 pour des individus ne dépassant pas le seuil des 150 unités de changements. On conçoit donc bien avec les observations de Holmes et Rahe que le capital d’adaptabilité n’est pas infini comme nous pourrions le penser et que chaque cause provoquant une réaction de stress entame ce capital.
Deux exemples prégnants s’offrent à nous pour illustrer cette idée ; tout d’abords l’affaiblissement du système immunitaire par le SGA et puis l’effet du stress sur le cerveau :
Comme on a pu le voir précédemment, le système immunitaire est grandement affecté lors du déclenchement du syndrome général d’adaptation. De nombreuses expériences sur l’animal et sur l’homme ont pu montrer ce fait, et selon Baer et al., le cortisol en serait la conséquence. Il y aurait donc une fragilisation de la réponse immunitaire et donc de la défense de l’organisme face à des corps étrangers à l’organisme.
Selon Baer et al., le cortisol serait aussi la cause de modifications au niveau du cerveau. En effet, le cortisol, produit par la corticosurrénale, monterait jusqu’au cerveau par le sang pour se loger dans le cytoplasme de nombreux neurones. Fort de ce propos, Steve Kerr et al., (IN : Baer) ont pu montrer qu’un des effets du cortisol à l’intérieur des neurones était qu’il permettait l’entrée d’un plus grand nombre de ions calcium (CA+). De cette manière le cortisol pourrait permettre au cerveau de mieux réagir au stress. Cependant, un stress chronique (dû à n’importe qu’elle demande) serait aussi à la base d’atteintes contre le cerveau, car une surcharge de calcium à l’intérieur de la cellule conduit à l’excitotoxicité, c’est-à-dire à la mort du neurone par un processus combiné et sans fin de rentrée de calcium à l’intérieur de la cellule, ce qui crée la libération de glutamate, ce dernier favorisant la rentrée de calcium en dépolarisant le neurone, etc. Par pression osmotique, la cellule se gorge d’eau et si les pompes ATP ne peuvent résorber le surplus d’eau, alors c’est l’explosion. En outre, le calcium stimule des enzymes internes à la cellule qui dégradent les protéines, les lipides et les acides nucléiques de la cellule ! Inutile donc de dire qu’un stress trop important fait vieillir prématurément le cerveau.
Mais les dégâts causés par le stress ne sont pas dus qu’au cortisol, l’adrénaline peut aussi jouer des mauvais tours à l’organisme comme une hypertension et des troubles cardio-vasculaires, des ulcères, etc. En outre, l’asthme, le cancer peuvent aussi résulter d’une trop grande exposition aux facteurs stressants.
En fait, avec le SGA, tout est question de ne pas dépasser la capacité d’adaptation de chacun. Si l’individu reste dans les marges d’adaptabilité de son corps, alors le risque que le corps dysfonctionne diminue, comme ont pu le montrer Holmes et Rahe.
SGA, les limites de la non spécificité
Après l’étude du syndrome général d’adaptation, on peut dire que les deux fonctions principales de ce dernier sont en un premier temps l’évitement de la situation provoquant le stress par une favorisation de courte durée du mouvement grâce aux catécholamines, puis en un deuxième temps, par une réponse différée mettant en jeu les glucocorticoïdes qui augmentent l’endurance à l’agent stressant et non plus son évitement par la fuite ou la lutte.
Pour autant que l’organisme n’atteigne pas la phase d’épuisement, le syndrome général d’adaptation de Selye paraît être bénéfique pour la survie de l’individu, en tout cas dans certains domaines ; on a tous à l’idée des exemples de situations d’urgence où le stress s’est avéré utile en décuplant la force de certains, en évitant la perte de sang trop importante pour d’autres, ou encore en favorisant une fuite rapide, etc. Cependant, parce que le SGA reste, pour Selye, une réponse non différenciée et générale, plusieurs problèmes peuvent survenir :
On a vu par exemple précédemment que la réaction de contre-choc permettait un accroissement du fonctionnement des organes en relation avec le mouvement, comme les muscles de déplacement, de la respiration, le cœur, etc., ceci dans un but d’éviter la situation pathogène en luttant ou en fuyant. Dans cette logique, la réaction de contre-choc est très pratique pour autant que la demande puisse être résolue en terme de fuite ou de lutte, c’est-à-dire en terme de mouvement. Cependant, quant est-il lorsque nous ne pouvons résoudre les demandes environnementales par le mouvement pur et simple, mais plutôt par un travail cognitif ? Cette question n’est pas vraiment entrevue dans l’approche de Selye ; le syndrome général d’adaptation reste toujours le même et sa phase d’alarme suit cette logique. Dans cette optique, la personne stressée par une demande d’ordre intellectuel qui ne permettrait pas d’être résolue par la fuite ou la lutte verrait tout de même la même phase d’alarme se déclencher chez elle. En suivant toujours ce même raisonnement, le SGA ne serait pas à même d’aider la personne en voie d’ajustement face à une demande intellectuelle, bien au contraire, elle pourrait même l’en empêcher.
