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Titulus
Le tilde est un signe diacritique de l'alphabet latin utilisé en castillan (ñ), en portugais (ã, õ), en guarani (ã, ẽ, g̃, ĩ, ñ, õ, ũ, ỹ), en breton (añ) et dans d'autres langues. Il sert aussi, quand il a une chasse, de signe de ponctuation permettant de séparer des éléments en opposition (en phonologie, par exemple : /s/ ~ /z/ → « le phonème /s/ s'oppose au phonème /z/ »).
Titulus paléographique
On trouve fréquemment en paléographie latine un signe, nommé titulus, le plus souvent tracé comme un trait suscrit devenant par la suite ondulé, signalant, entre autres fonctions, qu'une lettre a été omise dans l'écriture pour économiser de la place. Ce signe est devenu très fréquent comme marque abréviative dans les manuscrits occidentaux latins puis byzantins grecs. Il s'est transmis à d'autres écritures, comme le gotique ou l'alphabet cyrillique, où il se nomme titlo. Outre son utilisation comme signe d'abréviation, il a aussi fréquemment été placé au-dessus de lettres devant se lire comme des nombres dans les numérations alphabétiques issues des usages grecs et latins.
Consulter Abréviation et Numération (romaine, grecque, cyrillique, copte, gotique, etc.) pour plus d'informations.
Du titulus au tilde
En Espagne, le titulus (dont le nom est devenu tilde en castillan après être passé par le catalan title) représente la supension (comprendre « omission abréviative ») d'un ancienne lettre n (d'abord en fin de mot puis en fin de syllabe). Les scribes médiévaux ont pris l'habitude d'utiliser le titulus pour noter la présence d'un phonème /n/ altéré au contact d'un autre /n/ : deux /n/ à la suite ayant évolué en /ɲ/ (gn de gnon), ils se sont suffi de n̅ pour représenter ce nouveau phonème, étranger au latin. En castillan, par exemple, doña /doɲa/ vient d'un ancien donna, écrit don̅a dans les manuscrits. La forme du titulus devenu tilde est maintenant toujours ondulée. Il faut noter qu'en castillan, toujours, la lettre ñ est considérée comme une lettre à part entière, y compris pour le classement alphabétique.
Le portugais a étendu ce procédé pour noter la nasalisation des voyelles : ã correspondant alors à an, par exemple. Comme en Espagne, il s'agit de la marque de supsension d'une consonne n altérée (ici amuïse avec nasalisation de la voyelle précédente). L'usage a été repris par un grand nombre de transcriptions phonétiques, dont la celle des romanistes ainsi que l'alphabet phonétique international.
En français, jusqu'au XIX siècle, le tilde a été employé dans un même sens : un mot comme grand était souvent noté grãd. Il est ensuite sorti des usages et la lettre n (ou m) a de nouveau été employée. Actuellement, l'un des rares mots l'utilisant est cañon, emprunté au castillan.
Dans tous les cas, même si les locuteurs ne le sentent pas forcément, le tilde signale un ancien /n/.
Tilde chassant
Le tilde peut aussi servir de symbole typographique. Il est, dans ce cas-là, chassant (il possède son propre espacement) et médian (on le trace au milieu de la hauteur dx).
On l'utilise ainsi en informatique. Sous UNIX, ~ désigne le répertoire de l'utilisateur courant : si l'utilisateur connecté est robert, ~/truc est donc un raccourci pour /home/robert/truc. Sous Windows, le même signe est utilisé pour la gestion interne des noms de fichiers.
D'autre part, il sert aussi à indiquer des paires minimales (en phonologie) ou, par extension, des paires (voire plus) en opposition : ainsi, « A ~ B » signifie « A par opposition à B ».
Catégorie:Diacritique de l'alphabet latin
Catégorie:Typographie
ja:チルダ
Diacritiques de l'alphabet latin
L'alphabet latin a connu, d'abord dans le monde occidental puis après les différentes périodes de colonisation, partout dans le monde, une extension géographique considérable : tout au long de son histoire, il a été conservé ou emprunté par de nombreux peuples qui s'en sont servi pour noter leur langue. À l'origine destiné à la langue des Romains, qu'il ne transcrivait déjà pas très fidèlement, son nombre réduit de lettres en a montré les limites : les langues l'utilisant ont dû, pour étendre les possibilités d'une transcription plus fidèle, soit façonner de nouvelles lettres, soit créer de nouvelles unités au moyen de plusieurs signes (comme les digrammes) soit, enfin, modifier des lettres existantes au moyen de diacritiques.
Les signes obtenus peuvent être considérés comme de nouveaux graphèmes (ils sont dans ce cas inclus dans l'alphabet de la langue), ou comme des variantes du graphème fondamental qui les porte (ils ne sont alors pas répertoriés dans l'alphabet). Cette distinction est très importante pour le classement alphabétique des mots d'un dictionnaire, par exemple. Ainsi, en castillan, la lettre diacritée ñ (n tildé) est considérée comme une lettre indépendante, classée à la suite de n, tandis qu'en français aucune des variantes diacritées de e (soient é, è, ê et ë) n'est classée autrement que si elle ne portait aucun diacritique. En castillan, toujours, á, é, í, ó, et ú ne sont cependant pas considérées comme des graphèmes mais comme des variantes.
L'alphabet phonétique international fait grand usage de diacritiques ; ceux qui lui sont propres seront aussi traités dans cette série d'articles. Enfin, les diacritiques utilisés en français font l'objet d'articles supplémentaires.
Introduction
L'utilisation de diacritiques s'est avérée très féconde et le mouvement s'est accéléré au XVIIIe siècle quand il s'est agi de transmettre rigoureusement des textes ou des énoncés de langues lointaines qu'on découvrait : les transcriptions et translittérations en lettres latines, c'est-à-dire la romanisation, a nécessité l'utilisation en nombre important de diacritiques. Il ne serait en effet pas aisé de lire une transcription dans laquelle certaines lettres seraient inventées. Les divers alphabets phonétiques, issus des recherches nouvelles en phonétique et phonologie, ont eux aussi eu recours à ce procédé pour étendre leur nombre de caractères. Sachant, enfin, que de nombreuses langues ne sont pas écrites ou depuis peu, c'est maintenant presque exclusivement en alphabet latin étendu qu'elles sont notées par les linguistes, au moyen d'outils comme l'alphabet phonétique international. L'alphabet pan-nigérian est à cet égard représentatif.
Apex et i long latins
Dans les premiers temps de l'alphabet latin, il n'existait pour ainsi dire aucune ponctuation (si l'on exclut l'usage sporadique du point médian séparateur de mots), aucun diacritique. C'est cependant dès la fin du IIe siècle avant l'ère chrétienne qu'apparaît un premier diacritique, dit apex (en latin : « pointe »), qui n'est pas d'usage systématique, loin s'en faut, ni toujours utilisé à « bon » escient, si son rôle est bien d'indiquer la présence de voyelles longues. Il est assez courant sous l'Empire. L'apex, qui ressemble à un accent aigu, ne se place cependant pas sur la lettre I qui, elle, est tracée plus grande que la normale. Noter que l'apex est légèrement décalé sur la droite de la voyelle qui le porte et que li long dépasse en hauteur mais ne descend pas sous la ligne de base.
Détail d'une stèle funéraire avec deux i longs Détail d'une stèle funéraire avec un apex Détail d'une inscription latine avec apex
Dans les images ci-dessus, on lit :
- CORVINUS et SILANUS (à gauche) ;
- FÉCIT (au centre) ;
- RÓMVLVS·MÁRTIS·FILIVS·VRBEM·RÓMAM (à droite ; noter les points médians séparateurs).
Dans les ouvrages didactiques, on marque la quantité longue des voyelles latines au moyen du macron, signe inventé par les grammairiens grecs : on aurait dans ce cas Corvīnus, fēcit, Rōmulus Mārtis fīlius Urbem Rōman.
L'apex et li long apportent des informations importantes sur la phonologie latine : en effet, outre par la connaissance de la phonétique historique de cette langue, c'est très souvent par la scansion des vers latins qu'on connaît les quantités vocaliques des mots. Or, la scansion ne révèle que la quantité des syllabes : pour la métrique latine, /mar/, dans Martis, est une syllabe longue (car fermée) quelle que soit la quantité du /a/. L'apex sur la lettre A indique ici que la syllabe longue est composée d'une voyelle longue.
Signes abréviatifs et éditoriaux devenus des diacritiques
L'apex et le i long ne se sont pas suffisamment répandus pour être passés dans les usages postérieurs et se limitent au seul latin. Ce qui, en revanche, a pris une ampleur importante depuis les débuts de l'alphabet latin, ce sont les marques indicant des abréviations présentes en épigraphie puis, et surtout, dans les manuscrits.
Au départ, les signes et procédés utilisés pour signaler de telles abréviations ne sont certes pas des diacritiques au sens réel du terme mais, changeant de fonction au fil des années, il ont pu par la suite (généralement au Moyen Âge) le devenir, les scribes étant de plus en plus souvent confrontés au problème de la notation de leur langue natale par un alphabet qui s'y prête mal. En effet, la langue latine, après la chute de l'Empire romain, avait cessé d'être – pour ainsi dire – la seule qui fut écrite.
Parmi les signes abréviatifs réutilisés, on compte le titulus (« titre » ; le mot est devenu tilde), trait suscrit (devenu ensuite un trait ondulé) utilisé pour indiquer qu'une lettre, le plus souvent une nasale, a été omise pour des raisons d'économie de place (ou de matériau). Par exemple, annu(m) a pu être écrit an̅u dans les manuscrits espagnols pour devenir enfin año, « an », en castillan, puisque /nn/ latin est passé à /ɲ/ (de gnon) dans cette langue.
Des lettres suscrites ou souscrites sont aussi utilisées dans une fonction diacritique ; c'est le cas du z qui, d'abord placé après un c pour signaler qu'il devait se prononcer /ts/ (maintenant /s/) devant des voyelles comme a, o et u, a été finalement écrit au-dessous du c. Ce z souscrit, nommé zedilla en castillan, soit « petit z », est devenu notre cédille (cf. aussi Lettre diacritique). Il a cependant existé, avant la cédille, un diacritique graphiquement proche (ou proche d'un ogonek) attesté dès le VIe siècle en onciale sous le e, dit alors E caudata (« e doté d'une queue »), remplaçant parfois le digramme ae (écrit parfois æ, coutume qui s'est étendue par la suite) servant à noter le plus souvent un /ɛ/ ouvert. Il est notable que cette lettre, qu'on peut représenter ici par ę (avec un ogonek) ou ȩ (avec une cédille), ait été conservée dans la transcription des romanistes alors que c'est le digramme ae (maintenant présenté sous la forme liée æ et nommée ash) qui l'ait été dans la transcription des langues germaniques (sachant que ę était aussi utilisé dans les manuscrits en vieil anglais de l'onciale insulaire).
Enfin, des symboles éditoriaux plus généraux (servant à indiquer des erreurs du copiste, par exemple) ont aussi pu accéder au statut de diacritiques ; le cas se présente avec le punctum delens (« point effaçant »), très fréquent dans les manuscrits irlandais, qui signale que la lettre le portant est une erreur et ne doit pas se faire entendre. Par extension, il signale ensuite les lettres muettes issues d'une mutation consonantique puis toutes les mutations consonantiques ; ainsi en gaéliquemo ḟele, « mon incantation », mo ċú, « mon chien » (écrits actuellement mo fhele, mo chú). Consulter Point suscrit pour plus de détails.
Certains de ces signes ont donné des symboles typographiques, comme le croisillon (#), ancien N surmonté d'un titulus, abréviation pour numerus, « numéro ».
Liste des diacritiques
titulus
Suscrits
Les diacritiques suscrits sont placés au-dessus de la lettre qu'ils modifient:
- ó : accent aigu
- ő : double accent aigu
- ô : accent circonflexe
- ò : accent grave
- ȍ : double accent grave
- ŏ : brève
- ȏ : brève renversée
- ỏ : crochet en chef
- ƈ : crosse
- ǒ : háček ou caron
- o̩ : ligne verticale (voir également l'article sur l'apostrophe)
- ō : macron ou ligne suscrite
- ȯ : point en chef (voir aussi le point en ponctuation)
- o̊ : rond en chef, ou kroužek selon le terme tchèque
- õ : tilde
- ö : tréma ou, improprement, umlaut
- o̐ : chandrabindu : (note un type de nasalisation propre au sanskrit ; on le rencontre dans la transcription de la syllabe ॐ om̐, par exemple).
Souscrits
Les diacritiques souscrits sont placés en-dessous de la lettre qu'ils modifient:
- o̧ : cédille
- ọ : point souscrit
- ǫ : ogonek
- o̡ : crochet palatal
- o̢ : crochet rétroflexe
- ɕ : boucle souscrite
- o̰ : tilde souscrit
- o̭ : accent circonflexe souscrit
- o̱ : ligne souscrite
- o̦ : virgule souscrite
- o̮ : brève souscrite
- o̯ : brève renversée souscrite
- o̩ : ligne verticale souscrite
- o̥ : rond souscrit
Adscrits
Les diacritiques adscrits sont placés sur le côté de la lettre qu'ils modifient:
- lʼ : apostrophe (en remplacement du háček dans certains cas) ;
- ơ : corne
- o˞ : crochet rhotique
- ŀ : point médian
Inscrits
Les diacritiques inscrits sont placés à travers la lettre qu'ils modifient:
- ɵ : barre inscrite
- ø : barre oblique
- ⍉ : contre-barre oblique
- ɫ : tilde inscrit
- ɬ : sangle inscrite
Diacritiques en français
Le français utilise les diacritiques suivants (les liens renvoient vers des articles spécifiques à l'utilisation de ces diacritiques dans la langue française et non aux articles généraux) :
- l'accent aigu, sur la lettre e (é) ;
- l'accent grave, sur les lettres a (à), e (è) et u (ù). C'est à l'initiative de Corneille que cet accent a été introduit en français, afin de faire la différence entre la voyelle ouverte (è) et la voyelle fermée (é), qui étaient jusque là notées de la même manière (é ou e) ;
- l'accent circonflexe, sur les lettre a (â), e (ê), i (î), o (ô) et u (û), d'un usage relativement complexe ;
- le tréma, sur les lettres e (ë) et i (ï), o (ö) et u (ü) pour des mots empruntés à d'autres langues, pour forcer la prononciation d'une voyelle normalement muette parce qu'utilisée dans un digramme (maïs, aiguë...), ou encore sur y (ÿ) dans de très rares cas ;
- la cédille au-dessous du c (ç).
Consulter aussi Diacritiques utilisés en français.
Articles connexes
- Diacritique ;
- diacritiques utilisés en français ;
- lettres supplémentaires de l'alphabet latin ;
- alphabet latin ;
- écriture ;
- typographie.
Latin
Catégorie:Diacritique de l'alphabet latin
Castillan
Le castillan ou espagnol, est la langue romane commune de l'Espagne, de nombreuses nations d'Amérique et d'autres parties du monde associées à un moment de leur histoire à l'ancienne métropole.
Le terme espagnol est recommandé par l'Académie Royale de la Langue Espagnole (Real Academia Española, RAE), et l'Association des Académies de la Langue Espagnole pour désigner une langue parlée par plus de 400 millions de personnes, car c'est la dénomination internationale (Spanish, Spanisch, spagnolo, etc.).
Le terme synonyme castillan est réservé soit pour désigner le dialecte roman né au royaume de Castille au Moyen-Age, soit le dialecte de l'espagnol qui est parlé actuellement dans les régions centrales de Castille-Léon, Castille-La Manche et Madrid.
En Espagne, le terme castillan est aussi employé pour désigner la langue commune de l'Etat, en réference aux autres langues co-officielles de certains territoires autonomes comme le Catalan, le Basque et le Galicien.
=Géographie=
L'espagnol est langue officielle de l'Espagne (42 millions) en Europe. En Amérique, les pays aux plus grandes populations hispanophones sont le Mexique (88 millions), la Colombie (40 millions), l'Argentine (33 millions), le Vénezuela (22 millions) et le Pérou (20 millions). Elle est aussi la langue nationale de la Bolivie, du Chili, du Costa Rica, de Cuba, de la République Dominicaine, de l'Equateur, du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, du Panama, du Paraguay, de Porto-Rico, du Salvador et de l'Uruguay. L'espagnol est encore parlé par les communautés hispanophones des États-Unis (20 millions) et notamment dans les états du sud (Texas, Californie, Nouveau Mexique, etc.). Il existe des nombreux locuteurs au Brésil. En Afrique, l'espagnol est parlé en Guinée équatoriale, dans les villes du Sahara et dans des parties du nord du Maroc. En Asie, plus de 3 millions de locuteurs existent aux Philippines. Enfin, une variété du castillan appelée selon les auteurs judesmo, ladino, ispanyol ou judéo-espagnol est parlée par la communauté juive sépharade originaire de la péninsule ibérique en Israël, Turquie ou Gibraltar.