Seulement, on a tous à l’idée des exemples de personnes trouvant une force intellectuelle supplémentaire à travailler sous pression. Ainsi, on pourrait se poser la question de savoir si le SGA, tel que décrit par Selye, est vraiment général et non pas modulable selon la situation. Deux éléments nous permettent d’affirmer ce fait. Tout d’abords la présence de liens neuronaux entre l’hypothalamus, grand responsable du déclenchement des réponses de stress, et le cortex ou encore le système lymbique, tendrait à faire penser qu’il existe des attaches entre la perception d’une situation et la réaction de stress face à cette dernière.
Un deuxième élément permettant d’affirmer la modularité de la réaction de stress réside dans le fait que certains auteurs comme Cox et Cox (1985) ont pu observer des réponses neurovégétatives et endocriniennes différentes selon la situation vécue par l’organisme. On constate donc ici que le modèle primaire de Selye est peut-être un peu dépassé. Nous en reparlerons plus tard lorsque nous aurons donné une définition cognitive du stress, de même qu’une tentative de regroupement des visions biologique et psychologique.
Symptômes physiologiques et psychologiques dûs au stress
Symptômes physiologiques:
• Lassitude, fatigue, léthargie, sommeil difficile.
• Palpitations cardiaques, pouls accéléré, respiration haletante, hypertension artérielle.
• Tensions et douleurs musculaires, urination fréquente.
• Tremblements, frissons, tics, spasmes, pieds et/ou mains glacés.
• Brûlures/crampes d’estomacs, indigestions, diarrhées, nausées,perte d’appétit,boulimie, constipation.
• Bouche et gorge desséchées, diminution de la libido.
• Essoufflement, hyperventilation.
• Transpiration excessive, mains moites, poussée d’acné, urticaire, démangeaisons.
• Rongement des ongles, gestes désordonnés, tortillement ou arrachement des cheveux.
• Utilisation croissante d’alcool et/ou de drogues et de médicaments.
Symptômes psychologiques:
• Irritabilité, impatience, colère, hostilité, agacement, hypervigilence, agressivité.
• Inquiétude, angoisse, panique.
• Sauts d’humeur, tristesse, dépression, énervement.
• Obsessions ou pensées accablantes.
• Amnésie, difficultés de concentration, indécision.
• Absence fréquente du lieu de travail, baisse de productivité.
• Impression d’être accablé, perte du sens de l’humour.
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Selon des statistiques faites aux États-Unis, 75 à 90 % des gens qui consultent un médecin généraliste, souffrent de douleurs ou d’autres problèmes liés au stress. Chaque semaine 112 millions d’Américains prennent des remèdes, des médicaments pour lutter contre le stress. En effet, le stress peut affecter presque toutes les fonctions de notre corps. Il peut également contribuer à empirer, aggraver certains symptômes de maladies.
Le stress cible principalement nos muscles. Lorsque nous sommes stressés, ceux-ci se durcissent et se contractent, provoquant une tension. Cette tension musculaire va affecter les nerfs, les vaisseaux sanguins, les organes, la peau et les os. Si nos muscles sont contractés en permanence, ils emmènent un grand nombre de séquelles, comme des spasmes musculaires, des crampes, des douleurs faciales ou dans la mâchoire, des grincements de dents, des grelottements. Ils entraînent aussi des maux de tête, des douleurs dans la cage thoracique et des douleurs dorsales.