=Vocabulaire=
L'espagnol ressemble en de nombreux points au français, du fait de leur origine latine commune. Néanmoins, les événements historiques que connurent ces deux pays ont imprégné les vocabulaires espagnol et français de manière différente. En effet, l'espagnol est l'une des rares langues européennes à avoir une influence de l'arabe aussi importante. Appartenant à la même sous-branche que le portugais et le galicien (ce sont des langues ibéro-romanes), le castillan permet une certaine intercompréhension écrite avec ces deux langues.
Écouter un exemple : Media:Espagnol.mp3.
Écriture
Le castillan utilise comme les autres langues romanes l'alphabet latin et recourt à des diacritiques et des digrammes pour le compléter. Le tilde est peut-être le plus célèbre des diacritiques castillans ; il donne naissance à un caractère considéré comme une lettre à part entière, Ñ ñ. D'autre part, l'accent aigu sert à indiquer les accents toniques irréguliers et à distinguer quelques homophones : les voyelles le portant sont les suivantes : Á á, É é, Í í, Ó ó et Ú ú. Y y n'en porte jamais.
Autrefois, on considérait que les digrammes ch et ll constituaient chacun une lettre distincte (elles avaient leur entrée dans le dictionnaire), mais on les traite aujourd'hui de plus en plus comme deux lettres séparées. Le N tildé est, à l'origine, aussi un digramme NN, le second N ayant été abrégé par suspension au moyen d'un trait devenu ondulé, ~. Bien que ce soit les scribes espagnols qui aient inventé la cédille (zedilla, « petit z »), celle-ci n'est plus utilisée depuis le (le ç qui notait [ts] étant devenu un [θ] interdental noté z : lança est devenu lanza, « lance », ou c devant e et i : ciego, « aveugle »).
Le classement alphabétique, modifié en 1994, est décrit plus en détail dans l'article qui lui est consacré.
Enfin, les points d'exclamation et d'interrogation sont accompagnés par des signes du même type inversés, ¡ et ¿, placés au début de la proposition concernée (et non au début de la phrase) : ¿Cómo estás? (« Comment vas-tu ? »), ¡Qué raro! (« Comme c'est étrange ! ») mais Si te vas a Barcelona, ¿me comprarás un abanico? (« Si tu t'en vas à Barcelone, tu m'achèteras un éventail ? »).
Grammaire
Le castillan suit les principes généraux des autres langues romanes, à savoir, par exemple, que c'est une langue plutôt flexionnelle (les noms et les adjectifs possèdent deux genres et deux nombres, le verbe se conjugue, etc.) à tendances synthétique.
Consulter l'article détaillé sur la grammaire du castillan pour plus de détails.
Exemple
Verbe
Être
Dans espagnol, le verbe être est ser et estar.
Exemples au présent de l'indicatif :
: - Ser : Yo soy europeo (Je suis européen). Mis ojos son azules como los de mi madre (Mes yeux sont bleus comme ceux de ma mère)
: - Estar : Yo estoy en Barcelona (Je suis à Barcelone). Tus ojos están rojos, pára de frotártelos. (Tes yeux sont rouges, arrête de les frotter).
Variations dans l'Amérique latine
Parmi les plus importantes mentionnons l'utilisation du vosotros (2 personne du pluriel, équivalent du "vous" de "vous avez" français) en Espagne. L'usage de ce pronom et de sa conjugaison a complètement disparu en Amérique latine. Le pronom de la troisième personne du pluriel ustedes lui est préféré.
Il faut aussi noter la prononciation ibérique de la consonne c (devant les lettres "e" et "i") ou z (devant "a", "o" et "u") comme le th anglais de thick alors que ce son est toujours prononcé comme un "s" en Amérlque latine.
Le vocabulaire est également très différent, certains mots espagnols pouvant même être obscènes en Argentine ou au Mexique.
Le castilien des pays de l'amerique latine a été très influencé par les dialectes andaloux et canariens à cause de l'immigration massive vers le continent americain de cettes regions. Quant à l'accent, le Canarien est le plus prôche, ce dialecte étant difficile de distinguer, même pour les hispanophones, de ceux du Cuba ou du Venezuela.
On pourrait citer à titre d'exemple parmi les plus remarquables, en Amérique latine :
:Amérique latine Castillan chilien
:Castillan chilien Castillan argentin
:Castillan argentin Castillan mexicain
Articles connexes
- sigles en espagnol ;
- classement alphabétique en castillan ;
- syllabe castillane ;
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- - langues romanes
- - groupe ibéro-roman
- Origine du Castillan
Liens externes
- [http://wikibooks.org/wiki/Faux_amis_en_espagnol faux amis en espagnol] ;
- [http://wikibooks.org/wiki/Enseignement_de_l%27espagnol Wikilivre d'espagnol]
- [http://alerce.pntic.mec.es/~jnieto9/Index_fr.html Site pour les professeurs d'espagnol et de français]
- [http://www.leconjugueur.com/frconjugueurespagnol.php Conjugueur espagnol]
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/espagnol.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire espagnol-français/français-espagnol.
- [http://espagnol.linguistmail.com Emails pour apprendre l'espagnol]
- [http://www.loecsen.com/travel/discover.php?lang=fr&to_lang=14/ Apprendre et écouter des expressions pratiques en espagnol] Chaque expression est accompagnée d'une illustration
-
C
ko:에스파냐어
ja:スペイン語
simple:Spanish language
th:ภาษาสเปน
Portugais
Le portugais est une langue appartenant à la branche romane de la famille des langues indo-européennes. Les locuteurs du portugais se nomment les lusophones. Issu du galicien, il en est maintenant distinct. Il est parlé au Portugal (y compris aux Açores et à Madère), ainsi qu'en Angola, au Mozambique, au [http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_diff%C3%A9rents_cr%C3%A9oles_du_Cap-Vert Cap-Vert], en Guinée-Bissau, à Sao Tomé-et-Principe, au Timor oriental, au Brésil (où il est langue officielle), à Goa (Inde) et à Macao, en tout par plus de 200 millions de personnes.
Il est régi par : Instituto Internacional de Língua Portuguesa, Comunidade dos Países de Língua Portuguesa
Des créoles à base portugaise sont parlés au Cap-Vert et à Sao Tomé-et-Principe.
Une langue ibéro-romane
Le portugais est relativement proche du castillan car il appartient à la même branche dite « ibéro-romane » des langues romanes. Il s'en distingue cependant par divers aspects, en particulier phonétiques. Ainsi, s'il est possible à un Espagnol de comprendre un texte écrit en portugais, il aura bien plus de mal à comprendre un Portugais parler.
En outre, le portugais a subi des modifications phonétiques plus importantes que le castillan en évoluant depuis le latin. Par exemple, les /l/ et /n/ entre deux voyelles se sont amuïs, ce qui explique qu'à luna castillan corresponde lua portugais et, de même, color à cor, mañana à manhã, etc.
Prononciation
A l'instar du français, le portugais utilise des voyelles nasales (écrites ã, em, im, am, om), mais il y ajoute des diphtongues nasales (ão, õe). Contrairement à d'autres langues, une même lettre (forme graphique) en portugais peut servir à représenter ou former différents sons : le e par exemple pourra se prononcer /ε/ (ouvert) ou /i/ suivant sa position. Le r peut se prononcer grasseyé (roulé au fond de la gorge) ou battu (un seul roulement), etc. De même, le s se prononce différement ([s], [z] ou [ʃ] de chat) selon sa place dans le mot.
Il faut ajouter à cela une apophonie accentuelle comparable à celle du catalan et de l'occitan, qui fait qu'une voyelle n'a sa valeur pleine que sous l'accent tonique. Autrement, elle subit l'apophonie et prend un timbre neutralisé.
La prononciation du portugais du Brésil est spécifique et ne suit pas toutes ces règles : elle se caractérise par une moindre apophonie accentuelle et des phonomèmes de palatalisation des consonnes devant une voyelle antérieure.
Prononciation des consonnes du portugais
Contrairement à l'espagnol, les consonnes se prononcent à la française, notamment les lettres B, C, J, R, S, V et Z.
La lettre S se prononce entre les sons 'j' et 'ch' si elle se trouve à la fin d'un mot ou lorsque elle est avant une autre consonne comme le verbe estar 'ich'tar'. Le double S se prononce à la francaise comme 'laisse'.
Le roulement de la lettre R à l'espagnole est plus usité hors de la région de Lisbonne et des grandes agglomérations (cf. Celso Cunha e Lindley Cintra, in Gramática do português contemporâneo. Tout comme les français, la plupart des portugais prononcent un "r" grasseyé.
Attention : la lettre M à la fin d'un mot a des propriétés similaires avec la lettre N en francais. Il n'y a pas de mots se terminant par la lettre N.
Les principales combinaisons :
- NH se prononcent 'gn' comme montaGNe.
- LH se prononcent 'lieu' comme lier.
Écriture
Le portugais s'écrit au moyen de l'alphabet latin complété par des diacritiques (tilde, cédille, accent circonflexe, accent aigu) et des digrammes (nh, lh, ch) (dont les deux premiers sont des emprunts anciens à la graphie de l'occitan).
Grammaire
Grammaticalement, le portugais se distingue de la plupart des autres langues romanes par l'existence d'un subjonctif futur servant à exprimer l'éventuel du futur (Se tiveres duvidas, liga-me : « Si tu as (auras) une question, appelle-moi ») et par la conjugaison de l'infinitif avec son sujet dans les propositions infinitives.
Exemples
! Mot || Traduction || Prononciation standard
|--
| terre || terra || [ˈtɛ.rɐ]
|--
| ciel || céu || [ˈsɛ.u]
|--
| eau || água || [ˈag.wɐ]
|--
| feu || fogo || [ˈfo.gu]
|--
| homme || homem || [ˈo.mẽ]
|--
| femme || mulher || [mu.ˈʎɛɾ]
|--
| manger || comer || [ku.ˈmɛɾ]
|--
| boire || beber || [bɨ.ˈbɛɾ]
|--
| grand || grande || [ˈgɾɐ̃.də]
|--
| petit || pequeno || [pɨ.ˈkɛ.nu]
|--
| nuit || noite || [ˈnɔj.tɨ]
|--
| jour || dia || [ˈdi.ɐ]
|{{{{{
Guarani (langue)
Le guarani (nom local : avañe'ẽ) est une langue amérindienne agglutinante de la famille tupi-guarani parlée au Paraguay (où elle a un statut co-officiel avec l'espagnol), au nord de l'Argentine, à l'est de la Bolivie, au sud et au nord-est du Brésil. On estime qu'il y a six millions de personnes qui parlent le guarani.
Typologie
C'est une langue agglutinante, à syllabes ouvertes (soit consonne-voyelle, soit voyelle seule, les syllabes ne finissent pas par des consonnes) ; l'accent tonique tombe normalement sur la dernière syllabe des mots. La langue a douze voyelles, six simples a, e, i, o, u et y et leurs six voyelles nasales correspondantes, ainsi qu'un coup de glotte, noté par une apostrophe et nommé puso.
Les mots guaranis n'ont ni genre, ni cas, il n'existe pas non plus d'articles. La marque du pluriel est facultative et souvent omise.
Écriture
Le guarani s'écrit avec un alphabet latin dont l'orthographe est basée sur celle choisie lors du 1er congrès sur les langues tupi-guarani qui eut lieu à Montevideo en 1950 puis augmenté par le docteur Decoud Larrosa. Cette orthographe utilise le tilde (~) pour noter les nasalisations, très fréquentes en guarani. On a ainsi les lettres diacritées suivantes : ã, ẽ, g̃, ĩ, õ, ũ, ỹ (à noter que g̃ n'existe pas en tant que caractère précomposé dans Unicode et que ñ, à l'imitation de l'espagnol, représente la nasale palatale de gnon).
Voici chacun des graphèmes (valeurs phonétiques en API ; quand le graphème est identique au symbole phonétique, sa transcription n'est pas donnée ; les consonnes notées par de digrammes commençant par une nasale sont des pré-nasalisées : nd vaut donc [nd], etc.) :
a, ã, ch [ɕ], e, ẽ, g [ɣ], g̃ [ɣ̃], h, i, ĩ, j [ɟʝ], k, l, m, mb, n, nd, ng [ŋg], nt, ñ [ɲ], o, õ, p, r [ɾ], rr [r], s, t, u, ũ, v, y [ɨ], ỹ [ɨ̃], ʼ [ʔ].
L'alphabet original ne comportait que vingt-quatre signes, contre trente-trois actuellement :
a, ch, e, g, g̃, h, i, j, k, l, m, mb, n, nd, ng, ñ, o, p, r, s, t, u, v, y
L'accent aigu peut être employé, à la castillane : on ne l'utilise que si l'accent tonique n'est pas régulier, c'est-à-dire n'est pas situé en fin de mot. D'autre part, le tilde joue un rôle similaire puisque les voyelles tildées sont à la fois nasalisées et toniques.
Statut et influence
Au Paraguay, où elle est parlée par 90% de la population, la langue y a statut officiel, et depuis la réforme de l'Éducation elle est utilisée comme langue d'enseignement à côté de l'espagnol.
De nombreux mots guaranis sont entrés dans le vocabulaire espagnol, et de là vers d'autres langues, en particulier des noms relatifs à la faune et la flore d'Amérique du Sud. Par exemple ñandú (nandou), jaguaretá (jaguar), tatú (tatou), ananá (ananas), curaré (curare), piraña (piranha, signifie « poisson du diable »), etc. En fait, le guarani est, après le grec et le latin, la troisième source en importance pour les noms scientifiques de plantes et d'animaux.
Lexique
Emprunts français
Le français a emprunté de nombreux mots au guarani ou au tupi, notamment : agouti, aï, ajoupa, ara, boucan (qui a donné boucaner et boucanier), cabiai, palétuvier, tapir. L'espagnol et le portugais ont souvent servi d'intermédiaire, pour des mots tels que acajou, jaguar, petun (d'où pétunia), tapioca, ananas ou toucan.
Exemples
Code ISO 639
- code ISO 639-1 : gn
Le guarani dans les arts et la littérature
- La bande originale du film Mission contient un Ave Maria chanté en Guarani.
Voir aussi
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues tupi-guarani
catégorie:langue tupi-guarani
catégorie:Langue du Brésil
catégorie:Argentine
Catégorie:Bolivie
catégorie:Paraguay
catégorie:Pérou
ja:グアラニー語
Ponctuation zh-min-nan:Phiau-tiám-hû-hō ko:문장 부호 ja:約物
catégorie:LinguistiqueCatégorie:Imprimerie
La ponctuation est un ensemble de signes graphiques servant à ordonner le discours dans la langue écrite. Contrairement aux graphèmes, ils ne se réalisent pas comme des phonèmes (« on ne les prononce pas ») mais peuvent, dans de rares cas (logogrammes), représenter des mots.
Histoire
Les auteurs antiques ne connaissaient pas la ponctuation : les mots et les phrases se suivaient sans aucune rupture. Chez les Romains, l’emploi du verbe en fin de phrase permettait de repérer les coupures de phrases. Au Moyen Âge et à l’époque moderne, des symboles sont apparus pour ponctuer le texte, c’est-à-dire marquer certaines pauses, noter succinctement les intonations et, surtout, se dégageant rapidement d’une simple imitation de la voix, donner du sens à l’énoncé. La ponctuation, du moins dans les langues qui l’utilisent depuis longtemps, sert aussi — surtout — à une langue écrite littéraire, qui l’utilise comme code ; une longue période qu’il serait difficile de comprendre par la lecture et qu’un locuteur n’aurait pas la possibilité d’improviser naturellement peut ne prendre son sens qu’après examen de la ponctuation.
Au , Aristophane de Byzance, peut-être, avait défini pour l’alphabet grec un système comportant trois types de points pour marquer la ponctuation : le « point d’en haut » pour la fin d’une phrase, le « point médian » marquant une pause moyenne et le « point d’en bas », une courte pause. C’est aussi l’auteur des diacritiques de l’alphabet grec, lesquels sont à l’origine de certains des diacritiques de l’alphabet latin.
Gasparino Barzizza (1370-1431) est l’auteur du premier traité de ponctuation, la Doctrina punctandi.
Geoffroy Tory, imprimeur humaniste, inventera un « point crochu » qu’Étienne Dolet, dans son De la punctuation de la langue Françoyse, nommera virgule ou incisum
Signes de ponctuation occidentaux
Les principaux signes de ponctuation utilisés en français sont :
- l'apostrophe ;
- le point ( . ) — qui a donné son nom à la ponctuation — ;
- la virgule ( , ) ;
- le point-virgule ( ; ), normalement précédé d’une espace fine ;
- le point d’interrogation ( ? ), normalement précédé d’une espace fine ;
- le point d’exclamation ( ! ), toujours précédé d’une espace fine ;
- les points de suspension ( ... - attention trois points — ou plus correctement … [= un seul caractère]) ;
- le deux-points — appellation typographique considérée plus puriste que « les deux-points » ( : ), toujours précédé d’une espace fine ;
- les tirets demi cadratin ( – ) et cadratin ( — ), toujours précédés et suivis d’une espace fine ;
- les guillemets ouvrant ( « ) et fermant ( » ), séparés de l’expression qu’ils enserrent par une espace fine ;
- les parenthèses ouvrante ( et fermante ) ;
- les crochets ouvrant [ et fermant ] .
Les signes de ponctuation et leurs usages ne sont pas universels.