Le stress est considéré comme le principal facteur de risque de maladies cardiaques. Ces maladies tuent plus d’hommes de 50 ans et de femmes de plus de 65 ans que n’importe quelle autre maladie ! Il peut également affecter la sécrétion d’acide dans notre estomac et la contraction rythmique ses muscles, empirer les signes d’inflammation intestinale et les colites (douleur qui résulte d’une inflammation du colon).
Approche psychologique du stress
Avec l’approche biologique du stress, nous avons vu que lorsque l’organisme doit s’adapter à une demande environnementale, le corps dispose d’ajustements physiologiques non spécifiques répondant à cette demande. On se rappelle que pour l’approche biologique du stress, il importe peu que l’agent stressant soit d’origine physique ou psychique, interne ou externe, objectif ou subjectif, plaisant ou déplaisant, puisque la réponse non spécifique est toujours la même et que la seule chose qui compte c’est l’intensité de la demande de réajustement ou d’adaptation.
Comme ont pu le remarquer maints chercheurs, les organismes ne réagissent pas de la même façon lorsqu’ils sont confrontés aux mêmes événements. Par exemple, certains individus tomberont malades, alors que d’autres non (Holmes et Rahe, 1963). Il y aurait donc des variables individuelles rentrant en ligne de compte lorsqu’on parle de stress. L’approche biologique a pu expliquer ces différences individuelles par le biais d’une capacité d’adaptation différentes chez chaque individu. Cependant, d’autres expériences comme celle de Friedman et Rosenman avec leur pattern comportemental de type A (1959) ont montré que ces différences individuelles ne peuvent être expliquées seulement par une capacité d’adaptabilité différente, mais aussi dans le fait que par un acte de pensée différent, certains individus parviennent à moduler leur stress. De cette manière le stress physiologique est diminué.
D’autres expériences, comme les effets du bruit sur l'exécution de certaines tâches, montrent aussi l’importance de variables contextuelles. En effet, un niveau sonore habituellement considéré comme stressant et perturbant peut aider à maintenir un niveau de performance lorsque les sujets sont fatigués comme a pu le montrer entre autres Broadbent (1971). L’approche biologique est incapable d’englober une telle découverte puisque pour elle le contexte n’est pas important. Les résultats prouvent malgré tout qu’il l’est.
En outre, comme ont pu le montrer Scott et Howard en 1970, « Certains stimulus, en vertu de leur signification particulière pour certains individus, sont susceptibles de ne provoquer des problèmes qu'à une partie des personnes ; alors que d'autres stimulus, de part leur signification plus largement partagée, provoqueront des problèmes à un plus grand nombre de personnes ». Il y aurait donc aussi des variables socioculturelles lorsqu’on parle de stress.
La relation de cause à effet stresseur => stress est donc remise en cause petit-à-petit et on se rend compte qu’il faut ajouter quelque chose à l’explication, c’est-à-dire la perception, au sens phénoménologique, qu’a l’individu de la demande qui lui est posée. Les chercheurs sur le stress vont alors aussi se pencher sur cette perception individuelle du stress en cherchant à mieux comprendre sa construction, mode de fonctionnements, ses racines, ses effets sur l’organisme, etc.
Le traitement de l’information, l’approche cognitive du stress
Lazarus (1984) est un des leaders de l’explication psychologique, il est le premier à montrer que le stress ne peut être envisagé par un simple lien de cause à effet du type « stresseur => stress » mais qu’il y a un phénomène perceptif dynamique et individuel qui ne est plus important que l’agent provoquant le stress lui-même. Selye a d’ailleurs bien compris les manques de sa théorie à ce niveau en disant à la fin de sa vie : « le stress, ça n’existe pas, c’est une abstraction ». Par cette phrase, il tend à souligner que l’agent stressant n’est pas celui objectivé dans la nature, mais plutôt celui qui est perçu par l’individu. L’individu n’est donc pas passif, il va rechercher activement des informations en donnant du sens à ce qui l’entoure, en privilégiant certaines informations provenant de l’environnement, tout en en oubliant d’autres. C’est ainsi qu’après des années d’études du stress à partir d’un pôle uniquement biologique, l’explication psychologique fait surface pour améliorer les manques de la précédente.
Le traitement de l’information est constitué de plusieurs variables, comme on a pu le voir précédemment : l’individualité, le contexte ou encore l’approche socioculturelle de tel ou tel événement, font partie de ces variables entrant en ligne de compte dans le traitement de l’information.
Voici un schéma (inspiré de Paulhan et Bourgeois, 1995. p 52.) qui montre le traitement de l’information envisagé par l’approche psychologique du stress :
Image:Stress1.gif
Pour faire court, on peut dire que le stress ici est « un état psychologique issu de la perception d’un déséquilibre entre les attentes perçues et l’autoévaluation de ses propres capacités à rencontrer les exigences de la tâches ». Cette définition de Jacques Larue (sous la direction de Le Scanff et Bertsch, 1995) montre que le stress est ressenti par l’individu lorsque ce dernier ne se sent pas à la hauteur des demandes qu’il perçoit. Cette définition n’introduit cependant pas toute la dimension quantitative du stress, dimension modulée au niveau d’un traitement de l’information très complexe dont nous allons essayer d’en comprendre au mieux les fondements.
Lorsqu’un individu est soumis à une demande environnementale, ce dernier procède, souvent de manière inconsciente, à une évaluation cognitive (cognitive appraisal). Lazarus et Folkman (1984) distinguent deux sortes d’évaluation. Il y a d’abords l’évaluation de la situation même. Cette première évaluation (primary appraisal) se fait à partir de caractéristiques personnelles appelées ressources ainsi qu’à partir de la perception de certains facteurs environnementaux. Cette évaluation est une première ébauche de la situation telle qu’elle est perçue par l’individu. En second lieu, une seconde évaluation (secondary appraisal) est faite par l’individu, elle consiste en l’estimation de ses propres capacités à faire face à la demande. Cette estimation se fait sur la base de différentes simulations internes pour « faire face » (coping) au mieux à la demande. Après le choix d’une stratégie, l’individu peut réévaluer la situation une nouvelle fois. L’approche de Lazarus et Folkman inclut donc une dynamique cyclique en intégrant un feed-back permettant au sujet de savoir si sa stratégie est efficace. Ce concept est intéressant dans la mesure où dès le moment où le sujet se croit capable de contrôler ou s’accoutumer à la situation qui demande adaptation, alors cette dernière perd son effet perturbateur sur l’organisme.
Avec le schéma précédemment vu, on constate que le traitement de l’information dans le cas d’une situation stressante découle de plusieurs variables. Nous allons les expliquer brièvement.
Les ressources personnelles
Les ressources personnelles contribuent à faire en sorte que chaque individu réagisse différemment au stress. En s’appuyant entre autres sur Dorhenwend et Dorhenwend (1974. In Paulhan et Bourgeois, 1991, p.34), on peut dire que les ressources personnelles pour faire face à une situation de crise, sont multiples. Citons-en quelques unes :
- Les seuils de perceptions psychologiques et biologiques ;
- l’intelligence, qui peut favoriser une évaluation plus approfondie autant de la situation que de ses propres capacité à y répondre ;
- Les types de personnalité notamment entrevus dans les observations de Matthews et al. (1982. In Spencer, 2000) ainsi que Holmes et Will (1985. In Spencer, 2000). Ces auteurs montrent qu’il existe plusieurs types de comportement ayant des buts d’existence fondamentalement différents. Ainsi un comportement de type A serait caractérisé par un sentiment d’urgence, de compétitivité et d’hostilité, alors qu’un comportement de type B serait plutôt la recherche du temps libre, du plaisir, de la réalisation de soi, etc. Ces types de comportement seraient responsables d’une évaluation différente de la situation et de capacité individuelles. Le taux de stress serait alors changé. D’autres pans de personnalité auraient en outre aussi une influence sur la réaction de stress, comme c’est le cas avec l’extraversion ou l’introversion (Dennebaker et Susman, 1986. Dennebaker et O’Heron, 1984. In Spencer, 2000)), où les personnes ne pouvant parler de leurs problèmes sont plus victimes de maladies ;
- l’état psychologique-physiologique (cognitif et émotionnel), qui interfère énormément dans l’évaluation autant de la situation que de sa propre personne. Ainsi une personne déprimée sera bien moins à même de faire une double évaluation en sa faveur ;
- l’expérience passée, puissant modulateur de stress qui permet autant de relativiser que de dramatiser la situation présente;
- Les croyances, dont des croyances irrationnelles (Albert Ellis, 1977, 1985, 1987. In Spencer. 2000) qui sont des « ouverture à la détresse », parce que créant un stress supplémentaire. Ces croyances sont du type : « tout le monde devrait m’aimer », ou encore « je devrais être le meilleur au moins dans un domaine », etc. D’autres formes de croyance peuvent aussi moduler notre stress, comme le fait de croire en Dieu, en la Science, en l’Amour, etc. Ces croyances nous aident à supporter les aléas de l’existence, ils fixent une base solide sur laquelle reposer dans un environnement en perpétuel mouvement.