Les anglophones utilisent des guillemets différents des francophones (“ ”) et, comme dans la plupart des langues, n’emploient pas d’espace devant les ponctuations suivantes : : ; ? ! (ni aux abords des « » ).
Les hispanophones commencent leurs phrases interrogatives et exclamatives par des ponctuations inversées ¿ et ¡.
Chez les germanophones, les guillemets sont disposés à l’inverse des francophones : guillemets ouvrant en » et fermant en «.
Autres signes de ponctuation
Signes récents et peu usités
Certains signes de ponctuation ont été inventés récemment, mais leur utilisation est restée rare, voire confidentielle :
- la virgule d'exclamation a été inventée en 1856 par un certain P. Villette (traité raisonné de ponctuation [BnF : x-33082]).
- le point d'ironie (؟) inventé à la fin du XIXe siècle par Alcanter de Brahm.
- le point exclarrogatif (‽), ou "interrobang", qui combine les fonctions de point d'interrogation et de point d'exclamation ;
- Autres signes de ponctuation : plusieurs dizaines de signes ont été créés au fil du temps sans trouver leur lit. En voici un petit résumé.
Symboles typographiques
Il existe nombre de symboles (parmi lesquels des logogrammes) que l'on ne peut considérer comme de vrais signes de ponctuation mais qui, par ailleurs, ne sont ni des lettres ni des signes diacritiques. C'est le cas pour &, @, mais aussi le tiret bas, entre autres. Ces signes sont présents dans le tableau ci-dessus. Leurs fonctions sont de natures diverses : & est un logogramme et se lit comme un mot normal, le tiret bas sert surtout à la présentation (soulignement pour les machines à écrire, remplacement d'une espace typographique en informatique...), par exemple.
Ils partagent avec les signes de ponctuation le fait qu'ils appartiennent à la seule langue écrite (au même titre que la mise en italique, la distinction entre majuscules et minuscules, du reste).
Articles connexes
- Typographie ;
- orthotypographie.
Bibliographie
- Traité de la ponctuation française, Jacques Drillon ;
- Un point c’est tout ! La ponctuation efficace, Jean-Pierre Collignon ;
- Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale ;
- Le Treizième signe, la nouvelle ponctuation ancienne et moderne, Xddc.
- La Ponctuation, Nina Catach (1994), PUF, coll. « Que sais-je ? ».
Latin
Introduction
Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties.
Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux.
Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs).
Le latin est la langue-mère des langues romanes.
Histoire
Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.
Latin médiéval
On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron.
De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.
Le latin, langue vivante
Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction.
La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux.
Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine.
Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin.
Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain.
Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue.
Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi:
- Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ?
- Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon.
- Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt.
On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.
Le latin et l'Union Européenne
Assimil
Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).
Classification
Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.
Répartition géographique
Statut officiel
Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.
Langues dérivées
Les langues romanes sont dérivées du latin.
Ecriture
Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes :
Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.
Prononciation
Prononciation ancienne restituée
On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec).
Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.
Prononciations modernes
[En préparation]
Grammaire
Morphologie
La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.
Système nominal
L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines.
On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires.
La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.
Système verbal
L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines.
Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).
Pronoms personnels
La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.
Lexique
Le latin et les autres langues indo-européennes
- Le vocabulaire commun
Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs.
AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS.
à compléter...
Que devient le latin quand il se fait français ?
Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE.
Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra.
On en perd forcément son latin.
Exemples
Voir aussi
Liens internes
- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
- Langues par famille
- Langues indo-européennes
- Langues italiques
- - langues romanes
- Méthode latine ;
Liens externes
- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte
Catégorie:Langue liturgique
Catégorie:Langue véhiculaire
als:Latein
ja:ラテン語
ko:라틴어
simple:Latin language
th:ภาษาละติน
zh-min-nan:Latin-gí
Gotique
Le gotique (cette orthographe est utilisée, en français exclusivement, par opposition à gothique afin d'éviter les confusions) est une langue germanique aujourd'hui éteinte, celle des Goths et, plus particulièrement, des Wisigoths. Le gotique est donc une langue indo-européenne. C'est la plus ancienne des langues germaniques attestées mais elle n'a donné naissance à aucune langue germanique actuelle. Les documents les plus anciens datent du IV siècle de l'ère chrétienne. Le gotique cesse d'être couramment utilisé à partir de la seconde moitié du en raison des défaites wisigothiques face aux Francs, de la destruction des Goths d'Italie, de la conversion au catholicisme des Goths d'Espagne, de la latinisation et romanisation, de l'isolement géographique, etc. La langue gote aurait néanmoins survécu au moins jusqu'au milieu du en Espagne mais le Franc Walafrid Strabo mentionne qu'au début du , elle est encore parlée sur le cours inférieur du Danube et dans les montagnes isolées de Crimée. Les termes semblant appartenir au gotique retrouvés dans les manuscrits postérieurs (rapportés au XVI siècle) de Crimée ne correspondent peut-être pas exactement à la même langue.
Le caractère archaïque du gotique en fait l'intérêt principal en linguistique comparée.
Pour des raisons de lisibilité, les parties concernant l'alphabet gotique et la prononciation de la langue constituent des articles séparés.
Attestations
Le gotique est attesté par un petit nombre de documents, qui ne permettent pas de le restituer avec une grande précision :
- la somme principale est représentée par les textes de l'évêque arien Wulfila (ou Ulfilas ; 311-382), qui fut à la tête d'une communauté de Wisigoths chrétiens en Mésie (Bulgarie) ; celui-ci a traduit la Bible grecque de la Septante dans la langue gotique afin d'évangéliser le peuple ; de cette traduction, il nous reste principalement les trois quarts du Nouveau Testament, et quelques fragments de lAncien. Le meilleur manuscrit, le Codex Argenteus, date du VI, conservé et transmis par des Ostrogoths d'Italie du nord. Il contient de larges passages des quatre évangiles. Le second parmi les principaux manuscrits est le Codex Ambrosianus, qui contient des passages plus épars du Nouveau testament (dont des extraits des évangiles et des Épîtres), de lAncien testament (Néhémiah) ainsi que des commentaires nommés Skeireins (voir ci-dessous). Il est donc vraisemblable que le texte original ait été quelque peu modifié par les copistes ; le texte étant une traduction du grec, la langue attestée par le Codex Argenteus est émaillée d'hellénismes, ce qui se constate surtout dans la syntaxe, qui copie souvent celle de la langue de départ ;
- des commentaires de lÉvangile de Jean, connus sous le nom de Skeireins (nom féminin), « Exégèse », faisant huit pages ;
- divers documents anciens épars : abécédaire, calendrier, gloses trouvées dans divers manuscrits ainsi que des inscriptions parfois écrites au moyen des runes, etc. ;
- quelques dizaines de termes qu'Ogier de Busbecq, diplomate flamand ayant vécu au XVI siècle, a recueillis en Crimée et transmis dans ses Lettres de Turquie ; ces termes ne sont cependant pas représentatifs de la langue que Wulfila a notée et il est plus que probable que ce ne soit pas réellement du gotique au sens où on l'entend en linguistique historique.
En sorte, quand on parle de gotique, il s'agit la plupart du temps de celui de Wulfila, mais les documents sont majoritairement du VIe siècle, c'est-à-dire bien postérieurs. Cette liste n'étant pas exhaustive, on pourra se référer à cette [http://www.wulfila.be/gothic/manuscripts/ page externe] pour une description plus précise des attestations de la langue.
Alphabet
Article complet : Alphabet gotique. Résumé :
:Le gotique de Wulfila, de la Skeireins et de divers manuscrits est écrit au moyen d'un alphabet original inventé vraisemblablement par Wulfila lui-même, que l'on nomme « alphabet gothique ». Il n'a rien à voir avec ce qu'on appelle communémment les « lettres gothiques », qui sont, elles, des lettres de l'alphabet latin telle qu'écrites en Occident dans les manuscrits du XII au XIV siècles, devenues plus tard ce que l'on désigne en Allemagne sous le terme de Fraktur.
Suite...
Système phonologique et phonétique
Article complet : Gotique (phonologie)
Le gotique a connu la première mutation consonantique du germanique commun (ou loi de Grimm) ainsi que la loi de Verner ; il est trop ancien pour avoir subi la seconde mutation consonantique, propre au vieil haut allemand.
L'on peut déterminer avec plus ou moins de précision la façon dont les mots gotiques de Wulfila se prononçaient grâce à la phonétique comparée, principalement. De plus, Wulfila ayant cherché à suivre le plus possible le texte grec qu'il a traduit, on sait qu'il a utilisé pour son alphabet des conventions identiques à celles du grec de cette époque, ce qui permet par recoupement d'en deviner la prononciation, vu que celle du grec nous est très bien connue.