- Le lieu de contrôle ou « locus of control » est un sentiment caractéristique différent chez chacun et relatif à la croyance irrationnelle de maîtriser (lcd interne) ou non (lcd externe) son existence. Il paraît bien évident qu’un lieu de contrôle interne est un puissant modérateur de stress, tandis qu’un lcd externe favorise une réaction de stress exacerbée. En outre, les individus disposant d’un lcd interne avec un haut degré d’attente d’efficacité sont encore moins sujets au stress que ceux qui n’ont guère confiance en eux.
- Le sens de l’humour, prédisposant celui qui en a une meilleure résistance aux situations stressantes.
- etc.
Les ressources personnelles sont donc, comme on peut le voir, multiples. Ces ressources sont toutes plus ou moins différentes chez chaque individu et il se peut aussi que certaines ressources soient partagées plus que d’autres. Pourtant, si l’on dressait le profil psychologique des ressources de chacun, il y a de fortes chances pour que chaque individu soit différent des autres. Cette différence pourrait être une explication de la diversité des réponses en situation stressante.
Les facteurs environnementaux
Certains facteurs environnementaux sont pris en compte par l’individu, d’autres non. Un autre individu pourrait tout à fait s’appuyer sur d’autres indices situationnels pour donner sens à ce qu’il perçoit. En fait, tout dépend de ce qui est prégnant pour lui. Ce qui fait sens pour l’individu dépend de ses propres ressources personnelles.
Les caractéristiques de la situation, le soutien social perçu, les influences socioculturelles, l’âge, le niveau socioculturel, la profession, etc. peuvent être des classes d’indices utiles à l’individu pour son évaluation de la situation.
Certains facteurs environnementaux servent d’indices presque chaque fois qu’ils sont présents dans la situation qui demande adaptation, et ceci par presque tous les individus. C’est notamment le cas de la prévisibilité et de l’habituation :
La prévisibilité permettrait de réduire les effets du stress comme a tenté de le prouver Weiss (1972) avec son expérience sur des rats. Dans cette expérience la variable indépendante était la possibilité ou non de prévoir une décharge grâce à un signal lumineux puis d’appuyer sur un bouton pour arrêter cette décharge. La variable dépendant était la grosseurs moyenne des ulcères et il fut évident que les rats les plus touchés par des lésions stomacales étaient ceux qui n’avaient pas été avertis à l’avance. Cependant, d’autres études (Laborit) ont pu montrer que le fait d’être averti d’un danger et de ne pas pouvoir agir sur lui était encore pire que le fait de ne pas pouvoir agir sans être averti. Ainsi la prévisibilité est un modérateurs de stress pour autant que l’organisme se sente en mesure de contrôler l’agent stresseur.
L’habituation, modérateur du stress, est un « terme désignant la diminution progressive et la disparition d’une réponse normalement provoquée par un stimulus lorsque ce dernier est répété. [..]. Le terme d’habituation s’emploie pour une réponse inconditionnelle non apprise, telle que la réaction d’orientation observée lorsqu’un stimulus nouveau apparaît dans le champ perceptif » (Richard, 2002). Ainsi dans l’exemple d’un stress, la chronicité de celui-ci désensibilise en partie l’organisme, ce qui permet une approche moins stressante de l’agent provoquant le stress.