Suite...
Morphologie
Système nominal
Le caractère archaïque du gotique lui a permis de conserver des traits propres aux langues indo-européennes que n'ont plus forcément les langues germaniques modernes, comme une flexion nominale bien plus riche en cas ; l'on retrouve en gotique le nominatif, l'accusatif, le génitif et le datif (ainsi que certaines traces d'un vocatif souvent identique au nominatif, parfois à l'accusatif). À titre de comparaison, des langues germaniques, seuls l'islandais et l'allemand possèdent encore tous ces cas. Les trois genres IE sont représentés, dont le neutre (comme en allemand, norvégien et islandais et, d'une certaine manière, comme en néerlandais, danois et suédois, qui opposent le neutre au « genre commun » (genus commune), c'est-à-dire une synthèse du masculin et du féminin). Les noms et adjectifs sont fléchis selon deux nombres : singulier et pluriel.
L'une des caractéristiques les plus frappantes de cette famille de langues est l'opposition entre les flexions nominales faibles (en simplifiant : à terminaison consonantique [n] du radical) et fortes (en simplifiant : à terminaison vocalique du radical et avec mélange de désinences propres aux pronoms), opposition particulièrement prégnante en gotique. Alors que pour un nom donné, une seule flexion est possible (selon la finale du radical) certains adjectifs peuvent suivre l'une ou l'autre flexion, en fonction de leur valeur : un adjectif employé de manière déterminée et accompagné d'une forme pronominale déictique, comme le pronom démonstratif sa, þata, so jouant le rôle d'un article défini, est décliné au faible ; on décline au fort les adjectifs indéterminés. Ce processus se rencontre encore en allemand, par exemple, où l'on dit que sans article défini, l'adjectif en porte les marques flexionnelles :
- faible : der gute Wein (« le bon vin ») ;
- fort : guter Wein (« bon vin »).
En gotique, les adjectifs qualificatifs (aussi au superlatif en -ist et -ost) et le participe passé peuvent suivre les deux flexions ; ne suivent que la faible certains pronoms comme sama (« identique », cf. anglais same), certains adjectifs, comme unƕeila (« incessant » ; pour le radical ƕeila, « temps », cf. anglais while, « pendant que »), les adjectifs au comparatif, les participes présents, etc. Ne suivent que la forte áins (« uns »), les adjectifs possessifs, les indéfinis, etc.
L'on se contentera de donner quelques exemples des déclinaisons nominales et adjectivales opposant les flexions fortes et faibles :
Guma, masculin, thème faible en -an, « homme » ; dags, masculin, thème fort en -a, « jour » ; blind, « aveugle ».
Ce tableau, bien entendu, ne fournit pas des paradigmes complets (il existe en effet des désinences secondaires, surtout au neutre singulier fort, des irrégularités, etc). Une version exhaustive des types de flexion se présenterait ainsi pour les noms (les flexions sont traitées de manière exhaustive dans un article séparé) :
- flexion forte :
- thèmes en -a, -ja, -wa (masculins et neutres) : équivalent des flexions thématiques latine et grecque, (deuxième déclinaison) en ‑us / ‑i et ‑ος / ‑ου ;
- thèmes en -o, -jo et -wo (féminins) : équivalent des premières déclinaisons latines et grecques en ‑a / ‑æ et ‑α / ‑ας (‑η / ‑ης) ;
- thèmes en -i (masculins et féminins) : troisième déclinaison latine et grecque ‑is (acc. ‑im) et ‑ις / ‑εως ;
- thème en -u (trois genres) : quatrième déclinaison latine et troisième grecque ‑us / ‑us et ‑υς / ‑εως ;
- flexion faible (tous thèmes en -n), troisième déclinaison latine et grecque en ‑o / ‑onis et ‑ων / ‑ονος ou ‑ην / ‑ενος :
- thèmes en -an, -jan, -wan (masculins) ;
- thèmes en -on et -ein (féminins) ;
- thèmes en -n (neutres) : troisième déclinaison latine et grecque en ‑men / ‑minis et ‑μα / ‑ματος ;
- flexions mineures : en -r, en -nd et des reliquats d'autres thèmes en consonnes, équivalents des autres paradigmes de la troisième déclinaison en latin et grec.
Le système de l'adjectif suit de très près celui du nom : les types de flexions s'y retrouvent.
Système pronominal
Le gotique possède un jeu complet de pronoms, personnels (ainsi qu'un réflexif unique pour les trois personnes), possessifs, démonstratifs (simples et composés), relatifs, interrogatifs et indéfinis. Ceux-ci suivent une série de flexions particulières (que la flexion nominale forte a reprise en partie), à l'instar des autres langues indo-européennes. Le trait le plus marquant est sans doute la conservation du duel, nombre concernant deux personnes ou choses, tandis que le pluriel concerne ce qui dépasse la paire. Ainsi, « nous deux » et « nous (plus de deux) » se disent respectivement wit et weis. Alors que le duel était utilisé en indo-européen pour toutes les catégories capables d'exprimer le nombre (il se retrouve ainsi en grec et en sanskrit, par exemple), il est remarquable que le gotique ne l'ait conservé que pour les pronoms.
Le pronom démonstratif simple sa (neutre :þata, féminin : so, de même origine que l'article grec ὁ, τό, ἡ, c'est-à-dire - so, - seh2, tod ; pour ce dernier, cf. aussi latin istud), est utilisé comme article et permet la construction de syntagmes nominaux du type article défini + adjectif faible + nom.
Autre trait notable, les pronoms interrogatifs débutent tous par ƕ-, qui continue le phonème indo-européen - kw et se trouve effectivement au commencement de tels pronoms dans la langue-mère ; c'est ainsi qu'en anglais ces termes débutent généralement par wh-, qui peut, comme en gotique, noter [ʍ], en allemand par w- [v], en suédois v-, etc. L'on trouve en latin qu-, en grec τ ou π (l'évolution de - kw y étant particulière), sanskrit k-, etc.
Le détail de la flexion pronominale fait l'objet d'un article séparé.
Système verbal
La grande majorité des verbes gotiques suit la conjugaison indo-européenne dite « thématique », parce qu'elle intercale une voyelle alternante - /o entre le radical et les désinences. Le latin et le grec font de même :
- latin leg-i-mus « nous lisons » : radical leg- + voyelle thématique -i- (venant de - e) + désinence -mus ;
- grec λυ-ό-μεν « nous délions » : radical λυ- + voyelle thématique -ο- + désinence -μεν ;
- gotique nim-a-m « nous prenons » : radical nim- (cf. allemand nehm-en) + voyelle thématique -a- (venant de - o) + désinence -m.
L'autre conjugaison, dite « athématique », où un autre jeu de désinences est directement ajouté au radical, ne subsiste qu'à l'état de vestige, comme en latin ou en grec. Le paradigme le plus important est celui du verbe « être », qui est aussi athématique en latin, grec, sanskrit, etc.
D'autre part, les verbes sont aussi séparés en deux grands groupes, les verbes faibles et les verbes forts. Les faibles se caractérisent par un prétérit formé par l'adjonction d'un suffixe en dentale -da / -ta, comme au participe passé, -þ / -t, tandis que les forts utilisent pour le prétérit un jeu d'alternances vocaliques (modification de la voyelle du radical) et / ou de redoublement de la première consonne du radical (comme en grec et en sanskrit pour le parfait) sans suffixe particulier. Cette dichotomie se retrouve en allemand, anglais, islandais, entre autres langues germaniques :
- faible (verbe « avoir ») :
- gotique : haban, prétérit habáida, participe passé habáiþs ;
- allemand : haben, prétérit hatte, participe passé (ge)habt ;
- anglais : (to) have, prétérit had, participe passé had ;
- islandais : hafa, prétérit hafði, participe passé haft ;
- fort (verbe « donner ») :
- gotique : infinitif giban, prétérit gaf ;
- allemand : infinitif geben, prétérit gab ;
- anglais : infinitif (to) give, prétérit gave ;
- islandais : infinitif gefa, prétérit gaf.
La flexion verbale possède deux diathèses (ou « voix »), l'actif et le passif (dérivé d'un ancien moyen), trois nombres, singulier, duel (sauf à la troisième personne) et pluriel, deux temps, présent et prétérit (un ancien parfait), trois modes personnels, indicatif, subjonctif (un ancien optatif) et impératif, ainsi que trois séries de formes nominales du verbe, un infinitif présent ainsi qu'un participe présent actif et passé passif. Tous les temps et toutes les personnes ne sont pas représentés à tous les modes et toutes les voix, la conjugaison utilisant pour certaines formes un système de supplétion.