En conclusion, on peut donc dire que certains indices environnementaux sont utilisés par tout le monde dès que c’est possible, tandis que d’autres seraient en fonction d’un consensus moins largement partagé et dépendant par exemple de la culture, de la profession, d’une certaine croyance, etc.
Les stratégies de coping et stratégies d’ajustement:
Le mot « coping » vient du verbe anglais « to cope with » dont il faut retenir la signification de « faire face à ». Selon Lazarus (1984), les capacités à « faire face » ou « coping » correspondent à l’ensemble des pensées et des actes développés par le sujet pour résoudre les problèmes auxquels il est confronté et ainsi de réduire le stress qu’ils engendrent, le coping vise donc la minimisation du lien stress-détresse.
Le coping est toujours présent lorsque l’individu a perçu une demande d’adaptation et comprend beaucoup de processus autant conscients qu’inconscients.
Au niveau inconscient, nous pouvons citer les mécanismes de défenses observés par Freud comme le déni, le déplacement, l’agressivité objectale, l’intellectualisation, etc.
Les processus de coping conscients sont soumis aux lois de l’apprentissage, on les appelle alors les stratégies d’ajustement au problème. Ces stratégies sont constituées de trois grandes classes : les stratégies d’ajustement axées sur le problème, axées sur les émotions et pour finir sur l’hygiène de vie (Spencer, 2000).
Les stratégies d’adaptation axées sur le problème visent toutes la diminution ou l’élimination du stress par un acte cognitif et comportemental en agissant directement sur la source de stress. L’attaque, l’évitement, les techniques de résolutions de problèmes sont toutes des stratégies axées sur la résolution du problème. Des fois cependant, le problème ne peut être changé et il faut s’en accoutumer tant bien que mal. Les stratégies d’adaptation axées sur les émotions peuvent rendre alors un grand service à l’individu. Elles correspondent à une stratégie cognitive et émotionnelle qui permet de diminuer, voire d’éliminer le stress en percevant la source de stress différemment. La relaxation, l’humour, l’expression des émotions, la comparaison sociale, sont des stratégies d’adaptation axées sur l’émotion. Pour finir, les stratégies d’adaptation axées sur l’hygiène de vie favorisent la prévention à la guérison. En pleine forme l’individu sera plus à même de supporter les demandes environnementales.
Une approche cognitivobiologique du stress et sa fonction dans l’adaptation
L’explication biologique ne nous a paru pas suffisante pour expliquer un concept aussi complexe que le stress. En effet, comme nous l’avons vu, une telle explication n’inclut à aucun moment le psychisme de l’organisme qui perçoit la situation selon certains cadres de pensée ; dans l’explication biologique du stress la réaction de stress est directement liées à une situation provoquant la stress, cette dernière tenant lieu de référant objectif vis-à-vis du stress ressenti.
Cependant, comme on peut le constater par la suite même avec des procédés aussi simples évolutivement parlant que l’habituation, la réaction de stress est toujours fonction d’une demande perçue par l’organisme, et non en fonction de la demande objective elle-même. Cette position est en accord avec la pensée cognitiviste qui pense qu’entre la situation réelle et la réaction de stress, il y a tout un traitement de l’information, fondamentalement différent chez chacun, et qui serait capable de moduler le stress ressenti.
Une autre limite de l’explication biologique a déjà en outre été mentionnée, c’est le concept de non spécificité de la réaction de stress ; c’est une réponse innée et stéréotypée qui se déclenche d’elle-même dès que l’homéostasie est perturbée. Ainsi peu importe que l’agent stressant soit d’origine physique ou psychique, interne ou externe, objectif ou subjectif, plaisant ou déplaisant, la réponse non spécifique sera toujours la même. Si l’on se souvient nous avions remis en doute cette non spécificité de la réaction de stress pour deux raisons principales.
Premièrement le lien entre hypothalamus et cortex en plus du système lymbique laisse présager que ce n’est pas seulement la quantité d’adaptation demandée (par le biais des émotions) qui est transmise à l’hypothalamus, mais aussi la qualité de cette adaptation par une perception provenant du cortex.
En deuxième lieu, plusieurs auteurs nuancent les travaux de Selye, et mettent en évidence des patterns de réponses au stress présentant des différences. Par exemple, Cox & Cox (1985. In Rivollier, sous la direction de Le Scanff et Bertsch, 1995) observent des différences de réponse sécrétrices d'adrénaline et de noradrénaline à diverses situations de stress. Ils montrent également une sensibilité de sécrétion en fonction des caractéristiques du travail telles que le mode de rémunération et la cadence de travail. La conclusion de cette étude est que l'activation de noradrénaline est en relation avec l'activité physique, les contraintes psychologiques et les frustrations engendrée par les types de tâches, alors que l'activation d'adrénaline est liée au sentiment d'effort et de stress.
Au niveau de l’explication physiologique, les conclusions de Cox et Cox sont très intéressantes. En effet, noradrénaline et adrénaline, bien qu’ayant la même fonction durant la phase d’alarme, n’ont pas le même potentiel de transmission de l’information : l’action de l’adrénaline est une forme atténuée de l’action noradrénergique. Ceci s’explique par une moins grande sensibilité des récepteurs noradrénergique alpha pour l’adrénaline.
Ainsi, l’hypothèse que l’on peut faire ici est que le fait que la médullosurrénale diminue la production de noradrénaline au profit de l’adrénaline, pourrait conduire à une phase d’alarme diminuée avec les avantages que cela peut apporter dans certains situations.
Non spécificité de la réponse et objectivisme « contre-phénoménologique », sont donc les deux grandes critiques que l’on peut faire à l’explication biologique et surtout l’explication de Selye.
La position cognitiviste quant à elle, n’a pas eu le même genre de problèmes. Elle a eu cependant de la peine à relier le psychisme aux points forts de l’explication biologique et c’est ainsi que l’on a pu voir des définitions du stress excluant le pôle physiologique du stress, comme c’est le cas avec la position de Jacques Larue (sous la direction de Le Scanff et Bertsch, 1995) : « un état psychologique issu de la perception d’un déséquilibre entre les attentes perçues et l’autoévaluation de ses propres capacités à rencontrer les exigences de la tâches ».
Mais le stress, c’est aussi un état physiologique comme peuvent nous le montrer de multiples exemples de la vie quotidienne. D’ailleurs des auteurs tels que Selye ont pu montrer l’impact du stress sur le corps avec les maladies dites « de l’adaptation ». De ce fait, on ne peut rayer le pôle biologique du stress et l’on se doit de l’intégrer à une définition englobante.
Si l’on regarde la littérature sur le stress, il y a eu relativement peu d’essais entrepris pour relier précisément les deux explications. Nous allons essayer d’en donner une comme hypothèse et qui rassemble ce que l’on a vu depuis le début de ce travail :
Image:Stress2.gif
Ce schéma montre une imbrication des définitions psychologique et physiologique du stress.
Tout commence par la perception de la situation constituée d’un traitement cognitif et émotionnel de l’information. Ce traitement de l’information est constamment remis à jour.
Le pôle émotionnel du traitement de l’information est en relation avec l’activation de la réaction de stress physiologique comme a pu le montrer Cannon en observant qu’une émotion déclenchait la sécrétion de catécholamines, provoquant ainsi la réponse immédiate du syndrome général d’adaptation. Au niveau physiologique, l’émotion pourrait transmettre comme information à l’hypothalamus, la quantité d’ajustement (adaptation) à fournir.
Le pôle cognitif du traitement de l’information pourrait transmettre des informations à l’hypothalamus sur la nature de la situation perçue. Ce renseignement pourrait permettre par la suite une plasticité de la réponse de stress en fonction de la situation.
Sans pour autant rentrer plus en avant dans les détails physiologiques- cela prendrait trop de temps- l’apport principal de ce schéma est qu’il lie d’une manière directe le traitement de l’information, cognitifEmperor Gotoba of JapanEmperor Go-Toba (後鳥羽天皇 Go-Toba Tennō) (August 6, 1180 – March 28, 1239) was the 82nd imperial ruler of Japan, according to the traditional order of succession. He reigned from August 20, 1183 - January 11, 1198). His personal name was Takahira (尊成). He was known as a calligrapher, painter, musician, poet and editor.