Enfin, l'existence de verbes dit « prétérito-présents » est notable : il s'agit d'anciens parfaits indo-européens qui ont été réinterprétés comme des présents. Ainsi wáit, de l'indo-européen - woid-h2e (verbe « voir » au parfait), trouve son répondant exact en sanskrit véda et en grec Ϝοἶδα, qui signifient tous étymologiquement « j'ai vu » (sens parfait) donc « je sais » (sens prétérito-présent). Le cas est similaire en latin avec nōuī : « j'ai su » donc « je sais ». Parmi les verbes prétérito-présents, l'on compte aussi áihan (« posséder »), kunnan (« connaître », cf. allemand kennen), etc.
Divers
- code ISO 639-2 : got
Bibliographie
- F. Mossé, Manuel de la langue gotique, Aubier, 1942 ;
- W. Braune et E. Ebbinghaus, Gotische Grammatik, 17e édition 1966, Tübingen ;
- W. Streitberg, Die gotische Bibel , 4e édition, 1965, Heidelberg ;
- J. Wright, Grammar of the Gothic language, 2de édition, Clarendon Press, Oxford, 1966 ;
- W. Krause, Handbuch des Gotischen, 3e édition, 1968, Munich.
Articles connexes
- Phonologie du gotique ;
- flexion nominale en gotique ;
- flexion pronominale en gotique ;
- conjugaisons en gotique ;
- numération gotique ;
- loi de Grimm ;
- loi de Verner.
- Linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- - langues germaniques
- - langues germaniques orientales
Liens externes
- [http://www.reimar.de/gotisch.html Gotisch im WWW], portail d'informations sur plusieurs aspects de la langue gotique (en allemand) ;
- langue et textes :
- [http://titus.uni-frankfurt.de/texte/texte2.htm#got Titus], site consacré principalement à la philologie classique, met à disposition une grande partie des textes gotiques en juxtalinéaire avec le latin et le grec (site multilingue) ;
- [http://www.wulfila.be/ le projet Wulfila] (en anglais) ;
- [http://germa.germsem.uni-kiel.de/gotisch/skeireins/index.html Projet Skeireins] (en anglais) ;
- [http://wikisource.org/wiki/Die_gotische_Bibel Bible gotique] ;
- alphabet :
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U10330.pdf alphabet gotique dans l'ISO 10646 et Unicode (pdf, en anglais)] [http://www.cooptel.qc.ca/~pandries/pdf/U32F-10330.pdf (pdf, en français)].
- [http://cooptel.qc.ca/%7Epandries/pdf/Chapitre8.pdf Le gotique avec Unicode, page 30, 8.11] (pdf, en français).
- [http://www.omniglot.com/writing/gothic.htm Page consacrée à l'alphabet gotique] (en anglais) ;
- [http://www.alanwood.net/unicode/gothic.html Le gotique avec Unicode] (en anglais).
Catégorie:Gotique
Catégorie:Langue morte
Alphabet cyrillique
L'alphabet cyrillique (en russe : кириллица ; en ukrainien : кирилиця ; en biélorusse : Кірыліца ; en serbe : Ћирилица ; en bulgare : Кирилица) est un alphabet bicaméral de trente-deux lettres (dans sa version moderne russe), créé au par des disciples du frère Cyrille (peut être Climent Ochrydsky), à partir du grec dans sa graphie onciale ; il est notable que la valeur phonétique des lettres empruntées corresponde, mutatis mutandis, à celle qu'elles avaient dans le grec de l'époque. Par exemple, le Β bêta (prononcé [b] en grec classique mais [v] en grec médiéval) est devenu le В ve russe ; il a donc fallu créer une lettre de façon à obtenir un graphème pour le phonème [b], en l'occurrence une modification du ve, soit Б. Ces aspects sont traités de manière plus étendue dans l'article Histoire de l'alphabet cyrillique.
En même temps ou un peu avant l'invention du cyrillique, on utilisait en concurrence l'écriture glagolitique, peut-être aussi due à Cyrille, surtout dans une zone correspondant à la Bulgarie et à la Macédoine. Ce n'est qu'à la fin du que le cyrillique a presque entièrement détrôné le glagolitique, sauf en Serbie et en Bosnie principalement, où il s'est maintenu quelques siècles, et, surtout, en Croatie, où il n'a pas été remplacé par le cyrillique, au contraire. Les vagues de christianisme y avaient cependant introduit l'alphabet latin (première vague au milieu du VIIe s., puis une majeure au temps de Charlemagne, VIIIe-IXe s.), qui n'a pas non plus évincé le glagolitique dans la liturgie et la vie administrative.
Les ecclésiastiques vivant surtout dans la région de l'Adriatique du nord ont continué à utiliser l'écriture glagolitique jusqu'à la fin du (à partir duquel il ne s'est maintenu que dans la liturgie), et le dernier document en glagolitique date de la fin du .
L'alphabet cyrillique doit, plus ou moins directement, plusieurs de ses caractéristiques innovantes par rapport au modèle grec, voire certaines de ses lettres, au glagolitique.
Usages de l'alphabet cyrillique
Le cyrillique est principalement utilisé pour écrire le russe et plusieurs langues slaves (en fait, les langues slaves de peuples orthodoxes, les catholiques ayant préféré l'alphabet latin) :
- vieux slave (ou vieux bulgare) ;
- biélorusse ;
- bulgare ;
- serbe ;
- ukrainien ;
- macédonien.
Il sert également à écrire de nombreuses langues non slaves et non indo-européennes parlées sur le territoire de la Russie, comme l'oudmourte, le khanty, le nenets ou l'ossète, ainsi que le mongol. Pour ces langues, il est souvent complété par des signes diacritiques ou des caractères spéciaux, destinés à noter des phonèmes qui n'existent pas en russe. On peut consulter à ce propos Adaptations de l'alphabet cyrillique ainsi que Diacritiques de l'alphabet cyrillique.
Dans cet article, ne seront traités que les aspects de l'alphabet cyrillique servant à écrire le russe. En effet, dans les autres langues l'utilisant, les lettres peuvent avoir une tout autre valeur. Par exemple, en bulgare ъ (dit ер голям) se prononce comme le ă roumain et le щ vaut št.
Lettres
L'alphabet cyrillique utilisé pour le russe compte trente-deux lettres depuis 1917. Avant cette date, l'alphabet dit « prérévolutionnaire » en comprenait quatre de plus. Celles-ci sont repérées dans le tableau par un fond coloré. Elles sont décrites dans l'article Histoire de l'alphabet cyrillique.
Cette écriture étant bicamérale, il existe deux variantes pour chaque lettre, capitale et minuscule. Le tableau suivant détaille l'alphabet actuel ; il se lit comme suit :
- Capitales et minuscules ;
- nom de la lettre telle que prononcée lorsque on l'épelle ; on a adopté ici une transcription et non une translittération afin de rendre explicite le nom en question ;
- translittération : le premier signe indiqué suit la norme ISO 9 de 1995 ; les suivants si les usages divergent, proviennent d'autres systèmes fréquemment utilisés ;
- prononciation phonétique selon l'API ;
- prononciation imagée orthographiée selon les usages français.
Graphie manuscrite et cursive
La graphie manuscrite cursive des lettres cyrilliques diffère autant de la graphie imprimée que le font nos lettres latines. De plus, dans certaines éditions l'italique imprimée minuscule suit le tracé des lettres cursives (ce qui, typographiquement, montre la différence entre des obliques et des italiques). Certaines cursives ne sont cependant pas identiques selon qu'elles sont manuscrites ou imprimées (ces lettres sont repérées par la couleur bleue) :
Image:Cyrillique_cursif.png
Légende Rangée 1 : caractères d'imprimerie en romaine ; rangée 2 : caractères d'imprimerie en italique ; rangée 3 : caractères manuscrits cursifs.
Enfin, en serbe et en macédonien, les italiques cursives des minuscules бгдпт ont encore un autre œil, parfois plus proche encore de la graphie manuscrite :
Image:Cyrillique_serbe_russe.PNG
Note : dans ces langues, la lettre д en minuscule romaine se trace δ.
Fonctionnement de l'alphabet et orthographe
Un alphabet aux consonnes facilement lisibles
La notation du russe au moyen du cyrillique est relativement claire et facilitée par la basse fréquence de mots prononcés autrement qu'ils sont écrits, si du moins l'on ne regarde que les consonnes. Bien qu'il existe de nombreux archaïsmes dans la prononciation (les consonnes finales, par exemple, sont toutes dévoisées mais l'orthographe ne l'indique pas, non plus que les autres assimilation comme le dévoisement des consonnes les unes au contact des autres), l'orthographe du russe n'a rien de comparable avec celles, très complexes et peu régulières, de langues comme l'anglais ou le français. L'histoire de l'alphabet cyrilique, pourtant, est aussi longue que celle des lettres latines telles qu'utilisées pour noter les langues modernes. Pourtant, la notation du russe a, au cours du temps, été simplifiée, de sorte que sa lecture et son orthographe soient aisées à un locuteur moyen. Consulter Histoire de l'alphabet cyrillique pour plus de détails.
Des voyelles ambiguës
Malgré une efficacité avérée de la notation des consonnes, la lecture directe d'un texte n'est cependant pas possible : le lecteur doit connaître pour chaque mot de plus de deux syllabes la place de l'accent tonique afin d'interpréter correctement les voyelles : celles-ci, en effet, connaissent une apophonie par atonie comparable à celle du portugais, du catalan ou de l'occitan et autres langues, parmi lesquelles encore les langues germaniques : les voyelles atones tendent à être neutralisées et perdent leur timbre initial. L'alphabet cyrillique, cependant, hormis dans les ouvrages didactiques, ne note pas la place de cet accent. À titre d'illustration, prenons le mot хорошо ; selon la place de l'accent, il sera réalisé :
- хорошо́ = ;
- хоро́шо = ;
- хо́рошо = .
Note : à l'imitation de la marche suivie dans les ouvrages didactiques, les voyelles accentuées seront dans cet article marquées d'un accent aigu.
Seul le premier signifiant renvoie au signifié de « bon ». Ces mécanismes sont traités en détail dans Apophonie accentuelle en russe et Prononciation du russe.
Cette apophonie existe en soi aussi en bulgare ou en ukrainien, mais est moins marquée qu'en russe.
Notation de la palatalisation
L'on traite ici de phonologie du russe pour expliquer certains mécanismes orthographiques. Le détail des explications se trouve cependant dans l'article consacré à ce sujet.
Écriture syllabique
Une des caractéristiques principales des langues slaves, à savoir la palatalisation des consonnes (réparties entre consonnes « dures » non palatalisées, et « mouillées »), est notée dans cet alphabet d'une manière originale. Dans la majorité des cas, c'est la voyelle suivant une consonne qui indique la présence ou non de la palatalisation et il n'existe pas de signe notant le yod (phonème [j] de yaourt) dans toutes les positions. La lecture est donc relativement syllabique : il faut, pour lire la consonne, lire aussi la voyelle suivante. On retrouve ce procédé avec certaines lettres de l'alphabet latin utilisé en français, comme c ou g dont la réalisation (résultant d'ailleurs d'une ancienne palatalisation dans les langues romanes) devant des voyelles d'avant vaut [s] et au lieu de [k] et [g]. Seule la valeur de la voyelle suivante (ou l'absence de voyelle, du reste) permet de lire la consonne. En russe, le mécanisme est utilisé pour presque toutes les consonnes.
Chaque timbre vocalique fondamental peut-être écrit de deux façons (tableau ci-contre). Chacune indique si la consonne précédente est dure (devant voyelle dure) ou mouillée (devant voyelle molle). Si aucune consonne écrite ne précède dans la syllabe (en début de mot ou après une autre voyelle : Плеяды Pleâdy « Pléiades »), il faut suppléer un yod devant la voyelle molle (sauf pour /i/ mou, qui ne conserve un yod à l'initiale que dans les dérivés du pronom de 3e personne, soient им , их et ими ), rien devant la dure. Le phonème /i/ est notable : les deux variantes constituent deux allophones réalisés /i/ après consonne mouillée, après dure. Les autres voyelles subissent un changement de timbre conditionné analogue bien que, de loin, moins important. De plus, les voyelles molles se divisent en deux catégories : les molles à proprement parlé (е et и, qui sont naturellement palatales) et les « yodisées », c'est-à-dire des voyelles non palatales étant le résultat d'une palatalisation secondaire (я, variante mouillée de а, et ю, celle de у).
Contrairement aux apparences, ё /ʲo/ n'est pas la variante molle de /o/. Il s'agit du résultat de la vélarisation de tonique devant une ancienne consonne dure. L'orthographe ne note généralement pas cette modification secondaire : Горбачёв Gorbačëv est le plus souvent écrit Горбачев. Le tréma, cependant, est utilisé pour lever des ambiguïtés, comme dans la paire все « tout » (pluriel) ~ всё (neutre singulier). Pour être prononcé ainsi, un е doit de toute manière être tonique.
Cette notation ne doit pas laisser croire qu'il existe dix voyelles en russe ; en fait, la langue ne possède que six timbres , (sachant que le sixème, , est secondaire et provient d'une centralisation de /i/ devant consonne dure). C'est l'écriture de ces voyelles qui est double et complexe. Dans certains cas, la variante molle indique la présence d'une consonne palatalisée précédente voire, quand la voyelle est en début de mot, celle d'une consonne [j]. Dans d'autres, elle n'a qu'un rôle orthographique, principalement quand la consonne qui précède n'existe pas sous les des deux variantes, molle ou mouillée. Les consonnes viennent donc par paire d'allophones : dure ~ molle, sauf ш š, ж ž, et ц c, qui sont toujours dures ; щ ŝ et ч č, qui sont toujours molles (mais pas mouillées). L'alphabet ne l'écrit cependant pas au moyen d'un signe de mouillure externe (sauf dans quelques cas recquérant l'emploi du jer ь, dont l'emploi est décrit ci-après) mais l'indique par la graphie voulue de la voyelle suivante : [t] est noté par т devant voyelle dure (та, тэ, ты, то, ту), par la même lettre devant voyelle molle (тя, те, ти, тё, тю).
Utilisation des jer
Quand aucune voyelle ne suit une consonne mouillée, on écrit un « signe mou » ь après elle : ть , si la consonne est dure, un « signe dur » ъ : тъ [t], sauf en fin de mot où tous les signes durs ont été éliminés depuis la réforme de 1917. Ces deux signes, anciennement des voyelles (en vieux slave et, encore, en bulgare), sont nommés jer. On note que la voyelle ы y est constituée de l'union des deux jers, lesquels, à la différence de ы, ne pouvant pas être employés à l'initiale d'un mot, ne possèdent pas de majuscule ; dans un texte en capitales au long, cependant, on écrira bien Ь et Ъ : ШЕСТЬ šest’ « six », СЪЕЗД s”ezd « congrès ».
Le passé vocalique de ces deux signes (ь ǐ valait [ĩ], ъ ǔ [ŭ]) est décelable dans des mots où leur utilisation semble superflue, surtout pour ь.
Leur élimination en tant que phonèmes vocaliques est ancienne et s'est manifestée par un amuïssement (principalement quand ces deux voyelles étaient faibles, c'est-à-dire atones ou après un jer en position forte dans la syllabe précédente) ; l'ancienne voyelle molle ь, cependant, a laissé une trace en mouillant, si possible, la consonne précédente : возьму́ voz’mu. L'amuïssement est de règle en fin de mots : щипа́ть ŝipátǐ > ŝipat’ « pincer ». De fait, la lettre ь est devenue un signe auxiliaire sans valeur phonétique propre. Le jer dur ъ, quant à lui, n'a, en fin de mot, laissé aucune trace décelable outre le caractère non mou (donc dur) de la consonne précédente. Encore utilisé comme signe auxiliaire avant 1917, son usage a été oblitéré par celui d'une nouvelle règle orthographique prévoyant que toute consonne finale non suivie d'une voyelle est dure. Il est donc devenu inutile dans cette position : домъ domǔ > домъ dom” > дом dom « maison ». À l'intérieur d'un mot, cependant, il continue à noter le caractère dur de la consonne qui le précède : объя́ть ob”ât’ « embrasser ».
D'autre part, ces deux voyelles en position forte (tonique ou dans la syllabe précédent un jer en position faible) ont pu se vocaliser en е pour la molle, о pour la dure :
- дьнь dǐnǐ > день den’ « jour » ;
- плъть plǔtǐ > плоть plot’ « chair ».
Enfin, le jer mou peut remplacer un ancien [ĩ] devant voyelle yodisée ; il se prononce alors [j] après la consonne molle : судья́ sud’â « juge », пью p’û « je bois ».
Incompatibilités
On l'a dit, ш š, ж ž, et ц c sont toujours dures ; щ ŝ et ч č toujours molles. Les raisons en sont que ces consonnes sont déjà le résultat d'une palatalisation : le yod non écrit s'est mêlé à une première consonne pour donner l'une des cinq consonnes en question. Ainsi, il n'existe pas de щ ŝ dur ou de ž mouillé.
Puisque ces consonnes n'ont qu'un seul allophone, la notation au moyen des deux séries de voyelles est superflue. Elle obéit en effet à des règles dépendant de la grammaire, qui précisent quelle | | |