Genealogy
He was the fourth son of Emperor Takakura, and thus grandson of Emperor Go-Shirakawa. His mother was Bōmon Shōkushi (坊門稙子) (Empress Dowager Shichijō-in, ), daughter of Bōmon Nobutaka (坊門信隆) of the Fujiwara clan.
- Empress (chūgū): Empress Dowager ?? (宜秋門院) Kujō Takako (九条任子), daughter of regent Kunō Kanezane (九条兼実)
- Empress Dowager ?? (春華門院) Imperial Princess ?? (昇子内親王) - 1195-1211
- Empress Dowager ?? (承明門院) Minamoto no ?? (源在子), adopted daughter of Lord Keeper of the Privy Seal Minamoto no Michichika (内大臣源通親)
- Imperial Prince Tanehito (Emperor Tsuchimikado) (1196-1231)
- Empress Dowager Nobuaki? (修明門院) Takakura Shigeko (高倉重子)
- Imperial Prince Morinari (守成親王), (Emperor Juntoku) (1197-1242)
- Imperial Prince Masanari (雅成親王) (1200-1255) (exiled after Jōkyū Incident)
- Court Lady Bōmon, daughter of Lord Keeper of the Privy Seal Bōmon Nobukyo (?, 坊門信清)
- Imperial Prince Nagahito (長仁親王) (1196-1249)
- Imperial Princess Reiko (礼子内親王) (1200-1273)
- Imperial Prince Yorihito (頼仁親王) (1201-1264) (exiled after Jōkyū Incident)
- Court Lady ? (丹波局)
- Imperial Princess Hiroko (煕子内親王) (Fukakusa Saigū, served at Ise Shrine during the reigns of Emperors Emperor Juntoku and Emperor Chūkyō) (1205-??)
Life
Go-Toba took the throne at the age of three, after his brother, Emperor Antoku, himself only five, was forced to abdicate during the Genpei War. His grandfather ex-Emperor Emperor Go-Shirakawa reigned as cloistered emperor. Shortly after Go-Toba took the throne, in 1192 Go-Shirakawa died and the first shogunate was established by Minamoto no Yoritomo. This meant that the emperor became a figurehead with little or no real power. In 1198, the shōgun forced Go-Toba, who was still in his teens, to abdicate. Two of Go-Toba's sons succeeded him on the throne, but they were each in turn also forced to abdicate. Go-Toba reigned as cloistered Emperor from 1198 till 1221 during reigns of three emperors, but his power was more limited than former cloistered Emperors in the Heian era. In 1221, the shōgun installed Go-Toba's three-year-old grandson, Emperor Chūkyō, as emperor, but Go-Toba chose to stage a rebellion in an attempt to reclaim the throne and overthrow the Kamakura shogunate. This is known as the Jōkyū War after the era in which it occurred. Samurai around Kyōto who were against the Shogunate supported him but most of samurai, particularly in Kantō supported the Shogunate with encouragement of Hōjō Masako, the widow of Yoritomo. She persuaded samurai gathering in Kamakura that if they would not support the Shogunate, then the contemporary status and priveleges that samurai had attained would be lost, and the court and kuge would regain their power and influence. Go-Toba's rebellion was defeated and Chūkyō was replaced as emperor by Go-Horikawa, a nephew of Go-Toba.
kuge
Go-Toba was a great lover of swords, and over the course of several years summoned the most talented swordsmiths in the land to his court where they were given honorary titles and invited to teach the emperor their craft. He became a respectable swordsmith himself, and it was his patronage and encouragement of this art that gave birth to Japan's 'Golden Age' of swordsmithing. His contribution to the art is still held in such high esteem, that even today a tradition is maintained in sword literature that he is the first swordsmith to be discussed.
His greatest contribution to literature is the Shinkokinshū (The New Anthology of Ancient and Modern Waka). He ordered its creation and took part in the working group as an editor. He revived the Office of Waka (和歌所) and made it the headquarters of this edition. He held many utakai (waka parties) and utaawase (waka competitions).
After the rebellion Go-Toba was exiled to the Oki Islands. He died and was buried there. Later a part of his body was buried in Ohara, Kyōto.
Eras of his reign
- Juei
- Genryaku
- Bunji
- Kenkyū
Go-Toba
Go-Toba
Go-Toba
Go-Toba
Go-Toba
ja:後鳥羽天皇
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